Miou tout le monde !

Navrée pour le retard mais j'ai été occupée ce weekend par une raclette-crémaillère à l'autre bout de la France, ce qui m'a permis de constater que la normandie, non seulement c'est loin, mais en plus c'est plat ! (comment ça tout le monde s'en fout ?)

Sans transition aucune, bonne lecture !

Disclaimer : aux dernières nouvelles Himaruya n'était pas en normandie ce weekend.


Finalement, ils sortirent du restaurant en étant tous de bonne humeur. Le couple rentra directement à l'hôtel, mais Matthew préféra aller dormir chez son frère pour passer un peu de temps juste entre jumeaux. Sur le chemin, ils discutèrent un peu de tout, et en notant une affiche, le canadien fit une remarque.

- Il a l'air énorme le match de baseball de demain soir, on pourrait y aller ensemble, ça fait super longtemps qu'on l'a plus fait.

- Je croyais que tu préférais le hockey ? tenta maladroitement Alfred.

- Le hockey c'est du sérieux, je regarde pas un match pour me détendre. Le baseball ou le basket par contre, c'est plus un show qu'autre chose du coup ça peut juste être un bon moment.

- Si tu veux samedi il y a un match de basket au Madison Square Garden.

Et l'américain continua à esquiver de plus en plus mal les demandes de plus en plus directes de son frère. Celui-ci attendit toutefois d'être arrivés dans l'appartement pour y aller franchement.

- Bon, Al', c'est pas la peine de me prendre pour un idiot non plus.

- Le héros ne prendrait jamais son frère pour un idiot ! protesta Alfred.

- Ton histoire de Trump a peut-être convaincu daddy et papa, mais avec moi ça ne marche pas.

- De quoi tu parles ? demanda l'américain en espérant vainement détourner la conversation.

- Hier tu n'es pas venu nous voir avec Gil', aujourd'hui tu as carrément refusé une visite commune, et demain soir tu loupes la possibilité de voir un match juste avec moi. Et va pas me faire croire que les conseillers de Trump ont ton numéro perso.

- T'es chiant bro.

Retenant un sourire face à la capitulation indirecte de son frère qui s'était mis à bouder de façon très mature, il continua avec plus de douceur.

- Tu sais très bien que je peux garder les secrets mieux que personne.

- Grmbl.

- Et je pourrai plus facilement te couvrir si je sais de quoi il s'agit.

- Grmbl.

Finalement, le canadien utilisa sa botte secrète et fourra sa peluche géante dans les bras d'Alfred. Celui-ci résista environ quatre secondes avant de craquer et de la câliner en souriant.

- Alors ? redemanda Matthew avec un sourire.

- J'ai ta parole que tu gardes ça pour toi ?

- Parole de jumeau.

- Je... vois quelqu'un.

- Je m'en doutais. Tu veux en parler un peu ?

- Je sais pas, c'est hyper récent, on s'est rencontré il y a même pas deux jours, je sais pas ce que ça va donner et elle repart dans pas longtemps...

- Tiens, c'est une humaine ? releva Matthew un peu surprit.

- Yep.

- Et comment tu en es venu à la rencontrer ?

- Je l'ai sauvée d'une bande d'agresseurs en me baladant à Central Park.

- Dire que je pensais à quelque chose de banal... Mais non, mon jumeau est un héros, même quand il rencontre quelqu'un !

- Hey, te moque pas bro ! râla Alfred en voyant son frère pouffer.

- D'accord, désolé. Qu'est-ce qu'elle a de si spécial pour avoir réussi à attirer l'attention du célibataire le plus endurci des Etats-Unis ?

- Bro...

- OK, j'arrête de me moquer. Mais vu comment tu avais réagi avec Gil', comprend bien que je suis tenu d'en faire autant...

Alfred avait pris un air faussement menaçant et Matthew s'amusait beaucoup. Son frère l'avait tellement charrié quand lui et son prussien s'étaient mis ensemble, qu'il se sentait obligé de lui rendre la pareille.

- Honnêtement, qu'est-ce qui t'a fait accrocher aussi vite ?

- Elle m'écoute, finit par dire l'américain.

- Tout le monde t'écoute tu sais...

- Nope, tout le monde m'entend.

Matthew saisit rapidement la nuance et comprit. D'une certaine façon, c'était un peu comme pour lui, tout le monde voyait vite fait ce qu'était le Canada, mais quasiment personne ne le remarquait lui. Et puis Gilbert était arrivé dans sa vie et il apprenait petit à petit à s'affirmer et à se faire remarquer. Si son frère trouvait quelqu'un qui lui apportait une chose aussi précieuse, alors aucun doute qu'il était tombé sur une perle rare.

- C'est avec elle que tu vas au match de demain ?

- Yep. Elle repart samedi, donc j'essaie de passer un max de temps avec elle avant.

- Elle habite dans un autre pays ?

- Oui, mais avec un peu de chance elle devrait revenir de temps en temps aux USA.

- Toi tu as vraiment l'air mordu... réalisa soudain Matthew. C'est pas un peu tôt pour t'emballer ?

- Je sais, répondit Alfred avec un sourire crispé. Mais...

