La légiste fut choquée de lire cette liste, elle ne s'attendait pas à cela de sa meilleure amie. Non, vraiment, elle ne s'attendait pas à une telle liste… La châtaine entendit quelqu'un arriver, et ne sachant que faire avec ce papier compromettant, elle le cacha directement dans son décolleté. Mais n'eut le temps de bien le positionner, elle espérait que la personne en question ne le remarquerait pas. Mais c'était trop tard pour le repositionner, il était tellement mal mis, qu'elle avait peur qu'il tombe sur le sol, elle fit un mouvement pour bien le dissimuler.
« Maur. » Interpella la voix familière de Jane, la légiste se mit à sourire maladroitement et à sursauter à cette tornade brune. Ce n'était pas le bon moment pour affronter sa collègue de travail… elle mit ses bras sous sa poitrine. Néanmoins, elle regretta cette réaction, si Jane s'approchait, elle verrait parfaitement le papier blanc…
« Jane… que fais-tu là ? » Isles déglutit péniblement. Mer… mince… comment allait-elle mentir à une excellente détective ? La brune semblait anxieuse, elle observa le sol.
« J'ai égaré… quelque chose… enfin… euh… tu n'aurais pas vu un morceau de papier sur le sol ? » Un mensonge ? Elle n'en était pas capable d'en dire un sans avoir des rougeurs voyantes. Enfin, elle s'exerçait dans l'art de la tromperie, parfois ça fonctionnait… ou pas…
« Tu as perdu un papier ? C'est important ? » 'Bien joué Maura', se congratula celle-ci. Pour ne pas mentir, détourner le sujet du mensonge sur autre chose.
« Oui ! Enfin non… j'ai égaré un papier, et non, ce n'est pas important… » Cependant, les réactions de l'Italienne opposaient ses dires quand elle scruta dans les moindres recoins le salon et le passage environnant. Elle avait l'air très nerveuse comme son interlocutrice. « Bon, il semblerait que j'ai dû l'égarer autre part… aussi...Maur… »
« Oui. » Répondit la concernée en se crispant légèrement, alors qu'elle souhaitait à tout prix que la situation s'arrête, et maintenant.
« Si tu le trouves… jette-le, il y a plein de germe, il était par terre, sur le sol du commissariat. »
« Et tu l'as mis dans ta poche ? Tu n'aurais pas pu m'en demander du papier ? Chercher dans l'enceinte du commissariat ? Ou en acheter ? » Questionna incrédule la scientifique, alors qu'elle réalisa qu'elle l'avait mise dans son décolleté. Elle devrait se laver deux fois… cinq fois… plus…
« Je n'en voyais pas l'intérêt, et puis il n'était pas utilisé, bien qu'il y eût cette immense trace de chaussure... mais ce n'était pas gênant pour moi… » Se justifia immédiatement sur la défensive la brunette. « Aussi tu avais l'air de faire une syncope en voyant que je mettais un billet de banque que j'ai trouvé dans la rue dans ma poche, alors tu es prévenue. À demain. » Rizzoli s'en alla de la maison, alors que sa meilleure amie retira aussitôt le bout de papier, et le jeta sur le sol en s'exclamant que c'était dégoûtant !
Une demi-heure plus tard.
La scientifique se sentait de meilleure humeur lorsqu'elle avait pris un bon bain, mais elle ne pouvait s'empêcher de toucher le sillon de sa poitrine, juste imaginer toutes les bactéries qui avait parcouru son corps, la faisait frissonner d'effroi. Habillée de son pyjama en soie rose, elle s'installa dans son lit, et prit un sac de congélation. À l'intérieur se trouvait un papier froissé, celui qui appartenait à Jane. Maura avait utilisé ses gants d'autopsie ainsi que des lingettes antibactériennes afin de tenir en main ce papier. Ce travail a valu une dix minutes de soin minutieux.
Elle se mit à soupirer, pourquoi elle devait s'étonner de ce que faisait sa meilleure amie ? Elle qui utilisait des sacs poubelles pour transporter ses affaires, elle qui utilise des canettes de bière pour faire des bougeoirs ? Il fallait réellement qu'elle enseigne l'art de la décoration à l'italienne. Elle la connaissait avec le temps, mais pas autant qu'elle l'imaginait. Surtout quand elle lisait cette liste, était-ce ces dernières volontés ou autres choses ? Non cela ne semblait pas exactement à cela, mais plus tout à une liste qu'elle souhaiterait faire, des sortes d'objectifs à accomplir. Mais ce que remarqua Isles, c'était cette sensation étrange qui lui parcourut le bas de son ventre, elle relisait ces mots à haute voix :
-Avoir une relation avec une femme : baiser, et plus si infinité… si j'aime… on verra cela plus tard… je comprendrais mieux pourquoi je suis malchanceuse auprès des hommes...
