Trop gentille pour toi, Potter !

Chapitre 6 (2/2)

(Tête-à-tête)

« Peter est où ? »

« Avec Olga tiens. Quelle question ! »

« Évidemment. Et Remus ? »

« Une fille de Serdaigle aussi. Je me demande si c'est pas une copine à Olga. »

« On finira par faire des sorties groupées… Et Sirius ? »

« Ahah… En retenue avec Gibbon ! »

« C'est pas juste ! Ils sont tous en train de s'amuser et de flirter et nous, on est là, à s'ennuyer. »

« On peut flirter si tu veux. »

« Même pas en rêve Potter. »

« Oh que si… Surtout en rêve Evans. »

James et Lily échangèrent un regard complice et se sourirent. Ils étaient tous deux assis à une extrémité d'un fauteuil de la salle commune et ils étaient seuls tous les deux. Pour peu, ils auraient pensé que c'était fait exprès, mais ça ne l'était pas. Les trois autres garçons avaient juste d'autres filles de qui s'occuper.

« Une partie d'échec ? » proposa Lily en s'asseyant sur le sol, face à la table basse. James la rejoignit immédiatement mais sans vraiment attention à ce qu'il se passait autour de lui. Il semblait perdu dans ses pensées. Lily laissa ses yeux errer sur son visage qui perdait ses traits juvéniles un peu plus chaque jour. Sa bouille ronde et souriante d'enfant devenait carrée, ses mâchoires se dessinaient dans ses joues de plus en plus ciselées et ses lèvres s'affinaient. Ses sourcils étaient plus fournis et ses cheveux descendaient plus bas dans ses favoris.

C'était étrange, songeait Lily, de voir son ami se transformer quasiment sous ses yeux. James était en pleine crise de croissance également et lui qui avait toujours été un des plus petits de leur groupe était en passe de devenir le plus grand. Elle aurait bientôt besoin de se mettre sur la pointe des pieds pour être à la même hauteur de lui…

Après avoir James observer Grasselet la veille, Lily avait décidé qu'elle n'allait pas laisser un rêve dicter sa vie, et qu'elle avait envie d'être avec James, et tant pis si ça leur coutait leur amitié puisque de toute façon, leurs rencontres n'étaient déjà plus que tensions et remarques maladroites. Elle n'avait pas envie de continuer à se priver de quelque chose qu'elle désirait avec tant de force que ça lui faisait peur.

« Lily, t'es là ? » demanda James en agitant une main devant ses yeux et elle reprit contact avec la réalité. Avec James, assis devant elle, attendant qu'elle place ses pièces sur l'échiquier.

« Ouais, je me demandais juste pourquoi toi et Sirius semblez passez tellement de temps à la bibliothèque ces derniers temps, » déclara-t-elle, et ce n'était pas vraiment un mensonge. Elle n'osait imaginer ce qu'ils préparaient et qui demande tant de préparation et de recherches. Les connaissant, elle pouvait bien prévoir de se trouver un abri antiatomique...

« On essaye de découvrir le secret de Gibbon, » répondit James en entamant la partie.

Lily leva les yeux au ciel. « Dans des livres ? »

« De vieux albums de l'école, » corrigea-t-il en fronçant les sourcils. Lily ne se donnait pas la peine d'être vraiment attentive : chaque fois qu'elle essayait de mettre au point une stratégie, elle perdait lamentablement. Jouer les kamikazes était bien plus efficace contre James.

« Et vous cherchez quoi, exactement ? »

James releva la tête et la dévisagea, comme s'il essayait de déterminer s'il pouvait ou non la mettre au parfum. « T'as déjà entendu parler d'une élève s'étant fait renvoyée de l'école parce qu'elle était enceinte ? »

« Léa-Maria Silvermann ? » demanda Lily et à voir la tête de James, c'était exactement d'elle qu'il parlait. « C'est une rumeur entre les préfets. »

« Une rumeur ? »

« Ouais. On continue à faire circuler l'histoire pour se faire peur. Tu sais, comme une histoire d'épouvante au coin du feu. » Il ne sembla pas comprendre. « Parce qu'elle s'est faite renvoyée. James, c'est le pire cauchemar de tout préfet digne de ce nom ! »

« Ah, ouais. Évidemment. »

Il ne semblait pas très convaincu.

« Elle était préfète, elle aussi. Serpentard. Et elle sortait avec un autre préfet. Gryffondor. Ils étaient fous amoureux et super bon élèves et tout. Jusqu'au jour où elle est tombée enceinte et… Ben, disons qu'encore aujourd'hui, son comportement jette l'ombre sur notre réputation, tu vois ? C'est déjà pas rien qu'une élève tombe si bas, mais une préfète… »

James avait attrapé son cavalier, prêt à le déplacer, mais c'était figé la main en l'air et regardait Lily comme si elle avait complètement perdu la tête. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il comprenne, il n'était pas préfet, mais qu'une d'entre eux ait terni ainsi leur réputation d'excellence était une chose vraiment terrible.

