CHAPITRE CINQ
J'enfilai une robe en coton gris et un collant opaque noir ainsi que des bottines de la même couleur. Ginny quant à elle était enfermée dans la salle de bain depuis une bonne demie heure.
- Mais qu'est-ce que tu fais à la fin ?, grognai-je.
J'allais taper à la porte quand elle l'ouvrit à une vitesse incroyable, étendant les bras au dessus d'elle pour tournoyer devant moi. Elle était tout simplement magnifique.
- Tu as coupé tes cheveux ?!, hurlai-je, ébahie.
- Oui ! Qu'est-ce que tu en penses ?, fit Ginny, soudain anxieuse.
- C'est super joli ! Ca te va très bien, la complimentai-je.
- Merci !
Je m'assis sur le lit, et elle dut remarquer mon air grave car elle prit place à côté de moi. Elle m'interrogea du regard, me demandant mentalement ''Qu'est-ce qui se passe ?''.
- Harry est mal Ginny.
Son regard se fit vite fuyant, et elle se rongea nerveusement un ongle.
- Il… il m'a dit qu'il voudrait au moins que tu le regardes comme un ami. Mais il ne t'en veut pas, Ginny. Au contraire. Il lui faut juste un peu de temps. Mais il faudra que tu lui parles, ok ?
Elle acquiesça lentement, l'air un peu triste.
- Bon, on a une fête, nous !, m'exclamai-je en changeant vivement de sujet.
Elle tapa dans ses mains avec effusion.
- Tu es prête ?, fit-t-elle.
Je hochai la tête avec un grand sourire, j'avais autant hâte qu'elle.
Environ dix minutes plus tard, nous nous rendîmes au lieu de rendez-vous indiqué sur la carte d'invitation, devant une fontaine du parc. Blaise se tenait sur une petite estrade de pierre noire, un sourire fier aux lèvres. Nous étions environ une soixantaine, formant des petit tas de foule autour et aux alentours de la fontaine. J'aperçus au loin Luna qui discutait avec Neville. Elle portait une longue robe jaune qui frottait l'herbe, et quand le vent la soulevait, laissait apercevoir ses pieds nus aux orteils vernis de bleu. Elle avait noué ses cheveux en une tresse mêlée de petites marguerites. Elle était très jolie.
Je remarquai que tout le monde s'était mis sur leur trente-et-un. Ca donnait l'impression d'une soirée privée comme il en aurait pu y avoir à l'extérieur de Poudlard. C'était impressionnant. De l'autre côté de la fontaine, je distinguai le groupe des Serpentards, et j'entraînai Ginny par le bras pour les rejoindre.
Tous étaient très beaux, Drago avec son t-shirt blanc aux manches noires et son jean bleu clair qui était assorti à ses yeux, les faisant ressortir; Théo dans son jean et t-shirt à manches longues noirs : il avait retroussé ses manches, et cela laissait voir une ligne noire tatoué autour de son avant bras; et Pansy, avec une robe magnifique qu'elle avait achetée hier, blanche, courte et fluide, qui se nouait à la gorge. Nous nous saluions quand Blaise émit un raclement de gorge amplifié à l'aide de sa baguette appuyée sur son cou.
- Bienvenue à tous, et merci d'être présents. Je tiens tout d'abord à vous soutenir le caractère secret de cette soirée. Nous nous sommes – et je tiens à remercier au passage mes camarades préfets, ajouta-t-il en inclinant la tête vers eux,- entretenus avec la directrice elle-même pour discuter de la discrétion et de la sécurité accordée à cet événement beaucoup négocié et amplement mérité. Alors profitez-en ! Je tiens à préciser le déroulement de la soirée. Nous commencerons par un temps libre, puis vers…
Il regarda sa montre d'un geste vif.
- Vingt-trois heures quinze, tout le monde montera dans son dortoir respectif afin de prendre de quoi se baigner. Après cela, nous aurons rendez-vous à vingt-trois heures trente au lac de Poudlard, à la rive en face des serres de botanique. Ensuite multiples jeux…
Il appuya sur ce mot avec un jeu de sourcils et un sourire mystérieux, ce qui arracha quelques rires.
