Hello tout le monde !!

Ici Eileen-san pour la suite (et presque fin) de cette fiction d'Ellana-san !!

Merci à toute pour vos très bonnes reviews, elles font très plaisir à Ellana-san !

Chapitre 4 :

Promesse…

« Asriel dit que vous ne voulez pas y allez à cheval, c'est vrai ? »

Sam se retourna, surprise de le trouver derrière elle, la bride d'un cheval sellé à la main. Il était parti ce matin aider Carrus à labourer le champ et elle ne pensait pas qu'il rentrerait si vite. Un léger sourire flottait sur ses lèvres, le genre de sourire devant lequel elle ne pouvait que fondre. Jack sentit son regard dériver sans sa permission vers le reste du corps de son second. « Second… » Il avait de plus en plus de mal à la considérer comme ça. Cela faisait trois semaines qu'ils étaient complètement remis. Ils n'avaient jamais parlé de leurs gestes respectifs et malgré quelques petits incidents du même style, ils avaient maintenus tacitement une certaine distance. Aucun des deux ne savait si c'était courageux ou vraiment stupide, mais chacun pensait que c'était la meilleure chose à faire.

Toutefois, ça n'empêchait pas Jack de profiter de la vue et indéniablement, il aimait ce qu'il voyait. Asriel leur avait offert la garde-robe de ses parents et Jack pensait que sa mère devait vraiment avoir bon goût. Sam avait choisit un pantalon de cuir noir et une tunique bleu clair légèrement décolletée qui, en plus d'être assortie à ses yeux, moulait parfaitement ses formes. Le soleil de midi faisait briller ses cheveux, créant des nuances et des reflets dorés. Oui, décidément, il aimait ce qu'il voyait. Tout à sa contemplation, il n'entendit pas la réponse à sa question.

« Hum ? Pardon, je n'ai pas… »

« …écouté. », compléta-t-elle, « Vous ne devriez pas être en train de travailler ? »

Pas de « mon colonel ». Jack se dit qu'elle avait de plus en plus tendance à l'oublier ces temps ci mais il ne lui en avait jamais fait la remarque. En fait, la plupart du temps il ne le remarquait pas lui-même, et quand il le faisait, il ne voyait pas l'intérêt de la reprendre.

« J'ai abandonné! Je ne supportais plus les blagues de Carrus, il m'a noyé de devinettes toute la matinée et son humour est vraiment horrible. »

« Pire que le vôtre ? »

Sa voix se fit taquine et elle se surprit à penser qu'elle n'aurait jamais agit comme ça il y a encore quelques mois.

« Hé ! Vous pouvez dire ce que vous voulez, je vous fais rire ! »

« Bien sûr, mon colonel. »

Il vit à l'éclat dans ses yeux qu'elle retenait à grande peine un fou rire et ne put s'empêcher de vouloir l'embarrasser, ce pourquoi il était très doué à une époque.

« Vous savez que je pourrais considérer ça comme de l'insubordination, Carter ? »

« Pardon, mon colonel, vous êtes vraiment très drôle. Sincèrement. Alors en quoi étaient-elles si terribles ces devinettes ? »

« Le terme approprié n'est pas terribles' mais atroces'. Vous voulez sa préférée ? Il me l'a bien sortie trois fois en une heure… »

« C'est un vieil homme. »

« ...pourquoi les oiseaux s'envolent-ils vers le sud ? »

« … »

« Parce que c'est trop loin pour y aller à pied. »

« Ok, j'admets, c'est limite. Mais vous ne l'avez quand même pas abandonné au milieu de son champ, non ? »

« Apparemment, Asriel insiste pour qu'il se repose et fasse au moins deux heures de sieste en début d'après-midi. »

« C'est sage de sa part. »

« Ouais…Et, du coup j'ai deux heures à perdre donc je me suis dis que j'allais venir voir pourquoi vous voulez obliger cette jeune femme innocente à marcher sur des kilomètres. »

« Premièrement: le village n'est pas à des kilomètres. Deuxièmement: j'ai juste soumis l'idée qu'on pourrait y aller à pied. Et troisièmement: elle est loin d'être innocente. »

Jack sentit le grondement dans sa voix mais n'en comprit pas l'origine. Sam elle-même ne savait pas pourquoi elle avait utilisé ce ton là en parlant d'Asriel.

