Chapitre 2

Bonjour à toutes. Je vois que ce premier chapitre vous a intrigué... Merci pour vos commentaires Delicity-Unicorn, LulzimeVelioska, olicity-love, aphrodite161701, Evy47, olicity1990 et Angy.

Olicity-love: j'espère que ça sera de même pour la suite.

Angy: Concernant la description d'Oliver, j'aime beaucoup son côté torturé mais ce qui est toujours intéressant c'est d'entrapercevoir une fêlure qu'il tente de contrôler. J'espère que cette suite te plaira tout autant.

Voici la suite de cette minific. Je rattrape mon oublie du premier chapitre *honte à moi* en remerciant grandement Delicity-Unicorn pour son idée de titre et son rôle de beta.


Les couloirs d'un blanc immaculé et translucide semblaient s'allonger à perte de vue. Un brouhaha réconfortant remplissait l'ambiance et tous paraissaient apaisés, se déplaçant dans un calme remplit de murmures. On lui fit signe de s'arrêter et on frappa à la porte avant qu'elle ne s'ouvre. Un homme brun aux traits virils et parfaits les attendait et leur fit signe d'entrer.

- Felicity… sais-tu pourquoi tu es là ? Lui demanda-t-il.

La première pensée qui la traversa fut la surprise qu'il connaisse son nom. Puis elle se recroquevilla sur elle en s'apercevant de son manque de respect et murmura un non.

- J'ai appris ce que tu as fait récemment… cet homme qui n'avait pas à recevoir d'aide de ta part…

Elle savait qu'elle n'aurait pas dû agir de la sorte mais sur le moment elle avait pensé que c'est ce qui devait être fait.

- Il a failli mourir…, expliqua-t-elle doucement en gardant un comportement respectueux.

- Comme beaucoup d'autres.

- Mais c'est un homme bon…, tenta-t-elle.

- C'est un tueur… et ce n'est pas à toi de prendre cette décision.

Sa voix avait pris un timbre froid à la limite de faire trembler ce monde. Elle se crispa pour se contraindre au silence, elle ne pouvait pas lui tenir tête et remettre en question l'ordre établit, bien qu'elle en ait fortement envie. Elle savait que cet homme aidait les autres même si le moyen n'était pas des plus vertueux.

- Tu sais ce qui t'attend pour avoir fait ça ?

Elle sonda précipitamment l'homme face à elle. Pas de colère ou de vengeance dans son regard, seulement des ordres implacables à faire respecter. Elle sentit la grâce de Ray dans son dos s'agiter. Leur grâce était le siège de leur vie et de leur âme et elle leur permettait de se sentir mutuellement et de comprendre l'état dans lequel ils étaient. Ils n'avaient que peu d'émotions, seulement des réactions engrammées dans leur grâce pour faire fonctionner leur hiérarchie et faire ce pourquoi ils étaient fait. Le respect, la loyauté, l'obéissance et l'attachement à leurs frères et sœurs guidaient leur existence.

- Elle pourrait recevoir une punition, proposa Ray. C'est un bon élément…

Felicity observa le regard de l'homme se déplacer jusqu'à Ray avant de revenir à elle.

- Tu as raison, elle a droit à une chance… et tu seras responsable d'elle. Tu sembles être très attachée à ces humains, en s'adressant de nouveau à elle, tu vivras un mois parmi eux, seule et ta grâce endormie. Tu apprendras à mieux connaitre leurs travers et tu comprendras que tu n'as pas à remettre en cause ce qui les attend.

Felicity baissa la tête devant l'homme toujours aussi froid et suivit Ray quand il sortit sans rien ajouter de plus. Ils se déplacèrent un moment en silence, les couloirs translucides avaient fait place à un espace verdoyant, le paradis de Ray qu'elle connaissait bien.

- C'est injuste, murmura Felicity au bout d'un moment. Ray se tourna vers elle, il avait l'air d'hésiter entre la réprimander et la réconforter.

- L'archange Mickael n'a pas été juste… C'est ce que tu veux dire ?