Et puis, on ne pouvait pas dire qu'elle avait été 'renvoyée' de l'école à proprement parler – Lily n'était pas sûr qu'on puisse renvoyer une élève pour ce motif – mais elle n'était pas revenue et c'était une fille du nom de Bellatrix Black qui était devenue préfète à la place de Silvermann. Tout ce que savait Lily à ce sujet était que Black, qu'elle supposait membre de la famille de Sirius à un certain niveau, était une folle furieuse n'ayant jamais hésité à abuser de son statut d'autorité pour écraser les autres élèves.

« Attends, » murmura James en ramenant le cavalier près de son torse comme s'il cherchait à le protéger de l'horrible vérité, « tu veux dire qu'une Serpentard et qu'un Gryffondor sortaient ensemble ? »

Lily ne put s'empêcher de pouffer en l'entendant parler d'une voix si horrifiée. Apparemment, l'idée avait tout du véritable pêché originel à ses yeux.

« Pire que ça, » assura Lily en se délectant de l'état de stupeur de son meilleur ami. Elle se pencha dans sa direction et murmura par-dessus leur plateau de jeu : « Ils étaient fous amoureux. Leurs noms sont encore gravés dans le coin d'une des poutres de la salle de réunion des préfets. Léa et Mort. »

« Mort ? » répéta James d'une voix rauque. « Je veux bien croire, à fricoter avec les Serpents… »

Lily leva les yeux au ciel. « Nan. C'était son nom. Mort… Mortimer quelque chose… Dubois ou Deleau ou un truc comme ça. Il doit être dans la liste des préfets en chef. Lui, n'a pas quitté l'école et n'a pas été sanctionné, » ne put s'empêcher de commenter Lily d'une voix acerbe. « Mais je vois pas trop le rapport avec Gibbon ? »

James semblait perdu sur une autre planète. Ou une sorte d'enfer, à voir la grimace dégoutée figée dans ses traits.

Lily dut rigoler.

« Mais c'est brillante histoire d'amour ! » insista-t-elle lourdement. « Deux êtres que tout oppose, ennemis et supposés se détester, qui tombent amoureux et ont un enfant clandestin… Les Roméo et Juliette de Poudlard ! Je me demande ce qu'ils sont devenus… »

oOoOoOoOoOo

Sirius toqua à la porte.

Ça faisait cinq minutes qu'il était arrivé dans ce couloir et qu'il fixait cette porte, comme s'il pouvait la transpercer du regard et savoir ce qui se passait derrière. Sa découverte de Noël l'avait atomisé. Il ne voulait plus rien avoir à faire avec Gibbon-Silvermann. Il voulait la détester. Il voulait lui faire payer de s'être moquée de lui comme ça.

Alors cette chère Bellatrix reste fidèle à elle-même, même chez elle ? N'avait-elle pas passé des Noëls et des étés entiers chez les Black ? Qu'est-ce que vos Noël en famille ont de si horrible, Black ? Elle demandait quoi, après avoir vu ses parents, tantes et oncles en action ? Bella a toujours été une fille… terrifiante. N'était-elle pas supposée être sa meilleure amie ?

Il avait fait de gros efforts pour ne pas avoir de retenues pendant ces quatre mois, de peur d'être avec elle. Il voulait la détester de toutes ses forces – son esprit la détestait par ailleurs. Mais son traître de corps…

Son cœur s'emballait quand leurs regards se croisaient. En cours, il ne pouvait jamais s'empêcher de se laisser porter par sa voix – et ça le mettait en rage après. Dès qu'il l'apercevait à la table des professeurs, il sentait une vague de chaleur monter en lui. Et puis, ses sourires le poursuivaient dans ses rêves, ses cheveux et leur odeur si particulière le suivaient où qu'il aille. Et son corps était présent dans le moindre de ses fantasmes.

Il ne pouvait plus le nier – cette fille l'attirait comme un aimant. Et le pire dans tout ça, c'est que Sirius, en sa compagnie, se sentait bien (ce n'était pas qu'une question d'attraction physique…) et ça l'énervait encore plus; il adorait ses cours, et faisait des efforts pour ne pas y aller, parce que il voulait la détester d'avoir menti.

Et c'était toujours à ce moment précis que sa mémoire revenait : c'est une prof, elle ne te doit rien. Il avait à peine le droit de hausser le ton face à elle.

Mais il pouvait se rappeler cela autant qu'il voulait, il sentait aussi qu'elle n'était pas si indifférente à lui qu'elle voulait le faire croire – elle vacillait sous son regard, elle rougissait parfois en cours, même en pleine explication, si par exemple, il lui faisait un clin d'œil. Ça l'avait amusé un temps, avant Noël. Il pensait que personne n'avait jamais rien remarqué jusqu'à la rentrée, quand James avait demandé d'un ton badin : « Alors, ces vacances, avec la prof de défense… »

Sans blague, et ils s'étonnaient tous, après, qu'il n'ait rien dit ? Ce n'était pas comme si l'idée de sortir avec elle – quoique ce serait plutôt « avoir une liaison » – ne lui avait pas effleuré l'esprit. D'ailleurs, quand une fille s'approchait trop de lui, ou essayait de faire ami-ami, il la comparait à Lévina Gibbon, avant de savoir qu'elle s'appelait Léa-Maria Silvermann.