« La question était: pourquoi ? »

« Je n'aime pas vraiment monter à cheval, c'est tout. »

« Vous n'aimez pas ? »

« Je n'en tire aucun plaisir. »

« Je vois. C'est pourtant plus agréable que de marcher, non ? »

« Je n'aime pas, je n'aime pas ! Vous ne pouvez rien y faire ! »

« Vous seriez surprise de tout ce que je peux faire, Carter. »

« Mon colonel ! Qu'est ce que… »

Elle n'eut pas le temps de réagir. En trois mouvements, il était monté sur le cheval et l'avait hissée devant lui. D'un coup de talon, il fit galoper leur monture.

« Je vais vous tuer. Sérieusement, dès qu'on descend, je vous tue! »

Il ne répondit pas, mais tira sur les rênes pour ralentir un peu leur cadence infernale. Ils arrivèrent rapidement en vue du lac. La course du cheval sur les berges les éclaboussa tous les deux. Sam ne distinguait rien, le paysage défilait trop vite pour qu'elle ait le temps de se repérer. Pourtant, elle n'avait pas peur. Elle avait toujours aimé la vitesse et, les bras de Jack autour d'elle, elle se sentait parfaitement en sécurité.

Jack n'avait pas prévu ça. Il avait suivi l'impulsion du moment, encore. « Ca devient une habitude… » Il ne savait pas à quel point elle était en colère, aucun doute cependant, elle l'était. Elle allait le tuer dès qu'ils mettraient pied à terre mais, pour l'instant, elle était contre lui et rien d'autre ne comptait.

Ils firent le tour du lac et Jack ne ralentit l'allure que sur le chemin du retour, mettant le cheval au pas. Il hésitait à s'excuser quand elle s'appuya contre lui. Beaucoup plus que nécessaire vu la vitesse à laquelle ils avançaient. Ils atteignirent la maison sans échanger un mot, profitant simplement de la proximité de l'autre. Une fois arrêtés, au lieu de descendre et de mettre ses menaces à exécution, Sam tourna la tête vers lui. Jack baissa les yeux sur ses lèvres, si proches…Puis, il les ramena vers le haut de son visage et se perdit dans son regard océan. Il approcha lentement son visage du sien, hésitant…

« Où vous étiez passés tous les deux ? On s'inquiétait ! »

« Désolé. »

Jack ne savait pas si c'était à Asriel où à Sam qu'il parlait. Et si c'était à Sam, était-il désolé d'avoir ouvertement montré son envie de l'embrasser ou de ne pas en avoir eu le temps ? Dieu, cette femme allait le rendre fou !

Asriel regarda Jack descendre de cheval, elle ne comprenait pas l'atmosphère tendue. Peut-être avait-elle été trop sèche sans s'en rendre compte ?

« Ca ne fait rien Jack ! »

A ce moment là, Sam sembla avoir retrouvé l'usage de la parole.

« Asriel, tu es prête ? »

« Tu t'es remis de ta phobie des chevaux à ce que je vois ! Jack doit avoir des arguments que je n'ai pas! »

Sam regarda vers lui mais il s'était déjà éloigné, fuyant une confrontation qui arriverait bien assez tôt à son goût.

« Allons-y. »

Asriel ne comprit pas vraiment pourquoi son amie était si agressive, mais elle avait appris qu'il valait mieux la laisser se calmer quand elle était dans cet état. Elle monta en selle et elles prirent la direction du village. Ceci dit au bout de quelques minutes d'un silence à couper au couteau, elle décida de tenter sa chance.