- Il ne connait pas cet homme… ce qu'il a fait…, d'une petite voix. Elle savait qu'elle n'avait pas à remettre en question les ordres qui plus est de l'archange le plus puissant mais elle ne changerait pas d'avis. Elle savait que l'homme qu'elle avait sauvé était bon.

- J'ai toujours réussi à aplanir les problèmes mais ton esprit rebelle commence à faire bien trop de vague pour le paradis, la réprimanda-t-il.

- Je supporterai cette punition et je te promets que tout se passera bien. Dans un mois je serai de nouveau dans les rangs. Et un mois qu'est-ce que c'est en comparaison à mes milliers d'années ? En se tournant vers son frère. Ray nota sa grâce s'agiter de contentement, elle allait avoir ce dont elle rêvait depuis longtemps, comprendre ces humains qu'elle observait méticuleusement.

- Je n'aime pas ça… seule dans ce monde… avec des pouvoirs limités…

- Des pouvoirs limités ?

- Oui, ta grâce endormie, tu as oublié ? Tu vivras presque comme une humaine.

Felicity ne répondit pas, elle aimait ce monde sur lequel elle veillait et elle était impatiente d'y vivre, de découvrir ce qu'elle ne pouvait pas expérimenter dans son état actuel. Les hommes étaient pourvus d'émotions, du libre arbitre, alors que les anges obéissaient aux règles. Elle sentit la grâce de Ray vibrer un peu plus et le rassura.

- Ne t'inquiète pas pour moi, il ne m'arrivera rien… et tu ne seras pas loin. Ils continuèrent à discuter un moment jusqu'à ce que Ray se tourne vers elle.

- Je ne vais pas t'arracher ta grâce, elle réprima une grimace, mais une prière me permettra de l'endormir. Tu seras toujours un ange mais sans pouvoir… tu ne tombes pas du paradis, tu seras seulement banni un moment.

Elle hocha la tête et elle le suivit quand il se dématérialisa et qu'il apparut sur Terre dans un terrain vague, deux grâces irradiantes au milieu de la nuit. Ils se firent face et Ray récita une prière, rien ne se passa les premières secondes puis elle sentit un poids énorme tomber sur elle et elle perdit connaissance.

Felicity sentait toujours cette impression étrange, un poids qu'elle ne connaissait pas. Elle ouvrit les yeux, le soleil se levait à peine et ses rayons encore peu nombreux éclairaient doucement le paysage. Elle cligna des yeux mais sa vision ne s'améliora pas, d'habitude elle n'avait pas besoin de lumière pour y voir, elle percevait tout ce qui était. Elle bougea et se rendit compte que le poids qu'elle ressentait était son corps. Elle leva la main devant son visage et l'inspecta en faisant courir l'index de son autre main sur la peau, les articulations, les ongles. Elle appuya un peu plus et sentit la pression s'exercer. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres et ses yeux s'écarquillèrent, elle gratta sa peau du bout de son ongle et la sensation changea.

Elle se leva pour prendre pleinement possession de ce corps et ça lui demanda un effort, se battant contre la gravité qui pesait de toute sa loi. Une fois debout, elle posa ses mains sur son visage, les fit glisser le long de son corps couvert d'une tunique écrue, observa ses jambes et fit un premier pas pour tester son enveloppe charnelle.

- Qu'est-ce que vous faites là ?

La voix brusque la fit se retourner brutalement, son corps réagissant d'instinct et un petit cri de surprise lui échappant. Elle se retrouva face à un homme brun, les cheveux très court qui la regardait les sourcils froncés. Elle souleva sa main et la posa sur sa cage thoracique qui enfermait son cœur cognant rapidement. Elle pensa un court instant qu'elle avait un cœur qui palpitait au fond d'elle avant que l'homme ne reprenne.

- Je suis l'inspecteur Lance de la police de Starling City. Quel est votre nom ?

- Felicity, elle se redressa un peu plus en écoutant pour la première fois sa voix, elle paraissait douce.

- Felicity ? Comme Madonna… pas de nom de famille ?

- Madonna ? L'inspecteur se força à ne pas lever les yeux au ciel et reprit.

