Le Nouveau Directeur
Poudlard,
Quelques heures après
Lily regardait la scène la plus improbable qu'elle n'ait jamais vu. Les quatre Maraudeurs étaient en pleine concentration. Une veine apparaissait sur le front de Sirius, Peter se rongeait l'ongle du pouce, Remus plissait les yeux et James tirait légèrement la langue. La scène avait quelque chose de comique. Les voir ainsi s'appliquer à leur tache était vraiment amusant. "C'est vrai qu'ils sont vraiment mignons ces quatre-là."
Elle secoua la tête et regarda autour d'elle. Personne. Elle était rassurée. En tant que sorcière née de parents moldus elle n'était pas cessée se trouver là. Ses yeux dérivèrent vers son ancien homologue. Il était concentré sur son sortilège et n'avait pas du tout conscience d'être observé. "Il est vraiment beau lorsqu'il est naturel," se dit la jeune fille. Elle grimaça. Pourquoi se sentait-elle attirée par le maraudeur ? Elle était censée le détester ! Que s'était-il passé à la fin ?
"Il a changé."
Bon d'accord, c'était peut-être vrai, mais ce n'était pas une raison pour qu'elle ait ainsi envie d'être avec lui ?
"Tu es amoureuse de lui."
Possible, mais… Elle s'étrangla brusquement. Elle ? Amoureuse de Potter ?? Stop ! Elle était en train de devenir folle.
"Tu t'inventes des prétextes."
Non ! Elle ne s'inventait rien du tout ! Elle ne pouvait pas s'être entichée de James Potter. C'était impossible.
"Tu te mens à toi-même."
Cette petite voix commençait sérieusement à l'agacer ! "Je deviens schizophrène !" conclut-elle. La voix de Sirius tira la jeune fille de ses réflexions.
-Ô grande prêtresse du règlement, nous avons terminer notre tache ! fit-il avec un air de chevalier devant une sainte.
Tout ce qu'il récolta fut une tape sur la tête de la part de James.
-Arrête de dire des sottises. Les sorts sont prêts. D'ici quelques minutes les tableaux seront tous complètement désorientés. Le mieux pour nous est d'aller dans la grande salle. C'est là que les choses seront les plus amusantes, je pense.
Le petit groupe se mit donc en route avec pour destination la grande salle. Marchant derrière les quatre garçons, Lily s'était à nouveau retrouvée plongée dans ses pensées.
"Tu es amoureuse de lui."
Était-ce vrai ? Était-elle amoureuse de James ? Elle ferma les yeux.
-Écoute ton cœur, lui souffla une voix à son oreille.
Elle sursauta et se retourna nez à nez avec un Remus souriant.
-De quoi tu parles ? s'enquit-elle.
Le sourire du lycanthrope s'élargit. Il s'approcha de la jeune fille le visage rayonnant.
-Tu-es-a-mou-reu-se ! chantonna-t-il à son oreille. Et je parie que je sais de qui, ajouta-t-il d'un air entendu.
-La ferme, grommela Lily avec humeur.
Remus se mit à rire, s'attirant les regards surpris de ses amis.
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Grande salle,
Ce soir-là
Dire que Fitzgeralf était hors de lui était un euphémisme. Il fulminait littéralement. Le sourire aux lèvres, James mordit dans un morceau de pomme de terre. Voir son directeur dans cet état était un véritable plaisir pour lui.
Les élèves étaient pour la plupart bloqués hors de leur dortoir, les personnages des tableaux avaient disparus et même les professeurs ne pouvaient plus rejoindre leurs quartiers. Bref, le directeur de l'école de sorcellerie avait totalement perdu le contrôle de la situation.
Comme pour finir de mettre Fitzgeralf en colère, Peeves entra dans la grande salle et bombarda d'eau la table de poufsouffle. Sirius n'en pouvait plus. Il se tenait les cotes, explosé de rire alors que, plus loin, Peter devait s'accrocher à Remus pour ne pas s'écrouler tellement il riait.
