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BONNE LECTURE


Correction en cours...


Cela faisait plus 1h30 que des combats avaient lieu entre les différentes escouades et les titans. Bien évidement, nombreux cadavres décoraient le sinistre district de Rose envahie par les titans. Au haut du mur, l'escouade de Hansi s'était repliée, complètement exténuée. Pour une fois, aucun d'entre eux n'avait perdu la vie mais il y avait comme toujours des blessés. Certains l'étaient si gravement que les envoyer au combat serait synonyme de suicide.

Jean soupira avant de s'allonger à même le sol du mur, sous les regards épuisés de ses camarades.

- On en a encore pour longtemps?! Où sont ces fichus souterrains?! J'en ai ma claque moi de devoir exécuter tous ces titans sans réel but! Alors qu'on pourrait déjà être dans ces sous sols!

Eren frustré se tourna vers lui.

- Je te conseille de la fermer Jean... À t'entendre on croirait que tous ces soldats morts au combat aujourd'hui seraient morts pour rien!

Jean se redressa honteux.

- Ah désolé... ce n'est pas ce que je voulais di...

- Escouade 4 levez vous! Nous partons pour les sous sols! Lâcha Hansi accourant vers eux, documents en main.

Mikasa se redressa avant de lancer un dernier regard à ses camarades morts au combats, leurs cadavres se faisant dévorer par les titans.

La jeune femme effectua un salut militaire, avant de remonter son écharpe jusqu'à son nez et de courir rejoindre les autres discrètement. Ce qu'elle ne savait pas c'est qu'Eren lui ne la quittait pas des yeux. Il se faisait beaucoup trop de soucis pour son état mental actuel. Même durant ses combats aujourd'hui, il la sentait ailleurs, elle gaspillait beaucoup trop de gaz et lorsqu'elle exécutait ces titans elle coupait beaucoup trop profondément, abimant ainsi ses lames. Ce n'était pas une bonne stratégie... elle était visiblement toujours dans tous ses états... et bien sûr, trop vulnérable.

Eren, derrière elle, accéléra le pas pour ne pas la quitter des yeux. Il devait rester près d'elle pour pouvoir la protéger... car à cet instant, elle était juste trop vulnérable.

Alors que tous les deux s'apprêtaient à rejoindre leur escouade déjà de l'autre côté de la ville, un sentiment étrange mit Eren en alerte, comme un sixième sens... Eren ne savait pas comment le décrire mais il était contrasté d'une angoisse pressante. Il n'avait jamais été dans un état pareil... Il avait des frissons dans le dos et, alors qu'il tentait de comprendre son état actuel, au ralenti, il vit son escouade se tourner vers eux avec de grands yeux en panique, et la seconde d'après, il vit le corps de son amie d'enfance projetter en arrière, du sang jaïllissant de partout, la jeune femme, sur le coup avait perdu connaissance.

Eren, sous le choc pendant quelques secondes, se ressaisit rapidement et accouru rattraper sa camarade. Mais, alors qu'il s'apprêtait à s'échapper avec la jeune femme entre les mains, deux titans les encerclèrent.

Le jeune soldat dévisagea les titans en panique... il ne pouvait pas utiliser son équipement tridimensionnel avec Mikasa dans les bras, il ne pouvait pas non plus se transformer en titan par peur de ne pas avoir toute sa conscience et de nourrir cette possibilité de lui faire du mal inconsciemment... Que devait-il faire?

C'est alors qu'il vit les titans tomber. Pourquoi? La seconde d'après il vit Pixis qui lui sourit avant de s'approcher de lui avec le sourire.

- Jaeger. Lança t-il amicalement

Eren sourit avant de le saluer.

- Repos.

- Puis-je vous demander ce qui vous emmene ici mon Colonel?

- Je fais également partie de cette opération. Vous feriez mieux de vous repliez avec cette jolie jeune femme. Dans cet état elle ne vous mènera nulle part.