- Et qu'est-ce que vous faites au milieu de ce terrain vague ?

- C'est une punition, j'ai désobéi aux ordres. Elle vit l'homme froncer les sourcils.

- Vous êtes une nouvelle recrue d'un gang ? Ne croyant pas du tout à cette éventualité vu la jeune femme qui était face à lui.

- Non c'est l'archange Mickael, parce que j'ai sauvé un homme qui n'aurait pas dû l'être… le reste de ses explications se perdirent alors que l'homme face à elle, cette fois-ci, sans retenu, levait les yeux au ciel de contrariété et maugréait à voix haute.

- Il me fallait bien ça alors que je viens de finir mon service…, en soufflant. Suivez-moi, en se tournant et en rejoignant sa voiture de fonction garée non loin et en marmonnant qu'il n'y avait que lui pour tomber sur des folles au petit matin.

Il la fit s'asseoir sur la banquette arrière et appela le central pour les prévenir qu'il avait ramassé une patiente de l'asile, ça ne faisait pas de doute vu sa tunique et ses chaussures plates en toiles. Elle n'avait pas l'air excitée mais il valait mieux qu'elle retrouve sa chambre capitonnée. Il donna le lieu où il était, mais aucune patrouille ne pouvait venir chercher la jeune femme. Quentin Lance leva encore une fois les yeux au ciel et resserra ses doigts autour du téléphone pour contenir son exaspération et souffla fortement. Il jeta un regard dans le rétroviseur intérieur et rencontra le regard bleu et tendre de la jeune femme qu'il venait de ramasser. Elle ne semblait pas violente et il devait partir rapidement pour son rendez-vous. Il avertit le central qu'il partait et que la première patrouille disponible devait passer la récupérer à l'adresse qu'il donna.

Felicity assise écoutait d'une oreille distraite ce que racontait l'homme devant elle, elle était fascinée par son reflet qu'elle distinguait en partie dans le rétroviseur. Elle avait des cheveux blonds et longs dans lesquels elle glissa les doigts, une peau blanche et de yeux bleus. Elle glissa une nouvelle fois ses doigts entre ses mèches et découvrit la sensation de douceur qui courait sur sa peau. C'était la première fois de son existence qu'elle se rendait compte de son apparence physique qu'elle revêtait quand elle en avait besoin pour descendre sur Terre, qu'elle ressentait son corps, et elle apprécia ses traits doux.

Elle regarda autour d'elle s'habituant peu à peu à ne percevoir qu'une partie infime des choses, découvrant les sensations différentes liées au toucher et marmonna pour tester sa voix. Elle releva les yeux et surpris l'homme qui la détaillait dans le rétroviseur. Elle lui fit un sourire rayonnant, heureuse d'interagir réellement avec un humain pour la première fois.

Le trajet se fit en silence et ils traversèrent une partie de la ville jusqu'à un petit quartier avec des immeubles plus modestes. Elle observait les gens qu'ils croisaient dans la rue et le silence dans sa tête la frappa. Son esprit était habituellement envahit par des centaines de prières adressées à son père ou des suppliques pensées presque sans en avoir conscience mais maintenant, elle n'entendait plus tout ça, seulement le flot ininterrompu de ses pensées et de ses questionnements personnels.

Quentin se gara dans la rue et fit descendre Felicity. Il lui expliqua qu'elle venait avec lui le temps que ses collègues ne viennent la chercher et la raccompagne à son établissement. Elle hocha la tête et le suivit sans rien dire, avec impatience, curieuse de ce qu'elle allait découvrir. Ils traversèrent la rue et entrèrent dans un petit café où quelques habitués étaient déjà installés. Il lui fit signe de s'installer à une table du fond et lança un regard dans la salle pour trouver celle qu'il cherchait.

- Je dois être jalouse ? Lui demanda une femme blonde d'une quarantaine d'année avec un sourire en coin et un regard amusé.

- Donna, en s'approchant pour l'embrasser. Il posa ses mains sur ses hanches et prit le temps de caresser ses lèvres. Sa récompense du matin pour être rentré sain et sauf après une nuit de travail dans les rues de Starling. Tu sais qu'il n'y a que toi, en posant son front contre le sien pour profiter encore un peu de sa chaleur.