- … dont la tâche est confiée aux autres préfets pimenteront la soirée. Enfin, nous finirons la nuit dans une salle aménagée spécialement pour nous, une idée de notre chère et bien-aimée Directrice.
Cette fois ci, plusieurs éclats de rire plus forts retentirent. Blaise tapa dans ses mains, abandonnant soudain son air et son ton faussement professionnel pour finir :
- Que la fête commence !
Il leva sa baguette, et dans un tonnerre d'applaudissement, jeta un sort. Pendant une minute, plus personne ne parla. Tous étaient émerveillés, et c'est peu dire par rapport à la… magie qui régnait à cet instant. Une sorte de dôme était visible et englobait en petits chemins bordés de haies le lac en face des serres, une centaine de mètres autour de la fontaine jusqu'à l'entrée dans un couloir de Poudlard qui menait où nous étions. Des petites tables étaient apparues, avec diverses boissons et je remarquai dans tous le coins des petites soucoupes remplies de dragées argentées. Le philtre de subconscience instantanée. Me voyant les regarder avec des yeux ronds, Blaise me fit un clin d'œil en discutant avec une Serdaigle. Des centaines de guirlandes faites d'ampoules moldues dans des bocaux de verre pendaient des arbres, donnant une ambiance féerique et chaleureuse, la nuit tombait à peine. De nombreuses bougies étaient posées un peu partout. L'herbe au sol scintillait étrangement. Quelqu'un mit de la musique, et je reconnus I was wrong de Arizona.
- Ils ont fait du bon boulot, remarqua Drago, soudain apparu derrière moi.
- C'est vraiment magnifique, rajoutai-je.
Il m'entraîna sur un banc, et nous regardions le lac scintiller.
- C'est quoi ton rêve ?
- Je n'ai pas de rêve, répondis-je.
- On en a tous, me contredit-il.
- Pas moi.
- Tu veux quoi alors ?
Je soupirai.
- J'en ai marre que tout le monde me remarque ou me pointe du doigt uniquement parce que j'ai traversé une guerre. Comme tout le monde d'ailleurs. Je veux qu'on me foute la paix.
- C'est comme un rêve, non ?
- Le problème des rêves, c'est que c'est à la limite du réalisable. Moi me foutre la paix, c'est impossible. Ca me suivra.
Il porta son regard sur le lune qui commençait à luire dans le ciel bleuté.
- Écarte-toi du monde, fit-il.
- Tout le monde va me manquer.
Il me sourit. Il était différent de ce que j'avais pû penser. J'avais juste dû ouvrir les yeux. Il était beau.
- C'est quoi ton rêve ?, lui retournai-je.
- Vivre la nuit.
- Pourquoi ?
- Parce que la nuit tout s'éteint. C'est tellement silencieux, reposant. Le monde est endormi. Y a personne pour te dire des choses que t'oublieras pas. Y a personne.
Il me regarda comme je le regardais sûrement, puis avança la main sur ma mâchoire puis m'embrassa. Il avait les lèvres douces. Il s'arrêta et il toucha du bout des doigts une mèche de mes cheveux.
- T'es belle, fit-il.
- Merci, lui retournai-je en souriant.
Je me levai et avançai dans l'allée crée par les haies pour rejoindre la fontaine. En chemin, je croisai Ginny. Elle me sourit.
- Tu t'amuses bien ?, lui fis-je.
Elle rougit et baissa la tête à la manière d'une enfant lors de son premier baiser. Chose qu'elle n'avait pas fait depuis… Harry.
- Blaise…, murmurai-je avec un énorme sourire.
- Oui !, s'exclama-t-elle.
- C'était comment ?, lui demandai-je en prenant le gobelet de Whisky-Pur-Feu qu'elle me tendait.
- Gé-nial. Les rumeurs disaient vrai, et même bien plus !, souffla-t-elle en se ventilant à l'aide de sa main. Il embrasse comme un Dieu.
