Coucou les gens !

D'abord, merci pour vos reviews ! Je ferai une rar, ou bien je répondrai en direct, maisce sera sûrement pas avant ce soir ... J'ai piqué cinq minutes sur mon horaire pour mettre à jour

A propos, d'ici la fin de la fic (les trois parties du 7 et "l'épilogue") la Maj sera d'une fois tous les quinze jours - la plupart est déjà écrit mais si je poste tout en même temps, des mois vont s'écouler avant que je mette la suite - ce qui serait pas drôle ! (Et puis, ça me donnera un peu de temps pour rasp hollow)

Bonne lecture à tous !


Trop gentille pour toi, Potter !

Chapitre 7 (2/5)

Peut-être pas l'Amérique, mais des découvertes quand même !

Elle s'était attendue à beaucoup de choses, allant de la plus improbable à la plus surprenante en passant par tout le registre du normal et décevant. Mais jamais, elle ne se serait attendue à ça.

Le métro et un vieux mannequin tout déglingué. Tout bien considérer, il était bien plus impressionnant d'arriver sur le chemin de traverse via le chaudron baveur que d'entrer dans un hôpital.

Et quand elle rentra dans la terre – son étonnement passé (un hôpital sous la terre ? Mais n'a-t-on pas besoin de lumière pour guérir correctement ?) – elle dut se rendre à l'évidence. Sainte Mangouste était moins impressionnant qu'elle ne l'avait espéré.

Ce devait être son côté moldu qui ressortait – elle s'attendait toujours à ce que la magie soit si fantastique, mais finalement, pourquoi les moldus feraient-ils tout moins bien que les sorciers ?

Un sourire sur les lèvres, la main dans celle de James, le regard braqué dans le dos du professeur Dumbledore qui les avait accompagné personnellement après qu'ils aient fait la demande d'aller voir le père de James, Lily regarda autour d'elle. Elle se sentait – c'était bizarre à dire – chez elle ici. Les hôpitaux avaient toujours eu cet effet sur elle.

C'était sa vocation, au plus profond d'elle même elle le savait. Devenir médicomage et soigner les gens. Ou devenir Exploromage, faire de la recherche pour augmenter les chances de guérison et le bien-être des patients. Et même si ses derniers temps elle avait un peu douté de ses capacités à réaliser de telles choses, à mener à bien de telles études, il suffisait qu'elle pénètre ici pour retrouver toute son envie, intacte.

James, quant à lui, ne souriait pas. Il détestait les hôpitaux. Il était toujours si synonyme de malheur, maladie et douleur … En plus, la plupart des médecins qui officiaient ici étaient trop nuls – et il avait peur – très peur- pour son père. Il réaffirma la pression de sa main sur celle de Lily et échangea un regard anxieux avec elle.

« Ca va bien se passer » Assura-t-elle avant de déposer un petit bisou près de son oreille. C'était le genre de petit geste qui le faisait fondre. Il avait eu raison d'insister pour l'amener. Il n'y arriverait jamais sans elle.

« Bonjour » Déclara Dumbledore à l'hôtesse à l'accueil tandis que Lily observait avec intérêt un homme avec un pieu enfoncé dans le bras. « Ces deux étudiants de Poudlard sont venus rendre visite à madame et monsieur Potter. Pourrais-je avoir leur numéros de chambre je vous prie ? »

« Potter, hein ? » Grimaça la femme en mâchouillant un énorme chewinggum « Alors, j'ai un Robert Potter – étage 1 chambre 4. Un Sylvain Potter – étage 10 chambre 29. Une Germaine Potter – service des folies en tout genre, au fond du couloir, salle commune. J'ai- »

« Une attaque de mangemort » Précisa Dumbledore. James grimaça – il détestait avoir un nom si commun. Ce que l'Angleterre comptait le plus était sans doute les Potter, les Smith, les Martin et les Evans. Tout le monde connaissait au moins une personne avec ces noms.

« Chamber Potter ? » James secoua la tête « Oh, j'ai deux Aurors … C'est ça ? » James acquiesça – sa gorge était bien trop sèche pour parler « Eleonore Potter, étage 3- chambre 49. Elle sort dans cinq heures. William Potter, étage 8 – Chambre 18. Prière de ne pas faire de magie à cet étage »

« Pourquoi ? » S'intéressa Lily en ignorant le bras de James qui la tirait vers la droite. « Il y a un problème avec la magie et les appareils ? »

« Les appareils ? » La femme fit une bulle toute rose et arqua un sourcil. « C'est l'étage des soins palliatifs ma petite – la plupart des patients ne sont plus que des légumes, on évite de simuler leurs neurones avec des ondes magiques » Elle se pencha en avant, se donnant un air important « Crois moi chérie, quand ils en sont au huitième étage, plus vite ils meurent, mieux ils se portent »

Lily essaya de ne pas courir sur le chemin qui les menait chez Will Potter. Stupide fille ! Pourquoi avait-elle posé cette question ? Et avec James à côté en plus ! Elle n'en manquait décidément pas une. Au bout du couloir, Dumbledore décréta qu'il les laissait aller et qu'il viendrait les rechercher dans deux heures.

Lily et James acquiescèrent. La jeune fille, prenant les choses en main, les guida à travers les dédales de couloir comme si elle était déjà venue ici des dizaines de fois. Ils ne se perdirent pas étrangement. C'était comme un sixième sens que de se retrouver dans cet environnement.

Ils arrivèrent au dessus des escaliers complètement essoufflés. C'est à ce moment que l'annonce les percuta. « Alerte Survie, Chambre 18. Alerte Survie, Chambre 18 »

Lily attrapa la main de James qu'elle avait lâché en chemin. Il était livide et son cœur à elle battait aussi très vite et pas à cause de la course aux étages. Merlin, pria-t-elle, faite qu'il ne meure pas maintenant.

