Bonsoir à tous !
Ah, je déteste quand je touche à la fin d'une fic ! Surtout cele-ci, alors que je sens que vous allez m'incendier en voyant la fin... Donc, je vous conseille quand même de LIRE CECI pour un peu plus de renseignement sur la suite (pas de l'histoire, mais des updates !)
Donc, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais cette fic est classée "drama", si ça peut vous mettre la puce à l'oreille pour l'épilogue, qui viendra la semaine prochaine. il concernera principalement Sirius mais attention, les fan d'introspection et remises en question seront déçu, c'est juste la continuation de la gangraine engagée dans ce chapitre -lisez après essayer de deviner comment on peut faire pire)
Autre précision (on incendie pas l'auteur svp) La suite de cette fic s'appelera Wonderwall (chanson de brian adams (oassis aussi) écoutez là, c'est uen magnifique chanson !) j'ai déjà commencé à l'écrire et elle se déroulera durant la septième année. ce qui veut dire qu'il y a un trou durant la 6e et que les personnages auront évolué (autrement dit, les réponses aux questions qui restent à la fin de l'épilogue n'auront pas de réponses direct dans le premier chapitre) elle ne devrait pas mettre trop de temps à arriver
Moins important maintenant, il y a un passage dans le chap (sans vous dévoilez trop) qui est un essai d'un autre style, on verra si ça passe ou pas, hein... Bien, maintenant je vous laisse enfin découvrir LE rêve tant attendu !
Et merci à tous pour les reviews ! Je vais y répondre tout de suite ! Et pour les anonymes : mag (¤ bave ¤ de l'argent pour tout le temps consacré à l'écriture... dommage ! mais bon, tu comprends mieux que je fasse des parties de chapitres quand j'update, non ? héhé, imagine lire les cinq derniers chapitres d'un coup, faudrait presque réserver trois heures de ton après midi ! C'est vrai, tu trouves la prof un peu antipathique ? c'est marrant (note que ca risque pas de s'arranger tout de suite...) Enfin, Merci ! ca m'a fait bien plaisir cette review) Aaron (mon côté futur médecin devrait te dire : comment ça tu lis un chapitre quand tu es malade au lieu de te reposer ! Mais mon côté littéraire te dira : merci ! je vais finir par croire que tu l'aime vraiment beucoup cette fic !)
Bonne lecture à tous et à la semaine prochaine !
Trop gentille pour toi Potter
Chapitre 7 (5/5)
On sait qu'on est amoureux quand on est capable de regarder l'autre dormir pendant des heures
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Le lendemain, dès qu'il ouvrit les yeux, James sut que quelque chose n'allait pas. Il entreprit alors d'examiner les choses une par une. La logique était la clef de l'efficacité. Surtout le matin.
Sa baguette était toujours à coté de lui. Ses lunettes sur son nez (tiens, il avait oublié de les enlever ?). Il n'avait pas perdu ses vêtements au cours d'un rêve agité. Sa tête tenait toujours en place. Et il avait toujours tout ce qui faisait de lui un homme.
Donc, ce n'était pas physique. Il se risqua à ouvrir un œil et s'assit dans son lit, observant sa chambre. C'est là que la vérité lui sauté à l'esprit. Il y avait quelqu'un dans son lit.
Il se souvenait être rentré de sa retenue très tard. Ne pas avoir pris le temps de se changer et plonger directement sur le matelas souple, sans allumer de lampe pour ne pas réveiller les autres. Et il avait vaguement senti que quelque chose occupait déjà son lit. Mais il était trop fatigué pour s'en inquiéter (merci qui ? Merci McGo !)
Il se retourna vers la personne- intrus et piqua un fard quand tout ce qu'il aperçut sortir de sous la couverture était une main féminine. Il avait dormi dans le même lit qu'une fille. Et il ne savait même pas qui elle était ou pourquoi elle était là.
Se décalant légèrement sur le côté, James bâilla et tira doucement sur l'édredon, découvrant le visage de la demoiselle. Et rien n'aurait pu le préparer à voir Lily, profondément endormie et blottie contre son oreiller. Dans ses draps. Dans son lit.
James soupira, et se recoucha, juste face à elle, pour l'observer dormir. Elle n'avait jamais été si belle. Adorable, livrée, ses cheveux de feu étalés autour d'elle lui donnant l'air d'être auréolé de bonté. Un ange. Son ange.
Ses lèvres étaient légèrement ouvertes, avec un petit sourire discret, et ses mains se cramponnaient aux draps comme s'ils étaient le dernier rempart à la noyade. Elle était juste touchante et magnifique à la fois. Juste Lily.
Ce qui inquiétait James était sa petite mine, ses traits tirés et puis, son visage donnant l'impression d'avoir beaucoup pleuré. Il se demandait qui avait osé la faire pleurer. Et pourquoi elle le détestait autant aussi. La scène du lac était très présente – et douloureuse encore – dans sa mémoire.
Il s'installa plus confortablement, pliant son oreiller pour qu'il soit plus épais, et passa un long moment comme ça, à regarder calmement Lily dormir. Les choses qui s'étaient passées ces derniers jours étaient dures à emmagasiner. Et à accepter.
Il ignorait combien de temps passa ainsi. Dehors, le ciel passa de sombre à clair en prenant des nuances rosées et orangées. Les hiboux volaient déjà dans le ciel, ils rejoignaient la volière en attendant le petit-déjeuner. Le soleil tapait dru, déjà, et la chaleur se faisait sentir.
C'est au cours d'une opération de rafraîchissement que James souleva sa couverture pour l'envoyer par terre. Ses yeux ne purent s'empêcher d'observer le corps de Lily – elle portait aussi son uniforme et sa jupe était remontée sur le haut de ses cuisses. Sa peau était si blanche… presque transparente. C'était dur de ne pas la toucher, mais il y parvint bien. S'il la réveillait, elle risquait de s'énerver un peu trop pour son propre bien.
C'est alors qu'il aperçut la marque sur sa cuisse droite. C'était comme si, juste à cet endroit, la peau avait été brûlée. Cette tâche l'hypnotisait. Bien qu'il lutta longtemps contre cette envie, les doigts de sa main gauche se posèrent sur la cicatrice – il lui semblait que rien ne pouvait empêcher ses doigts de se poser là. À peine eut-il frôlé la tâche que les yeux de Lily s'ouvrirent – comme si elle était réveillée depuis longtemps.
Mais James ne parvenait pas à enlever sa main de cuisse. Et Lily ne cria pas. Ils étaient dans un de leurs transes 'James/Lily' et ça ne dépendait plus d'eux, ce qui allait se passer à cet instant. Sans qu'elle se maîtrisa mieux que lui, les mains de Lily détachèrent la ceinture du jeune homme, puis extraire la chemise du pantalon et la soulevèrent. Les doigts de la main gauche de Lily se posèrent sur la cicatrice qu'il avait sous le nombril – celle que le dragon lui avait faite.
Il savait désormais que la cuisse de Lily avait bel et bien été brûlée- par le dragon de leur rêve. Au moment où les doigts de Lily entrèrent en contact avec la peau tendue de son ventre, un éclair de douleur les traversa tous les deux, et ils s'évanouirent.
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C'était une grande plaine qui s'étendait jusqu'à l'horizon. L'herbe était d'un vert plus pur qu'ils n'en avaient jamais vu. Et l'horizon était d'un ciel plus bleu que ce qu'ils pensaient possible. Même les nuages – ils semblaient presque compacts tant leurs contours se dessinaient parfaitement dans l'azur du ciel. Il y avait du vent sous le soleil de plomb qui les inondait – juste ce qu'il fallait pour qu'ils se sentent bien : ni affaibli par la chaleur, ni ralenti par le froid.
« Où sommes-nous ? » Demanda James. Il tourna sur lui-même. Lily était debout à côté de lui – elle portait une robe blanche de mariée moldue. Lui était affublé de l'uniforme réglementaire sorcier pour le mariage devant un mage d'office. Tout comme lui, Lily regardait autour d'elle, se demandant comment ils étaient arrivés là.
Ils se trouvaient au centre d'un cercle – le cercle était délimité par d'énormes pierres, des menhirs ou des mégalithes. En fait, c'était plus que simplement un cercle – il y en avait plusieurs, qui se succédaient. Pour chaque cercle, la pierre utilisée semblait de nature différente.
Il était perdu et effrayé. Mais il s'en sortirait. Ils s'en sortiraient tous les deux. Parce qu'ensemble, ils étaient invincibles. Il avait aperçu que Lily était au bord des larmes, et posa une main sur son épaule. Comme près de deux mois plus tôt, elle enfouit sa tête dans son cou. Il semblait que dans cette position, elle se sentait protégée. James serra ses bras autour d'elle.