Jane était-elle intéressée par les femmes ? Depuis quand ? Était-ce un pur fantasme ? La légiste ne pouvait nier qu'elle aussi, cela lui plairait d'essayer avec une femme, un plan à trois avec son petit ami de longue date avait parfois traversé son esprit… mais juste penser le faire uniquement avec Jane… c'était une sensation différente. Elle ne douterait pas que la détective soit une bonne partenaire. Elle est tendre, mais peut être très bestiale si elle le souhaitait.
Mais à quoi je pense ! Se réprimanda Isles, en secouant sa tête, pour chasser ses divagations. C'était simplement qu'elle n'avait pas l'habitude de l'ouverture d'esprit de la brunette qui fut si introvertie et pudique sur la sexualité. Il fallait qu'elle le découvre par écrit.
-Passer la nuit dans un grand palace ou hôtel, se sentir comme une reine, bain avec moussant et remous. Champagne … musique, bougie… petits jeux de ligotage, et bandage, peut-être même des plumes pour… caresser… et massage à l'huile… je ne souhaite pas être celle qui recevra ses soins, mais les donner. Je voudrais jouer avec les cinq sens.
L'acheteuse compulsive se mit à imaginer parfaitement ce scénario, elle était allongée sur le lit, les poignets attachés au barreau d'un lit. La lumière était tamisée, de l'encens titillait son odorat, Jane qui était au-dessus d'elle, ses mains caressant ses hanches, son corps nu presque frôlant le sien, en train de…
« Dorothea Maura Isles ! Tu vas arrêter de fantasmer sur ta meilleure amie ! Bien qu'en soi un fantasme ne soit pas toujours réalisable, c'est juste notre esprit qui joue avec notre libido, mais cela prouve aussi qu'une partie de soi souhaiterait que cela se produise… » Et ainsi continua un débat intérieur avec Maura et Maura, cela dura un moment avec qu'elle reprenne ses esprits.
L'esprit ainsi que le corps totalement bouillant, la scientifique souhaitait dormir nue, elle mourrait de chaud. Et puis ce n'était pas une première pour elle… cependant, elle savait que ce n'était pas à cause du temps extérieur… et cette pensée la mit mal à l'aise… donc elle se concentra de nouveau à sa lecture.
-Avoir un vrai rendez-vous amoureux, dans un grand restaurant, avec entrée , plat , un dessert avec de la chantilly, du gâteau au chocolat et des fraises, j'aimerais aussi recevoir des fleurs… enfin me sentir comme si je valais le coup qu'on sorte avec moi… car j'ai l'impression que ce n'est pas le cas…
La légiste se mit à froncer des sourcils, sa meilleure amie n'avait jamais eu de telle attention ? Comment ce fut possible ? Elle était si exceptionnelle, elle méritait le mieux… mais elle ne pouvait le nier, qu'elle aussi n'avait jamais tant d'attention, juste un dîner pour se retrouver plus tard à avoir des relations sexuelles.
-Que Maura rompe avec Jack, car certes il est gentil, mais il ne l'aimerait jamais autant que moi.
Cette remarque semblait plus perturber Isles que les autres, elle ne comprenait pas le sens de cette phrase… est-ce que Jane détestait Jack ? Il ne semblerait pas que ce soit le cas, mais lorsqu'il y a eu ce : 'il ne l'aimera jamais autant que moi'… Maura semblait vraiment le croire.
-Avoir un moment sexy… dans l'enceinte du commissariat.
Sexy ? Comment ça ? Ce n'est pas sexy un commissariat... et l'hygiène du bâtiment est parfois à douter, sauf exception à la morgue, j'ai dû me tromper dans mes hypothèses ? Se demanda Isles en pleine réflexion.
Isles se mit à soupirer, et posa cette liste sur sa table de chevet, elle ne savait pas si elle sera capable de dormir cette nuit… mais surtout comment allait-elle affronter sa meilleure amie, elle lui avait menti… omis la vérité, et elle savait comment cela se terminait en général. Mal.