Les deux adolescents se retrouvèrent devant la porte de la chambre 18, à apercevoir de dos tous les médicomages et aides-soignantes à s'agiter autour du corps inanimé de William. James s'appuya sur le mur opposé et se prit la tête dans les mains.

« Je ne peux pas faire ça Lil » Déclara-t-il « Je ne peux pas »

Elle s'approcha de lui et l'obligea à le regarder dans les yeux. « Bien sûr que tu peux. Tu peux et tu vas le faire » Il ouvrit la bouche pour argumenter « Et ne cherche pas à te défiler. Ton père a besoin de toi. Maintenant. »

James secoua la tête. « Tu sais ce que c'est, les soins palliatifs ? » Questionna-t-il. Lily secoua la tête – chez lez moldus, c'était les soins qui cherchaient à améliorer la fin de vie, quand il n'y avait plus d'espoir. Mais les patients ici semblaient tous déjà morts.

« C'est le service des comateux profonds » Expliqua James « Ceux sur qui ont a appliqué un sort éternel de respiration- pulsation mais qui ne se réveille jamais. » Il secoua la tête « Jamais » Sa voix craqua.

Lily lui caressa doucement le visage pour lui donner du courage. « Il faut que tu lui parles. Même si … même si … » Ses yeux lui piquèrent « même s'il doit ne pas en sortir James. Tu dois lui parler avant qu'il ne soit trop tard »

« Il ne m'entendra pas ! »

« Tu n'en sais rien ! » Défendit Lily « Personne ne peut savoir à quel point un comateux est encore ou pas relier à notre monde. Il faut essayer » Elle essuya ses joues. « Tu le regretteras tout ta vie si tu ne le fais pas »

James acquiesça, essayant de se convaincre qu'elle avait raison. Il leva les yeux vers la chambre. Les médicomages sortaient. Il acquiesça encore, se donnant du courage. Il posa ses lèvres sur celles de Lily « Merci » et entra dans la pièce aux murs blancs.

Lily lui laissa cinq minutes d'avance. Elle surprit une conversation entre deux médecins du père de James. S'il n'était pas réveillé d'ici quinze jours on, comme disaient les moldus, le débrancherait. Du moins, elle pensait que c'était la signification du terme « Désortéligé »

Quand elle rentra à son tour dans la chambre, James était assis au chevet de William Potter, sa main dans la sienne, et des larmes sillonnaient ses joues. Au dessus des lèvres de l'Auror il y avait une petite bulle rose qui gonflait puis relâchait son air dans la poitrine de William tandis qu'une petite bulle bleue au niveau de la trachée récupérait l'air expiré pour le relâcher dans l'atmosphère.

A côté du lit, il y avait un écran transparent lévitant à un mètre du sol – Lily reconnut le tracé rouge d'un cardiogramme qui mesurait le rythme cardiaque du patient et sur un autre schéma le tracé bleu d'un électroencéphalogramme qui mesurait l'activité dans le cerveau du père Potter.

Et, c'était malheureux à dire, mais la courbe était faible, les écarts petits – mais il n'était pas plat et c'était déjà ça. « Bonjour monsieur Potter » Le salua poliment Lily comme si il était éveillé. Elle repéra une tâche de sang sur le bas du lit. James suivit son regard puis le rapporta sur le visage de son père en soupirant.

« Papa » Murmura-t-il. Lily le vit hésiter. Il releva un regard incertain vers elle. « Il faut que je lui parle … Comme s'il m'entendait ? »

La jeune fille acquiesça, faisant un signe encourageant de la tête. « Bien, alors … Papa, c'est moi, James. Ton fils, tu te souviens ? Je heu … il parait que je dois te parler donc … » Il se gratta le bout du nez d'un air concentré. « Je sui un fils horrible tu vois. Tu vas mourir et je ne trouve rien à te dire »

« James ! » S'offusqua Lily « Ne lui dit pas qu'il va mourir enfin ! Tu es censé lui donner envie de revenir avec nous »

James fronça les sourcils, visiblement perdu. « Et tu veux que je dis quoi, exactement ? » S'emporta-t-il – Lily ne s'en offusqua pas. C'était normal qu'il soit perdu et énervé, non ? Il allait perdre son père.

« Monsieur Potter » Déclara Lily en s'approchant du corps sans vie « C'est moi, Lily. Je sais ce que vous vous dites. Que je devrais vous appeler William et pas monsieur Potter… Je vous assure que je le ferai- mais il fait réveiller pour ça d'accord ? »

« Papa » Reprit James, rassuré sur le fait qu'il n'était pas le seul à avoir l'air ridicule en faisant la causette tout seul. « Je t'interdis de mourir ! Tu te souviens, tu m'avais promis que Voldemort n'aurait pas ta peau ! Tu me l'avais juré ! »

Lily contourna le lit et alla s'asseoir dans une des chaises, laissant James à ses retrouvailles familiales. « Tu m'as regardé droit dans les yeux et tu m'as assuré que la maladie ou la vieillesse t'emporterait. Tu n'avais pas le droit de promettre et de mentir ! Tu m'entends ! Tu n'as pas le droit de partir ! Pas comme ça! Pas maintenant ! »

La poigne du jeune homme se raffermit sur la main de son père. « Papa » Lily sursauta. Il lui avait semblé que quelque chose venait de bouger sur l'écran au trait bleu. Elle devait avoir rêvé. « J'ai encore besoin de toi tu sais. Tu te souviens, avant que j'entre à Poudlard ? Tu m'avais dit que le succès et les notes, ça n'avait pas d'importance, tant que je devenais quelqu'un de bien. Et bien papa, je suis un des premiers de la classe. Et je suis un des garçons les plus populaires de l'école »

Lily grimaça. Qu'est-ce qu'il pouvait être présomptueux parfois … « Mais je ne suis pas sûr d'arriver à devenir quelqu'un de bien sans ton aide. Il faut que tu me guides encore » James soupira. Lily reporta toute son attention sur l'écran. Elle était sûre que quelque chose avait bougé à présent.

