CHAPITRE SIX :

L'atmosphère changea tout à coup dès que j'entrai dans la salle. L'air était lourd et chaud, mais agréable. Les lumières bleutées comme en pleine nuit, des scintillements dans la foule qui dansait déjà. Des rires, des pleurs, des cris. Le remix de Stitches de Shawn Mendes* enflammait la salle. Pansy me prit la main et m'entraîna dans la mêlée. Je me déchaînai sur les pulsations de la musique et on chantait les paroles à tue-tête. Quand ma gorge et mes jambes me brûlèrent au point de ne plus pouvoir danser, je trottai jusqu'au bar pour prendre un Whisky-Pur-Feu et j'allai m'asseoir sur un des nombreux canapés reculés dans la pièce; ce qui me permit de mieux la visualiser. Le plafond était une voûte céleste semblable au plafond de la Grande Salle, mais lui ne bougeait pas et était plutôt fluorescent. Une trentaine de poteaux en pierre étaient dans la pièce – j'eus un sourire en voyant un dernière année se le prendre, sûrement trop imbibé d'alcool – et étaient aussi tout autour de la salle, débouchant sur plusieurs autres pièces. Mais j'étais trop épuisée pour que ma curiosité me pousse à aller voir de quoi il s'agissait. Quelqu'un s'installa à côté de moi, je sentis un poids dans le canapé. Je ne me retournais pas. Je reconnaissais ce parfum.

« - J'ai ce sentiment bizarre à chaque fois que je te vois. J'ai ce petit pincement au cœur, j'ai tous les souvenirs qui remontent et qui me laissent ce goût amer en bouche.

Je le regardai un instant, puis je fis :

- J'ai envie de te serrer dans mes bras. Mais j'ai aussi envie de t'arracher la tête et de la planter sur un pieu.

Un sourire naquit sur son visage angélique.

- Poétique comme je les aime, me retourna-t-il en m'attrapant le menton.

- Ne me prends pas le menton s'il te plaît, répondis-je posément.

Il me lança un regard étonné, et me relâcha doucement.

- J'ai fait quelque chose de mal ?

- Oui.

Je reportais mon regard sur la piste de danse, où Pansy dansait maintenant avec Ginny.

- Faut être sacrément con en vrai pour tomber amoureux. Genre "tiens, voilà ça c'est mon cœur. Tu peux le briser à tout moment, le détruire, le torturer mais t'inquiètes ça va c'est cool". Mais à quel moment on se dit que c'est une bonne idée sans déconner ? On est grave con quand on est amoureux c'est pas possible, lâchai-je d'un trait.

- Hermione Granger, fit Drago en me reprenant le menton sans me laisser le temps de dire quoi que ce soit. Ton cœur, si jamais un jour je te le brise, je le ferai rapidement. Personne n'aime souffrir trop longtemps. Tu peux me faire confiance ?

Il était tellement beau à ce moment. Le visage empreint d'un détermination farouche, la fine pellicule de sueur sur sa peau, ses yeux dont la pupille était dilatée par la semi-obscurité dans les miens. Je déposai un bref baiser sur ses lèvres.

- C'est peut-être pas une bonne idée, mais Merlin que ça me paraît bien.

Il m'offrit un sourire éclatant et caressa mes cheveux pensivement tout en fermant les yeux, la tête en arrière.

- Au fait, s'exclama Drago en passant un bras autour de mes épaules, ton initiation est toujours d'actualité, Miss. Avec la bande on te réserve un petite surprise demain !

- Quelle genre de surprise ?, demandai-je.

- C'est une surprise.

J'affichai une mine boudeuse. Je n'aimais pas les surprises.

OoOoOoO

La soirée s'était bien terminée dans mes souvenirs. Drago et moi avions dansé, et il me semble que nous nous étions mis d'accord pour nous afficher ensemble demain. Enfin, aujourd'hui. Le soleil filtrait à travers les rideaux rouges de mon lit, et je jetai mon coussin par dessus ma tête en grognant. Soudain, un grand éclair m'aveugla, et ce, même à travers le coussin sur mes yeux. Je poussai un juron. Je baissai un peu l'oreiller et entrouvris un œil. Près de dix silhouettes entouraient mon lit, se découpant en des formes noires devant le soleil aveuglant.

- BON ANNIVERSAIRE !

Je m'arrêtai tout de suite de bouger. Hein ? Mon anniversaire ? Mais nous n'étions que le… Le premier jour des vacances de Halloween, pensai-je. Je me levai, et les poussai tous de mes bras vers l'extérieur du dortoir.

- Écoutez, merci à tous, mais ceux qui ont sûrement organisé ce petit réveil-matin…, insistai-je en fusillant du regard Ginny et Harry, devraient me connaître après sept ans et savoir que je ne suis pas du matin.

- Bon, d'accord, fit Ginny. Sortez tous avant que notre Altesse Sérénissime ne se mette en rogne un si beau jour. Rendez-vous tous vous-savez-où dans vingt minutes. Veillez à ce que tout soit prêt.

Tout le monde sortit avec un concert de chuchotement. Je remarquai que le dortoir était vide.

- Quelle heure est il ?

- Neuf heures quarante sept. Bon anniversaire !

Elle me sauta dans les bras. C'était mignon. Elle se rappelait même de l'heure exacte de mon anniversaire alors que moi-même j'avais complètement oublié que c'était aujourd'hui. Elle me tira par le bras.

- Je tenais à te donner ton cadeau la première, fit-elle en cachant quelque chose derrière son dos.

Elle me tendit un paquet, noir à triangles blancs. Original. Je le déballai avec un certain empressement. C'était un bracelet, assorti au collier qu'elle m'avait offert à Honeydukes.