« Oho regarde ça, ils sont rapides ceux-là ! » S'exclama une voix féminine, qui semblait venir de nulle part et partout à la fois. Aussitôt, les deux adolescents se séparèrent et jetèrent des regards effrayés autour d'eux.
« Tu leur as fait peur ! » Gronda une autre voix – celle d'un homme d'âge mur. James détermina alors d'où venait exactement les voix… du ciel.
« On… on est mort ? » Demanda Lily d'une petite voix en regardant les nuages. Il semblait qu'elle aussi avait déterminé la source des voix.
Deux grands éclats de rire lui répondirent. « Non Lil » Reprit la femme, d'une voix plus douce, en utilisant le surnom de Lily « pas encore »
« Qui… qui êtes vous ? » Questionna James, la voix tremblant tout autant que celle de son amie. Ils échangèrent un coup d'œil. Tant qu'on est ensemble, on est indestructible, se rappela James.
« Oh, c'est vrai » Reprit la voix de l'homme. A ce moment-là, deux silhouettes se dessinèrent près de la troisième rangée de pierres – des pierres bleues. « Je me présente : Merlin »
Lui, il était vieux – son visage était ridé très profondément, ses yeux, d'un bleu très électrique, étaient cachés derrière des lunettes en demi-lune, ressemblant à celles de Dumbledore à ceci près que la monture était d'un brun brillant- comme si elle était en fer brut. Il avait une longue barbe blanche parsemée de fils argentés, qui lui arrivait jusqu'à la taille. Ses cheveux étaient longs et parfaitement blancs et lisses, ils lui arrivaient un peu en dessous des épaules. Une longue robe brun foncé l'habillait, elle était ample et reprise à la taille par ce qui ressemblait à une corde de ballot de paille.
C'était en effet la parfaite caricature de Merlin.
« Y'a pas besoin de te présenter, vieillard » Coupa la fille « Tout le monde te connaît d'où ils viennent »
« Pas pour ça qu'ils me reconnaissent » Argua le vieil homme « et je vous présente Annya Svo »
« Svokovitch ! » Coupa-t-elle encore. Il était perceptible que ce n'était pas ce qu'il avait voulu dire, mais les adolescents ne prêtèrent pas attention à ce détail.
Elle, elle était jeune- moins de vingt ans et pas une ride sur sa peau hâlée. La différence était encore plus flagrante qu'elle se tenait si près du vieil homme. Ses cheveux étaient longs et bouclés, bruns avec des reflets cuivrés. Ses yeux étaient les exactes répliques de ceux de l'homme- bien que son nez était plus fin, sa bouche plus rouge, ses cils plus épais. Et puis, quelque chose dans son visage la rendait fière et distinguée. Charmante aussi – elle semblait capable de pouvoir charmer n'importe qui. Elle était habillée exactement comme l'homme.
« Et vous qui êtes vous ? » Demanda celui qui prétendait être Merlin. Il lui semblait normal d'être ici, à discuter gaiement avec eux, comme si de rien n'était.
« James et Lily Potter » Répondit la fille, Annya Svo- quelque chose. « Enfin, peut-être qu'elle s'appelle encore Evans pour le moment » Elle lui adressa un clin d'œil auquel Lily ne répondit pas du tout. Parce qu'elle ne trouvait pas cela drôle du tout. C'est à ce moment là que la jeune fille, avec un frisson d'horreur, découvrit sa tenue de jeune mariée.
« Ils sont jeunes » remarqua le vieil homme, en dirigeant un regard interrogateur vers les nouveaux venus. « Quel âge avez-vous ? »
« Sei -»Commença James
« Dix sept » coupa Lily. « nous sommes majeurs » Précisa-t-elle. Ce n'était qu'un petit mensonge finalement. Elle ne savait pas pourquoi elle avait menti, mais cela lui semblait moins dangereux de le prétendre
Le vieil qui prétendait être merlin les regarda bizarrement « 17 ans ? Ce n'est pas un peu jeune ça ? » Il passa une main dans sa longue barbe. « De quel siècle êtes-vous ? »
Lily déglutit et échangea encore un regard inquiet avec James. « Le vingtième » répondit pour eux le jeune homme. Dans sa poitrine, il lui semblait que son cœur allait exploser. « Où sommes-nous ? »
« L'arcade d'intronisation tiens ! » S'exclama Annya comme si cela coulait de source. « Quelle année, exactement ? »
« Juin 1976 » Lily respira, espérant calmer son angoisse. Elle sentait, dès à présent, son souffle lui manquer et l'impression qu'un étau lui enserrait la gorge. Il fallait qu'elle reprenne le dessus. « Qu'est-ce que c'est cette 'arcade' ? Et qu'est-ce qu'on fait là ? »
« Vous devez vous introniser, tiens ! » Réagit celui qui se faisait passer pour Merlin au quart de tour « vous verrez, vous vous sentirez mieux après »
Annya acquiesça d'un air encourageant. « Je vous interdis de nous toucher ! » Cria James, en se plaçant devant Lily, pour la protéger. Loin de trouver ça héroïque, elle le tapa à la base de la nuque
« Potter ! t'es inconscient ou quoi ? On n'a même pas de baguettes ! »
« Vous avez besoin de baguettes ? » Questionna Merlin, d'un air intrigué « Vous devez être faibles »
« Ils ignorent encore qui ils sont si tu veux mon avis » Précisa Annya « Vous en faites pas, nous, on est juste là pour vous dire quoi faire »
« 17 » Répéta le vieux « c'est jeune ça »
« pfiu » Souffla la jeune fille « tu te répètes, papy. Et puis, on en a eu des plus jeunes non ? Regarde Nobuo et Kendra ! Ou encore Roméo et Juliette ! Et je te parle même pas de Tristan et Yseult »
« Et Spirou et Fantasio, tant que vous y êtes ! » Se moqua Lily d'une voix énervée. Puis, elle se retourna vers James, qui se massait toujours la nuque « Qu'est-ce que t'as fait ? Si c'est encore une de tes stupides blagues, c'est pas drôle du tout ! »
« Spirou et Fantasio ? » Demanda l'homme qui croyait être Merlin « C'est qui ceux-là ? Ils vont bientôt venir ? »
« Mais j'ai rien fait » Assura James « Je te jure Lil, j'ai autant la trouille que toi ! »
« Deux personnages de bande dessinée – c'est des espèces de romans illustrés moldus » Expliqua la jeune brune « deux hommes de toute façon »
« C'est EVANS ! Combien de fois je dois te le dire ? »
« deux hommes » Songea Merlin « Je me demande pourquoi on n'a jamais eu deux hommes… Ce serait marrant pour une fois, de changer un peu le rituel un homme avec une femme »
« Arrête de gueuler comme ça ! C'est pas ma faute, ok ? On devrait penser à une solution pour se tirer d'ici au plus vite… Aïe mon oreille » Couina James quand Lily l'attrapa
« Marvin, sombre crétin ! » Rugit Annya « Et comment ils vont faire, tes deux hommes, pour avoir le gosse réglementaire ? »
« Fais nous rentrer à Poudlard ! » Rugit Lily, le visage prenant une dangereuse teinte pourpre « Tout de suite »
« C'est Merlin, Anna, combien de fois je te l'ai dit ? » Soupira le vieil homme « Et arrête de m'insulter, je suis le sorcier le plus vénéré de la galaxie je te rappelle »
« Mais puisque je te dis que j'y suis pour rien ! » Répliqua James, qui se mettait à son tour en colère. « t'as qu'à leur demander à eux ! »
« Seigneur » Soupira Annya – dite Anna – Svo quelque chose « tu es peut-être super puissant et intelligent mais t'as beau connaître l'avenir, tu as décidé de laisser cette folle de Viviane te tuer d'amour ! c'est pas la plus belle preuve de ton crétinisme, ça ? »
« ne me crie pas dessus ! » Intima Lily- en lâchant quand même le jeune homme « Cherche une sortie avec moi ! » Ordonna-t-elle en se mettant à chercher autour d'elle- mais il n'y avait que la plaine, encore et encore.
« Pour un esprit avisé, la mort n'est qu'une aventure supplémentaire » Souffla le vieil homme un air sage et réfléchi. « Et laisse Via en dehors de ça »
« Eh ! Lily ! » S'écria James en lui faisant de grand signe. Il était près d'une des pierres du premier cercle (Granith) « regarde ! On dirait des dessins érotiques ! »
« Seigneur tu parles comme mon grand-père » Soupira Annya complètement dépitée. « Bon, je crois que nos madusiècles ont besoin de notre aide, ils ne semblent pas s'aimer beaucoup »
« C'est EVANS ! » gueula Lily en le rejoignant tout de même au trot. Lorsqu'elle passa à côté du couple vieil homme- jeune fille, un mot lui parvint, la fit se stopper et se retourner vers eux. « Qu'est-ce que vous venez de dire ? »
« Que pour un esprit avisé » commença celui qui se prenait pour Merlin, mais Lily coupa court en faisant un geste à James pour qu'il les rejoigne
« Pas vous » déclara-t-elle d'un ton peu aimable « elle »
« Que James et toi aviez besoin de notre aide pour vous introniser ? »
« Non, le truc à propos des madusiècles »
« Qui a parlé de madusiècles ? » Questionna James en se rapprochant du groupe.