« Et puis, je te rappelle que j'ai seize ans… J'ai besoin d'un père! Il y a certaines conversation que je ne tiens pas à avoir avec maman si tu vois de que je veux parler » Le jeune homme posa son front sur leurs mains jointes « Papa » Supplia-t-il en redevenant un petit garçon.

Lily sauta sur ses pieds et partit dans le couloir. « S'il vous plait » Elle apostropha un médicomage « Je suis venir rendre visite à monsieur Potter »

« Vous êtes de la famille ? » Questionna celui-ci « Je ne peux donner des informations qu'aux membres de la famille proche »

« C'était juste… Je voulais savoir s'il était normal que son électroencéphalogramme réagisse » L'homme plissa les yeux et la dévisagea.

« Comment ça, réagisse ? » Il secoua la tête, comprenant ce qu'elle voulait dire « Les connections neuronales deviennent plus faible, c'est … un développement normal de la situation. Il s'affaiblit »

« Non » Lily l'arrêta alors qu'il s'apprêtait à aller voir un autre patient « Non, il grandit. J'ai même eu l'impression de voir apparaître un complexe k. »

« Comment Merlin savez-vous ce qu'est un complexe k mademoiselle ? » Demanda l'homme. Il secoua la tête et se passa la main dans les cheveux « C'est ridicule enfin. Ce genre de complexe n'apparaît qu'en sommeil profond. »

« Venez voir, s'il vous plait » L'incita Lily « Juste un coup d'œil pour vous assurer que je me suis bien trompée »

L'homme, qui avait la trentaine bien faite et un visage tiré par la fatigue, céda et la suivit. James sursauta en les voyant entrer et essuya rapidement ses yeux, honteux d'avoir été surpris à pleurer.

« Je ne vois rien d'anormal » Déclara le médicomage

« Attendez » Lily lui pointa l'écran du doigt « James, parle à ton père »

« Quoi ? »

« Fais le ! »

« Papa ? » Tenta le jeune homme « Tu m'entends ? C'est encore moi, James, ton fils »

« Là ! » S'écria Lily avec un sourire « Vous avez vu ? »

« Non » décréta le scientifique. « Mais on va vite vérifier ça » Il sortit sa baguette et l'agita au dessus du panneau en suspension. Aussitôt, comme si une petite imprimante était collée à l'objet, du papier couvert des graffitis représentant l'activité encéphalique du père de James sortit de nulle part.

Les yeux du médicomage s'ouvrirent de surprise « Ca mais bon sang ! C'est qu'elle a raison la p'tite ! » Il sortit dans le couloir, le papier flottant derrière lui « Hé, Gérard ! » Appela-t-il un confrère « Regarde un peu ça »

« Qui est-ce ? » Demanda l'autre avec intérêt, devant James et Lily qui ne manquaient pas une miette « On va peut-être en avoir un qui va se réveiller pour finir ! »

« J'appelle le spécialiste » Décida l'homme que Lily avait été cherché. « Vous » Il la pointa du doigt « Bravo. Vous avez un grand avenir dans la profession jeune demoiselle »

Lily se retint de sauter en l'air. Super, super, super ! Un médicomage avait dit qu'elle pouvait réussir ! Bon, d'accord, ce n'était presque rien – elle avait juste l'habitude de faire très attention aux petits mouvements rapides (copine de maraudeur, ça s'invente pas) … Elle avait vu ce qu'un professionnel de la santé avait loupé !

« Monsieur Potter ? » Questionna un vieux monsieur avec une longue barbe blanche en s'adressant à James « Bonjour, docteur St'Yvon. Je suis neuromage. Pourriez vous parler à votre père pendant que je lui fais passer quelques tests ? »

« Je vais chercher ta mère » Murmura Lily en quittant la pièce. Il fallait reconnaître une chose tout de même : les sorciers étaient rapides. Dans un hôpital moldu, il aurait fallu attendre des heures, si pas des jours, avant que le spécialiste ne se présente. Elle descendit donc au troisième chercher Eleonore qui mourrait d'impatience d'enfin pouvoir voir son mari.

L'Auror qui tardait encore à attendre la quarantaine était assise sur son lit, les pieds pendant dans le vide, un grand bandage sur son bras gauche. Elle fixait le mur en face d'elle avec une hargne qui aurait presque fait reculer Lily.

Dans sa bouche, il y a avait un chewing-gum rose. Elle le mâchait, négligemment parfois, comme si elle voulait le détruire à d'autres moments. Et – cela fit sourire Lily – elle marmonnait contre ces « imbéciles de médicomages qui feraient bien d'aller s'acheter une vie plutôt que de la faire poirauter ici en attendant ses papiers de sortie ».

« Madame Potter ? » Murmura Lily en entrant timidement dans la chambre « Vous allez bien ? »

« Lily ! » La femme sauta hors du lit, se réceptionna gracieusement sur ses pieds avec une jolie génuflexion, balança sa gomme rose dans la poubelle et lui envoya un sourire étincelant. « Je pète la forme ! Ca fait trois jours que je dors »

Avant que la jeune fille ait compris ce qui lui arrivait, Eleonore la tenait serrée dans ses bras et lui collait un baiser dans les cheveux. « Wow! Et moi qui avait peur de vous trouver alitée sachant à peine bouger … »

La femme sourit fièrement. « Merci à mes magnifiques capacités de récupération » Elle attrapa son sac d'une main, Lily de l'autre et se dirigea vers le couloir. « Ils n'auront qu'à l'envoyer par la poste leur fichu papier ! Alors, Lily, comment va ton frère ? »

