Miou tout le monde !
On a encore la bonne dose de neige sur les montagnes mais il fait 25 l'aprèm, au calme. Du coup je commence dès maintenant mon alternance fromage blanc/ homard au niveau de la peau pour m'habituer à cet été. D'ailleurs suite à une résistance héroïque, j'ai toujours pas fini mes chocolats (héroïque je vous dis).
Bonne lecture !
Réponse à guest : moooooh mais enfin merci beaucoup mais quelle idée de faire des compliments comme ça :s
Disclaimer : Himaruya est le créateur papounet d'Hetalia et moi je lui pique ses persos en mangeant du chocolat.
Ivan attendit quelques instants pour être certain que sa petite soeur était bien partie, puis s'installa dans le fauteuil en face d'Alfred. Ils restèrent silencieux pendant une minute, se contentant de s'observer, puis le russe brisa le silence.
- Tu es complètement fou d'avoir demandé à ma soeur de t'aider.
- C'est vraiment ce qui t'a le plus marqué de la soirée ? répliqua Alfred ironiquement.
- J'ai hésité avec te demander ce qui t'a pris de massacrer toute ta classe dirigeante à coup de bombes, mais je trouve ton recours à Natalya un peu plus choquant, répondit-il avec un sourire.
Nouveau silence d'une minute ou deux, puis Alfred reprit la parole.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Tu veux dire, à part te sauver la mise ?
- Je vois mal ce que tu sauves, fit-il en éclatant les cordes qui le retenaient. Il faudrait un peu plus que ça pour m'immobiliser.
- Il faut toujours que tu en fasses des tonnes.
- T'as pas répondu à ma question.
- Je sais.
- On va faire simple. Ou tu réponds, ou tu te barres, mais une seule option valable. J'ai eu ma dose de soviétiques pour la soirée.
Les yeux bleus d'Alfred ne lançaient aucun défi, juste un avertissement dénué de compétition. Ivan ne bougea pas et répondit calmement.
- On a tous les deux des questions à poser.
L'américain soupira, passa sa main sur son visage dans un geste de profonde fatigue, puis remis ses lunettes et acquiesça.
- Ok, mais pas longtemps. Et je commence. Qu'est-ce que tu fous là ?
- Je suspectais quelque chose de louche et dangereux de ta part, donc je suis venu voir ton gala sur place, je t'ai vu faire exploser tout le monde puis être abattu et je vous ai suivis jusqu'ici.
- C'est qu'à moitié une réponse.
- Ta question n'était pas complètement franche non plus. Moi j'aimerais savoir pourquoi tu as opté pour une solution aussi radicale envers tes dirigeants.
Le visage d'Alfred se ferma soudainement et ses poings se serrèrent sur ses genoux.
- Je n'ai pas eu d'autre choix.
- Pardon ?
- Personne n'aurait arrêté Trump et les lobbies sans ça, et mon pays aurait continué à s'enfoncer dans une spirale aveugle et destructrice. Si je les laissais aller au bout des quatre ans, ils auraient foutu trop de choses en l'air pour que ce soit rattrapable, expliqua l'américain.
- J'avoue être impressionné. Je ne te pensais pas capable de prendre des décisions aussi... radicales.
Alfred garda un regard dur. Il ne regrettait pas ses actes et était persuadé que son pays se relèverait. Il avait tout organisé pour qu'une transition s'effectue en douceur et pour qu'il ne reste plus comme candidats que des personnes un peu plus responsables. Ivan reprit la parole après avoir longuement observé le langage corporel de son interlocuteur.
- J'ai l'impression de me revoir à la chute des tsars. Tu as la même dureté dans le regard que moi à l'époque.
- Je dois prendre ça comme un compliment ?
- À toi de voir. Je te conseille juste d'éviter de basculer autant que moi dans l'autre extrême. Essaie de faire une transition en douceur.
- Je rêve ou tu me donnes des conseils pour redresser mon pays ?
- Tout arrive, sourit le russe. Je me suis vraiment inquiété pour toi, espèce d'idiot, ajouta-t-il dans un murmure.
- Comme c'est touchant...
- Je ne plaisante pas.
- Dixit celui qui n'a pas hésité à prendre une autre apparence pour me briser le coeur et m'humilier.
Ivan grimaça légèrement. La pique faisait d'autant plus mal qu'elle était juste, et le ton glacial sur lequel elle avait été prononcée renforçait l'aspect cruel des paroles.
- À ma décharge, je ne pensais pas que tu t'emballerais aussi vite.
- Alors que tu as absolument tout fait pour incarner la personne qui serait la plus séduisante possible sur tous les terrains ? Tu t'attendais à quoi ?
- En fait, je pensais que tu serais plus méfiant, répondit le russe en haussant les épaules.
- Pas en ayant trouvé quelqu'un qui m'écoutait et qui ne me prenait pas pour un idiot ! cria Alfred tout d'un coup en se redressant.
Ivan resta sans rien dire. Son silence était calculé pour pousser l'américain à vider son sac.