Après cinq autres minutes, Sirius se figura qu'elle ne devait pas l'avoir entendu frappé.

« Professeur, je vais entrer ! » cria-t-il vers l'intérieur. « Si vous êtes dans une position aussi compromettante que pour notre première retenue, arrêtez-moi à temps cette fois ! »

Mais aucun son ne lui parvint. Il s'était dit qu'il devait prendre cette précaution, car, si ce n'était pas le cas la dernière fois, il avait le pressentiment que son cœur ne tiendrait pas s'il apercevait sa prof avec un autre homme – il entendait par là, autre que lui.

Tiens, encore une chose qui l'énervait. Qu'il envisage toujours le fait d'avoir une 'liaison' et même 'relation' si les choses se portaient bien, même alors qu'il voulait la détester.

« Tu vas me rendre barje, Silvermann, » murmura-t-il. (Il avait beaucoup plus facile de tutoyer sa prof en songeant à elle en tant que Léa-Maria – Lévina s'apparentait un peu trop à l'éducatrice).

« Vous parlez tout seul, Black ? » La voix le surprit, parce que malgré tout, il n'avait pas encore ouvert la porte. En fait, elle venait d'arriver dans son dos. Il se retourna et la blancheur de son teint le surprit, même si il n'en montra rien. Pour sûr, elle l'avait dû l'entendre prononcer son ancien nom.

« La ponctualité ne semble pas une chose très développée chez vous, » se contenta-t-il de répliquer d'un ton détaché et froid. Bien sûr, ce qu'il ne savait pas, c'est qu'elle détesta qu'il fasse cela, car il la faisait penser à Bellatrix dans ces moments, et qu'elle n'aimait pas ces souvenirs.

Elle le fit entrer en silence, puis asseoir d'un geste de la main, non pas dans la classe, mais dans le bureau, là où ils avaient partagé un thé quatre mois plus tôt. « Nous allons nous contenter de parler, vous et moi, ce soir, » expliqua-t-elle finalement, quand la porte fut refermé et le jeune homme installé. « J'ai remarqué que vous n'étiez plus très bavard ces derniers temps, Black. »

« J'ai pas envie de faire causette, » se borna-t-il à répondre en croisant les bras. « Vous avez pas un bête truc à me faire nettoyer ? »

« Vous allez rester assis sur cette chaise, jusqu'à me dire ce que j'ai bien pu faire qui vous a tant froissé, » déclara-t-elle. « J'ai tout mon temps, des dizaines de devoirs à corriger… »

« Qu'est-ce qui vous fait croire que quelque chose s'est passé ? » Si elle croyait qu'elle allait gagner, c'est que même après des années de fréquentation de Bella, elle ne s'était pas encore aperçue à quel point les Black pouvaient être buttés.

« J'ai tendance à croire qu'avant les vacances, nous nous entendions plutôt bien, Sirius. » Elle posa des lunettes aux montures prune sur ses yeux. C'était la première fois qu'il la voyait porter des lunettes. « Et du jour au lendemain, vous vous êtes mis à bouder et à vous taire. J'avoue, durant les cours, cela est facilitant de ne pas devoir vous reprendre en permanence, mais ce qui l'est moins, c'est la manière dont vous me dévisagez comme si j'étais une criminelle… »

Même s'il avait eu quelque chose à dire, il en aurait été incapable. Sans qu'il sache vraiment pourquoi, il avait toujours eu tendance à croire que les profs ne comprennent pas ce qui se passe chez leurs élèves, comme s'ils se heurtaient à un mur d'incompréhension. Mais peut-être simplement dû à la petite différence d'âge ?

« De toute façon, je n'apprécie guère que vous mettiez en doute ma moralité, Black, » reprit-elle, avec plus de fermeté en saisissant le premier parchemin. « Les Mangemorts ne sont pas des gens auxquels j'aime être comparée, et cela mérite punition. Tenez-vous droit, interdiction de bouger à partir de maintenant, et de s'endormir. Si c'est le cas, vous vous mettrez debout. »

« Vous êtes sadique. »

« Juste très au courant de ce qui insupporte le plus les jeunes hommes de quinze ans. Ils sont incapables de rester sans rien faire. Ce serait trop bon de vous donner de l'occupation. »

Sirius faillit bien se lever pour taper sur le bureau, où elle s'était mise, à l'aide d'une plume rouge, à corriger des copies. « Vous vous vengez ! » s'exclama-t-il. « Vous ne supportez pas que j'ai parlé de Voldemort et que je vous fasse la tête, alors vous vous vengez. »

Un sourire apparut sur le visage de Lévina/Léa-Maria. « Sans doute. » Elle barra une phrase. « Mais nous avançons déjà – vous reconnaissez bouder maintenant.»

« Je ne boude pas ! » Je voudrais juste vous détester. C'est bien plus qu'une humeur passagère.

« Dans ce cas taisez-vous, » asséna-t-elle.

