Miou tout le monde !
J'espère que vous avez passé de joyeuses Pâques, moi oui, j'ai eu plein de chocolats (et j'aime le chocolat). Par contre j'ai choppé des coups de soleil et une crève (mon corps est un troll) donc c'est moins cool.
Rien à voir avec la choucroute, mais (sans spoil) il va y avoir un chouia de violence dans ce chapitre. J'ai essayé de faire en sorte que ça ne soit pas trop trash donc tout le monde devrait le supporter, mais je préfère prévenir au cas où.
Bonne lecture !
Réponse à Freyja Manga : Grandiose, c'est le mot ;) Ivan n'a pas répondu parce qu'il avait ses raisons. Promis, ça va finir par s'arranger. Peut-être. Au bout d'un moment. Sait-on jamais. Encore que les deux peuvent être rancuniers... tu verras bien (de toute façon ils en font jamais qu'à leur tête et je n'ai aucune influence sur eux).
Disclaimer : Himaruya est notre Dieu bien-aimé créateur d'Hetalia. Moi je suis une cloche de Pâques qui envoie des chapitres au lieu des chocolats.
Le jeudi soir, tout le gratin financier et politique était présent à ce qui s'annonçait d'ors et déjà comme le plus fabuleux gala de l'année. Il avait lieu dans un sublime panorama, une scène avait été montée spécialement pour l'occasion, et le site se trouvait à des lieues de toute habitation. Sur demande spéciale, seules les familles destinées à régner sur les empires concernés étaient présents, ce qui représentait déjà plusieurs centaines de personnes. Le tout était filmé et retransmis dans le monde entier, et la plupart des nations étaient devant leur poste aussi. Le président américain avait promis une annonce à caractère exceptionnel pour, selon ses propres dire, concrétiser sa promesse électorale de rendre sa gloire à l'Amérique.
Il y eut quelques discours ennuyeux, puis Trump arriva à la tribune en saluant la foule avec des airs de vainqueurs. Dans les coulisses, Alfred finissait de faire partir tout le staff, prétextant une excuse quelconque à propos de la volonté expresse du président de lui laisser faire tout le travail de coordination. D'un coup d'oeil, alors que son président parlait, le représentant des Etats-Unis vérifia que son complice était en place. C'était le cas. Tout était prêt pour le top départ, il ne manquait plus qu'un signe de Trump pour lancer un simple diaporama.
Celui-ci terminait d'ailleurs son discours, comme toujours dénué de tact ou même de sens. Il eut un geste ample de la main et désigna l'écran derrière lui.
- Et voici enfin cette fabuleuse solution que nous avons attendu toute la soirée ! Fini les problèmes de l'Obamacare, les terroristes écologistes, les immigrés, les musulmans islamistes, les invasions de mexicains et les fous qui veulent retirer aux américains le droit naturel d'avoir une arme !
Il descendit de la tribune sous les acclamations alors que des images commençaient à s'afficher sur l'écran géant. Des images accompagnées de textes ou de graphiques.
„Les lobbies pharmaceutiques ont coûté la vie à plusieurs centaines de milliers d'américains qui ne pouvaient pas payer les soins qu'ils auraient dû recevoir en tant qu'êtres humains"
„Les lobbies de l'industrie alimentaire épuisent les sols et empoisonnent la planète, les animaux et les hommes sans se soucier des conséquences."
„Les groupes et sectes racistes encouragent le meurtre et les violences physiques et psychologiques envers des millions de personnes qui n'aspirent qu'à vivre en paix."
„Les lobbies des armes se servent du second amendement, complètement dépassé aujourd'hui, pour faire des profits sur le dos des meurtriers en puissance et empêchent les citoyens américains de comprendre que s'il n'y a pas d'armes à disposition, il est plus difficile de commettre un meurtre."
Au fur et à mesure que les chiffres, les images choquantes et les graphiques défilaient, l'assistance se mit à huer.
Partout dans le monde et aux Etats-Unis, l'audience atteignait des chiffres records, personne ne parvenant à croire ce qui se passait. Les nations comme les autres étaient scotchées devant leur télé ou leur ordinateur, abasourdies devant l'illogisme total de ce qui était en train de se produire.