Buvant une gorgée d'alcool qui me brûla la gorge, je lui demandai :
- Quelle heure est-il ?
- Oh, je n'ai pas l'heure sur moi. Désolée.
- C'est pas grave, fis-je en balayant ma question de la main, je vais aller voir si quelqu'un a une montre plus loin. A plus tard !
Elle me fit un signe de la main et je continuai mon chemin vers la fontaine. J'aperçus Théodore assis sur le rebord de la fontaine avec Blaise qui me firent un signe de main. Une fois devant eux, Blaise répondit à ma question que je la pose.
- Dans une heure on va au lac ! A nous les petits culs en maillot de bain !, s'exclama-t-il en faisant mine de baver.
Théodore rit et je secouai la tête, lassée et amusée.
- Tu n'aurais pas… officialisé avec Ginny ?, hasardai-je l'air de rien.
Il perdit aussitôt son regard salace et reçut un coup dans l'épaule de la part de Théo.
- Bravo, mon pote !
- Désolé, princesse, les vieilles habitudes tu sais. Mon rêve se réalise enfin ! D'ailleurs, où est-elle ?
Je regardai autour de moi pour tenter de l'apercevoir parmi la foule, en vain.
- Je ne sais pas il me semble qu'elle est partie vers le lac.
Il se leva avec un regain d'énergie et nous laissa seuls, Théodore et moi.
- Tu es belle Hermione !, me complimenta-t-il.
C'était la deuxième fois de la soirée que je recevais ce compliment. Et pas de la part de n'importe qui. Drago. Et Théo. Je n'étais pas non plus inconsciente au point de ne pas savoir que je les attirais. Mais… même le baiser de Drago n'avait pas eu l'air très réel. Il faudrait d'ailleurs que je lui parle. Il avait plutôt clos la conversation, en quelque sorte.
- Merci, fis-je en m'asseyant à côté de lui.
Il m'indiqua du regard un groupe de Poufsouffle qui s'approchaient des coupes en scrutant les bonbons avec attention et nous les suivîmes du regard. Un garçon avec un nez busqué et les oreilles décollées les toucha d'un air méfiant, ce qui nous fit rire. Une fille petite et ronde avec de longs cheveux blonds portant une petite robe rouge le bouscula en levant les yeux au ciel avant d'en prendre deux dans sa main. Elle regarda son groupe d'amis avec un air de défi et les fourra dans sa bouche. Théodore attendait patiemment la réaction des dragées en la scrutant avec attention. La fille à la robe rouge partit d'un grand rire en se moquant de son camarade peureux. Alors deux de ses amies, des fausses jumelles brunes aux cheveux crépus et au teint mat s'approchèrent et refirent les mêmes gestes que la blonde. Soudain, alors que les jumelles s'en allaient, la blonde se jeta dans les bras de son ami et l'embrassa à pleine bouche. Celui-ci ne répliqua pas, et au contraire, l'emmena derrière un buisson. Vous n'avez donc pas besoin de mon aide pour comprendre la suite. Blaise arriva avec Ginny, il avait passé un bras autour de sa taille.
- Tu ne lui a pas donné tes bonbons ?, soupçonna Théodore, méfiant.
Blaise éclata de rire et déclara :
- Vous n'avez toujours pas compris le fonctionnement de ces dragées, conclut-il.
- Tu ne nous a même pas expliqué !, répliquai-je en croisant les jambes.
- C'est vrai. Et bien…
Il attendit que nous soyons bien pendus à ses lèvres pour annoncer :
- Vous le découvrirez en les goûtant !
- C'est pas drôle, bouda Ginny.
Blaise parût déçu d'avoir fait perdre le sourire à sa nouvelle copine alors il alla chercher des dragées. Il nous en tendit un à Théodore et à moi, et prit celui dans sa main.
- Un, deux… trois !