- Et tu l'as trouvée où ? En regardant maintenant la jeune femme assise en train d'observer autour d'elle.

- Dans un terrain vague, ça doit être une pensionnaire de l'asile. Personne ne pouvait s'en occuper pour l'instant, j'attends mes collègues. Donna se tourna vers lui avec un grand sourire complice.

- Tu ne voulais pas rater notre rendez-vous du matin ?

- Certainement pas. Elle posa un nouveau baiser sur ses lèvres en caressa sa joue râpeuse de son pouce.

- Va t'asseoir, je vous apporte un café.

Quentin retrouva Felicity et quelques instants plus tard Donna arrivait avec trois cafés et s'installa à côté de son amant. Elle se présenta et tendit une tasse de café à la jeune femme. Elle la vit observer la tasse et lui demanda si elle aimait le café.

- Je n'ai jamais goûté.

- Alors ça sera une découverte…

Felicity attrapa la tasse, sentit immédiatement la brûlure se répandre sur sa peau et retira vivement la main en grimaçant. Elle regarda ses doigts et les frotta, la sensation commençait déjà à s'atténuer. Son corps lui rappelait à chaque instant qu'elle n'était plus un ange et qu'elle devait apprendre à faire attention à son enveloppe. Comment ces êtres parvenaient à rester vivants aussi longtemps avec un corps aussi fragile ?

Elle regarda Donna prendre sa tasse par l'anse et en fit de même. Elle trempa ses lèvres doucement dans le liquide noir de peur de se brûler et avala une première gorgée. Elle sentit l'arôme recouvrir ses papilles et se répandre dans sa bouche. Un gout amer, fort et suave. C'était la première chose qu'elle goûtait, la première chose dont elle percevait le goût réel et la saveur l'enivra. Elle aimait le café et sourit à Donna.

- J'en conclue que vous aimez.

Elle hocha la tête et son attention fut attirée par un jeune serveur qui apportait deux assiettes de gaufres. Il en posa une devant l'inspecteur et une devant elle. L'odeur chaude de la pâte s'éleva et son estomac se mit à gargouiller bruyamment. Elle posa la main sur son ventre étonnée en sentant son corps se manifester de la sorte. Elle entendit rire Donna et leva la tête. Elle était gracieuse, chaleureuse et posait sur elle un regard tendre.

- Mangez, je suis sûre que vous allez aimer aussi.

Elle jeta un regard à Quentin alors que Felicity attrapait la première gaufre et croquait dedans en fermant les yeux. Il la regardait d'un air effaré et Donna se pencha vers lui pour déposer un baiser sur ses lèvres et lui murmurer qu'il lui avait manqué. Ils échangèrent un nouveau baiser, puis s'éloignèrent avant de poser leur regard sur la jeune femme.

- Vous vous accouplez ? Leur demanda-t-elle d'un air naïf et curieux.

Quentin qui avait pris une gorgée de café le recracha en s'étouffant et Donna rit à gorge déployée. Elle les observa, ne comprenant pas leur réaction.

- Non mais ça va pas de dire un truc pareil ? S'énerva l'inspecteur.

Elle fronça les sourcils au ton de reproche sans trop savoir pourquoi elle avait une sensation bizarre dans le torse, son cœur se serrant un peu. Donna posa sa main sur le bras de Quentin pour le calmer et reprit son souffle.

- Qu'est-ce que j'ai dit de mal ? Demanda Felicity en regardant Donna avec maintenant un air un peu perdu. Les humains sont faits pour s'accoupler.

- Tu n'as rien dit de mal chérie, répondit Donna d'un ton maternel. Et la réponse à ta question, Quentin est l'homme que j'aime et avec qui je fais l'amour.

