Avant de commencer : Merci à tous pour vos reviews ! Ca continue encore et toujours à me faire super plaisir !

Je termine vite la rar : merci à Aaron (ah mais, cana va pas ? Lire des fics au boulot, non mais ! oki, continue parce que moi ta review m'a bien fait rire quand j'avais besoin de décompresser un peu! ) Mag (mais si ils resteront enseble... dans euh, quelques années !Et pour les chapitres, en général, ça fait entre 10 et 15 pages, mais le chapitre 7 de cette fic faisait plus d'une centaine de pages, voilà pourquoi j'ai fait 5 parties d'à peu près 20 pages ! et encore, ça reste de gros chapitres ... Pour dire vrai, je ne sais pas trop combien de temps ça prend, c'ets variable. quand je suis bien inspirée, je dirais que je peux écrire un chapitre en trois quatre heures malheureusement, je ne suis motivée que vers minuit, donc j'abandonne toujours avant la fin .. et pour les fautes, je susi désolée ! je l'ai relu trois fois pourtant, c'est dingue ! je vais essauyer de refaire plus attention!) et cc (tsss, rejeter des personnages qui vont ruiner la vie des autres, quelle drôle d'idée !)

Ensuite, Comme je l'avais déjà dit dans les deux chapitres précédents, je sais qu'il y a beaucoup de fautes (atroces). Le truc, c'est que j'ai vraiment très peu de temps, alors j'écris dès que je peux (le nuit en général et je tape souvent à côté de la bonne lettre…) Bref, pardon, même en relisant je ne les vois pas vraiment, simplement parce que j'ai écrit le texte seulement quelques jours plus tôt.

Enfin, pour terminer, une note qui, je pense, est importante pour ne pas que vous vous mettiez tous à penser d'un seul homme 'Lily est une pauvre fille'.

Je vous rappelle donc que le père de Lily a trompé sa mère, puis sa belle-mère, en prenant comme excuses devant ses filles qu'il n'était qu'un homme. Pendant des années, la mère de Lily l'a élevée en n'ayant cesse de la prévenir contre les hommes, car ils étaient tous les mêmes et que même si un jour ils paraissaient parfaits, ils finissaient, tous, un jour, par vous briser. Enfin, James était un don juan au début de cette fic (et à la fin de we were friends). Il changeait régulièrement de copine et se préoccupait peu de leurs sentiments. Et Lily, en fille intelligente, pense légitime de demander pourquoi il changerait d'attitude, radicalement, juste pour elle. C'est loin d'être facile de faire confiance à un coureur !

Voilà. Maintenant, je vais finir rasp hollow en vous souhaitant : Bonne Lecture !

Trop gentille pour toi Potter

Chapitre 7(4/5)

Le lendemain, Lily se réveilla avec une impression humide et de fatigue intense. Elle se passa la main sur le visage, pour se rendre compte qu'en effet, sa peau était encore légèrement mouillée, ainsi que son oreiller. Sa conversation de la veille avec Kat lui revint en tête – de même que la façon dont son soi-disant ami, et accessoirement soi-disant petit ami, s'était moqué d'elle. Elle avait mis longtemps à trouver le sommeil, et il avait été agité. Repoussant ses couvertures, elle se leva, sans prêter attention au soleil qui inondait la pièce, tentant vaillamment de la réchauffer malgré les gros murs du château qui l'en empêchait.

Une fois de plus, elle maudit Shaïni et son idée ridicule d'interdire de chauffer la pièce pour la conservation de leur 'capitale beauté' et se précipita dans la salle de bain, où une température agréable régnait, soufflant la place sous le nez de Fagnes qui attendait depuis dix minutes déjà que Persée en sorte.

Elle s'habilla en vitesse, et se passa longuement le visage sous l'eau, cherchant à effacer toutes traces de la veille. Les yeux rouges n'étaient pas vraiment à la mode. Elle n'aurait jamais pensé que les choses se passeraient ainsi. Quand elle sortit, elle s'aperçut que toutes les filles étaient descendues sans attendre Fagnes qui, allongée sur son lit, attendait patiemment que Lily libère la place.

« C'est sympa » Grogna la jeune fille en avançant vers la salle de bain « Maintenant, je vais devoir aller déjeuner toute seule »

Lily, même si elle ne le faisait jamais d'habitude, s'aperçut que c'était de sa faute - et même si elle ne trouvait pas normal que ses copines lui faussent compagnie aussi facilement – s'assit sur son lit, et attendit sa compagne de chambre. Il ne lui fallut pas plus de cinq minutes pour ressortir, coiffée, lavée, maquillée – un tour de force que la rousse ne serait jamais capable de réaliser.

« Qu'est-ce que tu fais encore là ? » Demanda la jeune fille en la dévisageant « Tu n'es pas partie rejoindre les maraudeurs ? »

Lily sentit un poids tomber dans sa poitrine mais ne réagit pas. Elle devait absolument anesthésier son cœur et ses sentiments pour éviter de sauter sur James et de l'écrabouiller de rage. « Je me suis dit que je n'allais pas te laisser aller déjeuner toute seule »

« Oh » Fagnes sembla très surprise « C'est gentil à toi » Les deux filles attrapèrent leurs sacs et se dirigèrent ensemble vers la grande salle.

« Alors » Commença la brune, jouant avec la lanière de son sac « il s'est passé quelque chose ? »

« Quoi ? » Lily fut surprise, et regarda devant elle.

« Je veux dire, avec les garçons » Fagnes remit une de ses mèches derrière son oreille. « C'est étrange, d'habitude, tu te précipites à leur rencontre »

« Je suppose que j'ai besoin de m'éloigner un peu » Esquiva Lily. Elle souffla doucement, se sentant bizarrement stressée.

« Parfois, j'ai l'impression que tu ne te souviens même pas de nos noms » Fit remarquer l'autre jeune fille en jetant un coup d'œil au temps par la fenêtre « C'est à peine si tu nous adresses la parole une fois par semaine »

« Désolé » Dit rapidement Lily « Et je ne peux pas oublier vos noms : Briz, Hanz, Paralina, Samouka »

Fagnes rit « Tu vis dans un conte de fée Lily ? »

« Oh tu connais l'histoire des sept poux et la princesse ? » s'agita Lily en se retournant vers sa camarade « C'était mon histoire préférée quand j'étais petite ! »

« Non, tu ne peux plus dire ça après avoir lu Cajamulca et le maçon doré ! » Contra Fagnes en souriant, puis elle ajouta « Merlin, la dernière fois que j'ai parlé de ça je devais avoir onze ans »

« Je me souviens, Shaïni t'avait dit qu'on avait passé l'âge des conte de fées ! » Lily se souvint de cette conversation, qu'elle avait rangé dans la catégorie 'raisons pour lesquels je n'aime pas les filles'.

Les deux filles passèrent les portes de la Grande salle en souriant allègrement. Le poids sur les épaules de Lily semblait s'être allégé pour un moment.

« Alors maintenant, tu vas les rejoindre et moi, je vais par là » Remarqua Fagnes en pointant du doigt les autres filles Gryffondors. Lily acquiesça, stressée par le simple fait d'aller vers les garçons – et faire face à ce stupide Potter qui l'avait empêché de dormir de la nuit.

« Je suppose » Souffla la rousse, elle se retourna vers sa camarade, cherchant désespérément quelque chose à ajouter avant le moment fatidique.

« Bien » Fagnes sourit, un peu tendue, puis questionna « Tu es sûre que ça va Lily ? On dirait que tu vas monter sur l'échafaud »

« Ca se voit à se point ? »

« Oh, et puis zut… On mange ensemble ? »

« Ok » Lily suivit le pas décidé de Fagnes et elles s'installèrent ensemble au milieu des deux groupes, sans prêter attention aux regards étonnés des garçons d'un côté, et des filles de l'autre.

« Alors, qu'est-ce qui se passe ? » Fagnes se servit légèrement- un thé et une pomme en tout. Elle retint de justesse le 'cette fois' qui avait voulu sortir.

