Coucou

Voici donc la fin toute fin de la fic. Pour une fois, je n'ai pas grand chose à dire d'autre que : Merci à tous pour vos reviews ! Je suis vraiment heureuse que vous ayez suivi cette histoire avec attention ! La suite s'appellera donc bien Wonderwall et je devrais commencer à poster d'ici deux-trois semaines ...

Note : je me suis réferrez à l'arbre généalogique des Black de l'encyclopédie Hp et excusez moi d'avance si je me suis plantée dans les liens familiaux mais c'est vraiment tordu comme truc

Bonne lecture et A Bientôt


Epilogue

Histoire de Black et autres contes

« NON, TU M'ENTENDS ? JE REFUSE ! »

L'homme qui criait avait une quarantaine d'années, ses cheveux noirs de jais, légèrement grisonnant aux tempes, encadraient un visage dur et sévère qui était à cet instant précis déformé de fureur.

« Tu es ridicule. Tu sais que c'est la meilleure chose à faire pour notre famille » La femme était un peu plus jeune. Elle portait une robe somptueuse, ornée de fils d'or, et un chignon serré dans le bas de son cou. « Il en va la préservation de notre rang, nous ferrons ce que nous avons à faire »

« TAIS-TOI ! QUI ES-TU POUR ME PARLER AINSI ? JE SUIS ORION BLACK. SEUL CHEF DE CETTE FAMILLE. ET JE REFUSE DE TE LAISSER ENTRAINER NOS FILS DANS UNE TELLE - »

« ARRETE DE CRIER ! » La voix aiguë de la femme fit sans doute sursauter la maison entière et prit son mari de court. Il ferma la bouche, atterré qu'elle ait osé élever la voix contre lui. « Les enfants vont nous entendre »

« Est-ce là un mal ? Ne sommes-nous pas en train de les condamner, ces mômes ? Nous devons-nous de montrer une telle cruauté face à notre propre chair ? Allons, réfléchis ! Même nos parents n'avaient pas fait preuve d'une telle inhumanité en t'imposant à moi »

Elle ne chercha même plus à le contrer sur le point que leur mariage avait été loin de faire partie d'un de ces consentements mutuels supportables. Elle ne chercha même pas à lui faire remarquer qu'il avait choisi seul sa femme et non pas avec une obligation, comme cela avait été le cas pour elle. « Ca n'a pas tué Bellatrix de l'avoir fait »

« Cette fille est folle, nous le savons tous deux, Walburga »

« Notre nièce, Orion ! Quel respect de la famille te reste-t-il ? Tu dénigres ton mariage, tu bafoues la mémoire de tes parents… tu ne voudrais pas faire un culte à Sirius aussi ? Nous sommes des Black ! Nous nous devons de - »

« Tu es pathétique. Tu te rends compte au moins ? » Un rictus déforma les traits de l'homme. « tu as tellement peur de retomber dans la misère où tu te noyais avant que je t'en sorte que tu es prête à tout pour la pureté d'une famille qui n'a jamais voulu d'une souillon comme toi »

« Tais-toi » Cette fois, il avait visé juste, une veine se mit à se tendre dans le cou de Walburga Black et son visage tantôt si sûr et serein exprimait le dégoût et … la peur. « N'ose plus jamais » Elle sortit sa baguette devant le nez de l'homme dont le sourire moqueur s'élargit « mettre en doute ma dévotion à notre famille »

« Ta dévotion à l'honneur, oui ! » Il s'avança d'un pas vers elle et avec plaisir, la vit reculer contre le mur. « Ta dévotion au pouvoir. A la puissance, Walburga. Pas à la famille. Ne jure pas sur ce que tu ne comprends pas »

« Je suis leur mère ! » se défendit-elle, déglutissant avec difficulté et pour une fois dans sa vie, l'inquiétude se lisant dans ses yeux, alors qu'il sortait lui aussi sa baguette. « Je les ai mis au monde… je, je »

« Les aime ? » Un rire ironique remplit à peine la pièce avant que la voix froide et cruelle du magistrat s'élève à nouveau. « Ne te moque pas de moi, ne te moque pas de moi comme tu te moques d'eux ! Tout ce qui importe, c'est la renommé qu'ils donneront à ce foutu nom de Black ! »

« Ne jure pas sur ton nom ! »

« N'essaye plus jamais » Il s'avança encore, le corps de son épouse collé contre le sien, tremblante de peur à présent, la baguette sous la gorge. « De prendre une décision contre mon gré »

Orion rangea son arme aussi prestement qu'il l'avait sortie et tourna le dos à sa femme qu'il sentait frémir de fureur et de honte d'avoir eu peur de lui. Mais, même une femme telle que Walburga, aussi aveuglée soit-elle par la mesquinerie, savait qu'il pouvait la blesser et le ferait s'il était poussé trop loin.

« Il fut un temps » Ajouta-t-elle alors qu'il passait le seuil de la cuisine où venait d'avoir lieu une de leurs disputes des plus virulentes. « Il fut un temps Orion, où nous partagions les mêmes convictions »

« Et il en fut un autre où ton âme n'était pas aussi sèche que ton corps » Répliqua-t-il en la quittant. Il entendit distinctement le verre frapper la porte derrière lui et les éclats passer à quelques centimètres de lui seulement.

Il n'avait jamais eu peur de sa femme, jamais peur d'une femme en fait, et depuis leur mariage, il n'avait jamais permis que les décisions soient prises à sa place. Mais il y avait aujourd'hui quelque chose de différent. Elle s'opposait à lui.

