Trop gentille pour toi, Potter !
Chapitre 3
(D'amour… et d'amitiés)
« Lily ! Lily » James sortit précipitamment de la classe d'histoire de la magie, s'apprêtant à piquer un sprint phénoménal qui ne lui servirait à rien. Il ne comprenait comment Lily pouvait lui en vouloir à propos de cette chose dans le train au point de ne même pas écouter ses excuses.
Il était obligé de lui courir après dans les couloirs – et il voulait dire, vraiment courir. Et il ne la rattrapait jamais, chose qu'il ne s'expliquait pas : comment faisait-elle pour être et si rapide à la course et si endurante sur la durée ? A croire qu'elle faisait de l'athlétisme depuis sa naissance.
Quand James se retrouva face au couloir maudit, comprendre celui où il y avait les classes de métamorphose, enchantements et divination et qui, comme de juste, était tout le temps complètement bouché et intraversable, il abandonna. Il souffla, laissa ses bras pendouiller puis fit demi-tour pour aller rejoindre les trois autres maraudeurs avec une mine dépitée qui ne le quittait depuis sa sortie de l'infirmerie.
« Tu devrais essayer une autre méthode que la course à pied mec, » fit remarquer Sirius alors qu'il revenait. « Tu es définitivement nul à ça. »
James lui envoya un regard noir. « Une idée, monsieur le génie ? » Il récupéra ses affaires dans les bras de Remus – puisqu'il devait courir, il laissait à ses amis la charge de récupérer son sac.
« Tu devrais la coincer, tu sais, la prendre par surprise. »
« Fabuleux, » se plaignit James. « Tu te souviens qu'elle a un troisième sens pour ne jamais se retrouver avec l'un d'entre nous ? Elle arrive en classe juste avant le prof, est la première partie, ne vient jamais à la bibliothèque, ne passe plus à la grande salle. » Il se gratta la nuque, réfléchissant à ce que Lily faisait d'autre pour les éviter. « Elle ferait une fugitive imprenable et nous avons le rôle des brigadiers. »
« Je suppose qu'elle dort encore dans son lit, non ? » demanda Peter alors qu'ils avançaient vers la salle commune pour la pause de midi. Ils allaient toujours manger au dernier moment pour éviter la ruée sur la nourriture. « Donc, techniquement, si tu parviens à aller dans le dortoir des filles pendant la nuit, elle y sera. »
« Parfait Peter, » ironisa le poursuiveur. « Léger détail : je ne suis pas une fille ! Je ne peux pas monter là-haut. »
« T'excite pas sur nous James, » intervint Remus avant de dire le mot de passe à la grosse dame. « Quenilles et farandoles, c'est pas notre faute si t'as merdé et que Lily nous approche plus. »
« T'es pas le seul à qui elle manque, » fit remarquer Sirius en lui tapant dans le dos. James soupira.
« Je suis désolé les gars. C'est juste… »
« On sait, » aida Peter. Ils s'assirent autour d'une table dans la salle commune presque déserte. Il n'y avait qu'un ou deux septièmes années qui avaient eu une heure libre avant et en avaient profité pour manger plus tôt. « Ce que j'allais proposer, c'est d'utiliser une des camarades de chambre de Lily pour l'atteindre. »
Le regard de James s'illumina et il évalua la possibilité de sauter sur Peter pour le remercier. « Pet', t'es un génie ! » James sourit, content d'avoir trouvé un moyen de parler à Lily quand un détail lui revint. « Ca va pas le faire. »
« Encore cette foutue règle de ne jamais accoster une fille ? Tu ne peux pas laisser tomber ce code idiot, Potter ? » râla Sirius en levant les yeux au ciel. « C'est pour la bonne cause ! »
« Il y a cinq filles dans ce dortoir, » déclara celui qui devait se faire pardonner. « Trois sont mes ex, donc elles ne veulent plus me parler et sûrement pas m'aider, la quatrième est la nouvelle amie de Lily, elle refusera de la trahir, et la dernière ne parvient même pas à se souvenir de mettre deux chaussures les mêmes le matin, c'est même pas la peine. »
Remus souffla de désespoir tandis que Peter ricanait et que Sirius observait silencieusement son meilleur ami. « Tu t'es fait toutes les Gryffondors de notre année sauf Swann et Persée ? »
« Et Lily, » rectifia James puis il grimaça : « il faut que l'un de vous le fasse ! » Les trois autres affichèrent des mines effrayées. « Juste convaincre une des filles de tendre un piège à Lily pour qu'elle m'écoute… s'il vous plaît ? »
« J'suis pris, » précisa rapidement Peter quand il vit le regard de James se diriger vers lui.
« Hors de question, » signala à son tour Remus.
« Ça pourrait le griller auprès de l'infirmière sexy, » précisa Sirius.
« Hé ! Vous êtes lourd les gars, je ne flirtais PAS avec Pop-… Pomfresh ! »
« Donc tu peux séduire une fille pour notre bien collectif, » tenta James.