« Tu es fâchée ? »

Sam sursauta, elle s'était perdue dans ses pensées quand Jack s'était éloigné. Ils devenaient cinglés tous les deux, elle n'avait pas d'autres explications à leur conduite. C'était ça ou alors on leur avait fait quelque chose au camp de détention. Quelque chose qui les poussait à se rapprocher, à vouloir être ensemble. Vraiment ensemble. Ce qui expliquait qu'ils aient failli s'embrasser. Ne parvenant pas à se convaincre elle-même, elle dut se rendre à l'évidence: elle en avait eu autant envie que lui. Elle avait même été frustrée qu'ils aient été interrompus…

« Non. Pourquoi ? »

« Tu t'es disputée avec Jack ? »

« Non, tout va bien je t'assure. »

Se disputer, elle aurait préféré. C'était une situation qu'elle aurait pu gérer, et puis elle avait remarqué il y a longtemps qu'il avait du mal à rester fâché avec elle plus d'une heure ou deux. La seule chose dont Sam avait envie était de réfléchir calmement à ce qui c'était passé, à ce qui pouvait se passer…Mais Asriel ne semblait pas s'en rendre compte, elle continua sur sa lancée :

« Dis, il y a un truc que je ne comprends pas… »

« Quoi ? »

« Et bien, on ne se connaît pas depuis très longtemps et pourtant on se tutoie… »

« Et ? »

« D'après ce que vous nous avez raconté, Jack et toi vous vous connaissez depuis des années et pourtant vous continuez à vous vouvoyer alors que vous êtes… »

Asriel ne termina pas sa phrase et les mots qu'elle n'avait pas prononcés énervèrent Sam au plus haut point, elle décida de clore cette conversation qui la mettait mal à l'aise.

« Amis. »

« C'est comme ça que ça s'appelle chez vous ? »

Le ton ironique d'Asriel finit d'irriter Sam. Elle n'avait aucune envie de se lancer dans l'explication détaillée de ses complexes relations avec Jack. Elle se rendit compte cependant, que la jeune femme attendait une réponse et décida de résumer la chose simplement.

« Nous sommes militaires. Il y a des règles. »

« Et ces règles n'excluent pas que vous couchiez dans le même lit ? »

Aucune réplique pertinente ne vint à l'esprit de Sam. Ca c'était justement le domaine de Jack. C'était ce qui l'avait séduite en premier lieu, sa façon si irrévérencieuse de dire ce qu'il pensait sans vraiment se soucier à qui il le disait. Elle talonna sa monture, tentant d'ignorer dignement le rire moqueur qui éclata dans son dos.

sssssssssssssssssssssssssssssss

L'ambiance fut tendue quelques jours, puis la routine quotidienne reprit ses droits avec, cependant, quelques modifications. Carrus avait assisté avec son stoïcisme habituel à tous ces bouleversements. Il n'avait rien dit quand il avait remarqué que Samantha et Asriel ne se parlaient quasiment plus. Il n'avait rien dit non plus quand Jack lui avait expliqué qu'il était inconvenant que Sam et lui dorment ensemble et il feignait tous les matins de ne pas trouver étrange qu'il se soit assoupi sur le canapé et se réveille avec un air perdu, cherchant quelque chose –ou quelqu'un- qu'il semblait déçu de ne pas trouver à ses côtés. Et enfin, il assistait sans rien dire à l'éloignement constant de ses deux protégés. Au début Carrus avait cru à une querelle d'amoureux mais plus le temps passait plus il se rendait compte que le problème était plus profond et surtout plus complexe. Le vieil homme avait remarqué que Jack passait beaucoup de temps avec Asriel, il avait confiance en lui et savait que ce qui le liait à sa petite-fille n'était que purement amical, mais Sam prenait mal ce rapprochement. Le froid entre elle et Asriel n'avait pas duré plus de quelques jours, mais avait suffit à modifier l'équilibre amical. Jack évitait son second au profit d'Asriel, et elle semblait d'accord avec ça, s'éloignant de plus en plus de ses amis.

Sam avait beau parvenir à tromper le colonel, elle ne pouvait pas se cacher la vérité à elle-même. Oh ! Elle avait essayé, mais elle la rattrapait toujours. Aujourd'hui particulièrement. Elle était en train d'étriller le cheval qu'elle avait pris l'habitude de monter régulièrement, c'était devenu un refuge. Cela faisait deux semaines que Jack et Asriel la mettaient à l'écart. Bien sûr, elle savait que ce n'était pas intentionnel, et elle savait aussi que c'était en partie sa faute. Elle avait mal réagi quand Asriel lui avait demandé quelles étaient ses relations avec le colonel O'Neill, et s'était retranchée encore une fois derrière le règlement. Mais elle n'avait pas été la seule. Au lieu de discuter de ce qui avait failli se passer, elle avait écouté Jack lui expliquer qu'ils ne pouvaient pas continuer à dormir tous les deux, que c'était inapproprié. Elle avait acquiescé, moitié soulagée moitié déçue. A partir de là, ils avaient mis de la distance entre eux, beaucoup trop à son goût. Il lui manquait mais apparemment ce n'était pas réciproque.