Il l'avait épousé alors qu'elle n'était rien et elle était prête à tout pour se plier à ses exigences. Tout ce qui importait à Walburga Black était de lui satisfaire pour qu'il consente à la prendre en mariage. Pour rejoindre le côté de sa propre famille qui avait su conserver prestige et grâce bien plus sûrement que sa branche de l'arbre. Peut-être même avait-elle été amoureuse de lui à une époque. Il y a longtemps. Mais plus le temps passait, et plus cette femme venue de rien prétendait jouer un rôle important dans la famille Black. (et il entendait par là la vraie famille des Black, son côté, pas celui d'où elle venait, tous plus ou moins déshérités). Avait-on jamais vu cette chère mégère arrêter de ruminer les salissures d'une famille aussi vieille que prestigieuse ?

Sans doute la vie de Walburga avait été difficile : difficile d'être une Black avec un oncle qui s'appelle Potter et un frère qui rêve de faire carrière dans la bourse moldue, n'est-ce pas ? Orion se souvenait encore du dégoût dans la voix de son père quand celui-ci évoquait son cousin Pollux, aujourd'hui son beau-père. Et le regain d'espoir que l'essoufflement de tout un côté de la famille n'était pas inévitable quand il avait annoncé ses fiançailles avec sa propre cousine.

Le grand-père d'Orion, Sirius Black, avait réussi tout ce qu'il avait entreprit. Il était le fils aîné, il avait l'héritage de ce cher Phineas Nigellus. Et l'héritage d'un ancien directeur de Poudlard, ce n'est pas rien ! Ensuite, ce cher Sirius avait tant et si bien détesté les Moldus qu'il avait créé un groupe de résistance contre l'entrée des sang-de-bourbe et autres dans le monde sorcier, groupe contre-révolutionnaire qui avait facilement provoqué quelques centaines de morts durant la grande guerre moldue en Europe. Ce devait être un peu avant les années 20 s'il se souvenait correctement.

Et Sirius Black avait élevé ses enfants dans le respect de l'honneur du rang et du sang. Acturus, son fils aîné, avait lui-même élevé ses enfants de cette manière. Et Orion en était le résultat.

Le frère de Sirius, Cygnus, avait eu moins de chance. La maladie l'avait touché et sa part de fortune fut dilapider rapidement dans les frais de médecins. Sans compter sur le petit côté joueur et insouciant de sa femme. La maladie l'ayant entamé très jeune, il avait peu d'autorité et les questions morales que la moldutisation du monde sorcier le regardait fort peu. Lui et Violetta avaient fait du mieux qu'ils avaient pu, mais à leur fils aîné, Pollux, ils ne donnèrent qu'une faible rente (et madame Crabbe, sa femme, arriva avec une faible dote). Pollux lui même vécu dans la demi-misère et y éleva Walburga, dans le souvenir de l'ancien prestige Black.

Un jour, Acturus Black (non plus son père mais son grand-oncle) organisa un rassemblement de tous les Black restant en Angleterre. Orion y rencontra sa cousine et la suite ne fut que pression de la famille pour que soit rééquilibré son côté de l'arbre, merveilleux et prestigieux, avec l'autre côté, les descendants de Cygnus. Voilà comment il en vint à se voir épouser Walburga, pour le meilleur et le pire.

Tandis que l'âge conférait puissance et vanité à la mère, il donnait maturité et recul au père. Orion avait toujours été réfléchi, manipulateur et soucieux de bien paraître. Et le temps ne pouvait rien contre cela. Il se savait intelligent et puissant. Les gens se pliaient à son autorité. Toujours.

Jusqu'à Sirius. Le garçon avait été turbulent durant l'enfance mais gérable. L'adolescence – mais plus encore la fatidique rentrée à Poudlard- avait changé les choses. Orion ne saurait peut-être jamais pourquoi son aîné avait tourné le dos à la tradition et à l'autorité mais il avait bravé les interdits. Jamais monsieur Black ne s'était senti trahi et sali de cette manière.

Mais comme toujours, il était resté posé et maître de lui-même. Au contraire de sa femme dont il ne comptait plus les beuglantes envoyées au château. Chacun selon son origine avait réagi en aristocrate ou en petite excitée ruminante…

Orion avait décidé de voir la manière dont l'enfant allait évoluer et se développer. Peut-être cette incursion chez l'ennemi allait-elle renforcer la conviction que les moldus étaient des pourritures sous-développées.

Les étés et les années passaient. Sirius devenait indépendant et, aussi fou que cela paraissait, il était heureux et épanoui de l'autre côté. Puis, un an auparavant, il avait haussé le ton, pour la première fois, sur son père. Il lui avait jeté, avec cette incroyable prestance du futur chef de clan qu'il aurait dû devenir 'Tu ne peux pas juger ce qu'ils sont. Tu t'es toujours contenté de suivre les dogmes familiaux sans chercher à savoir, à comprendre pourquoi. Il n'y aucune différence entre eux et nous'.

Ce fût la première fois qu'Orion remarqua que son fils aîné l'avait toujours tutoyé alors qu'il vouvoyait sa mère. Ce fut la première fois également qu'il remarqua que la lueur de fierté qu'il lisait dans les yeux de Regulus face à ses parents était du dégoût dans ceux de Sirius. Et pour la première fois, Orion accepta la critique. Il savait son fils promis à un grand avenir.

Une clairvoyance sans faille chez le jeune Black avait forcé son père à user de son esprit critique sur son éducation et celle qu'il avait donnée à ses enfants.

Ce jour-là, tout avait changé. Les disputes et les oppositions avec sa femme avaient commencé et Regulus ne lui apparut plus comme sa plus grande fierté.


Sirius attrapa sa plume et un nouveau parchemin avec un sourire amusé aux lèvres. Décidément, même en vacances dans sa famille, il y avait toujours moyen de s'amuser … Dire que son frère avait été malade – littéralement – en voyant la bannière de Gryffondor collée au-dessus de son lit ! Bénies soient les bonnes idées de James.

Sirius se souvenait de l'émotion qu'il avait ressentie en trouvant le tissu dans le paquet que son meilleur ami lui avait envoyé. C'était comme si par ce cadeau, James lui signifiait clairement que tout n'était pas fini entre eux. Que les maraudeurs n'étaient pas morts. Cela le soulageait grandement car cela avait été très douloureux d'écrire une lettre d'excuses à chacun des garçons. Sirius n'avait vraiment paspour habitude de s'excuser.

