Haley, qui finissait les cours un peu plus tôt, rentra à ce moment là.
Haley : Salut.
Quand elle entra dans la cuisine, elle fut soulagée elle aussi de voir Brooke manger. Elle vint l'embrasser sur le front.
Haley : Je suis contente de te voir.
Brooke tenta de sourire mais en vain, alors elle se contenta d'hocher la tête. Haley s'assit avec eux.
Lucas : Ca été les cours ?
Haley : Ouais. Sans vous ça fait bizarre, mais…
Brooke reposa la fourchette dans son assiette en ayant mangé seulement la moitié de son assiette.
Lucas : Tu as soif ?
Elle hocha la tête pour dire que oui. Il lui servit un grand verre d'eau ainsi qu'à Haley.
Brooke : Mes parents n'ont pas appelé ?
Lucas : Non. Ils devaient le faire ?
Brooke : S'ils appellent je ne veux pas que tu leur dise quoique se soit sur… ce qu'il s'est passé.
Lucas : Brooke, pourquoi le cacher ?
Brooke : Tu crois que j'ai envie que la terre entière sache à quel point j'ai été bête et à quel point je me sens sale ?
Haley : Tu n'y es pour rien et tu n'es pas sale.
Brooke : Tu ne dirais pas ça si tu avais été violée.
Haley se sentit mal, elle ne sut quoi répondre.
Haley : Oui… c'est sûr mais…
Lucas hocha la tête pour faire comprendre à Haley de ne rien ajouter. Il prit la main de Brooke.
Lucas : On essaye juste de t'aider ma puce.
Brooke : Mais vous ne pouvez pas. C'est ça que vous ne comprenez pas. Personne ne peut m'aider !
Elle retira sa main de celle de Lucas. Lucas et Haley se regardèrent gênés.
Haley : Brooke… on veut juste être là pour toi…
Les autres arrivèrent à ce moment là dans la cuisine. Brooke secoua la tête en regardant tout le monde.
Brooke : C'est pire quand vous êtes là, je ne supporte pas ce regard que vous avez sur moi. Je me sens encore plus minable dans ces cas là…
Elle se leva et s'en alla s'enfermer, comme d'habitude, dans sa chambre. Lucas prit sa tête dans ses mains.
Lucas : Un pas en avant, deux pas en arrière, voilà ce qu'on obtient d'elle à chaque fois.
Haley : Je crois qu'il n'y a qu'avec toi qu'elle semble aller mieux. Peut-être qu'on devrait arrêter de venir.
Haley sentit une larme rouler sur sa joue. Nathan vint la serrer contre lui. Peyton vint s'asseoir avec eux.
Peyton : C'est vrai que j'ai l'impression que notre présence la braque encore plus.
Nathan : On ne peut pas la laisser tomber non plus.
Haley : Non, ça c'est sûre.
Lucas : Peut-être qu'il faudrait lui laisser un peu plus de temps. Continuez à venir la voir, qu'elle sache que vous ne la laissez pas tomber, mais, je devrais rester seule avec elle la plupart du temps.
Il regarda Peyton qui comprit qu'il lui suggérait de rentrer chez elle. Elle hocha la tête. Ils restèrent encore un peu avec Lucas avant de rentrer chez eux
Lucas fit la vaisselle puis monta voir Brooke. Elle avait de nouveau déverrouillée sa porte et était assise sur le lit les genoux remontés contre sa poitrine. Elle pleurait. Quand elle vit rentrer Lucas, elle essuya ses larmes. Il vint s'asseoir à côté d'elle et la serra contre lui.
Brooke : Ils m'en veulent ?
Lucas : Qui ?
Brooke : Peyton, Nathan et Haley ?
Lucas : Bien sûre que non… On est un peu maladroits, mais c'est pour…
Brooke : M'aider, je sais.
Lucas : Tu devrais dormir un peu, tu es épuisée. Je serai en bas.
Il essaya de se lever mais elle le retint.
Brooke : Je veux que tu restes avec moi.
Il lui sourit.
Lucas : Bien sûre.