Plusieurs minutes s'écoulèrent, lentement. Déjà, Sirius sentait ses paupières devenir lourdes, l'ennui monter en lui comme incurable. Il soupira et releva les yeux sur la prof. Elle en était toujours au même parchemin. Si peu de temps s'était donc écoulé ?

Je ne bougerai pas avant la troisième copie, se promit Sirius.

Une heure plus tard, et des papillons dans les jambes à force d'être immobile, j'ai l'impression que ma langue est sur le point de tout dire, de la conversation espionnée à mes sentiments inappropriés. Juste pour échapper à ce calvaire. Il faut que je pense – que je trouve quelque chose sur quoi me concentrer et le temps passera plus vite.

Bonne idée, Sirius, t'es trop cool.

Merlin, je commence déjà divaguer, voilà que je parle de moi à la troisième personne ! Si je ferme les yeux, disons cinq secondes, est-ce qu'elle verra ? Sans doute que non, essayons.

Bon, une idée, vite, une idée. A quoi penserait Peter… Voyons 'Olga est vachement sexy avec son bracelet à la cheville' - nan, mauvaise idée. Évidement que je ne peux pas garder les yeux fermés avec de telles pensées – à part pour voir cette fille (la petite-amie de mon meilleur pote) me faire une moue aguicheuse. Je suis un pervers, c'est pas possible. Je devrais être passé à autre chose, non ?

Bon, pas grave, tant que Peter n'ait pas au courant que je fantasme sur sa nana, pas de mourrons. Essayons Lily. Lily est une fille, elle doit avoir des dizaines d'idées de à quoi penser. Les filles pensent tout le temps à plein de trucs – elles pensent trop à mon avis.

Bon, concentration, je suis Lily Evans, Préfète de cinquième, meilleure amie des maraudeurs. A quoi je peux bien penser ? 'J'ai une super poitrine' Non ! Pas bien Sirius, t'es qu'un obsédé. Alors, voyons voir… A quoi d'autre pensent les filles mis à part leur apparence ? 'James Potter est diablement sexy'

AAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRRRRRRRRRGGGGGGGGGGGGGGHHH HHHHHHHHHHTTTTTT

Je crois que j'ai fait un bruit bizarre, Gibbon me dévisage; voyons voir, elle doit bien en être à sa vingtième copie là.… Troisième. Bordel, c'est quoi cette bonne femme, un escargot à la lenteur d'une limace ou quoi ?

Soufflons et reprenons. Si je pense à la place de James, non seulement ma tête va exploser, y'a déjà limite pas assez de place pour mon propre ego, donc… mais en plus, je vais avoir des images de Lily que je ne veux même pas imaginer qui me sauteront aux yeux – mauvais plan. Qui reste-t-il ?

Remus ! Mon sauveur, je t'aime !

Non ! C'est ce que je voulais dire – je veux dire, pas comme ça… Bordel, j'ai un esprit tordu. En plus je parle tout seul dans ma tête, mais voilà que je me mets à me taquiner moi-même sur mes propres phrases en faisant semblant de mal les comprendre (alors que j'en suis l'instigateur).

Merlin, cette punition est la pire que j'ai jamais eu. Je déteste ne pas parler…

Je m'ennuie – euh !

Bon, délicatement, maintenant que miss Escargot en est enfin à la feuille suivante, lentement, mettre ma jambe droite sur la gauche. 'faut pas qu'elle me voit. Doucement, voilà, t'es génial mec ! Enfin, je veux dire, je suis génial… héhé pas fou l'artiste !

J'ai trouvé ! Je vais penser comme Sirius Black.

Moi ! Je veux dire, je vais penser comme je pense d'habitude. Alors, à quoi je pense en temps général ? Heu… Reprenons une journée type dans l'ordre, peut être que je me rappellerai à quoi je pense ?

Lever : J'ai la dalle.

Déjeuner : Kréature fait mieux la cuisine que ces foutus elfes… Arght ! Je pense que je suis en train de complimenter ce suppôt du diable ! Je ne suis pas du matin, voilà tout.

Courrier arrive : Maman m'a-t-elle écrit une gentille beuglante aujourd'hui ? Non, c'est vrai, une fois par mois mais Reg' a du courrier.… Non ! Je ne jette pas un regard à mon frère tous les matins, c'est faux… Mais, enfin, comment j'ai fait pour ne jamais m'en rendre compte ? Faut que j'aille consulter.

Bon, ensuite, Cours : J'ai la dalle.

Dîner : c'est bon de manger

Cours : j'ai sommeil… puis : je crève de faim

Souper : J'adore les elfes du château. Ce sont les meilleurs cuisiniers de la Terre

Mais, au déjeuner, Kreature…

« Je suis bipolaire, » affirma soudain Sirius, arrachant Lévina à la correction du devoir sur les Patronus des sixièmes. C'était une matière qu'elle revoyait avec ses trois classes supérieures.