Dès qu'il prononça le dernier mot, nous le mangeâmes tous. Je renversai la tête en arrière et le déposai sur ma langue tandis que Théo, à côté de moi, en croqua la moitié avant de le manger entier. Blaise le mit dans sa bouche et le passa à Ginny en l'embrassant. C'était mignon. Déposée sur ma langue, la gélule nacrée fondit. Elle avait un goût de fruits exotiques. Mangue, papaye, kiwi, pomme… C'était délicieux. Je fermai les yeux de contentement. Un kaléidoscope de triangles violets et verts se format derrière mes paupières closes. Et quand je les rouvris, j'eus l'impression de ne plus voir le monde de la même manière. Chacune des personnes autour de moi avaient une sorte d'auréole de couleur au dessus de la tête. Je me retournai vers Théodore, qui était appuyé contre la fontaine, à quelques centimètres de tomber dedans. Il tanguait dangereusement et l'iris de ses yeux devint subitement rouge quand il croisa mon regard.
- T… t'as les yeux rouges…, souffla-t-il en trébuchant sur les mots.
- Toi aussi. C'est… les bonbons ?
Il regarda autour de lui, sonné.
- Je sais pas, Blaise est parti.
Tout à coup, une étrange sensation me prit. Et c'est comme si j'étais là, sans vraiment l'être. Vous savez cette sensation, quand vous avez l'impression que le monde autour de vous vous échappe, mais qu'il continue de tourner. Comme si vous sortiez de votre corps et que vous regardiez les autres de loin, de très très loin. Et bien là, je me vis. Je ne contrôlais rien. Mon… ''moi'' se jeta sur Théodore et l'embrassa à la manière de la Poufsouffle blonde de toute à l'heure. Je vis Théodore me rattraper de justesse tout en m'embrassant et basculer dans la fontaine sous la force de mon saut. Nous continuâmes de nous embrasser une minute, avant que mon esprit se brouille et que ma vue s'obscurcisse. Je me retrouvai dans l'eau, ou plutôt dans la fontaine, à califourchon sur Théodore. Cette vision nous fit éclater de rire, sans vraiment savoir pourquoi. Je me relevai, les habits alourdis et trempés par l'eau et l'aidai à sortir de la fontaine. Je nous séchai d'un sort, il me remercia d'un regard.
- Sérieusement, quelle idée ces dragées, il…
Théodore fut coupé par une voix résonnant dans les enceintes posées en haut des arbres.
- Votre attention, veuillez vous diriger vers le lac dans dix minutes !
La phrase fut suivie d'un grésillement.
- Je crois qu'il faudrait aller se changer pour se baigner !
Théodore acquiesça et proposa de m'accompagner. Nous traversâmes la pelouse pour gagner le couloir vers Poudlard et montâmes les escaliers.
- Tu sais…, commença-t-il hésitant. Je… je ne sais pas si c'est ces dragées ou vraiment moi qui ont fait que je t'ai embrassé.
- Théo, c'est moi qui me suis jetée sur toi !, répliquai-je.
Il se frotta la joue et sortit une cigarette qu'il coinça entre ses lèvres bleuies par le froid.
- Je veux dire que je ne sais pas trop si j'ai des sentiments pour toi Hermione.
Je m'arrêtai et le regardai. Il posa son regard sur le sol gêné, et alluma sa cigarette avec un briquet moldu. Il souffla la fumée, et cela parût lui redonner du courage car il reposa ses yeux sur moi.
- T'es belle, tu sais. T'es intelligente. T'es drôle, et t'es plus objective depuis cette année. J'ai pu apprendre à te connaître et je t'aime vraiment beaucoup. Tu me diras, il a pas fallu longtemps pour m'attacher, hein ?, rit-il, amer. Mais je crois qu'en fin de compte, je te considère plus comme mon amie. Il y a deux pas entre l'amour et la haine, mais entre l'amour et l'amitié, c'est pire non ?
Je le pris dans mes bras, respirant son odeur, le nez enfoui dans son sweat noir. Il sentait le savon, le tabac et le citron. Je voulus lui donner toute mon amitié à ce moment là, et je crois qu'il le comprit. Il me caressa la tête et me déposa un baiser sur le front.