« Non, c'est contre ma morale, je ne le ferai pas et vous ne me ferez pas changer d'avis ! »
Trois regards se tournèrent vers la dernière victime. Sirius perdit son sourire quand il se rendit compte de ce que cela signifiait… « Ah non, hors de question. Vous connaissez ma politique, les filles, plus elles sont loin, mieux je me porte. »
« C'est pour une bonne cause Sirius ! »
« C'est hors de question. »
« Laissez les mecs, » souffla Peter, Sirius crut s'être trouvé un allié. « Il faut juste lui laisser le temps d'avouer qu'il préfère les garçons, c'est difficile à admettre devant nous… »
Le futur Animagus bondit. « Je ne suis pas… Je ne m'intéresse pas aux mecs ! »
« Alors prouve-le ! »
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« Je ne te comprends pas Lily, » fit remarquer Swann alors que les deux jeunes filles s'avançaient dans le hall. « Je veux dire, l'année passée, tu étais amie avec eux et vous étiez tout le temps fourrés ensemble. Tu as même organisé la fête d'anniversaire de Sirius chez toi ! »
Lily grimaça. Elle détestait cette conversation. Elle avait beau beaucoup aimer Swann, elle s'entendait bien avec elle, revenir à chaque sur le sujet 'pourquoi fuis-tu Potter ? ' était ennuyant à la fin.
« Swany, je te l'ai déjà dit cent fois - »
« Je sais, James Potter a fait quelque chose d'horrible, tu ne veux plus entendre parler de lui et tu le bats à la course parce que tu te lèves tous les matins à six heures pour aller jogger une heure avant le déjeuner depuis que tu as huit ans, » récita la brunette en levant les yeux au ciel.
Lily rit et prit son amie par les épaules. Amie. Ce terme sonnait bizarrement dans sa tête. Elle se souvenait encore de la Swann de première, qui était figée de peur et de timidité, elle n'osait pas dire un mot plus haut que l'autre, elle acceptait tout ce qu'on lui disait sans rechigner. Si Fagnes n'était pas intervenue à temps, Shaïni lui aurait aussi teint les cheveux en blond dès onze ans, ayant en tête de créer la 'bande des blondes de Gryffondors'.
Maintenant, Swann avait pris sur elle, était restée brune et osait donner son avis quand Shaïni n'était pas là. Mais malgré les années, la sulfureuse Shaïni Smith, surnommé miss SS et à raison par quelques autres filles, gardait un pouvoir presque total sur Swann.
Les deux jeunes filles rentrèrent dans la salle commune, Lily aperçut les maraudeurs attablés, elle s'empressa de monter au dortoir avant que James ne l'attrape. Elle ne voulait pas l'entendre. Cette fois, c'était passé juste, il l'avait frôlée. Lily ressentit un frisson lui remonter le long du dos et se maudit.
Jamais elle ne s'était sentie aussi humiliée et utilisée que le jour où il avait décrété avec un air perdu 'que s'embrasser' avait été chouette et qu'il faudrait recommencer un jour, si elle avait envie. Et pourtant, elle continuait à se sentir bizarre quand Potter la touchait. C'était tout bonnement horrible; il fallait absolument qu'elle reste à distance de lui et qu'elle n'écoute pas ses excuses, parce qu'elle pourrait craquer et qu'elle refusait de craquer pour ses beaux yeux chocolats.
Arght ! Mais qu'est-ce qui lui avait pris d'embrasser son meilleur ami et d'aller jusqu'à accepter de sortir avec lui alors qu'elle savait parfaitement que ce n'était qu'un menteur et manipulateur question filles… Elle qui avait pitié de toutes ces pauvres écervelées qui se faisaient avoir par le baratin de James, elle avait fait tout juste pareille et ses paroles l'avaient envoûtée.
Mais comment aurait-elle pu penser qu'il se moquait d'elle ? Franchement, elle croyait qu'ils étaient amis – et les amis ne se conduisent pas comme ça. Et on ne pardonne pas à des amis qui se comportent de la sorte. On n'écoute même pas leurs excuses. C'est inutile.
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James se promenait seul dans le parc, les mains dans les poches, réfléchissant intensément à un plan pour forcer Lily à l'écouter. Sirius avait refusé d'utiliser une fille aussi, et parfois James venait à se demander si son meilleur poteau n'avait pas juste peur de la gente féminine… Il se rétractait et s'enfermait dans une coquille à chaque fois qu'on parlait d'elle…
Bon, bien sûr, ils auraient très bien pu simplement demander à une fille de faire ça pour lui rendre service mais James savait que ça ne marchait pas comme ça – il fallait toujours quelque chose en échange avec elles.
« Salut ! » Il sursauta et se retourna. Ce devait être ce qu'on appelle couramment 'un coup de pouce du destin'. Une jeune fille était apparue à côté de lui, ils faisaient la même taille, elle avait de beaux cheveux noirs, lisses, de grands yeux bleus expressifs et un petit nez aquilin à croquer. James lui sourit, retrouvant les mécanismes de séduction qu'il avait maintes fois employés l'année précédente.
