PDV Maura :

Elle fut comme un fantôme ou plutôt sans vie, car les fantômes, scientifiquement parlant n'existaient pas, enfin cela n'avait pas encore étaient prouvé. Mais elle ne pouvait pas être morte, car elle était capable de respirer, de ressentir les battements de son muscle cardiaque, le sang qui crépitait sous ses veines. La nervosité la gangrénait de l'intérieur, les vagues d'appréhension qui secouaient sans répit son estomac. Elle avait bu plusieurs cafés d'affilés alors qu'elle n'était pas une grande adepte de cette boisson. La protagoniste ressentait les effets négatifs de la caféine sur son organisme que ce soit l'irritabilité et l'agitation. Elle s'était emportée avec un policier lorsqu'il lui parlait pour sa déposition, elle avait expliqué la même chose à de nombreuses reprises, elle l'avait insulté d'incompétent, avec peu de neurones qui fonctionnaient alors que c'était idiot, le nombre de neurones ne permettait pas de réfléchir, mais il y avait aussi ; le nombre de connexions.

Ses collègues de travail avaient été témoin de son emportement, mais ils l'excusaient, ils comprenaient parfaitement sa réaction, ils n'auraient pas supporté aussi longuement cet interrogatoire.

Maura se mit à de nouveau à soupirer alors qu'elle faisait les cent pas, elle pensait vraiment à n'importe quoi quand elle était dans un état émotionnel des plus marqués. Elle avait fait une nuit blanche dans le froid, elle portait ses vêtements de la veille, elle avait la nausée, donc en considérant cela, c'était légitime à son trouble. Et pour en finir, elle commençait à avoir la migraine. À chaque fois qu'elle parlait avec Frankie ou Korsak, elle avait peur de s'énerver, elle était dans un état de nerfs et angoissé qu'elle le dissimula comme elle le pouvait, par exemple, derrière des sourires faux.

Elle ne voulait pas laisser des mots qu'elle regretterait par la suite, c'était pour cette raison qu'elle s'était légèrement éloignée sans échapper à l'essentiel de l'intervention en cours. La protagoniste ne se rendit pas compte que le jour s'était levé depuis plusieurs bonnes minutes. Les rayons du soleil s'échappaient timidement du ciel dégageait. Des cotons grisonnants gorgés d'eau. Et cela avait pour conséquence que les recherches avaient repris avec vigueur à son plus grand soulagement. Car savoir qu'ils s'étaient stoppés lui fit des analyses défavorables en la condition de survie de la policière. Frankie tenta de la rassurer tant bien que de mal, de lui apporter de l'espoir, et ce message fut relayé par Angela et Korsak. Il était souvent évoqué de la volonté de survie de l'Italienne, qu'elle était une battante, qu'elle l'avait toujours été. La légiste voulait y croire dure comme fer, elle avait vu à quel point sa collègue était obstinée et forte. Mais le temps passait malgré tout, et cela mettait petit à petit cette théorie en charpie. On n'en pouvait pas toujours vaincre les éléments extérieurs.

Finalement, une nouvelle, une bonne nouvelle l'avait atteinte. Elle se rapprocha rapidement du tumulte. Les gardes-côtes étaient en discussion radio, ils ont appris qu'un bateau de pêche avait recueilli cette nuit, à son bord deux personnes : un homme et une femme. La légiste fut rassurée une fraction de seconde, mais ce n'était pas suffisant pour apaiser ses maux intérieurs. Il pouvait avoir d'autres naufragés dans les environs, elle ne souhaitait pas se bercer dans de vains espoirs. Elle devait la voir en chair et en os pour qu'elle sache qu'elle allait bien ; qu'elle n'était pas blessée ou pire. Elle devait être témoin de son magnifique sourire, entendre sa voix rauque et cependant chaleureuse ainsi que son ironie. Elle devait en être spectatrice par sa vision oculaire de tout ceci, elle devait la sentir contre elle pour en être certaine. Elle devait se l'avouer que ce fût plus pour se rassurer elle-même qu'autre chose...