- Allez, en maillot de bain, princesse !, fit-il avec un sourire en coin. Rendez-vous dans deux minutes ici !
Sur ce, il fit demi-tour et je rentrai dans mon dortoir. Une fois changée, je sortis et descendis avec Théo au lac. La soirée restait fraîche, mais s'était agréablement réchauffée par rapport à la froideur des couloirs du château, sûrement grâce au dôme magique. J'avais donc passé un débardeur large qui laissait entrevoir mes côtes, et un deux-pièces noir. Théo, lui – et je devais avouer qu'il était très sexy – avait seulement mis un short de bain gris foncé. Il avait des tablettes dessinées, mais une musculature discrète. Les premières paroles du remix de Show me love de Sam Feldt résonna doucement. Quand nous arrivâmes près du lac, je fus émerveillée. Des lampions chinois flottaient dans l'air au dessus de l'eau. Des pontons en bois étaient sur l'eau, et déjà plusieurs personnes en sautaient. Je rejoins Ginny, Blaise et Drago qui étaient déjà changés. Ginny portait un maillot de bain une pièce rouge échancré qui laissait une fine lisière de peau nue des épaules au nombril. Blaise un caleçon vert Serpentard – non, je m'attendais à quoi ? - et Drago… Je fus, honnêtement et littéralement à bout de souffle. Tellement à bout de souffle que je m'étouffais avec mon Whisky-Pur-Feu. Théodore me tapa dans le dos, en me passant un bras réconfortant autour des épaules.
- Ca va ?, me demanda Ginny, inquiète.
- T'inquiètes pas, elle va très bien, fit Blaise avec un sourire en coin.
Ginny le regarda, incompréhensive, tandis que je lui jetai un faux regard noir. Drago, que je regardais quand je m'étouffais, haussa un sourcil. Théodore, appelé par Pansy de l'autre côté de la fontaine, la rejoignit.
- Et si on allait se baigner ?, proposa Drago.
Tout le monde acclama, et nous nous avançâmes non vers le lac, mais là où Blaise nous conduisait. Il longea de près la Forêt Interdite avant de tourner vers un sentier. Un jacuzzi était entouré de lampions identiques à ceux flottant au dessus de l'eau, et des bouteilles étaient posées sur l'herbe. Un hamac rouge pendait entre deux saules pleureurs, se balançant doucement au vent. Blaise, d'un coup de baguette, alluma une enceinte posée sur un rocher, et je reconnus Aspyn's Song. On ne pouvait pas faire plus romantique. Ginny était dans le jacuzzi, et Drago derrière moi fixait la lune. Sous le regard appuyé de Blaise, je souris et soupirai en entraînant Drago par la main dans le jacuzzi. Blaise passa un bras autour des épaules de Ginny, ce qui me rappella celui de Théo, dix minutes plus tôt. Malgré ce qu'il m'avait dit sur son amitié pour moi, je me doutais qu'il avait fait exprès. Sincèrement, son baiser m'avait paru de la même intention que quand j'embrassais les garçons en primaire, juste comme ça. Et ce qu'il avait dit après m'avait convaincu, et j'étais tout autant sûre de mon amitié pour lui.
- Sur quoi seront les jeux ?, demanda Ginny, posant sa tête sur l'épaule de son petit ami.
Alors que le baiser avec Drago avait été… spécial. Un peu comme habituel, alors qu'il n'avait jamais eu lieu auparavant.
- Je ne sais pas, en fait. C'est la seule partie de la soirée dont je ne sois pas informé, soupira Blaise. On verra bien, non ? Après tout c'est dans… une heure et demie !
Il jeta son bras dans l'eau, comme agacé.
- J'ai l'impression que la soirée ne finit pas, commenta Drago.
Je remarquais qu'il n'avait pas beaucoup parlé depuis tout-à-l'heure. Et je remarquais aussi sa présence près de moi, presque timide. Blaise et Ginny étaient à deux mètres de nous, et nous étions en face d'eux. La situation me parût tellement absurde que j'en ris mentalement. Joli, Blaise. Vraiment.
