Musique de générique...


Maintenant


Stiles ouvrit les yeux subitement et ils s'écarquillèrent dans la peur. Il ne reconnaissait pas l'endroit dans lequel il semblait être seul. Il paniqua et le premier son qui franchit ses lèvres fut le prénom de son petit ami. Il l'appela comme s'il était sur le point de disparaître sans pouvoir lui dire à quel point il comptait pour lui.

_ Derek ! Baby Wolf !

_ Je suis là Stiles, je suis là.

Le garou sorti immédiatement de la salle de bain contiguë à sa chambre et observa son amoureux qui s'apaisait de pouvoir le voir. Lorsqu'ils étaient rentré au loft, Derek avait pensé qu'il bénéficierait peut-être d'un peu plus d'une vingtaine de minutes pour pouvoir tout préparer pour lui et son compagnon, mais l'estimation du druide s'avérait exact. L'homme venait de renfiler un maillot et il s'approcha de son lit dans lequel était allongé son futur amant. Stiles évita son regard et essaya de retenir ses larmes.

_ Je suis pas la pire des muses, c'est pas vrai. Allan y dit des choses méchantes.

Il chouinait comme un gamin blessé par des propos qu'il considérait injustes. Le loup de naissance ne put camoufler le petit sourire tendre que le jeune lui inspirait. Il s'assit sur le rebord du matelas et posa une main réconfortante sur l'avant bras de Stiles qui était enroulé dans son drap. Comme il était étrange de voir son œil gauche verdoyant et son œil droit être si différent d'avant. Même si cela le changeait, Derek ne pouvait pas s'empêcher de le trouver beau comme ça. C'était comme un réconfort pour son cœur de garou, la preuve incontestable que la muse et lui étaient destinés l'un à l'autre.

_ Mon tout doux, il ne parlait pas de toi.

Sa voix était grave et douce à la fois. Derek savait être tellement plus de chose que l'expression d'une triste colère, ancienne et indissoluble. L'adolescent le regarda avec des grands yeux embués. Le plus vieux lui caressa la joue et constata que son compagnon était encore fiévreux. Stiles secoua la tête négativement.

_ Si, je le sais qu'il parlait de moi, je le sais.

L'adulte sourit une nouvelle fois et se rapprocha. Il se pencha pour baiser les lèvres de son compagnon qui frissonna de plaisir. Derek était tellement attentionné qu'il en devenait magnifique de douceur. Il se redressa avec lenteur, il voulait profiter de la candeur inhabituelle de son Stiles qui était rarement aussi docile de caractère.

_ Moi je trouve que t'es le plus beau, t'es une muse géniale. On s'en fout de ce que pensent tous ceux qui ne sont pas nous. D'accord ?

Le jeune adulte trouva ses propres mots étranges. Il avait l'impression de ne jamais avoir eu le droit d'être exclusif à ce point là. La condition de son compagnon le poussait à exprimer des traits de caractères qu'il avait laissé en friche dans sa personnalité. Malgré la gentillesse des propos du loup de naissance, Stiles continua de bouder.

_ Oh mon Baby Wolf, je suis tellement désolé, je m'excuse. Je ne voulais pas te faire de mal.

Les larmes s'écoulèrent toutes seules et Derek sentit son cœur se comprimer à la vue de son compagnon qui était piégé depuis plusieurs heures dans le remord. Il força le jeune à s'assoir pour se laisser aller dans ses bras. Il lui fit pleins de bisous sur le front et les tempes. Il se découvrait câlin comme il ne l'avais jamais été et cela le réchauffait de l'intérieur.

_ Tu m'as pas fait de mal Stiles, c'est moi qui t'en ai fait.

La voix de Derek était repentante et l'ado pleura davantage.

_ Mais c'est parce que je le voulais, je voulais tellement tes dents dans ma chair. Tu peux pas savoir comme c'est bon, personne ne peut. Tes dents sont magiques. J'ai besoin que tu me mordes Derek, j'en ai besoin. Tu comprends ?

Ses iris différentes était brillantes d'émotions. Le loup du calmer sa respiration pour demeurer maître de ses réactions. Stiles faisait naître tellement de choses en son intérieur. Le garou caressa d'un doigt fébriles les morsures sur l'épaule de son compagnon.

_ Les marques que je t'ai faites commencent à s'estomper. Il n'y pratiquement plus d'infection visible et... elles sont en train de disparaître.

Il y avait de la déception dans le constat que Derek faisait. Le plus jeune était en accord avec ce sentiment. Il était désappointé de ne plus sentir les creux dans sa chaire, ces entailles de plaisir qui lui rappelaient qu'il appartenait à un loup-garou, un mâle qui était lié à lui.

_ J'voulais pas qu'elles partent. J'aime tes marques dans mes muscles, j'en ai besoin pour être heureux. C'est ça dont j'ai envie, pour toujours. Derek, il faut que tu recommences, il faut que tu me mordes partout.

