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Le mariage
Juillet touchait à sa fin et la journée aussi à Privet drive. Personne dans le monde "normal" n'aurait pu se douter du chambardement qui s'installait de plus en plus souvent dans l'esprit troublé d'un jeune homme de 16 ans domicilié au 4 Privet Drive. Harry Potter, un jeune homme mince aux cheveux noirs de jais et aux yeux verts émeraudes, se triturait l'esprit, allongé dans l'herbe fraîche d'un soir d'été. Il repensait comme chaque jour et chaque nuit qu'il passait sans dormir à un mois de juin sombre et meurtrier. Toute personne qu'il aimait et qui se soit dressée un jour devant le mal qui le menaçait avait péri, et tous ces malheur convergeaient vers la même personne : le pire ennemi de Harry... Voldemort. Après ses parents assassinés par Lord Voldemort en personne vint le tour de Sirius Black, son parrain qu'il avait apprit à connaître et avait vu en lui la compensation de la perte de ses parents. Et enfin, comble du malheur, il dut assister au meurtre du dernier de ses protecteurs, le plus grand de tous... Dumbledore.
Au cours du mois passé, Harry avait reçu des lettres de ses amis de toujours. Ils lui avaient notamment conseillé de regarder vers l'avenir et de cesser de contempler le passé, que cela ne servait à rien. "Mais que faire, songea Harry, lorsque le passé est si dur à oublier". Mais une petite voix au fond de lui approuvait les paroles de ses deux amis. Il devait tuer ou être tué.
C'était son destin si sombre qu'il soit.
Une voix affreusement désagréable vint interrompre sa rêverie... la voix perçante de sa tante.
− Vient manger ou tu seras privé de dîner !
Depuis quelque temps, Harry avait ignoré les membres de sa famille d'adoption et ses habituels sarcasmes. Il arrivait même à être aimable avec eux de temps à autre. En effet, le 31 juillet approchait à grand pas et cette date était très importante pour lui. Harry allait être majeur dans le monde qu'il considérait comme le seul et unique auquel il appartenait, le monde de la magie. A 17 ans un sorcier est autorisé à employer la magie en dehors de l'école et acquière la faculté de disparaître et de réapparaître où bon lui semble en obtenant son permis de transplanage.
Harry se leva et se dirigea vers la cuisine dont la porte donnant sur l'extérieur était grande ouverte. Les Dursleys était déjà à table et Harry remarqua que son cousin Dudley avait abandonné son régime alimentaire car il enfournait sans ménagement une bonne quantité de pommes de terre en sauce. "Décidément, pensa Harry en souriant intérieurement, le pauvre Dudlinouchet ne pourra bientôt plus passer par les portes." L'oncle Vernon, quant à lui ignorait comme à son habitude la présence de son neveu, ce qui ne déplaisait pas à Harry. Pétunia Dursley, une femme grande au cou chevalin, était occuper à essuyer la bouche de son fils.
Harry mangea en silence avant de monter dans sa chambre. Elle était tout aussi désordonnée qu'à l'habitude. Les livres de magie étaient étalés sur le sol, les robes de sorcier attendaient d'être pliées alors que la cage d'Hedwige, sa chouette était d'une saleté repoussante. Seule une chose avait changer dans ce capharnaüm. Harry avait pris l'habitude de s'emparer des journaux de son oncle, d'y découper les articles qui parlaient de disparitions ou de meurtres suspects et de les accrocher aux murs de sa chambre à la manière des box des aurors au ministère de la magie. Il se laissa tomber sur son lit et resta là quelques instant. Il se surprit à penser à celle qu'il aimait par dessus tout, même si en juin dernier il avait rompu pour la protéger... sa Ginny. Pendant une bonne heure il se mit à revivre tous les moments de bonheur qu'ils avaient passés ensemble.
Quand soudain... Crack !
− ... Hermione ! sursauta Harry.
Il n'aperçut d'elle que le tourbillonnement de ces cheveux châtain avant qu'elle fonde littéralement sur lui.