« Je suis heureuse que vous ayez mis ce temps à profit pour faire une petite inspection intérieure, monsieur Black, » répondit-elle tout en douceur. « Vous avez quand même tenu… » Elle jeta un regard à sa montre. « Vingt-deux minutes. »

Sirius s'étrangla… « Vingt… mais il y a au moins une heure de passée ! »

Elle sourit – elle semblait trouver cette situation marrante – et secoua la tête. « Vous n'êtes pas très patient comme garçon, je me trompe ? » Puis, elle sembla se rappeler de la règle : « êtes-vous disposé à parler ? »

Sirius grimaça. Peut-être qu'il pouvait… non, il n'allait pas céder ! Mais vingt minutes… et la retenue durait trois heures… il pouvait peut-être inventer un mensonge ou… modifier un peu la vérité.

« Pourquoi ne pas être à la maison avec votre mari et votre fille ? » questionna-t-il alors. Elle fut tellement surprise qu'elle en lâcha sa plume et reversa l'encre rouge sur une pile de parchemins – les devoirs de première. Elle jura et répara les dégâts à l'aide de sa baguette. « Je veux dire, j'ai entendu que vous parliez d'une Noémy avec votre mère à Noël. »

« Ca s'appelle de l'espionnage, » remarqua-t-elle, « et cela ne vous regarde pas. »

« Je n'ai aucune raison d'être aimable avec vous – une mère devrait rester auprès de ses enfants et les aimer. Pas les fuir ou les considérer comme des étrangers. » Il se surprenait lui-même, parfois, comme en ce moment, les mots sortaient tout seul et il bricolait un mensonge sur le tas. Avant de parler, Sirius n'avait pas la moindre idée de ce qu'il allait dire…

« Vous n'avez aucun droit de me donner des leçons, » répliqua-t-elle, le visage encore plus blanc qu'en arrivant. Ses mains, sur le bureau, tremblaient, il le remarqua bien. « Vous ignorez tout – j'étais jeune, je… »

« Alors vous auriez pu le faire adopter l'enfant, lui donner le droit à une vrai famille ! » Mais il allait la fermer oui ? Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ? Il ne pensait même pas ce qu'il disait !

« Ne me jugez pas ! » finit-elle par crier. « Ne me juge pas, » répéta-t-elle, un ton plus bas. Les yeux perdus dans le vide, elle sembla se souvenir de quelque chose – secoua la tête et marmonna quelque chose que Sirius ne capta pas, quelque chose à propos de la mort. Elle se leva.

« Aucune excuse n'est valable dans une telle situation, » s'entendit-il encore dire, en se levant à son tour. Elle ouvrit la porte.

« Dehors. » Sirius, alors, seulement, remarqua qu'il n'y avait plus de vous, ni de Black. Quelque chose, bien qu'il ignorait quoi, était en train de se passer dans la tête de la rousse. « Suffisamment de gens pensent tout mieux savoir que moi sans que j'ai besoin d'entendre un autre sermon. »

Sirius sortit du bureau et entendit la porte claquer derrière lui. Il y eut un bruit, comme si elle avait eu besoin de la porte pour se soutenir, mais il continua à avancer. La classe était effrayante dans le noir – en plus, les troisièmes allaient voir l'Epouvantard bientôt et l'armoire du fond bougeait.

Juste avant de s'engager dans le couloir, il se retourna et, d'une voix suffisamment forte pour qu'elle l'entende, s'exclama d'un ton presque enjoué : « Bonne nuit, professeur Silvermann ! » Et il disparut au coin avant qu'elle n'ait eu le temps de le rattraper.

Elle savait à présent exactement pourquoi il était différent avec elle.

Quelqu'un avait percé son secret.

oOoOoOoOoOo

« Excuse-moi, je suis pas comme ça d'habitude. »

Le professeur Flitwick, qui était le directeur de Serdaigle, était entré dans la salle commune, à peu près un quart d'heure après que Olga se soit décidée à recopier Heather. Et même si ce n'était pas son fort, il s'était énervé à la vue de ses quatre étudiants avachis deux par deux, et l'un sur l'autre. Jamais ni Peter, ni Remus, ni les filles ne se seraient doutés qu'ils avaient un tel coffre vocal ou que son visage pouvait atteindre un tel ton de rouge. Cela était sans même parler du fait qu'il avait décollé du sol durant sa colère. C'était très impressionnant.

Heather avait emmené Remus dans une petite salle, à proximité de la salle commune des Serdaigles. En fait, Heath et Olga avait tiré au sort qui pourrait l'utiliser et ils avaient gagné. La jeune fille était assise sur un banc, les pieds pendant dans le vide, les mains sur les genoux. S'il n'y avait pas eu cette trace dans son cou et sa lèvre inférieure un peu gonflée, jamais on ne se serait douté qu'elle venait de sortir d'une séance de bécotage intensif.

Remus soupira. Lui était dans un tout autre état d'excitation. Il ne pouvait rien faire contre ça, elle lui avait carrément sauté dessus. Ensuite, elle s'était mise à l'embrasser avec une telle frénésie qu'il s'était demandé si elle ne cherchait simplement pas à le faire suffoquer pour le tuer. (C'aurait été une mort agréable, s'était-il surpris à penser).

