Maura entendit quelqu'un entrer abruptement dans son bureau, elle n'eut le temps de lever son regard qu'elle se fit surprendre :
« Quand allais-tu me le dire ? Oh, mais pour cela, il faudrait que madame daigne me le dire, car franchement j'en doute maintenant ! » Dit d'un ton de reproche la brune, alors que la légiste bondit légèrement de sa chaise quand un claquement percuta son bureau, la protagoniste était à l'écriture de son rapport l'encre bava sur le papier. Elle vit aussitôt de la colère dans ce regard charbonneux. Était-ce à propos d'hier, quand elle lui avait omis ne pas avoir trouvé sa liste de dernière volonté. Honteuse, la légiste ajouta timidement avec une voix entachée par la culpabilité :
« Je suis désolée, j'aurai dû te l'avouer que j'ai trouvé ton papier hier à la maison…je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas fait…pardon, je peux comprendre que tu puisses m'en vouloir… »
« Je n'en ai rien à foutre de cette putain de liste de dernière volonté ! Il y a plus important que cela ! Merde ! Si tu ne vois pas de quoi je parle, alors notre amitié n'est plus. Et tes beaux discours, comme quoi tu ne peux vivre sans moi, franchement, tu es vraiment douée pour jouer avec les mots, une vraie experte…je...j'en ai assez…je ne veux plus te voir ! Et tout ce que tu m'as dit auparavant n'était que des conneries ! » Aboya Rizzoli qui sortit du bureau sans que son amie ne puisse rétorquer quoi que ce soit. Maura, les larmes aux yeux, elle ne sut comment réagir. Qu'avait-elle fait de mal pour attiser une telle rancœur à la brune ? C'était de la même intensité que lorsqu'elle ne lui avait pas parlé de Tommy…
Jane avait évité toute la journée la légiste, sauf quand elle était contrainte de la voir, c'est-à-dire lors de scène de crime ou pour voir une autopsie. Mais elle était toujours accompagnée de son coéquipier. Elle ne daigna même pas la regarder. Korsak avait senti cette tension, tout le monde l'avait remarqué à des mètres à la ronde, il faut dire que Rizzoli n'était pas du genre à intérioriser sa colère, des signes évidents montraient qu'il ne fallait pas la chercher, ou ce serait la plus grave erreur qu'il puisse arriver. La scientifique fit tout son possible pour se montrer professionnelle, bien qu'elle n'eût qu'une seule envie, c'était celle de pleurer, et de demander des explications à l'italienne. Néanmoins, si elle optait pour la deuxième proposition, elle perdrait définitivement son amie, celle-ci avait été très claire sur ce sujet.
Alors seule dans son bureau, la légiste pianota sur son clavier, à son écran se révéla un site d'achat en ligne. Maura entendit son téléphone portable sonner, le cœur battant rapidement, elle attrapa l'appareil, espérant que ce soit Jane qui l'appel, mais lorsqu'elle vit le nom inscrit, elle était peinée.
« Jack ? »
« Maura… je suis désolé de te déranger. Tu dois être certainement occupée. »
« Non, ça ira. Je ne faisais rien d'important. » Déclara Isles qui venait de finir son achat de son presse agrume avec une dizaine de fonctions, dont la plupart elle était sûre de ne jamais utiliser.
« D'accord, comme tu m'as demandé de t'appeler avant que je parte, alors je le fais… »
« Je vois. »
« Je... c'est horrible de se redire au revoir, c'est aussi difficile que la première fois. » Avoua le professeur en soupirant, alors qu'Isles partageait ce moment, mais pour elle, c'était moins douloureux. Elle avait rencontré son ex il y a quelques jours, il lui avait demandé de vivre avec elle, mais elle avait refusé sa proposition, et lui répondit lorsqu'ils étaient au Dirty Robber. Et puis il lui a dit qu'il avait un travail en or en dehors de Boston. Et elle lui avait dit de tenter sa chance, elle avait souhaité l'accompagner. Et aujourd'hui, elle fut soulagée de ne pas l'avoir fait, en réalité, cela ne lui faisait plus rien qu'il s'en aille.
« Je sais, mais c'est le mieux pour tout le monde. »
« Oui…je sais que je ne devrais pas le demander, mais comment cela se passe avec Jane ? » Maura redoutait cette question, Jake savait qu'elle avait des sentiments pour sa meilleure amie, que lorsqu'elle avait sauté de ce pont, elle avait tout avoué, qu'elle ne se voyait pas vivre sans elle, qu'elle l'aimait. Qu'elle l'eût toujours aimé, mais ne sut dissocier l'amitié de l'amour. Et maintenant, elle l'avait perdue pour une raison qu'elle ne connaissait pas, et dont il semblerait qu'elle soit l'entière fautive. Bien qu'elle ne supporte pas l'idée de poser des théories, elle l'avait fait tel un scientifique, des hypothèses qu'elle tenta de prouver par du concret. Jane était furieuse ce matin, mais la vielle, elle ne l'était pas. Elle lui avait dit que ce n'était pas à cause de leur liste de dernière volonté, donc pendant ces heures, il a dû se passer un événement dont elle n'était pas consciente.