« Tu as entendu parler d'un pari entre Sirius et James ? » la surprit la rousse, qui fixait obstinément son assiette vide.

La brune se mordit la lèvre avant de chercher une réponse correcte mais Lily l'interrompit « C'est bon pas besoin de répondre » Elle haussa les épaules. « J'aurais dû m'en douter après tout… »

« Si je peux faire quelque chose pour toi » Fagnes releva les yeux vers Lily et lui fit un geste encourageant « N'importe quoi, dis le »

Lily sourit, touchée. « Pourquoi ? Je veux dire- on se parle à peine toi et moi … »

« C'est grâce à toi que » Fagnes se mordit la lèvre et jeta un regard vers Shaïni et compagnie « Si je suis revenue à ma couleur naturelle » avoua-t-elle en se montrant les cheveux « Je t'ai vu résister au pouvoir absolu de Shaïni et ça m'a inspirée… Je veux dire, tu lui as dit non et elle n'a rien pu faire contre toi… »

« Elle est à ce point effrayante ? » Questionna la jeune fille, amusée par la situation.

« Et bien, elle a réussi à convaincre Kessy et Persée de devenir blonde en moins d'un an… Moi aussi, bien sûr, mais après, je me suis reprise quand j'ai vu à quel point ses menaces étaient veines… Je veux dire, Kessy, Persée et Shaïni sont des chouettes filles mais… »

« Elles sont très filles ? » tenta Lily en esquissant un sourire. Discuter avec Fagnes de sujet sans importance était relaxant. Elle ne sentait presque plus sa poitrine se serrer douloureusement ou les larmes qu'elle retenait à grand mal de gagner ses yeux.

« Un peu trop, ouais… » Les deux filles se sourirent, perdue dans leurs souvenirs de Shaïni Smith, miss SS « Mais elles sont assez sympas dans le fond »

« Wouh… ça doit être très profond alors ! » Ne put s'empêcher de s'exclamer Lily « Et Swann dans tout ça ? »

« Swann ? Oh, elle est très gentille, sympa et tout – C'est juste, je sais pas, elle est tellement timide et en même temps, ça lui réussit » Lily arqua les sourcils « Regarde-la, elle est brune aussi mais contrairement à moi, elle a pas à affronter les regards énervés de SS tous les matins- on dirait presque que ça effraie Shaïni de contraindre une fille à quelque chose en sachant parfaitement qu'elle est incapable de lui résister »

Lily soupira « Ca me donne mal à la tête d'essayer de comprendre ce qui trotte pas droit dans celle de miss SS »

Fagnes s'apprêtait à répondre quelque chose quand son regard fut happé par une personne qui se tenait debout derrière le siège de Lily. La jeune fille déglutit et, plutôt que de se retourner, se servit du jus.

« Lily, on peut parler ? » Questionna la voix de James Potter et son ex-soi-disant petite amie sentit une vague de nausée la traverser. C'était très douloureux de se rendre compte que c'était bien son James qui l'avait trompée et avait fait un pari et en définitive… ne tenait pas à elle.

« Non »

« Mais… »

« J'ai dit non Potter » Asséna-t-elle d'une voix tranchante, déglutissant difficilement. C'était quoi cette boule dans sa gorge l'empêchant de juste avaler du jus de citrouille ?

« Oh, tu ne vas pas rendre ça facile, c'est ça ? » Sa voix amusée faillit marquer sa fin, mais, heureusement, Lily savait se contrôler. Elle n'allait pas sauter sur lui et le ruer de coups jusqu'à ce qu'il ressente ce qu'elle ressentait « D'accord, on va jouer, Evans »

Elle aurait dû rester sur son impression première : Potter n'était qu'un sale gamin arrogant et prétentieux. Il se recula, et elle crut que sa session de torture était finie pour aujourd'hui, mais c'est là que le véritable cauchemar commença.

« Lily Evans » S'exclama-t-il d'une voix forte et assurée, faisant se retourner au moins la moitié des gryffondors et des pouffsouffles qui étaient la table la plus proche. « Accepteriez-vous de sortir avec moi, James Potter, je vous promets de vous - »

Mais le pauvre garçon n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'une furie rousse s'était retournée, l'avait giflé comme jamais sa mère n'avait osé le faire et était partie en courant de la grande salle.

James déglutit et porta doucement sa main sur sa joue qui devait être très rouge. Jamais Lily ne l'avait frappé comme ça. Comme si elle évacuait toute sa rage et son dégoût contre lui. Mais il n'avait pas rêvé, hein ? C'est elle qui lui avait dit de faire une demande publique. C'est elle qui voulait qu'ils ne se cachent plus. C'est elle qui n'était pas venue manger près d'eux, l'obligeant à venir là, au milieu des autres années, au milieu de ces semi inconnus…

Il soupira et retourna à sa place sans soutenir les regards des autres. Certains moqueurs, d'autres surpris et surtout, des choqués- principalement les filles qui avaient dû se démener pour sortir avec lui et à qui il ne serait jamais venu à l'esprit de refuser de sortir si il s'était abaissé à demander…

« C'était quoi, ça ? » S'enquit Remus à peine se fut-il rassit.

James planta rageusement sa fourchette dans un pancake « J'en sais fichtrement rien. »

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La semaine qui leur restait avant les buses passa à une allure folle. Lily se plongea dans ses révisions à fond, refusant de penser à autre chose que ses cours. Refusant de laisser son esprit être accaparé par le comportement abjecte de James.

Non seulement, il la trompait, il faisait un pari sur le dos d'une pauvre et stupide fille, mais en plus il voulait lui faire endossé à elle le rôle de ladite fille. Et dire qu'à peine trois semaines plus tôt, il jurait que jamais – jamais – il ne chercherait à la blesser.

Lily s'était donc plongée dans les cours, s'était rapprochée de Fagnes et un peu des autres filles. Elle passait parfois la soirée en compagnie de Sirius, Remus et Peter – mais uniquement quand James était soit déjà dans le dortoir à ruminer, soit dehors à jouer au Quidditch bien que la saison soit clôturée.

A la veille de la première épreuve, elle ne doutait plus qu'elle serait première de classe. Et elle décida de ne pas s'arrêter d'étudier une minute, car chaque minute où son esprit n'était pas occupé, elle pensait à James – et elle avait mal. Très mal.

James, de son côté, préparait non seulement ses examens (un peu quand même) mais surtout divers moyens de demander à Lily de sortir avec lui. Il n'avait toujours pas compris pourquoi elle avait réagi si violemment ce matin-là, mais il savait pourquoi elle avait dit non.

Elle lui avait demandé de l'inviter à sortir d'une manière originale. Et il n'y avait pas grand-chose d'original dans le fait de faire une ridicule déclaration devant dix personnes. Il avait donc décidé de se montrer plus inventif. Il savait que Lily ne se contenterait pas de peu- et même qu'elle allait tout faire pour lui rendre la tâche compliquée. Mais il était prêt.

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L'examinateur était un petit homme maigre et sec, dont la barbiche blanche frôlait la baguette inspectée à chaque mouvement. Des petits yeux sournois qui firent couler une sueur froide le long du dos de James quand il la lui rendit. Ce n'était pas gagné qu'il réussisse tous ses enchantements avec un tel pervers le fixant.

« Bien monsieur Potter » Et une voix couinante avec ça… Les yeux du bonhomme se levèrent sur la porte et il commença à tapoter du doigt sur le bureau, sans adresser un mot de plus au pauvre James qui se demandait bien dans quoi il venait de se fourrer… s'il avait imaginé que les Buses ressemblerait à ça…

Qu'est-ce qu'il était censé faire maintenant ?

Puis, après plus ou moins dix minutes de tambourinage de doigts et de silence tendu, la porte s'ouvrit, révélant Lily. « Miss Evans ! » S'enjoua l'homme, faisant frissonner James de dégoût. Il n'aimait pas du tout sa manière de dévisager la rousse. Rousse qui déglutit péniblement en le voyant assis face au bureau.