Il s'installa contre le mur et elle se blottit dans ses bras. Il la serra contre lui et ils s'endormirent tous les deux. Dans la nuit elle se réveilla encore et encore, traumatisée par tous ses cauchemars. Les jours passèrent ainsi, Brooke semblait parfois prête à accepter l'aide de Lucas et parfois elle le repoussait. Elle refusait toujours de sortir et ça faisait une semaine que ni Lucas ni Brooke n'avaient été en cours. Peyton, Haley et Nathan continuaient de venir les voir. Un après-midi, alors que Brooke s'était encore enfermée dans sa chambre après s'être énervée contre Lucas, ce dernier essayait de comprendre les cours que Peyton lui avait amenés. La sonnette retentit, Lucas alla ouvrir. C'était sa mère, il l'invita à rentrer. Elle avait les bras chargés de paquets. Il l'aida à les porter jusqu'à la cuisine.
Karen : Je suis venue vous apporter à manger et voir comment va Brooke.
Lucas : Elle vient encore de me dire que je ne pouvais pas comprendre et elle est partie s'enfermer dans sa chambre…
Karen : Ca doit être dur pour elle…
Lucas : Ouais, je sais. Ca l'est pour moi aussi. Je ne supporte plus de la voir aussi dévastée. Elle passe ses journées à pleurer.
Karen : Elle refuse toujours de voir un psy ?
Lucas : Ouais. Pourtant je suis sûre que ça lui ferait du bien.
Karen : Ils n'ont pas retrouvés celui qui a fait ça ?
Il secoua la tête pour lui dire que non. Elle prit la main de son fils.
Lucas : Je l'aime tellement Maman… Et ça me tue de la voir ainsi. Elle était si pleine de vie et il l'a détruit…
Il pleura. Karen le prit dans ses bras.
Lucas : Je voudrais prendre sa douleur et qu'elle aille mieux. J'aimerais tellement effacer cette nuit pour lui rendre sa vie.
Karen : Je sais Lucas, on le voudrait tous.
Elle le consola pendant près d'un quart d'heure. En haut, Brooke était assise sur le perron et écoutait tout ce qu'ils disaient. Karen partit au bout d'une demi-heure. Lucas s'apprêtait à monter voir Brooke quand il l'aperçut en haut de l'escalier.
Lucas : Brooke ?
Elle le regarda. Il monta doucement vers elle et s'assit à côté d'elle.
Brooke : J'ai entendu ce que tu as dit…
Il lui prit la main.
Brooke : J'aimerais tellement aller mieux moi aussi…
Lucas : Ca ira tu verras…
Brooke : Non ça n'ira pas… pas si je ne fais pas quelque chose pour ça.
Il lui caressa la joue.
Brooke : Je vais aller voir ce psy Lucas. Pour moi et pour toi…
Une larme coula sur sa joue. Lucas ferma les yeux, soulagé d'entendre ça. Il lui embrassa la main.
Lucas : C'est bien… Je vais prendre rendez-vous.
Elle hocha la tête. Il essuya ses larmes et embrassa le front de la jeune fille.
Lucas : On va s'en sortir tu verras.
Il se leva et descendit au salon pour téléphoner au docteur. Ils avaient rendez-vous le lendemain.
Le lendemain matin, Lucas frappa à la porte de la chambre de Brooke.
Lucas : Ma puce tu es prête ? Il faut qu'on parte…
Elle lui ouvrit la porte.
Brooke : Je ne sais pas quoi mettre Lucas.
Il entra et vit tout plein de vêtements étalés sur le lit.
Lucas : On va juste à l'hôpital tu sais.
Brooke : Oui mais toutes ses fringues sont tellement… courtes et provocantes.
C'est vrai que Brooke n'était pas tellement du genre à posséder des cols roulés et des jupes longues. Lucas fouilla dans le tas de vêtements, comprenant le problème de Brooke. Il trouva un pull à manche trois quart qui lui semblait bien. Il le lui montra.
Lucas : Celui-là il a l'air bien…
Brooke : On me voit le nombril avec.
Elle continuait à chercher dans son armoire, pendant que Lucas fouillait lui aussi. A un moment elle se retourna vers lui.