« Maura ? » Ma dite sursauta, et remarqua qu'elle avait oublié de répondre à son interlocuteur.
« Oui ? »
« Tout va bien ? »
« Je pense. Je vais faire que tout va bien. »
« D'accord…aussi je ne sais pas si c'est important, mais ce matin, j'ai vu Jane. On a discuté, et j'ai évoqué mon travail, ainsi que toi. Elle ne le savait pas pour nous deux n'est-ce pas ? » La légiste, la main devant sa bouche, sut dorénavant l'erreur qu'elle avait commise. Ne parler de cette histoire, ne pas avoir dit ce qu'il se passait alors que son amie l'avait fait pour Casey.
Jane sous la pluie de la douche qui percutait son corps, se mit à poser son front contre la paroi qui lui faisait face, elle avait peut-être exagéré avec Maura. Toutefois, elle ne se sentait pas coupable pour autant. Oui elle avait abusé avec les mots, ainsi que sa colère. Mais elle n'arrivait pas à être calme en ce moment. Les malheurs s'abattaient les uns après les autres sur elle. La perte de son bébé, la mort de Frost… Cela lui importait peu que sa meilleure amie parte avec Jack ou à Washington pour un autre travail qu'elle avait fait la demande il y a quelques mois, qu'elle ne lui partage pas ses sentiments, qu'elle la force à lui faire dévoiler les siens. Elle devait tout faire pour sa meilleure amie, cependant, elle avait l'impression que ce n'était pas réciproque…les excuses qu'elle avait données, ainsi que toutes les marques de regret dû à son inconscience à faire son devoir.
Elle se remémora du moment où la légiste lui avait fait part de sa tristesse de la voir partir auprès de Casey, que ces mots furent : que ferais-je sans ma meilleure amie ? Mais la châtaine pensait d'abord à elle, et pourquoi elle n'avait pas imaginé que ce cas de figure pouvait se réciproquer. Que Rizzoli n'allait pas être abattue de ne plus avoir son amie à ses côtés ? Elle pouvait trouver toutes les excuses à sa collègue, qu'elle avait des difficultés à s'adapter aux émotions et gens. Mais c'était aussi le cas de l'Italienne, elle n'appréciait pas s'ébattre sur ses sentiments, mais elle essaya tout de même de s'améliorer, on lui demandait toujours de fournir des efforts, mais elle n'avait pas le droit de demander de même ? C'était injuste. C'était pour cela qu'elle avait barré d'une croix rouge son amitié avec la scientifique. Si elle ne pouvait compter sur elle, et qu'à chaque fois, elle redoutait de ses réactions, alors elle préféra se séparer d'un coup sec de cet excès de souffrance. Si elle devait à chaque fois se demander si Isles allait partir, alors qu'elle le fasse. Elle lui en laissait la possibilité et sans contrainte. Elle n'allait certainement pas la retenir. Et dire qu'elle allait lui avouer ses sentiments amour en son encontre, elle se serait simplement ridiculisée.
Jane sortit de la douche, et se couvrit de son corps d'une serviette éponge, ainsi que sa chevelure dégoulinante d'eau. Elle se dirigea vers le réfrigérateur et prit une bière. Elle la décapsula à l'aide de son comptoir, et but une gorgée. Elle entendit quelqu'un frapper à la porte, mais ne prit pas la peine de voir qui c'était. Elle n'était pas habillée pour recevoir quelqu'un. Elle se dirigea directement dans sa chambre pour se vêtir de ses vêtements de confort. Après être en short et t-shirt, la brunette s'affaissa sur son canapé et alluma son poste de télévision, elle zappa les chaînes et s'arrêta sur Jerry Springer. Une femme montre sa poitrine et dit qu'elle est une transsexuelle. Et qu'elle va le dire à son homme. Normalement, elle ne regardait pas ce genre d'émission, mais elle voulait se divertir de ses pensées noires. Mais il semblerait que la personne qui avait auparavant frappé à sa porte soit encore là, ou c'était quelqu'un d'autre.
« Je ne suis pas là alors laissez-moi. » Grogna la brune qui augmenta le son de la télévision.
« Jane c'est moi, nous devons parler. Je t'ai appelé à de nombreuses reprises, mais tu ne m'as pas répondu. »
« C'était fait exprès, alors laisse-moi tranquille nous avons déjà tout dit. » L'Italienne n'entendit plus son ex-amie, et crut qu'elle avait fait preuve de raison, et s'en était allée à son précieux conseil. Mais elle se mit presque à hurler à la mort, et recula, quand elle la vit à ses côtés. La main sur la poitrine, la détective reprit son souffle et fusilla ardemment l'intruse.
« Qu'est-ce que tu fais ici ! Et comment tu es entrée chez moi, tu sais que c'est une violation de domicile ! » Aboya la policière qui tenta de reprendre ses esprits. Elle n'était pas du genre à se faire surprendre, mais elle était perdue dans ses pensées.