La jeune fille se laissa entraînée par la bonne humeur de la mère de James et sourit, oubliant la désolation de la chambre du père vers laquelle ils se rendaient. « Bien. Toujours aussi espiègle. Toujours aussi "réserve d'énergie sans fond". Il m'envoie des lettres tout seul par hibou maintenant, vu que ma mère et ma sœur n'ose pas toucher ces oiseaux. Oh, et il maîtrise le sortilège de lévitation à la perfection »

Eleonore lui retourna un regard surpris. « Comment ça, maîtrise le sortilège ? Il est tellement pressé de faire partie du merveilleux monde de la magie qu'il t'a piqué ta baguette pour essayer ? »

« Non » Lily secoua la tête. Elle fronça les sourcils. Elle n'était pas très sûre que l'idée de lui piquer sa baguette ne soit jamais passée par la tête de Tim … « Il maîtrise le sortilège spontané. Pas de baguette, pas de formule. Il y pense, se concentre et tout vole »

« Il deviendra un magicien excellent » Commenta la femme. « C'est très impressionnant de la part d'un enfant une telle maîtrise » Elle rit « Tu imagines un peu « Tim Evans, le Merlin des temps modernes »

« Timothée Harry Evans, Le sauveur de la nouvelle ère » Ajouta Lily en rigolant. Elles rentrèrent dans la cage d'escaliers. « Ca sonne bien »

« Harry ? » Questionna l'adulte « J'avais un oncle qui s'appelait comme ça. Mort en héros en protégeant James de son corps quand il était petit. Ca vous fait un prénom choisit d'avance pour votre premier enfant, ça … »

La jeune fille grimaça « Ne parlez pas de malheur, je vous en prie »

« Oh » Eléonore leva un sourcil « Une nouvelle dispute ? »

« Non, non, tout va mieux que bien » Lily secoua la tête, un petite sourire trônant sur ses lèvres. Tout allait vraiment mieux que bien entre James et elle …. « C'est juste qu'à certains moments je me demande comment je pourrais le supporter toute ma vie »

Eleonore lui jeta un petit coup d'œil et éclata de rire « C'est qu'il peut être tellement le fils de son père parfois … »

Lily eut une moue mitigée. « Ces derniers temps, je crois qu'il a battu les records de la prétention. Il y a des moments où il prend tellement de place avec son ego qu'il n'en reste plus pour les autres »

« Oh » madame Potter sourit en enfonçant une porte battante « Ca passe avec l'âge si ce n'est qu'un peu d'orgueil…. »

« William était comme ça aussi ? » S'intéressa Lily

« Will ? Jamais ! » Eclata de rire la mère « Il avait très peu confiance en lui – c'est comme ça que nous nous sommes rapprochés. Tu vois, il y a tellement peu de candidats Aurors repris qu'on essaye de se soutenir entre étudiants pour que tout le monde réussisse. Et c'est moi qui ait tutorié William »

« Tutorié ? »

« Pris en charge pour le remettre à flot dans certaines matières. Note que je me suis bien vite aperçue qu'il avait les compétences et les connaissances pour réussir mais qu'il n'osait pas répondre aux questions de peur de se tromper »

Lily fronça les sourcils. « Hum… Ce n'est pas un peu … »

« Idiot ? Sûr mais on avait un système où on perdait plus de points par mauvaise réponse que par abstention … Bref, tout ça pour te dire que j'ai vécu pendant trente cinq ans avec mon ego et tu vois j'en reviens vivant »

Lily souffla. « Béni le jour où James Potter se remettra en doute »

« MAMAN ! »

« Quand on parle du loup »

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Wow.

Je dirais même plus : Wow Wow.

Notez que ça expliquait beaucoup de choses... Pourquoi tout le monde en faisait un tel foin. Pourquoi Remus et encore plus James passaient leur temps à poursuivre les filles. Pourquoi Peter pétait les plombs quand Olga était dans le coin ...

C'était donc ça, embrasser une fille. C'était ... Bizarre. Mais pas bizarre- mauvais comme le craignait Sirius. Plutôt bizarre- nouveau, tendant vers le bizarre –agréable.

La langue était bel et bien, comme dans ses pires cauchemars, un truc vivant et gluant. Mais ce n'était pas, à proprement parler, désagréable que d'en caresser une. Sirius n'irait pas jusqu'à dire qu'il ne pouvait plus s'en passer tellement c'était cool, mais il pourrait s'y habituer...

Et puis, il y avait le reste : déjà les lèvres. Celles de Levina Gibbon étaient douces, fruitées, délicieuses. Il aurait adoré passé des heures à les parcourir, les mordiller, les caresser. Pourquoi les gens normaux ne se contentaient-ils pas de ça ? Quel besoin animal de se fourrer la langue de l'autre en bouche et parfois si profond qu'il fallait arrêter de penser pour ne pas dégueuler ?

Le jeune homme secoua la tête. Il pouvait s'y habituer, se répéta-t-il en se convainquant. Ce n'était pas si désagréable.

Et puis, pendant ce temps, il avait tout le loisir de la tenir contre lui, de parcourir son corps de ses mains, de la faire trembler (et de trembler), de la découvrir (et d'être découvert). Et cette sensation des entrailles qui se serrent, des frissons qui remontent, du désir qui s'installe... on faisait difficilement mieux !

Sirius s'arrêta au milieu du couloir et regarda son reflet dans une armure. Il fallait qu'il se recoiffe. Il pencha la tête sur le côté, se demandant qu'elle était cette chose qui le démangeait dans le cou, avant d'apercevoir un gros truc rouge – une morsure.

Il fronça les sourcils. Quand avait-elle fait cette marque ? Ses souvenirs étaient bizarres aussi, il n'avait pas l'esprit très clair. Il se souvenait juste qu'il avait passé une heure dans le bureau de son professeur puis que son miroir anti-intrus s'était activé et Sirius avait pris rapidement la poudre d'escampette. L'étape suivante serait de jongler entre le possible et l'interdit avec son prof. Cette perspective était des plus alléchantes.