« Monsieur… veuillez excuser mon retard, le professeur Flitwick avait mélangé ses fiches »

Le petit homme parcourut la silhouette de Lily du regard, s'attardant d'une telle manière à certains endroits qu'un peu plus, et James enfonçait son poing sur la tête de l'examinateur pervers.

Il essaya de capter le regard de Lily à plusieurs reprises mais la tentative fut veine. Elle tendit sa baguette à l'homme – qui ne manqua pas de baisser le regard sur la poitrine de la jeune fille quand elle se pencha en avant.

A nouveau, il inspecta la baguette dans tous les sens, et la lui rendit, sortant une petite boîte en fer de son tiroir. Ce fut seulement à ce moment que James réalisa qu'il allait au moins avoir un O à cet examen.

Il passait un examen de pratique de la magie avec Lily. Et sa magie était décuplée quand la jeune fille était là… Cool, au moins, ça allait être facile !

Lily, elle, il ne savait pourquoi, semblait stressée, tendue. Elle gardait le regard fixe, braqué sur l'examinateur- pervers et refusait de lui jeter un coup d'œil. A croire qu'il lui avait fait une chose horrible.

« Monsieur Potter » Couina l'homme à la barbiche « Tirez un papier je vous prie » James leva les yeux sur lui et prit un morceau de parchemin, en faisant attention à ne pas frôler la peau sirupeuse de l'homme.

« Elle est belle mais petite. La première étape de votre collaboration sera de trouver cette piqueuse de vêtements. La deuxième sera de la rendre maniable à l'ogre » Lut James à voix haute avec un froncement de sourcils. C'était quoi, cette blague ?

« Bien, je vous observe jeunes gens » Déclara simplement l'examinateur sans plus d'informations. James haussa les sourcils et se retourna vers Lily qui gardait obstinément les yeux fixés vers le sol. Juste fabuleux.

« Lily ? » L'appela James « Je crois que le papier parlait de collaboration … »

« Idiot » Grinça-t-elle en levant sa baguette « Accio aiguille à coudre » La petite pointe argentée sortit d'un pot de fleur et atterrit dans sa paume ouverte. Elle releva les yeux sur lui. « Alors quoi, t'as besoin d'une invitation pour l'agrandir ? »

Cette fille est formidable songea James en sortant sa propre baguette. Bon, un sort pour agrandir … voyons voir. Il y avait celui de – non, pas sûr que ça marche. Mince, c'était quoi le mot encore ? Le contraire du reducto… Amplificare ? non, il y avait un um au bout… amplifum ? Non, ça sonnait mal…

« Et bien quoi Potter ? » L'interrogea Lily avec un regard agacé « Tu ne sais plus lancer un amplificatum ? »

« Amplificatum » répéta James sans même regarder ce qu'il faisait… Pourquoi Lily l'appelait-elle par son nom de famille ? Il n'avait rien de fait de mal qu'il sache ... Et elle était si agressive !

« Bien » Se réjouit le petit homme en lorgnant sur la chute de reins de Lily qui émit un son agacé. Au moins, elle s'en apercevait. « A vous miss Evans, un papier »

« Me faire apparaître, il vous faudra. Au dos de l'interdit je figure. Au feu il vous faudra me jeter. Mes mots dans l'air vous ferez flotter » récita-t-elle.

James se retourna, cherchant dans la pièce quelque chose d'interdit… Mais il s'agissait d'une bête classe, non ? Qu'est-ce qui pourrait bien être – Lily tenait dans sa main le parchemin des « Choses interdites au cours d'étude des moldus » qui était affichée sur la porte un instant avant.

« Tu es géniale » S'exclama gaiement James en posant sa main sur son bras. Elle fit un bon en arrière.

« Ne me touche pas »

James se passa une main dans les cheveux… cette fille était tordue, c'était la seule possibilité. Il soupira, pointa sa baguette sur le parchemin et dit « Aparecium »

Aussitôt dit, aussitôt fait, des mots commencèrent à se tracer au dos de la feuille. James lut dans le dos de la préfète avant qu'elle ne dépose la feuille sur une table et y mette le feu avec un « lacarnum inflamare » à peine murmuré.

C'est de la triche, se rendit compte James. On n'a même pas besoin de songer aux bons sortilèges qu'ils s'exécutent tout seul… C'était dingue – comme en mars, en défense contre les forces du mal, il s'était mis à côté de Lily et en trois secondes, leurs deux patronus étaient apparus, avec un souvenir à deux noises – effrayant même.

Il pointa sa baguette vers le ciel… héhé, la bonne blague. Comment on écrivait des mots dans l'air ? Ce n'était pas dans le programme ça ! « Ecritum » Chuchota James en y allant au petit bonheur la chance. De toute façon, même sans la bonne formule, ça marcherait !

Ici l'examen s'arrête, dans votre salle retournez étudier, candidats de premier choix.

Ps : Lily, voudrais-tu sortir avec moi ?

James se précipita hors de la salle, juste avant que le sortilège chauve-souris de la rousse ne l'atteigne. Au moins, l'examinateur saurait qu'ils étaient doués !

« Potter ! » Oups… Un sort pour faire disparaître McGo ?

« Pardon madame » S'excusa James en arrêtant de courir net. Le professeur lui envoya un regard sévère qui en aurait fait pâlir plus d'un et continua sa route. Derrière lui, Lily arriva. « Lil » L'appela James. Elle l'ignora. « Lily » Continua-t-il en lui emboîtant le pas. Silence. « Liloune »

« Evans » Cracha-t-elle avec une sorte de hargne, comme si il l'insupportait.

« Quoi ? » Questionna-t-il très intelligemment.

« C'est Evans pour toi, à partir de maintenant »

« Mais, Lily… » Se plaignit-il. Elle sortit sa baguette, se retourna vers lui et le plaqua au mur. James se sentit mal à l'aise – quand Lily était en colère, elle faisait des trucs idiots parfois.

« C'est Evans » Dit-elle nerveusement « je ne veux plus jamais t'entendre m'appeler autrement » Elle regarda autour d'elle, avant de se faire encore un peu plus menaçante « Je ne veux plus jamais t'entendre m'appeler du tout d'ailleurs ! »

Elle remit sa baguette dans sa poche et … reprit sa route ! « Et bien Potter, on se fait remettre à sa place par une fille ? » Susurra la voix de Rogue, qui semblait avoir définitivement élu domicile à leur suite. Il faudrait qu'ils fassent quelque chose à ce sujet, absolument

« J'ai pas le temps, là, Servilus » Grommela James en partant à la poursuite de Lily. Deux mètres plus loin, il s'arrêta, se retourna et « J'ai oublié tiens. Rictusempra. Arrête de nous suivre ! » Il se remit à la suite de la rousse « Lily, dis-moi au moins ce que j'ai fait de mal ! »

« C'est Evans ! » Gueula-t-elle.

C'est ainsi que, quand, dix minutes plus tard, Sirius passa dans le couloir, il trouva James suspendu dans les airs.

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« Non mais sans blague, Pat » James s'écrasa dans un fauteuil de la salle commune. « Elle a complètement pété sa case. Elle veut que je l'appelle Evans ! »

« Et t'as rien fait ? » James secoua la tête « Je veux dire, vraiment rien ? »

« Mais non ! »

« Parce que tu vois, je considère que je n'ai rien fait de vraiment préjudiciable à Peter et il continue à m'ignorer… »

James leva les yeux au ciel. « C'est moi ou il avait l'air bizarre au déjeuner ? »

Sirius eut un rictus méprisant. « C'est sa nouvelle technique pour m'ennuyer. Il se figure que je fais un complexe d'infériorité sur toi » James faillit s'étouffer dans sa propre salive. « Alors il a décidé de t'adorer et d'adorer tout ce que tu fais et dis »

« D'accord » Prononça doucement James « C'est le monde entier qui est devenu fou »

« Hey ! » Se vexa à moitié Sirius « Je me sens très bien »

« Tu as embrassé Olga » Remarqua James

« Elle était triste » Asséna Sirius, comme si cela suffisait à tout expliquer et pardonner.