Son regard se déplaça sur l'homme face à elle, il avait le regard fuyant, les joues un peu plus rouges et il s'était enfoncé dans son siège. Il semblait gêné d'aborder ce sujet alors que c'était tout à fait normal, c'était important la reproduction pour toutes les espèces. Elle pencha la tête sur le côté alors qu'elle réfléchissait. Elle avait parfois du mal à les comprendre ces humains, elle avait beau avoir eu le temps de les observer depuis des milliers d'années, il y avait toujours des comportements qu'elle n'arrivait pas à prévoir ou comprendre. Gabriel, un archange aussi puissant que Mickael mais beaucoup moins froid, lui avait expliqué qu'ils ressentaient des sentiments et que souvent un sentiment fort pouvait les faire agir contre leur raison. Elle avait donc observé avec encore plus d'intérêt ces êtres pour essayer de les comprendre et son observation fut interrompue. L'inspecteur reçu un coup de fil et se leva heureux de ne plus être mêlé à cette conversation.

- Vous vous aimez ? Demanda-t-elle à Donna, celle-ci hocha la tête alors qu'elles se retrouvaient seules.

- Et toi tu aimes quelqu'un ? Pour essayer d'en apprendre un peu plus sur elle.

- J'aime mon père qui m'a créé… mes frères et sœurs… les êtres humains... mais je n'ai jamais goûté à l'amour charnel si c'est votre question,… ce n'est pas admis, ajouta-t-elle après une pause.

Donna sourit tristement et l'encouragea à finir son assiette avant que ses gaufres ne soient froides. Elle avait l'air d'une gamine perdue, bien que son corps fût celui d'une jeune femme et elle lui fit de la peine. Elle se dirigea vers Quentin, il lui expliqua qu'aucun patient ne manquait à l'appel dans les différents services hospitaliers et aucun avis de recherche n'avait été publié. Il allait devoir l'accompagner au poste de police et voir ce qu'il pourrait faire pour elle.

- Ou elle pourrait rester avec nous ? Proposa Donna.

- Oui et elle pourrait sans difficulté nous tuer dans notre sommeil, en contenant sa voix chargée d'exaspération.

Donna lui fit signe de regarder la jeune femme dont il venait de parler. Elle dégustait ses gaufres d'un air ravi en regardant autour d'elle, semblant s'émerveiller de la moindre découverte qu'elle faisait.

- C'est ce que je dis, elle a l'air d'une folle.

- Je ne veux pas l'abandonner, dit-elle d'un ton catégorique. Il voulut protester en disant qu'ils ne l'abandonneraient pas en la conduisant au poste mais elle secoua la tête pour le faire taire. Elle est seule, sans défense et elle ne mérite pas qu'on l'envoie je ne sais où.

- Mais…, il se tut à son regard inflexible.

- Tu ne l'as peut-être pas trouvé par hasard, la destinée ça existe et je pense que nous devons nous occuper d'elle.

Quentin attrapa à nouveau son portable dans sa poche et appela un collègue. Il lui expliqua qu'il y avait des formulaires à remplir pour signaler une personne retrouvée amnésique, une visite médicale devrait être faite mais pas de loi s'il voulait l'accueillir chez lui. Il le remercia et se tourna pour voir Donna et la jeune femme discuter. Sa compagne avait l'habitude de s'occuper des chats errants, elle venait toujours au secours de ceux qui se présentaient à sa porte et ça lui avait valu quelques problèmes dans le passé car elle ne se méfiait pas assez. Avant qu'ils ne vivent ensemble, elle lui avait confié qu'elle avait perdu un bébé et que si elle ne pouvait pas s'occuper d'un être de son sang, elle pouvait s'occuper des autres. Il était tombé un peu plus amoureux d'elle à cet instant en découvrant son altruisme. Depuis qu'il vivait avec elle, elle n'avait pas perdu cette habitude mais il lui permettait de courir moins de risque en veillant sur elle. Il devait se rendre à l'évidence, cette jeune femme même si elle paraissait bizarre ne réveillait pas du tout son instinct de protection.

- Il semblerait que ce soit possible, en s'asseyant de nouveau à la table où les deux femmes discutaient.

