Vendredi soir, perchée sur la tour d'astronomie en compagnie de Luna, je pensais au lendemain. J'étais à la fois excitée et terrifiée. Demain j'en saurais plus sur la mort de mes parents, et tous ces secrets seraient dévoilés.
Je levai la tête vers le ciel sombre, parsemé de quelques étoiles seulement à cause des nuages le recouvrant. Une fine pluie tombait du ciel, et Luna faisait apparaître une délicate pluie de pailettes de sa baguette.
Elle me lança un regard chaleureux, et se releva. Après avoir écouté le bruit de ses pas dans l'escalier de pierre jusqu'à ce que je ne puisse plus les percevoir, je m'allongeai sur le sol froid et laissai le sommeil me gagner.
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Le train arriva à la gare King's Cross en crachant un gros gerbe de fumée blanche et une foule d'élèves pressés. Je sortis en même temps qu'eux, rejoignant rapidement mon oncle. Il portait son éternel par dessus gris, une chemise moldue blanche et un pantalon à pinces noir. Sa barbe était fraîchement taillée et des lunettes rondes étaient posées sur son nez parsemé de tâches de rousseur. Je le serrai dans mes bras et il me regarda longuement de ses yeux mordorés.
"- J'ai l'impression de ne pas te voir assez. Je ne te vois pas changer, marmonna-t-il.
Donne moi ta valise petite flamme.
- Non, ça va je peux la prendre. Tu dois faire attention à toi !
- Je ne suis pas déjà vieux quand même !
Je ris. Après être sortis de la gare, nous nous dirigeâmes vers une allée vide et transplanâmes. Deux secondes plus tard, nous étions perchés sur une falaise, entourés par la mer dont les vagues s'écrasaient sur les façades. Chaque fois, cela me faisait le même effet. Quand vous étiez à cet endroit, vous ne pouvez pas vous retenir de fermer les yeux, inspirer les doux embruns iodés, apprécier le vent qui vous balayait le visage. C'était réellement exceptionnel. Et je disais chaque fois également à oncle Aephem combien il avait de la chance d'habiter dans un endroit pareil. Perdu, oublié, apaisant, et beau. Je me retournai ensuite vers mon oncle qui était déjà en train de pousser la porte de la maison. Elle aussi, je l'adorais. Elle était composée de trois grandes formes; une sorte de grande pyramide de verre et de hêtre au centre, une forme plus cubique en verre et en bois également en équilibre précaire au dessus de celle ci, et une sphère métallique à côté de la pyramide. La Salle Sphère comme mon oncle s'amusait à l'appeler, était un des mes endroits préfèrés dans la maison. C'était un observatoire. Notre maison était presque aussi originale que le Terrier, basée sur le même type de magie donnant un résultat d'architecture improbable. Avançant vers la porte, je repensais à mon cheminement jusque-là. Un peu plus de cinq mois auparavant, je perdais mes parents, on me présentait deux semaines plus tard à cet homme. Le lendemain j'emmenageai chez lui, découvrant cet endroit qui était devenu une sorte de refuge tellement il était apaisant.
- Hermione, tu peux me donner un coup de main s'il te plaît ? Kuli a encore saccagé la cuisine. Je vais aller le retrouver !
Sur ces mots, il fila à l'étage, lançant des sorts divers et variés dans l'espoir d'amadouer son "animal de compagnie", un Vaudelune recueilli lors de son voyage au Népal. Je lançai un sort de rangement et de nettoyage à la cuisine, puis commençai d'un coup de baguette à préparer le thé. Oncle Aephem me rejoint cinq minutes plus tard, s'asseyant lourdement sur la chaise en bois sclupté de la cuisine.
- Kuli est en chaleur, je crois.
- Trouve lui une femmelle alors !, lui répondis-je en pouffant.
- Facile à dire ! Il faudrait que je le ramène au Népal pour qu'il soit avec les siens. Peut être la semaine prochaine.
Il prit une gorgée de thé et mordit dans un gâteau. Il y eut un silence durant lequel je ne pus m'empêcher de le dévisager. Il se racla la gorge et leva le regard vers moi.
- Bon, je suppose que l'on ne peut pas attendre.
Il se leva, disparut de nouveau à l'étage, et revint avec une chemise bleue décorée du symbole de la Confédération des Sorciers d'Amérique. Il l'ouvrit et en étala les documents.