L'urgence était autant perceptible dans la voix de Stiles, dans les mouvements de ses épaules cicatrisées, que dans ses prunelles avides. Derek eu un moment de flou où il était prêt à se transformer, mais le besoin qu'il ressentit se fracassa sous le poids d'une conscience qui dépassait le contentement de ses instincts.

_ Non, on va faire l'amour Stiles, et je te mordrais seulement quand je serais en toi, mais on ne va pas refaire la même erreur qu'hier. T'es encore un peu fiévreux, alors on va se reposer et attendre, mais après on se liera. Tu veux ?

Le loup-garou était parvenu à se rendre persuasif comme jamais. Il avait abandonné tous ses réflexes pour donner de la rondeur à ses mots et Stiles paru hypnotisé par sa voix. Il était d'accord et son cœur s'emballa d'espoir. L'odeur de son approbation se répandit partout pour l'exprimer et Derek ne doutait pas un seul instant que Stiles bandait avec la même force que lui. L'idée de leur union charnelle était assez forte pour les porter hors du monde ambiant. L'excitation était devenu palpable et l'atmosphère se chargea d'envies contraintes par leur excès.

_ Oh Derek, si tu savais depuis le temps que je te désire. La première fois que je t'ai vu j'ai su que j'étais gay. Pourquoi t'es pas tout nu à côté de moi ? demanda l'adolescent, impatient.

Derek devint timide. C'était bizarre autant que craquant. Stiles le désirait tellement qu'il ne voyait que lui. Toute son attention était restreinte à Derek et même s'il se sentait groggy par la fièvre qui commençait seulement à s'estomper, il avait l'impression de n'avoir jamais été aussi sûr de ses envies.

_ j'ai été prendre une douche, dit le garou.

_ Non. Il ne fallait pas Baby Wolf, ton odeur, elle va sentir le parfum de savon.

Le jeune était sincère, il aimait l'odeur de Derek. L'instinct lupin du garou était aux anges et pour la première fois depuis longtemps, ses pulsions surnaturelles, son émotions et ses envies étaient toutes en harmonie. Il sourit tendrement.

_ Je ne me suis pas lavé Stiles, j'ai juste laisser l'eau coulée sur ma peau pour retirer les traces de ton sang séché sur moi. Je pouvais pas enlever ton odeur de la mienne, c'était trop dur de me contraindre à l'effacer. Ça me rassure de te sentir, je veux plus imaginer à quoi ressemblait mon odeur sans la tienne.

Le cœur de Derek battit intensément quand il dit ça. Il eu la sensation de perdre pied un instant et se raccrocha à la satisfaction que Stiles montrait pour ne pas se laisser aller à sa soudaine fragilité. Le garçon muse devint tout mignon quand ses grands yeux s'ouvrirent exagérément avant qu'il n'exprime son interrogation.

_ Tu va venir avec moi ?

_ D'abord je veux savoir si t'as faim.

_ Toi t'a faim ?

_ Un peu, mais je peux encore attendre, répondit Derek, transformé en bonne pâte.

_ J'ai pas faim Derek, j'aimerais que tu me prennes dans tes bras. Ton lit, il sent bon et il est trop confortable, mais sans toi dedans il est froid. Pourquoi on a jamais fait de sieste ensemble ici ?

La demande de Stiles prouvait qu'il n'était plus sous l'influence de la fièvre. Derek se leva et commença à se dévêtir.

_ L'occasion ne s'est jamais présenté. Et puis, j'avais peur de ne pas pouvoir me retenir de te sauter dessus si on dormait tout les deux.

Derek s'expliqua en retirant son jeans. Alors qu'il faisait glisser le linge sur ses jambes, il repensa au moment où il était rentré au loft avec son compagnon inconscient dans ses bras. Il avait apprécié s'occuper de lui pour le mettre au lit. Il se dépêcha de se dénuder totalement pour retrouver l'ado sous la couverture. Leurs peaux s'attirèrent aussi surement que des aimants et le plaisir d'être nu l'un contre l'autre les submergea. Stiles soupira de bien être et se blottit contre son compagnon qui avait l'impression de pouvoir s'apaiser entièrement.

_ Oh ta chaleur m'a manqué Baby Wolf. Je t'aime tellement, j'ai l'impression que je ne sais plus ce que c'était avant, quand on pouvait pas se supporter. Je déteste cette période autant que je l'aime parce que je t'ai quand même rencontré à ce moment là. Roh, je sais plus ce que je dis, je suis fatigué.

Le jeune posa son front contre le torse de son tendre loup. Derek l'enserra avec affection et resserra son étreinte autour du corps de sa muse. Il étaient enchevêtrés et c'était bon de pouvoir vivre ça, de pouvoir se toucher ainsi, de rêver éveiller.