− Bon anniversaire ! Alors comment ça va ? Tu n'avais pas vraiment le moral pendant tes vacances. Le mariage de Bill et de Fleur est à 11h demain, Ron te l'a sûrement dit. Ola la... je suis contente de te voir Harry.
Hermione paraissait dans tous ses états et parlait à une vitesse folle. Harry lui pris les poignets et lui rendit son sourire radieux.
− Moi aussi je suis content de te voir Hermione. Mais... ah oui j'avait complètement oublié l'heure.
Il était plus de minuit et la nuit était survenue sans qu'il ne s'en rende compte.
− Mais il ne faut surtout pas que mon oncle et ma tante sachent que tu es ici... sinon je suis cui.
− Je n'ai pas pu résister à l'envi de venir te voir. Je dois me rendre au terrier demain, ou plutôt dans quelques heures étant donner l'horaire. Ron m'a chargée de te prévenir. Tu es invité à passer le reste de tes vacances au terrier. Tu m'accompagneras. Il ne voulait pas te le dire dans une lettre de peur qu'elle soit interceptée.
− Je ne vais pas rester longtemps au Terrier Hermione, déclara-t-il sombrement. Je dois...
− Je sais ce que tu dois faire Harry. Mais essaie de ne pas trop y penser. On ne t'abandonnera pas.
Cette déclaration lui remonta le moral d'un cran. Il restèrent assis sur le lit jusque tard dans la nuit à parler de tout et de rien dans une ambiance amicale, jusqu'à ce que le sommeil aie raison d'eux. Le lendemain matin, Harry se réveilla par terre. Il se releva et ressenti aussitôt une douleur dans le dos. Il avait préféré laisser son lit à Hermione qui continuait de dormir profondément. Harry entreprit de faire sa valise sans oublier son éclair de feu, sa cape d'invisibilité et la cage d'Hedwige qu'Hermione n'avait pu s'empêcher de nettoyer. Elle se réveilla lentement, frappée par un rayon de soleil matinal.
− Il est l'heure Hermione, murmura Harry.
− Oups ! s'exclama-t-elle, nous allons être très en retard si on ne se dépêche pas.
Voyant que Harry était près, elle le pris par le bras, agrippa plusieurs de ses bagages...
− Que compte tu faire Hermione ? s'inquiéta Harry.
− Nous allons transplaner, lui répondit-elle sur un ton d'évidence. Attention... un...deux...TROIS !
Harry ressentit une fois de plus l'impression de passer sous un rouleau compresseur. Décidemment, il ne s'y ferait jamais. Ils réapparurent face à la silhouette filiforme de la maison des Weasleys. Il remarqua qu'il n'y avait aucune trace des préparatifs d'un mariage. Mais dans le monde de la magie cela devait prendre à peine un quart d'heure pour tout installer. Ils avancèrent d'un bon pas jusqu'à la porte qui s'ouvrit alors qu'Harry s'apprêtait à frapper. Mrs Weasley apparut dans l'encadrement.
− Ah... Vous voilà mes chéris ! s'exclama-t-elle avant de les étreindre.
Harry aurait juré entendre ses os craquer.
- Bonjours Mrs Weasley, répondirent-ils en coeur.
- Entrez ! Je vous ai préparé un bon petit déjeuner.
Il régnait dans la maison une atmosphère d'excitation. Harry fit la connaissance de membres de la famille Weasley qu'il n'avait jamais vue dont la fameuse grand-tante Muriel de Ron.
− Harry ! Ca va ? demanda celui-ci en lui donnant une tape dans le dos. Bonne Anniversaire mon vieux !
− Merci Ron.
− Salut Hermione.
− Salut Ron.
Harry remarqua entre eux une certaine distance, mais il décida de ne pas y prêter attention et rompit le silence.
− Où est Ginny ?
− Elle est en haut, intervint Fred qui se trouvait juste à côté. Elle essaie les vêtements conseillés par Fleurk.
− Du bleu... oui je pense que le bleu t'ira à merveille Ginny, tu ne trouve pas Arry, imita Georges en prenant une voix aigue.