Alors qu'il passait devant une porte ouverte, il repéra de petits bruits de pleurs et de reniflement. Sirius soupira et secoua la tête en entrant dans la pièce. Il était décidément trop bon avec les autres.

Un étrange de goût de déjà vu le prit au dépourvu quand il rentra dans la pièce avec un tapis sur le sol et des bancs repoussés dans le fond. Sans parler de la jeune fille assise sur une chaise, sans chaussures et toujours le même bracelet en argent super sexy autour de sa cheville (disons que ça rendait la fille sexy d'avoir le bracelet au pied)

La seule chose qui devait avoir changé depuis sa dernière rencontre avec Olga dans cette même pièce était les circonstances – il n'allait pas à une retenue où il surprendrait Levina avec un homme, il revenait d'avoir été son homme. Oh, il n'apportait pas à la brune la mauvaise nouvelle que Peter ne viendrait pas pour leur anniversaire de couple – Peter avait dû faire en sorte lui-même qu'il n'y ait plus jamais d'anniversaire.

« Olga ? » Murmura-t-il en refermant la porte derrière lui. Quelque chose avait toujours frappé Sirius : Depuis qu'il n'avait pas eu droit à des réconforts dans sa famille durant toute son enfance, il se sentait un devoir d'aider ceux qui ne se sentaient pas bien. La plupart du temps, il s'en mordait les doigts après.

« Si tu es là pour me dire qu'il avait ses raisons, je- »

« Je ne vais pas faire semblant de ne pas savoir de quoi tu parles » Dit Sirius avec franchise en s'asseyant à côté d'elle. C'était plus facile avec James ou Remus – être juste présent à côté d'eux dans les moments de blues leur suffisait – mais les filles, il fallait les réconforter. Et leur parler ! « Mais je n'étais pas au courant qu'il l'avait fait jusqu'à maintenant »

« Oh, parce que comme si ça ne suffisait pas » S'écria-t-elle en se relevant « il a fallu qu'il demande conseils à ses amis avant de me plaquer! »

Sirius soupira. Il était entré de son plein gré. Il aurait pu ignorer les pleurs. Mais qu'est-ce qui clochait chez lui ? « et bien, tu connais Pet, il est jamais très sûr de lui… »

Olga lui envoya un regard très noir. « Tu dis que je ne devrais pas lui en vouloir parce que c'est vous qui l'avez convaincu de le faire ? »

Hein ? Sirius arqua un sourcil – mais quand avait-il dit ça exactement ? « Ne me dis pas que tu ne savais pas ça allait finir par arriver » Changement de tactique. Mieux valait. « Ce n'était pas exactement tout rose entre vous… »

« Je sais » De nouvelles larmes coulèrent sur ses joues. Le jeune homme s'empêcha de grimacer – décidément, il aurait préféré réconforter Peter avec quelques bonnes tapes dans le dos et des moqueries « Mais ça fait tellement mal ! »

« Oh » S'exclama Sirius spontanément, quoique mitigé. Il n'avait pas pensé à ce détail. Qu'elle soit triste, bien sûr. En colère ou vexé, normal. Mais qu'elle ait mal, réellement blessée et meurtrie par cet abandon, il n'y avait pas songé… Après tout, il n'avait jamais été amoureux, il ne s'était jamais fait plaqué et ignorait ce qu'on ressentait.

Il se remit sur ses pieds. « J'ai l'impression de suffoquer » Murmura la jeune fille. Ça, Sirius le comprenait. C'était comme à chaque fois qu'il voyait James, Lily, Remus et Peter partir en riant avec leurs parents… Il se sentait trahi – n'était-ce pas ridicule ?

« Et le cœur serré » Continua Sirius « L'estomac retourné et une boule dans la gorge qui t'étouffe »

Elle acquiesça. Cela laissait le jeune homme pensif… C'était donc aussi douloureux une rupture ? Mais il supposait que c'était comme pour tout- ça dépendait à quel point on était impliqué. Lui était très attaché aux maraudeurs et ne supportait pas de rentrer chez lui. Olga était entichée de son meilleur ami et ne supportait pas d'être sans lui. Une idée bizarre quand on voyait comme Peter réagissait (évitant tout contact avec elle en trop).

« J'ai l'impression de mourir » Soupira-t-elle, bien que dans son regard résolu on voie qu'elle n'allait pas se laisser abattre. Mais Sirius, rapide comme toujours, se retrouva devant elle et prit sa main.

« Là, tu sens ? » Murmura-t-il en la déposant sur sa poitrine « C'est mon cœur qui bat. Parce que je suis en vie. »

« Je ne suis pas totalement débile tu sais » Remarqua la jeune fille avec une grimace qui ressemblait presque à un sourire.

« Et là » Il déposa la main de la jeune fille, la sienne au-dessus pour la guider, entre ses deux seins, légèrement sur la gauche « c'est ton cœur à toi qui bat. Parce que tu es aussi en vie et que ça va aller mieux. »

Un sourire ému passa sur les lèvres de la jeune fille et à nouveau, elle acquiesça, comme pour s'en convaincre. Elle releva les yeux vers le visage de Sirius qui était légèrement plus grand qu'elle et, sous ses doigts, il sentit son cœur accélérer. Et merde, songea-t-il en comprenant que ce n'était pas son esprit qui lui jouait des tours et qu'elle regardait bien ses lèvres à cet instant.

Sirius tenta de se calmer. Certes, il était beau et irrésistible, mais Olga venait de se faire plaquer par son copain – elle n'allait pas faire ça quand même (Sirius avait réussi à échapper à toutes les filles qui voulaient le faire jusqu'à ce matin !) D'un autre coté, si elle était esseulé, elle aurait peut-être tendance à le faire parce que c'était aussi une manière d'être réconfortée…

Il allait se reculer quand il sentit plus qu'il ne s'en aperçut, deux lèvres sur les siennes. Elles étaient plus douces que celles de son professeur, et un peu plus humides- bien qu'il ne sache pas exactement si c'était des larmes ou un gloss.