Brooke : Je crois que je vais rester là Lucas.
Il se retourna vers elle.
Lucas : Quoi ?
Elle vint s'asseoir sur le lit avec les larmes au bord des yeux.
Brooke : Je n'ai pas envie de sortir d'ici. J'ai peur de ce qu'il y a dehors.
Il s'agenouilla devant elle.
Lucas : Mais je serai avec toi. Tu n'as pas à avoir peur.
Brooke : Et s'il était là ? Si je le croisais quelque part dans la rue.
Lucas : Je te protégerai… je te le promets.
Il lui prit la main.
Lucas : Ma puce je t'en prie, ne le laisse pas t'enfermer dans cette maison…
Elle regarda Lucas.
Brooke : Tu as raison. Tu n'as pas un pull à me prêter ?
Il sourit.
Lucas : Si, j'en ai un qui t'ira très bien.
Il alla dans sa chambre et ramena à Brooke un de ses pulls préférés. Un pull Scott gris avec une capuche et des poches devant. C'était le pull que Brooke portait souvent quand elle dormait chez Lucas. Elle sourit légèrement en le voyant. C'était probablement le premier sourire que Lucas voyait sur le visage de Brooke depuis cette horrible nuit. Il le lui donna et sortit de la chambre pour la laisser s'habiller. Quand il ouvrit la porte pour aller démarrer la voiture, il vit ses amis attendre sur le perron. Quand Haley le vit elle s'approcha.
Haley : On voulait être là pour Brooke.
Lucas : C'est gentil. Elle termine de s'habiller. On a eu quelques problèmes pour trouver des vêtements.
Peyton : Si elle a besoin je peux lui en prêter.
Lucas : Ca va aller.
Nathan : Comment se sent-elle ?
Lucas : Angoissée. Elle a peur de sortir.
Brooke arriva doucement. Elle n'arrêtait pas de tirer sur le pull pour qu'il lui cache bien les fesses. Elle portait un jean qu'elle espérait pas trop sexy.
Brooke : Bonjour.
Ils lui firent un sourire et la saluèrent.
Brooke : Qu'est-ce que vous faites ici ?
Peyton : On est venu te soutenir.
Haley : Oui, on est contents que tu aies accepté de voir ce docteur.
Brooke hocha la tête.
Brooke : Ecoutez, je… je suis désolée pour l'autre jour. J'apprécie vraiment que vous soyez là pour m'aider.
Peyton s'approcha d'elle.
Peyton : On le sait.
Elle la serra dans ses bras.
Peyton : On sera toujours là pour toi.
Elle se recula et essuya les larmes de Brooke.
Lucas : On va devoir y aller.
Nathan : Ok, on repassera tout à l'heure si vous voulez.
Lucas regarda Brooke pour savoir si elle le voulait. Elle haussa les épaules.
Lucas : On vous rappellera tout à l'heure.
Nathan : D'accord.
Brooke descendit les marches, Haley lui donna un bisou au passage et Nathan mit une main sur son épaule pour lui dire qu'il était là. Lucas lui ouvrit la portière et Brooke s'installa sur le siège. Elle referma la porte à clef derrière elle, ne se sentant pas en sécurité. Lucas s'installa sur le siège conducteur et démarra. Peyton, Haley et Nathan leurs firent un signe de la main.
Nathan : J'espère que ce psy va pouvoir l'aider.
Haley : Oui, moi aussi.
Dans la voiture, Brooke regardait par la fenêtre avec une certaine crainte. Lucas posa la main sur son genou.
Lucas : Ca va aller.
Elle le regarda et lui prit la main.
Brooke : Je te remercie d'être là pour moi Lucas.
Lucas : C'est normal, je t'aime.
Brooke baissa les yeux.
Brooke : Je ne sais pas si tout pourra redevenir comme avant entre nous.
Il la regarda un instant.
Lucas : J'attendrai le temps qu'il faudra pour que tu ailles mieux. Tout ce que je veux c'est que tu retrouves cette joie de vivre que tu avais.
Elle hocha la tête et regarda de nouveau par la fenêtre