À Moscou, Ivan eut un mauvais pressentiment. Quelque chose ne tournait pas rond. Alfred préparait quelque chose, il le lui avait clairement avoué, mais le russe soupçonnait maintenant que ce quelque chose était extrêmement dangereux. Dans le doute, il sauta jusqu'à l'endroit du gala et se posa à quelques distances. Assez pour lire et entendre, pas assez pour se faire repérer par la sécurité... qui d'ailleurs était absente, à sa plus grande surprise. Même pas un ou deux agents en vue histoire de donner un semblant d'illusion.
Sur la scène, le diaporama finissait de passer.
„Les politiciens du devant de la scène vous ont tous abandonnés. Leur envie du pouvoir est passée devant votre bien-être et vos besoins."
„Quant aux lobbies et à leur dirigeants, ils n'accepteront jamais de renoncer à leurs privilèges et continueront à vous faire peur pour que vous restiez soumis et convaincus que vous ne pouvez rien faire contre eux."
Ivan sentit un frisson le long de sa colonne vertébrale. Son instinct hurlait au danger et il se déplaça discrètement jusqu'à un côté de la scène, derrière une caméra.
Et soudain Alfred apparut. Il portait son éternelle veste d'aviateur, ses lunettes, et se posta en plein sur la tribune, un micro à la main.
- Vous voyez, fit-il en s'adressant à la caméra la plus proche de lui, vous ne pouvez peut-être rien faire contre eux. Mais moi je vous propose une solution. Je vous donne la possibilité de reprendre à zéro et de réapprendre à vivre, en respectant les autres et la planète sur laquelle vous vivez.
Pendant un instant, un seul instant, il eut un sourire. Le genre de sourire que le russe avait déjà vu. C'était le sourire de quelqu'un de désespéré qui entrevoit enfin la fin de ses tourments. En une fraction de seconde, Ivan remarqua ce que l'américain tenait dans son autre main. Une petite télécommande avec un seul bouton.
- Je m'appelle Alfred F. Jones, et je ne veux plus jamais être le gamin idiot et prétentieux qui pourrit le monde, murmura-t-il dans le micro en levant son autre main.
Et il appuya sur le bouton.
En un instant, l'enfer se déchaîna et les explosifs enterrés sous les chaises sautèrent, se déclenchant les uns les autres après qu'Alfred ait appuyé sur le bouton relié au premier détonateur. La panique n'eut même pas le temps de se répandre parmi les invités que les trois quarts d'entre eux étaient déjà morts, leurs corps jonchant la terre. Pas toujours en un seul morceau.
Internet se déchaîna en moins d'une minute, le chaos s'abattant sur la toile. La totalité des personnes dirigeant la politique et les diverses branches de la finance et des lobbies américains avaient été réduite à l'état de cadavres par un homme dont personne ne savait rien. Cependant, si les êtres humains étaient réduits en charpie par les explosifs, les caméras fonctionnaient toujours, comme si elles avaient été délibérément placées de façon à pouvoir transmettre ce qui allait se passer.
Sur le bas-côté, Ivan s'était jeté à terre en voyant Alfred appuyer sur le bouton, et s'efforçait à présent de ne pas le perdre de vue. Jamais il n'aurait pensé le pousser à une telle extrémité. Assassiner de sang-froid la quasi-totalité de sa classe dirigeante n'était clairement pas ce à quoi il avait pensé quand l'américain lui avait annoncé préparer quelque chose. Enfin au moins il était vivant. Ivan n'avait plus qu'à neutraliser les caméras et aller le récupérer sur scène avant qu'il ne soit pris dans une explosion.
Ce fut à ce moment précis qu'un bruit de tir retentit. Le genre de tir que seul un sniper expérimenté peut réussir au milieu d'explosions, de mottes de terres et de corps qui volent partout. La balle alla se loger droit dans la poitrine d'Alfred, qui s'effondra sous l'impact.
-oOo-
À des milliers de kilomètres de là, Francis et Arthur, rejoints pour l'occasion du gala par une bonne partie des nations européennes, hurlèrent ensemble en voyant leur fils tomber par terre et du sang jaillir d'une blessure. Moins de trois secondes après ça, l'écran devint noir. Les caméras avaient cessé de transmettre quoi que ce soit. Fous d'angoisses, ils se précipitèrent sur le territoire outre-atlantique pour tenter de retrouver Alfred, mais le temps qu'ils arrivent sur le site, l'américain avait disparu.