- Je t'explique, déclara-t-elle en choisissant des habits dans la commode à côté de mon lit. Ce bracelet, avec le collier que je t'ai offert, a un effet d'invisibilité. Le collier seul, te permet de communiquer par la pensée mais seulement dans un temps réduit. Le bracelet seul… est un bracelet.

Elle me tendit une chemise bordeaux, un jean noir et des chaussures noires.

- Pour de tels enchantements, ça a du coûter…, commençai-je.

- Ah, au fait, j'oubliais !, me coupa Ginny. C'est de la part de Pansy.

C'était un petit soutien-gorge noir, de forme triangulaire et assez souple, fait uniquement de dentelle.

- Il est très joli.

Ginny me regarda d'un air calculateur pour seule réponse.

- Allez, tout le monde t'attend !, me pressa-t-elle.

OoOoOoO

Quelques minutes plus tard, Ginny m'accompagnait en bas, dans la Grande Salle. Il n'y avait pas grand monde, et ainsi je pus constater avec stupéfaction qu'il y avait un énorme gâteau sur la table des Gryffondor. Un gâteau plein de crème pâtissière, de fraises… Ca me donnait faim. Mais malheureusement, il y avait des gens devant moi. Mes amis. J'offris un grand sourire à Drago, qui s'approcha de moi pour m'embrasser. J'entendis plusieurs sifflements.

- Bon anniversaire, chuchota-t-il.

Ensuite, Blaise arriva, la main dans celle de Ginny, puis me frotta la tête d'un geste affectueux en me lançant :

- Joyeux anniversaire princesse !

Pansy à sa suite, me serra dans ses bras. Harry, un peu en retrait, vint quand même et exécuta le même geste que Pansy. Enfin Théodore, et un bon nombre d'élèves dont je ne fis pas très attention. Puis nous nous assîmes tous à table, Harry à ma droite, Blaise à ma gauche, Drago en face de moi, Ginny de Blaise, et Pansy de Harry. Soit dit en passant, la-dite Pansy le regardait fixement, avec un petit froncement de sourcils. On me servit du gâteau, puis tout le monde mangea en discutant joyeusement. Même Drago et Harry échangèrent des paroles courtoises. Après le déjeuner, Ginny et Harry, un peu en retrait l'un de l'autre, me dirigèrent vers le dortoir, alors que les Serpentards allaient dans les leurs. Je n'avais aucune idée de ce que nous allions faire aujourd'hui.

- Failamalle !, fit Ginny en pointant de sa baguette sa valise, puis la mienne.

- Où est-ce qu'on va ?, demandais-je en m'asseyant sur mon lit.

- C'est un surprise. N'essaie pas de chercher. Ca va être génial, c'est tout ce que je peux te dire.

Elle eut un air mystérieux, et me prit par le bras en m'entraînant hors du dortoir. Je la suivis jusqu'à la Grande Porte, où le professeur Mc Gonagall faisait transplaner les derniers partant pour leurs vacances à intervalles réguliers. Harry jetait des sorts à un chapeau, qui apparemment ne marchaient pas car Pansy s'en chargea. Elle était bien souvent mêlée à Harry, en ce moment, pensai-je.

- Pour le groupe partant en Portoloin, votre départ est dans une minute, tenez-vous près !, fit le professeur Mc Gonagall.

- Allez, tout le monde autour du Portoloin !, s'exclama Théodore avec empressement.

Ginny m'emporta avec les autres, et je lançai ma main dans la mêlée de bras déjà autour du chapeau et l'agrippai à la dernière seconde. Soudain, le monde se mit à tourner, changer de couleurs, puis vibrer autour de moi. Un instant plus tard, j'atterris sur la terre ferme. Nous étions sur un pont, au dessus d'un autoroute… d'Amérique ? Un panneau vert indiquait Las Vegas. (*Kill Paris - I'm free.) Je me retournai, ahurie, vers les autres. Ils me regardaient avec appréhension. Blaise me lança un regard circonspect, avec un demi-sourire. C'était tellement bien, tellement bon. La semi-obscurité, les phares des voitures, l'air frais, le soleil couchant, l'odeur du goudron. J'adorais l'Amérique, et Harry le savait. Je sentis la joie monter en moi, successivement, gagnant mes pieds en fourmillements, engourdissait mes bras, faisait pétiller mes yeux. Je sautai de joie, hurlant riant. Le bonheur, l'Amérique. Tout le monde rit, puis Drago s'approcha et passa un bras autour de mes épaules en me demandant :

- Alors, elle te plaît ta surprise ?

- Trop !, m'exclamai-je. Merci, merci, merci !

J'étais totalement hystérique. Il y avait deux semaines aux vacances d'Halloween. Deux semaines entières, jour et nuit, de voyage. D'Amérique. Et nous, jeunes, vivants. C'était le plus beau cadeau de toute ma vie.


Bien. Je ne sais pas si vous suivez toujours Et si, mais moi-même je me perds un peu. Quoique j'aime bien ça.

*Stitches de Shawn Mendes : In love de ce mec. En plus d'être beau à mourir, il est jeune, musclé, gentil comme tout et chante merveilleusement bien.

*Kill Paris - I'm Free : Chanson que j'ai écouté pour rédiger ce passage du texte. C'est une simple suggestion, mais je trouve que tout fait tellement plus beau avec de la musique en fond. Si quelqu'un a un jour inventé ou prévoit d'inventer un dispositif permettant d'écouter la musique que l'on veut sur le moment choisi, je lui donne ma vie. (Ce qui est logiquement et humainement impossible car cette personne n'est sûrement pas la Mort. Quoique si c'est toi, la Mort, qui invente ça, et bien... Je retire ce que j'ai dit 3 Looove)

Wizzy.