« Mais tout le monde en parle jeune homme » déclara le vieux sage « vous êtes sans aucun doute le maduhomme le plus imbu de vous-même que j'ai rencontré depuis longtemps ! Comment me parlez-vous sur ce ton ? »
« je ne suis pas imbu de.. et puis, laissez tomber. C'est quoi un maduhomme ? »
« Le contraire d'une madufemme »
« … »
« Les madusiècles sont deux parties d'une âme réparties dans deux corps : une femme – la madufemme – et un homme – le maduhomme » Expliqua-t-il finalement.
Lily le regarda comme s'il débarquait de mars. « James et moi ne sommes pas des… nous ne sommes pas ça » mais sa voix était hésitante. Elle commençait à vraiment ne plus trouver ça drôle du tout.
« Bien sûr que si ! » répliqua Annya « Seuls Merlin et moi pouvons pénétrer dans l'arcade sans en être. Si vous êtes là, c'est que vous êtes des madusiècles, les jeunes. Et maintenant vous allez nous faire le plaisir de coucher ensemble en plein centre des sept cercles de magie et comme ça, on n'en parlera plus et vous aurez tous les pouvoirs qui reviennent en votre possession »
« C'est hors de question ! » Cria Lily, mais cette fois, elle était au bord des larmes « jamais je ne coucherai avec ce… cet … ! »
Merlin haussa un sourcil. « C'est ce que vous faisiez il y a dix minutes, non ? » Il soupira « A moins évidemment, que ce soit un viol… C'était le cas ? »
« Non ! » se récria Lily « je n'ai aucun sentiment pour lui. Jamais je ne ferai ça »
« Il n'y a pas si longtemps, tu prétendais que c'était l'occasion et pas la personne qui faisait tout ! »
« Et bien je suis revenue sur ma décision. Il faut aimer pour coucher et jamais plus je ne serai capable de t'aimer Potter »
« Cependant, » reprit merlin « l'Appel pour l'intronisation ce fait toujours au moment de la jouissance. Si vous êtes ici, c'est que vos étiez en pleine consommation »
« Non ! » Assura James, peut-être un peu trop vivement. « j'ai touché une tâche sur sa cuisse et elle une cicatrice sur mon ventre et on s'est retrouvé ici »
Annya haussa les épaules. « Tant pis. Il faut que vous le fassiez. De toute façon, vous ne pourrez pas partir tant que ce ne sera pas fait- même si ça vous prend des années »
« Mais » S'exclama James
« je refuse » Dit Lily « Je refuse de coucher avec lui, sous pression dans cet endroit sordide. Et encore moins devant vous ! Et même, jamais je ne coucherai avec lui, vous m'entendez ? »
« Tu n'as pas le choix Lily » Dit doucement Annya « Si vous avez été appelé à vous introniser, c'est qu'un grand danger plane sur votre pays. Je suppose que Voldemort commence à s'intéresser aux Potter – et donc à James. Dès que la vie des madusiècles est menacée, d'une manière ou d'une autre, ils sont appelés à s'introniser »
« mais »
« Il n'y a pas de mais » Coupa Merlin « je suppose que ces traces sur le corps vous ont été infligées par un dragon durant votre sommeil ? » Ils acquiescèrent. « c'est un portail vers les eaux supérieures. Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu ça. Cela signifie simplement que vous n'êtes pas que des madusiècles, vous êtes le début d'un règne. Vos prédécesseurs sont morts avant de s'introniser ou de s'être reproduits. Vous êtes plus puissants de par ce fait, c'est tout »
« Couchez ensemble, et on en parle plus » Ajouta Annya « Ca vous sauvera la vie »
« Mais »
« D'accord » Affirma Lily avec une voix assurée et déterminée qui surprit James. Était-elle devenue folle ? « Mais je refuse que vous regardiez ou écoutiez ! »
Un sourire entacha le visage du vieil homme. « Cela n'a jamais été nos intentions. Au revoir »
« A dans une heure » Précisa Annya, et ils disparurent tous les deux.
James déglutit – jamais il ne s'était senti aussi perdu ou nerveux de toute sa vie. « je n'ai aucune intention de faire quoi que ce soit de ce genre avec toi Potter » Asséna Lily, quand il amorça un mouvement vers elle « La simple idée que tu me touches me dégoûte »
« Je refuse de rester ici des années »
« Ne me touche pas ! » Lily se retourna vers lui. Elle avait clairement déjà établi de quelle manière ils s'en sortiraient. « Tu vas aller derrière ce gros rocher, et moi, à l'opposé. Tu te déshabilles puis te rhabilles le plus vite possible et puis on courra autour des cercles pour avoir l'air fatigué et débraillé. Ça suffira à faire semblant »
« Ca ne marchera pas » déclara James- seulement, sa bouche n'avait pas bougé. Mais Lily l'avait bel et bien entendu. Il regardait un point dans son dos, fixement. Elle soupira et se retourna. Il y avait deux nouveaux venus. Un homme – le portrait craché de James – et une femme – qui lui ressemblait étrangement fort. C'était ce James là qui avait parlé, et il avait l'air beaucoup plus vieux. Peut-être dix ans, ou un peu moins.
« Tu aurais pu te présenter avant de parler, Potter ! » Siffla la femme. Son ventre était rond et rebondi, comme si elle était enceinte. Elle semblait avoir quelques griefs contre le vieux James qui lui sourit effrontément, comme habitué à ses sautes d'humeur.
« je ne vois pas comment ils ne nous reconnaîtraient pas, Potter ! » Répliqua-t-il sur le même ton, bien qu'il jouait et qu'elle était sérieuse. « j'étais vachement mignon à seize ans quand même… Comment ça se fait que tu ne m'étais pas encore tombée dans les bras ? »
James et Lily échangèrent un regard. Cette fois, c'était sûr. Ils devenaient fous. Complètement. « Oh, bien » continua la femme, bien qu'elle ne lâchait pas la Lily plus jeune du regard – elle l'observait avec une certaine compassion et bizarrement, Lily se sentait comprise comme elle ne l'avait jamais été. « Tu devrais leur expliquer tout leur futur tant que t'y est »
« On est censé être venu ici pour coucher ensemble et en finir avec cette foutue cérémonie d'intronisation » Lui fit-il remarquer « Ca n'ira pas si tu n'arrêtes pas de me bouffer le nez »
« Comme si tu ne l'avais pas mérité »
« Peu importe » Il se rapprocha de Lily – la jeune – et l'observa avec tendresse. « j'avais oublié à quel point tu étais jolie »
Un bruit offusqué sortit de la bouche des deux jeunes filles en même temps, et le jeune James Potter sourit. « Ca veut dire quoi, ça ? Que maintenant que je suis enceinte et ronde comme un ballon … »
« Tu n'es pas ronde comme un ballon » jugea utile de préciser le mari
« Moi je vous trouve resplendissante » Ajouta le jeune James.
Les deux Lily soupirèrent. La plus vieille s'approcha de l'autre et dit : « Je vais coucher avec James, le mien je veux dire. Pendant ce temps là, vous deux devez vous tenir bien en dehors du cercle magique, d'accord ? Dans trois quarts d'heures, revenez. J'obtiendrai d'Annya qu'elle nous laisse repartir tous les quatre sans problème. Quand tu te réveilleras à Poudlard, tu auras tout oublier »
« comment… »
« Je l'ai vécu avant toi » Se contenta de dire la femme. « Écoute Lily, je ne sais pas si ça sert à quelque chose de te le dire mais je sais à quel point c'est dur en ce moment. Je sais que James vient de te trahir mais tu verras, ça va passer ; avec le temps, les choses iront mieux, de mieux en mieux » Elle jeta un coup d'œil aux deux James – qui escaladaient les pierres et se jetaient dans le vide. On ne mourrait pas à l'arcade alors le sol faisait effet trampoline.