De nouveau, il y avait cette attente interminable, elle commençait à ne plus la supporter. Elle se mit à ronger les ongles sans s'en rendre compte, malgré tous les risques sanitaires qui pourraient s'en suivre, que ce fût pour ses ongles et sa bouche. Elle se ferait un bain de bouche et une nouvelle manucure s'il le fallait…

L'onychophagie était une attitude compulsive consistant à se ronger les ongles souvent provoqués par le stress et l'anxiété. Se ronger les ongles fut une manière de libérer son anxiété. Même dans une telle situation, elle avait le discours Google, comme le nommait souvent la brune.

Jane…

À chaque instant, elle pensait à elle ... toujours à elle. À tous les bons moments qu'elles avaient vécus ensemble, tout comme les plus mauvais qui auraient pu détruire à jamais leur précieuse amitié, mais qui n'avaient fait que renforcer leur lien indélébile. Les rires, les pleurs. La complicité, les disputes. Mais à chaque fois, elles s'en sortaient toujours ensemble. Cela ressemblait étrangement à un rapport de couple ce qu'elles vivaient quotidiennement, les hauts ainsi que les bas ; toutefois, elles avaient besoin de l'une et l'autre de se réconforter, d'être proches. Est-ce qu'elle ressentait la même chose si elle était en danger ? C'était fort probable dans la nature protectrice de la brune.

« Ils arrivent. » Préviens Frankie faisant sortir des cogitations la légiste qui sursautait de surprise. Elle se passa les mains devant son visage pour se donner de la contenance, ensuite, elle souffla un 'merci mon dieu'. Elle devait avoir une mine terrible. Elle n'avait pas pris une douche ou s'était maquillée. Peu importe, elle le ferait plus tard, elle avait tout le temps pour cela.

Quand elle avait vu ce chalutier arriver en la direction du port, elle se mit presque à suffoquer, était-ce le bon ? Elle implora vigoureusement pour que ce soit le cas. La scientifique ne savait pas si ses genoux allaient s'effondrer sur le sol, elle se retient par précaution à la rambarde qui l'environnait, pressant le métal froid à s'en blanchir les poings. Ainsi, elle était certaine, elle ne chuterait pas quand elle descendrait les interminables escaliers menant à l'embarcadère. Elle l'avait finalement vu arriver dans ce modeste bateau de pêche. Dans un piteux état, elle était couverte d'un long tissu marron, sa chevelure humide collait sa peau, et le teint fut extrêmement pâle. La détective semblait grelotter de froid, ce qui était en soi parfaitement normal.

Mais tout allait bien, elle allait bien… elle allait bien ...

La protagoniste fut si comblée sur le moment.

Son cœur s'emballa à une vitesse qu'elle n'aurait jamais pu imaginer pourvoir atteindre, elle n'avait envie que d'une seule chose, serrer dans ses bras sa meilleure amie, lui hurler dessus de son inconscience, de lui faire ressentir à son tour cette douleur qu'elle lui avait volontairement procurée, elle voulait lui avouer qu'elle avait eu peur pour elle, qu'elle la détestait de ce qu'elle avait pu lui faire endurer pendant ces dernières heures de torture et d'incertitude. Elle avait envie de l'embrasser, de la gifler par la suite. Elle se précipita à demi-teinte vers sa présence, de la joie, de l'appréhension l'accompagnait à sa démarche hésitante.

Le frère de la policière était le premier à rejoindre son aînée, à la serrer dans ses bras, à lui dire des compliments sur sa nage spectaculaire, qui pourrait être dans le livre des records si elle s'y mettait. Et le médecin des morts resta en retrait, elle avançait toujours aussi doucement, et la brune visualisa parfaitement sa présence. Elle se mit à sourire doucement, et son geste s'imita naturellement, car c'était toujours ainsi que nos amies se comportaient. Elles se laissaient guider par la présence de l'autre, cette tendre commune qui les caractérisait.