« Et tu méprises Peter parce qu'il est en colère alors que c'est toi qui a embrassé sa copine »

« C'est sa réaction que je méprise »

« Tu sors avec Lea-Maria » Ajouta James. Sirius tomba de son siège. « Et même, il n'y a pas que toi, Lily et Peter. Remus passe son temps à lire, il nous adresse à peine la parole ! Rogue nous suit partout … Et tout à l'heure, j'ai failli faire tomber McGo en lui fonçant dedans et elle ne m'a pas donné de retenue ! »

« En parlant de Rogue » se reprit l'animagus chien « Il faut qu'on fasse quelque chose. Ca devient insupportable »

« Dur dur les rendez-vous secrets avec un espion dans le dos ? » Interrogea moqueusement James, qui avait bien remarqué le changement de sujet de son ami.

« Sans blague » Grogna Sirius « J'ai l'impression qu'on se laisse marcher sur les pieds par ce cornichon » Il dégagea un sixième qui essayait de lui piquer le fauteuil d'en face d'un regard « regarde ça, on effraie même les plus grands et on dirait que Rogue, on se contente de se défendre quand il nous approche ! »

James sourit « On se montre un peu plus agressif ? » Proposa-t-il

« Servilus va regretter d'être né… » Sirius se frotta les mains « La fin de l'année s'annonce bien mon vieux »

« Tu crois qu'il fait vraiment tout ça pour savoir pourquoi Remus quittait l'infirmerie avec Pomfresh ? »

« Y'a pas intérêt » Grinça Sirius « Sinon je l'envoie vraiment chez Remus une nuit de pleine lune – on verra ce qu'il en dit »

James leva les yeux au ciel « t'es con »

« Ouais, mais ma copine a vingt deux ans… »

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Sirius se laissa aller, le dos appuyer contre les jambes de Levina. Il adorait quand elle laissait ses doigts se promener sur sa tête comme ça, et jouait entre ses cheveux. C'était étrange, parce que jusque là, Sirius n'avait jamais supporté qu'on touche ses cheveux.

« Qu'est-ce que tu peux me dire de 'Salveo maleficia' ? »

Le jeune homme soupira. Quelle bonne idée de sortir avec une prof ! Vous vous retrouviez à passer l'après-midi à … étudier ! « range ça, je t'ai dit » Râla-t-il « Je sais déjà tout »

« Et bien, dis-moi » Murmura-t-elle à son oreille « Il me tarde de savoir à quel point tu vas te planter mon cœur »

« ah ah ah » Grimaça Sirius. Ce n'était pas du jeu de toute façon. Elle le déconcentrait en lui caressant le visage comme ça. Sans parler de ses lèvres dans son cou !

« Sirius, réponse » Lui conseilla-t-elle en se relevant « Ou je risque de me rappeler fâcheusement cette pile d'examen à corriger … »

Manipulatrice ! Devoir répondre à des questions pour avoir droit à un peu de tendresse ! « Voyons voir… Salveo Maleficia… » Oh, c'était particulièrement sensible là, dans le cou. Se concentrer. « De salve, sauveur, et maleficia, maléfice, en latin je suppose »

« Tu supposes ? » Murmura Levina, à deux millimètres de son oreille.

Sirius inspira grandement. Son esprit était franchement ralenti par sa proximité… « Ouais, latin. Pour se protéger contre les envoûtements et les maléfices d'incantation »

Elle soupira. « Les maléfices et les incantations » Il appuya sa tête sur ses genoux et leva les yeux vers le ciel pour voir son visage « Les maléfices d'incantation, ça n'existe même pas »

« Embrasse-moi »

« Tu t'es trompé »

« Embrasse-moi »

« Tu es persuadé que je vais le faire. Mais figure-toi que je sais parler aussi… »

« Embrasse-moi »

« Je peux même tenir longtemps, rien qu'avec des mots »

« Alors explique-moi ce qui s'est passé à la fin de tes études » Demanda Sirius en changeant de registre, son envie de savoir ce qui l'avait poussée à changer de vie ne l'ayant jamais vraiment quitté.

Elle se pencha en avant et l'embrassa. Sirius se laissa emporter par l'élan, lui répondant avec ferveur – surtout que la position, lui la tête à l'envers sur ses genoux et elle penchée au-dessus de lui, permettait de nouvelles expérimentations – mais il arrêta après un petit temps et vint s'asseoir à côté d'elle dans le canapé de son appartement de professeur.

« Raconte-moi » Insista Sirius en lui prenant la main « Léa… »

« Ne m'appelle pas comme ça » Le stoppa-t-elle. Elle secoua la tête « Qu'est-ce que ça change ? »

« Ca change que je tiens à toi » Répliqua Sirius avec mauvaise humeur « Que je t'ai parlé de ma famille et que tu as prétendu qu'ils étaient inimaginables alors que tu les connaissais ! Ca fait un mois et demi qu'on » Sirius fit un signe de la main, les désignant eux, et la pièce « je veux dire- tu ne me fais même pas confiance ? »

Un sourire absent étira les lèvres de la jeune femme. « Tu sais que je ne suis jamais restée aussi longtemps avec un garçon – à part Mortimer, bien sûr »

Sirius haussa les épaules « Moi non plus »

« Tu m'étonnes » Ricana-t-elle « Laisse moi deviner… Monsieur Black est un séducteur qui plaque ses copines au bout de la semaine ? »

« Nope » Il se pencha vers elle « Tu es la première personne que j'ai embrassée de ma vie » Confia-t-il. « Par contre, toi… »

Levina le regarda, légèrement coi. Elle ne se serait jamais attendue à un tel comportement de sa part, lui qui semblait toujours si sûr et confiant – comme si il avait l'expérience d'un trentenaire ! « Quoi, moi ? »

« je veux dire- tu ramènes des types à Poudlard sans même leur dire ton nom… »

« Quoi ? » Elle se redressa, interloquée « Je n'ai jamais … Tu parles de … de Kingsley ? » Elle éclata de rire « j'aurais dû me douter que tu sauterais sur les mauvaises conclusions… »

« Les mauvaises … ? » Se rétracta Sirius « je te rappelle dans quelle position compromettante je vous ai trouvé tous les deux, toi et ce black ? » Sirius fronça les sourcils « Je veux dire, ce type avec la peau noir »

Levina l'observa un instant avant d'éclater de rire « C'est le plus mauvais jeu de mots que j'ai jamais entendu ! »

« J'ai pas- » Voulut se défendre Sirius, puis il abandonna l'idée. Dingue que son nom l'ennuie même dans une stupide et bête conversation sur quelqu'un avec la peau colorée- un black comme il les appelait, alors que lui s'appelait comme ça et qu'il était blanc et… Bordel, il devait arrêter de penser. Ça lui filait mal au crâne

« C'est un ami » Finit par expliquer Levina en se blottissant dans ses bras. « Et non, ne pose pas la question, je n'ai pas pour habitude de traiter mes amis comme ça, et je ne suis pas non plus une sorte de croqueuse d'hommes »

« Explique alors » la poussa Sirius en se rendant compte qu'elle avait habilement détourné le sujet de son passé.

« Kingsley Shackelbott- c'était un des amis de Mortimer » On en revient toujours à lui, songea Sirius « C'est le seul de Poudlard avec lequel j'ai continué à avoir des contacts… Il est devenu Auror et il m'a aidé à passer mes Aspics au ministère. » Elle jeta un coup d'œil furtif à un de ses diplômes sur le mur « C'est lui qui m'a poussée à faire une licence en défense et protection contre les forces néfastes »

« Pourquoi il t'a demandé ton nom ? » La questionna Sirius – s'ils étaient si proches, ça n'avait rien de logique !

Lévina soupira et se cala contre lui en étendant ses jambes par dessus l'accoudoir « Quand Dumbledore m'a proposé ce poste, il m'a conseillé de prendre un pseudonyme, tu sais, ça fait pas si longtemps que j'ai quitté l'école, il avait peur que si des élèves se souvenaient de moi à leur place, ils ne me respectent pas vraiment »

Sirius retint un petit rire « Regarde où ça m'a conduit de l'apprendre »

« non, toi tu ne respectais déjà pas mon autorité avant » Elle enfouit son nez dans son cou et Sirius l'entoura de ses bras. C'était bizarre, elle réagissait comme si elle avait besoin d'être protégée… Peut-être qu'elle allait se confier un peu à lui finalement ?