Peut-être qu'il avait besoin de sortir avec quelqu'un pour s'occuper un peu l'esprit. « 'Lut. »
« Je m'appelle Katinka Tarakova, on raccourcit à Kat d'habitude. » Elle lui sourit, il y avait une minuscule faille entre ses deux incisives qui ne faisait que la rendre plus mignonne. James se demanda pourquoi il ne l'avait jamais remarquée avant alors qu'elle semblait être chez Gryffondor. « Je t'ai vu marcher tout seul et je n'ai pas pu m'empêcher de venir te voir. »
« Katinka, » fit-il pensivement en se remettant à marcher à ses côtés. « C'est russe ça ? »
« Oui ! » s'exclama-t-elle, ravie. Et elle commença à lui parler de ses origines et de sa famille. James posait quelques questions mais intérieurement, il grimaçait. Il avait oublié à quel point les filles pouvaient être bavardes quand elles s'y mettaient. Lily ne parle pas comme ça, ne put-il s'empêcher de penser avant qu'une petite voix sournoise le corrige. Elle ne te parle plus du tout !
Lorsque la sonnerie retentit, il jeta un regard paniqué à la distance qu'il restait entre lui et la salle de métamorphose, comprenant qu'il ne serait pas à l'heure. Avec un rendez-vous fixé au soir même dans la salle commune, il s'enfuit en courant, traversa la moitié du château pour arriver devant la porte quelques secondes après que McGonagall l'ait fermée. Il s'appuya au chambranle, reprenant son souffle, quand une personne arriva devant lui. Lily.
« Il faut qu'on parle, » s'enquit-il directement en s'approchant et oubliant qu'ils auraient dû être en cours
« Tu me touches Potter et tu te reçois la plus belle gifle de ta vie, compris ? » lui répondit-elle agressivement en reculant d'un pas.
Il ne put s'empêcher de sourire à la réplique. « Pourquoi Potter ? » puis, sans plus prêter garde à sa menace, il lui attrapa le bras dans le but de l'emmener là où ils pourraient discuter.
CLAC !
Un éclair de fureur traversa les yeux de Lily et elle se détacha de lui. « Ça fait un bien fou. » James porta sa main à sa joue, juste pour vérifier qu'il n'y avait pas un trou béant à l'endroit où elle avait frappé. Elle ne l'avait jamais frappé avant. Personne n'avait eu le cran de le faire, à part sa mère quand il était enfant.
Cette fille était folle. « Maintenant tu m'excuses, j'ai cours. »
Elle ouvrit la porte et s'excusa auprès du professeur tandis que James l'observait s'avancer dans la classe. Elle était imprévisible, tempétueuse… et jamais il ne pourrait se passer d'elle.
Le soir venu, il rejoignit la salle commune, empli d'un sentiment étrange. Il n'avait jamais aussi peu écouté en classe. Il avait observé Lily.
Les cheveux de Lily qui ondulait très légèrement contre son dos.
Les mains de Lily qui agissaient avec précision et efficacité, ses doigts pliés harmonieusement autour de sa plume, la finesse de son poignet.
Le chemisier blanc de Lily qui lui avait fait monté le rouge aux joues à chaque qu'il s'imaginait quels trésors il cachait.
Les jambes de Lily qu'elle croisait et décroisait au cours des heures de cours pour s'éviter les courbatures et les engourdissements.
La bouche de Lily qui s'étirait en sourire quand Swann lui murmurait quelque chose à l'oreille, qui s'agrandissait de stupéfaction quand les professeurs laissaient échapper des informations quant à la difficulté des buses, ses lèvres qu'elle pinçait, mordait, léchait.
C'était un coup de coude de Sirius qui l'avait ramené à la réalité en classe d'enchantement. Ça lui avait fait l'effet d'une douche froide : il était en train de fantasmer sur Lily Evans, son amie depuis quatre ans. Cette impression l'avait laissé dans le gaz pour quelques heures encore. Qu'est-ce qui lui arrivait, bon sang ?
« Quenilles et farandoles. » A peine eut-il passé le portrait qu'une jeune fille aux cheveux noirs et aux yeux bleus lui sautait dessus, lui demandant si il avait envie de se promener avant le couvre-feu. James, bien qu'un peu étourdi, déposa son sac à côté de Peter puis suivi Kat vers l'extérieur. Il croisa le regard vert émeraude de Lily qui était au pied de son dortoir et ressentit une vague de culpabilité le traverser. Sans qu'il ait le moindre indice du pourquoi.
« Je suis désolée d'être si entreprenante et envahissante, » commença tout de suite à parler la fille alors que James faisait des efforts pour reconnecter avec la réalité. « Mais j'ai beaucoup de travail ce soir et je travaille mieux après une petite marche dans le château. »
« Oui, moi aussi, » s'entendit-il répondre d'une voix absente. L'image d'une Lily de quatorze ans se penchant vers lui pour lui donner son premier baiser se forma dans la tête de James et il sentit une douce chaleur lui remonter le dos… Après, il se rendit compte que Katinka le frictionnait.
« Ca va ? T'as l'air tout bizarre, » demanda-t-elle avec une mine inquiète. Il cligna des yeux, essayant de se reprendre en main, et acquiesça. Ils reprirent leur chemin. Kat remplit son rôle de femme à la perfection, James dut peut-être dire cinq phrases sur la demi-heure qu'ils partagèrent.
« Bon, ben, j'ai passé une bonne soirée, » murmura la jeune fille en arrivant à proximité du portrait.
« Il est seulement cinq heures et demi tu sais ? » fit remarquer le jeune homme, alors qu'elle rougissait et regardait le sol de manière gênée.