- Ces documents sont confidentiels, comme je te l'ai annoncé dans ma lettre. Je veux que tu me promettes que tu ne t'en serviras pas à des fins mauvaises.
Je baissai le regard, puis appuyai mes paumes moites contre mes cuisses.
- Hermione Granger, insista-t-il.
- Je...
Je fermai les yeux, soupirai, puis lâchai :
- D'accord. Je promets de ne pas utiliser ces documents pour tuer le criminel qui m'a enlevé mes parents quand je l'aurai enfin trouvé.
Il haussa les sourcils l'air mi-dubitatif, mi-mécontent, puis souffla et retourna les documents face à moi.
- Les détails de l'autopsie magique de tes parents, fit-t-il en montrant un paragraphe. L'autopsie moldue ne parle que des dommages physiques, alors que l'autopsie magique indique l'état émotionnel, physique également, mais aussi les traces magiques.
Il montra un autre document avec le logo de l'hôpital Moldu d'Angleterre ou j'habitais.
- Sur la version moldue, il s'agit d'une enquête considérée comme un double meurtre, avec arme à feu. La police scientifique moldue n'a trouvé aucun indice du tueur sur le lieu du crime.
J'hochai la tête, fébrile. Il montra un troisième document, ici avec le logo du département de la justice magique.
- Ici, un compte rendu d'un Auror du ministère. Tu es une sorcière Hermione, alors il est normal que les "policiers" du monde magique s'en mêlent aussi. Ils sont donc allés sur le lieu du crime, avant que les professionnels ne prennent les... Corps de tes parents. Après que tu sois partie à l'hôpital quand tu as appelé les secours.
Il me regarda d'un air rassurant, ce qui m'apaisa.
- Ils ont analysé, et on relevé de nombreuses traces magiques. Pas seulement les tiennes, car tu avais encore la Trace à ce moment là, mais celles d'un autre sorcier. Ce qui a confirmé ce que tu avais dit : il a bien transplané. L'Auror indique aussi, ajoute-t-il en indiquant une ligne en particulier, qu'il ont subi un... sortilège de mémoire. Le tueur leur a pris des souvenirs.
Après un silence, oncle Aephem releva ma tête avec sa main. Il devait sûrement se demander si je tenais le coup. Je me sentais étrangement vide.
Il recula sur son dossier de chaise et croisa ses mains sur la table avec un air accablé.
- Il y a une magie, pour les sorciers, qui permet, peu après leur mort, de leur retirer leurs souvenirs, les plus marquants, ainsi que les plus récents. Ce sortilège est opéré par un professionnel.
Je le regardai à nouveau, prise d'un intérêt nouveau.
- Et... C'est bien évidemment différent et plus difficile pour les moldus car nous n'avons pas fait beaucoup d'expériences sur eux, puisque des cas de figure comme ton... Comme la tienne ne se sont pas présentés souvent.
Il soupira, rangea les documents dans la chemise et l'aligna en face de lui.
- Malgré tout, oui. Nous avons pu récupérer ceux de tes parents.
Il me regarda droit dans les yeux.
- En tant que chercheur dans le secteur de la neurologie magique, j'ai pu avoir avec l'accord du ministère anglais et américain de travailler sur le cas de tes parents, comme je te l'ai déjà dit avant la rentrée. Sauf que jusqu'à très récemment, les recherches sur leur... cas ont été infructueuses.
- Tu... Tu as leurs souvenirs ?, fis-je tout bas.
- Oui, Hermione, je les ai. Ils sont dans mon bureau à l'étage. Je ne les ai pas regardés. J'ai pensé que ce droit te revenait.
Il se leva, envoya sa tasse de thé dans l'évier d'un mouvement de baguette et ramassa la chemise.
- Je te laisse le choix de les voir ou non. Si tu trouves cela trop dur, tu as le droit de ne pas le faire. Si tu as envie, tu sauras où me trouver. Je vais dans mon bureau.
Les coudes posés sur la table, je pris ma tête entre mes mains. Je ne savais pas comment digérer tout ça. C'était beaucoup en peu de temps. Je me levai lentement, et montai les escaliers en colimaçon vers le deuxième étage, rejoignant ma chambre.
Mercii Merci pour toute ces views. Ca me fait énormément plaisir qu'autant de gens lisent cette histoire. J'espère que ce chapitre vous aura plu.Wizzy