Isles n'hésitait plus, elle laissa de côté ses doutes profonds, elle se précipita à sa rencontre, la percutant frontalement. Dorénavant, elle la possédait contre elle, elle la serra fortement, elle sentait son doux parfum humide, ses bras fins l'enveloppaient fortement sa taille, elle se sentit si bien auprès d'elle. C'était comme si rien ne s'était produit et pourtant, des flashs des événements de la veille hantèrent la légiste qui se raidit instantanément. Jane sautant du pont sans aucune hésitation, malgré ses cris apeurés, elle n'était pas revenue à la surface. Et cette nuit de chaos qu'elle avait surmonté avec la plus grande difficulté, et même en cet instant, elle était encore bien meurtrie… non, elle n'était pas capable de jouer ce rôle d'amie fidèle et réconfortante … elle était blessée de l'intérieure… elle avait besoin d'espace après tous ces moments éprouvants, de reprendre son souffle. Elle se débattait avec sa raison et ses sentiments qui prirent différentes directions.

« Je ne peux pas… je suis désolée… je ne peux vraiment pas Jane… » Souffla désemparer Isles qui était en train d'être entièrement submergée par les émotions, elle se détacha de toutes ses forces de sa détective, qui était impuissante quand elle vit sa meilleure amie partir loin d'elle.

« Maura… »

La châtaine la respiration haletée par cet appel si blessé, se précipita vers sa voiture, loin de tout, loin des regards étrangers et le plus important, loin de sa meilleure amie. Elle mit à la va-vite sa ceinture de sécurité, et alluma le moteur pour s'éloigner rapidement. Elle avait l'impression de suffoquer. À l'intérieur de son véhicule, elle s'arrêta sur le bas-côté, et plongea sa tête contre son volant, et laissa échapper sa joie ainsi que tristesse en une pluie de larmes.

« Pourquoi suis-je aussi bouleversée et à la fois si heureuse ? » Hoqueta la légiste totalement perdue.


PDV Jane.

La détentrice de la justice observa silencieusement sa meilleure amie s'échapper loin d'elle, elle ne semblait pas comprendre son comportement. Elle voulait la poursuivre à ses trousses, l'interpeller, mais elle n'en avait plus la force physique, elle avait déjà dépensé toute son énergie en essayant de survivre dans cette eau glaciale. Il lui fallait un regain, un bon petit déjeuner serait déjà un bon début. Après elle aviserait sur la situation avec sa meilleure amie. La brunette soupira lorsqu'elle vit les médecins la rejoindre. Elle savait déjà ce qu'elle endurer.

« Vous devriez vous occuper d'abord de Paul, il est dans un piteux état, je vais parfaitement bien. » Jane se prit une brutale claque à l'épaule, elle se mit à glapir de douleur, et vit qui était l'auteure de l'attentat contre sa personne.

« Ma ! Tu n'es pas bien ! »

« Je pourrais te reprocher la même chose ! Sauter d'un pont ! Tu te crois dans un film d'action ? »

« J'aimerais bien, je gagnerais plus d'argent. » Un autre coup.

« Hé ! Ça suffit ! »

« Il faut avoir un problème dans la tête pour faire ça et surtout en plaisanter ! » La policière roula des yeux, elle se faisait déjà agresser.

« Non, je n'ai fait que mon devoir. J'ai sauvé la vie de quelqu'un ! Je n'ai rien fait de mal ! »

« Oui, c'est toujours ton excuse. C'est ton travail, ton devoir, etc. Mais je ne vais pas me battre avec toi pour l'instant. »

« Super… » La détective secoua la tête et eut comme un vertige qui ne passa pas inaperçu par sa mère qui redoubla d'inquiétude.

« Si je dois te tirer l'oreille jusqu'à l'hôpital pour que tu te fasses examiner, alors je le ferais sans hésiter. »

« Tu n'oseras pas ! » Siffla la brunette qui défia du regard sa mère.

« Tu sais parfaitement que j'en suis capable. Comme tu le dis si bien, je suis bruyante et sans gêne, je n'aurais aucune honte à te traiter comme une enfant que tu es ! » Jane grogna, mais Frankie partait sans aider sa sœur. 'lâcheur' elle souffla. Dépitée à l'insistance de sa mère, elle alla dans l'ambulance en compagnie de ses proches.