Eren lança un regard inquiet à Mikasa avant de soupirer.


《 Être un soldat est un véritable challenge... devoir constament confronter cette limite si facilement franchissable entre la vie et la mort... La mort... un mot si court mais incitant tellement de douleur, de souffrance, de tristesse, de choc... Tous ces sentiments juste pour justifier la peur que l'on ressent face à celle-ci... Cette peur qui confirme encore notre humanité... Mais si avoir peur de la mort est une caractéristique humaine alors... ne le suis-je plus?...

Après avoir vu tellement de cadavres tout au long de mes missions, après avoir dû faire face aux corps sans vie de mes compagnons... des mes proches... je ne crois plus pouvoir refléter cette peur... alors... cela voudrait-il dire que je ne suis plus humain?》


Planté sur place, incapable de bouger, le cœur agité, le caporal fixa le corps de sa subordonnée gisant sur ses jambes d'un air indéchiffrable. Ce n'était ni le choc, ni la surprise et encore moins de la tristesse que l'on pouvait lire sur son visage. Il arborait un visage neutre... Il n'était plus lui même...

Mark et Will perchés derrière un grand mur lancèrent quelques regards en arrière pour constater les dégâts que la bombe avait causé. Le caporal et Roni y avaient-ils laissé la vie? Une grande fumée épaisse leur empêchait de voir autour d'eux. Et le silence qui suivait cette attente ne les rassurait pas du tout.

Équipements tridimensionnels en place, lames en main, les deux hommes se préparaient au combat. Le groupe de xénophobes était très certainement toujours sur les lieux et si ils lançaient une bombe par surprise c'était qu'une autre allait très certainement suivre.

Mark se tourna vers son camarade d'un air curieux.

- Will tu trouves pas ça bizarre toi? Lança t-il en le fixant droit dans les yeux.

- Quoi qu'est-ce qu'il y a? lui demanda celui-ci en se tournant vers lui.

- Le vieillard a dit que le point de base des autorités de la villr se trouvait là non?

- Ouais mais le bâtiment s'est effondré!

- Justement! Il s'est effondré mais ici il n'y avait pas de coins pour les chevaux... c'était juste un simple bâtiment! Donc...

Alors que Mark s'apprêtait à finir sa phrase, une nouvelle explosion se fit entendre et les projeta un peu plus loin du mur où ils s'étaient cachés. Dès que le choc fut passé, Mark fut le premier à se relever et à accourir pour guetter si le caporal et Roni allaient bien. Will le suivit tant bien que mal, il s'était blessé à la jambe suite au choc. Arrivé au niveau de son camarade il posa une main sur son épaule.

- Alors? Ils sont vivants? Lança t-il

Subitement, il sentit le corps de son ami trembler. Il paniquait.

- Quoi qu'est-ce qu'il y a? lança Will avant de tenter également de lancer un regard derrière le mur mais Mark le repoussa.

- Rejoignons la calèche! Lâcha Mark en l'entraînant vers la calèche qui les avait conduit sur les lieux.

Will sous le choc rejeta la main de son ami.

- Mais qu'est ce que tu racontes?! On ne peut pas laisser les autres ici et rentrer enfin! On devrait au moins vérifier si...

Mark s'approcha de lui d'un air terrifier.

- Ce n'est pas ça!

- Quoi!? Lâches moi! Lança t-il avant de s'approcher rapidement de mur et de lancer un regard discret vers celui-ci.

Son cœur rata un battement, ce qu'il voyait défiait tout simplement les limites de son imagination... Il n'avait jamais ressentit autant de peur dans sa vie. Une énorme aura meurtrière envahissait les lieux. Elle était si palpable qu'il avait même du mal à respirer correctement. Le cœur agité, le jeune homme fixa avec stupéfaction leur caporal de dos, debout, les cadavres des criminels gisants sur le sol. Il tenait la tête d'une de ses victime entre ses mains. Les survivants du groupe de villageois non loin de là s'enfuyait en panique. Cette scène était macabre... Le caporal avait les vêtements pleins de sang, dans sa main droite une des lames de son équipement tridimensionnel littéralement cassée... C'était bien de lui qu'émanait cette aura sombre et négative... quelle était cette présence...

