CHAPITRE 14
Rick n'était pas très en forme ce matin, la fatigue accumulée, l'agression et tout le travail qu'il avait accompli pour lancer la nouvelle formation des rangers, commençaient à peser sur ses épaules. Son Rdv avec le colonel Meyers l'inquiétait également. Depuis le début de sa carrière, il n'avait jamais subi de remontrances. Ses supérieurs avaient toujours été plus que satisfait de ses services. C'était la première fois, qu'il était convoqué pour un « incident ».
Tom et Drew avaient beau essayé de le rassurer, rien n'y faisait. Il avait mal dormi malgrè la présence de son mari à ses côtés. Décidement, ils n'arriveront jamais à avoir des retrouvailles dignes de ce nom. Il n'était donc pas à prendre avec des pincettes au réveil et ne voulant pas faire subir son humeur massacrante, il se renferma comme une huître et ne parlait que par onomatopée.
Le reflet dans le miroir de la salle de bain n'aida pas à lui redonner le sourire. En plus des bleues qui commençaient à prendre des couleurs douteuses, il avait une mine affreuse marquée par de larges cernes. Et comme à chaque fois, depuis son accident, lorsqu'il est tendu, la tension nerveuse se répercutait dans sa jambe et son dos lui provoquant des douleurs musculaires.
Il tapa des poings, rageur, sur le rebord du lavabo. Quelle idée de se faire encore plus mal ? Il gagna ensuite la cuisine en boitant légèrement. Drew n'eut pas besoin de l'interroger pour savoir que sa jambe le faisait souffrir. Sans un mot, il lui tendit un verre d'eau accompagné de deux cachets. Rick intérieurement remercia l'initiative bienheureuse de son mari et le tout sans lui poser aucune question. Décidement, il le connaissait bien.
Les discussions autour de la table du petit déjeuner allaient bon train. Eric s'était surpassé pour tous. Il avait préparé des œufs, des saucisses et des english muffins. Tous se régalaient, tous sauf une personne qui restait les yeux rivés sur son café. En le voyant faire, Tom, conseilla à Rick de manger un petit quelque chose surtout après avoir pris des anti douleurs. Drew a renchéri mais sans succès. Au final, il finit par céder à Eric qui lui présenta une assiette de pancakes accompagnée de fruits coupés en tranche. Ce dernier s'était donné du mal et il ne voulait pas se comporter comme un muffle.
Les trois hommes prirent la route peu après le petit déjeuner. Tom devait déposer son fils à l'école, Eric étant encore en arrêt. En échange, Brianna tiendrait compagnie à ce dernier. Pour une fois, il ne serait pas seul, ce qui le ravissait.
Dew, Rick et Tom arrivèrent devant le bâtiment abritant le bureau du colonel. Rien de très réjouissant voire même un peu triste avec tout ce béton. Rick souffla un bon coup et accompagné des deux hommes, il se présenta au sécrétariat. La secrétaire le reconnaissant, lui indiqua la porte fermée. Prenant son courage à deux mains, il frappa et attendit l'autorisation de rentrer, autorisation qui ne tarda pas. Le son de la voix du colonel indiquait que l'entretien n'allait pas être une partie de plaisir. Le peu de nourriture que Rick avait réussi à avaler dessinait un grand huit dans son estomac. Avant de pénétrer dans le bureau, il regarda une dernière fois son mari, afin de trouver un peu de force pour garder toute sa stature. Drew essaya de le rassurer comme il pouvait. Il connaissait toute l'importance que Rick apportait à ses fonctions et surtout toute l'énergie qui l'avait déployé pour cette formation.
Colonel Meyers : bonjour messieurs, je suis à vous dans un instant
Les trois hommes restèrent statiques durant un très long moment. Visiblement, le colonel était dans le même état d'esprit que Rick. La seule différence résidait dans le grade et le fait que le colonel pouvait faire de leur vie un enfer. Il valait mieux faire profil bas.
L'attente parut une éternité pour les trois hommes. Attente, qui finit par prendre fin, lorsque le colonel leva le nez des documents éparpillés sur son bureau. Et, à première vue, ce qu'il lisait ne le ravissait pas du tout. Ce qui n'augurait rien de bon.