Sam chassa ces pensées et sella son cheval. Elle comptait faire un tour avant que la nuit tombe, l'été était presque là et l'obscurité venait de plus en plus tard. Elle aimait ces moments entre chien et loup où le ciel semblait hésiter pendant des heures entre ombre et lumière. Dans ces instants là, elle se sentait bien, en harmonie avec le monde qui l'entourait. Alors qu'elle appréciait par avance son escapade, un bruit derrière elle la força à se retourner. Plus par habitude, que par peur d'un quelconque danger. Elle reconnut les silhouettes arrêtées avant de pouvoir distinguer les traits. Elle observa la scène, interdite, tandis que son cœur éclatait dans sa poitrine. Il se brisa en un millier de petits éclats, elle avait l'impression que chacun d'eux lui entaillait sa cage thoracique. Elle les regarda approcher, à travers les larmes qu'elle tentait tant bien que mal de faire rentrer à l'intérieur, elle nota qu'il avait lâché sa main. Elle voulut se reprendre, ce n'était rien, un geste qui pouvait très bien être amical. Ce n'était pas comme s'il l'avait embrassée…A peine eut-elle pensé ça, que l'image de Jack et d'Asriel collés l'un à l'autre s'imposa à son esprit, ses yeux laissaient couler des pleurs silencieux. Ils étaient presque arrivés à sa hauteur à présent, il fallait absolument qu'elle se reprenne, il n'était pas à elle, il ne l'avait jamais été et ne le serait jamais…Elle devait partir avant qu'ils ne la voient, c'était une solution aussi bonne qu'une autre. « Allez bouge toi… » Mais son corps refusait de lui obéir, paralysé de chagrin.

Asriel et Jack riaient, il aperçut Carter devant l'écurie. Finalement, elle avait l'air d'apprécier les chevaux, peut-être qu'elle pourrait l'aider avec celui qu'il traînait derrière lui depuis le champ. C'était vraiment une tête de mule qui n'avait pas l'air de porter Jack dans son cœur, le militaire le soupçonnait de vouloir le faire tomber à chaque fois qu'il le montait. Au moins ça leur ferait un sujet de conversation, ils avaient des difficultés à communiquer ces derniers temps. Et puis ils pourraient aussi parler d'Asriel, et avec un peu de chance tout redeviendrait comme avant.

« Hey Carter ! Vous ne devinerez jamais ce qu'As… »

Il s'interrompit lorsqu'il vit les joues humides de la jeune femme. Quand Sam se rendit compte qu'il les avait remarqués, elle voulut trouver une explication à ses pleurs. « Plausible, pour l'amour du ciel… » Ne trouvant rien, elle se détourna, cherchant un moyen de s'en sortir avec un minimum de dignité.

« Carter ? Qu'est ce qu'il y a ? »

Il voulut la forcer à se retourner mais la main qu'il posa sur son épaule eut, sur Sam, l'effet d'un électrochoc. Elle enfourcha son cheval et partit au galop, sans un mot, incapable de contenir plus longtemps le torrent de larmes qui s'échappait d'elle. « Tant pis pour la dignité… »

Elle ne savait pas où elle allait, laissant sa monture choisir la direction. Il fallait qu'elle se calme, qu'elle trouve une raison à sa conduite. Elle repoussa les différentes façons de tuer Asriel qui lui venait à l'esprit, ce n'est pas ce qui l'aiderait présentement. Comment allait-elle expliquer ça au colonel ? Il allait la prendre pour une folle…Mais était-ce vraiment si important ? Le puzzle de ces derniers jours se mis en place dans son esprit, il s'était éloigné d'elle pour se rapprocher d'Asriel. Qu'elle idiote elle avait été ! Elle devait partir, il n'y avait pas d'autre conduite à avoir. Elle ne pourrait pas vivre en les voyant tous les jours. Le voir amoureux, heureux, avec une autre femme qu'elle, finirait de lui briser le cœur. C'était bien s'il trouvait le bonheur, il le méritait, plus que quiconque, elle ne voulait pas l'en empêcher…