Mais, comme pour taire ses craintes, chacun d'entre eux avait répondu à sa façon. James lui avait envoyé un nouveau moyen de rébellion contre sa famille, Remus lui avait offert un livre (le parfait petit manuel du farceur anonyme) et Peter … Ah, Peter, ça avait été le meilleur ! Il lui avait envoyé un modèle réduit de la nouvelle 380 GT. Quel bonheur, franchement. Ses amis le connaissaient si bien.

Ce jour-là, Sirius s'était senti reconnaissant que son anniversaire tombe pendant les vacances. Il n'était pas vraiment sûr qu'il aurait été capable de leur faire face, déjà. Mais James l'avait ensuite invité chez lui et Sirius avait décidé qu'il était temps de mettre la cinquième, désastreuse année, derrière lui et de continuer à avancer.

Il avait essayé de décrocher les photos verglacées que Léa-Maria Silvermann lui avait donné des années plus tôt, avant même qu'il la connaisse, mais son sort de glue perpétuelle était bien trop puissant. Alors il était condamné à voir ces photos et sentir cette drôle de sensation dans son estomac à chaque fois qu'il regardait ses murs.

Mais, de jour en jour, il y pensait de moins en moins.

Comme prévu, j'essayerai de me libérer vers la mi-Juillet. Mère n'a toujours pas perdu son idée de me garder coincé à la maison mais mon père semble se ramollir un peu sur l'autorité qu'il a sur moi. Il doit penser que je suis sans espoir… il a sûrement raison !

Et si je n'arrive pas à sortir, je t'envoie un mot, comme d'hab'. Et je pense à quel genre de cadeau je peux offrir à ta mère pour-

« Sirius ? »

Le jeune homme sursauta et d'un geste rapide, sans céder à la panique, recouvrit le parchemin qu'il était en train d'écrire à James d'un livre de potions. Son père entra dans la chambre de son aîné et s'assit à côté de lui, devant le bureau, après avoir fait apparaître une chaise.

Sirius déglutit péniblement quand il aperçut le regard du paternel voguer dans la pièce, puis sur le bureau avant de se bloquer sur un tas de lettres. La plupart des maraudeurs mais aussi un certain nombre de filles. Inintéressantes, certes, mais sang-de-bourbe ou sang-mêlé pour la plupart.

« Cesse de te conduire comme si j'allais fouiller dans tes affaires personnelles voyons. Un Black se doit de savoir cacher son émoi. »

« Excuse-moi »

Orion soupira et s'appuya sur le dossier, se laissant aller quelques instants à l'abattement. Une semaine était passée depuis sa dispute avec Walburga. Elle ne lui adressait simplement plus la parole. Et elle avait invité son frère et sa belle-sœur le soir même.

« Ta mère a organisé un banquet familial pour ce soir, tiens toi correctement »

Sirius râla quelque chose entre ses dents, faisant soupirer son père qui trouva cette technique pour ne pas sourire. Lui aussi détestait les formalités à 16 ans, même si ce n'était pas pour les mêmes raisons.

« Je serai parfait » Le surprit-il « Si j'ai l'autorisation d'aller chez James après » Evidemment.

Sirius Black était comme son aïeul homonyme : tout lui réussirait dans la vie, Orion en était certain. Son fils était presque encore plus manipulateur que lui. Il était prêt à parier que s'il lui refusait cette sortie, la soirée serait un véritable enfer.

« Sirius » Le jeune homme lança un regard méfiant à son père mais également surpris. Car pour ce qu'il le connaissait, le chef du clan Black n'hésitait jamais. Il était toujours seul maître et un ou deux ans plus tôt, il aurait très certainement été corrigé pour avoir osé discuter. Son père se ramollissait. « les Potter ne rentrent que la semaine prochaine »

« Comment tu- » Le jeune Black se reprit, cachant l'étonnement que son père sache les dates de vacance des Potter et reprit d'un ton neutre « je n'ai pas dit que je voulais quitter la maison directement derrière Druella »

Un sourire flotta sur les lèvres de l'ancien. « Quatre optimum aux buses et tu as quartier libre »

Et ce qui devait arriver devant tant d'humanité chez un Black arriva : Sirius tomba de sa chaise.

« Pardon ? »

« Dans moins d'un an, tu seras majeur mon fils, je te fais confiance pour te prendre en charge » Cette fois-ci, Sirius ne chercha même plus à cacher son trouble. Son père avait l'air abattu et découragé, un peu comme si tout ce en quoi il avait toujours cru venait de s'effondrer. « N'oublie jamais Sirius que tu es avant tout un Black » Il se leva et posa la main sur la porte « Et que je serai toujours fier de toi mon fils, si tu restes fidèle à ce en quoi tu crois »

Il sortit dans le couloir. « Et ce, quelque en soit le prix »

Toujours sonné, Sirius se rassit et reprit sa plume.

Je ne pense pas qu'il y aura besoin de mot pour finir. Je crois que mon père vient de me donner l'autorisation de quitter la maison.

Et je crois qu'il a laissé sous-entendre qu'il était fier de moi…


« Vous auriez vu ma tête, Tante, à ce moment. J'ai crû que j'allais tomber malade. Tellement de romantisme et de sentimentalisme, c'en était écœurant »

« Les sentiments font partie de la vie, Bellatrix » Enseigna Orion.