Oh… C'est là que James se rendit compte qu'elle attendait qu'il fasse le premier pas. Il s'approcha d'elle, lui prit les mains et murmura : « Oui, moi aussi. On remet ça demain soir si tu veux ? »
« Bonne » Elle releva la tête et déglutit. « Bonne idée. » Il déposa un bisou à la commissure de ses lèvres puis se recula et commença à rentrer, sachant parfaitement qu'elle allait passer la nuit à se demander ce que signifiait ce contact pour lui. Les filles étaient tellement prévisibles. Une facilité d'enfant de leur faire se faire des films.
Mais elle tua toutes ses théories dans l'œuf quand elle attrapa son poignet, l'obligeant à se retourner et posa ses lèvres sur les siennes. D'abord surpris, il se reprit et passa sa main dans son dos en appliquant de légères et plus fortes pressions sur sa bouche. Un gémissement échappa à Kat. Il sourit. Grâce à Lily, il savait exactement ce que les filles attendaient d'un bon baiser… C'est pas pour rien qu'il était surnommé le 'Roi du Baiser'. Il embrassait réellement bien, et il le savait.
Les mains perdues dans sa chevelure ébène, il ne put s'empêcher de sourire quand il sentit une petite langue hésitante caresser sa lèvre inférieure. Il entrouvrît la bouche, libérant le passage, quand une nouvelle image s'imposa à son esprit, celle de lui et Lily enlacés dans le train et s'embrassant de cette façon-là… non, plus sensuellement, plus doucement.
Un camion de sensation le traversa en un instant. Le parfum de Lily, léger et fruité. Un parfum d'ado qui lui correspondait tellement. Fraise et mûre.
La douceur de sa joue, la rapidité de son pouls sous ses doigts, le velouté de sa peau.
Le goût de ses lèvres, délectable mélange de son gloss fruit des bois et d'elle, juste Lily, douce et délicieuse dans tout ce qu'elle faisait.
Un long et profond frisson le traversa et il sentit le nom de son amie prêt à franchir ses lèvres dans un soupir. Lily…
Il ouvrit les yeux et rencontra une masse de cheveux noirs.
Ouah. Il se recula vivement, perdu et choqué, se demandant d'où venait cette scène qu'il n'avait pas vécue. Et pourquoi pensait-il à ça maintenant ? En face de lui, Kat avait également l'air de ne pas comprendre.
« Désolé. » Il se recula, passa sa main dans sa nuque.
« J'ai fait quelque chose de mal ? »
« Non, non, c'est moi, » la rassura James comme il pouvait, il ne se sentait pas vraiment à son aise comme ça. « J'ai des soucis en ce moment, j'arrête de penser à tout ça, ça m'embrouille. » Il sourit timidement. « J'suis désolé, je crois que je n'ai pas la tête à sortir avec quelqu'un en ce moment… »
Il se secoua, se demandant si ce qu'il avait aperçu dans son esprit serait un souvenir du voyage dans le Poudlard express. Auquel cas, lui et Lily seraient… sortis ensemble ? Ça, c'était franchement bizarre à penser, après tout, Lily était son amie, juste son amie, non ? Mais toutes ces choses qu'il avait ressenties… ce ne serait que son imagination ? Il serait capable d'inventer des fantasmes pareils… à propos de sa meilleure amie ? Plus que jamais, il DEVAIT discuter avec elle.
« C'est à cause de Lily Evans ? » l'interrompit la voix de Kat alors qu'il allait pénétrer dans la salle commune. Il se figea et se retourna vers la jeune fille, pleine de surprises. « J'ai vu comme elle te snobe en ce moment. »
« Oui, disons qu'on a eu quelques problèmes depuis la rentrée. » James soupira et mit les mains dans les poches. « Le problème, c'est qu'elle s'enferme dans son dortoir là-haut et que j'ai aucune chance de pouvoir lui parler… Si seulement elle me laissait lui expliquer ce qu'il s'est passé, Quenilles et farandoles. »
Kat le suivit à l'intérieur et le retint par le bras juste au moment où il allait rejoindre les autres garçons. « Si je peux t'aider d'une quelconque façon… »
James la regarda, un sourire aux lèvres. « Tu ferais ça ? »
« Bien sûr. » Elle haussa les épaules. « Si on sort ensemble après. »
Il la regarda un instant médusé puis éclata de rire. « Tu es surprenante Kat. » Il la prit par les épaules et l'amena en face des escaliers qui montaient vers le dortoir des filles. « Le truc, c'est que j'ai besoin d'un espion là-haut, pour savoir exactement quand Lily va passer devant un pièce vide – pour la kidnapper et l'obliger à m'écouter. »
« Sauf que je suis en quatrième James, » fit remarquer la jeune fille. « Je vais pas me présenter là-haut et lui demander son emploi du temps ? »
« Tu pourrais convaincre une de ses copines tu crois ? »
Katinka fit une moue avec le visage, en fixant James droit dans les yeux. « Si tu me promets une récompense, je pense que je pourrais faire ça, oui. »
James sourit encore, puis effleura le lobe de l'oreille de la jeune fille des lèvres. « Tu t'en souviendras toute ta vie… »
« Miss SS m'en doit justement une. » Et elle s'éloigna vers la blonde, laissant James souriant et fier de lui. Maintenant, restait plus qu'à se mettre au clair avec lui-même… Que se passait-il pour qu'il pense tout le temps à Lily comme ça ?