« Il m'a trompée ! » S'insurgea Lily « Comment je pourrais pardonner ça ? »
« Tu pourras. J'ai pu. » Elle lui sourit tendrement, comme une mère l'aurait fait à sa fille « la trahison est ce qui t'- nous insupporte le plus. On ne s'habitue jamais à être trahie »
« Vous – tu dis ça comme si c'était une habitude récurrente »
La Lily adulte soupira en lançant un regard amoureux à son James « Pas vraiment. Je ne peux pas t'en dire plus. Discute-en avec madame Potter, elle s'y connaît sur ce rayon ; d'accord ? Promets-moi que tu essayeras de ne pas oublier ce que je viens de te dire, Lily et promets-moi que tu passeras le plus de temps possible avec Tim et ton père cet été. C'est important »
« Il va leur arriver quelque chose ? » S'inquiéta Lily
L'autre soupira. « je ne peux pas te dire ça non plus. Mais profite d'eux d'accord. Et dis à Pétunia de profiter de son Aubrey le plus possible aussi. Et puis, soutiens Peter. Il a besoin de soutien pour s'en sortir »
« Se sortir de quoi ? »
« Et quoi qu'il arrive dans ta vie, même si tu te dis que jamais tu ne pourras sourire, rappelle-toi de moi. Je suis heureuse. Tu peux y arriver aussi, d'accord ? Rappelle-toi en ».
« Il faut y aller Lil ! » Cria James de la troisième rangée de pierre.
Lily sourit à son aînée et, d'une voix moins convaincue que plus tôt, ré-établit que « C'est EVANS ! » Elle le rejoignit en courant.
Derrière l'autre Lily apparut l'autre James. Il encercla la taille de sa femme de ses mains, et l'embrassa dans le cou. « Tu aurais pu lui dire la vérité »
« Elle le découvrira bien assez tôt »
« Pendant des années, elle va lui reprocher de l'avoir trompée et lui n'en saura rien. »
La vieille Lily soupira. « De toute façon, elle finira par être trompée, non ? Alors qu'elle s'y prépare dès maintenant »
« Je ne t'ai pas - »
« Je sais. Ça faisait quatre heures qu'on avait rompu quand tu as couché avec cette autre fille. Oublie ça tu veux. On a une tâche à accomplir »
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« POTTER ! » Le cri réveilla les trois garçons de Gryffonfor qui sursautèrent et qui dans un parfait ensemble : tomba du lit pour l'un, se cogna la tête pour l'autre et cria en écho pour le troisième. « Enlève tes sales pattes de là ! »
« Lily, Attends ! J'ai pas » mais la jeune fille avait sauté hors du lit, s'était emparée d'un oreiller et s'était mise à le frapper « Aie, mais ,non- oh »
« C'est EVANS ! » Rugit-elle. Puis, elle expira, releva un regard assassin sur James et déclara : « Tu ne me parles plus ; tu ne m'approches plus ; tu oublies que j'existe c'est clair ? Nous ne sommes plus amis, à partir de maintenant, nous ne nous connaissons plus, Potter ! »
« Mais, Lily »
« J'ai dit qu'on ne se parlait plus ! » Cria Lily « Je t'interdis de m'approcher ou de m'appeler par mon prénom ! Je ne te laisserai pas gâcher ma vie, Potter ! Alors, si un seul jour dans ta misérable existence, tu as ressenti quelque chose pour moi fais ça, tu veux ; Oublie-moi. »
« Lily, attends » Lily passa la porte du dortoir, le cœur remonté dans la gorge. Elle avait l'impression que quelque chose s'était passé – quelque chose de grave et elle était incapable de se souvenir quoi.
Elle ferma les yeux. James lui attrapa le poignet alors qu'elle arrivait au bas des escaliers. « Lily, s'il te plait » Plaida-t-il « Dis-moi ce qui t'arrive. Je… je suis là pour t'aider, peu importe ce -»
« Vraiment ? » Demanda-t-elle « Tu veux vraiment m'aider, James ? » Il acquiesça. Elle leva vers lui un regard rempli de larmes contenues « Alors cesse de me parler. Arrête d'être aussi acharné à me pourrir le vie »
« Je croyais que »
« Tu t'es trompé. Ça ne marchera pas. Jamais »
Elle remonta à son dortoir. Et tous deux comprirent que quelque chose venait de se finir entre eux pour toujours.
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« Je le dirai une fois et pas deux : pardon » Sirius soupira et se retourna. Merlin, ça lui écorchait vraiment la bouche en plus. Mais il avait fait un effort, pour Peter, c'était à son tour maintenant.
Mais Peter ne dit rien. Il se contenta de détourner la tête et de tirer la cape un peu plus sur lui. James, pressé entre ses deux amis, soupira. La tension devenait insupportable. Sans parler du fait qu'ils devenaient forts grands pour tenir à trois sous la cape …
« Dis, Pet » Suggéra-t-il doucement « Et si tu te transformais ? »
« Génial » Sirius sauta sur l'occasion avec un sourire féroce « Je ne ferai qu'une bouchée de toi ! »
Peter blanchit et s'arrêta. « J'ai changé d'avis, je ne viens pas » Murmura-t-il très vite en faisant demi-tour. James le rattrapa par la manche.
« Arrête ça tu veux »
« C'est pas toi qui va te retrouver minuscule et démuni face à cet enragé » Râla-t-il en pointant Sirius du menton.
« Sirius ne te fera rien » promit James en se retournant vers son meilleur ami. « N'est-ce pas ? » Insista-t-il avec un coup d'œil appuyé. Le jeune homme haussa les épaules en guise de réponse.
« Hey, c'est pas Rogue ? » Demanda soudain Peter, en pointant du doigt le saule cogneur. D'un seul homme, les deux autres maraudeurs se tournèrent vers leur destination, juste à temps pour voir le préfet figer l'arbre à l'aide d'un grand bois et se jeter dans la gueule du loup. Littéralement.
Les trois garçons regardèrent l'ombre noire et voûtée du jeune homme disparaître par le trou, complètement figés, sans réaction. Ce fut James qui se réveilla de sa transe le premier. Il jeta un coup d'œil paniqué aux deux autres, leur hurla d'aller chercher un professeur et se précipita vers son ennemi.
« Comment a-t-il pu savoir ? » Questionna pensivement Peter en se retournant. Il se mit à courir vers le château, obéissant aux ordres de James, laissant Sirius seul derrière lui, au milieu du parc et toujours sous la cape d'invisibilité.
Le jeune homme se sentait figé, enterré, ensorcelé, incapable de bouger ou simplement penser. C'était lui qui avait fait ça. C'était lui qui avait dit à Rogue comment … Tout était de sa faute – comme d'habitude, juste parce qu'il laissait toujours ses émotions parler avant lui.
Sirius essaya de respirer, de faire un mouvement. Aider James à sauver Rogue, retenir Lunard, s'excuser, n'importe quoi. Mais rien ne lui vint. Il resta au milieu du parc, figé sous la cape d'invisibilité de son meilleur ami, dans l'impossibilité d'initier le moindre mouvement.
Il était toujours là, quand, dix minutes plus tard, l'infirmière, Dumbledore et McGonagall accoururent et que, deux minutes après, le directeur, James et Rogue ressortirent de sous l'arbre.
Il ne vacilla en voyant le sang couvrir la face de son frère de cœur, ne se réjouit pas en voyant la pâleur de Servilus. Il ne ressentit rien quand son regard croisa le bleu pétillant de Dumbledore, qui semblait remué par flot intense d'émotions intérieures.
Sa gorge ne se serra pas plus qu'elle ne se desserra quand il perçut la colère et l'inquiétude des deux enseignantes, ni même lorsque Pomfresh mère arriva en secours à la fille. Il ne put même pas suivre la procession du groupe remontant vers le château des yeux tant il était retourné.
Le vent se leva et la cape s'envola. Sirius sentit, plus qu'il ne décida de le faire, ses doigts attraper le bord du tissu. Sa cape volait autour de lui, et toujours, encore, ses yeux restaient fixés à la racine de l'arbre.
Il ne pouvait détourner son regard. Il était la cause de tout cela. Il était celui qui l'avait fait. Une telle action. Si peu de réflexion. Le bout de ses doigts toujours agrippé à l'étoffe translucide de tissu devint bleu, ses lèvres mauves et la pluie apparut, rajoutant un côté tragique à l'âme solitaire qu'il représentait.
Ainsi, sa famille avait toujours eu raison. On ne changeait pas sa véritable nature. On reste ce que l'on est né, et cela peu importe les efforts fournis.
Glacé de l'intérieur. Figé de l'extérieur. Paralysé par la réalisation de ce qu'il avait fait. Ce qu'il avait dit. Ses agissements. Le masque était tombé. Il ne restait plus rien. Plus rien que les remords et les doutes.
Il avait tant espéré que jamais ce jour n'arrive… Celui où tout le monde comprendrait. Celui où chacun serait en mesure de voir la noirceur profonde de son être. Il savait pertinemment qu'il n'avait mérité ce qu'il avait reçu jusqu'à présent. La confiance de ses amis.