« Ca ne me dit toujours pas pourquoi cette image de toi et ce type m'a poursuivi jusque dans mes cauchemars »

La jeune femme se mordit les lèvres – c'est du moins ce qu'il sentit ou bien elle lui avait donné un bisou dans le cou, il n'était pas sûr.

« Ca faisait plusieurs mois qu'on ne s'était pas vu » Expliqua-t-elle « On a prit un pot à Pré-Au-Lard pour fêter mon poste et tu ne sais pas comment ça va mais tu l'apprendras – enfin, on a sûrement bu un coup de trop et il m'a expliqué que sa femme l'avait viré de chez lui puis j'ai voulu lui montrer ma classe et on s'est laissé emporté… Heureusement que tu es arrivé, je ne me serais jamais pardonné d'avoir briser leur mariage. »

« Et pour ton nom ? » Demanda une fois de plus Sirius qui ne voyait toujours pas le point

« Et bien, pour lui j'étais toujours Lea-Maria Silvermann… Il voulait juste savoir mon pseudonyme de prof. C'est plus que ça- j'ai décidé de reprendre un nouveau départ en venant ici. C'est une nouvelle vie. C'est pour ça que je me force moi-même à ne plus m'appeler Léa »

Sirius soupira en l'attirant plus près « Moi aussi certains jours, j'aimerais bien changer de nom … »

« Je te fais confiance, tu sais » Elle se laissa glisser contre son torse, finissant avec la tête sur ses jambes. « je voulais que tu le saches »

Étrangement, ces quelques mots firent l'effet à Sirius d'une déclaration d'amour complète. « Raconte-moi »

« Il n'y pas tant à dire » Murmura-t-elle en fermant les yeux. « Je suis tombée enceinte, Mortimer a promis qu'il m'aiderait dès qu'il aurait fini ses études, j'ai arrêté les miennes, il a disparu de la circulation, on ne s'est jamais revu, fin de l'histoire » Sirius laissa ses doigts courir sur la peau fine de son visage, qui semblait tellement tendu. Il sentit ses entrailles se serrer quand il comprit pourquoi ça lui était si dur d'en parler – c'était loin d'être fini … « Je ne sais même pas ce qu'il est devenu »

« Et Bellatrix ? » Questionna encore Sirius, en se promettant que c'était la dernière question « je veux dire- ça me semble toujours horrible mais… c'était ta meilleure amie, non ? »

Lévina sourit « Presque autant que toi et James » Le jeune homme retint la grimace d'horreur. A ses yeux, Bella était incapable d'éprouver le moindre sentiment…

« Un jour, un peu avant de quitter l'école, je lui ai avoué que ce n'était pas à cause de mes parents que je n'avais pas avorté mais parce que je ne voulais pas tuer un enfant… Et elle s'est réellement montrée sans cœur, m'insultant presque, trouvant que j'étais idiote de gâcher ma vie pour une môme et… On s'est insultées, disputées, battues, elle a déclaré que si jamais j'avais des problèmes, il ne fallait surtout pas que je compte sur elle. » Elle soupira « Bella n'avait pas la fibre très maternelle »

« Et toi bien » ne put s'empêcher de murmurer Sirius. Il ne s'était même pas rendu compte de ce qu'il disait, ni à quel point c'était horrible. C'était sorti tout seul, sans réfléchir. Au fond, il le pensait sûrement – une vraie mère ne laissait pas son gosse tout seul avec les grands-parents toute une année, mais de là à le dire !

Lévina Gibbon sauta hors du fauteuil et se remit sur ses pieds en deux secondes. Sirius se frappa mentalement. Idiot, bon sang ! « Ce n'est pas ce que je voulais dire ! » S'exclama-t-il tout de suite.

« Bien sûr que si ! » Elle secoua la tête. Elle n'avait même l'air en colère, juste profondément blessée. « Toi comme tous les autres »

« Je ne le pense pas »

« Et ne me mens pas ! » S'insurgea-t-elle sur le ton de la prof stricte qu'elle était « Bien sûr que si, tu le penses. Quelle affreuse mère je fais ! Laissant ma fille aux mains de mes parents, m'occupant à peine d'elle depuis sa naissance ! »

« Lévy » Murmura Sirius en faisant un pas vers elle « excuse-moi »

« Tu penses comme les autres » Soupira-t-elle « juste, comme tous les autres »

Si Sirius se demandait parfois ce qu'elle trouvait de si spécial chez lui, il ne se posait plus la question. Il venait de comprendre. Il était différent – aussi différent que l'avait été Mortimer en acceptant de sortir avec une Serpentard. Sirius Black était juste la pièce de remplacement. Un Gryffondor mignon comme le père de sa fille et un Black comme son ancienne meilleure amie.

« Si Mortimer était là aujourd'hui, c'est vers lui que tu irais » Chuchota irasciblement Sirius en quittant la pièce.

L'impression d'étouffer encercla la poitrine du jeune homme. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Il se dirigea vers la sortie, le cœur sur la bouche, et ne se retourna pas pour lui dire au revoir. Il viendrait s'excuser plus tard. Là, il en était juste incapable.

Une fois dans le couloir, Sirius entendit la porte claquer derrière lui et la sensation de ne plus pouvoir respirer se transforma en rage. Contre lui, contre elle, tous les évènements des derniers jours. Qu'est-ce qu'elle avait à la fin ! Toujours hantée par son passé – son foutu passé qui l'empêchait d'avancer et de revivre – Et lui, lui qui…

Un bruit retentit derrière lui.

Ah non, pas ça en plus ! « Je te préviens Rogue si c'est toi » Cracha Sirius sans se retourner, la colère coulant à flot en lui comme jamais avant « je te dis qu'il suffit d'appuyer sur le tronc pour pénétrer sous le saule cogneur lors de la pleine lune et on n'en parlera plus jamais »

Sirius avança rageusement dans le couloir sombre. Quelques centaines de mètres plus loin, il se figea, réalisant la portée de ses mots. Merlin, non, supplia-t-il le ciel, Faite qu'il n'était pas là…

Précautionneusement, Sirius se tourna. Il fut si soulagé quand il ne vit personne derrière lui qu'il en oublia presque la rancœur envers son professeur.

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« Plus que cinq minutes ! » S'exclama le professeur Flitwick, en passant près de James. Celui-ci se concentra, et mit son point final, avant de relire une dernière fois. Il rentrait tout pile dans la longueur demandée, comme d'habitude. Juste parfait. Cet examen était d'une facilité déconcertante. Il bailla et s'étira.

Après avoir vérifié que le professeur ne regardait pas, il se retourna vers Sirius qui était assis quelques sièges derrière lui. Il ne put retenir un sourire quand il s'aperçut que quelques filles autour de lui le fixaient attentivement. Elles allaient vraiment finir par lui demander s'il n'était pas intéressé par les garçons à force qu'il les snobe comme ça.

Sirius leva le pouce et se balança sur sa chaise. Quelques bancs plus loin, Remus terminait sa rédaction en se grattant le menton avec sa plume – même s'il savait qu'il ne pouvait pas avoir raté. Si Remus ratait en défense contre les forces du mal – et avec des questions pareilles ! – alors, personne ne pouvait avoir réussi.

Encore un peu plus loin, il aperçut Peter qui, comme d'habitude, se rongeait les ongles et battait le sol de ses pieds. Il faudrait qu'il contrôle son stress. Après, il allait encore se comporter comme un parfait idiot – sursautant et s'émerveillant pour rien, juste à cause de la pression qui diminuait. Sans parler de sa nouvelle fascination pour James qui rendait Sirius dingue, quoi qu'il en dise…

James se retourna, et jeta un coup d'œil de l'autre côté. Lily semblait avoir fini depuis longtemps, ses mains mimaient quelque chose à Fagnes, deux tables plus loin, qui lui répondit par un éclat de rire qu'elle camoufla aussi vite que possible. Il sentit ses entrailles se contracter. C'était horrible. Ne plus voir Lily, ne plus l'avoir, ne plus lui parler… alors qu'elle était juste là, à côté, et qu'elle semblait s'amuser autant avec les filles qu'elle ne le faisait qu'avec eux, avant.