oOoOoOoOoOo
« Swann, chérie. » Shaïni passa la tête dans l'embrasure de la porte du dortoir et sourit d'un air affligé en voyant la jeune fille couchée sur le lit d'Evans. A côté de la brunette, la dite préfète terminait un devoir tout en discutant avec Swann. « Je dois te parler. »
« Nous parlons déjà, » fit remarquer la rousse en arquant un sourcil. Shaïni sourit et fit un mouvement de la main, faisant cliqueter ses bracelets. Cela signifiait clairement que ce Lily Evans pouvait avoir à dire était bien moins intéressant que tout ce que elle, Shaïni Smith, aurait à dire.
« Mais elle va venir parler avec moi, » affirma-t-elle en fixant Swann directement dans les yeux. Elle semblait hésiter. « N'est-ce pas chérie ? » insista quand même l'intruse.
« Tu n'es pas obligée de lui obéir, » ajouta encore la rouquine sous la moue de dégoût de sa camarade de chambre. Shaïni ne pouvait pas voir Lily en peinture : elle ne faisait aucuns efforts de style, criait, se dégradait, rigolait à gorge déployée, ne faisait rien pour se rendre désirable et sexy… et traînait avec les trois mecs les mieux foutus de Poudlard ! Tandis que elle, Shaïni, qui passait des heures à s'apprêter, s'habiller, se maquiller, s'entretenir, avait eu droit à une micro relation de trois jours avec Potter l'année précédente ! Le monde était mal fait quand même.
« Je reviens, » finit par décider Swann sous le regard affligé de Lily qui ne comprenait pas pourquoi elle se laissait faire.
Les deux filles s'enfermèrent dans la salle de bain, qu'elles savaient équipée d'un sort antibruit. « Nous allons tendre un piège à Evans, » commença tout de suite Shaïni.
« Non ! » se défendit Swann, elle récolta un regard noir et répéta, plus doucement : « Non, je ne veux pas. »
« Mais on va quand même le faire. » Elle s'approcha de la brunette et l'obligea à la regarder dans les yeux. « N'est-ce pas qu'on va le faire, ma puce ? »
Swann déglutit, puis prit sur elle. « Lily est mon amie, je ne la trahirai pas ! »
« Ton amie ? » La blonde rigola, de manière éphémère, comme le rire des grandes dames. « Laisse-moi rire, tu n'es qu'un bouche trou, Swann, ouvre les yeux enfin ! »
« C'est faux. » La main sur la poignée de la porte, elle eut tout de même un doute. « Lily est amie avec moi, c'est une fille géniale, elle me laisse parler, elle est drôle et intelligente. Tout ton contraire ! »
« Elle avait besoin de quelqu'un pour ne pas être seule et elle t'a choisie parce qu'elle sait que tu es vulnérable et que tu laisses marcher sur les pieds ! »
« On s'est découvert une passion commune pour la musique moldue, c'est tout. Et ce que tu dis est faux, je ne suis pas la roue de secours ! »
« Si elle se réconcilie avec les garçons, » fit remarquer Shaïni, « elle ne saura même plus comment tu t'appelles. »
« Tu dis n'importe quoi ! »
« Très bien, dans ce cas, tu vas m'aider à faire pardonner Potter et on verra si elle reste avec toi ! »
« J'avais dit non… »
« Tu crèves d'envie de savoir, Swann. » Elle poussa la jeune fille et ouvrit la porte, croisant le regard d'Evans qui attendait. « Demain, sur la pause de dix heures. » Et elle quitta la pièce, fière de ses pouvoirs de manipulatrice.
oOoOoOoOoOo
« Sirius Black ! » La voix haute perchée du professeur Gibbon fit sursauter Sirius. Il releva le regard vers elle, la fixant directement droit dans les yeux. Pas que Sirius était arrogant mais il ne voyait pas de mal à fixer les gens droit dans le regard quand ils vous parlaient. Au contraire, ça lui semblait respectueux.
Il ignorait juste à quel point ses regards pouvaient être profonds et intimidants.
Lévina Gibbon baissa les yeux sur la copie du jeune homme, plus pour se reprendre en main – Tu n'as pas à être mal à l'aise face un étudiant bon sang ! – que pour confirmer ses doutes. « Êtes-vous en train de tricher à mon cours ? »
Le jeune homme lui adressa un sourire assuré et acquiesça en sortant son livre de sous le banc. « Désolé m'dame, un plan de maraudeur à finir hier soir, pas eu le temps d'étudier. »
Elle arqua un sourcil. « Eh bien, vous marauderez dans mon bureau samedi soir ! » Elle commença à s'éloigner puis, se retourna : « En fait, ce sera plutôt vendredi soir, je suis occupée samedi. »
Il y eut quelques sifflements dans la classe qu'elle fit taire d'un regard. Pas que ça la dérange que ses étudiants s'imaginent qu'elle avait rendez-vous – puisque c'était le cas – mais parce qu'ils étaient censés être concentrés sur ' les points communs et les différences entre les harpies et les chimères'.
