Miou tout le monde !

Pas de retard cette fois (ouf) et on retrouve le point de vue d'Ivan.

Bonne lecture !

Disclaimer : Himaruya-sama-boss n'a pas de retard sur Hetalia, lui.


Anya se mordit la lèvre une bonne partie du trajet, et demanda au chauffeur de la déposer devant un immeuble, à quelques centaines de mètres de l'hôtel. Autant éviter que quelqu'un fasse le lien, et une inconnue rentrant à cette heure alors que lui-même avait disparu toute la soirée ne pouvait qu'éveiller les soupçons. Elle régla la course, puis s'engagea dans une ruelle à l'écart et entreprit de se changer. Alors qu'elle avait quasiment fini de remettre les bons vêtements pour se transformer, trois hommes tournèrent soudainement à l'angle de la rue. Avec un soupir, elle termina de mettre son manteau et se tourna en ignorant les commentaires graveleux. Alors que ceux-ci se rapprochaient de plus en plus de menaces, elle murmura un mot et sembla grandir, gagner en largeur d'épaule et en muscles. Les agresseurs ne firent pas spécialement attention et continuèrent à approcher. Lorsqu'ils furent juste derrière, l'un d'eux la siffla une dernière fois en posant sa main sur son épaule, dans le but évident de forcer la jolie fille qu'ils avaient vu à se retourner.

Sauf qu'à la place d'une jolie fille mince et apparemment fragile, un géant russe se redressa complètement et les fixa avec un sourire adorable, les paupières mi-closes s'ouvrant rapidement pour dévoiler des iris mauves. Ceux-ci brillaient d'une fureur froide et d'une pointe d'amusement qui semblait proche d'une forme de folie sadique. Comprenant leur erreur et prenant rapidement la mesure du danger, les trois hommes reculèrent dans le but évident de s'éloigner. Mais Ivan Bradinsky n'avait pas pour habitude de laisser partir ses proies.

Il sortit de la ruelle quelques minutes plus tard, un grand sourire innocent et détendu sur les lèvres. New York comptait trois violeurs de moins. Laissant trois corps éparpillés et une mare de sang derrière lui, le russe se dirigea tranquillement vers l'hôtel. Le lendemain, la police conclurait à un règlement de comptes d'une rare sauvagerie et l'affaire serait rapidement classée, faute d'éléments permettant de faire avancer l'enquête.

Il constata avec soulagement que sa soeur ne l'attendait pas devant la porte de sa chambre et que la serrure n'avait pas l'air d'avoir été forcée. Elle avait dû aller le chercher dehors ou finir par s'enfermer dans sa propre chambre pour torturer une ou deux personnes afin de se calmer.

Une fois à l'intérieur et après avoir pris une douche, Ivan réfléchit posément à la situation. Son plan fonctionnait à merveille. Un peu trop même. C'en était perturbant. Il avait tellement eu l'habitude de jouer contre Alfred comme si c'était une partie d'échecs. Chacun savait que l'autre jouait contre lui, chaque coup était réfléchi, chaque action de l'autre était anticipée, et toute la tension de la compétition était palpable lorsqu'ils se croisaient. Cette fois-ci, c'était comme s'il jouait... mais seul. Et son adversaire ne voyait rien, ne savait rien, ne faisait rien. C'était à la fois passionnant et un peu ennuyant.

Après, il avait en échange la possibilité de voir Alfred comme personne d'autre – à part peut-être son frère – ne pouvait le voir. C'était intéressant et il avait plus appris sur son adversaire en quelques jours qu'en décennies d'affrontements. Par ailleurs, certaines révélations l'avaient franchement étonné. Que l'américain ne soit pas l'abruti qu'il prétendait être, Ivan le savait, mais qu'il le fasse pour les raisons qu'il avait évoquées était autrement surprenant. Pour la première fois, il entrevoyait le type de fardeau que le fier et arrogant représentant des Etats-Unis portait sans le montrer. Etre l'incarnation d'un tel peuple n'était pas un cadeau.

Tout à ses réflexions, il sentit cependant son portable vibrer. Alfred venait justement de lui envoyer un message.

"J'espère que tu es rentrée sans problème, bonne nuit et bon vol demain !"

Le russe sourit devant une telle naïveté. D'une certaine façon, il était triste de voir avec quelle facilité il arrivait à séduire l'ennemi qui lui avait donné tant de mal pendant la guerre froide. Il pianota rapidement une réponse et laissa passer une quinzaine de minutes avant de l'envoyer. Il ne pensait pas qu'un simple baiser ferait autant d'effet.

Pour être totalement honnête avec lui-même, Ivan devait reconnaître qu'il avait bien aimé l'embrasser. L'américain se débrouillait bien et il fallait bien admettre qu'il était très attirant sur le plan physique, en conséquence de quoi le russe n'avait pas vraiment eu besoin de se forcer pour initier le contact. Sauf que les nouvelles sensations qu'il avait ressenti dans son corps féminin le rendaient très curieux pour la suite des évènements. Lui qui aimait dominer avait trouvé agréable de se laisser guider en douceur. Il y avait matière à expérimentation et son cobaye américain ferait parfaitement l'affaire, surtout s'il se débrouillait aussi bien au lit que ce que sa façon d'embrasser promettait. Après tout, il était le fils de Francis. Et le français était de loin le meilleur amant qu'il connaissait. Vraiment, il avait encore beaucoup de choses à essayer avant de passer à la phase finale de son plan.

-oOo-

Le lendemain midi, alors qu'Alfred passait un moment avec Matthew et Gilbert, il passa tellement de temps à regarder le ciel qu'il s'attira une remarque moqueuse de l'albinos.