« Heureusement pour lui, j'ai été conciliante. Nous avons tous nos défauts, n'est-ce pas ? » La jeune fille blonde laissa échapper un rire discret, amusée elle-même de sa propre gentillesse. « Mais Rudolphus est un bon parti. J'en discutais ce matin encore avec mère… Je suis reconnaissante de la chance que j'ai eue qu'il se soit épris de passion pour moi »

« Et qu'en pense la famille Lestrange ? »

« Heureusement que vous avez redoré le blason familialn mon oncle. Sans nul doute se seraient-ils opposés à cette union s'il n'y avait eu un descendant du grand Sirius Black dans une lignée proche de la mienne »

« Et bien, je suis heureux d'entendre que mon mariage avec Walburga aura au moins fait une heureuse » Plaisanta cyniquement Orion. Un silence pesant s'établit sur la table tandis que les convives se servaient en toute sorte de nourriture.

« Tu es malade, cousin ? » Narcissa finit par briser le silence, en jetant un coup d'œil intrigué au garçon assis face à elle. « Je ne t'ai pas entendu plaisanter odieusement sur la ressemblance entre toi et notre merveilleux arrière grand oncle »

« Que veux-tu ma chère Narcisse, tous les Sirius Black de notre noble famille sont promis à de grandes choses, je n'ai pas besoin du passé pour savoir cela »

« On n'a pas eu un arrière- arrière- grand- oncle s'appelant Sirius Black aussi ? » Interrompit Regulus avec des yeux ravis de trouver quelque chose d'intéressant à dire. « Mort à 8 ans ? »

Sirius sourit. « Merci Reg', j'allais justement y venir. Le martyr de la famille. Je suppose que tu ignorais qu'il était mort pour protéger Phineas de son corps. Sans son sacrifice, nous n'aurions pas eu de directeur de Poudlard dans la famille. » Puis, il ajouta à voix basse de telle manière que les adultes ne l'entendent pas « Et peut-être les Black auraient-ils su fermer le col de leurs chemises alors »

Andromeda, qui était à sa droite, retint un rire discret qu'elle couvrit de sa main. Sirius échangea un regard avec elle et c'est avec consternation qu'il la vit lui sourire. Sa famille était malade aujourd'hui. D'abord son père, ensuite elle. Peut-être devrait-il tenter de demander à sa mère d'inviter Alphard la prochaine fois ?

« Si Sirius Black ne s'était pas sacrifié pour sauver Phineas Nigellus, aucun de nous ne serait là. Dois-je vous rappeler qu'il a été le seul de sa génération à avoir des enfants ? »

« Faux » La mère de Sirius devint blanche au moment même où il lui coupa la parole. Elle jeta un regard furieux en sa direction et son père semblait essayer de l'avertir de ne pas dépasser les bornes.

« Sirius le vilain petit canard de retour… ça me manquait, enfin un peu d'action » S'exclama Druella d'un air ravi. Les disputes familiales l'avaient toujours fortement amusée. Le meilleur morceau était quand le garçon était renvoyé dans sa chambre avec l'assurance d'être puni une fois les invités partis.

« Exprime-toi Sirius, nous sommes tout ouï » Renchérit son mari, Cygnus Black, dernier du nom.

« Isla Black, leur sœur, elle a eu des enfants aussi » Murmura-t-il.

« Isla ? » Narcissa fronça un de ses parfaits sourcils dans une courbure parfaite. « Nous n'avons jamais eu d'aïeul avec ce nom. Tu veux que nous allions vérifier sur la tapisserie en haut ? »

« Mais Mère a pris grand soin de l'en retirer Narcisse. Mère déteste les traîtres. Et il y a fort à parier que je subirai le même sort, n'est-ce pas, mère ? »

« Vas-tu te taire, petit -»

« Voyons Walby, laisse le parler le gamin… il est amusant » la reprit son frère. « Qui était Isla, Sirius ? Je crains manquer de mémoire en ce moment »

De mauvaise grâce, il s'exécuta, détestant être employé par son oncle et sa tante pour provoquer une dispute. Ces gens étaient tellement étranges. « Elle a épousé Marcus Hitchens mais comme il avait des arrière- grand- parents moldus, elle s'est faite bannir du clan. »

« Oh par Merlin, c'est une blague ? » Narcissa lui lança un regard effrayé (et parfait aussi) « Tu veux dire que nous avons des liens du sang avec cette bande de… de sauvages de Hitchens ? » Elle se retourna vers les adultes qui les écoutaient avec attention. « Il y avait un Bernarus Herber Hitchens dans ma classe à Poudlard. Je crois qu'il avait un problème d'arriération mentale »

« Il faut être arriéré mentalement pour aimer les Moldus non ? C'est ce que tu penses Narcisse ? » Demanda Sirius avec un visage grave, démenti par un sourire provocateur.

« Arrête de m'appeler ainsi ! C'est Narcissa, A tu entends ? »

« Narcissa ! Assieds-toi et ne nous fait pas honte je te prie ! » La reprit sa mère d'une voix glaciale.

Le visage pâle, la jeune fille se rassit, serrant les poings en fixant Sirius d'un regard mauvais.

Lui se contenta de lui sourire encore plus, puis tourna la tête vers Andromeda. Celle-ci était devenue plus pâle qu'un fantôme encore et fixait son assiette, les yeux dans le vide, les mains se cramponnant à la nappe. Sirius lui toucha l'épaule en lui demandant si elle allait bien. Elle releva la tête vivement, lui laissant apercevoir les larmes contenues dans ses yeux et quitta précipitamment la table en articulant difficilement 'pardon'.

« Qu'est-ce que tu as encore fait ? » Voulu s'énerver sa mère mais sans lui laisser le temps, Sirius se leva à son tour et partit à la recherche de sa cousine.

Quelque chose n'allait pas avec Andy ce soir. D'abord elle avait l'air… douce. Fragile et compréhensive, tout le contraire de sa froideur habituel. Ses boucles brunes, d'habitude d'un brun glacé, étaient aujourd'hui plus sauvages, lui donnant presque l'air aimable. Puis, ses yeux batifolaient comme si elle cherchait à tout graver dans sa mémoire, à s'approprier le Square Grimaurd une dernière fois.