- Bordel, évidemment tu peux pas comprendre ça toi, les gens ont peur de toi et vont forcément te respecter ! Personne va jamais te traiter d'imbécile ou de sale gosse en public ! Quand tu parles, tout le monde se tait et ne fait pas semblant de t'écouter en jouant sur leur portable ! Alors que moi...
Sa voix se brisa et il retomba sur son fauteuil, des larmes se mettant à couler sur ses joues sans qu'il fasse rien pour les arrêter.
- Moi, reprit-il en sanglotant, tout le monde me voit comme un gamin idiot et prétentieux qui pourrit le monde.
- Non.
L'intervention et le ton étaient sans appel, et pourtant Alfred secoua la tête.
- Si. C'est ce que tu penses. C'est ce que tout le monde pense. Personne ne me voit autrement.
- Moi je ne te vois pas comme ça.
- Je suis censé te croire alors que c'est toi qui me l'as balancé ?
- Ce que j'ai dit ce soir-là, je l'ai dit dans le but unique de te faire mal.
- Félicitations, c'est une magnifique réussite.
- Ça ne veut pas dire que je le pense.
Alfred releva la tête. Il observa Ivan en face de lui. Le russe se tenait droit dans son fauteuil, les coudes sur les accoudoirs et les mains jointes devant son buste. Une légère lueur méfiante et calculatrice passa dans le regard de l'américain.
- Et dans ce cas, qu'est-ce que tu penses de moi ?
- Au moins, répondit prudemment Ivan, que l'expression que j'ai utilisée au nouvel an n'était pas la plus adaptée pour te décrire.
- Je vois. Et comme par hasard, tu te retrouves ici à m'annoncer que tu t'es inquiété pour moi.
- Qu'est-ce que tu vas t'imaginer, Jones ?
Alfred ferma les yeux un instant, image même du calme et de la sérénité. Cette impression vola en éclat dès qu'il les rouvrit. Une colère froide brûlait dans ses prunelles azur.
- Je n'imagine pas. J'observe et je déduis. Depuis deux semaines, tu t'es fait de plus en plus amical avec moi dans nos conversations, et ce soir, fabuleuse coïncidence, tu arrives héroïquement juste à temps pour me sauver de ta très chère soeur.
Il utilisait à présent les mots comme des armes. Avec précision et efficacité. Pour augmenter un peu la tension, il sorti de sa veste un de ses couteaux à lancer et le tint entre ses mains. Hors de question de retomber dans le panneau du sentimentalisme confiant. En face de lui, Ivan mit quelques instants à comprendre où son interlocuteur voulait en venir. Finalement, l'évidence de la réponse lui sauta aux yeux.
- Tu penses que je suis en train d'essayer de te séduire une deuxième fois, mais avec ma vraie apparence.
- Tu vois, quand je t'ai senti arriver, je me suis demandé ce que tu faisais là, expliqua Alfred en jouant avec la lame. Ce qui, naturellement, impliquait la question de savoir comment tu pourrais me faire souffrir et m'humilier davantage que tu ne l'as déjà fait. En analysant un peu ton comportement, la déduction s'est faite toute seule.
- Tu n'as même pas envisagé la possibilité que je me sois sincèrement inquiété pour toi ?
- Il te faudrait une raison valable, et je n'en ai pas trouvé, répliqua l'américain. Encore que...
- Oui ?
- J'ai bien une théorie qui pourrait l'expliquer, commença le blond, mais elle repose sur une ironie du sort assez monumentale.
Ivan hésita un instant à lui demander de l'exposer. Le russe commençait à peine à analyser avec objectivité ses propres réactions, et si ce qu'il pressentait était juste, rester plus longtemps ici était dangereux pour lui.
- Je vais juste faire un petit test, si tu veux bien, fit Alfred.
En parlant, il avait retrouvé son ancien regard pétillant de joie et de curiosité, et un sourire enfantin était revenu sur ses lèvres. Ivan ne put retenir un sourire en le voyant retrouver cet air simplement heureux.
L'instant suivant, il savait qu'il était perdu. L'air joyeux et innocent avait fait place à une allure sombre et froide, avec toutefois une pointe de satisfaction. Le coeur du russe rata un battement devant la violence du changement.
- Ainsi, murmura Alfred, mes suppositions étaient justes...
- Quelles suppositions ? demanda sèchement Ivan.
L'américain eut un sourire plus large, mais toujours de très mauvais augure. Sans un mot, il posa son couteau, se leva et se pencha sur le fauteuil où le russe était assis. Une fraction de seconde plus tard, il caressait sa main en amenant son visage à moins d'un centimètre de celui du russe. Le moindre mouvement les aurait fatalement poussés à s'embrasser.
Ivan savait qu'il devait réussir à rester de marbre face à cette proximité soudaine et inespérée. Non, pas inespérée. Surtout pas inespérée. Il n'attendait ni n'espérait rien de l'américain, il l'avait battu et c'était tout ce qui comptait. Il s'obligea à se répéter qu'il n'avait aucun regret, qu'il ne s'était pas réellement inquiété pour lui, et qu'il n'avait gardé le contact que pour se distraire. Son rythme cardiaque était à peine plus rapide qu'à l'accoutumée, Alfred ne remarquerait pas la différence. Il n'avait qu'à se contrôler encore un peu et ne pas céder à son envie.