Will recula violement, effrayé. Mark l'aida à se ressaisir.

- Eh! Eh! Will?

Il se tourna vers son ami.

- Dis Mark... lâcha celui-ci d'un air vide

- Eh qu'est-ce qu'il y a Will? Will?! s'affola Mark en voyant son ami vaciller.

- Tu... tu crois que notre caporal il est vraiment humain?

- Quoi?

Alors que Will perdait connaissance suite à la perte d'énormement de sang, le caporal sortit de l'ombre et s'approcha d'eux, le regard vide. Mark le fixait d'un air intimidé. Il n'était visiblement pas dans son état normal. Il tenait Roni dans ses bras, à sa vue, Mark se rassura mais alors qu'ils s'approchaient d'eux, il constata l'état pitoyable de la jeune femme. Elle avait prit le coup de la bombe avec plus de force que quiconque. Son visage était méconnaissable. Elle était complètement brûlé dans le cou jusqu'à sa son ventre. Ses jambes étaient dans un sens suspect, ce qui laissait croire qu'elle avait des jambes cassées. Et le dernier détail qui le choqua et l'attrista le plus fut de constater les yeux de la jeune femme, des larmes de sang perlaient sur ses joues.

Il comprit alors... La folie et la rage avec laquelle Livaï avait exécuté ces criminels reflétaient sa colère face à ce qu'ils venaient d'infliger à la jeune femme. C'était pire que la mort... Une vie sans vue... Une vie mais coupée du monde... elle ne pourrait plus jamais être un soldat... revoir les êtres qu'elle aimait, un handicap pesant et dur à vivre.

Livaï la transportait avec des yeux pleins d'assurance. Il avait exaucé le vœu le plus cher de la jeune femme. Il les avaient exécutés. Ceux qui venaient de lui arracher son rêve de promotion, son rêve d'être soldat. Elle ne pourrait plus jamais... plus jamais en être un digne de ce nom... Elle avait perdu connaissance mais Livaï savait déjà qu'à son départ une douleur immense et inconsolable l'habiterait et la hânterait jusqu'à la fin de sa vie...


4h du soir QG de Rose

Donnah sortait de son bureau. Elle avait passé toute la matinée et l'après-midi en salle d'opération à s'occuper de quelques patients du Docteur Geir qui n'avaient jusqu'à présent pas de docteur. Leurs cas étaient particulièrement délicats et personne n'avait souhaité prendre la relève du vieillard, par peur de faire une erreur qui coûterait la vie à ceux-ci la responsabilité de leurs cas était intimidant.

Mais pour son cas, Donnah se sentait presque obligée de prendre la relève. Elle se doutait bien que Dylan avait quelque chose à voir avec la disparition du vieil homme et elle se sentait coupable... Si elle ne lui avait pas parlé de leur relation plutôt compliquée, peut être n'aurait-il pas eu de motif de vouloir le faire disparaître. Elle priait sincèrement, au fond d'elle même qu'elle se trompait... mais... ce sentiment au fond d'elle qui lui disait de se méfier, de faire attention à son frère... elle n'en pouvait plus...

Alors qu'elle retirait la clé de son bureau qu'elle venait à peine de refermer, elle remarqua une infirmière plantée derrière elle. Donnah surprise s'exclama effrayée, sous l'air amusé de l'infirmière.

- Vous ai-je fais peur? Lança t-elle sous le ton de la rigolade.

Donnah lui sourit en se calmant de la surprise de plus tôt.

- Me cherchiez vous? demanda t-elle en rangeant sa clé dans son sac.

