Miou tout le monde !
Il fait pas si beau que ça mais les oiseaux chantent et c'est le weekend donc la vie est presque belle (sans ces f*****g partiels à réviser). Et comme toute flemmarde qui se respecte, je procrastine un maximum dans mes révisions. Donc cadeau, ce chapitre arrive tôt (cette rime de malade). Et on (enfin vous du coup) avez passé la barre des 3 000 vues cumulées ! Vous êtes topissimes et je vous aime !
Bonne lecture !
Réponse à FreyjaManga : chacun ses chouchous ;) j'ai préféré laisser chacun.e imaginer à sa guise qui était là ou pas et baver en conséquence. Merci et j'espère que le suite va te plaire !
Disclaimer : Always be yourself, unless you can be Himaruya. Then always be Himaruya.
Quelques heures plus tard, les deux frères s'affrontaient sans merci sur une partie endiablée de jeu vidéo. Naturellement, quand la partie s'acheva sur une victoire nette d'Alfred, Matthew bouda quelques instants. Le livreur les appela toutefois à ce moment-là pour les prévenir qu'il était arrivé, et le semblant de maturité qui restait les abandonna aussitôt. D'un même mouvement, ils levèrent les bras en hurlant.
- PIZZAAAAAA !
Après avoir explosé de rire, ils descendirent les chercher et remontèrent en rigolant. Chacun attaqua la sienne, et ils se mirent à discuter de tout et de rien en mangeant, observés par Kuma que Matthew avait posé sur un coussin, loin de la sauce tomate.
- Ça vaut pas celles de Féli et Lovi, remarqua Alfred.
- D'un autre côté, contra Matthew, même papa reconnaît qu'ils font les meilleures pizzas du monde...
- Pas faux, admit l'américain.
- D'ailleurs ça fait un bail qu'on en a pas mangé, faudra qu'on leur en demande un de ces jours.
- Et faudra redemander à papa son espèce de méga dessert framboises chocolat aussi.
- Celui avec la génoise et les mousses ? C'est vrai que c'est un de ses meilleurs, fit le canadien en y repensant.
- Tant qu'on y est, on pourra demander à Yao de nous refaire ses bouchées vapeurs aussi.
- Et à Sadiq d'apporter ses supers pâtisseries orientale.
- En fait ce qu'il faudrait ... commença Alfred en souriant.
- ... c'est qu'on s'incruste à la prochaine réunion du club des gourmets ! termina Matthew.
Et ils se remirent à rire.
- On tient quand même pas mal de papa, à parler de bouffe alors qu'on mange, remarqua le canadien entre deux bouchées.
- Vaut mieux ça que daddy, grimaça Alfred. J'ai toujours pas compris comment il a réussi à faire un rôti cru à l'extérieur et carbonisé à l'intérieur.
- D'un autre côté, daddy et la cuisine...
- Il a eut de la chance que papa soit patient aussi longtemps avec lui, remarqua l'américain.
- J'avoue qu'ils se sont tellement affrontés dans tous les domaines possibles... Pourtant c'était évident qu'ils étaient fous l'un de l'autre, commenta innocemment Matthew.
- On est d'accord, ça crevait les yeux. À un moment j'ai même eu l'impression qu'ils essayaient de se convaincre eux-mêmes qu'ils se détestaient.
Matthew hocha la tête, puis lança une phrase l'air de rien.
- Ils ne sont pas les seuls.
- Tu penses à qui ?
- Lovino justement, il a mis plus d'un siècle à accepter qu'il était fou amoureux d'Antonio. Ou Sadiq et Héraklès aussi. Ou Lukas et Matthias. Ou...
- Ou en fait pratiquement tout le monde à part toi et Gilbert, s'esclaffa Alfred.
Le canadien sourit tendrement. Leur relation était un peu spéciale et était une des rares qui ne s'était pas basée sur des siècles de conflits ou d'alliances. Et ça leur allait très bien.
- J'imagine qu'il faut une exception à tout, répondit-il en souriant.
- Yep.
- En parlant de relations, on dirait que tu fais des ravages depuis ton retour, taquina Matthew.
- Boaf... des flirts, rien de plus, répliqua Alfred blasé. C'est pas comme s'ils s'intéressaient vraiment à autre chose que mon cul et la direction politique que prend mon pays.
