Jane se dirigea prestement vers le Dirty Robber, elle apprit que la légiste y était présente quand elle eut reçu un message de sa part. Cette fois-ci, elle allait bien se comporter, agir. Lorsqu'elle se rendit au bar dont elles étaient régulières, elle vit garée la voiture de sa collègue. Le sourire aux lèvres, elle entra dans l'établissement, et chercha du regard son amie. Elle rayonna lorsqu'elle la vit assise sur une banquette, à leur place habituelle, elle s'approcha rapidement à ses côtés, mais s'arrêta abruptement quand elle vit que Maura n'était pas seule, mais en galante compagnie. Juste en face d'elle se tenait Jack…ils avaient l'air complices et très amoureux. Surtout qu'ils se tenaient la main à la vue de tous, mais particulièrement de ceux de la détective. Rizzoli passa une de ses mains sur son visage, et soupira difficilement… mauvais moment, puis elle tourna les talons, elle n'allait pas déranger les tourtereaux, ils semblaient si heureux ensemble. De plus, elle se sentit de trop, elle ne voulait pas s'immiscer dans le couple, converser nonchalamment avec eux, elle serra des poings de frustration, elle s'en alla rapidement. Toutefois, sa meilleure amie avait cru la voir à travers la vitre du bar lorsqu'elle se rendit à son véhicule.


Une demi-heure plus tard. Dans l'appartement de Jane Rizzoli.

La brunette assise sur un tabouret était sur Internet, à regarder des vidéos en streaming, et divers sites pour se distraire de sa solitude. Elle but un verre de vin blanc, et se mit à secouer la tête, elle n'aurait jamais imaginé qu'elle en boirait de sa propre initiative, bon … c'était dans un gobelet en plastique, une bouteille qu'avait laissé son amie. Ce n'était pas mauvais en soi, mais elle préféra tout de même la bière.

Elle entendit un bip, et vit en bas de son écran une notification de message. Elle cliqua avec pressentiment, et elle avait raison. Elle vit le destinataire, et souffla, pourquoi maintenant ? Elle crut que c'était bien fin. Toutefois, elle aurait pu mettre à la corbeille, mais ouvrit le message, et se mit à le lire attentivement à haute voix :

Chère Jane,

Je sais que cela fait plusieurs mois que nous n'avions pas pris contact depuis ton rejet de m'épouser, et je comprends parfaitement tes raisons, j'ai été égoïste en t'imposant un choix.
Je croyais que c'était le mieux pour nous deux, mais j'avais tort.

Et je te demande pardon de mon insensibilité en ton égard. Je sais qu'être détective est toute ta vie, tout comme pour moi, être militaire.

Mais je voulais de nouveau m'excuser. Je sais que je n'ai pas le droit de te le demander, mais je t'aime toujours, être sur le terrain, être témoins de souffrance, de guerre, de bataille me fait réaliser que je ne cesse de penser à toi, à nos bons et malheureux moments. Et je sais que cela continuera longtemps. Tu es mon âme sœur Jane…
Et j'aimerais qu'on ait une nouvelle chance tous les deux.

Je ne te demande rien en retour, juste qu'on se revoit, et qu'on remette tout à zéro. On ne parlera plus de nos erreurs, de notre passé, mais seulement du temps présent.

Je reviens dans quelques jours à Boston, et je souhaiterais réellement qu'on se voie, on n'est pas obligé de revenir comme un couple, mais d'aller doucement. Je te laisse la décision entre tes mains.

Casey.


La brunette soupira, elle supprima le massage et éteignit son ordinateur et referma l'ordinateur portable. Elle passa ses doigts dans sa longue chevelure, et se leva de son tabouret. Donner une nouvelle chance à son ex ? Par le passé, elle n'aurait aucunement hésité, c'était son premier amour, celui dont elle avait eu le plus long béguin. Et même aujourd'hui, elle ressentait encore des sentiments envers lui. Néanmoins, c'était moins fort qu'auparavant, tellement d'événements s'étaient produits…il y a eu tellement de pleurs, de solitude, et puis Jane réalisa qu'elle n'avait plus besoin du soldat dans sa vie. Que lorsqu'elle lui eût rendu sa bague, ce fût un trait définitif à leur histoire, elle eût tenté l'expérience et voilà, ça n'avait pas marché. Elle réalisa qu'elle en fût soulagée, que ne plus le voir, ce ne fût pas aussi terrible qu'elle le pensait. Et leur bébé, Jane toucha son ventre, elle eut un pincement au cœur à cette perte, ce petit être, qui n'avait jamais vu le jour, il aurait pu être le seul lien qui les maintenait ensemble. Dorénavant, ils étaient de parfaits étrangers, peut-être qu'avec le temps, ils deviendraient des amis, mais rien de plus…

La brunette allait se rendre dans sa chambre pour se reposer, mais elle entendit qu'on frappa à la porte. Elle n'était pas d'humeur à avoir un quelconque invité…mais les coups semblaient pressants, mais surtout insistants. Elle capitula en grommelant, et traîna des pieds vers la porte d'entrée et n'eut le temps d'ouvrir qu'elle se fit percuter par des paroles.