Lily s'esclaffait le plus discrètement possible. Jamais une blague des Maraudeurs ne l'avait autant amusé. Les professeurs de l'équipe de Fitzgeralf fulminaient de ne pas pouvoir regagner leurs appartements et tenaient le directeur pour responsable de la situation. Autant dire qu'il était ridicule. D'autant plus qu'il était parfaitement incapable de remédier à la situation. Les tableaux demeuraient vide et le bureau directorial fermé.
L'ex-préfète-en-chef tourna son regard vers James qui lui fit un grand sourire. Elle sentit son rythme cardiaque monter. "Tu es amoureuse de lui," lui répéta la petite voix. C'était certainement vrai. Elle avait fini par succomber au charme de James Potter. Et le pire c'était qu'elle n'en était même pas désolée ! Elle se sentait heureuse. Mais pour le moment, ses histoires de cœur n'étaient pas prioritaires. Il fallait d'abord que le problème « Fitzgeralf » soit résolu. De toute façon pour le moment les contacts entre sangs purs et nés de parents moldus étaient officiellement interdits.
-Ça suffit ! rugit le directeur dont le teint semblait s'être fixé dans un joli rouge vif. Je ne tolèrerais pas cela plus longtemps !! Que le coupable se dénonce immédiatement où je serais forcé de sévir !
Les élèves se regardèrent avec un air faux surpris, comme s'ils n'avaient pas la moindre idée de qui pouvaient être les coupables des actions anti-directoriales de ces derniers jours. Toutefois les regards des serpentards semblaient un peu plus explicites.
-Très bien, puisque c'est ainsi, vous allez comprendre que le règlement doit être appliqué !
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Ministère de la magie,
Département de l'éducation,
Quelques heures plus tard
La secrétaire se boucha les oreilles, tentant d'atténuer les cris des beuglantes qui arrivaient en masse dans son bureau. Le sous-secrétaire d'état rattaché à l'éducation s'était enfermé dans son bureau avec l'espoir d'échapper aux lettres belliqueuses. Ce n'était pas un grand succès.
Les parents d'élèves étaient chaque jour plus nombreux à se révolter contre la nouvelle organisation de Poudlard. Et depuis que des informations concernant l'incapacité du directeur à gérer l'école avait filtré. C'était une honte ! disait-on. Un directeur incapable d'entrer dans son propre bureau, ce n'était pas sérieux ! Et ainsi de suite.
Fitzgeralf était de plus en plus contesté et Dumbledore plébiscité. Le ministre de la magie avait reporté toute la responsabilité de la situation sur le sous-secrétaire d'état rattaché à l'éducation mais cela n'empêchait pas les reproches des administrés d'être dirigés majoritairement vers le ministre.
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Poudlard,
Dortoir temporaire de gryffondor,
Un peu après
James était figé. "Il a osé," songea-t-il, consterné. À coté de lui, Sirius était complètement sidéré et battait des paupières comme s'il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de lire.
Des pleurs se firent entendre et le maraudeur se tourna. Une petite première année s'était mise à pleurer en apprenant la nouvelle. Sirius était affligé. Il s'approcha de la fillette pour tenter de la réconforter maladroitement tout en sachant qu'il ne pouvait rien faire.
Lily était blême, comme beaucoup d'autres. James s'approcha d'elle. Elle eut un sourire désabusé.
-Je savais que ça aller arriver mais…
Elle soupira avec un sourire amer.
-J'espérais, souffla-t-elle. Bon, il faut que j'aille faire mes bagages.
-C'est hors de question, annonça l'ex-préfet-en-chef.
Sa condisciple cilla.
-Qu'est-ce que tu racontes ? fit-elle.
-Je dis que personne ne quittera cette école.
Tous les regards se tournèrent vers l'ancien poursuiveur.