- Au fait !, s'exclama soudain Blaise. Ne devions nous pas continuer l'initiation de la jeune demoiselle à tes côtés ?
Il avait pris un ton aristocratique, ce qui nous fit rire, moi et Ginny. Drago parût se prendre au jeu, car il redressa le menton comme il avait l'habitude de faire les années passées.
- Mais vous faites bien de me le rappeler, mon cher. Voulez-vous vous joindre à nous ma chère ?, minauda-t-il à Ginny.
- Mais avec plaisir, ce serait mal de refuser une telle requête de la part d'un si bel homme !, fit-elle en appuyant sur le mot ''bel'' en me fixant à la manière de Blaise.
Je levai les yeux au ciel et croisai les bras soulevés de secousses par les trémoussements du jacuzzi. Blaise regarda ma meilleure amie d'un air on ne peut plus choqué.
- Mais voyons, ma mie, me trompez-vous ? Est-ce donc votre amant ?
Ginny regarda ses ongles et souffla dessus.
- Mais voyons, non mon homme. Celui-ci appartient déjà à quelqu'un.
- Mais à qui donc, ma chère, si cela n'est pas indiscret ?, s'enquit Drago avec un demi sourire.
- A cette demoiselle-ci, à vos côtés sombre idiot !, s'exclama Blaise.
Je ris et regardai Drago. Il avait un sourire amusé, et franc. Il était bien plus beau à sourire ainsi. Sous l'eau, je lui pris la main.
- Mais oui, mon amour, fis-je en me prenant aussi au jeu. Êtes-vous donc sot à ce point ? Et moi qui me suis laissée berner par cette beauté, en fait, vous n'êtes bon à rien !
Blaise rit, Ginny siffla et Drago prit un air blessé, sa main sur la poitrine dans un geste théâtral.
- Vous admettez enfin que je suis d'une beauté que nul ne peut nier ! Mais que de noirceur à mon égard, cela me fend le cœur.
Je lui tapai l'épaule, amusée. Je passai une main devant moi, comme pour l'effacer de mon champ de vision avant de m'avancer vers Blaise. Mais ma main resta emprisonnée dans celle de Drago. Ginny, me voyant bloquée sous l'eau, me fit :
- Mais voyons, ma chère, que vous arrive-t-il donc ? Quel est le mal qui vous empêche de venir me visiter ?
- Serait-ce les lianes de l'amour de votre moitié ?, continua Blaise.
- Mais je suis sûre que vous vous amusez comme un petit fou, très cher, lui retournai-je.
- Montrez-nous donc la raison de votre emprisonnement !, insista Drago.
Je lui lancai un regard contrit, bien qu'amusée.
- Venez donc, amour, que nous parlions !, dis-je en l'entraînant à ma suite hors du jacuzzi. Blaise vit nos mains liées, et applaudit en compagnie de Ginny. Je l'emmenai au hamac, puis lui lâchai la main pour y monter et m'allonger.
- Je n'avais pas ri comme ça depuis longtemps, remarqua-t-il.
Je pensais exactement la même chose. La Guerre nous avait endurcis, en fait, et enlevés quelque peu notre joie de vivre.
- Oui, affirmai-je.
Il s'approcha de moi, et me demanda :
- Je peux ?
Je hochai la tête, me décalant pour lui laisser la place de monter, le hamac était suffisamment large pour contenir au moins trois personnes. Il passa un bras derrière sa tête.
- Qu'est-ce que tu voulais me dire, tout-à-l'heure ?, me demanda-t-il en faisant référence à notre sortie du jacuzzi.
- Oh, rien.
Il fut visiblement déçu. Une brise passa, et je tremblai.
- Tu as froid.
Il passa un bras autour de mes épaules, me réchauffant. On ne pouvait pas faire plus cliché, pensai-je. Mais profitant tout de même de ce moment pour me rapprocher de lui, je calai ma tête dans le creux de son cou.
- Tu as de quoi fumer ?, lui demandai-je.
- Oui, dans la poche de mon jean, fit-il en se levant. Je reviens.