Si seulement, il comprenait ce qu'il avait pu faire de mal. C'est vrai, un jour, elle lui demande de lui proposer de sortir en public et quand il se lance enfin, elle l'insulte et crie, comme si c'était un goujat de la pire espèce !

La vérité était que Lily lui manquait horriblement, mais que pour rien au monde il ne s'excuserait – parce qu'il n'avait rien fait de mauvais – et que plus que ça, il refusait d'abandonner. Il savait que Lily tenait à lui – il savait qu'elle l'aimait, même si elle n'en était pas encore vraiment consciente. Et après longuement réfléchi, il en était venu à la conclusion qu'elle voulait jouer à la fille inaccessible et qu'il devait insister.

De toute façon, cette histoire se tasserait. C'est ce qui se passait toujours.

« Posez vos plumes, s'il vous plaît » Couina le professeur Flitwick en levant sa baguette « Cela vous concerne également Stebbins ! Veuillez rester assis pendant que je ramasse les parchemins ! Accio »

James baissa les yeux sur son parchemin et s'aperçut avec horreur qu'il avait encore griffonné 'LE' sans s'en rendre compte. Cela arrivait fréquemment ses derniers temps. La plupart du temps, les initiales de Lily étaient entourées d'un nuage, d'une auréole ou d'un vif d'or, comme aujourd'hui. Il raya rapidement le dessin, et se leva quand le professeur leur en donna l'autorisation. Il balança son sac sur son épaule d'un air négligent et attendit que Sirius vienne le rejoindre.

Ils décidèrent de paresser un peu dehors en attendant l'heure du dîner.

« Ca t'a plu la question dix, Lunard ? » Demanda Sirius, quand ils parvinrent dans le hall. James remarqua le groupe de filles derrière eux. Quelle nouvelle technique allait-il pouvoir mettre en place pour que Lily dise oui ? ça devenait compliqué de faire preuve d'originalité.

« J'ai adoré ! » Répondit vivement Remus « Donnez cinq signes permettant d'identifier un loup-garou. Excellente question »

« Tu crois que tu as réussi à les trouver tous ? » S'enquit James, d'un ton faussement inquiet. Ils se séparèrent de la foule d'élèves et arrivèrent enfin dans le parc ensoleillé de cette fin de matinée de juin.

« Je pense que oui » Répondit le loup garou d'un ton sérieux et concerné. « Premier signe : Il est assis sur ma chaise. Deuxième signe : Il porte mes vêtements. Troisième signe : Il s'appelle Remus Lupin »

Les trois garçons rirent, Peter seul resta sérieux, et c'était à craindre qu'il allait dire une bêtise – comme toujours après avoir overdosé le stress.

« Moi, j'ai mis la forme du museau, les pupille des yeux et la queue touffue » Dit-il, comme pour confirmer leurs craintes « Mais je n'ai rien trouvé d'autre »

« Tu es donc tellement bête Queudver ? » James ne put pas s'empêcher d'être un peu irrité. Il ne comprenait pas comment il faisait- la veille encore, il connaissait toute sa matière ! « Tu fréquentes pourtant un loup garou une fois par mois »

« Pas si fort » Implora Remus en jetant un coup d'œil autour de lui. Ils arrivèrent finalement près du lac et se rapprochèrent du saule autour duquel ils avaient l'habitude de s'asseoir.

« Moi, j'ai trouvé que c'était du gâteau cet examen » Fit remarquer Sirius « Je serais étonné si je n'obtenais pas un optimal »

« Moi aussi » ajouta James, en sortant le vif qu'il avait emprunté à l'équipe serpentard la veille. Il n'était pas pour le sabotage, mais tout ce qui ennuyait les serpentards faisait son bonheur…

« Où est-ce que tu as eu ça ? »

« Je l'ai piqué » C'était détendant de jouer avec la petite balle, et il n'y avait rien de mieux pour aiguiser ses réflexes. Il avait attrapé cette habitude après avoir été obligé de jouer aux attrapeurs dans le dernier match de la coupe – Morrigan était à l'infirmerie, et ils avaient juste pu trouver un poursuiveur remplaçant alors James s'était sacrifié à changer de poste. Cela avait été une bonne expérience.

Ils s'installèrent sous l'arbre. James jeta quelques coups d'œil aux filles en face qui avaient retiré leurs chaussures et laissaient leurs pieds tremper dans l'eau du lac. À côté de lui, comme il l'avait prévu plus tôt, Queudver sursautait et applaudissait dès qu'il rattrapait la petite balle dorée, et il prenait un malin plaisir à la laisser partir de plus en plus loin.

Le plus drôle n'était pas tant la réaction de Peter – due en partie au stress qui le faisait agir comme un idiot, en partie parce que ça ennuyait Sirius – mais bien ce dernier qui semblait faire de réels efforts pour ne pas égorger Peter à chaque couinement

De toute façon, même si elle s'enfuyait, ce ne serait pas une grande perte. Ça n'appartenait jamais qu'aux serpentards ! Il remarqua alors Lily qui partait dans un grand éclat de rire. Il adorait la voir rire, voir son visage s'illuminer.

Sirius observait les gens autour de lui avec un air de nonchalance, hautain et ennuyé. Le charme qui se dégageait de lui en chaque instant, même parfois malgré lui, avait toujours frappé James. Lui se passait la main dans les cheveux, fréquentait d'autres sphères de Poudlard, faisait rigoler et impressionnait – c'est comme ça qu'il s'était fait apprécié. Mais Sirius non. Il refusait ne serait-ce que de voir une fille en peinture, il restait toujours uniquement avec les maraudeurs et quand il s'en prenait à quelqu'un, c'était par ennui seulement.

«Range ça tu veux ? » S'énerva finalement Sirius, alors que Peter couinait peut-être un plus fort cette fois. James s'ébouriffa une fois encore les cheveux. « Sinon, Queudver va tellement s'exciter qu'il finira par s'oublier »

James sourit – son ami était peut-être un peu dur, et surtout à bout de nerf. Quoique ça aurait été marrant de voir jusqu'où il pouvait pousser Sirius avant qu'il n'explose, James décida de ranger le vif d'or, n'ayant aucune envie de se prendre la tête avec Sirius. « Si ça te gêne »

« Je m'ennuie » se plaignit Sirius « J'aimerais bien que ce soit la pleine lune »

« Espère toujours » Grogna Remus, plongé dans la lecture de ses révisions « Si tu t'ennuies, on a encore l'épreuve de métamorphose, tu n'as qu'à me faire réviser. Tiens …»

Sirius repoussa le livre d'un geste dédaigneux. « Je n'ai pas besoin de tes idioties, je sais déjà tout »

James regarda encore une fois les filles, se demandant comment il pourrait forcer Lily à s'approcher de lui sans que ça paraisse calculé. C'est alors qu'il aperçut Rogue sur le côté, le nez plongé dans son questionnaire – qui devait avoir quelque chose de passionnant – et qu'une idée germa dans son esprit. De toute façon, Patmol et lui n'avaient-ils pas récemment décidé de passer à l'offensive ?

« Tiens, voilà de quoi t'amuser un peu, Patmol » Murmura-t-il à voix basse « Regarde qui est là »

Sirius tourna la tête et s'immobilisa en voyant son ennemi de toujours. James s'était souvent demandé – au début surtout – pourquoi Sirius et Rogue se détestaient à ce point et déjà avant de se rencontrer. Puis, il avait abandonné la question et avait détesté Rogue lui aussi. « Parfait, Servilus »

Rogue rangea le questionnaire dans son sac, et sortit de l'ombre des buissons. James et Sirius se levèrent également. « Ca va Servilus ? » Lança James d'une voix forte, s'attirant quelques regards curieux.