Il avait ignoré son bon sens. Son âme qui lui criait qu'il n'en était pas digne. Il avait compris ce qu'était l'espoir. Mais ce qu'il était réellement le rattrapait finalement. Enfin. Son nom n'était pas qu'une question d'éducation, de carapace. Il était Sirius Black. Et même en luttant de toutes ses forces contre cela, il le resterait à jamais.
La réalité l'avait rattrapé.
Il ne sut jamais combien de temps il resta ainsi, les yeux fixés sur l'endroit où Rogue et James avaient disparu, les doigts agrippés à la cape qui volait à côté de lui et la pluie s'abatant sur lui comme la matérialisation de son fardeau.
Seule la douleur de se découvrir un autre visage, celui qu'il avait tant espéré dissimuler à jamais, resta, tétanisante.
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Lévina sortit de la douche, une serviette enroulée autour du corps et un essuie dans la main pour frotter ses cheveux. Quand elle croisa son regard dans le miroir, elle ne put s'empêcher de soupirer.
Elle n'avait pas changé depuis le temps. Peut-être le temps l'avait-il rendue plus mature et sûre d'elle, mais elle restait toujours la même jeune fille de seize, effrayée à l'idée de devoir assumer une vie qu'elle n'avait pas choisie.
La journée, c'était facile de prétendre que Léa-Maria et Lévina étaient deux personnes différentes. La première était arrogante, manipulatrice et maquillée à l'outrance. La seconde était douce mais ferme, dans la fleur de l'âge et sûre d'elle.
Mais une fois le soir venu, sa peau débarrassée de tout artifice, elle ne pouvait s'empêcher de repenser à toutes ses années perdues en voyant son regard dans le miroir. Elle n'avait définitivement pas changé. Et il avait fallu attendre qu'un adolescent de quinze le lui fasse remarquer.
« Si Mortimer était là, à côté de moi, c'est lui que tu choisirais, encore maintenant ». Sirius avait-il la moindre idée de ce qu'il disait ? A quel point, de simples mots comme ceux-là pouvaient la toucher ? Cette question la hantait depuis le jour où elle avait compris qu'il ne viendrait pas, jamais, l'épauler. Et si Mort revenait, que ferait-elle ?
Elle soupira. Non, elle n'avait pas changé. Elle restait cette jeune fille éblouie par ce garçon, le seul à avoir pu découvrir la Lévina que Lea-Maria avait toujours caché sous une épaisse couche de fard à joue. Cette gentille fille, cette Levy, celle que ses parents avaient si ardemment désirée qu'elle avait eu peur de devenir une jeune fille respectable.
Mais maintenant, le problème se corsait. Parce que Sirius n'était pas simplement un étudiant. Il prenait de plus en plus de place. Elle avait pensé pouvoir se débarrasser de lui facilement, juste le temps qu'il se rende compte qu'elle n'était pas si intéressante que ça. Il fallait juste que ce garçon comprenne que ce qui l'avait tant attiré n'était que le goût de l'interdit.
Mais Sirius Black s'était révélé être bien plus qu'un ado de 15 ans un peu paumé par ses hormones. Il prenait de plus en plus de place et Lévina s'en rendait compte. Elle pensait à lui parfois, elle se sentait étrangement bien avec lui et, aussi incroyable que cela paraisse, elle avait l'impression de pouvoir lui faire confiance.
Elle ne pensait pas être jamais capable de faire confiance à un homme.
Une fois qu'elle eut enfilé sa tenue de nuit, elle retourna dans sa chambre, et ses yeux furent attirés par une enveloppe sur la table de chevet. Une lettre de sa mère. Sa chère maman lui donnant des nouvelles de sa fille.
Sa fille. Cette enfant pour qui elle était une étrangère. Et elle osait se dire responsable et mature ? De quel droit osait-elle ainsi abandonner sa fille ? Lévina ouvrit les couvertures de son lit, se promettant qu'une bonne nuit de sommeil l'aiderait à y voir plus clair dans le tourbillon de sa vie actuelle.
Mais quelqu'un tapa à sa porte. Elle se releva donc pour découvrir un Sirius Black ruisselant, trempé jusqu'aux os et tremblant devant elle. Elle voulut lui demander ce qui lui était arrivé, mais le désespoir et l'infinie tristesse qu'elle lut dans ses yeux l'en dissuadèrent.
Doucement, sans le heurter – il avait l'air si choqué – elle le laissa entrer et referma derrière lui. Tendrement, elle écarta ses cheveux humides de son visage et l'aida à retirer sa robe trempée. Il était transi de froid. Et il ne bougeait pas, ne semblant même pas la voir ou se rendre compte de ce qui lui arrivait.
Elle était inquiète pour lui, quel genre de malheur avait bien pu arriver pour qu'il se mette dans un état pareil ? Elle lui dit de rester là, et alla chercher une serviette avec laquelle elle essuya doucement son visage et frotta ses cheveux ébène.
Il pleurait. Elle ne s'en était pas aperçue avant avec la pluie le couvrant, mais elle pouvait à présent observer ses larmes silencieuses s'échapper de ses yeux écarquillés et fixes. Elle lui retira sa chemise, ses chaussures et ses chaussettes, avant de le faire s'asseoir dans le lit.
Il ne broncha pas, se laissant faire comme un automate. La jeune femme passa une main sur sa joue, bouleversée par ce spectacle, et essuya ses larmes.
« Sirius » Murmura-t-elle d'une voix emplie d'émotions intenses.
Cela parut lui faire l'effet d'un électrochoc. Sa tête se releva, il la regarda, et doucement, déclara « Ce n'est ma faute ». Elle acquiesça, incapable de faire plus. Comment peut-on se prétendre inquiété de quelqu'un lorsqu'on se retrouve si démuni face à son désespoir ? « Ce n'était pas ma faute ! » Cria-t-il.
« Je sais »
Elle ignorait de quoi il parlait, mais au plus profond de son cœur, savait parfaitement qu'il était incapable de faire du mal. Sirius, si différent, lui ressemblait tellement. Elevé dans un milieu qu'il détestait, perdu entre ce qu'il voulait être et ce qu'on attendait de lui qu'il soit. Puis se réveillant un matin en réalisant qu'il s'était trompé et qu'il avait échoué à changer.
« Je ne l'ai pas fait exprès » Chuchota-t-il en la serrant dans ses bras. Levina se laissa faire, lui apportant le réconfort qu'elle pouvait en lui caressant calmement les cheveux. Dans son dos, elle sentit la main du jeune homme s'accroché à elle comme à une bouée de sauvetage. « Ce n'est pas ma faute » Répéta-t-il.
Doucement, elle les fit basculé sur le lit, remonta la couverture sur eux et resserra son étreinte sur étudiant. Elle ne pouvait faire que ça, lui apporter le refuge qu'il était venu chercher.
Le premier sanglot qui passa sa gorge sembla à un râle douloureux. Puis le second suivi et le troisième. La tête enfouie dans son cou, les mains accrochées à ses vêtements, Sirius se laissa lentement bercé par la chaleur que diffusait en lui le corps de Lévina. La dernière personne vers qui il pouvait se tourner.
Il lui fallut longtemps pour se calmer, freiner ses sanglots et finalement s'assoupir contre elle, en murmurant une nouvelle fois qu'il n'y était pour rien.
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Lily quitta la volière en observant l'oiseau s'envoler haut dans le ciel. Elle ne savait pas pourquoi, mais le besoin d'écrire à son frère s'était soudain fait pressant. Elle avait l'impression qu'une chose horrible allait se produire, bien qu'elle ignorait quoi.
C'est en rentrant dans le château qu'elle se rappela que la pleine lune avait eu lieu la veille. Il irait faire un tour à l'infirmerie. Ce n'était pas parce que sa mère avait eu raison de la mettre en garde contre les attitudes méprisables des hommes qu'elle devait en oublier ses amis.
Remus avait toujours été là pour elle, prenant soin d'elle comme d'une sœur. Il n'y avait aucune raison qu'elle l'oublie sous prétexte que – non, elle devait se forcer à ne pas penser à lui. C'était encore bien trop douloureux.
Un coup d'œil à sa montre la convainquit de se rendre au chevet de son ami. Après tout, à cette heure, le reste des maraudeurs devait encore être plongé dans un profond sommeil, compte tenu du fait que depuis le mois de Novembre ils avaient toujours l'air aussi fatigué que Remus.
Si les circonstances avaient été différentes, elle aurait sans doute fait une petite enquête là-dessus, car elle avait la nette impression que ses amis lui cachaient quelque chose. Mais elle ne le ferait pas. James l'avait trahi, c'était déjà bien assez comme découverte.