Harry ne pu s'empêcher d'éclater de rire en imaginant Ginny coincé là haut par Fleur. Il s'installa avec Ron et Hermione dans un coin pour prendre son petit déjeuner. Dès qu'ils eurent fini, Mrs Weasley leur ordonna d'aller se préparer pour la cérémonie. Harry se demanda à quoi pouvait bien ressembler un mariage dans le monde des sorciers. "Cela ne doit pas être bien différent des mariages moldus, pensa-t-il". Tandis qu'Hermione rejoignait Ginny et Fleur, Harry et Ron montèrent dans la chambre et enfilèrent leur costume. Ron, pour l'occasion, avait renoncé à la robe de soirée "antique" avec dentelle. Harry se jura qu'il ne descendrait pas tant que ses cheveux n'auraient pas décidé de se coiffer.
− Alors tu as fait quoi de tes vacances ? demanda Ron.
− Comme d'habitude, rien de spécial. Le mois d'août sera sûrement plus mouvementé.
− Tu as toujours l'intention de te rendre à Godric's Hollow ? demanda-t-il.
− Oui. Je ne sais pas pourquoi mais je pense que c'est par là que je dois commencer. Après tout, c'est aussi là que tout à débuter pour moi.
Harry resta quelques instants devant la glace perdu dans ses pensées.
− Tu pense que Poudlard va rouvrir ses portes ? reprit-il soucieux. Je n'ai vu personne de l'Ordre pour le moment. Et la Gazette ne parle même pas du problème. On dirait que Poudlard n'a jamais existé.
− Je ne sais pas. De toute façon comme je te l'ai déjà dit, que les gens vont à Poudlard ou non, c'est partout pareil maintenant. Le danger est même plus important à l'extérieur.
− Oui, tu as sans doute raison... Bon, on ferait peut être bien d'y aller, dit-il d'une voix plus énergique. On va être en retard.
Les deux amis descendirent et rencontrèrent Ginny que dévalait les marches l'air furieux. Lorsqu'elle aperçut Harry, elle s'arrêta net dans son élan. La scène se figea jusqu'à ce que Ron décide d'intervenir.
− On se rejoint dehors Harry.
Ginny attendit que Ron soit descendu pour parler. Elle était magnifique dans sa robe de voiles bleus. Les jumeaux avaient beau se moquer des goûts vestimentaires de Fleur, mais Harry devait admettre que cette tenue lui allait à merveille.
− Salut Harry, dit-elle. Tu as passé de bonnes vacances ?
− Oui, très bonnes, ironisa-t-il.
Harry avait le coeur qui battait la chamade à lui en faire mal aux côtes. Il eut du mal à maintenir sa respiration. Il se demandait comment il pourrait passer une année en se disant que cette histoire était finie et qu'il avait lui même décidé d'y mètre fin.
− Mais tu es très élégant Harry, dit-elle avec un sourire malicieux qui lui allait si bien. Bon je me dépêche, je dois rejoindre Fleurk et sa p'tite soeur.
Elle se pencha vers lui et l'embrassa sur la joue. Harry sentit aussitôt ce parfum de fleur qu'il connaissait tant et qu'il aimait par dessus tout.
− A tout à l'heure, lança-t-il alors qu'elle repartait en direction du jardin.
Après quelques minutes merveilleuses de réflexion, il consentit enfin à descendre. Après tout si Voldemort n'apprenait jamais la nature de leur relation, Harry pourrait très bien vivre son bonheur en secret avec Ginny. Harry était tellement rêveur qu'il ne s'aperçut même pas du changement de décor lorsqu'il sortit dans le jardin.
Hermione le secoua vivement.
− Harry, qu'est ce que tu as ? questionna-t-elle. Tu fais une tête bizarre.
Pour éviter toutes questions embarrassantes, il adopta un sourire qui sembla convenir à Hermione car elle reprit plus joyeusement :
− Tu as vu toutes ces décorations ? C'est magnifique. Les jumeaux y ont contribués.