Colonel Meyers : tout d'abord, content de vous revoir sur pied Capitaine Alister. Lientenant Smith, vous avez fait un sacré boulot même si sur certains points vous avez dépassé vos prérogatives...mais je ne vous ai pas fait venir pour ça. Capitaine Lincoln, je pensais avoir été clair lors de nos entretiens, vous ne deviez pas faire de cette formation une histoire personnelle. Et, si il y'a bien une chose que je déteste c'est que l'on n'écoute pas mes avertissements. Rassurez moi Capitaine, je vous avais bien avertit, non ?
Rick : oui monsieur, vous avez été bien clair.
Colonel Meyers : pourquoi alors, une plainte est arrivée sur mon bureau décrivant une agression envers deux des anciens formateurs, qui plus est, deux que vous avez accusé de comportements inapropriés vis à vis de stagiaires ?
Rick : Monsieur, puis-je parler ?
Colonel Meyers : je n'ai pas terminé...ce rapport a été complété par un rapport d'enquête mené par la police militaire. Et, je n'ai pas besoin que vous m'expliquiez quoique ce soit. Les conclusions de l'enquête sont assez claires, vous n'êtes absolument pas à l'origine de l'agression et vous n'avez fait que vous défendre. Certes vous les avez bien amochés mais les vidéos de l'hôpital montrent qu 'eux non plus ne vous ont pas fait de cadeau. J'ai donc classé sans suite la plainte du sergent Carter et Montana.
En entendant ces mots, Rick commença à ressentir un certain soulagement.
Colonel Meyers : je voulais aussi vous avertir que les videos de l'hôpital ont montré que le sergent Carter surveillait depuis plusieurs jours non seulement vos allées et venues mais également la chambre du capitaine Alister. Il a également passé la journée de votre agression à suivre les moindres gestes de votre fille. Je pense que le docteur Smith peut confirmer mes propos, puisque c'est lui qui a alerté la sécurité de l'hôpital.
Choqués et abasourdis par les propos du colonel, Drew et Rick se rertournèrent vers Tom.
Drew et Rick : pourquoi tu ne nous a rien dit ?
Tom : et vous auriez fait quoi ?
Drew : c'est pour ça que tu ne voulais pas que Brianna se ballade seule, ne serait ce qu'aller à la cafetériat ?
Tom : oui, j'avais repéré son manège depuis quelques jours.
Colonel Meyers : maintenant ma question est : voulez-vous porter plainte contre lui ? Il sera déjà poursuivi pour agression sur un officier supérieur mais vous pouvez aussi porter plainte pour harcèlement.
Rick en regardant Drew : il faut que nous en parlions avec mon mari.
Drew acquieça. Ce genre de décision se prenait à deux. Il ne voulait pas se préciter et laisser leurs émotions dictaient leur choix.
Colonel Meyers : très bien, vous me communiquerez votre décision. Sachez toutefois que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que le sergent Carter et le sergent Montana n'aient plus aucun avenir dans l'armée. Ce genre de comportement est inacceptable. Maintenant, je voulais que nous fassions un point sur la formation. Et, je pense que le lieutenant Smith et le capitaine Alistair vont pouvoir régler mon problème. La semaine prochaine, les stagiaires entament la partie médicale et les médecins qui devaient assurer la formation ne sont plus disponibles. Certains diront que nous pourrions simplement annuler cette partie mais personnellement, je ne suis pas d'accord. Capitaine Alistair, d'après mes renseignements, l'hopital où vous travaillez, a développé, une formation à la médecine de combat, à destination des médecins militaires mais aussi des services d'urgence ?
Drew : c'est exact
Colonel Meyers : je voulais vous proposer à tous les deux d'assurer la semaine de formation.
Drew : à deux pour trente stagiaires, c'est un peu juste
Colonel Meyers : c'est pour ça que j'ai pris la liberté de contacter le responsable de la fomation, le docteur Clemens. Il nous envoi des renforts. Vous en pensez quoi ?
Drew : il faut que je réfléchisse, je devais repartir à San Antonio avec ma fille ce WE.
Colonel Meyers :