- Oui. L'infirmière Tanaki m'a dit de vous prévenir que le chauffeur vous attend en bas. Il vous conduira directement chez Monsieur Geir st vous raccompagnera également.

Sur ce, l'infirmière la salua avant de s'en aller à pas de loup. Donnah l'observant s'éloigner avec amusement. Elle était vraiment silencieuse, cela devait être un talent.

Alors que la jeune femme s'apprêtait à continuer son chemin, une main l'intercepta et elle reconnu Dylan. Il la regardait d'un air plutôt étrange.

- Quelle surprise! Lâcha t-elle d'un air faussement réjouit.

Dylan lui sourit.

- Tu as fini tôt aujourd'hui dis donc. Lâcha t-il en lui prenant son sac.

Intriguée elle le saisit rapidement

- Qu'est ce que tu fais avec mon sac? Lâcha t-elle en le tirant.

Dylan se tourna vers elle d'un air surprit.

- Eh du calme... Je voulais juste le tenir. Je tenais toujours ton sac quand on rentrait de l'école non?

Donnah se mit à s'inquiéter. C'était beaucoup trop étrange... pourquoi voulait-il tenir son sac là maintenant? Voulait-il lui empêcher de rejoindre le chauffeur et d'aller rendre visite à la femme du Docteur Geir? Et pourquoi une nouvelle fois doutait-elle de lui? Tout cela l'agassait complètement. Elle voulait en avoir le cœur net. Elle ne voulait plus douter de son frère. Il était l'homme à qui elle avait toujours fait confiance. Elle ne pouvait se résoudre à douter de chaque petit détail de son existance maintenant.

Soudainement la jeune femme lâcha son sac et se mit à fixer son frère d'un air sérieux. Curieux et intrigué par son expression, il se tourna vers elle.

- Donnah?

- Dylan il faut qu'on parle..

Le jeune homme lui lança un regard sérieux subitement.

- De quoi veux-tu qu'on parle là dans ce couloir? Allons dans ton bureau alors.

- Me caches-tu quelque chose? lâcha t-elle soudainement. Le jeune homme qui avait déjà commencé à marcher vers le bureau de la jeune femme se figea.

- Tu sais... continua t-elle... ça va faire quelques semaines déjà que je commence à me méfier de toi...

À ce moment, le jeune homme se tourna vers sa jeune sœur d'un regard sérieux.

- Et comment ça se fait? demanda t-il en s'approchant d'elle lentement.

Inconsciemment la jeune femme recula au fur et à mesure qu'il s'approchait.

- Eh bien... tu as changé... beaucoup... depuis un temps tu... tu... tu penses trop à de la revenche... tu fréquentes des gens suspects... tu m'interdis de fréquenter certaines personnes et je me demande bien si... si tout ça a un but.

Dylan stoppa ses pas et se mit à sourire. Un sourire qui n'exprimait pas du tout de la joie mais de l'ironie... ainsi qu'une lassitude palpable...

- Donnah arrêtes... lâcha t-il en rigolant subitement.

Ce rire étrangement ne la rassurait pas du tout. C'était comme si ce rire confirmait ses doutes... Elle avait raison... il lui cachait quelque chose... elle avait raison... ils n'étaient pas du même camp... elle avait raison... elle ne devait pas lui faire confiance...

La jeune femme, inconsciemment versa des larmes. Cela lui faisait tellement mal de constater que l'homme à qui elle faisait le plus confiance n'était plus... que le gentil grand frère Dylan... le pacifique Dylan... le fils de leur mère qui était tout simplement une figure parfaite pour la douceur n'était plus... Cet imposteur... assoiffé de vengeance, capable de commandité le pire avait prit sa place...

《 Rendez moi mon Dylan... Rendez moi mon frère...》

Son cœur criait au désespoir, la douleur que la situation lui infligeait était si grande et intense qu'elle n'arrivait même plus à le regarder dans les yeux. Elle ne le voyait plus... ce n'était plus son frère.