Il se leva, et prit au passage son jean qu'il mit, et son t-shirt qu'il me passa. Les manches étaient trop longues pour moi, et le t-shirt en lui-même était trop grand, mais au moins ça me réchauffait. Il se réinstalla à côté de moi et alluma une cigarette qu'il me tendit. Les siennes avaient le goût de menthe, comme son odeur.
-Tu crois pas qu'on fume trop?
-Non, me retourna-t-il.
-Pourquoi?
-Parce qu'on pourrait fumer plus comme on pourrait fumer moins, et que tu te bases sur un chiffre, pas sur l'état de tes poumons en me demandant ça.
-Alors tu crois quoi ?
-Qu'on souffre trop, qu'on aime trop, qu'on se plaint trop et qu'on vit pas assez, répliqua Drago en tirant sur la cigarette.
Après avoir discuté encore dix minutes, nous rejoignîmes Blaise et Ginny pour repartir vers la fontaine, à la soirée. En chemin, alors qu'ils discutaient tous les trois, je m'étais approchée des boissons quand quelqu'un me tapota l'épaule. Je me retournai sur Harry, Ron et Dean. Je les saluai tous, sauf Ron. Il ne paraissait pas prêt à pardonner ses propres sautes d'humeur. Je haussai les épaules et discutai avec Dean et Harry.
- Alors, qu'est-ce que vous pensez de la soirée ?, questionnai-je.
- Géniale !, s'exclama Dean. Surtout les bonbons, je ne sais pas qui a eu l'idée de ça, mais je tiens à le féliciter !
- C'est Blaise Zabini, fis-je.
- Wouah, sérieusement ? Je vais aller le voir !
Il se dirigea vers lui, trois mètres plus loin. Je ne m'étais pas attendue à une telle réaction. Je levai les sourcils, étonnée. Harry avait la même tête que moi.
- Je…
- Ouais, admit-il, comme lisant dans mes pensées. C'est… comme si c'était naturel… ou plutôt comme si il n'y avait jamais eu de rivalité entre nos maisons. Tu sais, Hermione…
Il reporta son regard sur moi.
- Depuis que tu restes avec eux, tout… tout le monde n'a plus peur d'eux. Ils n'ont plus de préjugés. Ils pensent même que toutes ces années à les détester n'ont servi à rien puisqu'en fait, ils sont plus… ''gentils''.
Il grimaça à ce dernier mot. Puis, soudain, ses yeux s'ouvrirent en grand pendant une seconde, et un éclair de tristesse passa dans ses iris bleus.
- Za… Zabini ?!
Je me retournai vers eux. Alors je compris. Je tirai Harry par le bras pour l'emmener vers les bancs qui bordaient le lac, le plus loin possible de la fontaine où… où Ginny et Blaise s'embrassaient à pleine bouche. Je savais que c'était difficile pour lui.
- Excuse-moi, Hermione. J'ai… j'ai juste du mal à me détacher. Nos sentiments devraient partir en même temps que la personne que l'on aime nous quitte.
Je le pris dans mes bras. Je le connaissais assez bien pour savoir que je ne devais pas parler. Le silence l'apaisait. Et même si ce n'était pas trop le cas avec les cris et les rires de la fête autour de nous, ça l'aiderait plus si il n'y avait pas une personne de plus à côté de lui à le prendre en pitié. Il détestait ça, la pitié.
- Je vais te laisser, Harry OK ?
Je m'en allai en voyant Ron se diriger vers lui et s'asseoir à ses côtés en lui tendant une bouteille de bière. Je rejoignis Blaise, Ginny, Drago et Théodore qui discutaient.
- Tu te rends compte, Hermione !? On a raté les jeux !, râla Théo quand il me vit.
- C'est vraiment dommage, mon pote, ajouta Blaise. J'ai vu le programme qu'ils organisaient, et ils promettaient d'être gé-niaux. Navré que tu aies raté ça.
- Tu étais où ?, questionna Drago.
