9
Derniers preparatifs avant le Grand départ
− Devine quoi ? questionna Ginny à l'adresse de Harry alors qu'elle déboulait telle une furie à la table des Gryffondor.
Harry interloqué haussa les épaules.
− Ils ont décidé de nous faire passer les buses la semaine prochaine !
− Et alors, répliqua Harry. Vous n'avez pas cours de la semaine je crois.
− Oui mais je pense que Ginny devra passer ses journées là le nez dans ses notes, remarqua Hermione sans même relever la tête de son assiette toujours de cette même voix exaspérante.
Harry ne pris même pas la peine de répliquer. Hermione ne tarissait jamais d'arguments lorsqu'il s'agissait de défendre les principes des études rigoureuses, sérieuses et acharnées et… Bref ce sujet de conversation lui rappelait trop l'époque des examens.
− Je compte faire passer des essais de Quidditch demain… Pour le poste de poursuiveur, ajouta Harry en réponse aux regards interrogateurs de Ron et Ginny.
L'évocation du Quidditch sembla agir sur Ron car il reposa aussitôt la fourchette d'œufs aux lards qu'il s'apprêtait à avaler.
− Pourquoi tu fais cette tête là ? questionna Harry. Tu n'auras aucun test à passer. Tu as largement ta place dans l'équipe. Il faut juste que tu…
Mais Ginny le devança.
− Que tu arrêtes de t'apitoyer sur ton sort.
Mais la résistance au stress de Ron ne serait pas mise à l'épreuve avant le début du championnat qui commençait dans trois semaines. Il restait quelques problèmes irrésolus pour Harry qui avait été surchargé d'occupation ces derniers jours. A commencer par un Horcruxe encore intacte qui l'attendait patiemment dans sa valise après qu'il fut autorisé à le faire passer par McGonagall afin de contourner le système de sécurité. Il s'en occuperait après sa journée de cours qui débutait par un cours de métamorphose où ils approfondissaient la métamorphose humaine. Ron avait réussi à se faire pousser un nez qui ressemblait plus à celui de Maugrey qu'à celui décrit par McGonagall. Les heures passèrent lentement comme toujours lorsqu'on a qu'une hâte : que la journée se termine.
En fin de journée, Harry entraîna Ron, Hermione et Ginny à sa suite dans la salle sur demande avec un paquet de papier kraft dans les mains. Comme toujours, il ne leur avait pas expliqué la raison de leur venue ici pour ne pas éveiller les soupçons. Le gros livre poussiéreux était posé sur la table circulaire au centre de la salle. Il laissa tomber le paquet contenant le médaillon de Serpentard sur l'ouvrage ancien, produisant un petit nuage de poussière.
− Le problème maintenant, annonça Harry, c'est de trouver le moyen de le détruire.
− Horcruxes, lança Hermione.
Et le livre s'ouvrit brusquement faisant tomber le médaillon que Ron ramassa. Harry lisait les sous parties indiquées en tête de page, pointa son doigt sur « Destruction d'un Horcruxe » et fut surprit lorsque deux pages de tournèrent d'elles mêmes.
− Ca alors, s'exclamèrent Ron et Ginny d'une même voix.
Harry n'avait pas pris le temps de leur montrer le livre qu'Hermione avait trouvé. Une illustration exhibait un sorcier, la baguette pointée sur un objet quelconque s'anima soudain comme s'il brillait de lui-même d'une lumière chaude. Il exécutait un mouvement compliqué qui semblait se résumé, selon la légende à un arc de cercle du poignet vers la gauche suivit rapidement d'un tour complet de la main dans l'autre sens tout en proférant l'incantation Ignotus Eversio.
− Ca parait facile, fit remarqué Ron.
− Le texte dit qu'il faut être préparé psychologiquement pour subir le contre coup de l'effort.
Harry qui respira profondément pointa sa baguette sur l'Horcruxe en effectuant un geste compliqué et lança :
− Ignotus Eversio !
Mais rien ne se produisit. Il réessaya, mais sans succès. Ce fut au tour d'Hermione de tenter sa chance… sans plus de réussite.
− Je ne comprends pas, dit-elle. On a pourtant suivit les instructions.
− C'est un sort compliqué, intervint Ginny. Ce serait étonnant d'y parvenir du premier coup.
Ils restèrent là un moment, impuissant devant ce fragment d'âme invaincu, avant de se résigner. Ils sortirent de la salle les pas traînant devant cet échec.
− Tant pis, dit Ron plein d'optimisme, on réessaiera demain.