« Je crains que ça ne soit pas possible, madame. » Sirius s'adressa à elle avec un sourire défait, semblant la mettre au défi. « Samedi convenait mieux, vendredi, je suis occupé. »
« Eh bien, monsieur Black, vous direz à votre petite amie que vous devez reporter votre entrevue à un autre jour, les retenues ne sont pas données selon votre agenda, mais le mien. »
Sirius resta figé un moment puis éclata de rire, surprenant la jeune prof. Au fond d'elle, elle devait admettre qu'elle aimait bien ce Sirius Black, il lui était sympathique et lui rappelait un garçon dont elle avait été amoureuse à l'école.
« Ma petite amie ? Désolé madame, je ne crois pas que le professeur Chourave voit les choses de cet œil. »
Lévina se mordit la lèvre, puis prit son agenda dans son sac et, s'apercevant que tout le monde la fixait, déclara : « Vous resterez après le cours, Sirius, nous trouverons bien un arrangement. »
Il acquiesça à nouveau, échangea un clin d'œil avec Potter qui était assis juste devant lui et appuya sa tête sur le bureau. Lévina Gibbon soupira et descendit les yeux sur la copie d'un de ses meilleurs élèves. Il était juste écrit :
« Je me demande quand vous allez venir m'arracher ce parchemin des mains, je sais que vous m'avez vu et maintenant, j'attends la retenue. Vous savez, c'est une bonne façon de passer ses soirée, les retenues, j'ai pour bonne résolution cette année de battre mon record (l'année passée, c'était quand même une moyenne de 2,6 par semaine). Au moins, ça évite à toutes ces filles de venir me casser les oreilles à glousser… Je me demande si vous gloussiez à l'école ?
Donc, de quoi pourrais-je encore vous parler ?… Avez-vous lu cet article sur l'utilisation du ridiculus contre les détraqueurs ? D'après l'auteur, ça n'a pas autant d'effet qu'une bon patronus, mais ça aide pour ceux qui ne le maîtrise pas, puisque le rire est quand même un bon moyen d'avoir moins peur.
Ne me dîtes pas que vous allez me laisser tricher impunément madame Gibbon, je sais que vous m'avez vu ouvrir mon livre sur mes genoux… J'attends !
Au fait, vous êtes mariée ? Je suppose que oui, vous semblez jolie – pas que je prête attention à ça envers mes profs, mais quand même…
Alors, j'aurai quoi ? P ou T ? Je me disais qu'on devrait inventer une nouvelle côte, vous et moi… I comme incôtable, insoutenable, inapproprié,… indétrônable aussi
Ah vous approchez ! Entre nous, c'est pas trop tôt »
La rédaction s'arrêtait là. La cloche sonna, les élèves vinrent déposer leurs copies sur son bureau et quittèrent la pièce. Resta Sirius Black, la tête appuyée sur son pupitre, et au premier banc, Lily Evans qui grattait furieusement sur sa feuille, se dépêchant de finir. La jeune fille rousse se leva, envoya un sourire crispé à la prof, secoua Sirius par l'épaule puis elle prit une grande inspiration et Lévina la vit se mettre à courir un sprint pour traverser le couloir. Elle ne chercha pas à comprendre.
« Professeur ? » Sirius se leva, et vint se mettre devant elle. « Quand dois-je venir pour notre petit tête à tête ? »
Sursautant, la jeune femme releva son regard sur son élève et se sentit troublée par ce elle-ne-savait-quoi de charme chez Sirius Black. Elle se mordit la lèvre, il a quinze ans, Léa !, et se reprit aussitôt. « Bien, monsieur Black, aucun de mes samedis soirs n'est libre, c'est mon jour de sortie. »
« Et je n'ai plus aucun vendredi jusque Novembre. »
« Que pensez-vous du mercredi ? »
« Quidditch. »
Elle releva la tête du son agenda. « Je ne savais pas que vous pratiquiez. »
« Moi pas, James oui. Il faut quelqu'un pour le soutenir moralement. »
« Arrêtez ça tout de suite, Black ! »
« Quoi ? » demanda le jeune homme avec un air angélique qui ne trompait personne.
« De vous payer ma tête. De me tester. D'être si arrogant alors qu'il n'y a vraiment pas lieu. Et ce genre de choses. » Elle secoua sa rédaction devant ses yeux. « C'est la dernière fois que j'en ai une, compris ? Rendez-vous dimanche prochain, 19 heures, soyez à l'heure. Et reprenez votre parchemin, je l'ai corrigé. »
Sirius haussa les épaules, attrapa sa feuille et sortit de la classe vide en sentant le regard de la femme peser sur son dos. Il baisa les yeux et, dans le coin supérieur gauche, trônait la note I…
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Lily marchait lentement vers la volière, essayant de faire le moins de bruit possible. L'ambiance dans le dortoir était devenue un peu trop électrique pour elle. D'après ce qu'elle avait compris, miss SS, Shaïni Smith était en train de faire du chantage à Swann pour l'obliger à faire quelque chose qu'elle ne voulait pas et Swann, malgré l'aide de Lily, ne parvenait pas à résister contre la blonde.