- Tu sais, si tu as perdu un truc, il y a plus de chance qu'il soit tombé vers le bas que vers le haut !

- Le héros ne perd jamais rien ! répliqua l'américain en arrêtant immédiatement de scruter le ciel.

- Ben alors qu'est-ce que tu fous la tête en l'air ?

- Il devait sûrement essayer de repérer un oiseau, pas vrai Al' ? intervint Matthew.

- C'est ça !

Gilbert resta silencieux quelques instants, et son air de profonde suspicion inquiéta le canadien. Il voulait bien faire de son mieux pour aider son frère à garder son histoire secrète, mais s'il était aussi peu discret, ça risquait de sérieusement compliquer les choses...

- Mais pourquoi tu voulais regarder un piaf ? demanda-t-il finalement.

- Tu gardes bien ton poussin en non-stop, contra Alfred.

- Hey, laisse mon awesome Gilbird en dehors de ça !

Comme pour appuyer ses dires, un cui-cui indigné se fit entendre depuis le haut de son crâne. Les piaillements attirèrent l'attention de quelques écureuils qui passaient non loin, et l'attention du petit groupe fut rapidement accaparée par les rongeurs. Les petits mammifères avaient l'air très intrigués par le poussin jaune sur la tête d'un humain, et l'énorme peluche vivante blanche dans les bras d'un autre. Quant au dernier, il les attira sur les manches de sa veste et parada avec eux quelques instants, provoquant le rire des deux autres et leurs applaudissements.

-oOo-

A la fin de la journée, le couple prit congé d'Alfred et repartit pour le Canada, où Gilbert avait prévu de passer quelques jours avant de retourner en Allemagne. L'américain retourna chez lui, seul. Il avait passé une bonne partie de la journée à penser à Anya, et ne pensait pas avoir autant regardé les avions jusqu'à ce que le prussien lui en fasse la remarque. Il avait envie de la voir et de retourner prendre un café avec elle. Ou n'importe quoi d'autre même, juste pouvoir lui parler, l'écouter, la regarder et se détendre. En soupirant, il se rappela qu'il ne la reverrait pas avant plusieurs semaines et alla faire un tour sur les réseaux sociaux pour se changer les idées. Trump avait encore dit et fait des conneries monumentales, des attentats avaient lieu partout sur la planète, le climat partait en cacahuète, bref, tout allait mal. Comme toujours, même si depuis quelques temps ça devenait plus systématique. Même ses comics et les mangas de Kiku ne suffisaient plus toujours à lui remonter le moral. Et pour ne rien arranger, son trou du cul de président était à la maison blanche ce weekend. Il allait devoir lui faire son rapport et s'arranger pour faire passer les choses en douceur. Ce qui signifiait devoir encore passer pour un abruti afin que le président ne se doute de rien. Alfred avait mal au crâne rien qu'à imaginer ce qui l'attendait.

-oOo-

Au même moment, en Russie, Ivan fournissait le rapport de Ludwig à son gouvernement. Il avait tendu la pochette à un secrétaire qui s'était empressé de le mettre dans la boîte concernée et était tout aussi vite retourné à son travail. Discrètement, il avait ensuite prévenu tout le monde que M. Bradinsky était de retour de sa semaine de réunion à New-York. Dans le jargon administratif du Kremlin, ça signifiait clairement qu'il ne fallait pas s'approcher de lui, car le risque de colère contenue était d'environ trois à quatre fois supérieur à la normale. Tout les employés, et même la plupart des ministres résolurent donc de rester dans leurs bureaux pour les prochaines heures. Cependant, l'assistant personnel de Poutine, qui n'avait pas d'autre choix que de le voir, témoigna dans la soirée avoir eut l'impression qu'il en était rentré content, ou à tout le moins satisfait de quelque chose. Personne ne se risqua à demander quoi.

Sa rentrée officielle étant finie et son rapport remis, Ivan rentra chez lui, seul également. Il avait depuis longtemps appris que mieux valait vivre seul qu'avec Natalya, et avait par conséquence investi dans un appartement à Moscou de façon officieuse. C'était moins grand que sa résidence officielle, mais plus tranquille et nettement moins déprimant. Sa grande demeure n'était plus que l'ombre de ce qu'elle avait été à l'époque de l'URSS, et la voir vidée de ses occupants lui rappelait constamment qu'il avait perdu.

D'une certaine façon, il aurait bien aimé pouvoir retourner prendre un café avec l'américain. C'était à la fois une agréable pause détente et un moyen d'en apprendre plus sur lui, d'autant plus qu'il s'était bien fait à son personnage de traductrice. Maintenant, il en avait probablement pour un mois avant de pouvoir le revoir sans que le lien puisse être établi de façon trop évidente. Un mois pendant lequel il devrait machiner pour maintenir les sentiments et le désir du petit capitaliste, sans en faire trop non plus. Il allait devoir retourner fouiller dans tous ses vieux manuels de manipulation pour réussir à toujours être dans la note.

En attendant, il avait une réunion prévue dans dix jours avec le reste des pays européens. Ça lui ferait des anecdotes à raconter à Alfred, si jamais il s'ennuyait trop. En sortant un verre et une bouteille, il sourit sincèrement. Réfléchir au prochain coup, au meilleur moyen de manipuler son adversaire... ça lui avait manqué de comploter contre l'américain.


Et miou ! J'espère que le retour des impressions d'Ivan vous a plu. J'aime toujours autant recevoir des reviews (et en plus je fais de mon mieux pour y répondre, promis) mais ne vous forcez pas non plus hein. Je vous enverrai juste les scones d'Artie si vous ne le faites pas (niark niark on sort les vraies menaces).

Plein de pancakes au sirop d'érable pour vous !