La curiosité était un très mauvais défaut. Mais Sirius en était maladivement atteint. Aussi ne résista-t-il pas à celle de comparer la manière d'embrasser des filles. Il aurait dû arrêter ce prémisse de baiser à son origine, mais l'envie de savoir ce qui allait se passer après était trop forte.

Et puis, finalement, peut-être que James avait simplement raison. Les filles, quand on commence à les embrasser, on arrête jamais.

C'est au moment où il passa ses bras dans son dos et qu'il appuya plus fort sur ses lèvres qu'il trouva l'excuse parfaite de son comportement : Olga s'était faite plaquée. Elle avait l'ego en bouillie. Et lui, Sirius Black, n'était pas assez égoïste que pour lui refuser un seul petit baiser …

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« Allez mes enfants, il est l'heure » Dumbledore leur envoya un regard complice en regardant leurs mains jointes et leur fit signe de le rejoindre à la sortie. Lily et James prirent la suite du vieil homme, serrés l'un contre l'autre, soulagés de la guérison future des Potter.

Lily appuya sa tête dans le cou de son ami et sourit en passant la vitre magique marquant la fin de l'hôpital. Autour de sa main, les doigts de James se resserrèrent. Arrivés dans la rue, Dumbledore sortit sa baguette et fit un petit geste avec.

« Je vais vous laisser rentrer jusque Pré-Au-lard en bus, j'ai quelques affaires à régler tant que je suis à Londres. Tenez » Il leur tendit de la monnaie pour le trajet et un mot destiné à Hagrid, le garde chasse, qui ne manquerait pas de faire une drôle de tête en les voyant de l'autre côté de la grille de l'école… « Soyez prudents »

Pourquoi pour la première fois de sa vie James en répondait gaiement et Lily n'acquiesçait pas sagement ? Oh, ils étaient sûrement plongés dans l'intense satisfaction d'être blottis l'un contre l'autre et de sentir leurs mains liées. Aussi étrange que cela paraisse, ils avaient tous deux l'impression que quelque chose s'était apaisé en eux, que l'intérieur de leur corps ronronnait littéralement. Et ça n'était pas pour les déranger …

Ils rentrèrent donc dans le bus, en ayant tout de même promis au directeur d'être corrects et demandèrent au chauffeur le trajet jusque Pré-Au-Lard puis s'assirent sur des chaises, dans le milieu de l'unique compartiment.

« Tu as déjà pris le magicobus ? » Questionna James en la regardant avec un petit sourire en coin qui fit presque peur à Lily. Elle secoua la tête « Accroche-toi » Lui conseilla-t-il, et ils démarrèrent.

Après s'être écroulée pour la troisième fois sur le sol, Lily détacha définitivement sa main de celle de James, s'accrocha à son siège et grommela entre ses dents sur « L'incapacité des sorciers à faire des transports dignes de ce nom »

« Oui » Acquiesça James, en se retenant difficilement d'exploser de rire. « Tu as raison… Il doit y avoir quelques 'sous-développés du bulbe' dans les concepteurs » Il se mordit vaillamment la lèvre « A moins que ce soit toi qui aies quelques problèmes d'équilibre »

Lily lui fit une grimace, se déconcentra, le bus fit une nouvelle halte et la jeune fille retourna dire bonjour au plancher. Elle se releva prestement, ignora les rires du chevelu et se dirigea vers les toilettes (espérant que tout ne vole pas comme dans le bus…)

Quand elle voulut revenir, il y avait au moins quinze nouvelles personnes dans le pire moyen de transport qu'elle ait jamais expérimenté et il y avait une blonde à côté de James.

Bien sûr Lily était jalouse et quand elle vit la demoiselle poser la main sur l'avant bras de son petit ami, l'envie de l'étriper ne manqua pas. Mais ce qui la tracassa le plus n'était pas là – elle avait confiance en James pour ne pas la tromper – elle n'était pas surprise.

Depuis le jour où elle avait envisagé de sortir avec son meilleur ami, elle savait parfaitement ce que tout le monde en penserait. Elle n'était qu'une de plus, James avait eu tellement de copines de toute façon, pourquoi serait-elle différente ? D'ailleurs, pourquoi serait-ce différent ?

C'est vrai, James pourrait très bien se lasser d'elle rapidement comme des autres et l'abandonner en étant désolé de ne pas s'être rendu compte qu'il n'était pas aussi sérieux qu'il le pensait- il n'était pas du genre à passer des heures à analyser son comportement et mettre ses sentiments au clair de toute façon. Il ne le ferait pas exprès mais pourrait le faire.

Et alors, tout le monde serait désolé pour elle – la pauvre petite Evans, ex-copine de maraudeur, jadis si fière de résister à leur charme, bafouée par Potter malgré lui- elle serait une victime du charme de son meilleur ami, comme toutes les autres avant.