En effet, le jardin était méconnaissable. Des banderoles s'étalaient en long et en larges d'un arbre à l'autre. Les jumeaux avaient sortis leurs plus beaux habits et s'occupait d'installer des feux d'artifices un peu pus loin. Harry remarqua deux groupes de chaises bien alignés de chaque côtés d'un tapis couleur pourpre conduisant vers une sorte de marquise blanche entourée d'une étrange brume qui lui donnait l'impression de flotter sur un petit nuage.
Harry et Hermione suivirent le mouvement de la foule qui se dirigeait à présent vers les chaises. Ils s'installèrent à côté de Ron et tous les trois attendirent que la cérémonie commence. Harry remarqua qu'une bonne partie de l'Ordre était présent. Lupin se tenait à côté de Tonks qui n'avait pas renoncé à ses cheveux rose chewing-gum. Il aperçut aussi McGonagall, Maugrey Fol Oeil, Kingsley Shaklebot et Hagrid qu'il ne put manquer avec ses trois mètre de haut. Tout le monde se tut et Harry aperçut Mme Weasley qui s'avançait entre les rangées de chaises sur le tapis rouge au bras de son fils, Bill dont les cicatrices s'étaient légèrement atténuées sans pour autant disparaître. Fleur quant à elle suivait son futur mari au bras de son père. Elle était magnifique, élancée avec de longs cheveux blonds et un halo de lumière grisâtre, renforcé par sa robe blanche éblouissante, semblait émaner d'elle.
Ce qui s'ensuivit, Harry n'y accorda pas beaucoup d'attention. Ce qu'il savait, c'est que Mrs Weasley s'était évanouie au moment de la prononciation des voeux qui s'achevait non pas par une remise des alliances, mais par un sortilège qui ressemblait étrangement au serment inviolable.
Harry s'installa à l'une des tables encombrée de mets qui pouvaient rivaliser avec les festins de Poudlard. En pensant cela, Harry éprouva de la nostalgie qui ne dut pas passer inaperçue puisque Hermione s'inquiéta aussitôt.
− Harry, tu es sur que ça va, tu avais la même expression tout à l'heure. Tu regrettes Poudlard n'est-ce pas ? McGonagall ne dit rien pour le moment. Je pense qu'elle connaît déjà sa décision et celle du ministère.
Ginny qui était assise en face de Harry lui prit la main. Il avait déjà ressenti cette pression réconfortante lorsqu'elle l'avait aperçu auprès de Dumbledore à la suite de sa chute du haut de la tour. Il était étonnant de voir à quel point le simple fait de sentir la main de Ginny sur la sienne suffisait à lui faire oublier tout le reste. Il lui accorda un sourire qu'elle lui rendit.
L'après midi se passa merveilleusement avec des partie de Quidditch auxquelles participaient Harry, Ron, Hermione, Ginny, Fred, George, Bill et Charlie. Les jumeaux se firent une fois de plus remarquer mais cette fois-ci, comme lors d'une journée mémorable à Poudlard alors qu'ils suivait leur dernière année à l'école, en faisant exploser des tonnes de feux d'artifices grandioses tous aussi bruyants les uns que les autres. En fin de soirée, des lampions magiques constitués de fées brillant au crépuscule, entouraient une piste de danse le long de laquelle se dressait un buffet rempli de plats exquis. Harry, ainsi que Ron pour ne pas renier son appétit glouton, ne pu résister à la tentation de goûter à chacun d'eux. En parlant de tentation, Harry se laissant porter par la musique accompagna Ginny sur un slow qui paru ne plus finir.
La chaleur de l'été, la rumeur des conversations, la musique et quelques alcools qui n'avaient rien à voir avec la bière au beurre... bref, lorsque Harry se réveilla en pleine nuit dans la chambre de Ron, il ne se souvenait plus tellement de la manière dont il avait atterri là. Il respira profondément et laissa encore une fois son esprit vagabonder dans le tourbillon des sentiments qui l'habitaient en cet instant.