Remus savait que ses cheveux étaient plus en bataille que ne l'avaient jamais été ceux de James. Sa cravate était à moitié détachée, sa chemise froissée et certains boutons avaient sauté – elle était d'ailleurs sortie de son pantalon. Pantalon qui lui subissait une déformation plus qu'explicite.

C'est injuste, avait-il encore pensé, un peu plus tard, les filles ont beaucoup plus facile à cacher leur état ou à reprendre le dessus. Car pour lui, cette soirée avait été si surprenante et riche en émotions que même le speech du professeur d'enchantement n'avait pas suffi à lui faire perdre son… trop de contenance.

Et puis, en rentrant dans cette, composée d'un tapis sur le sol, de vieux bancs poussés dans le fond de la pièce et de la lumière chatoyante de bougies, il s'était dit que la soirée allait continuer aussi bien qu'elle avait été entamée. Mais Heather n'avait pas osé croiser son regard une fois de plus et s'était dirigée vers les bancs du fond, s'était assisse et avait lancé cette phrase.

« Je veux dire… le surnom ridicule, ce n'est pas mon genre du tout, » s'expliqua la jeune fille en piquant un fard. « Et le reste non plus. »

Remus fut soulagé. Heather et lui étaient amis depuis quelques semaines, ils partageaient une table de travail à la bibliothèque. La jeune fille à qui Sirius Black avait demandé si elle n'aurait pas un peu grossi durant les vacances était une personne avec qui Remus s'était surpris à s'entendre particulièrement bien. Et plus, il lui semblait qu'elle était quelqu'un de raisonné et de posé. Pas le genre de filles (genre insupportable) qui vous appelait 'Remychou' et s'asseyait à moitié à califourchon sur vous au milieu de la salle commune.

« Tu me rassures, » répondit-il. Il s'assit sur le sol, à l'indienne, avant de se rendre compte que la pose était tout ce qu'il fallait pour que la jeune fille s'aperçoive de son ''état indisposant''. « Je dois t'avouer que les sobriquets ridicules, c'est pas trop mon truc. »

« Moi non plus ! » Heather rit et Remus sourit. C'était une situation gênante, de discuter calmement comme des amis après s'être embrassés comme des bêtes affamées. « C'est que la relation de Peter et Olga est assez tumultueuse en ce moment sans que tu viennes rajouter ton grain de sel. » Elle soupira. « Et puis, vu le boucan que tu faisais, toute la salle commune nous regardait. »

« Tu détestes être le centre de l'attention, » se rappela oralement Remus. C'était au cours d'une de leurs premières conversations, vers décembre, qu'elle le lui avait dit. Elle releva un regard rapide sur lui – elle semblait étonnée qu'il le sache – et il se sentit rougir. C'était une bonne chose, parce que jusqu'à présent, il n'avait jamais rougi qu'avec l'infirmière. Et ce n'était pas sain d'entretenir ce genre de rapport pour une adulte. Il suffisait de voir comment Sirius était anéanti face à la prof Gibbon. Remus ne voulait pas finir comme ça. Il luttait de toutes ses forces. « Mais je ne suis pas sûr que les gens nous aient moins regardé quand tu t'es mise à m'embrasser. »

« La question est de savoir s'ils regardaient parce que je t'embrassais comme une catin ou si c'est parce que tu es un maraudeur, » fit-elle remarquer – bien que son teint à présent écrevisse, preuve qu'elle ne s'était pas entièrement remise de s'être comportée ainsi. « Et puis, je ne les voyais plus, au moins. »

Remus l'observa une demi-seconde, avant d'éclater de rire. Ça, c'était la Heather qu'il connaissait. « Donc, tu as juste fait ça par solidarité pour ta copine et parce que tu es trop timide pour me supporter, c'est ça ? » la taquina-t-il en se relevant pour venir s'appuyer sur le banc, à côté d'elle. Mais le visage de la jeune fille était soudain redevenu sérieux. Elle se retourna vers lui et il savait que ce qu'elle s'apprêtait à dire était des plus importants.

« Peter est sérieux hein ? » demanda-t-elle. « Parce que Olga, elle l'est. »

Remus fronça les sourcils. Il n'avait jamais compris ce que ces deux-là faisaient ensemble. Peter était constamment charrié sur sa relation avec la sixième année et il semblait à Remus qu'il avait même décidé de rompre dans un délai des plus courts. Ce n'était pas vraiment ce qu'on pouvait appeler sérieux, non ?

« Elle veut l'inviter chez elle, pour la pâque, » continua la jeune fille, son regard plongé dans celui de Remus qui, apparemment, ne comprenait pas.

« Ce n'est pas comme si elle attendait de lui une demande en mariage, non ? »

« C'est plus que ça, » souffla Heather, agacée. Elle se mit sur ses pieds, juste devant Remus, entre ses jambes, pour parler très près de son visage. « Réfléchis Lupin. Une grande maison, de l'intimité… » Remus déglutit difficilement. Il avait réussi à se calmer. Avant. « Et Olga qui aime suffisamment Peter que pour lui donner une chose qu'elle ne pourra plus jamais donner à aucun autre garçon. » Elle se pencha, ses lèvres se posant sur son oreille alors qu'elle murmurait : « La première fois est toujours si importante pour une fille. Elle ne mérite pas de se tromper de gars, c'est tout. »

Remus ne savait pas ce qui était le plus horrible : se dire que Peter allait rompre avec Olga pendant qu'elle envisageait de coucher avec lui ou bien la douleur dans la voix de Heather quand elle expliquait à quel point c'était un passage important qu'on n'oublie jamais.