Et si il y avait bien une chose qui énervait Lily plus que tout autre, c'était la pitié. Il fallait qu'elle fasse quelque chose pour que ça n'arrive pas. Mais il était hors de question de parler à James de ses craintes contre ses sentiments (quoi que, juste pour voir sa tête… Non!, méchante Lily) et il était encore plus hors de question de renoncer à une relation par peur d'être ridicule à la fin de celle-ci…

Oh non, Lily avait une bien meilleure idée, bien plus excitante…

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« Allons donc, un peu de courage Lupin »

« Mais c'est vraiment mauvais ! » Se plaignit Remus en retombant sur son oreiller, la gorge en feu « J'ai l'impression que je vais me transformer en dragon ! »

« Un choix crucial sans doute »

« Pardon ? » Demanda Remus, en n'y croyant pas ses oreilles

« Le dragon ou le loup » Clarifia-t-elle ses doutes « Un choix crucial » Le jeune homme resta muet et la fixa silencieusement. Elle lui sourit – un de ses sourires à la Pomfresh je suis jeune gentille et jolie qui faisait ses jambes flageoler (Heureusement pour lui, il était couché…) puis elle rougit « Excuse-moi. C'était pas sympa… »

« C'est pas ça » Corrigea Remus en s'éclaircissant la gorge – Elle avait été mal à l'aise ? « C'est juste… Je n'ai pas souvent l'occasion d'entendre des plaisanteries à ce sujet ! »

Alors qu'elle s'était retournée pour 'préparer des potions', il vit son dos avoir un petit tremblement. Elle tourna juste la tête et il aperçut le brillant de ses yeux, et ses lèvres rouges qu'elle mordait … parfait, elle se moquait de lui maintenant.

« Seigneur ! » S'exclama-t-elle en levant les yeux au ciel, trèsje-me-fous-de-ta-gueule. « Pauvre garçon incapable de rire de l'inconnu »

« Oh » Remus ne put retenir l'exclamation choquée « Je sais rire de tout et n'importe quoi ! »

« Bien sûr » Accepta-t-elle, condescendante, en se retournant vers sa table de travail.

« Non mais, c'est vrai » Insista Remus, plus sur le ton de la conversation que par besoin réel qu'on le pense avec un sens de l'humour grand comme ça (en réalité il savait honnêtement qu'il était plutôt petit comme ça)

« Bien sûr » Répéta-t-elle d'un même ton neutre. Mais, comme il n'était pas dans le même lit que ses pré-/post- pleine lune, il avait un angle de vue sur la table de préparation. Et ses mains avaient l'air franchement hésitantes…

« Pompom » La reprit-t-il d'une voix sonnant plus comme un avertissement. Cette fois, de réels petits éclats de rire passaient ses lèvres. C'était recta – elle ne supportait ce stupide surnom qu'elle lui avait elle-même conseillé en début d'année. Il ne s'en servait qu'en cas d'extrême urgence …

Un drôle de sentiment étreignait Remus qui se rassit dans son lit. Qu'il était étrange d'être à l'infirmerie dans une ambiance aussi détendue et pas sous le stress ou la douleur de la pleine lune… (ça tourne à l'obsession, se dit Remus). Il se sentait stupidement fier d'avoir fait rire la jeune femme de dix ans son aînée.

« Je ne plaisante pas ! » Plaisanta-t-il

« ça, je sais, que tu ne plaisantes pas ! » Rappela-t-elle la cause de toute cette conversation sans sens

« Ah ah très drôle » Remarqua Remus, avant de grimacer. Il était idiot ou quoi ? Pourquoi dire 'drôle' quand le sujet du rire était sa non- drôlesse ? « Enfin non, pas drôle » Deuxième fois « Enfin… » S'embrouilla-t-il

Elle se retourna vers lui, fit tomber quelque chose par terre et le son mat du métal frappant le sol coupa le sarcasme qu'elle allait forcément lancer. Elle secoua la tête « Moi, je te trouve très drôle » Murmura-t-elle en se penchant pour ramasser l'objet « Surtout drôle malgré toi… »

« Tu sais ce qu'on dit » Répondit Remus sur le même ton « Fille qui rit à moitié dans ton lit » La gorge serrée, c'était le cas de le dire. Vous aviez bien lu. Il avait réussi à articuler une phrase correcte et avec un sous-entendu alors qu'elle se penchait !!

Evidemment, ça n'empêchait qu'il soit rouge comme une tomate et que ses mains soient moites. Merlin, songea Remus, voilà que je flirte avec l'infirmière… il entendit, au fond de la pièce, la porte s'ouvrir. Il n'y prêta pas trop d'importance.

Après tout, Peter était venu après le cours de défense contre les forces du mal lui dire que James et Lily avait complètement disparu (l'inquiétude avait été repoussé pour sa sortie), Sirius devait être en retenue (C'était prévisible. Sans ni James, ni Lily, ni lui-même pour le retenir, Sirius faisait toujours des conneries- mais fouiller le tiroir d'un prof !) et Peter était parti à son cours de soin aux créatures magiques… La visite n'était donc pas pour lui.

Cela n'empêchait que le bruit de la porte les avait distraits un instant et que Remus dérougissait de sa hardiesse précédente et Pomfresh avait les joues rouges d'avoir ri. De lui.

« Bon » Soupira Poppy en se tournant vers lui. Puis, elle se figea avant que son regard ne devienne dangereusement en colère… Il avait fait quelque chose de mal ? « Remus Lupin ! Puis-je savoir ce que tu fais assis dans ton lit ? »

« Ben … » Remus lui envoya un sourire contrit et désolé. Il savait qu'il y avait bien une chose qu'elle ne supportait pas (et devenait un dragon pire que sa mère), c'était quand ses patients désobéissaient à ses ordres de bon rétablissement.

« Tu vas me faire le plaisir de te rallonger dans ce lit immédiatement ! »

« Oui madame » Déclara-t-il sagement en se recouchant. Et comme une mère veillant sur son fils, elle le borda (il soupçonnait qu'elle essaye de l'emprisonner sous les draps)

« Tu finiras par être sage » Murmura-t-elle en lui faisant une pitchenette(1) sur le nez et un sourire complice. Puis, en professionnelle qu'elle était, elle retourna à ses préparations en le laissant coi. C'était agréable, en fin de compte, de ne pas être presque totalement mort à l'infirmerie – ça lui donnait l'impression que Pompom l'aimait bien …

Elle se dégagea donc et derrière son corps apparut… Heather.

Jamais autant Remus n'avait voulu disparaître dans un petit trou. Et très très petit, le trou…

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Lily sourit… Elle était géniale quand elle voulait. Le seul problème restait à le convaincre.