Lily repositionna son sac sur son épaule en passant devant la grande salle. Elle aperçut Heather y entrer, accompagnée d'Olga, son amie de toujours. La jeune rousse ne put retenir son envie d'envoyer son meilleur regard meurtrier aux deux Serdaigle de sixième, qui blanchirent et pressèrent le pas, comme si elles avaient le diable aux trousses.
Bien, songea Lily, elles ont compris le message au moins. À certains moments, ses colères étaient une vraie force. Elle avait toujours été ainsi, un caractère de feu dans un corps débordant de magie. Ça impressionnait toujours. James disait que quand elle se mettait en colère « en mode tigresse » tout le monde déguerpissait.
Le sourire qui jouait sur ses lèvres se figea. Ouais, James le disait. James disait beaucoup d'autres choses aussi. Et il lui faudrait beaucoup de temps pour ne plus y penser.
En quittant les escaliers, Lily soupira en se demandant comment se passerait l'année suivante. Demain matin, ce serait les vacances d'été. Qu'elle passerait chez elle, avec sa mère, sa sœur et son frère. Elle verrait son père à qui il faudrait sans doute une fois de plus remonter les bretelles.
Et puis… Il faudrait revenir à Poudlard. Assumer sa position de préfète de Gryffondor. Voir James Potter se faire, sans aucun doute, élire capitaine de Quidditch et même le soutenir quand il remporterait ses matchs. Il faudra croiser son regard et ne plus sentir son cœur se serrer quand il tiendra sa nouvelle petite amie dans ses bras – ses bras où elle s'était sentie si bien.
C'était ça, se rendit compte la jeune fille en tournant à l'angle du couloir, non sans saluer le tableau de la rosette, c'était exactement pour ça que je n'aurais jamais dû tomber amoureuse de mon meilleur ami. Je savais parfaitement comment tout se terminerait. James est un coureur de jupons, et ni moi, ni personne ne le changera.
Mais elle ne pouvait s'en rendre compte que maintenant. Elle n'avait pas seulement perdu un petit ami, mais aussi son meilleur ami.
« Vous me mettez dans une situation inconfortable » Lily se figea à l'audition de la voix du professeur Dumbledore. Elle l'aperçut, qui se tenait au bout du couloir, Sirius et le professeur Gibbon devant lui.
« Professeur, je comprends parfaitement que vous- » Levina Gibbon avait l'air d'être aussi en faute que Sirius, ce qui étonna particulièrement la jeune préfète. Mais que c'était-il passé ?
« Professeur Gibbon » Coupa le directeur d'une voix tranchante, il avait l'air agité, fait rare « Je me suis permis de venir vous réveiller car il me semblait que votre présence aux côtés de monsieur Lupin, au vu des évènements de cette nuit, pouvait s'avérer favorable »
Au vu des évènements de cette nuit ? Lily fronça les sourcils. Le directeur, d'habitude si jovial, si serein, avait l'air réellement énervé. Elle ne pensait pas l'avoir un jour vu ainsi. Ce doit être grave. Sans parler du fait que Sirius ne bougeait pas, ni se défendait. Il restait là, face aux deux enseignants, le dos voûtés et les yeux fixés sur le sol. Cela ne lui ressemblait pas du tout.
« Il m'avait semblé » Continua imperturbablement Dumbledore « que vos encouragements seraient nécessaires à monsieur Lupin, car il faudra du temps pour accepter les évènements fâcheux qui se sont déroulés. » Lily aperçut son professeur de défense baisser la tête, comme acceptant ses torts. « Il est inadmissible de trouver un professeur et un de mes élèves partageant le même lit »
Si elle n'avait pas été aussi inquiète pour Remus et 'les évènements fâcheux', Lily aurait sans doute ri. Il n'y avait que Sirius pour se mettre dans une telle situation quand même ! Et Dumbledore avait le don pour dénicher les couples ! Elle se souvenait encore du jour où il les avait découvert, elle et James. Il les avait simplement libérés du maléfice, leur permettant de retrouver le plancher des vaches, et avait souri en murmurant « Il vous faudra être plus discrets » avec un clin d'œil.
Evidement, la situation actuelle était visiblement moins amusante. Cela n'empêchait que quelque chose de vraiment grave avait dû se produire, car jamais elle n'avait vu Sirius Black aussi silencieux – presque victime.
« Vous avez raison » Décréta le professeur Gibbon en relevant la tête vers son supérieur. « Mon comportement n'est pas admissible. Il ne l'a jamais été, peu importe mon âge. Vous le saviez parfaitement en m'engageant. Vous prendrez les décisions disciplinaires que vous aurez à prendre, monsieur, mais je ne regrette rien »
Dans un joli ensemble, Dumbledore, Sirius et Lily laissèrent échapper un « oh » de stupéfaction. Les deux élèves étaient pantois de voir une personne s'adresser avec tant d'agressivité au vieil homme, lui-même surpris de cet élan de caractère.
« Tout est de ma faute, monsieur » Finit par déclarer Sirius, le visage toujours braqué vers le sol. C'est une chose qu'on ne pouvait que remarquer, car Sirius avait toujours regardé tout le monde dans les yeux pour parler, avant aujourd'hui.
« Tais-toi » Le coupa Lévina dont les yeux étaient toujours braqués sur Dumbledore. « J'ignore ce qui s'est passé cette nuit monsieur, mais mon travail consiste également à aider les élèves qui en ont besoin. Même s'il s'agit de protection et d'amour. Je n'ignore pas que cela ne rendre pas dans mes attributions, mais je n'éprouverai jamais de regrets à suivre mon cœur et à soutenir ceux qui en ont besoin. Maintenant, si vous m'excusez, j'aimerais savoir ce qui est arrivé à monsieur Lupin pour pouvoir l'aider, lui aussi, de mon mieux »
« Hier soir, vers vingt deux heures, Severus Rogue s'est introduit dans la cachette de monsieur Lupin » Expliqua le directeur d'une voix calme et posée, bien que la tension était encore palpable dans le couloir. « James Potter s'est précipité à sa suite et l'a sauvé, les ramenant tous deux dans un état de santé précaire. Vous aurez compris que Remus aura besoin de soutien pour arriver à se convaincre qu'il n'est pas un monstre »
« Qui » Murmura la jeune prof, avant de se figer. Lily était sous le choc de la nouvelle, mais compris également ce que Sirius avait dit juste avant. Tout est de ma faute. C'était on ne peut plus clair.
« Monsieur Black » Décida le directeur « Vous m'attendrez dans mon bureau. Il semble que nous ayons à discuter » Sirius hocha la tête et s'éloigna, les yeux toujours fixés à ses pieds. Lily eut pitié pour lui. Pour eux tous. Il semblait bien que cette année serait la dernière des maraudeurs, finalement.
« Il y a un autre problème » Ajouta Dumbledore une fois que le jeune Black eut disparu de vue « Monsieur Rogue a refusé de garder secret la nature de monsieur Lupin. Il semble que même moi soit incapable de le persuader, sur ce point »
« Et que veut-il ? » Chuchota Lévina d'une voix éteinte, perdue dans ses pensées.
« Le renvoi de monsieur Lupin »
Lily se redressa. Elle ne s'était même aperçue qu'elle était tombée à croupi sous le poids des découvertes. Qu'allait-il arriver à Sirius ? Et à Remus ? Elle avait peur. Tout semblait vouloir se finir ainsi, comme un drame.
La jeune fille se redressa. Elle devait agir. Peut-être tout espoir était-il vain entre elle et James, mais elle avait vu l'amitié des garçons fleurir pendant cinq ans. Il était hors de question que tout finisse ainsi, si inutilement.
Première étape. Rogue.
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« Je ne peux pas » Remus soupira et détourna les yeux « Je ne peux croire qu'il … »
« Moi non plus »
James était allongé dans son lit d'infirmerie, les poings serrés sur ses draps. Comment Sirius avait-il pu faire une telle chose ? Les trahir à ce point ? Il avait livré Remus, il avait failli tuer un homme ! Et il était resté sans réaction.
James ne savait pas ce qui le chiffonnait le plus. Que celui qui se prétendait son meilleur ami soit capable d'un tel acte, d'une telle cruauté, ou qu'il n'ait rien fait pour s'en défendre ? Merlin ! Il n'était même pas venu l'aider à sauver Rogue. Il n'avait rien fait ! Il…
« Ne le jugez pas trop durement » les deux adolescents se tournèrent en même temps pour apercevoir Levina Gibbon devant leurs lits, les bras croisés sur la poitrine « Il s'en veut énormément »
James, rongé par la colère, ne dit rien, et se retourna. Pourquoi elle était là, elle ? Et Sirius, il faisait quoi ? Il ne venait même pas s'excuser ! Mais peut-être … peut-être ne regrettait-il pas son acte ? Après tout, même si il s'était entraîné à l'oublier, il était Sirius Black. Certaines choses faisaient partie de son éducation, même si chacun tentait de l'oublier. Peut-être Sirius avait-il menti toutes ces années ?