« Pense-y, d'accord ? » termina-t-elle, un peu moins sensuellement, en claquant ses mains sur ses cuisses. Puis elle quitta la pièce. Remus resta assis sur son banc, les jambes pendant dans le vide, encore un long moment avant de rentrer.

oOoOoOoOoOo

« Je peux pas croire que t'as pas rompu. » Sirius enfourna dans sa bouche un énorme morceau de croissant à la confiture de potiron. « Chétais l'occaz ! »

Peter haussa les épaules, ignorant le regard inquisiteur de Remus sur lui. « Elle m'a invité chez elle, pour pâque, » expliqua le jeune homme. Pour une fois, il mangeait très proprement et lentement. Il semblait faire des efforts de maintien et vestimentaires. Il souriait et cachait ses deux incisives, celles qui étaient un peu penchées, derrière sa lèvre supérieure. « J'ai pas envie de rater ça, » précisa-t-il.

Remus toussa bruyamment, comme si il avait avalé quelque chose de travers. « Elle t'a dit ce qu'elle avait l'intention de faire ? » questionna le garçon. Il semblait atterré – et Peter aussi. Chacun se demandait comment l'autre savait.

Peter haussa les épaules. « C'était largement sous-entendu. » Pour une fois, il semblait content, voire heureux dans sa relation. Lily l'avait même surpris plusieurs fois à diriger son regard vers la table des bleus et argenté. Et ce n'était pas comme d'habitude – un regard fuyant. C'était un regard presque admiratif, pour peu, amoureux. Malheureusement, la jeune fille savait que Peter ne ressentait pas ça – plus en tout cas. C'est bien ce qui l'intriguait tant. Elle se demandait ce qui avait pu se passer de si important hier soir.

« Mais tu la supportes à peine quatre soirs par semaine ! » s'exclama James. « Qu'est-ce que tu vas faire toute une semaine entière rien qu'avec elle ? »

« J'ai dans l'idée qu'on trouvera de quoi s'occuper… » C'est là que Lily le vit : le regard lubrique. Remus avait l'air dépité de la conversation.

« Et après, tu la quitteras ? » demanda le loup-garou. La préfète les observait et elle devina très bien qu'il ne sous-entendait pas ''après les vacances''. « Les filles sont sensibles Pete, » enseigna-t-il. « Elles accordent plus d'importance que nous à ça. »

C'en fut trop pour Lily, qui, elle s'en rendit compte, émit un drôle de bruit, entre le reniflement et le ricanement. « Merlin, ne me dit pas qu'elle est ce genre de filles, Remus ? C'est tellement ridicule ! »

Remus regarda Lily bizarrement – autant que les trois autres le firent. « Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu ne sais même pas de quoi on parle. »

Cette fois, c'était bel et bien un ricanement. « Sans blague ? Olga est vraiment le genre à penser qu'on a qu'une première fois et qu'il ne faut surtout pas se tromper de gars, c'est ça ? » se moqua ostensiblement Lily. « Franchement, c'est quoi ? Juste du sexe. C'est une expérience en plus. À ceci près que la première fois, on ne l'avait jamais fait avant. »

Un long – très long – silence suivit cette déclaration. Aucun des quatre garçons ne la quittèrent des yeux, et chacun à sa manière, la sondait. Elle se pinça les lèvres et rougit – d'habitude, ils évitaient d'engager ce sujet devant elle, de peur de la choquer. Et là, c'était elle qui les choquait.

Ce fut James qui parla le premier. Du moins, il essaya. Tout ce qu'il parvint à émettre fut un son guttural. Sirius traduit « Qui ? »

« Quoi, qui ? » questionna Lily en les regardant comme s'ils débarquaient de mars. Puis, son franc tomba. Ce qu'elle avait dit pouvait en effet porter à confusion. Elle trouvait cette situation marrante – aussi décida-t-elle d'en jouer à leurs dépens. « Oh, ça ! » Elle fit un geste négligeant de la main. « Personne d'important… »

James émit à nouveau un son guttural et Sirius traduisit à nouveau : « Qui ? »

Remus semblait avoir repris un peu contenance. « Ca ne peut pas être sans importance, Lils. Tu as partagé la chose la plus intime qu'il existe avec ce gars. C'est comme si tu avais lié une partie de ton âme pour jamais à la sienne. » Lily dut se mordre très fort les joues pour ne pas éclater de rire. « C'est… c'est une chose que tu ne pourras plus jamais donné à aucun autre garçon. C'est toujours une chose importante pour une fille ! » essaya-t-il de répéter ce qu'Heather avait dit la veille.