Bon, étape 1, se débarrasser de miss Spears-je-drague-ton-copain-sous-ton-nez. Elle avait remarqué avec plaisir que James avait retiré la main de la fille de son bras, puis que celle-ci l'avait mise sur sa jambe d'où il l'avait encore retirée… Il avait besoin d'aide, le pauvre !

« J'ai trouvé une idée pour ne plus tomber » Déclara Lily en revenant. Elle ignora la fille et l'excuse de James d'avoir perdu son siège. Elle s'assit sur ses genoux et passa ses bras derrière sa nuque. « Tu vas nous tenir pour deux »

Il éclata de rire. « On va s'écraser tous les deux sur le sol et tu te feras encore plus mal parce que je serai au-dessus… »

« Oh » Lily haussa les sourcils de manière suggestive « Mais tu sais que j'adore quand tu es au-dessus de moi mon cœur » Déclara-t-elle haut et fort pour la blonde piqueuse de copain d'une voix joliment hypocrite (quoique James était devenu tout rouge… Je vous jure, les mecs, ils parlent de ça tout le temps et sous prétexte que vous êtes une fille, ça devient tabou…).

Sur ce, avant qu'il ne se récrie en demandant des explications et foute son plan à l'eau, elle l'embrassa- presque sauvagement. Et quel bonheur de l'embrasser… Jamais elle ne s'en lasserait. Oh non, décidément, elle n'abandonnerait pas l'idée de sortir avec lui sous prétexte de ce qu'en penseraient les autres… Mais un compromis…

Quand ils se détachèrent l'un de l'autre, à bout de souffle, Lily put regagner sa chaise sans difficulté. James avait les yeux fermés et un petit sourire niais qui lui donnait un air très idiot. « Tu aurais dû nous pousser de la tour d'astronomie bien plus tôt » Murmura-t-il.

« Je sais » S'accorda Lily en souriant – elle n'était pas suffisamment de glace que pour ne pas avoir le cœur qui bondissait elle aussi – « J'ai toujours de bonnes idées »

Ils se levèrent et sortir dans le village sorcier de Pré-Au-Lard. « Notre première sortie en amoureux » Chuchota James avec un peu d'ironie car il fallait déjà reprendre le chemin du château. Et puis, l'hôpital, on faisait mieux comme lieu de rencart…

« En parlant de mes bonnes idées » Reprit Lily en ignorant la précédente interruption « J'aurais voulu te parler de… »

« On est ensemble ? » Questionna James en se tournant vers elle « Je veux dire, je sais qu'il y a des filles qui ont besoin d'avoir la discussion « tu as le droit de m'appeler ton petit ami » et tout le truc ou bien que- » Lily le fit taire d'un baiser avant qu'il ne s'embarque dans des explications faramineuses à la Potter.

« On est ensemble » Assura-t-elle en se détachant de lui, l'impression de marcher sur un petit nuage toute rose (Une après-midi et tu deviens déjà ridicule ma fille, ça promet !) « Mais je me disais qu'on pourrait peut-être attendre un peu avant de le dire aux autres »

« Attendre ? » Il se retourna vers elle, l'air intrigué « Et pourquoi on ferait ça ? »

« Ben » Lily haussa les épaules et détourner le regard. James voyait toujours quand elle mentait … « C'est excitant non, une relation secrète ? »

« Ne pas pouvoir te prendre la main dans les couloirs ni te voler un baiser au p'tidéj, super, ouais » grommela-t-il. « On se retrouvera dans la même situation qu'avant, tu sais, quand on était tous les deux très frustrés »

« Mais on pourra se trouver des petits moments à nous » Chuchota Lily au creux de son oreille, coquine au possible. Quand il faut, il faut, non ? Tous les moyens sont bons.

« Pas envie » Grommela-t-il en enfant boudeur « Je te veux tout le temps »

« Mais » Lily regarda le château qui se dressait loin devant, à peine discernable dans la brume de la soirée « On ne sait pas comment ça va se passer »

« Se passer ? » James se retourna vers elle, emprisonna ses bras dans son dos et l'embrassa aussi délicatement qu'une poupée russe. Décidément, son cœur ne tiendrait jamais la distance à ce rythme là… « Moi je trouve que ça se passe plutôt bien »

« Et si le dragon revient pendant la nuit ? » Lily joua sa dernière carte et le vit blanchir. Elle se détestait d'être si couarde, mais ce n'était que pour une ou deux semaines, non ? « je veux dire, il se passe des choses bizarres avec nous. Pourquoi cette fois ce ne serait pas dangereux d'être ensemble alors qu'à Noël… »

James soupira et la prit par les épaules en lançant quelques étincelles devant les grilles de l'école. « D'accord, très bien, Sirius me prenait déjà pour un fou pas besoin de mettre les autres au courant si ça foire »

« Super » Lily lui piqua un bisou sur la joue « Je te promets que c'est juste le temps d'être sûr »

« Tu ne m'en voudras pas si je décide que tu ne vaux pas la peine de me faire arracher les boyaux toutes les nuits ? »

« Si tu ne m'en veux pas de penser que tu ne vaux pas que je me fasse marquer au fer rouge chaque soir »

Ils échangèrent un sourire. Difficile à croire que pour leur couple, l'étape la plus décisive serait leur première nuit en lits séparés…

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1 : Je suppose que c'est un mot un peu wallon sur les bords, alors j'explique au cas où (et si je me trompe sur l'origine dudit mot vous n'avez qu'à penser que je sous-estime votre intelligence… Pitchenette :Tapoter le bout du nez du doigt, voire claquer les doigts à proximité de la joue de quelqu'un (mais gentiment hein !)

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Give me a shot to remember
Ad you can take all the pain away from me
A kiss and I will surrender

(The sharpest lives, my chemical romance)