Son attitude était étrange. Puis elle avait ri à une de ses remarques et elle était presque en pleurs à l'évocation des

Moldus…

« Tu crois que c'est douloureux ? »

Et il avait fini par la retrouver dans la bibliothèque, face à la grande vitre qui montrait un beau et grand jardin vert et entretenu par les elfes. « Tu crois que c'est douloureux de se faire rayer de l'arbre généalogique ? »

« Qu'est-ce que tu racontes ? » Sirius se positionna derrière elle, regardant dans la même direction à travers la baie vitrée. « Le seul qui risque ça ici, c'est moi »

« Tu ne sais pas, n'est-ce pas ? » Elle se retourna vers lui, les yeux rougis et l'air perdu. « Tu ne sais rien de la vraie vie Sirius. Tu es à l'abri à Poudlard. A part quelques Serpentards, tu n'as pas la moindre d'idée à quel point le monde est hostile et cruel envers ceux qui se révoltent. Les ennemis des révolutionnaires sont nombreux. »

« Andy… De quoi tu parles ? »

« De quoi ? De quoi ? … » Les larmes se mirent à dégringoler sur ses joues « Je parle du ministère, des Moldus, la moldutisation de la société… du Seigneur des Ténèbres et de mes sœurs ! »

« Andro -»

« Je ne peux pas, je ne peux pas Sirius … » Elle s'effondra contre lui, ne retenant plus le torrent de larmes de s'échapper de ses yeux. Pour la première fois, Sirius prit conscience que ses cousines, bien qu'elles soient toutes les trois des bâtons de glace, étaient aussi des êtres humains doués de sentiments. « Comment il a pu… comment il a pu me faire ça… comment- »

Doucement, il la tira vers un fauteuil où ils s'assirent alors qu'elle se calmait un peu. « Je l'aime, tu comprends, je l'aime ! » Il acquiesça, ne sachant trop que faire face à la crise quasi-hystérique « Je ne suis pas toi ! »

« Je n'ai jamais dit le contraire »

« Je ne peux pas tout plaquer comme ça ! Je ne peux pas quitter ma famille, je n'en ai pas la force Sirius… comment je suis censée faire ça ? Tout abandonné pour lui… toute ma vie »

« Heu… tu veux en parler ? » Demanda-t-il idiotement, ne comprenant rien à son charabia. Qu'est-ce qui lui prenait ? Andromeda avait toujours été une Black exemplaire : froide à souhait, Serpentard, bonne élève, détestant les Moldus… et il se souvenait encore avec horreur du jour où elle avait coupé elle-même la tête de son elfe. Qu'est-ce qui avait pu arriver à la fille si forte qu'il avait côtoyé pendant seize ans ?

« Il m'a demandé en mariage ! » Hurla-t-elle en se remettant debout. Il lui tendit un mouchoir. « Il m'a demandé en mariage et ses parents sont Moldus »

Définitivement, cette journée était étrange.


« papa, il m'a promis de m'emmener au zoo pour mon annif de neuf ans ! »

« Tim, comment ça se fait qu'à ton âge, tu parles toujours comme un bébé ? »

« Parce que tu trouves ça mignon, grande sœur ! » Il releva la tête vers Lily qui lui tira la langue. Ils rirent. « Et après, Lily, on y ira ? » La main tenant fermement celle de l'enfant, Lily traversa la route les emmenant vers la maison. « On ira voir les petits chevals ? »

« Oui, Tim, on ira » Soupira-t-elle pour la quatrième fois de la journée. « Attends, les quoi ? »

« Les chevals » Répéta-t-il avec innocence et un sourire. Elle fronça les sourcils.

« Les quoi ? »

« Ah oui, les poneys ! » S'écria-t-il en partant en courant vers la maison. Derrière elle, elle entendit un rire. Elle se retourna et se retrouva avec surprise face à un jeune homme qui devait avoir l'âge de Pétunia, à la carrure et au nez impressionnants.

« Il a de la ressource le gamin »

Lily acquiesça avec un sourire fatigué. Elle détestait le baby-sitting forcé pendant deux jours de suite. Elle avait besoin de dormir ! Même en vacances. « Un peu trop parfois »

« Vernon Dursley » Se présenta-t-il en tendant la main « je suis le meilleur ami d'Aubrey. »

« Bonjour » articula Lily surprise. « Lily Evans, la sœur de Pétunia »

« Je sais oui, vous êtes dans un internat n'est-ce pas ? j'ai aussi fait mes études dans un internat, un collège hautement réputé pour son éducation ferme et quand je vois les mômes avec lesquels je travaille, franchement, je ne me plains plus d'avoir été parfois corrigé. Au fait, je travaille à l'usine de perceuse là-bas en bas mais je suis un cours de management le soir, j'ai bon espoir d'être promotionné… et toi, c'est comment ton école ? »

Lily resta sans voix un moment, scotchée par tant d'informations en si peu de temps. Comment un être quasiment aussi large que haut pouvait-il parler si vite et s'agiter autant ?

« Heu… sainte Madeleine » répondit-elle au hasard. « Tu veux entrer ? »

« Oui, Pétunia doit m'attendre, on va rejoindre Aubrey pour sortir ce soir, un sacré brin de fille de ta sœur, n'est-ce pas ? » Mais avant que Lily n'ait pu répondre, la dite sœur descendait de l'escalier, habillée d'une robe d'été lui allant parfaitement bien. « Un sacré brin » Répéta Dursley, le regard braqué sur la jeune fille qui descendait.

Lily grimaça. Elle refusait de voir ce type baver pour sa frangine. Et elle espérait ne pas voir ce Vernon trop souvent pendant les vacances.