- Bah, avec Lavande. Elle m'a collé toute la soirée. Le pire c'est que je ne vous ai même pas trouvés pour me débarrasser d'elle. Et vous, justement ?, nous retourna-t-il.
- On a nagé, répondit Ginny avec un haussement d'épaules.
Le grésillement du micro sur l'estrade nous arrêta, coupant les discussions. Un préfet, soit dit en passant très mignon, se racla la gorge d'un air incertain avant de remonter ses lunettes sur son nez.
- Maintenant que les jeux sont finis, je vous prie de suivre le préfet John Berry qui vous guidera jusque dans la salle du cinquième étage.
Il descendit de l'estrade et je le suivis des yeux. Soudain, il parut chercher quelqu'un du regard. Et il s'arrêta sur moi. Il me fixa une seconde, puis rougit les cinq secondes suivantes, et… s'étouffa. Légèrement amusée mais paniqué, je marchai rapidement vers lui et posai une main sur son épaule. Il fut pris d'une quinte de toux très violente.
- Enervatum !
Lentement, je baissai ma baguette, et il me regarda avec honte.
- Ca va ?, m'enquis-je.
- Ou… oui, oui, désolé, bafouilla-t-il.
- Bon tant mieux, lui retournai-je avec un sourire.
Il rit nerveusement, puis se balança d'un pied sur l'autre.
- Je dois vraiment paraître bête, non ?, fit-il en passant une main dans ses cheveux bouclés.
- Non, t'inquiètes pas, le rassurai-je. Au fait, comment tu t'appelles ?
- Will.
Il me tendit sa main que je serrai. Il avait une main fraîche.
- Moi c'est Her…
- Hermione Granger, je sais, me coupa-t-il.
Je le fixais, troublée.
- Oh, désolé, je t'ai coupée, bredouilla Will.
- C'est pas grave. ''Tout le monde me connaît'', c'est ça ?, me moquai-je.
Il commença à marcher en suivant les personnes qui allaient dans le château.
- Oui, c'est ça, rit-il.
- Tu es préfet, alors, répétai-je en contournant un couloir. Et tu es dans quelle maison ? Serdaigle ? Poufsouffle ?
- Non, fit Will en secouant la tête de gauche à droite. Je suis à Serpentard.
- Wouah, on dirait pas !
- Oui, c'est vrai. Tout le monde me dit ça. Mais les apparences sont trompeuses, hein ? Je me disais même que le Choixpeau avait déraillé en me mettant dans cette maison.
Je ris, et le préfet qui nous guidait indiqua que nous étions bientôt arrivés.
- Mais en fait, non. Dumbledore…
Il baissa la tête en prononçant son nom.
- Dumbledore disait que ce ne sont pas l'opinion des autres qui font ce que nous sommes.
- C'est vrai, approuvai-je. En tout cas, heureuse de te rencontrer !
Je partis rejoindre Drago, Blaise, Ginny et Théodore et nous rentrâmes dans la salle.
MESSAGE A L'INTENTION DES LECTEURS
Je tiens à préciser quelques détails sur ma fanfiction, essentiels à savoir.
- Premièrement, c'est un Dramione. Je crois que c'est suffisamment clair, et sinon, je précise une autre chose : Le personnage crée par moi-même nommé Will est en concurrence avec Drago tout comme Théodore avant qu'il se rende compte de ses non-sentiments pour Hermione.
- Deuxièmement, l'histoire n'a pas vraiment de sens. Enfin, bien sûr que si, elle en a un. Mais pas de thème principal. Du moins pour l'instant. Ce que je veux dire est que la fiction est postée sous forme de … d'épisodes de vie.
- Le rythme de post n'est peut être pas vraiment régulier mais quand j'écris,… j'écris. (Quoi de plus logique, me diriez-vous) Si les chapitres sont relativement longs depuis le début, c'est parce que j'ajoute tous le jours des petits bouts jusqu'à vous donner un chapitre que j'espère correct.
Breeef… voilà-voilà, surtout n'hésitez surtout pas à laisser vos impressions, remarques, ou doutes sur la compréhension de la fic.
Wizzy 3