Et puis, il y avait toute cette histoire avec Katinka. Ce n'était pas grand-chose pourtant, elle l'avait juste aperçue sortir de la salle commune main dans la main avec Ja – Potter. Mais la douleur qu'avec ressentie Lily à cet instant était inadmissible. Elle se demandait vraiment si c'était juste une question d'ego malmené ou bien si elle entretenait des sentiments pour lui. Ce qui était définitivement une mauvaise chose.
Et Lily avait beau se protéger de lui autant qu'elle pouvait – elle avait même dressé une liste de tous ses défauts pour se mettre en tête à quel point Ja-Potter n'était pas un bon ami – elle ne pouvait pas empêcher les rêves d'elle et lui ensembles de venir la troubler.
Et puis, le pire, c'est qu'elle n'avait personne à qui parler. Elle commençait à peine à s'entendre avec Swann et ne lui avait rien dit quant à ce qui était arrivé dans le train. En fait, elle n'avait rien dit à personne. Mais maintenant, ça devait trop. Lily avait besoin de conseils avisés. Elle avait donc écrit une lettre à Pétunia.
Elle tourna à l'angle du couloir, salua Boris le Hagard d'un signe de tête puis jura. Sirius se tenait devant elle, bloquant le passage et apparemment décidé à ne pas bouger. Elle se retourna rapidement, prête à s'enfuir de là où elle venait, mais Remus y avait élu domicile. Elle n'eut même pas à attendre de se retourner vers le troisième couloir pour savoir que Peter y serait.
Dans le silence, une porte s'ouvrit et elle aperçut une ancienne salle de classe vide – avec James Potter assis sur un bureau qui lui faisait signe d'entrer.
« Je ne veux pas entendre tes excuses minables ! » cria-t-elle d'emblée et alors qu'elle allait se mettre à courir loin d'ici, Sirius et Remus la soulevèrent par les bras et la firent rentrer de force dans la classe sous ses cris.
Elle se débattit jusqu'au moment où, parvenue devant Potter, il murmura : « Ne m'oblige pas à te figer Lily. »
Elle se stoppa et se détacha de Sirius et Remus qui rejoignirent Peter dans le couloir, toujours sans un mot. La porte se ferma. Lily se retourna vers James, rageuse.
« Laisse-moi sortir ! »
« Non. » Il descendit du bureau pour s'accoster à une fenêtre avec un air pensif, puis il se retourna vers elle. « J'étais en retard, je courais sur le quai pour passer la barrière, il était onze heures moins deux. Puis, il y a ce train moldu qui est arrivé, et des dizaines de moldus en sont sortis, et le quai était bondé, je ne savais plus avancer. Et j'ai bousculé ce mec avec un dragon sur la tête je crois.
Il avait une mallette qui est tombé sur le sol et des liasses de papier vert en sont sorties, je l'ai aidé à ramasser et en échange, il m'a donné ces trucs. »
James sortit de sa poche un petit sachet avec une pastille blanche à l'intérieur, sous le regard surpris de Lily qui se décida à ne rien dire pour pouvoir sortir le plus vite possible. James reprit.
« Il a dit que c'était pour la chance et le bonheur. Tu sais que j'ai jamais été vif d'esprit, Lil, et il a sonné onze heures alors j'ai avalé une de ces pastilles, sans réfléchir plus. J'avais réellement besoin de chance pour que le Poudlard Express ne soit pas parti. Et j'ai passé la barrière à onze heures deux, et il était toujours là ! Puis, je me suis réveillé à l'infirmerie. »
Lily releva la tête. « Quoi ? »
Il haussa les épaules avec un sourire désolé. « J'aurais dû te le dire plus tôt, tu ne m'as juste pas laissé le temps. Je ne me souviens de rien de ce qui s'est passé dans le train. Alors si j'ai dit ou fait quelque chose qui t'a blessée, j'en suis profondément désolé. »
La gorge sèche, elle leva le regard vers lui avant de murmurer : « de vraiment rien ? »
Il secoua la tête. Elle ressentit l'horrible besoin de rire de dérision. C'était tellement… stupide ! Il avait oublié – tout bonnement pfiu ! Aucuns souvenirs. Elle qui s'était torturé pendant des jours pour savoir pourquoi il avait été tellement odieux – et il ne savait même pas qu'ils s'étaient embrassés et qu'il lui avait fait une pseudo déclaration d'amour ! Elle l'observa, qui attendait sa réaction, puis baissa les yeux sur le sachet.
« Qu'est-ce c'est ? »
« Ecstasy. » Lily retint un hoquet. « Ça a interagi avec mes pouvoirs magiques pour donner l'épave que tu as rencontré si j'en crois les dires de Sirius. »
« Mais c'est dangereux ! » Elle releva les yeux sur lui, inquiète. « Tu aurais pu perdre tous tes pouvoirs !… Merlin »
« Je vais bien Lily. » Il posa sa main sur son épaule et elle retint juste à temps le frisson et le souvenir de ses mains se posant autre part sur elle – il avait oublié, et elle devait faire de même ! « C'est bon de t'entendre me parler à nouveau. »
Elle acquiesça avant de se retourner vers lui, gênée. « Je suppose que c'est moi qui devrais m'excuser pour avoir réagi comme ça mais… c'était juste… il s'est passé quelque chose et ça m'a blessée James. »
« Qu'est-ce que j'ai fait ? »
« Peu importe. » Il lui fit les gros yeux. « Je ne te le dirai pas, d'accord ? C'est juste cette chose qui s'est passée, et maintenant, je vais l'oublier aussi, et c'est fini. »
« Simplement ? »
« Juste comme ça. » Elle sourit, se pinçant les lèvres. Elle avait vraiment agi comme une cruche ! Elle savait parfaitement que James ne lui aurait pas fait ça, non ? Elle aurait dû se douter de quelque chose comme ça.