La jeune femme baissa les yeux et se mit à essuyer ses larmes sous le regard indifférent de Dylan. Il savait... il savait qu'elle venait de comprendre la situation... il savait qu'elle s'apprêtait à prendre la décision de s'éloigner de lui et il ne fallait pas.

- Donnah. Lâcha t-il en posant une main sur sa joue.

La jeune femme n'avait même plus la force de le regarder dans les yeux. Elle fixa le sol tandis qu'elle l'entendit continuer.

- Je ne suis pas ton ennemi. Lâcha t-il...

Elle ferma les yeux en suppliant sa conscience d'y croire. Elle voulait tellement y croire.

《Il n'est pas mon ennemi》 se répéta t-elle dans sa conscience...

Elle avait beau supplier son esprit d'y croire mais l'évidence la persécutait. Alors frustrée, elle lâcha:

- Alors de qui es-tu l'ennemi?

Dylan recula, le regard indifférent. Il ne la quitta pas des yeux.

- Alors de qui es-tu l'ennemi? Répéta t-elle, rouvrant les yeux.

Il ne souriait pas, non plus était-il surpris par la question.

- Je suis l'ennemi des ennemis de notre père... lâcha t-il.

Donnah soupira. Elle était triste... tellement...

- Dylan ne faisons pas ça à père. lâcha t-elle en le regardant tristement.

Donnah pouvait lire de la colère monter en lui par le regard qu'il lui lançait désormais... sous la défensive il essuya un regard vexé.

- Je sauve son honneur.

- Mais non Dylan... Non... en t'impliquant avec ces mauvais individus tu lui fais du mal... tu te fais du mal... tu nous fais du mal...

Cette phrase sembla le ramener à la raison vu le regard triste qu'il lui lança. Elle en profita pour tenter de le convaincre.

- Dylan ne fais rien que tu regretteras. Je veux le bonheur de père autant que toi mais ne fais rien qui risquerait d'aggraver sa réputation... mère nous regarde et je parirais ma vie qu'elle ne voudrait absolument pas nous voir une nouvelle fois malheureux...

Elle marcha lentement vers lui et le serra dans ses bras.

- Je t'en supplie... reviens nous... ce monde est déjà assez compliqué avec ces titans qui à chaque fois défient notre humanité pour que nous soyons divisés encore plus... Dylan... reviens nous... lâcha t-elle les larmes aux yeux...

Le jeune homme combattait ces larmes qui défiaient son orgueil. La situation actuelle était juste trop pour lui pour pouvoir la supporter. Il repoussa sa jeune sœur.

- Je ne peux pas.

- Dyla...

- Donnah je ne vais pas m'arrêter là. Et tu ferais mieux de m'écouter quand je te dis de t'éloigner de Livaï, l'armée n'est et ne sera jamais de notre côté.

Donnah le dévisagea, intriguée.

- Que veux tu dire? Livaï il m..

- Écoutes moi! la coupa t-il en posant ses mains sur ses deux joues. Je ne suis pas ton ennemi et je ne le serais jamais! C'est une décision qui te reviens de me suivre ou de me tourner le dos! Je sais que tu viendras à moi quand tu sauras la cause de tout cela et notre secret. Je le sais! C'est pour ça que je te dis ne crée d'affinités avec personne ici! Tu le regretteras plus tard Donnah!

Donnah était effrayée. Quel secret? Quel regret qu'est-ce que tout cela voulait dire? Elle rejeta la main de son aîné avec violence.

- De... de quoi tu parles!?

- Donnah... tenta t-il, mais elle recula.

- Y a t-il quelque chose que j'ignore sur moi même?

Dylan la fixa sans mot.

- Pourquoi tu ne dis rien?

- Dylan?