_ Dors mon tout doux, je suis là, je te tiens dans mes bras et je ne te lâche pas. T'es en sécurité Stiles, murmura amoureusement l'homme.

_ Et toi ?

Stiles releva légèrement la tête pour demander ça.

_ Comment ça ?

Derek fronça les sourcils, Stiles avait-il encore des doutes sur leurs sentiments ?

_ Est-ce que t'es en sécurité avec moi ? développa le plus jeune, un peu mal à l'aise. Derek ne réfléchit pas et donna impulsivement sa réponse.

_ Oui.

Le jeune se tortilla de l'inconfort que lui inspirait ses peurs. Il exsudait un parfum d'incertitude et cela troubla son compagnon. Derek fronça les sourcils et l'ado raconta ce qu'il avait sur le cœur.

_ Je t'ai manipulé malgré moi Derek, sans m'en rendre compte. Je sais pas si tu peux avoir confiance. A ta place je ne me ferais pas confiance. Pourquoi j'ai toujours été une calamité pour les gens que j'aime ?

Il y avait de la douleur dans la question du garçon. Derek eu la sensation que son tout doux racontait ce que lui avait ressenti si longtemps sans être capable de le dire. Cette reconnaissance lui fit mal et le loup de naissance compris que s'il voulait aider Stiles à voir autrement, il devait abandonné ce type de pensées qui avait gouverné sa vie depuis trop d'années. Il parla avec assurance.

_ Je suis en sécurité avec toi Stiles. Quelqu'un qui me voudrait du mal n'agirait pas comme toi, crois-moi, je sais de quoi je parle. T'es une muse, tu te rends compte de ce que ça veut dire ? Est-ce que tu sais ce que t'as inspiré à Scott et au docteur Deaton ?

_ C'est flou, avoua le jeune qui mordillait la pulpe de sa lèvre inférieure.

Derek s'éclaira de conviction. Il était sérieux et en même temps, il y avait une pointe d'espoir qui embuait ses yeux d'un vert unique.

_ Tu les a rendu plus puissants, tu les a amélioré. Une muse qui aime les gens leur inspire le meilleur. T'es quelqu'un de bien Stiles, tu es bon et tendre et doux et magnifique.

Le loup de naissance embrassa le front de son compagnon et soupira d'aise. Le coin des lèvres du jeune se relevèrent en un sourire réservé. Si la voix de Stiles était douce, une pointe amer demeura pourtant quand il parla.

_Tu dis ça parce que tu es tombé amoureux de moi. Comment c'est même possible, j'ai du mal à le concevoir.

Derek le secoua gentiment et gronda son refus d'entendre ça.

_ Arrête de te poser des problèmes inutiles. C'est du temps perdu. Je ne veux pas que tu sois comme moi bébé, que tu te ronges la vie et deviennes ton pire ennemi. C'est trop dur de l'avoir vécu et je ne supporterais pas que tu te fasses du mal parce que tu ne t'aimes pas.

Il y avait de la force dans ces propos et Stiles plia un peu plus son cou pour pouvoir regarder l'homme. Les épais sourcils de Derek étaient froncés de sévérité mais sa mâchoire n'était pas crispée.

_ Oh t'es trop mignon mon Baby Wolf, je t'adore...

Stiles se blotti un peu plus contre Derek et huma son odeur. L'autre se détendit et le calme commença à envahir la pièce. Stiles avait montré des signes de fatigue et sa respiration régulière laissa supposé à son compagnon qu'il s'assoupissait. Sans savoir pour quelle raison, il se mit à chuchoter, comme si cela finirait par lui donnait envie de rejoindre le sommeil de son amoureux.

_ Je suis prêts à être heureux. Tu fais naître de la joie dans mes veines. C'est pour ça que je te détestais avant, parce que je ne pouvais plus croire au bonheur et ta présence me le faisait ressentir. Tu me contredisais malgré toi. La gaîté devait être morte avec ma famille, tu vois ? Mais non, toi tu arrivais à faire battre mon cœur plus fort et rendre mon loup euphorique. Ça m'a fait peur longtemps. Je sais que tu dors et que tu ne m'écoutes plus, mais j'ai besoin de te le dire. Je suis en sécurité avec toi ma muse d'amour, tu es un rayon de soleil dans ma vie. Quand t'es dans mes bras, j'peux éprouver du bienêtre sans culpabiliser. Oh, il faut qu'on scelle notre lien, j'en ai besoin pour me transformer en ce qui nous portera.

Derek avait dit ça avec tellement de véracité. Il avait vécu chaque mot et les faire sortir lui faisait tellement de bien. Stiles bougea et releva la tête une nouvelle fois. Sa bouille était détendue, ses paupières mi closes.

_ J'arrive pas à dormir, je peux pas, pas quand tu me dis de si belles choses. S'il te plait, faisons l'amour, j'ai trop envie.