CHAPITRE DIX

"- J'y crois pas vous êtes encore claqués même deux jours après !, s'offusqua Théodore.

- C'est sur que c'est pas toi qui a bu comme un trou jusqu'au petit matin du festival, rétorqua Blaise avec un regard condescendant pour Pansy qui paraissait vouloir embrasser son porridge tellement elle penchait dedans.

La grande salle était bruyante à cette heure ci, car c'était justement le moment où presque tout le monde déjeunait, ce qui n'était pas pour aggraver le mal de tête de Ginny.

- Tu aurais du accepter la potion de Drago, fis-je en riant. Elle était très efficace d'ailleurs.

- Bon ! Ok, j'accepte, s'exclama-t-elle d'un ton vaincu. Mais il doit me promettre de n'avoir mis aucun poison dedans.

- Il est assis en face de toi Weaslette.

- Je sais bien. Alors il voudra bien me faire l'honneur de me donner de sa potion ?

- Avec plaisir. N'oublie pas d'enlever les morceaux d'aconit, dit-il narquois.

- Je ne suis pas un loup à ce que je sache !, fit Ginny.

Je ris, accompagnée de Pansy.

- On pourrait se demander, souffla Blaise.

Malheureusement, il dût être entendu par Ginny car elle le frappa avec sa cuillère.

- Hermione...

Harry, qui était assis à côté de moi, me fixait, légèrement gêné.

- Oui ? Qu'est ce qu'il y a ?

- Ron... Tu crois qu'il va nous pardonner ?

- Nous pardonner ?, fis-je, étonnée. Pourquoi ?

Il m'indiqua du regard Ron, assis à la table des Gryffondor à fixer toute notre tablée d'un regard tellement noir qu'il aurait pu détruire un détraqueur.

- Je pense qu'il lui faut du temps. Mais qu'il fait aussi partie des gens stupides à rester sur leurs idées reçues et leurs idéologies.

- Ça me rend triste. J'ai l'impression qu'il n'est plus le même. A moins que ce soit moi qui ai changé, ajouta-t-il.

- Je pense que c'est toi oui, lui répondis-je en riant. Surtout depuis que tu cotoies Pansy. De très près en plus.

Il rougit et remonta nerveusement ses lunettes sur son nez. Puis il parût se souvenir de quelque chose, et ajouta rapidement :

- Il faudra que je... te dise quelque chose. Plus tard. En privé.

- Bien, d'accord, fis-je en fronçant les sourcils.

Harry n'avait pas souvent cette tête là. Mais quand il l'avait, c'était que quelque chose ne tournait pas rond, ou n'allait pas. Je notai ça dans un coin de ma tête. Il faudrait que j'y repense. En attendant, nous avions cours avec le professeur Chourave, dans les serres du château. La botanique commençait vraiment à m'intéresser. Moi qui avant préférais les matières comme l'Histoire de la magie ou les Runes, je préférais aujourd'hui les activités plus en contact comme les sortilèges, le soin aux créatures magiques ou la botanique. J'avais l'impression d'assister à mon propre revirement de la personnalité, ce que était assez étonnant,et je ne savais pas si je devais m'en réjouir ou en avoir peur.

OoOoOoOoO

Le cours de botanique s'était révélé totalement inutile malheureusement, car un dernière année - un dernière année - avait eu la bonne idée de donner un coup de pied dans le gnome de jardin qui était caché derrière une rangée de Mandragores. Ledit gnome lui avait répondu par une jolie morsure sur le tibia, qui s'était infectée à une vitesse ahurissante. On avait appris par la suite que Jamie McBell était allergique à la salive de gnome. Luna m'en avait cité des bienfaits, mais je m'en méfierais dès aujourd'hui. Le cours suivant était l'Étude de la Défense, un nouveau cours instauré pour remplacer la Défense Contre les forces du Mal. Le Mal n'existant plus, Mc Gonagall avait jugé préférable de le modifier. Un nouveau professeur était donc arrivé, venu d'Argentine, et un très beau spécimen si vous voulez mon avis, mais je dis ça gentiment, car Drago est un bon Legilimens, alors il faut que je me méfie de mes pensées.

D'ailleurs il s'est avéré que ce dernier était très jaloux. Un ami de ce cher Jamie McBell avait tenté de me draguer en m'offrant un livre sur les Runes selon l'Histoire Originale Australienne, qui avait l'air intéressant, mais comme je le disais, les Runes ne m'intéressaient plus tant que ça. Drago était donc en train d'arriver à ce moment là et s'était allègrement moqué de lui, en ressortant ce masque Malfoyen qui ne lui sied pas, selon moi. J'étais dans un sens assez contente de le voir jaloux, mais je me sentais mal pour ce garçon. Je n'avais pas beaucoup de succès en temps normal, alors bien sûr que ça m'avait flattée de voir que je l'intéressais, mais Drago... Bien meilleur si vous voulez mon avis.

Nous étions au dîner, dans la grande salle, quand un aigle noir et doré survola notre table avant de se poser à côté de mon assiette.

- Oncle Aephem... ?, murmurai-je avec étonnement en reconnaissant son aigle.

Je détachai le parchemin de sa patte aux griffes acérées et lui donnai un bout de toast. J'ouvris lentement le message, après m'être assurée que personne autour de moi à la table des Gryffondor ne faisait attention à moi. Ils paraissaient tous plongés dans des conversations.

Chère Hermione,

Tu dois te douter que si je t'écris, c'est pour une bonne raison, n'est ce pas ?

Je suis désolé de ne pas commencer par te demander comment tu vas et si tes cours se passent bien, mais il y a quelque chose dont je voudrais te parler.

Ca ne va sûrement pas te plaire, mais c'est nécessaire que tu le saches.

Vois-tu, j'ai des informations qui t'intéresseraient. Tu te rappelles que nous avions parlé du décès de tes parents et de tes souvenirs à ce propos ? Tu te rappelles ce dont je t'avais parlé par rapport à leur métier non sans danger mais que je me devais de garder secret ?

Et bien j'ai du nouveau. J'avais fait des recherches avec les archives du Ministère des États Magiques d'Amérique, avec l'accord de la ministre, pour raison d'enquête pour meurtre. Cela n'avait rien donné jusqu'à hier. J'ai découvert un dossier. Malheureusement je ne peux pas t'en parler par courrier, ça serait dangereux et assez illégal de fournir des informations de ce genre comme ceci.

Je te demande donc de me rentrer ce week-end à la maison exceptionnellement pour que nous discutions de tout cela.

Je t'embrasse,

Oncle Aephem.

Je restai un instant sans rien dire, puis jetai un Incendio discret sur la lettre. Après avoir caressé la tête d'Eka, je le regardai pensivement s'envoler majestueusement par une fenêtre. Du nouveau sur le meurtre de mes parents ? Oncle Aephem savait que je n'attendais que cela. Mais je savais aussi qu'il voudrait que je reste calme. "Ne t'emportes pas petite flamme" m'aurait il dit. Oui, ne t'emportes pas, me fis-je en rassurant Théo du regard, qui m'observait avec une lueur inquiète dans le regard après avoir suivi le vol d'Eka.