Alors qu'elle s'apprêtait à le harceler de questions elle remarqua le regard de son frère se détourner et son visage prendre un air sombre, l'infirmière de plus tôt se tenait là debout... depuis combien de temps?

- Qui êtes vous? Lança Dylan d'un air tendu.

Étrangement à ce moment là, tout en elle lui criait de prendre cette infirmière et de la mettre en sécurité. De la protéger... cet expression suspecte qu'il arborait lui rappelait vaguement celle qu'il prenait quand ils étaient petits lorsque des adultes les dénigraient à cause de leur père... aussi effrayante qu'avant, elle ne lui disait rien qui vaille alors, la jeune femme se tourna vers l'infirmière rapidement et s'approcha d'elle.

- Mon chauffeur! J'avais complètement oublié! Dylan nous en reparlerons plus tard.

Elle prit l'infirmière par la main et se mit littéralement à courir dès qu'elles furent hors de sa vue.

À l'entrée elle cessa ses pas et se tourna vers elle.

- Avez vous entendu notre conversation? Demanda t-elle en panique.

L'infirmière lui lança un regard intrigué.

- Oui... enfin je suis là depuis quand même un bon moment... je voulais juste pas déranger.

Le regard de Donnah s'aggrandit. Elle se doutait que désormais, la jeune femme serait très certainement la proie de son frère. Une disparition mystérieuse allait très certainement faire la une des journaux si elle ne la mettait pas en sécurité rapidement.

Elle prit la jeune femme par la main et couru vers le bureau du commandant.

《 je ne suis pas ton ennemi》

《 je ne suis pas ton ennemi》

《 je ne suis pas ton ennemi》

Elle se répéta plusieurs fois les paroles de son grand frère mais rien. Tout en elle lui alertait le danger qui rôdait désormais autour de la jeune femme.

《 Je suis l'ennemi des ennemis de notre père》

Cette phrase lui clarifiait parfaitement la situation. Visiblement elle ne courait aucun danger face à lui mais cette infirmière constituait une proie potentielle pour lui. Elle formait désormais un obstacle pour lui... il voudra s'en débarasser.

Donnah courait. Elle avait peur. Tellement. Alors qu'elle courait, elle entendit la sonnerie du haut parleur du QG, une annonce allait être faîte.

- 《 Le Commandant Erwin est sollicité à la salle de Réunion par le Colonel Pixis. Je répète...》

Donnah s'arrêta

- Quoi? C'est où ça?

- Docteur pouvez vous me dire pourquoi nous courrons? lâcha l'infirmière visiblement épuisée.

Donnah se tourna vers elle.

- Montrez moi la salle de réunion et je vous dirais... c'est urgent


Sous région de Kilmort

Il pleuvait au Sud, la rosée sinistre venait contraster avec l'ambiance morbide des lieux. 3 heures étaient passés depuis l'attentat qui avait prit la vie à Norée le chef du village et... malheureusement avait laissé leur camarade Roni en piteux état.

Ils avaient rejoints l'auberge et y avait reçu des soins. Livaï avait juste un bras cassés et quelques coupures par ci mais ils devraient passer la nuit là en attendant que les renforts de Rose soient informés de leur situation actuelle.

Assit au bord d'une fenêtre, le caporal fixait la pénombre qui s'imposait dehors d'un air distrait. Il était déjà 7h du soir et pourtant il était le seul éveillé. Ses camarades avaient reçus des soins et s'étaient réfugié dans leur chambre tandis que Roni elle avait été transporté à la clinique la plus proche.

Il se refusait d'être présent lorsqu'elle réaliserait qu'elle était désormais aveugle. En y repensant le jeune homme soupira.