« Jane, je suis désolée. J'ai ...été intransigeante, »

Impitoyable oui ! Mais l'Italienne n'allait pas faire la fine bouche, elle haïssait se disputer avec sa meilleure amie. Donc, s'aplatir comme une crêpe…elle pouvait l'accepter…et c'est seulement avec Maura qu'elle le faisait et personne d'autre.

« Non…c'est en grande partie ma faute…j'ai réalisé un peu tard que j'aurai dû passer par les excuses au lieu de te couvrir de cadeaux. Mais je ne suis pas très douée avec les mots, je n'ai pas cette faculté d'exprimer avec liberté mes émotions… »

« Il semblerait qu'on se ressemble plus que ne le remarque. Jane…mais aussi je n'ai pas été…juste…et j'en suis désolée, je n'aurai pas dû agir de la sorte. Tu t'es excusée, tu as même été sincère, et je n'ai pas été correcte avec toi, je ne sais toujours pas pourquoi j'ai agi de la sorte. » Déclara soudainement une mitraillette, alors que Jane semblait désorientée quand une tornade habillée en haute couture entra dans son domicile et continua de s'excuser, jusqu'à ne plus pouvoir respirer.

« Fait comme chez toi… » Rizzoli murmura avec un petit sourire, ensuite, elle referma la porte. « Tu veux boire quelque chose ? »

« Non, ça ira merci. J'ai eu assez de houblon dans mon organisme. » La brune s'assit à côté de sa comparse, et l'observa.

« Malte ? Bière tu veux dire ? »

« Oui. »

« Tu as bu de la bière ? Sans moi ! » La brunette déclara faussement outrée. Sa comparse l'observa dubitative et fixa la table basse.

« ... Toi aussi, je vois du vin blanc. »

« Oui, on a toutes les deux nos tords… et je m'excuse encore, et vraiment. Je n'ai pas été correct avec toi, en te donnant des cadeaux, mais pas en disant ce qu'il fallait pour me faire pardonner. Je pensais à mon devoir et pas à tes sentiments ou de ceux qui m'entouraient, je ne croyais pas que tu serais si bouleversée que j'ai sauté de ce pont pour sauver Paul. Et je sais maintenant, que si la situation s'inversait, et que si tu étais en danger, et que je reste témoin et sans pouvoir intervenir pour t'aider, alors je serai complètement désespérée, non, je serais hystérique. Je tiens énormément à toi Maur, tu es la meilleure chose qui soit arrivée dans ma vie. Tu es celle qui me fait rire, sourire, et qui me réconforte toujours quand j'en ai besoin, et tu acceptes tous mes défauts, et je n'en ai pas mal. Et ça, je te serais toujours reconnaissante, d'être là, à mes côtés, dans le meilleur comme dans le pire. Je t'aime Maura. Je ne veux plus te faire pleurer, ça me blesse aussi. » Jane avoua en attrapant la main de la légiste, celle-ci fit tout son possible pour ne pas pleurer. Vraiment, cette femme la mettait dans tous ses états. Colère, joie, désespoir, amour …

« Je t'aime aussi Jane. Tellement, tu es aussi la meilleure chose qui me soit arrivée dans la vie, j'étais si seule et misérable sans toi. » Isles serra dans ses bras son amie, qui lui rendit son geste d'affection.

« Ah…on devient un peu trop sentimentale. » La policière se moqua.

« Jane, j'ai quelque chose pour toi. » La scientifique prit son sac à main et sortit une petite boite rectangulaire, qui pouvait facilement tenir dans les deux mains de Rizzoli.

« Un cadeau ? »

« Tu n'es pas la seule à pouvoir m'en offrir…et aussi merci pour le parfum…c'est mon préféré… »

« Je sais. »

« Tu connais tout de moi. » Jane se mit à ricaner.

« Ah, j'ai fait mon enquête sur toi depuis toutes ces années, et j'ai tout un data d'informations. Des secrets les plus sombres. » Maura poussa son amie par l'épaule.

« Aussi, je que je te donne, ce n'est pas vraiment un cadeau…j'aimerai…qu'on fasse une liste de dernière volonté, et c'était une de mes idées qui est dans la boite. » Jane s'illumina quand elle sut que sa meilleure amie avait pris le cadeau qu'elle avait laissé sur son bureau, mais elle se mit à grimacer à l'évocation de dernière volonté.

« Ouais super... je suis…super…contente… »

« Vraiment ? » Isles était visiblement très enthousiaste.

« Non, c'était totalement ironique. Tu devrais le savoir. » En voyant le visage de la légiste s'affaisser, la fan des Red Sox s'auto insulta d'être aussi insensible, mais parler de la mort, alors qu'elle l'a côtoyé chaque jour, c'était comme faire un testament. Rien de réjouissant. Toutefois, elle mit son orgueil et ses préjugés de côté.

« Maura, je plaisantais, je veux faire cette liste de dernière volonté, seulement parce que c'est toi. » La scientifique se mit à applaudir d'enthousiasme dans ses mains, et Rizzoli la trouvait simplement adorable.