- Mais... ?

- Mais je me suis senti mieux avec elle pendant les quelques heures qu'on a passé ensemble qu'avec n'importe qui d'autre sur ces vingt dernières années, finit par avouer l'américain très gêné.

Matthew en eut le souffle coupé. Son frère s'engageait toujours à fond dans tout ce qu'il faisait, mais jamais le canadien n'avait pensé que ça pourrait aussi concerner ses sentiments. Après, ces dernières années avaient été assez éprouvantes pour lui, il le savait mieux que quiconque. Il lui posa donc simplement la main sur l'épaule avant de parler.

- Fait attention.

- Je compte pas brusquer les choses.

- Je parle de toi.

Sans un mot, Alfred comprit le message. Son jumeau était heureux mais s'inquiétait pour lui. Il suffisait de regarder leurs parents pour comprendre à quel point l'amour pouvait se révéler destructeur. Il hocha la tête et posa sa main par dessus celle de son frère avant de la serrer. Il s'étira et pour changer d'ambiance proposa un petit défi jeu vidéo.

- Et sur quoi tu veux recevoir une raclée ? le taquina Canada.

- Si je te mets encore une misère à mario kart, ça te convient ? répliqua Alfred du tac au tac.

Et ils se chamaillèrent une bonne partie de la nuit sur la fameuse licence, chacun refusant de laisser l'avantage définitif à l'autre.

-oOo-

Le lendemain matin, les frangins américains se réveillèrent avec des cernes quand le réveil sonna, et si chacun d'eux se retint d'envoyer valser l'objet de malheur, ils espéraient quand même que l'autre le fasse.

- Bon... P'tit déj, bro ?

Matthew bailla.

- Si tu as du jus d'orange, du café, ou n'importe quoi qui m'aidera à me réveiller, je veux bien.

- Le héros, brailla-t-il en baillant, a toujours tout ce qu'il faut !

- Le héros est prié de ne pas hurler dès sept heures du matin, grogna le canadien en enfouissant sa tête sous l'oreiller.

Alfred ne disposant que d'un lit dans son appartement New Yorkais, les jumeaux l'avaient partagé. Après, les lits d'Alfred étaient aux standards américains et mesuraient donc tous environ deux mètres de large, par conséquent la différence entre dormir seul ou à quinze n'était pas énorme. Alors que l'américain se levait pour aller ouvrir les rideaux, Matthew resta enfoui sous la couette, grappillant comme il pouvait quelques minutes de repos supplémentaires. Il était à deux doigts de se rendormir complètement lorsque la couette disparu dans un mouvement brusque.

- Allez bro, debout !

- ... encore cinq minutes, exigea le canadien en se roulant en boule.

Il fut rejoint en moins d'une minute par Kuma, qui voyait en son humain ensommeillé une formidable opportunité de câlins. Devant le spectacle plus qu'adorable de Matthew câlinant sa peluche, peu de nations pouvaient résister et lui refuser quoi que ce soit. Malheureusement pour lui, son frère en faisait partie.

- Bro, si dans cinq secondes tu es pas debout, je te balance hors du matelas de force.

- C'est cruel.

- Quatre...

- Je suis ton frère !

- Trois...

- On a encore largement le temps en plus !

- Deux...

- Tu ferais pas ça à mon ours !

- Un...

- Ok c'est bon, je suis debout !

En voyant son frère à la force surhumaine aller se poster de l'autre côté du matelas, Matthew avait fini par céder et sauter du lit, sa peluche dans les bras. Les descentes de lit de son frangin étaient généralement brutales et peu agréables, il le savait pour en avoir expérimenté un certain nombre quand ils étaient enfants. L'air grognon, il se dirigea vers la cuisine et se servit un verre de jus d'orange pendant qu'Alfred remplissait son bol de lait et de céréales ultra-sucrées.

- Tu trouves pas ça écoeurant ?

- Hein ? Mais c'est super bon !

Renonçant au cas désespéré que son frère représentait pour la cuisine en général, le canadien secoua la tête et se repencha sur ses tartines. Ça ne valait pas ses petits-déjeuners à base de pancakes et de sirop d'érable, mais ça faisait l'affaire.

Alors qu'ils se préparaient à partir, Matthew se mordit les lèvres et osa demander quelque chose.

- Au fait... Tu crois qu'aujourd'hui tu pourrais faire quelques efforts en réunion ?

- Des efforts ? Le héros est toujours celui qui participe le plus ! protesta Alfred.

- Je sais, c'est pas le problème. C'est juste que...

- Que personne m'écoute, je sais. T'inquiète, je saurai bien les forcer à prendre en compte les idées du héros aujourd'hui !

Aucune des protestations du canadien n'y fit rien, l'américain nia en bloc toute possibilité d'admettre que ses interventions pouvaient être contre-productives pour tout le monde.


Voilà, encore un millier de plates excuses pour mon retard. J'espère que ça vous a plu, promis le baseball arrive dans pas longtemps. Laissez un message si vous voulez, et si vous voulez pas, ben... tant pis, je vous aime quand même !

Plein de beignets pommes-calvados pour vous !