Miou tout le monde !

J'espère que vous ne m'en voulez pas de vous avoir fait défaut mercredi, promis c'était une exceptionnelle exception (non c'est pas redondant).

Sinon je me suis aperçue qu'une personne en guest m'avait demandé combien de chapitres il y allait y avoir en tout, et comme je ne suis (presque) pas sadique, je peux vous annoncer qu'il y en aura plus de vingt (par contre je ne dirai pas combien, ça peut être beaucoup plus comme quelques-uns, vous verrez bien :p)

Bonne lecture !

Disclaimer : Moi Nellana, pas Himaruya.


Deux mois et cinq retrouvailles plus tard, Alfred et Anya formaient un couple qui faisait se retourner bon nombre de passants à New York. La jeune russe avait en effet eu une occasion magnifique de venir aux Etats-Unis, et n'avait pas manqué d'en informer Alfred qui s'était arrangé pour s'y retrouver tout le temps où elle y séjournerait. Pour l'heure, ils se baladaient dans Times Square et Alfred lui racontait une floppée d'anecdotes sur cet endroit de sa ville au cours des cent dernières années. Elle riait souvent.

- Pour quelqu'un qui prétend n'avoir aucune culture, glissa-t-elle, j'ai l'impression que tu es quand même sacrément calé sur l'histoire de ton pays.

- Le pays d'un héros est forcément héroïque et ultra-intéressant !

- Je te ferai remarquer que les Etats-Unis n'ont pas toujours été un modèle dans beaucoup de domaines, loin de là.

- Comme quoi ?

- Guerres diverses et variées, environnement, protection sociale, parité, racisme, ... je continue ?

- Les autres ont fait pire que moi ! répliqua-t-il avant de se mordre la lèvre.

Il adorait sa petite amie mais clairement, il n'était pas encore question de lui avouer son statut de nation. Heureusement pour lui, elle ne releva pas sa petite bévue mais autre chose.

- Parce que la plupart des autres pays sont beaucoup plus vieux je pense, répondit Anya. En plusieurs millénaires d'existence, on a le temps de faire beaucoup plus d'erreurs qu'en quelques siècles.

- Même en comptant ça, les Etats-Unis restent le meilleur pays du monde ! D'ailleurs c'est ici qu'on fait les meilleurs films !

- Il n'y a pas vraiment de lien mais je veux bien t'accorder le fait que les productions américaines peuvent être de très bonne qualité.

Et ils continuèrent à débattre jusqu'à se poser dans un café au vu du froid qu'il commençait à faire, la nuit étant tombée rapidement. Anya serrait ses mains autour de sa tasse pour les réchauffer, et Alfred remarqua le geste. Il avança donc ses propres mains et enlaça celles de la jeune femme, qui sursauta.

- Tes mains sont brûlantes !

- Toujours. J'ai une température corporelle plus élevée que la plupart des gens.

- Je vois ça...

Elle prit une de ses mains et la porta jusqu'à sa joue avant de soupirer de bonheur.

- Moi c'est plutôt l'inverse, lui expliqua-t-elle.

- Ça doit être pratique l'été.

- Il y a rarement des vagues de chaleur qui dépassent trente degrés à Moscou, et l'été il y a beaucoup d'orages, fit-elle avec une moue ironique. En général, c'est plus gênant l'hiver qu'autre chose.

- Je croyais que les russes tenaient super bien le froid ? rigola-t-il.

- C'est pas parce que je le supporte bien que j'aime ça. Et la nuit, avoir une sensation de froid intense sans rien pour le contrer est assez problématique.

- Tu sais, il y a des trucs comme les matelas chauffants ou les bouillottes qui existent, fit Alfred en rigolant.

- Ça ne sert pas à grand-chose, murmura Anya avec un regard sombre, quand l'origine du problème n'est pas physique.

L'américain cessa immédiatement de rire et se pinça les lèvres. Il avait visiblement gaffé et en beauté. Plus sérieux, il se pencha vers elle.

- Désolé. Je pensais pas que c'était ce genre de problème.

- Tu ne pouvais pas savoir.

- C'est pas une raison. Tu veux m'en parler ? ajouta-t-il au bout de quelques secondes.

Anya hésita quelques instants, puis se décida à parler après un soupir.

- Lorsque j'étais plus jeune, j'ai connu le froid. Le vrai froid d'hiver de Russie. Même si c'est grâce à lui que j'ai survécu à certaines choses, ça m'a laissé une empreinte indélébile, un souvenir qui ne s'effacera jamais.

- À ce point ? souffla Alfred.

- Certains pensent que le froid caresse ou picote. C'est faux. Le vrai froid brûle comme un fer chauffé au rouge qui se plaque sur la moindre partie du corps à laquelle il a accès. J'ai déjà eu tellement froid et tellement mal que j'ai cru que certaines parties de mon corps n'étaient plus reliées aux autres et allaient se briser comme du verre au moindre choc. Ce n'est pas quelque chose que l'on oublie.

Après cet aveu, les deux restèrent silencieux quelques instants. Anya serrait la main d'Alfred sans le regarder, les yeux perdus dans des souvenirs douloureux.

- J'imagine qu'on vit tous avec nos cauchemars, dit finalement l'américain.

Sans un mot, la jeune femme releva les yeux, visiblement un peu dubitative devant une telle affirmation.

- Je suis pas en train de dire que je comprend ce que tu as vécu, poursuivit-il doucement, mais avoir mal à vouloir en crever, je te jure que je sais ce que c'est.

- Vraiment ?

- Vraiment.

- Raconte ?

Alfred hésita à son tour. Comment parler sincèrement de cet épisode de sa vie sans trahir ce qu'il était réellement ? Il opta pour une légère modification de la vérité.