Donna prit la main de Quentin dans la sienne et la serra. Felicity les regardait faire, ressentant leurs âmes vibrer à l'unisson. En étant ange, chaque âme lui apparaissait et elle ne voyait pas leur enveloppe corporelle mais maintenant elle était capable de percevoir leur corps et de ressentir leurs âmes. Elle voyait leur regard s'illuminer quand ils se regardaient, leurs sourires qui s'épanouissaient, les traits tendus de l'inspecteur s'étaient adoucis depuis qu'ils étaient là. Elle fut tirée de sa contemplation par Donna.

- On va t'accompagner chez nous, tu vas prendre une douche te changer et on reviendra ici en attendant que Quentin puisse te conduise au poste de police.

Ils partirent ensemble, Felicity observant autour d'elle les passants, les gestes affectueux que ses nouveaux amis échangeaient. Elle les suivit et entra dans un petit appartement simple et lumineux. Un salon accueillant, vivant, encombré de journaux et de magasines. Elle regarda l'inspecteur se laisser tomber sur le canapé et fermer les yeux de fatigue. Donna lui fit signe de la suivre, elle attrapa un pantalon de jogging de Quentin et un tee-shirt à elle avec des sous-vêtements et la conduit à la salle de bain.

- Je te laisse ça pour te changer. Prend une douche et prend ton temps.

Felicity fit ce qu'elle lui dit, batailla un moment pour faire fonctionner le gicleur. Elle sentit l'eau froide et un cri de surprise lui échappa. Elle avait beaucoup observé les humains mais utiliser elle-même leurs outils était plus délicat. Elle se débattit avec le pommeau avant d'arriver à régler la température. Une chaleur agréable la recouvrit et elle découvrit une nouvelle sensation en sentant ses muscles de détendre. Elle attrapa un flacon posé sur le rebord et vida le contenu dans sa paume. Elle réalisa après que ça devait être sans doute beaucoup trop car elle n'arrivait plus à se débarrasser de la mousse qui ne faisait que se répandre. Au bout d'un moment, elle entendit Donna lui demander si tout aller bien, elle la rassura et sortit enfin de la douche et observa dans la glace le corps de femme qu'elle habitait et s'habilla rapidement. Quand elle releva la tête, elle sursauta en voyant un homme qui se tenait devant elle. Elle détestait être prise par surprise de cette façon n'ayant plus les moyens de ressentir les êtres qui allaient apparaître.

- C'est moi. Felicity l'observa, il était grand, brun, des yeux marrons doux, tout comme ses traits.

- Ray ? Et il hocha la tête. Elle s'approcha de lui et le prit dans ses bras, heureuse et rassurée. Elle se recula en le relâchant. Tu as une enveloppe humaine ?

- Oui, j'en avais besoin, ça pose moins de problème pour venir te voir et c'est plus discret. Tu vas bien ?

- Oui, Donna et Quentin se sont occupés de moi… mais j'ai beaucoup de questions et je ne suis pas sûre que Quentin m'ait cru quand je lui ai dit la raison de ma présence.

- Tu ne dois pas en parler Felicity. Tu ne peux pas dire que tu es un ange sans pouvoir. Ils ne réagiraient pas bien et ça te mettrait en danger.

- Qu'est-ce que je peux dire alors ?

- S'ils te posent des questions précises ne réponds pas… tu dois faire attention à ce que personne ne sache ce que tu es. Et tu dois prendre soin de ton corps en laissant son regard glisser sur elle. Tu ne dois pas te blesser, si tu meurs dans ton corps humain, tu seras perdue.

- Je vais faire attention… et Donna pourra m'aider je suis sûre. Ray hocha la tête en posant un regard inquiet sur elle.

- Je dois partir, je ne pourrai pas revenir avant la date de ton retour. Fais attention à toi, en la prenant dans ses bras, elle sentit ses bras se refermer sur elle avant qu'il ne disparaisse.

Felicity sentit tout à coup le vide entre ses bras et ouvrit les yeux. Elle se sentait abandonnée et une nouvelle sensation élu domicile au fond de son ventre.


J'espère que cette suite vous aura plu... et surprise... dans le bon sens du terme. Je vous embrasse et vous dis à bientôt pour la suite.