-oOo-
Lorsqu'Ivan avait vu Alfred tomber, le sang avait déserté son visage et il était resté figé. À côté de lui, la caméra s'éteignit sans même qu'il s'en rende compte. Avant qu'il se reprenne pour aller voir l'américain, une personne en tenue de camouflage se tenait sur la scène et se penchait sur son corps. Une cagoule empêchait de voir son visage mais il sembla satisfait de sa vérification et entreprit de traîner Alfred hors de la scène, alors que les explosions cessaient et que l'ensemble du lieu retrouvait un silence macabre.
Ivan finit par sortir de son état de choc et suivit discrètement le tueur et sa victime, qu'il chargea sur une moto avant de démarrer et s'éloigner dans une direction. Le russe grimaça. De nuit et dans le silence qui régnait, il n'avait aucune chance de réussir à les suivre discrètement dans un véhicule. Il n'avait pas d'autre choix qu'effectuer des mini sauts pour ne pas les perdre totalement de vue, mais c'était une entreprise risquée et délicate.
Une demi-heure plus tard, le tueur rangeait la moto dans le garage d'une villa avant d'y entrer avec sa victime, en ouvrant tranquillement la porte. Ivan entra quelques minutes après et se posta discrètement à côté du salon, où le sniper avait ligoté Alfred et attendait son réveil. Réveil qui ne tarda pas trop.
- Bien dormi ? demanda ironiquement le tireur.
Pour la deuxième fois, Ivan se figea. Il connaissait cette voix. Il la connaissait très bien, même.
- C'est jamais un plaisir de mourir mais j'ai connu pire, répondit l'américain. Tu veux pas enlever ta cagoule maintenant Natalya ?
D'un geste, la biélorusse enleva le morceau de tissu qui dissimulait son visage et eut un sourire satisfait, semblable à celui d'un chat qui a enfin attrapé sa souris.
- Au fait, pourquoi tu m'as attaché ? demanda Alfred. Je crois pas que ça faisait partie du marché.
- Je sais, répondit-elle suavement. Je t'aide à buter tous ces immondes dirigeants, et en échange je peux te tuer devant tout le monde pour faire croire à ta mort officielle.
- C'est le deal qu'on a passé, oui. Où tu veux en venir exacteme...
Alfred s'interrompit, puis il eut un air las et reprit avec un sourire fatigué.
- Je vois. Évidemment, tu ne te satisfais pas de me tuer une fois et de loin par un seul tir propre.
- Exact, confirma-t-elle avec un sourire cruel. Je n'ai pas du tout apprécié que tu ailles jusqu'à coucher avec mon frère et que tu prennes autant de son temps. Et je ne t'ai toujours pas pardonné la guerre froide non plus.
- J'imagine que le fait qu'il m'ait manipulé ne rentre pas en jeu ? soupira le blond.
- Bien sûr que non, déclara Natalya en ouvrant sa boîte d'instruments.
La porte du salon claqua et les deux occupants tournèrent la tête vers le nouvel arrivant.
- Ça devrait.
- Grand frère ? Qu'est-ce que tu fais là ? J'allais juste punir le capitaliste pour t'avoir...
La biélorusse s'interrompit et déglutit difficilement. Les iris mauves d'Ivan flamboyaient de colère. Pour une raison incompréhensible, son frère adoré était furieux contre elle.
- Natalya, tu dégages, ordonna-t-il. Maintenant.
La jeune femme faillit protester, mais l'étincelle de folie furieuse qu'elle lut dans le regard du russe la contraignit finalement au silence et elle partit sans un mot.
Alors avant toute chose, je tiens à prévenir la NSA et le FBI que si jamais ça se produit en vrai, je suis pas responsable (sait-on jamais).
Ensuite... pour celleux qui ont essayé de deviner ce qu'Alfred avait en tête, maintenant vous êtes fixés (et je suis curieuse d'avoir vos impressions j'avoue^^). Et avant qu'on me le demande, oui nos chères puissances vont avoir une petite discussion au prochain chapitre (dont je ne dévoilerai rien ici, nanmého).
Plein de nougats au miel pour vous ! (demande d'Alpharius6)