« Tiens, Lily, tu es revenue. Il y a un hinou - oh Vernon ! » S'exclama-t-elle en voyant le garçon (mais comment ne l'avait-elle pas vu avant ? se demanda la rousse) « Il y a du courrier qui t'attends en haut. Je crois que ça vient de James »

« Je sais » Marmonna-t-elle d'un air maussade « J'attends juste qu'il parte »

« Quoi, mais… » Essaya Pétunia

« Ce serait pas plus pratique de le jeter au feu que d'attendre que le courrier parte tout seul ? » Damanda bêtement Dursley

Les deux Evans échangèrent un regard et soupirèrent. Apparemment, Lily n'était pas la seule à trouver Vernon à la limite du supportable …


« Il s'appelle Ted Tonks, il était à Serdaigle à Poudlard »

« Attends, ça dure depuis Poudlard ? »

Dire que Sirius était choqué était peu. La vie de ses cousines était sensée être parfaite : elles étaient des Black, en accord avec la famille, riches et belles. Et maintenant, il découvrait avec horreur que quelqu'un était amoureux de Bellatrix et que Andromeda avait un cœur !

« Ca a commencé en sixième, il était un an plus jeune que moi. Bella était au courant mais- »

« Bellatrix t'a laissé sortir avec un… un sang-de-bourbe ? »

« N'utilise pas ce mot Sirius, pas toi » Elle lui lança un regard sévère à travers ses larmes. « Même si tu ne le penses pas, ne l'utilise pas. » Il acquiesça, surpris. « Je lui avais promis que c'était juste comme ça, pour l'expérience. Pour comparer avec un sang pur… Mais ça a duré, encore et encore. À la fin de presque deux ans il m'a demandé… de l'attendre, le temps qu'il fasse sa septième. Il voulait qu'on… qu'on reste ensemble et je crois… »

« Que tu voulais dire oui ? » L'aida-t-il

« J'étais sur le point de le faire quand Bella et Cissa l'ont appris. Elles m'ont remis sur le droit chemin avec les remontrances d'usage. » Un rire étranglé traversa la jeune fille qui essuya ses yeux, à nouveau. « Puis j'ai travaillé au ministère et j'ai… j'ai oublié – je croyais l'avoir fait et … - je ne suis jamais ressortie avec quelqu'un d'autre. »

« Tu étais amoureuse de lui »

« Oui » Androméda leva les yeux sur Sirius et tenta de sourire, de se montrer forte. Mais il voyait parfaitement qu'elle n'était pas prête – pas prête à tourner le dos à toute sa vie pour ce Ted. « Il y a un peu plus d'un an, il a été muté dans mon service et on a dû travailler ensemble. Je… je lui avais dit des choses tellement horribles en le quittant, toutes ces insultes, j'avais tellement honte. Je... je me suis rendue compte que je ne pouvais pas, pas être sans lui et- »

« Vous vous êtes remis ensemble » Comprit-il

« On ne l'a dit à personne, pour ne pas que mes sœurs ou pire, mes parents, le sachent. Pour notre anniversaire d'un an, il m'a… demandé de l'épouser. Et j'ai dit oui. Oui Sirius! Je ne saurais pas me passer de lui. Mais… mais il faut que »

« Dis-le-lui Andy » Il la coupa, avant qu'elle ne refonde en larmes. « Dis-lui que tu as besoin de quelques semaines, voir quelques mois pour abandonner toute ton existence pour lui. S'il t'aime vraiment, il comprendra que tu ne peux pas pour le moment »

« Il a déjà été tellement patient »

« Ca va changer ta vie. Tu n'auras plus rien – plus d'argent, plus de travail, plus de famille, plus tes sœurs de qui tu es si proche. Il peut comprendre ça, non ? »

Andromeda acquiesça, résolue. Elle inspira, se lança un sort pour nettoyer son visage des traces de larmes et lui sourit. « Merci Sirius »

« Je sais que… qu'on n'est pas très proche mais si – enfin, quand tu quitteras tout le monde, je serai là, si tu as besoin de revoir quelqu'un -–je veux dire, besoin de savoir que ta famille n'est pas toute pourrie »

Ils se levèrent et retournèrent dans la salle à manger. Personne ne leva les yeux sur eux.

« J'ai quelque chose à vous annoncer » Déclara Andromeda en attirant toute l'attention de la famille sur elle.

Là, Sirius fut très surpris. C'était rapide.

« Je pars un an aux États- Unis, travailler dans un centre spécialisé dans la VAS » Expliqua-t-elle « On m'a proposé le poste il y a quelques semaines et je pense qu'il est opportun pour moi d'accepter »

Ses parents ne parurent pas plus surpris que ça, presque comme s'ils étaient déjà au courant de l'offre, mais ses deux sœurs eut l'air d'avoir avalé de la nourriture moldue…

« La quoi ? » Répéta Narcissa, une grimace apparaissant dans ses traits.

« La variole secrète antique » Elle soupira. « C'est une promotion, je pars avec un collègue et -»

« Qui ? » Interrompit Bellatrix en fixant Sirius d'un air mauvais, comme s'il était responsable de la décision de sa sœur.

Androméda respira à fond, échangea un regard avec Sirius puis affirma, avec conviction : « Ted Tonks. Nous partons un an et quand je reviendrai, nous aurons à parler. »


Lily,

Encore une fois je m'excuse. J'ignore ce que j'ai fait de mal pour que tu me détestes ainsi et je te promets que ceci est la dernière lettre que je t'écris. Pardonne-moi, d'accord, pardonne-moi ce que tu veux, je regrette tout ce que j'ai fait, sauf être sorti avec toi, ça c'était la plus belle des choses à faire.

Je veux que tu reviennes vers moi. Tu me manques. Et si tu ne veux pas me pardonner alors dis-moi au moins ce que j'ai fait. Que je sache de quoi je dois me racheter. S'il te plaît Lily. Je tiens à toi. Je refuse de te perdre.

Et si c'est impossible pour toi d'être avec moi, alors reviens vers nous, les maraudeurs. On peut redevenir amis si c'est ça le problème. Toute cette histoire, à la fin de l'année, a semé le trouble dans nos cœurs. Mais Peter, Remus et moi avons décidé de pardonner à Sirius tu sais. On fait des efforts pour que tout redevienne comme avant. Mais sans toi, ce ne sera jamais la même chose.