La situation était trop pour lui. Il n'aimait pas cela... Il savait que si il était présent pour elle et la supportait elle allait vouloir le lier à elle... le porter dans son cœur et ce n'était pas du tout ce dont il avait besoin. Il ne voulait pas être l'épaule sur qui pleurer de qui que ce soit. Aller au combat et devoir infliger la douleur de sa possible disparition à quelqu'un était juste trop pour lui... trop de culpabilité. Cette situation ne correspondait pas à ses critères. Il n'en voulait pas. C'était égoïste oui mais... c'était mieux pour eux deux.

Étrangement, il se remémora ce moment où, pendant une seconde il avait cru perdre la vie. Voir cette bombe au ralenti s'approcher de lui. À ce moment là il avait ressentit sa plus grande peur. Livaï sourit ironiquement. On pourrait croire qu'il n'était pas humain. Et pourtant... il se détestait de l'avouer mais en voyant cette bombe... en voyant sa mort si proche... il avait eu mal de ne serait imaginer ne plus revoir cette jeune femme à qui il se hâtait de retourner...

Leur mission était visiblement un échec. Ils devront revenir plus tard avec quelques renforts mais dès son retour il savait que c'était la première chose qu'il se hâtait de voir. Son sourire... ce sourire si innocent. Ce sourire qui le hântait pour le faire culpabiliser de cet épisode avec Roni. Cette erreur. Oui... c'était une erreur car si elle venait à le savoir, il savait qu'elle en souffrirait. Il ne voulait ça...

Livaï ferma les yeux et rejeta sa tête en arrière contre le mur où il était adossé pensif. Quel était ce sentiment? Pourquoi avait-il la sensation de l'avoir trahit? Ils n'étaient pas vraiment ensemble non? Juste un épisode comme Roni non? Pourquoi sa conscience le persécutait-elle autant? Pourquoi se sentait-il autant désolé?


Mikasa ouvrait lentement ses yeux. Elle était prise d'un gros mal de tête. Constatant le ciel étoilé qui lui faisait face, elle se redressa en panique. Où se trouvait-elle? Quelques secondes après, elle constata qu'elle était dans une des grandes charettes avec lesquels ils étaient partis ce matin.

- T'es réveillé? Lança une voix près d'elle.

La jeune femme se retourna et constata la présence d'Eren. Il était adossé contre le rebord de la charette et la fixait d'un air inquiet.

Elle détourna le regard et tenta de regagner ses souvenirs. Perdue dans ses pensées, elle ne sentit qu'Eren lui remettre une grosse couverture bleu en coton.

- Couvre toi. Tu vas attraper froid. On en a encore pour une heure de route. lâcha t-il.

Mikasa se tourna vers lui et se mit à rougir. Leur proximité la perturbait de nouveau. Elle ne savait pas du tout comment réagir là... La veille ils avaient échangé des baisers passionnés, il lui avait littéralement démontré à quel point il l'aimait... mais comme à chaque fois elle s'était faite rejeter.

La jeune femme soupira, les yeux fermés en repensant à cette sensation magique qu'elle avait ressentit lorsqu'il l'avait embrassé. Cette bouffée si agréable qui l'avait possé quand il l'avait serré tout contre lui. Oh comme elle l'aimait...

Eren ne la quittait des yeux. Il se doutait bien de ce à quoi elle pensait. Il avait eu tout l'après midi pour y repenser en prenant soin d'analyser correctement leur situation. Mais le résultat était le même, il ne pouvait se résoudre à la faire souffir. Mais ne pouvait non plus se résoudre à la quitter. Il n'était sûr de rien... mais il savait qu'il la voulait, il savait également que si une situation pareille arrivait où, il devrait choisir entre accomplir son devoir ( choisir de vivre avec Vanessa pour l'accomplir ) ou Mikasa. Il savait... il savait qu'il choisirait de la laisser elle. Il savait qu'il choisirait de la faire souffrir...Il ne voulait pas lui infliger de douleur. Il ne voulait p..

- Eren... lâcha soudainement Mikasa.

Eren sortit de ses pensées et la fixa avec curiosité. Elle le dévisageait d'un air sérieux qui l'intriguait.