-Tu as un problème de lecture, Potter ? siffla Lily, acerbe. Tous les élèves nés de parents moldus sont renvoyés de l'école par arrêté directorial. Nous devons partir de l'école.
-Je sais parfaitement lire, répliqua le jeune homme tout à fait calme. Et je te dis que personne ne partira ! Où plutôt si, quelqu'un va partir, et ce sera cet abruti de Fitzgeralf !
-Et comment comptes-tu faire ? s'exclama l'ex-préfète, en colère sans vraiment savoir pourquoi.
-Je ne laisserais partir personne et on ne fera rien jusqu'à ce que Fitzgeralf revienne sur ces expulsions ! Et il faut aussi prévenir les parents pour qu'il fasse pression sur le ministère. Il est hors de question qu'on se laisse faire !
-Je suis d'accord, approuva Sirius avec véhémence.
-Mais… tenta la gryffondor.
-Pas de mais ! la coupa le jeune Black. On ne va pas rester là à ne rien faire alors que ce con…
-Sirius ! gronda Remus.
L'interpellé le regarda d'un air insolent.
-Ce connard de Fitzgeralf !
Le lycanthrope eut une moue mécontente mais quelque peu amusée alors qu'une rumeur approbatrice parcourait peu à peu le dortoir. L'idée de pouvoir aider leurs camarades semblait plaire aux lions.
-Il faut prévenir les serdaigles et les poufsouffles, objecta un préfet de cinquième année.
James hocha de la tête.
-Tu peux t'en occuper, Tony ? fit-il au garçon qui s'empressa de s'exécuter.
-Fitzgeralf va être hors de lui, déclara rêveusement Remus.
Sirius haussa les épaules.
-Je trouve que le rouge lui va bien au teint, répliqua-t-il.
-Là, signala une sixième année, il va plutôt être vert de rage !
¤¤¤
Poudlard,
Grande salle,
Le lendemain matin
Le directeur de plus en plus controversé de l'école de sorcellerie britannique cilla en voyant entrer les étudiants de gryffondor, serdaigle et poufsouffle comme un seul homme. Sans le moindre respect pour les mesures de ségrégation mise en place, ils discutaient joyeusement entre eux.
Le teint du sorcier vira un peu plus au rouge lorsqu'il réalisa que les sangs-de-bourbe dont il avait la veille ordonné l'expulsion se mêlaient sans la moindre gène à leurs camarades et que mis à part quelques cas isolés, personne ne semblait en être choqué.
Fitzgeralf croisa le regard de James Potter qui se tenait à coté de Lily Evans. L'ex-préfet-en-chef eut un sourire en coin. Le directeur serra les dents. Ce garçon le défiait ouvertement ! Il n'aurait pas été surpris d'apprendre qu'il était à la source de ce mouvement de rébellion. "Tu me le payeras, gamin !" Il était le maître de Poudlard, et il allait le montrer à ces enfants récalcitrants.
Ceux-ci étaient en train de s'installer lorsqu'une nuée de hiboux fit irruption dans la grande salle. Fitzgeralf fronça les sourcils. Il était un peu tôt pour le courrier. Le sourire de Potter s'était élargit, donnant au directeur des envies de meurtre. Si l'apprenti sorcier n'avait pas été membre d'un des plus prestigieuses familles de Grande-Bretagne, cela ferait longtemps qu'il lui serait arrivé un malheur accident.
L'homme exulta en voyant tous les hiboux lancer des beuglantes à un grand nombre d'élèves. Ainsi les parents le soutenaient. Bien, il fallait remettre ces gamins à leur place. Mais lorsque la voix de Madame Potter retentit dans la grande salle, Fitzgeralf déchanta. Surtout qu'elle fut vite suivie par d'autres parents assez virulents. Tant et si bien que le directeur ne capta que quelques mots.