Avec cette rapidité surprenante qui caractérisait si bien le Serpentard, il sortit sa baguette, mais James, qui s'y était attendu – à force, c'était devenu habituel, lui cria un expelliarmus directement, faisant voler sa baguette quatre mètres plus loin. Celle-ci retomba dans un bruit mat, pendant que Sirius éclatait de rire.

L'autre jeune homme songea que depuis qu'ils étaient devenus animagus, le rire de Sirius s'approchait de l'aboiement, mais il arrêta de rire et lança à son tour un 'Impedimenta' sur Rogue qui fut bloqué dans sa tentative de récupérer sa baguette.

Ils s'approchèrent un peu, dégageant la vue pour les élèves qui étaient venus regarder, certains avec amusement, d'autres inquiets – va savoir pourquoi. À nouveau, James jeta des petits coups d'œil aux filles, se demandant quand elle allait intervenir – parce qu'elle allait forcément intervenir. Il sentit dans son dos le regard de Remus, qui toujours assis derrière son livre, les fixait sans approuver.

« Alors, comment s'est passé ton examen Servilo ? » Demanda-t-il

« Chaque fois que je le regardais, son nez touchait le parchemin. » Répondit à sa place Sirius avec un air mauvais. « Il va y avoir de grosses tâches de gras sur toute sa copie, on ne pourra pas en lire un mot »

Des rires s'élevèrent d'un peu partout. Ce qui est bien, avec Servilus, songea James, c'est que son cas est tellement désespéré que personne ne cherche à l'aider. Il se débattait, cherchant à se défaire de ses liens invisibles – mais James parfaitement qu'il n'y arriverait pas, ayant déjà eu la douloureuse expérience de se retrouver ainsi ficelé aux pieds du serpentard. Il avait une petite revanche à prendre non ?

« Attends… un peu » Haleta-t-il en le fixant avec haine « Attends… un peu »

« Qu'est-ce qu'il faut attendre ? Qu'as-tu l'intention de nous faire, Servilo, t'essuyer le nez sur nous ? » S'exclama Sirius d'une voix froide.

Le serpentard laissa échapper un flot de jurons et tenta de lancer des sorts, mais sans sa baguette, la tentative était vaine. « Qu'est-ce que c'est ces grossièretés, Lave toi la bouche ! » Dit à son tour James d'un ton glacial ; il n'appréciait pas du tout les sorts qu'il venait d'essayer de lui lancer.

Aussitôt, des bulles de savon roses s'échappèrent de sa bouche, le faisant tousser.

« Laissez le TRANQUILLE » Rugit une voix derrière eux, ils se retournèrent et comme il l'avait prédit, Lily se tenait là, en colère et prête à se battre pour qu'il le laisse tranquille.

« Ca va Evans ? » Demanda James d'une voix plus grave que tout à l'heure. Il évita de ne pas respecter la consigne 'Maintenant, moi c'est Evans pour toi' ; Lily avait déjà l'air assez énervée comme ça.

« Laisse le tranquille » Répéta-t-elle en le fixant directement dans les yeux, et avec une sorte de … dégoût ? « Qu'est-ce qu'il t'a fait ? »

« Et bien voilà, le plus gênant chez lui » Répondit James, semblant y réfléchir très fort « c'est le simple fait qu'il existe, si tu vois ce que je veux dire… »

A nouveau, il y eut des rires autour d'eux. James remarqua tout de même qu'elle n'avait pas tressailli, pas plus que Remus en fait… ce n'était pas le meilleur plan qu'il ait eu pour l'obliger à lui reparler…

« Tu te crois très drôle » reprit-elle d'un ton très froid et distant, cette voix que James détestait qu'elle prenne. « Mais tu n'es qu'une abominable petite brute arrogante, Potter. Laisse le tranquille ! »

James évita de sentir le nœud qui s'était formé au creux de son ventre, de moins en moins convaincu que c'était une bonne idée, mais il devait tenter sa chance. « C'est d'accord » La surprit-il. « À condition que tu acceptes de sortir avec moi, Evans » Il fit un pas en avant, cherchant une faille dans son regard. Mais Lily paraissait vraiment lui en vouloir pour quelque chose. « Allez… sors avec moi et je ne porterai plus jamais la main sur le vieux Servilo. »

La lumière qu'il vit s'allumer dans ses yeux n'inaugurait rien de bon, et il se serait bien tapé lui même. C'était la pire technique de drague qu'il aurait pu inventer ! « Je ne sortirai jamais avec toi, même si je n'ai plus le choix qu'entre toi et le calmar géant. »

« Pas de chance Cornedrue » Rigola Sirius, il paraissait ne jamais s'être demandé pourquoi James et Lily avait du jour au lendemain cessé de s'entendre, s'appeler par leurs noms de famille et se harceler mutuellement. « Oh attention ! » Cria-t-il, mais trop tard.

Rogue avait pointé sa baguette droit sur James, et celui-ci sentit comme si un chat géant venait de le griffer sur la joue, et le sang éclaboussa sa robe. Il se retourna instantanément, et un jet de lumière plus tard, Rogue pendait dans les airs, comme soulevé par une cheville. Impossible de manquer leLevicorpus, c'était l'informulé le plus facile qu'il connaisse.

Le plus était que ce sort lui avait été appris par Sirius qui le tenait de Rogue lui même …

Des acclamations s'élevèrent dans la foule, alors que la robe de Rogue retombait, laissant voir des jambes maigres et un caleçon grisâtre. Cette fois, il avait bel et bien vu une ombre de sourire sur le joli visage de son … amie ?

« Fais le descendre ! »

« Mais certainement » Accorda James, alors que Rogue retombait la tête en avant sur le sol, il continua de fixer Lily avec un sourire en coin.

Le serpentard se releva, baguette en main, mais Sirius le stoppa en le pétrifiant.

« LAISSEZ LE TRANQUILLE ! » Hurla Lily en sortant sa propre baguette. Du coin de l'œil, James vit Sirius déglutir. Il avait facilement le contrôle sur Lily en classe, quand James était assez loin. Mais comme à chaque fois que James et Lily étaient proches, la magie avait tendance à exploser…

« Ah, Evans, ne m'oblige pas à te lancer un sort » menaça James avec gravité, sachant qu'il était le seul capable de la stopper en cet instant.

« Alors libère le du maléfice ! »

James poussa un profond soupir, se demandant pourquoi il s'était entiché de quelqu'un d'aussi borné, et chuchota le contre sort. « Et voilà, Tu as de la chance qu'Evans ait été là, Servilus »

« Je n'ai pas besoin de l'aide d'une sale petite sang de bourbe comme elle » Se défendit celui qu'on surnommait amicalement le cafard graisseux

Lily resta interdite un instant, cligna des yeux, puis asséna d'une voix froide « Très bien. Je n'en mêlerai plus à l'avenir. Et, si j'étais toi, je laverais mon caleçon, Servilus » Sur ces mots, elle rangea sa baguette et fit demi-tour. Mais aux yeux de James, Rogue venait de franchir la frontière entre souffre-douleur et homme à abattre.

« Fais des excuses à Evans » Rugit-il d'une voix menaçante, sa baguette, pointée sur lui.

« Je ne veux pas que tu l'obliges à s'excuser ! » S'écria Lily en se retournant vers James. « Tu es aussi mauvais que lui. »

« Quoi ? » Protesta le jeune homme. « JAMAIS je ne t'aurais traitée de … tu-sais-quoi ! »

« Tu te mets les cheveux en bataille parce que tu crois que ça fait bien d'avoir toujours l'air de descendre de son balai, tu te pavanes avec ce stupide vif d'or, tu jettes des maléfices à tous ceux que tu n'aimes pas simplement parce que tu sais le faire… ça m'étonne que ton balai arrive encore à décoller avec une tête aussi enflée. Tu me fais VOMIR ! »

Lily s'éloigna à grande foulée, sans prêter attention aux cris de James derrière elle. Elle ne le supportait plus. Comment avait-elle pu être amie avec lui ? Il l'avait tellement blessée, et deux fois déjà, et puis, il se voulait pourfendeur de son honneur ? Peut-être devrait-il jeter un coup d'œil à son miroir, et regarder ce qu'il lui avait fait – se jouer d'elle puis la tromper – avant d'en vouloir à Rogue pour une insulte qui, à la base, était fondée.