- Tu sais à quoi je pense n'est-ce pas? Lâcha t-elle

- Quoi?

Mikasa ferma les yeux avant de soupirer tristement.

- Je t'en prie Eren ne joue pas avec ça...

Eren savait désormais parfaitement de quoi elle parlait.

- Je...

- Est-ce à cause de Vanessa? L'aimes-tu? demanda t-elle

Eren se retint de pousser une exclamation de surprise. D'où sortait-elle ces conneries?

- Quoi?!

- Dans ce cas pourquoi? Je ne suis pas assez bien? Je suis pas assez féminine? Ou me vois tu trop comme une sœur?

Eren avait mal de constater que la jeune femme était en proie à autant de questions remettant en cause ce qu'elle était tout ça à cause de lui. Il détestait cela... La voir se dénigrer ou se sentir moins qu'elle l'était à cause des propres insécurités.

- Mika..

- Tu sais je t'aime Eren...

Le cœur du jeune homme rata un battement. L'expression que la jeune femme lui lançait en lui avouant ces précieux trois mots était d'une telle beauté. Elle avait mal et pourtant elle lui souriait, elle l'aimait et elle en était heureuse. Eren était tellement émue qu'il posa une main sur sa joue sans s'en rendre compte.

- Eren?... lança t-elle dans le but de le ramener à la réalité

Il sortit de ses pensées et lui lança un regard.

- Hein?

- Je t'aime j'ai dit... Répéta t-elle en souriant, d'un sourire encore plus grand et plus éblouissant.

Le jeune homme savait qu'il allait céder. Il savait que si la jeune femme persistait, elle allait réussir à le faire succomber. Il ne voulait tellement pas et en même temps le désirait tellement. Il regarda la jeune femme droit dans les yeux et se mit à verser des larmes.

- Eren?! Lâcha Mikasa inquiète. Elle se redressa et prit son visage en coupe. Qu'est-ce qu'il y a? Eren?!

Eren lui sourit avant de prendre possession de ses lèvres. Il avait finalement cédé. Elle n'aurait jamais dû lui dire. Elle n'aurait jamais dû lui sourire, elle n'aurait jamais dû lui rendre ses baisers, le caresser...

Désormais il ne pourrait plus se raisonner. Désormais elle était à lui et lui à elle, il ne pourrait regarder autre et il le savait. Même Vanessa ne pourrait plus rien contre eux. Cet amour était pur, trop pur pour se laisser vaincre. Il ne pourra la laisser, il ne pourra la quitter. Ils venaient de signer un pacte...

- Mikasa... Je suis désolé... lâcha t-il en coupant leur baiser

《Non...arrêtes》

Mikasa, toujours les yeux fermés le serra tout contre elle. Elle ne voulait le lâcher. Elle ne pouvait. Pourquoi disait-il qu'il était désolé? La quittait-il encore? Non.

- Mikasa écoutes moi...

Elle pleurait

- C'est dur Eren... de tout le temps se faire rejeter alors que je sais que tu m'a...

- Non tu ne comprends pas je suis désolé de t'avoir fais attendre.

La jeune femme rouvrit les yeux, surprise. Elle lui lança un regard, il lui souriait.

- Je suis désolé pour ça Mikasa. Pour rien d'autre... j'ai trop regretté durant toute cette journée la décision que j'ai prise hier...et merci de m'avoir donné une seconde chance... lança t-il avec le sourire.

Mikasa ne le quittait pas des yeux. Elle savait au fond d'elle que son engagement avec une autre était officiel et pourtant... pourtant elle ne pouvait s'en empêchait. Elle l'aimait trop...

《Mikasa ressaisis-toi!》Lui hurlait sa conscience.

Mais au ciel sa conscience son cœur en rafolait ce soir. Son cœur était maître de cette relation et non sa conscience.


*À Suivre*


Jawrell