Elle posa la main sur la poignée, prête à sortir et à aller s'excuser près des trois autres, mais James l'interrompit. « Lily, est-ce que… est-ce qu'on s'est embrassé ? » entendit-elle la voix timide demander.
Elle se figea, une boule se formant dans la gorge. « D'où te vient une idée pareille ? »
« Des images qui me sont revenues, » murmura-t-il puis il ajouta, plus pour lui-même : « Hier, en embrassant Kat, je nous ai vus… »
Lily éclata d'un rire forcé et ouvrit la porte en clôturant la conversation. « Rien de tout ça, James. Et ne m'inclus pas dans tes fantasmes avec Tarakova ! »
Remus et Sirius échangèrent un sourire en les entendant plaisanter… comme au bon vieux temps. Tout était enfin redevenu normal.
Le lendemain, quand Swann sortit du lit pour aller se doucher, elle aperçut Lily, prête à sortir de la pièce. « Ben, on déjeune pas ensemble ? » questionna-t-elle perdue. La rouquine releva un regard joyeux vers elle, lui souriant.
« J'ai rendez-vous avec les garçons en bas, à plus ! » Et elle quitta le dortoir, laissant Swann observer l'endroit vide où Lily s'était tenue. Shaïni, qui était en train de choisir ses sous-vêtements avec soin, lui envoya un regard moqueur.
« Je t'avais prévenue. »
« C'est bon, » coupa Swann, énervée de s'être encore faite utilisée. Comment Lily avait-elle pu se servir d'elle comme ça ? La brune respira un bon coup puis releva le regard sur Shaïni qui la fixait toujours de son air hautain. « Tu me pardonnes ? »
« De m'avoir abandonnée pour cette garce de rousse ? » La blonde éclata de rire. « Tu plaisantes, Swann ? Il est hors de question qu'on redevienne copines. »
« S'il te plaît ? » Elle leva un regard suppliant vers l'autre fille, se maudissant intérieurement pour s'écraser comme ça. Mais elle ne supportait pas d'être seule, et Fagnes, Kessy et Shaïni étaient tout le temps fourrée ensemble, le groupe des filles de Gryffondor. Tant que miss SS ne la réacceptait pas, elle serait seule.
Shaïni sourit d'un air cruel. « Tu feras mes devoirs pendant les deux semaines à venir. Après, j'évaluerai si tu peux revenir dans le groupe. »
Swann baissa la tête, au bord des larmes. A noter de ce jour, elle détestait tout ce qui avait trait à Lily Evans.
oOoOoOoOoOo
Lily était assisse à la table basse, dans la salle commune, entre Sirius et Remus. Jouer à trois aux échecs pour enfin arriver à battre Peter n'était pas si facile que ça. Sirius était kamikaze, Remus simplement nul et Lily stratège – mais sur le court terme. Face à eux, Peter souriait et éclata carrément de rire quand il déclara : « Echec et mate. »
Remus secoua la tête tandis que Sirius s'écriait : « C'est de ta faute ! Si tu m'avais laissé avancer le soldat aussi ! »
« Je croyais que c'était des pions ! » se plaignit Remus qui avait vraiment du mal avec les règles. Lily secoua la tête puis elle se figea quand elle vit rentrer Kat comme une furie et James derrière elle. Ça faisait tout juste deux jours qu'ils étaient ensemble et à chaque fois qu'elle voyait ensemble, Lily avait l'impression d'être au bord de la nausée. Elle faisait des efforts considérables pour ne pas se montrer agressive ou jalouse. Après tout, Kat était une chouette fille.
Sans entendre ce qu'ils disaient, ils aperçurent la russe retourner une gifle à James avant de hurler : « Va donc la retrouver si tu l'aimes tant ! » et monta à son dortoir. James vint s'asseoir près d'eux, les épaules basses.
« J'ai toujours dit que les filles étaient une source de maux sans fin, » déclara doctrinalement Sirius en se recevant une tape de Lily.
« Qu'est-ce que t'as encore fait ? » demanda celle-ci en observant James qui était dans ses pensées.
« Rien ! » se défendit-il. « J'ai juste – je me suis trompé, ça peut arriver à tout le monde non ? »
Peter fronça les sourcils « Trompé ? Tu veux dire… »
« Oui, de prénom, » avoua James tandis que Remus se bidonnait. Lily secoua la tête, désespérée.
« Kat était bien pourtant, c'est la première avec laquelle tu sors qui aurait pu te convenir, James. » Elle le vit rougir et détourner le regard, mais ne fit pas de commentaires. « Je veux dire, qu'est-ce qui clochait avec elle ? »
James respira, comme s'il cherchait de l'inspiration, et finit par décréter :
« Elle n'était pas toi. »
Dedicate everything I create
To my friends I would die for
But you will always the one
Memories That you can't overrun
Memories I could cry for
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