S'il te plaît Lily, exprime-toi, envoie moi quelque chose, n'importe quoi, j'ai besoin de savoir où on en est tous les deux.

Avec tout mon amour, James Potter


Pas dans la bibliothèque. Pas dans le bureau, pas – stop, un tiroir fermé à clés.

Sirius respira fermement, jetant un coup d'œil dans le couloir. Personne. Il attrapa la baguette de son père qu'il lui avait discrètement emprunté un peu plus tôt et murmura un sort d'ouverture. Il tomba sur la carte des maraudeurs, chose pour laquelle il fouillait le bureau de son père après se l'être faite confisquer.

En dessous du parchemin qu'il fourra dans sa poche, il y avait un tas de photos. Son père, avec une femme. Une femme sui n'était pas sa mère. Une femme qui portait des habits moldus. La respiration du jeune Black se bloqua. Il tomba assis sur le fauteuil, ne cherchant plus à ne pas se faire prendre. Il y en avait des dizaines. Des photos. Des photos de son père avec cette femme. Une quarantaine d'année à peu près, le visage asiatique.

Le pire n'était pas cela. Le pire, croyait-il, était que ces photos étaient figées. Des photos moldues ! Il continua à avancer dans le paquet. Cette femme et Orion dans une auberge polonaise, cette femme et son père à un dîner en tête à tête, cette femme et le chef des Black se tenant par le bras.

Le visage de son père n'était pas comme d'habitude. On y lisait de la réticence dans les premiers clichés, qui peu se transformait en un visage calme, impassible, pour finir par être souriant. Jamais Sirius n'avait un sourire tendre comme celui-là sur les lèvres de son père avant aujourd'hui.

Toute la série de photos semblait avait été prise au cours du même voyage, sûrement une escale diplomatique en Pologne. Sirius avait du mal à se remettre du choc. Son père avait eu une aventure, rien de réellement choquant jusque là, mais avec une Moldue ! Ou au moins, une sorcière d'ascendance moldue…

Le dernier cliché était différent. Ce n'était pas une photo à proprement parler, c'était noir et rempli d'ombres blanchâtres, dans une sorte de demi-cercle étrange. Le papier était un peu comme celui que les sorciers utilisaient pour les résultats d'analyse médicaux. Un petit mot en polonais accompagnait cette étrange image noire et blanche. Il n'avait pas moindre idée de ce que cela pouvait être, juste qu'il y avait le nom d'un hôpital au dos.

Son père avait rendu cette femme malade ou-

« Qu'est-ce que tu fais là ? » La voix tonitruante le fit sursauter. Sirius se releva le plus vite possible, en rage lui aussi. Et certainement pas désolé que son père l'ait surpris.

« Je découvrais ta double vie ! » Il lui balança au nez le tas de photo et sa baguette, prêt à se tirer. Le plus vite. Le plus loin possible. Il devait partir. Respirer de l'air. Son père l'attrapa par le bras

« Sirius ! Attends, laisse-moi t'expliquer »

« M'expliquer quoi ? Que toutes ces punitions, tous ces préceptes sur le sang impur, tu t'en fous ? Que tu voulais juste tester une technique d'endoctrinement sur nous ? Que ça ne te dérange pas plus que ça de te taper une Moldu ! » Cracha-t-il d'un ton dégoûté.

« Une sang mêlé » Corrigea machinalement Orion avec une grimace à la simple idée de toucher une Moldue. « Laisse-moi t'expliquer Sirius »

« Va donc la rejoindre, cette femme ! Tu as l'air tellement à plus heureux avec elle qu'ici ! Et ce truc, c'est quoi ? » Termina-t-il en tenant à bout de bras la forme noire et blanche indistincte.

« Ta demi-sœur » Déclara son père d'une voix sombre, coupable, mais quelque part émerveillée. Sirius aurait juré que c'était la première fois qu'il évoquait oralement l'existence de l'enfant.

L'impression de se trouver en dessous des chutes du Niagara acheva Sirius. Il ne savait pas comment il tenait encore debout. Son père … une sœur… un étau lui enserrait la poitrine.

« Je n'ai jamais eu l'intention… Son amour des Moldus m'a toujours rebuté. Jusqu'au jour… » Orion soupira et lui lâcha le bras « Je suis désolé fiston. Je n'ai pas pensé que… mais tout est si facile de son côté. Elle semble si insensible à mon nom, tout le contraire de cette maison. Je m'en veux énormément, Sirius, écoute-moi. Je n'ai jamais voulu ceci, jamais voulu jeter la disgrâce sur notre famille, tu dois me croire »

Sirius ne dit rien. Les poings serrés. Les larmes au bord des yeux. Qu'y avait-il à rajouter ? C'est lui qui avait dit à son père que les Moldus étaient des gens normaux, lui qui avait dit que s'il était si sûr de ses convictions, il ne devrait pas craindre d'approcher le sorciers aimant les Moldus. Lui qui l'avait poussé vers cette femme.

« Comment elles s'appellent ? »

« Tsuki. Et... Isla » Dit-il en montrant l'étrange nuage noir et blanc qu'il tenait toujours. Sirius déglutit. Orion sourit, c'était presque indécent dans cette maison. « Fils, je n'ai pas l'intention d'abandonner mon rôle au sein de notre clan, je t'assure. Tu devrais oublier ceci »

« Mais il t'es bien égal de ne pas l'assumer auprès d'elle » Remarqua-t-il perfidement.

Et il vit le regard d'Orion Black changer. Et il sut ce que cela signifiait.