Mais une idée était survenue dans l'esprit contrarié de Harry. Le médaillon dans sa poche, il se dirigea vers l'étage inférieur. Il arriva haletant devant la gargouille de pierre. Mais comment trouver le mot de passe maintenant que Dumbledore n'était plus directeur. Il tenta sa chance.
− Fizwizbiz ! lança Harry à la gargouille.
Mais rien ne se produisit.
− Sussacide ! Sorbet au citron ! Nids de cafards !
La porte coulissa et Harry croyant avoir réussi brandit le poing en l'air devant une McGonagall interloquée. Il rabaissa son bras aussi vite qu'il avait surgit de sa poche.
− Désolé professeur je pensait avoir trouvé le mot de passe.
− Et pour quelles raisons vouliez-vous entrer dans ce bureau ? questionna-elle.
− Il faudrait que je voie le portrait du professeur Dumbledore.
− Et ça ne peut pas attendre ?
− Et bien… non, professeur. Je dois lui poser des questions sur un sujet qui concerne notre dernière excursion avant… avant… enfin en juin dernier.
− Bien, si c'est si important… Vous pouvez y aller, je vous attends ici.
Harry ne se fit pas prier. Il gravit les marches de l'escalier mobile et entra précautionneusement dans le bureau directorial. Tous les personnage dans les tableau faisait semblant de dormir en poussant des ronflements sonores pour certains. Dumbledore lui aussi somnolait dans un tableau représentant un fauteuil confortable encadré de rideaux. Harry se sentait un peu mal à l'aise.
− Professeur, chuchota-t-il. Professeur Dumbledore.
L'ancien directeur releva la tête et mit un certain temps avant de réagir.
− Harry ? Je n'attendais pas ta visite si tôt…
− C'est que vous devez savoir que le médaillon qui se trouvait dans la caverne n'était pas le vrai Horcruxe.
− Mm… Oui probablement, dit Dumbledore les yeux dans le vague. Je l'ai vu dès que je m'en suis emparé. Le reste n'était que les conséquences de ma négligence Harry, acheva-il avec un sourire.
− J'ai trouvé le vrai médaillon dans la maison de Sirius.
Dumbledore ne sembla pas surpris ni même intéressé par la nouvelle.
− Et j'ai aussi trouvé le moyen de le détruire dans un livre que Hermione a découvert, poursuivit Harry. Seulement rien ne se produit lorsque je jette le sortilège.
Dumbledore ferma les yeux un instant en hochant la tête avant de prendre la parole.
− Ah oui le livre. Oui bien sûr. Vois-tu Harry ceci est une de mes meilleurs résolutions de vieillards avant de quitter ce monde. Je savais pertinemment que la salle sur demande te serait d'une aide précieuse pour l'avenir. J'ai donc décidé que ce livre, rédigé par mes soins, soit dit en passant, apparaîtrait aux yeux d'une personne qui désirait combattre le mage noir le plus sanglant de ce temps et c'est ainsi que ton ami a découvert ce livre. Elle a du faire preuve d'une grande volonté de t'aider dans ta tache, Harry. Mais tu m'as parler de l'Horcruxe il me semble.
Dumbledore s'arrêta un instant afin de réfléchir en caressant distraitement sa longue barbe argentée.
− Il semble que nous avons été devancé, reprit-il. Tu dois comprendre que ta tache n'en est que plus avancée. Rare sont ceux qui connaissent le secret de Lord Voldemort. Et rare sont ceux qui savaient que Regulus Black jouait le rôle d'agent double, le même rôle que Severus Rogue aujourd'hui. Une mission dangereuse qu'il a payée de sa vie. Mais il semble qu'il ait réussi un acte admirable, sa vie contre un fragment de l'âme de Voldemort. C'est à ton tour désormais de trouver ton chemin, Harry, en suivant les indices qui te sont donnés.
Dumbledore ferma les yeux et retomba dans un sommeil paisible ce que fit Harry quelques minutes plus tard dans le dortoir de la tour de Gryffondor après avoir contemplé un moment le nouveau chemin, aussi sinueux soit il, qui s'ouvrait à ses pieds.
Le lendemain, Harry eut tout le loisir de réfléchir à ça discussion avec Dumbledore. Le professeur Flitwick leur exposait le principe du sortilège de Fidelitas.
− Avant tout chose, le lanceur de sort doit avoir une confiance sans limite en la personne qui constituera le Gardien du secret. La clé de la réussite réside en la concentration de l'esprit sur le secret à conserver et surtout dans la formulation de celui-ci à haute et intelligible voix.