Il regretta immédiatement d'avoir ne serait-ce que pensé le mot. Le simple fait d'admettre qu'il désirait l'embrasser augmentait considérablement la difficulté du contrôle qu'il essayait de maintenir sur lui-même.
Ivan sentit qu'il avait perdu en acceptant l'idée qu'il désirait toujours ardemment celui qui lui faisait face. Peut-être même plus qu'avant. Le léger souffle qu'il sentit sur ses lèvres le fit craquer, et il franchit le dernier espace qui le séparait d'Alfred pour l'embrasser passionnément.
Il était foutu.
Leur baiser ne dura que quelques secondes, juste le temps pour le russe de réaliser toute l'ampleur de son erreur. Il avait été aveugle. En voulant à tout prix séduire Alfred sans se départir totalement de sa personnalité, il s'était fait prendre à son propre piège sans s'en rendre compte. Et maintenant qu'il le réalisait, il était trop tard pour faire marche arrière. Lorsqu'Alfred s'éloigna pour le regarder avec un éclair de triomphe dans les yeux, Ivan baissa les siens. Lui, le russe sanguinaire, la nation qui terrorisait tout être vivant par sa simple présence, baissa les yeux. Dans un réflexe inutile, ses paupières se fermèrent un tout petit peu plus longtemps que nécessaire.
- Je peux presque sentir à quel point tu détestes le moment qui arrive, murmura Alfred.
- C'est déjà assez... humiliant que tu l'aies compris avant moi.
- Il faut que je fasse semblant d'être compatissant ?
- Je pense que tu peux t'en dispenser. Qu'est-ce que tu comptes faire ?
- Ça t'importe autant ? demanda l'américain avec un vague sourire.
- Disons que j'aimerais bien être fixé maintenant sur la façon dont tu vas me faire regretter ce que je t'ai fait.
Alfred réfléchit quelques minutes. Il avait déjà envisagé diverses possibilités, mais jusqu'au dernier moment il n'avait pas été certain des sentiments du russe. Ou du moins de ce qu'il prétendait ressentir pour lui. Ivan lui avait déjà démontré à quel point il pouvait être un bon acteur, alors même si les signaux biologiques de son corps tendaient à prouver qu'il était bel et bien amoureux, Alfred ne s'y fierait qu'à moitié. Il lui fallait en conséquence un plan qui puisse le rendre vainqueur quelle que soit la réalité des sentiments de son adversaire. Fort heureusement, il en avait un.
- Tu n'as pas à t'inquiéter de ça. Je ne vais rien te faire.
- Tu espères vraiment que je vais te croire ? répliqua Ivan.
- Tu tiens peut-être à ce que je t'explique avec plus de détails ?
- Ce serait très aimable à toi.
Alfred se cala de façon à s'allonger dans le canapé et sembla trouver un intérêt incroyable au plafond.
- Je ne vais littéralement rien te faire. À part ne rien te dire sur mes propres sentiments à ton égard.
- Mais encore ? réagit le russe.
Une étincelle d'espoir s'empara de lui et il comprit où Alfred voulait en venir. C'était beau. Oh oui, c'était même magnifiquement bien joué de sa part.
- Je suis sincèrement tombé amoureux d'Anya, expliqua le blond toujours en train de contempler le plafond. Hors tu as mis beaucoup de toi-même dans ce personnage. Je vais te laisser vivre tranquillement, je ne vais pas chercher à t'humilier, personne ne saura rien de ce qui s'est passé ou dit ce soir. Mais je vais te laisser avec un doute éternel sur l'existence possible ou non de sentiments réciproques.
Ivan pouvait déjà sentir le besoin de savoir le tenailler, maintenant que l'américain lui avait fait miroiter la mince possibilité. Il s'inclina imperceptiblement.
- C'est digne de toi.
- Merci. Je sens que mes parents ne sont plus très loin d'ici, tu ferais mieux d'y aller. Je me charge de leur fournir une explication à ta présence si jamais ils te voient partir.
- Tu as pensé à tout, fit le russe en se levant.
Il eut pour seule réponse un haussement d'épaules. Au moment où il allait franchir la porte, Alfred apparut dans le couloir, une lueur ironique dans les yeux.
- Au fait, j'ai fini tes biscuits. Ils étaient vraiment bons.
Ivan se crispa légèrement. Touché, coulé, Alfred savait exactement ce qu'il faisait en terminant leur échange par une phrase pareille. Sans un mot, sans même se retourner, le russe disparut au moment où Arthur, Francis et Matthew qui les avait rejoints arrivaient en vue de la maison.
Voilà voilà... je me rends compte en relisant que je suis peut-être un tout petit peu sadique avec mes persos. Un tout petit petit peu. Vous en pensez quoi, vous ? *bouille d'ange*
Plein de dorayaki pour vous ! (demande de Heaven-Sama)