Ses pas la menèrent vers la salle commune. Elle ne fit pas l'erreur de monter dans le dortoir des garçons, car en ce moment, rien ne la rassurerait là-bas. Qu'est-ce qui arrivait à James ? Ou plutôt, depuis quand était-il comme ça ? Lily se souvenait de cette après-midi, l'année précédente, chez elle, quand Sirius lui avait assuré son entière et totale amitié. Elle avait confiance en Remus et Peter aussi.

James aurait très bien plus se moquer d'elle depuis le début. S'apercevoir en quatrième année, après ce premier baiser digne des anales, qu'il l'avait chamboulée, et en profiter un jour qu'il s'était ennuyé. Oui, il était horrible. Et maintenant, Lily avait enfin enlevé ses œillères. Elle voyait le vrai Potter. L'arrogant, le prétentieux, l'insupportable James Potter. Elle avait eu raison de s'exciter sur lui de cette manière, peu importe qu'elle ait exagéré ou pas.

Il y avait cet amour propre blessé en elle, cette rancœur et cette blessure. Il méritait de se faire insulter – et peu importe le prétexte qu'elle avait choisi. Jamais plus, elle ne ferait confiance à James Potter.

D'un geste rageur, elle saisit un parchemin, une plume et de l'encre et se mit à écrire, écrire et écrire. Jamais avant le besoin de se vider n'avait été si fort. Elle écrivit tout - de la manière dont elle avait été sous le charme de ses baisers jusqu'à la façon sournoise dont il l'avait trahi et ne s'en sentait même pas coupable. Elle relata la scène du lac, et la promesse qu'elle venait de se faire. Puis, pour éviter que ses secrets, presque honteux à ses yeux, tombent entre de mauvaises mains, elle mit feu au parchemin, sans même se rendre compte que l'encre avant coulé sous les larmes qu'elle avait versées.

Un hibou toqua à sa fenêtre à ce moment. Elle respira à fond, se vidant des ses soucis par cette technique, et prit l'oiseau aussi doucement qu'elle put. Ses mains tremblaient de rage, son souffle était saccadé et elle avait mal – comme si on venait de la poignarder. Elle n'avait jamais qu'un cœur brisé pouvait faire physiquement mal.

Salut Lily ! C'est Petty. Comment vas-tu ma puce ? Et cet amoureux dont tu m'as parlé la dernière fois, les choses avancent ? --

Lily froissa le parchemin et le jeta au pied de son lit. Arght ! ne pouvait-on pas la laisser tranquille avec cette histoire ? Se sentant à nouveau devenir agressive, presque autant que lorsqu'elle avait vu Jam- Potter reluquer Shaïni et qu'elle s'était forcée à en rire avec Fagnes. Quel immonde personnage.

Pourquoi fallait-il qu'elle ramène tout à lui ? Elle était forte, elle était grande – elle n'était même plus amoureuse, alors pourquoi ? Ce n'était quand même pas une simple question de fierté et d'humiliation qui la chiffonnait comme ça ? Non, il était son ami avant tout – et vous aimez vos amis autant que vous pourriez aimer un garçon.

Ne plus penser. Il ne fallait plus qu'elle pense à ça – Jamais.

Elle attrapa une serviette et se rendit compte avec horreur que c'était un de ses cadeaux, de l'année précédente. Elle la jeta et prit un autre essuie, un horrible orange et plucheux, qui allait lui laisser des traces sur la peau. Après tout, ce n'était pas comme si quelqu'un se souciait de ses rougeurs – non, ne pas penser à lui, se reprit-elle à l'ordre en rentrant dans la salle de bain.

D'un geste évasif de la baguette, elle alluma la radio, l'eau et puis se déshabilla. Les paroles du refrain la remplirent, et emportée, tandis qu'elle se glissait sous l'eau fumante, elle commença d'abord à fredonner puis à hurler en cadence avec le chanteur de… était-ce du métal ?

And what's the worst you take From every heart you break And like the blade you stain I've been holding on tonight What's the worst that I can say ?

Le présentateur annonça que le groupe – tout nouveau tout frais – venait juste de sortir son premier single, qu'il rencontrait un franc succès mais que les ventes étaient sérieusement ralenties à cause de Nous- Savons- Tous- Qui qui s'amusait à tuer ou enlever ou menacer ceux qui osaient vendre le disque – le groupe se vantait de ses origines moldues- sur les 5 garçons, il y avait 1 sang mêlé et 4 sorciers d'origine moldue. D'ailleurs, leur manager était un moldu plongé dans le monde sorcier.

Lily leva les yeux au ciel et sortit de la douche en éteignant le poste. De toute façon, elle ne donnait pas trois mois de survie aux Muggleplay Avec Voldemort à dos et de la musique New Age tout pile inspirée de la culture moldue, ils étaient déjà six pieds sous terre.

Lorsqu'elle sortit de la pièce, elle se rendit compte que toutes les autres filles étaient assisses sur le lit de Fagnes et qu'elles la cuisinaient sur ce qui était arrivé entre Lily et les maraudeurs pour qu'il y ait une telle rupture. Le sang de la rouquine ne fit qu'un tour, et tout l'effet bénéfique de l'écriture, de la douche et du chant disparurent en un instant.

« Mêlez vous de ce qui vous regarde ! » Hurla-t-elle aux quatre filles, avant de se retourner et sortir précipitamment du dortoir. Sans pouvoir retenir son geste, elle attrapa un livre qui traînait sur une table et le lança sur le sol sans parvenir à retenir un cri de rage.

« Mademoiselle Evans ! » La voix du professeur McGonagall la figea. Elle releva doucement les yeux et s'aperçut que sa directrice de maison était dans la salle commune, et la dévisageait. Lily respira, sa calmant, avant de s'apercevoir qui le professeur était venu chercher – c'est-à-dire Jam – Potter.

Il était devant la femme, les mains dans les poches, dans une pose qui le rendait atrocement attirant. Sa cape traînait sur un fauteuil plus loin, près de Remus, elle l'aperçut du coin de l'œil, et ce pull noir moulait d'une façon déconcertante et attirante les muscles fins mais présents du joueur de Quidditch. Ses lunettes étaient légèrement – Arght, ne pas penser.

Lily sentit cette douce chaleur habituelle la gagner, celle, réconfortante et chaleureuse, qui l'empoignait toujours quand elle se prenait à observer comme pour la première fois un de ses amis. Mais aussitôt le sentiment de bien être passé, elle s'aperçut avec horreur et dégoût qu'elle fixait James Potter – l'horrible et prétentieux sans cœur coureur de jupons. Bien, c'était un surnom qui le décrivait bien.

Une boule se forma dans la gorge de la préfète, et elle eut l'envie de pleurer, de s'apitoyer sur son sort, de se coucher et de dormir jusqu'au jour prochain, jusqu'à la semaine suivante, jusqu'à l'année d'après. Elle ne voulait plus jamais sentir cet amour gonfler en elle – et se briser sur le roc de la tromperie dont elle avait été la victime.

Elle détourna la tête du jeune homme, au bord des larmes, et essaya de déglutir calmement. « Pardon madame » Murmura-t-elle.

Remus s'approcha alors d'elle, sans rien dire, et la fit monter jusqu'à leur dortoir. À peine la porte fermée derrière elle, elle s'effondra contre le torse du loup-garou et ne put retenir le torrent de larmes qui déferla sur elle.

D'un geste rassurant et rythmé, il lui caressa le dos et la tira sur un des lits, puis l'aida à retirer ses chaussures et à se coucher. Il resta un long moment à veiller sur elle, lui caressant doucement les cheveux, jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Il ne doutait pas qu'elle allait passer une nuit horrible.

Il fallait qu'il parle avec James.

And what's the worst you take
From every heart you break
And like the blade you stain
I've been holding on tonight
What's the worst that I can say ?

(My Chemical romance, Helena)