Pendant ce temps le cerveau de Harry, lui, restait concentré sur sa discussion de la veille. « Il semble que nous avons été devancé ». Cela voudrait-il dire qu'il ne reste plus que trois Horcruxes ? Harry était pourtant persuadé de ne pas s'être trompé dans l'interprétation des paroles de son ancien directeur. Regulus Black avait bel et bien payé de sa vie sa mission périlleuse en emportant avec lui un fragment de l'âme de Voldemort. Il n'avait que très rarement entendu Sirius parler de son frère. Il l'avait alors décrit comme un jeune homme approuvant les paroles sans fondements ni morale de son père. Mais qui peut distinguer l'homme du personnage lorsque celui joue un double jeu ?
Il attendit le soir pour livrer aux autres ces révélations pour le moins inattendues dans la salle commune désertée des Gryffondors.
− Enfin une bonne nouvelle, lança Ron. Si ce Regulus était encore là, j'irais tout de suite lui dire merci.
− Il ne faut pas oublier qu'il nous reste encore trois Horcruxes à trouver et à détruire avant de pouvoir espérer tuer Voldemort, intervint Hermione.
− Surtout qu'on ignore ce qu'est le sixième Horcruxe, renchérit Ron.
− Si ce n'est qu'il a appartenu à Gryffondor ou à Serdaigle, acheva Harry passablement déprimé.
Ils avaient tous à présent la mine déconfite et Ginny vint dynamiser cette atmosphère où pesait le découragement.
− En admettant que Dumbledore ait eu raison, il reste à détruire la coupe de Poufsouffle, le serpent Nagini, et un objet ayant appartenu à Gryffondor ou a Serdaigle… Et ensuite, Voldemort redevenu mortel, il sera possible de le vaincre. Le tout est de savoir par où commencer.
Tous semblaient réfléchir, mais tous, songea Harry, éprouvait la même sensation : celle de se retrouver sur un chemin en pleine nuit où seul le bout des pieds était visible. Il connaissait sa destination et son but était évidant mais comment y parvenir lorsque le chemin qui y mène est si sombre. Comment atteindre le but ultime sans même connaître le chemin qui y mène ?
− Pour le moment la seule chose à faire est de chercher du côté des fondateurs, dit enfin Hermione. Il faut retrouver l'histoire de ces objets et donc de leur propriétaire.
− Leurs propriétaires au pluriel, rectifia Harry. Par combien de mains sont-ils passés avant d'atterrir dans les mains de Voldemort ?
− Tu marques un point, dit sombrement Hermione.
− Non je pense qu'il faudrait chercher du coté de Regulus, le frère de Sirius, après tout c'est lui qui a détruit le médaillon non ?
Tout fut planifié. La perte de temps n'était pas acceptable. Chaque jours des gens meurt, pensa Harry et plus tôt l'ennemi sera vaincu, moins les victimes seront nombreuses. Il était convenu que la maison de Sirius, Harry avait toujours du mal à dire ma maison, devait les héberger le temps de leur recherche. Ils ne pouvait se projeter plus loin dans le temps car, bien sûr tout dépendrait de se qu'il trouverait là bas.
Le lendemain matin Hermione mangeait distraitement son petit déjeuner en lisant la Gazette des sorciers comme tous les jours. Lorsqu'elle fit tomber sa fourchette dans son assiette d'œufs au lard. Harry sursauta.
− Qu'est-ce qui t'arrive ?
Hermione lui tendit le journal, le visage fermé, devant les regards interrogateurs de Ron et Ginny qui lurent par-dessus l'épaule de Harry. Sur toute la largeur de la Une s'étalait une photo montrant un ciel sombre et orageux surplombant un petit village d'Angleterre. Jusque là rien n'aurait pu inquiéter Harry s'il n'y avait pas ce titre effroyable :
Attaque massive de détraqueurs et de loups garous :
Un village entièrement vidé de ses habitants
Vers onze heures hier soir dans la petite ville du nord de l'Angleterre, personne n'aurait pu prévoir qu'il n'y aurait aucun survivant. Mais chacun doit savoir que la pitié ou la clémence sont des sentiments étrangers à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. En moins de trente minutes toute vie avait déserté le village…
Harry avait la gorge nouée devant l'horreur de la nouvelle. Des chuchotements s'élevait de la table des professeurs qui semblaient en grande discussion, l'air grave. Les élèves de Poudlard, nettement inférieurs en nombre à l'année précédente, s'agitaient. Harry savait ce qu'ils ressentaient, qui pourrait imaginer qu'un homme soit capable de telles choses puisqu'il n'y a pas de mot pour les décrire. Mais ils devaient prendre conscience, pensa Harry, que ce n'était que le commencement.