Ce n'est qu'en arrivant près du lac, dont le cheval avait pris automatiquement la direction, qu'elle se calma, la vaste étendue d'eau agissant comme un baume sur son âme blessée. Elle avait pris sa décision : ne pas s'interposer. Elle allait le laisser vivre sa vie en paix, il avait assez fait pour elle. Probablement plus qu'il n'aurait du…Ce n'était pas sa faute si elle s'était imaginée des choses qui n'existait pas, qui n'existerait jamais…Elle ralentit sa chevauchée jusqu'à mettre sa monture au pas. Elle perçut un bruit de galop derrière elle, le cavalier semblait avoir des difficultés à rester en selle alors qu'il tentait de stopper son cheval. Elle se dirigea vers lui, cherchant un moyen d'intervenir, lorsqu'elle reconnut le colonel. Elle n'eut pas le temps d'approcher davantage, le cheval se cabra et elle le vit tomber tandis que le pur-sang s'enfuyait. Elle sauta à terre et courut vers lui, son cœur battant si fort qu'il menaçait d'exploser…Elle se jeta sur ses genoux dans le sable, respirant enfin, quand elle vit que sa poitrine se soulevait et qu'il était conscient.

« Mon colonel ! »

« Satané canasson, il a juré d'avoir ma peau. »

« Est-ce que ça va ? Ne bougez pas je vais chercher de l'aide. »

« J'ai rien, le sable a amorti ma chute. »

Il se souleva avec un grognement.

« Mon colonel, c'est pas prudent ! Vous pouvez avoir un traumatisme crânien… »

« J'ai la tête dure Carter ! Aidez moi plutôt à me lever. »

Elle l'aida à se remettre debout, inquiète à l'idée qu'il se soit cogné la tête. Il lut l'incertitude dans son regard, et décida que quoi qu'il dirait, elle ne serait pas convaincue. Il lâcha un soupir, épuisé à l'avance d'avoir à la persuader qu'il allait bien.

« Carter, cessez de faire ce regard de chien battu, je vais bien ! »

Il regarda autour de lui, surpris de se retrouver ici. Il n'avait pas prêté attention à l'endroit où ils allaient, il s'était contenté de la suivre, de la rattraper. Il n'avait pas compris sa réaction mais Carter n'était pas le genre de personne à fuir les problèmes, ça c'était son style. Il n'avait jamais était doué en raisonnement, pas plus qu'en relations humaines, mais si elle avait paniqué au point de s'enfuir alors ça devait être sérieux.

« Bon, qu'est ce qu'on fait là ? »

La raison de leur présence revint à l'esprit du major comme une flèche aurait pu transpercer son cœur. Incapable de lui faire face, elle se détourna et avança de quelques pas, se positionnant face au lac. Le soleil commençait à décliner, laissant place peu à peu à l'obscurité. Jack resta en retrait, comprenant implicitement qu'elle avait besoin d'espace, attendant qu'elle lui fasse signe. Au bout d'un long moment, Sam ouvrit enfin la bouche, lui tournant toujours le dos.

« Elle est très belle. »

Jack ne comprenait pas. Il ne comprenait pas de qui elle parlait. Il ne comprenait pas pourquoi elle avait l'air si triste et il ne comprenait toujours pas pourquoi ils étaient là.

« Qui ? »

« Asriel. »

La discussion le perturbait, d'ordinaire, il n'avait aucune difficulté à comprendre de quoi elle parlait. Du moins quand elle ne partait pas dans d'interminables explications scientifiques…

« Oui, sans doute. »

« Et puis elle a de l'esprit, elle vous fait rire. Pas comme moi… »

« Ok. Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de ma Carter ? »

« Votre Carter' ? »

« Oui, enfin…Carter, quelqu'un pensant que vous n'avez pas d'esprit est soit mentalement déficient, soit stupide. »

Un pauvre sourire monta aux lèvres de Sam, le tumulte en elle avait fait place à un incroyable calme mais le chagrin était toujours là, écrasant. Jack s'approcha d'elle et attrapa son bras, l'obligeant à se retourner. Sa voix se fit intimement douce, révélant combien il était soucieux.