-Une honte ! … enfants né de parents moldus… égalité… expulsion abusive… injustice… plainte au ministre… scandale…
Les lettres agressaient tout bonnement le sorcier qui s'était levé de son siège et reculait sous l'assaut. Il voyait les élèves rire et afficher des airs victorieux.
-Destructo !
Le professeur Haygelmann s'était levé et d'un geste brusque de la baguette avait fait exploser les beuglantes dans un vacarme assourdissant. Cette action fut suivie d'un silence pesant. Les yeux injectés de sang, Fitzgeralf avait reprit de l'assurance et attrapait sa baguette.
James fronça les sourcils.
-Merde, souffla-t-il.
Il se leva brusquement et fit face à son directeur.
-C'est vous Potter ! s'exclama ce dernier d'une voix hystérique. C'est vous qui êtes responsable de tout ça !
Le sorcier semblait complètement névrotique et James eut conscience d'avoir fait une erreur. Il avait poussé cet homme à bout sans se rendre compte du danger que cela représentait… Il vit Sirius et Remus avoir un geste pour le rejoindre.
-Restez assis ! ordonna-t-il d'une voix sourde entre ses dents.
Ses deux amis furent interloqués. Jamais l'ex-préfet-en-chef ne leur avait parlé ainsi. Se retournant vers Fitzgeralf, Remus comprit ce qui aller se passer. Il tenta de se lever mais Lily le retint. Elle était très pale, parfaitement consciente de la situation.
-… mais je ne le permettrais pas ! continuait le directeur, hystérique.
Il semblait avoir complètement perdu les pédales. À coté de lui, Haygelmann approuvait avec emphase à ses paroles. "Aussi fous l'un que l'autre," songea James. Regardant discrètement autour de lui il vit que ses camarades, toutes maisons confondues, avaient prit conscience de la situation. Même les serpentards, pourtant majoritairement favorables au directeur, étaient tendus. "On a tous comprit que ça risquait de mal finir."
-Vous pouvez le comprendre Potter ! fit l'homme d'une voix haut perchée. Que je ne peux accepter que mon autorité soit ainsi remise en cause ! Je suis le directeur ! On doit m'obéir ! Et ceux qui ne m'obéissent pas doivent s'attendre à recevoir un châtiment !
À l'étincelle dans les yeux de Fitzgeralf et de Haygelmann, James jugea que le châtiment en question n'était certainement pas quelques heures de colle. "Je suis mal partit," pensa-t-il, de plus en plus inquiet alors que les deux hommes s'approchaient de lui.
-Je regrette d'avoir à faire cela, Monsieur Potter, fit le directeur d'une voix affectée qui ne lui donnait pas un air plus sein d'esprit. Mais c'est nécessaire pour que l'ordre puisse à nouveau régner dans cette école. C'est ce que veut le ministre.
L'ex-préfet-en-chef grinça. "Le ministre ou Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ?" songea-t-il. Il jugea néanmoins que sa position était suffisamment précaire pour qu'il ne tente pas le mage noir !
Il vit la baguette de Fitzgeralf se pointer vers lui. Il dut réunir tout son courage de gryffondor pour ne pas faire un pas en arrière. Il eut vaguement conscience du fait que Sirius et Remus tentaient de se lever pour lui venir en aide mais que leurs condisciples les maintenaient assis de force. Il nota mentalement qu'il faudrait qu'il remercie ceux-ci. Car si les deux Maraudeurs lui étaient venus en aide, cela aurait mit Fitzgeralf encore plus hors de lui.
-Au revoir, Monsieur Potter.
La phrase d'Haygelmann ne rassura pas le susnommé.
-Avada Kedav… commença alors le directeur de Poudlard.
◊ dimanche 22 juillet 2007 ◊
Et voilà l'avant-dernier chapitre de cette fanfiction ! Le prochain sonnera la fin de cette histoire. En attendant, j'attends vos reviews pour me donner vos avis !
A la prochaine.
Eterna