De plus, cette fille qui venait plaider sa cause. Léa-Maria Silvermann. La meilleure amie de Bellatrix Black. Tout était lié. Jamais il n'aurait dû …
Non, se reprit mentalement James, il ne faut pas perdre espoir. Sirius est quelqu'un de bien. Peut-être y a-t-il eu un quiproquo ? Après tout, c'était son meilleur ami, non ? Il aurait dû le voir si quelque chose était arrivé, non ?
« Lorsqu'il est arrivé devant ma porte, hier pendant la nuit » Reprit la jeune femme en observant les deux garçons « il était trempé. Dans un état réellement pitoyable. Et en larmes. J'ignore autant que vous ce qui a cautionné cet acte, mais visiblement, il s'en veut énormément. Il n'avait pas réalisé »
« On aurait mourir » S'exclama soudain James en se redressant. Il pointa du doigt le lit où Rogue avait été, avant de pouvoir déjà sortir « Rogue, moi, nous aurions pu y laisser notre peau. Et Remus aurait été condamné au baiser des détraqueurs si il avait touché un seul de nos cheveux- Et vous osez l'excuser ? »
« Non » Levina soupira. « Rien n'excuse ce qui s'est passé. Mais ce qui est fait, est fait. Et il sera puni en conséquences. Ne lui imposez pas une punition supplémentaire en refusant de lui accorder votre confiance. Sa conduite a été »
« Digne d'un Black » Cracha James avec hargne
« Et c'est là son plus grand cauchemar devenu réalité » Pomfresh arriva dans la pièce et s'immobilisa face au conciliabus « Que croyez-vous ? Il s'est battu des années contre son nom, et aujourd'hui, il vient de réaliser que cela avait été inutile. En effet, il s'est conduit comme un digne héritier des vertus de sa famille, et cette idée le rendra malade des années encore. N'est-ce pas une assez grande punition que de perdre la confiance qu'il avait dans le fait qu'il était une autre personne ? Ne pensez-vous pas que ses propres démons ne suffiront pas comme punition ? Vous allez lui imposer la perte de ses amis aussi ? »
« Il nous a trahi » Remus jeta un coup d'œil à James qui venait de parler, et détourna les yeux. Il n'en voulait pas tellement à Sirius. S'il n'était pas un loup garou, rien de tout ceci ne serrait arrivé
« Et il s'est trahi lui-même. Si vous êtes incapables de lui pardonner, comment voulez-vous qu'il se pardonne un jour à lui-même ? »
« Lévina » Murmura Poppy en posant une main sur son épaule « Calme toi »
« Je vais faire mes valises » Décréta la jeune prof en se retournant « Réfléchissez-y. Je n'avais jamais vu quelqu'un aussi perdu de toute ma vie »
Il se passa un long moment silencieux, seulement interrompu par la préparation des dernières potions que Pomfresh mère préparait. Elle quitta la pièce, et les garçons en pleine réflexion. Remus tourna la tête pour apercevoir le profil de James, un bras replié sur ses yeux. Son corps entier transpirait la frustration de l'acte de Sirius. Il était sans doute celui qui ressentait cela comme la pire des trahisons.
« Je ne peux pas lui pardonner » Déclara le loup-garou au bout d'un moment. Il vit la poitrine de James se soulever et s'abaisser, comme s'il faisait des exercices respiratoires pour s'exhorter au calme. « Je ne peux pas simplement effacer ce qui s'est passé. Mais j'essaierai quand même »
« Il ne le mérite pas » Cracha James en serrant les poings « Il ne mérite pas que nous fassions des efforts pour lui »
« Sirius a été mon ami pendant cinq ans » murmura Remus « je ne veux pas le perdre. Pas lui aussi. Il a peut-être trahi notre amitié mais je le considère toujours comme mon ami. Je le ferai toujours. Je ne peux pas m'en empêcher »
« Dans ce cas, tu te débrouilleras tout seul avec lui »
« Après tout ce qu'il a fait pour moi » Continua Remus, comme s'il réfléchissait à voix haute « les risques qu'il a pris. Une simple erreur de parcours ne justifie pas qu'il- »
« Arrête de réciter des jolies paroles de romans » Le coupa James d'un ton agressif « Nous ne sommes pas dans un conte. Il nous a trahi, Remus. Il ne mérite plus d'être notre ami »
« Et moi je ne mérite pas de perdre mon ami ! » S'énerva l'autre jeune homme en se redressant dans son lit « Je ferai comme si rien n'était arrivé. Pas pour lui, mais par égoïsme. Je n'ai pas mérité de perdre un ami » Répéta Remus. James se répondit rien. « Et si je ne le fais pas, tu ne le feras pas »
« Je ne le ferai pas » Se borna le jeune homme en retirant son bras de ses yeux. Pourquoi sa vie partait-elle en lambeaux en ce moment ? Il y a à peine une semaine, il se serait cru au paradis…
« Alors tu perdras ton meilleur ami et Lily en même temps » Chuchota Remus d'un ton neutre, dans le seul but, évident, de le faire réagir. James ouvrit les yeux en grand d'un coup. Il semblait seulement réaliser la portée de son refus. « Tu crois que tu supporteras ta vie comme ça ? »
Les mâchoires contractées, le jeune sauveur sentit le poids de la nuit lui tomber soudainement sur les épaules. Sirius… l'avait abandonné. Agir égoïstement. Garder son amitié. Ignorer les actes de Sirius. Faire comme si rien ne s'était passé. Il en était capable ?
« En parlant de ça » Se remémorant Remus « Que s'est-il passé avec Lily ? »
James gémit de frustration. Non, ni Lily, ni Sirius. Aucun n'avait le droit de le laisser. Il tenait trop à eux bon sang ! « je n'en sais rien. Elle s'est soudain mise à me détester et elle refuse d'en parler »
« Elle a évoqué un pari… » Glissa doucement Remus.
« Quoi ? » James fronça les sourcils et se tourna vers Lunard « Le seul pari que j'ai fait dernièrement c'est avec Shaïni Smith. Elle prétendait avoir plus d'admirateurs que moi. On a juste décidé de faire un décompte ! »
Remus retint difficilement l'envie de lui jeter un oreiller dessus. Un pari sur qui était le plus admiré ? C'était quoi ces idioties ? Bien que la plupart des 'admiratrices' de James devaient être des ex ou futures copines, il ne voyait ce qui aurait pu mettre Lily dans un tel état.
« C'est à toi de choisir Cornedrue » Conclut Remus « Tu veux reconquérir Lily seul ou avec l'aide de tes amis ? »
James tiqua. Il ne perdait pas le nord, Rem, même dans ce genre de situation ! Mais quand même… Ce qu'avait fait Sirius. James ne voyait pas comment l'accepter. « Alors ce sera comme ça ? » Demanda-t-il « Tu vas juste le laisser s'en sortir sans aucune explication ? Comme s'il n'avait strictement rien fait. Comme si on le soutenait. »
Remus éclata de rire. « J'ai jamais dit ça. Tu crois quoi ? Il a plutôt intérêt à s'écraser et faire des efforts si il veut regagner ma confiance. Mais je lui en laisserai l'opportunité, c'est tout. »
Lui en laisser l'opportunité… Ses propres démons sont une punition suffisante…
« Je suppose que l'expérience qu'il avait eu avec sa prof pourrait m'être utile pour récupérer Lily » Finit par soupirer James. Il aurait deux mois de vacances pour se convaincre de ce qu'il disait. Il pourrait commencer par recréer des liens avec Sirius par courrier, sans le voir. Ce serait un début moins douloureux sans doute.
A côté de lui, Remus s'étouffa dans sa propre salive. Au moins, il comprenait pourquoi Levina Gibbon l'avait défendu maintenant ! Sacré Sirius…
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« Qu'est-ce que tu me veux, Evans ? » Lily ferma la porte de la salle dans laquelle elle avait traîné le serpentard de force. Rogue alla s'asseoir à la fenêtre et ricana « Si tu crois que tu parviendras à me convaincre de protéger ton copain avec un joli discours… »
« Quand James, Sirius et Peter l'ont appris, je les ai convaincus avec un discours » Déclara Lily en s'asseyant sur un bureau « Mais je me doute que rien ne te fera changer d'avis. Un monstre est un monstre, n'est-ce pas ? »
« Quelle intelligence » railla le jeune homme en se retournant vers la préfète « C'est tout ce que tu as à me dire ? »
« Tu m'a traitée de Sang-de-bourbe, avant-hier » Reprit Lily en le surprenant « C'est la première fois que tu le faisais »
« Ce n'est que la vérité »
« Hum » Lily sembla en intense réflexion un instant « Je ne pensais pas que tu le dirais, toi. Ce n'est pas tant l'insulte qui m'a choqué. Mais le fait que tu sois celui à l'avoir utilisée. Tu sembles avoir oublié quelques détails de ton passé, Severus »
Le jeune homme fut choqué de l'entendre parler de la sorte. Que lui voulait-elle exactement ? C'était quoi, ce cirque sur les valeurs morales ? « Tes parents sont moldus, tu ne mérites même pas que je te parle »
Lily rigola. Le jeune serpentard écarquilla les yeux. Cette fille était folle. « Je me souviens, quand j'étais petite. On avait des voisins bizarres, le garçon ne parlait jamais à personne à l'école primaire » Le teint du préfet blanchit dangereusement « C'est pas de chance pour toi que je m'en souvienne si bien »
« Oh, j'étais seul et toi aussi populaire que ce satané Potter. Que crois-tu pouvoir faire avec ça ? » Se reprit-t-il avec appréhension. Il y avait certaines choses de passé qu'il ne tenait pas vraiment à révéler.