Le fait de savoir que Lily l'avait déjà fait les sonnait tous. « Je n'ai lié mon âme à personne, » répliqua-t-elle.

Nouveau son guttural douloureux pour James, et nouvelle traduction pour Sirius. « Mais ton corps, oui. »

« Dis celui qui n'a jamais embrassé une fille, » se moqua-t-elle. « Oh c'est bon, arrêtez ces têtes d'enterrement. C'était une blague. Je suis toujours bonne à marier.» Elle soupira. « L'occasion ne s'est jamais présentée puisque chaque fois que je sors avec un garçon bien, vous vous arrangez pour que ça capote. »

« Mais si l'occasion s'était présentée ? » demanda James – il semblait avoir retrouvé sa faculté à parler. Lily se retourna vers lui, leurs yeux se croisèrent et elle le ressentit parfaitement – le tressaillement, le cœur qui s'emballe,… tout ça. Au fond d'elle, elle savait que l'occasion ne se présenterait jamais qu'avec lui. Ça n'avait pas été encore le cas. Et ça ne risquait pas de l'être avant un sacré moment. Car sa simple décision d'empêcher "l'affaire Grasselet" de se reproduire avait ramené les rêves.

« Oui, » déclara-t-elle. Et la peine dans ses yeux noisette la tétanisait autant que lui. « Mais contrairement à toi, ça n'a pas été le cas. »

« C'est vrai ça Cornedrue ! » s'enjoua Sirius. « T'es le seul vrai homme à cette table ! »

« Raconte, c'était comment ? » s'enquit Peter.

« Il ne l'a pas fait, » contra Remus. « Il s'en serait vanté si ça avait été le cas. »

James semblait ne pas prêter une vraie attention au débat – il restait fixé sur Lily. Ça faisait mal, non ? Elle n'accordait pas d'importance à ce genre de choses. Et elle ne lui accordait pas d'importance, à lui. Ou bien, elle faisait cela juste pour l'obliger à s'éloigner d'elle et il ne pouvait pas lui en vouloir. Parce qu'il savait pertinemment que ce serait mettre sa vie en danger. Les rêves étaient plus pénibles que jamais en ce moment et chaque nuit, il subissait la douleur d'une éviscération par le dragon tout en voyant Lily prendre feu devant lui pendant qu'une voix raisonnait dans sa tête en disant La malédiction gagne toujours.

« Je ne l'ai pas fait, » déclara-t-il finalement – et la lueur résolue dans le regard de Lily vacilla.

« Mais t'as eu des propositions, non ? » demanda Peter. « T'avais à peine quatorze ans que tu sortais avec une fille de dix-sept ! »

« J'ai toujours cru que tu l'avais fait y'a un bail, » ajouta Sirius. Il avait détourné la tête car voir Lily et James se fixer de cette manière l'ennuyait. A son sens, soit ils étaient ensemble, soit ils ne l'étaient pas. Mais pas à moitié, comme pour le moment. « Quand les filles parlent sur toi, t'entend toujours des trucs du style "sensation incroyable", "meilleur que tous les autres", "carrément vu le ciel"… Je croyais que tu te les faisais. »

« C'est juste parce qu'il embrasse étonnement bien, » expliqua Lily.

« Et comment tu sais ça ? » demanda Sirius en plissant les yeux.

Mais James épargna à Lily le moment de gêne où elle devrait lui expliquer qu'elle avait gentiment appris à James à embrasser pendant les vacances de Noël en quatrième.

« L'occasion s'est présentée, » conclut-il. « L'occasion s'est présentée, mais jamais la bonne personne. »

« Je sens que c'est la bonne personne, » déclara sagement Peter avec un sourire fier. Il allait être le premier des maraudeurs à perdre son pucelage et cette perspective d'en savoir plus que les autres sur le sujet l'enjouait particulièrement.

A ce moment, un hibou se posa dans l'assiette de James, coupant court à la discussion. C'était un hibou officiel de sainte mangouste, reconnaissable à la bague qu'il portait autour de la patte.

Cher monsieur Potter,

Nous sommes dans le regret de vous annoncer que durant cette après-midi du 27 Avril 1976 une attaque commanditée par un groupe terroriste sur le chemin de traverse a blessé vos parents, les Aurors Potter.

L'Auror Eleonore Potter est actuellement en salle de réveil. Ses jours sont hors de danger, elle sera autorisée à regagner son domicile le 30 de ce mois.

L'Auror William Potter se trouve actuellement dans un état clinique critique. L'hôpital Sainte Mangouste et son équipe feront leur possible pour s'assurer de son rétablissement.

Pour de plus amples informations, nous vous conseillons de vous adresser au service des victimes du ministère. Ci-joint les heures de visite de notre établissement et la localisation de la chambre de votre père. Nous vous encourageons à venir le visiter, le soutien des proches est parfois un facteur favorisant à la guérison.

Nos salutations distinguées,

Le service de Liaison

Hôpital Sainte-Mangouste

My life in ruins, my world torn apart

Just floating around in a timeless hole

Holding on to my sanity, searching my soul

It feels like the end…

It feels like the end, Manticora