« Sam, qu'est ce qu'il y a ? »

« Je vais m'en aller… »

Jack sentait l'appréhension grandir en lui au fur et à mesure que la conversation progressait. Il ne savait pas se qui se passait mais il n'aimait pas ça, non, il n'aimait pas ça du tout. Il était possible qu'elle parle juste de rentrer à la maison, mais il en doutait. Au ton de sa voix, on aurait dit qu'elle s'apprêtait à partir à des kilomètres de lui et ses mots sonnaient comme un adieu.

« Oui, moi aussi. On est pas équipé pour dormir à la belle étoile. »

« Non…Ce n'est pas ce que je veux dire. »

« Carter, je ne sais pas ce que vous voulez dire mais si vous imaginez que je vais vous laisser… »

Elle lui coupa la parole.

« Je dois m'éloigner. »

« Mais de quoi ? »

« De vous. »

« Carter ! Pour l'amour du ciel ! De quoi me parlez vous ? »

« De toute façon je doute qu'Asriel tolère longtemps ma présence. »

« Asriel ? Carter, je ne comprends rien ! »

« Les femmes n'aiment pas partager, mon colonel. »

« Partager ? Partager quoi ? »

« Les hommes. »

Jack commençait à entrevoir ce qu'elle essayait de lui faire comprendre mais il ne voyait pas pourquoi elle pouvait croire qu'Asriel et lui…Et si c'était ça qui la mettait dans un tel état alors ce n'était pas si grave, en fait Jack se surprit à penser que c'était même plaisant. Un sourire amusé s'étira sur ses lèvres.

« Carter, seriez-vous jalouse ? »

« Je dois partir. »

« Ca, vous l'avez déjà dit. »

« Je le pense vraiment. »

« Je ne cesse de vous répéter que vous pensez trop. »

« Vous n'avez jamais aimé ça, n'est ce pas ? »

Jack fut surpris qu'elle ne comprenne pas ce qu'il tentait de lui dire. D'eux deux, elle était la plus intelligente, elle aurait du avoir saisi depuis longtemps.

« Carter, vous pensez que j'ai une liaison avec Asriel ? »

« Je l'aimais bien. »

Jack sourit à l'emploi de l'imparfait et à ce que cela sous-entendait.

« Oui. C'est le cas de beaucoup de gens. Son fiancé, notamment. »

Il crut un moment qu'elle allait s'étouffer, puis son visage prit une délicate teinte rouge vive et elle se mit à mordiller sa lèvre inférieure, preuve supplémentaire de son embarras.

« Elle est fiancée ? »

« Oui. »

« Ce qui explique pourquoi vous lui teniez la main ? »

« Elle me montrait sa bague. »

« Ow, » Sam marqua un temps d'arrêt. « Ce qui veut dire que vous n'êtes pas… »

« Non. »

« Ce qui signifie que je suis ridicule. »

« De façon honnête ? »

« S'il vous plaît. »

« Vous êtes ridicule. »

Il la regarda se détourner et avancer près du bord. Il savait que maintenant, elle était gênée et cherchait probablement un moyen correct de se sortir d'affaire. En fait Sam envisageait de crierpoisson d'avril'. Bien qu'ils ne soient pas en avril et qu'elle doute de pouvoir faire passer ça pour une farce. Jack décida de mettre fin à son supplice et approcha d'elle.

« Carter ? »

« Umm ? »

« J'ai oublié de vous dire…j'adore votre façon d'être ridicule. »

Il avança encore mais malheureusement pour Jack, les berges du lac étaient constituées de granit, matière hautement friable. La roche ne supporta pas le poids du militaire et s'effondra sous lui, l'envoyant dans l'eau. Lorsqu'il réussit à reprendre pied et à se stabiliser, un grand éclat de rire en provenance de la terre ferme l'accueillit. Jack fut successivement vexé puis gagné par l'amusement.

« Quand vous aurez finit de rire, major, vous pourriez peut-être m'aider à sortir de là ? »

« Désolée mon colonel, je pensais que finalement il y a des situations plus ridicule que la mienne. »

« Content de servir à contenter votre ego. Maintenant soyez gentille et donnez moi la main. »

Sam marcha jusqu'au bord et lui tendit la main, à peine l'eut-il saisi qu'il la fit basculer dans le lac. Quand elle eut assurée sa position, elle lui fit face.