« Le point n'est pas là, Severus » Elle insista sur son prénom. Une vraie démone, songea-t-il « ce qui m'intéresse est le fait que cette école était moldue. » Lily se tourna entièrement vers lui et le regarda droit dans les yeux « Tout comme ton père »
« Tu… tu mens »
« Bien sûr que non » Lily haussa les épaules. « Tu étais toujours enfermé dans ta chambre, mais ta mère et la mienne s'entendaient bien avant votre déménagement. Et quand j'ai appris que j'étais une sorcière, c'est Eileen Prince en personne qui est venu expliquer à mes parents l'existence du monde magique. J'étais dans les escaliers quand elle a expliqué la réaction qu'avait eu ton père en l'apprenant. Triste histoire »
Rogue sentit le sang battre à ses temps. De quel droit cette sale sang de bourbe osait-elle parler ainsi de sa famille ?!
« Ce serait fâcheux » Déclara Lily en se relevant « Que les Serpentard apprennent les origines de ton père, n'est-ce pas ? »
Rogue ferma les yeux. Elle avait gagné. Personne ne pouvait survivre à Serpentard avec des parents moldus, surtout avec le climat politique actuel. La laisser sortir de cette classe sans la promesse que cette information resterait confidentielle était du pur suicide. « Tu me fais du chantage ? »
« C'est donnant- donnant » Esquiva la jeune fille « Tu ne dis rien pour Remus, je ne dis rien pour ton père. Réfléchis bien, Rogue. Peut-être que tu parviendras à faire renvoyer Remus, mais ta vie à toi deviendra un enfer » Elle ouvrit la porte « Sans parler de la réaction qu'auront les autres maraudeurs, c'est évident … »
Rogue soupira. Comment une fille cumulant les tares d'être une sang de bourbe et gryffondor était-elle parvenue à être si … serpentardesque ?
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« Je suis désolée Sirius » Lévina soupira et passa sa main sur la joue du jeune homme « C'était génial entre nous, mais ça devait bien finir un jour, tu sais. C'est mieux ainsi. »
« Mieux… ? » S'insurgea-t-il. « Comment tu peux… »
Sirius ferma les yeux et ignora la douleur sourde qui prenait vie dans son thorax. Il savait au ton qu'elle avait employé dans le couloir en le croisant cette après-midi que quelque chose n'allait pas. Il savait évidemment que la fin de l'année sonnait la fin de beaucoup de choses. Il savait qu'eux deux, ça n'irait pas plus loin.
Pourtant, cette nuit, quand elle l'avait réconforté si tendrement, à la manière d'une mère qu'il n'avait jamais eu, il y avait cru. Mais comment quelqu'un pourrait-il jamais accepté son côté sombre ?
« Je suis désolée » Répéta-t-elle. Ses lèvres se posèrent sur celles du jeune homme qui se laissa faire. Il était trop sonné pour reculer de toute façon. « Je dois retourner dans ma famille. »
« Non » Murmura-t-il « tu ne peux pas me laisser »
C'était la première fois qu'il se faisait plaquer. C'était la première fois qu'il réalisait qu'il le savait depuis le début. Qu'il n'appelait pas sa « liaison » avec l'enseignante une « relation » parce que ça resterait une liaison, une bagatelle sans importance, destinée à finir.
« Il est grand temps que j'assume, que je m'assume » Elle soupira. Ils étaient assis dans un fauteuil, dans ses appartements. Elle le serait contre elle, et cela mit un peu de baume au cœur du jeune homme de savoir qu'elle souffrait aussi, même si c'était moins que lui, de la séparation. « Merci, Sirius. Merci d'avoir été là pour moi ces derniers mois. Sans toi, je n'aurais jamais pu prendre cette décision »
Elle inspira profondément, l'embrassa sur la joue et déclara « Je vais rentrer à la maison. Je vais m'occuper de Noémy et trouver un travail et un foyer. Il est temps que Léa-Maria Silvermann assume ses actes et devienne adulte. Et tout ça, c'est grâce à toi »
Le jeune homme sentait sa gorge se serrer. Était-ce normal que ce soit si douloureux ? « On pourrait rester ensemble » Proposa-t-il en désespoir de cause. C'était ridicule, et il le savait.
« Non » Souffla-t-elle doucement. « Crois-moi, si tu savais comme je m'en veux »
« non » Il se dégagea de ses bras et se releva. « Tu t'en fous. Tu te fous de moi depuis le début. J'ai vu la photo de Mortimer dans ton portefeuille. Tu ne peux pas l'oublier ! Je n'étais que la pièce de rechange »
Lévina, au bord des larmes, secoua la tête. « C'est faux ! … Je t'en prie Sirius ne rends pas ça plus compliqué que ça ne l'est »
« Ce n'est pas compliqué pourtant » Murmura le garçon. « Tu es tombée enceinte, il t'a abandonnée et pourtant si il se pointait là maintenant, c'est vers lui que tu irais » Répéta-t-il la conclusion à laquelle il était déjà arrivé la semaine dernière. Mais tellement de choses s'étaient passées qu'il avait préféré l'ignorer.
« Non » Les larmes coulèrent sur son visage. Sirius fit un pas vers elle, releva son menton de deux doigts et posa ses lèvres sur les siennes, voulant savourer cette sensation une dernière fois. C'était la fin de l'année. La fin de leur idylle. La fin de son amitié avec Lily. La fin de la confiance qu'avaient les garçons en lui. Combien d'autres choses allaient finir avec ce mois de juin 75 ?
Il rouvrit les yeux. Elle était si belle, il ne voulait jamais oublier son visage. Il savait qu'il n'avait plus aucune chance. Qu'il n'avait jamais eu de véritable chance en fait. Parce que Léa avait déjà rencontré l'amour, bien avant lui. Et que cet amour-là n'était pas de ceux qu'on oublie.
« Regarde-moi » Ordonna-t-il avec bien plus de contrôle qu'il ne se croyait capable « Et dis moi, en me regardant droit dans les yeux, qui si Mortimer était là, c'est vers moi que tu viendrais ? »
Il attendit longtemps. Elle détourna les yeux. C'était aussi simple que ça.
Tout était fini. Tout.
Mais dans quelques jours, quelques semaines, quelques mois, d'autres choses recommenceraient. Il tourna les talons et partit sans se retourner. Il n'aimait pas les aux revoirs.
Voilà un autre souvenir à ajouter à la liste maudite. Il finirait par mourir seul et à moitié fou, rongé par toutes ces années où sa famille, ses amis, puis son premier amour avaient tourné le dos. Et il l'aurait bien mérité. Depuis l'affaire Rogue, son estime de lui-même avait baissé en flèche.
C'est comme pour tout, se dit-il. On finira par oublier. On finira tous par tout oublier.
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Sur le quai de la gare, Sirius ne dit pas 'au revoir' à James parce qu'il avait trop honte, pas à Remus parce que celui-ci serait trop déçu, pas à Peter parce qu'il avait été un mauvais ami avec lui et pas à Lily non plus, parce que elle s'était enfuie dès le train arrêté.
C'est avec amertume qu'il rejoignit ses parents. Il ignora les félicitations de sa mère, qui jugeait qu'il avait enfin eu un comportement respectable en se débarrassant de cette manière de ses amis et de son ennemi.
Il n'était pas surpris. La seule chose que sa mère pouvait voir de positif en lui était ce qui lui faisait le plus honte.
Il espérait qu'un jour tout redevienne comme avant. Parce que, pour l'instant, ça sonnait comme la fin d'une ère.
I dream ahead to what I hope for
And I turn my back on loving you
How can this love be a good thing
When I know what I'm going through
This world falls on me
[Let me go, 3 Doors Down)
La musique est en homepage, comme d'habitude, même si ce n'est pas la meilleure version