- Pourtant tu les laisses faire. Pour être honnête, j'ai même l'impression que tu les encourages...
Le plus timide laissa sa phrase en suspens en soulevant un sourcil d'un air interrogateur. S'il connaissait toujours bien son frère, ça devait à peu près être le moment où il esquiverait sa question.
- Ça m'amuse, rien de plus, répondit l'américain en souriant. Et puis c'est drôle de les voir sortir des allusions aussi lourdes, comme si j'étais pas capable de comprendre des sous-entendus plus subtils.
Gagné, songea le canadien. À présent, il hésitait sur la marche à suivre. Son jumeau pouvait être très perspicace quand il le souhaitait. Autant y aller presque directement.
- Al'... Tu esquives.
- J'esquive quoi ?
- Ma dernière question. Tu caches quelque chose à ton frère adoré ? fit-il en prenant un air horrifié exagéré.
Comme prévu, Alfred éclata de rire. Les mimiques de Matthew pouvaient être extrêmement drôles. En se calmant, son esprit tourna à plein régime pour choisir quoi dire à son frère. Il pouvait être discret, mais lui dire toute la vérité n'était sans doute pas la meilleure option. Après tout, il avait été très longtemps ami avec Ivan, et il n'était pas impossible que son sens de l'amitié reprenne le dessus. Il se décida finalement pour une partie de la vérité.
- Honnêtement, je compte pas m'envoyer en l'air avec eux. Que ce soit Miguel, Lucia, Gabriel, Mei ou tous les autres qui me matent en non-stop depuis que je suis revenu, ils m'intéressent pas.
- On progresse, l'encouragea son jumeau avec un clin d'oeil. Si ça ne t'intéresse pas, pourquoi tu les laisses faire ? Le fait que ça t'amuse, je dis pas que c'est faux, mais franchement là tu fais tout pour qu'ils te draguent.
- T'es trop observateur bro.
- Je sais, c'est pour ça qu'on se complète bien tous les deux.
L'attaque porta ses fruits. Titiller Alfred sur leur complémentarité était quelque chose qui marchait toujours pour le décider à lui révéler ce qu'il cachait à tout le monde. Parce qu'ils avaient toujours été deux. Parce qu'ils avaient toujours su qu'ils pouvaient compter l'un sur l'autre, aussi loin que leur mémoire remontait. L'américain passa sa main dans ses cheveux, hésita quelques instants et finalement se décida à être franc.
- On est d'accord que tu gardes ça pour toi.
- Tu m'as déjà vu répéter nos secrets ?
- Jamais. Même pas la fois où Arthur nous a puni tous les deux pour avoir planqué sa jelly alors que c'était que moi, rappela Alfred en rigolant.
Matthew rit aussi quelques instants à ce souvenir d'enfance particulièrement vivace, puis se calma et regarda son frère droit dans les yeux. Après une grande inspiration, celui-ci se lança.
- Le soir où j'ai fait exploser Trump... Ivan est passé me voir et on a discuté.
- Mais encore ? l'encouragea le canadien.
- Ce soir-là, il m'a plus ou moins avoué qu'il était tombé amoureux de moi.
Bien qu'il le sache déjà, Matthew rouvrit des yeux ronds derrière ses lunettes. D'une certaine façon, que les choses se soient passées ainsi avait toujours un aspect surprenant..
- Pour être honnête, ça faisait un moment que je m'en doutais, reprit Alfred. On avait continué à se parler après qu'il m'ait largué. Et j'ai profité qu'il soit en face de moi pour vérifier ses signaux biologiques.
- Le rythme cardiaque au poignet ? demanda Matthew.
- Et la dilatation des pupilles, confirma son frère. Plus le fait que je lui laisse la possibilité de m'embrasser. Possibilité qu'il a saisie.
- Donc pas de doute possible ? résuma le canadien.
- En théorie non, déclara l'américain d'un air soudain sombre. Mais je ne me baserai plus jamais uniquement sur mes observations en ce qui le concerne. Il peut très bien contrôler suffisamment son corps pour envoyer de lui-même ce genre de signaux.
- Quel serait son intérêt à faire ça ? l'interrogea sincèrement Matthew. Il se mettrait dans une position de faiblesse, ça ne l'avantage en rien.