- Moi aussi, c'était quand j'étais plus jeune. J'avais fait en sorte d'être libre d'un coup, mais ça s'est vite retourné contre moi. À peine quelques années plus tard, j'ai failli être forcé à un choix impossible et perdre une partie de moi, tout en faisant atrocement souffrir ce que je pourrais garder. Ça a duré plusieurs années et j'ai cru que j'allais devenir fou, ce qui serait probablement arrivé si ma famille n'avait pas été là. Et puis c'est passé et je me suis relevé.

Ils restèrent tous les deux silencieux pendant une dizaine de secondes. Un ange passa et Anya le regarda dans les yeux.

- Je ne suis pas idiote tu sais.

- Pourquoi tu dis ça ?

- J'ai très bien compris que tu me caches quelque chose sur toi. Je ne sais pas pourquoi tu ne veux pas ou ne peux pas m'en parler, mais je suis certaine que c'est le cas.

- Je vois pas du tout ce qui te fait dire ça !

- Tout un tas de petits détails. J'ai l'impression que c'est quelque chose dont tu n'as pas le droit de parler, et je peux faire avec. Du moins, nuança-t-elle en souriant, tant que tu me promets qu'il n'y a rien d'illégal là-dessous.

Alfred était stupéfait. Il pensait pourtant avoir été très attentif à tout ce qui aurait pu le trahir, il était même certain n'avoir pratiquement jamais rien dit qui puisse lui donner cette impression. En une fraction de seconde, il comprit que c'était peut-être justement ça qui lui avait donné la puce à l'oreille. L'américain avait trop flouté certaines parties de lui dans leurs conversations. Maintenant qu'il était grillé, il n'avait plus qu'à la rassurer. Il sortit donc un sourire éblouissant, un pouce en l'air façon héros et un clin d'oeil charmeur pour lui répondre.

- Je te promet solennellement qu'il n'y a rien d'illégal dans ce que je ne suis pas autorisé à te dire.

- Parfait, plus qu'à espérer que ce soit la vérité, répliqua Anya en lui tirant la langue.

- Hey ! Le héros dit toujours la vérité à sa princesse !

- Le héros vient juste d'avouer qu'il me cachait quelque chose...

- Mais c'est pas pareil ! Et puis tu as dit que tu pourrais faire avec.

- Pour l'instant. Mais j'espère qu'un jour tu me feras assez confiance pour m'en parler.

- C'est pas une question de confiance, coupa Alfred un peu durement. Désolé, réflexe, s'excusa-t-il juste après.

- C'est pas grave.

Comme pour couper court à ce moment gênant, leurs deux portables vibrèrent quasiment en même temps et ils y jetèrent un coup d'oeil. Anya resta de marbre et ne prit même pas la peine de répondre, tandis qu'Alfred prenait deux minutes pour le faire.

- C'est qui ? demanda-t-elle avec un sourire mutin.

- Mon frère.

- Matthew c'est ça ?

- Yep. Paraît que nos parents se sont encore engueulés.

- À t'entendre, ils ne font que ça, plaisanta la jeune femme.

- C'est leur façon d'être ensemble, ils ont une relation un peu tordue. Même si ça s'est calmé sur les dernières années, ajouta-t-il avec un sourire amusé.

- Je vois, rigola-t-elle. Ça n'a pas dû être toujours simple avec eux.

- Loiiiiiiiiin de là ! Mais du coup il y en a un des deux qui est venu bouder chez Matthew, et il me prévenait des fois que l'autre me demande si je savais où il est.

- Tu as l'air d'avoir une sacrée famille...

- Si un jour on a l'occasion, fit-il en rougissant légèrement, je pourrais te présenter mon frère. Je suis sûr que vous allez bien vous entendre.

- Il a le même caractère que toi ? demanda Anya avec un sourire en coin.

- Heu... Plutôt l'opposé en fait.

- Pourtant tu m'as dit que vous étiez jumeaux ?

- Plutôt jumeaux complémentaires qu'identiques, grimaça l'américain.

- Je vois, répondit-elle amusée.

Le couple resta encore quelques temps à parler de tout et de rien, en savourant l'instant présent. Toutefois, Anya finit par remarquer l'heure.

- Il est dix-huit heures trente-cinq... Il va peut-être falloir que j'y aille. Après ça va faire tard pour rentrer à l'hôtel.

Alfred prit une grande inspiration avant de se lancer.

- Sinon... J'habite à quinze minutes d'ici si tu veux.

La jeune femme le regarda intensément, les yeux brillants mais l'air d'hésiter sur la décision à prendre.

- Pourquoi pas, répondit-elle finalement. Mais il va falloir clarifier la nature de votre proposition, monsieur le représentant, ajouta-t-elle avec un sourire amusé.

- Le héros propose à sa princesse de passer la nuit chez lui plutôt qu'on se retrouve seuls chacun de notre côté, répliqua Alfred sur le même ton ironique.

- J'accepte alors. Je me demande à quoi ressemble l'appartement d'un héros américain, se moqua Anya.

- Réponse dans quinze minutes si la princesse veut bien se donner la peine, contra l'américain avec un clin d'oeil et un large geste de la main pour lui indiquer la sortie.

Sans lui répondre, la russe se leva et il l'imita. Une fois dehors, ils refermèrent leurs vestes et se dirigèrent vers l'appartement d'Alfred.


Voilà, j'aime autant vous prévenir maintenant que le prochain chapitre sera beaucoup, beaucoup plus long que d'habitude.

Sinon, pour me faire pardonner de mon absence, je vous ai préparé un petit OS (qui n'a rien à voir avec cette fic). Je le publierai très vraisemblablement demain, j'espère qu'il vous plaira :)

Plein d'amarettis pour vous !