« Tu vas m'arrêter ? »
« Non, ce ne serait pas amusant, j'appellerai nos collègues. Ainsi il y aura la voiture et les sirènes et un tapage dans le quartier ! »
« Tu ne le feras pas, et je ne suis pas entrée par effraction, j'ai utilisé la clé de ton appartement. » Rizzoli arqua un sourcil, elle ne se remémora pas d'avoir donné un double des clés à la légiste. Une seule personne pouvait le faire.
« Ma, tu vas le regretter ! » Jane se releva de sa place et se fit retenir par le poignet, furieuse, elle se retourna abruptement, et poussa Maura contre le cuir de son canapé. Elle l'avait à sa totale merci, contenant ses poignets au-dessus de sa tête.
« Je ne sais pas ce que vous cherchez mademoiselle Isles, mais ce n'est pas ici. Pour qu'un malheur ne se produise pas, je vous conseille de partir sur-le-champ, et aussi laissez la clé ici. » Malgré une proximité si fine de leur respiration et corps, Isles fixa son interlocutrice et ajouta sans démordre :
« Je veux m'excuser. Je suis désolée de ne pas t'avoir dit que Jack allait partir, et que peut-être j'aurai pu le rejoindre. Je n'ai pas l'habitude de me confier sur ces choses, alors que je te demande de le faire avec moi. J'ai été insensible cette fois-ci. »
« Tu te trompes, ce n'est pas pour cette raison que je suis en colère. Que tu partes ou non avec l'autre, ou que tu veuilles être transférée à Washington, ce n'est pas mon problème. C'est ta vie, et je n'en fais pas partie, je n'ai aucun droit de t'influencer. Tu fais ce que tu veux. Pars. » La brune allait se relever, mais son amie l'attrapa par son t-shirt et la ramena contre elle, et s'empara de ses lèvres. Jane était tellement choquée, qu'elle resta hébétée, même lorsque la légiste se sépara de leur baiser, et qu'elle lui parlait. La détective bondit finalement en arrière, et se toucha du bout des doigts ses lèvres.
« Si tu penses que m'embrasser va détourner mon attention, tu te trompes Maura…Isles… docteur… madame... » La concernée se leva et mit correctement ses vêtements, et s'approcha de la détective telle un félin, alors que la policière se mit instinctivement à mettre de l'écart entre elles. Elle se prit son pied dans un fauteuil, et crut chuter, mais se fit rattraper fermement par la taille par celle en qui elle était extrêmement en colère. Elle n'aurait jamais imaginé voir une telle image aussi dominatrice de cette femme. Cette remarque avait un sens réellement pervers ! Jane essaya de s'en aller, mais elle fut tenue en échec par la persévérance de la scientifique, qui n'allait plus laisser leur relation sur des non-dits. Elle allait tout avouer et maintenant, et les conséquences, elle espérait qu'ils ne seraient pas terribles. Mais cela ne pouvait pas être pire que de ne plus être du fan des Red Sox.
« Je ne cherche pas à détourner ton attention, mais à l'attirer. Cette demande pour Washington, je l'ai faite après la mort de…Frost…je sais que je n'aurai pas dû le faire en cachette, et je ne pensais pas qu'on prendrait au sérieux ma demande…j'étais perdue, et je ne voulais plus revivre le moment de perdre un être cher dans ma vie, mais j'ai refusé ce poste que je ne pensais jamais avoir. Et quand tu as sauté du pont, j'ai réalisé que je n'aurai pas pu supporter de te voir dans un cercueil. Je ne sais pas si j'aurai eu la volonté de vivre. Quant à Jack, je voulais partir avec lui pour cacher mes sentiments. »
« Cacher tes sentiments, tu ne veux pas dire les montrer au grand jour ? »
« J'avais peur…j'ai peur Jane, de perdre notre amitié, je suis amoureuse de toi. Mais tu ne devais certainement pas réciproquer mes sentiments, et j'aurai tout détruit si je te l'avais avouée. J'ai voulu fuir comme tu le fais avec les sentiments. Je suis amoureuse de toi, probablement depuis longtemps, et je ne me suis jamais rendu compte que ce que je voulais depuis toujours dans mon existence, c'était juste devant moi. Et on me nomme de génie, je n'en suis pas une, bien que j'aie un Q.I. dépassant la moyenne, cela ne me permet pas d'être ouverte sur les autres. Si tu ne veux plus me voir, alors fais le pour cette rai- » La cartésienne se fit couper dans sa déclaration par les lèvres de son amie. Le baiser était beaucoup plus passionné que le précédent, il y avait ce besoin de dire à l'autre à quel point il comptait. Les langues s'entrechoquèrent et se caressèrent. Les mains se baladèrent, en espérant que ce qu'elles touchèrent était bien présent. Les deux protagonistes s'arrêtèrent à contre cœur pour reprendre leur souffle, elles s'observèrent en souriant timidement.
« Je t'aime aussi Maura…mais je te préviens si tu me caches autre chose, même un baiser n'est pas suffisant pour te faire pardonner. » Prévient la brunette avec un air de défiance.
« Mais qu'est-ce qui te dit que j'ai fini de me faire pardonner ? Je viens juste de commencer. » Jane se mit à arquer un sourcil à la suggestion, elle se mit sourire quand elle se fit de nouveau embrasser.