- Sauf... si son but est de me séduire une nouvelle fois. En réussissant ce pari à la fois avec une autre apparence et avec la vraie, il s'assure de m'humilier et de me briser sentimentalement pour toujours. Ou pas loin.
- À ce point ? souffla le canadien.
- Il a déjà en partie réussi avec Anya, avoua Alfred dans un murmure. Je ne suis plus capable de faire confiance à quelqu'un qui veut venir vers moi.
Matthew resta bloqué plusieurs secondes sur sa dernière phrase, bouche bée, trop choqué par ce qu'il venait d'entendre. Les séquelles de sa rupture étaient donc si profondes qu'il ne se sentait plus capable de croire quelqu'un qui serait attiré par lui. D'un côté, ça expliquait aussi pourquoi il se laissait draguer de façon si peu subtile. S'il pouvait être sûr de ce qui intéressait vraiment ses prétendants, il n'avait pas de faux espoir concernant le fait d'être aimé et désiré pour sa personnalité. Pour la première fois, le canadien eut l'impression de voir la prison mentale dans laquelle son frère était en train de s'enfermer. Sa confiance naturelle faisait place au doute et à la méfiance, pour éviter à son coeur meurtri de subir de nouvelles blessures. Matthew attrapa son ours presque sans s'en rendre compte, et l'espace d'une fraction de seconde, il vit l'image de son père anglais se substituer à celle de son jumeau. Tant bien que mal, il réussit à reprendre la parole en serrant sa peluche contre lui.
- Tu... ne te sens plus capable... d'aimer quelqu'un ?
Le sourire triste que lui rendit Alfred perça le coeur du canadien. Il comprenait à présent pourquoi son frère se montrait aussi cruel. Il agissait en animal blessé.
- Alfie... C'est pour ça que tu es aussi dur avec Ivan ?
- Il mérite d'avoir un aperçu de ce que je vis par sa faute. Sachant qu'en plus c'est même pas sûr qu'il ressente quelque chose pour moi...
- Mais... Al', tu es aveugle ? réagit Matthew immédiatement.
Celui-ci le regarda en haussant un sourcil interrogateur.
- Enfin, ça le bouffe de l'intérieur ce que tu lui fais ! explosa le canadien. Il doute en permanence, il a des envies de meurtres dès qu'il te voit te laisser draguer ! Il t'aime à en crever, ça saute aux yeux, calisse !
- Comment tu peux en être si sûr ? attaqua durement l'américain.
- Parce que je connais Ivan. Parce qu'il ne peut pas me cacher ce qu'il cache aux autres. Et tout à l'heure... il a admis que même la tension de la guerre froide ne l'avait pas mis dans cet état. Alfred, je te jure que ça le tue. Tu ne lui pardonneras jamais, très bien, il n'a aucune chance avec toi, pas de soucis. Mais dis-le-lui, s'il te plait. Arrête de le laisser espérer pour rien.
- Je peux pas faire ça, répondit Alfred en serrant les dents.
- Pourquoi ? insista Matthew. Ça te prendrait une minute, tu lui dis juste que tu le détestes, que tu ne l'aimeras jamais, et c'est réglé ! Et comme ça vous arriverez peut-être tous les deux à tourner la page.
- Tu comprends pas.
- Qu'est-ce que je comprends pas !?
- Rien.
- Dis-moi.
- Non.
- Alfred, dis-moi !
- Non !
- Pourquoi ?
L'américain se leva brusquement et lui tourna le dos pour aller se poser devant la fenêtre. La ville lumière était magnifique, mais le représentant ne la voyait même pas. Sa colère évaporée, Matthew se rapprocha lentement. C'était la première fois que son frère fuyait comme ça pour éviter de répondre.
- Alfie... Explique-moi. S'il te plait.
Les yeux brillants de larmes, Alfred lui expliqua.
Quand Matthew regagna sa chambre, environ une heure plus tard, il n'arrivait toujours pas à croire ce qu'il avait entendu.
Voilà, c'était tout pour ce petit chapitre spécial bro de North America. J'espère que ça vous a plu, que ça faisait pas too much, et que vous avez encore un peu de patience parce que c'est toujours pas fini... N'hésitez pas à laisser un ptit message pour donner votre avis, ça me fait toujours super plaisir.
Plein de mousse de myrtilles pour vous ! (demande de Dulanoire)
