Jane observa la boite que lui avait remise sa meilleure amie, c'était léger, elle secoua pour découvrir le contenu, mais elle ne semblait ne pas reconnaître. Elle se mit à froncer des sourcils. Qu'est-ce que c'était ?

« Tu devrais ouvrir. Ce serait plus simple ainsi. » La légiste conseilla avec un immense sourire, alors que son impatience frisait l'excès.

« Waouh Maur, tu n'es pas un génie pour rien. Ouvrir une boite pour découvrir ce qu'i l'intérieur, c'est si évident, merci du conseil avisé. » Rétorqua ironiquement la brune qui se prit en retour une claque à son épaule. « Hé ! On ne frappe pas un policier en fonction, j'ai mon arme de service dans les alentours. »

« Quoi ? Tu vas l'utiliser contre moi ? Ou est-ce que tu vas m'arrêter ? » La légiste suggéra en pouffant légèrement.

« C'est vrai, je me remémore parfaitement que la combinaison orange te va très bien au teint. Tu étais si sexy et tu n'avais pas tes talons hauts en plus. » Maura se mit à grimacer. Oh oui, elle se souvenait parfaitement de ce vêtement anti-mode qui grattait. Elle pinça la taille de Jane qui se contorsionna de douleur et poussa un 'aie'.

« Ce n'est pas du tout amusant. »

« Pourtant c'est toi qui as commencé. » Vexée, Isles croisa les jambes et ne dit rien. La brune le sourire au coin, elle attrapa la joue de son amie et la secoua pour qu'elle lui fasse face.

« Oh ! Mais on boude maintenant, tu as quel âge Maura ? » La dénommée repoussa la main envahissante et se malaxa la joue.

« Tu es vraiment insupportable, je ne sais pas comment je fais pour te supporter au quotidien. » Rizzoli lança un baiser avec de deux ses doigts, et remit sa longue chevelure en arrière.

« Car je suis tout simplement irrésistible. » La policière ricana lorsque sa camarade secoua la tête, puis elle reprit son sérieux, elle ouvrit la boite, et pencha la tête sur le côté.

« Un prospectus ? Pour un perceur/tatoueur ! » S'exclama incrédule l'Italienne en observant sa comparse. « Tu veux qu'on aille se faire percer et dessiner le corps ? Alors que tu connais parfaitement tous les risques, ainsi que désagrégement que l'on pourrait avoir sur nous. Je suis choquée Docteur Isles, cela ne vous ressemble pas. » Ladite semblait embarrassée, et elle rougissait légèrement de cette constatation plus que véridique.

« Oui… Je… connais les risques tels que les saignements, une réaction allergique aux ingrédients des produits pour nettoyer, au métal des bijoux, Infection bactérienne, en particulier de staphylocoque doré, infection virale, en particulier de l'hépatite B, de l'hépatite C et du VIH. Risque possible lors de la mise du piercing, mais également pour les piercings intimes, des infections parasitaires et protozoaires- »

« Stop, c'est bon, j'en ai assez, j'ai compris. Moi qui pensais qu'avoir un tatouage ou piercing serait bien, tu as su m'en dégoûter pour toujours. Bravo, si c'était ta dernière volonté, alors tu as parfaitement réussi ! »

« Non, je ne voulais pas faire cela, mais présenter les risques. » Isles tenta de plaider, elle n'avait pu s'empêcher d'extérioriser son savoir sans penser aux conséquences.

« Hum…je pense que tu les as bien mises en évidence, pas de doute. » L'Italienne plissa le nez.

« Ce que je veux dire, c'est qu'il faut aller dans un lieu où les normes d'hygiène sont impeccables. Je vais des recherches approfondies sur Internet ainsi que des magazines de tatouage, que tout ce qu'ils touchent avec les gants doit donc être sous plastique et à usage unique, sinon ils doivent retirer leur ses gants. C'est du domaine chirurgical, il faut des règles strictes. Un tatoueur doit travailler dans une autre pièce que la salle d'attente. Il faut regarder son book, même si les escrocs peuvent s'attribuer le travail de tatoueurs, connaître la réputation d'un tatoueur, c'est important. Et puis, il faut regarder son travail en vrai. J'en ai rencontré un, et il m'a l'air parfait, que ce soit son lieu de travail et l'hygiène. Et si je n'apprécie pas ce qu'il fait, on part. »

« Tu veux vraiment faire cela ? Vraiment ? » Questionna intriguer Rizzoli, elle ne s'attendait pas visiblement pas à ce choix, mais quelque chose de plus sophistiqué…mais cela ne la dérangeait pas pour autant. Elle souhaitait voir de nouvelles facettes de la personnalité de sa meilleure amie.

« C'était une idée...enfin…qu'on est toutes les deux, un tatouage qui représente notre longue amitié. Mais si tu ne veux pas, alors je peux comprendre…c'était une mauvaise suggestion… » Maura regrettait d'avoir eu cette idée saugrenue.

« NON ! J'adore. Je suis simplement étonnée. Oh ! J'ai une idée ! Et si on se faisait un tatouage sur la même partie de notre corps. » S'exclama enthousiaste Rizzoli. La légiste se mit à réfléchir, initialement, elle avait pensé à autre chose. Mais cela lui plaisait. En réalité, elle était ravie de cette proposition. Jane sourit à cette image. Pour une fois qu'elles étaient d'accord sur un sujet, il fallait en profiter.

« C'est une bonne idée. Pourquoi pas une citation en latin ou grec sur le mollet ? » Jane fait une tête du genre : hein ? Tu es sérieuse ?

« Nan, je suppose que c'est banal, comme pour les noms en langue étrangère, il faut plus d'originalité pour nous deux. On fait une paire indescriptible et originale, je verrai autre chose…comme des dessins qui se complètent…je sais ! Je sais ! Pourquoi pas- » avant que la brune puisse s'exprimer, Isles la coupa instantanément dans ses ardeurs :

« Rien qui est en rapport avec les Red Sox, la bière, et la nourriture. » Intervint sans détour Maura, il était hors de question qu'elle ait une bouteille de bière dans la nuque. Jamais de la vie ! Elle devrait garder cela toute son existence ? Non. Coupée dans son élan, Rizzoli se calma et bouda.

« Alors... on fait un tatouage qui nous correspondent à toutes les deux et je ne veux pas une chaussure sur moi. »


C'était devenu en quelques secondes un moment de bataille, les deux amies étaient en train de se chamailler sur ce qu'elles allaient apposer sur le corps. Lorsqu'une émit une suggestion, l'autre la cassa sans pincette. Après ce combat épuisant, la brune eut une illumination qui allait peut-être les sortir de leur pétrin.

« Et si tu avais des menottes et moi un scalpel…pour nos métiers, détective…légiste… on sait toutes les deux que c'est notre deuxième vie nos métiers. » La scientifique prit cette fois-ci au sérieux cette demande. Mais elle avait peur que les scalpels fassent rappeler à sa meilleure amie, Hoyt et ses mains. Rizzoli comprit ce que pensait cet adorable génie, et elle lui toucha délicatement sa hanche pour la rassurer.

« Maur, si j'ai proposé cette idée, c'est qu'elle me plait. J'ai moins peur des scalpels grâce à toi. Tu te remémores le moment où je t'ai demandé de me faire tenir un scalpel ? Je n'ai pas eu peur, car tu étais là. Tu m'as rassuré avec tes paroles, tes gestes. Alors si j'en ai un sur moi, je ne penserai pas aux mauvais souvenirs, mais seulement à toi. » La châtaine acquiesça d'un immense sourire ensoleillé, et nos amies se mirent d'accord pour cette décision.