« Croyez moi, vous allez me payer ça mon colonel. »

« Qu'allez vous faire Carter ? Je tremble par avance… »

Une gerbe d'eau immense lui arrivant en pleine face le fit taire. Il s'essuya les yeux comme il put avant de lui faire face à nouveau.

« Vous êtes une femme diabolique… »

Une nouvelle attaque lui interdit de poursuivre sa tirade et il finit par répondre en lui envoyant de l'eau. Ils s'éclaboussèrent quelques minutes, puis Jack mit fin à l'affrontement en la capturant entre ses bras. Elle ne se débattit pas longtemps et il resserra son étreinte.

« Perdu… »

Sa voix n'était plus qu'un murmure mais ça n'avait pas grande importance, Sam n'écoutait plus. La légère brise du soir lui donnait la chair de poule à travers ses vêtements mouillés, pourtant, elle n'avait pas froid, elle était bien. Elle était physiquement plus proche de lui qu'elle ne l'avait jamais été. Elle observa son visage, gravant chaque détail dans sa mémoire. Il la tenait si serré qu'elle pouvait sentir son désir pour elle augmenter de seconde en seconde. Elle franchit le mince espace entre eux, ne laissant que quelques millimètres entre leurs deux visages. Elle remarqua que son regard n'était plus chocolat mais d'un noir de soie. L'espace entre leurs lèvres se chargea d'électricité, espace que n'y tenant plus, Jack parcourut, capturant sa bouche sous la sienne. Le baiser fut si intense qu'aucun des deux ne pu déterminer combien de temps il dura. Sam ne savait pas si c'était un moment éphémère ou éternel mais quand sa langue caressa ses lèvres elle oublia carrément de penser. Ils se séparèrent à bout de souffle. Elle en avait plus appris en un baiser qu'elle ne l'aurait fait dans une longue conversation. Il était à elle. Elle était à lui. Et rien ne pourrait plus jamais se mettre entre eux, ils s'appartenaient. Jack recouvra le premier ses esprits, semblant se rappeler où ils étaient.

« On devrait rentrer. »

ssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssss

La lueur de la pleine lune, éclairait faiblement la chambre. Couché sur le dos, Jack ne trouvait pas le sommeil. Ca faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé, il se rendit compte qu'il avait oublié ce que ça faisait : il était heureux. Il s'était interdit il y a longtemps d'attendre un bonheur qu'il ne méritait pas, puis il l'avait rencontrée…À l'instant même où il avait croisé son regard, il avait lu dans ses yeux bleus un espoir d'avenir. Il passa la main dans ses cheveux blonds, elle s'était endormie blottie contre lui, un bras sur sa poitrine, sa tête sous son menton. Il laissa sa main descendre le long de son dos, faisant naître un frisson instinctif sur sa peau nue.

« Qu'est ce que tu fais ? »

Sam se redressa, à moitié réveillée, et s'appuya sur son coude. Elle avait été surprise de la facilité de la transition, ils étaient passés d'amis à amants en quelques heures à peine. Elle n'avait pas cherché à savoir s'ils étaient heureux, nostalgiques ou simplement amoureux, ce qui comptait à présent c'est qu'ils étaient. Elle sourit à son compagnon, consciente que la nuit était déjà bien entamée et qu'ils n'avaient pas beaucoup dormi, et vu le regard que Jack lui jetait, il était évident qu'ils n'allaient pas se reposer ce soir…

Au dehors, la voûte céleste scintillait, chaque étoile brillant en une promesse d'éternité.

Fin du chapitre 4

Et voilà nos deux tourtereaux enfin réunit mais ne sortez pas tout de suite vos mouchoirs, ce n'est pas finit !! Quand y en a plus y en encore ! Ellana-san vous a préparé un petit épilogue pour bien finir tout ça !

Et oui bientôt la fin (non ne me tapez pas, c'est à la faute à Ellana TT-TT)

Pour faire le bonheur de notre chère auteur, tapez en bas à gauche (pas de taxe, tout est gratuit).