« Mais tu ne les as pas abandonnées » Comprit-il. Son père eu la décence de paraître gêné. « Alors quoi, tu vas vivre une double vie, c'est ça ? » L'agressa-t-il « M'envoyer des sorts au visage pour que j'arrête d'être amis avec James et les gars puis aller rejoindre tes catins de sang mêlé sans une explication ?! »

« Maîtrise ton langage ! »

Cet été, Sirius prenait enfin conscience que même dans sa famille, il y avait des secrets honteux. Mais jamais il n'aurait imaginé que son propre père les trahirait. Il aurait dû se réjouir. Orion rejoignait son camp. Orion le soutenait dans sa démarche antiblack.

Mais si son père, l'effigie même de la famille aristocratique sorcière, trahissait les valeurs ancestrales, alors contre qui se battait Sirius ?

« Ta mère… ta mère va » Orion Black semblait presque aussi perdu que le jour où Sirius s'était retrouvé dans le dortoir des Gryffondors. « Il ne faut jamais qu'elle sache. Elle pourrait… »

« Te tuer » Déclara la voix derrière les deux hommes.


Ne m'ecris plus. Je ne lis pas tes courriers. Fous-moi la paix ou je tue ton satane oiseau, et je suis suffisamment en colere pour le faire. Je ne crois pas en tes promesses stupides et en tes excuses bidons.

Je ne sais meme pas ce qu'il y a dans tes lettres, rien ne peut excuser ce que tu as fait. Ce que tu m'as fait. Je te deteste Potter. Jamais plus, n'ose jamais plus, me faire croire que tu as ressenti la moindre chose pour moi.

Toi et moi c'est fini. Et s'il faut que je ne voie plus aucun de mes trois autres amis pour te le faire comprendre, je le ferai.

Si tu as un jour ressenti la moindre chose, la moindre amitie ou le moindre respect pour moi, alors s'il te plait, laisse-moi tranquille. J'ai besoin que tu m'oublies.

Adieu James Potter. J'aimerais ne plus jamais te revoir mais surement que mon répit s'arretera en septembre, en attendant, je savoure ma liberte. Jamais plus tu ne me blesseras.

Sans aucun amour. Lily Evans


La voix les fit sursauter tous les deux. Ils se retournèrent simultanément. Walburga était plus rouge que sa robe. Et pourtant, elle s'exprima calmement.

« Tu vas prendre tes affaires et disparaître de cette maison, Orion. Je ne dirai rien aux garçons. Tu resteras sur l'arbre généalogique. Personne ne saura, jamais. Tu disparais tout de suite et je ne toucherai pas un cheveu de ces excréments de Sang mêlé »

Le père de Sirius acquiesça. Il acquiesça. Ça allait se passer ainsi alors. Son père allait l'abandonner, lui préférer l'autre famille. Et être heureux avec eux. L'abandonner à sa folle furieuse de mère. « Papa ! » Le mot échappa de la bouche de Sirius avant qu'il ait pu faire quelque chose.

Orion s'approcha de lui et glissa discrètement quelque chose dans sa poche. « Pardonne-moi mon fils. Et n'oublie jamais : n'abandonne sous aucun prétexte ce en quoi tu crois »

« Suffit ! » Gronda Walburga. Orion embrassa le crâne de son fils aîné et partit. Sirius ne le reverrait jamais. « Bien » reprit sa mère « Maintenant c'est moi qui dirige ici. Et tu vas te plier aux ordres. »

« Jamais ! »

« Ton père a peut-être toujours voulu suivre la loi Sirius, mais ne crois pas que je ferai de même » Elle s'avança d'un pas « oppose-toi encore une fois à moi, et tu le paieras »

« Je ne plierai jamais devant toi ! Plutôt mourir »

Les yeux de Walburga se rétrécirent et, d'un coup de baguette, elle envoya sa progéniture s'écraser contre un mur. Elle mit le feu aux photos, dernière preuve de l'infidélité, et se retournant vers Sirius murmura : « Oubliettes »


London Times, le 17 Août 1976

L'EFFONDREMENT D'UN PONT CREE SCANDALE !
LE TEMPS D'INTERVENTION DES POMPIERS SUR PLACE EST MIS EN CAUSE

La chute du pont de Silver Creek crée l'émeute à proximité de la petite ville de Capel. Alors qu'il avait été interdit à la circulation suite à des tremblements d'origine inconnue, les tourments de la circulation provoquent un carambolage en série causant la mort de cinq adultes et d'un enfant fêtant son neuvième anniversaire aujourd'hui même.

La répartition inadaptée du budget est mis en cause dans cette catastrophe humaine alors que les autorités tente de dissimuler le nombre de vies qui auraient pu être épargnées si les secours n'avaient pas tant traîné.

Suite page 3


« Je ne comprends pas. Tu la laisses te frapper… Tu saignes Sirius, ça ne peut pas continuer comme ça ! » Regulus posa un mouchoir imbibé d'eau sur le front de son frère. « Accepte »

« Jamais. Je ne servirai jamais cette pourriture »

« Elle te tuera »

« Peut-être que père reviendra alors »

Les deux garçons se turent. Le départ de leur père, dont ils ignoraient tout, était un sujet douloureux pour eux. « Il y a un papier dans ta robe »

« Donne » Grommela Sirius en s'essuyant le visage.

Il détestait son père de l'avoir abandonné pour il ne savait quelle obscure raison. Il savait parfaitement que ça se passerait comme ça, que sa mère deviendrait folle. Peut-être avait-elle même tué Orion, il s'opposait lui aussi à son enrôlement dans Mangemorts, après tout … Il baissa les yeux sur le papier.

Le jour où tu ne la supporteras plus, Alphard m'a promis qu'il t'aiderait – financièrement au moins – à t'en sortir. N'oublie jamais que ce qui fait la fierté d'un Black est de se battre envers et contre tous pour ses idéaux. Veille sur ton frère. OPB.

Sometimes when I'm alone
I wonder is there a spell that I'm under
Keeping me from seeing the real things
Love hurts ...
But sometimes it's a good hurt and it feels like I'm alive
I only want the truth

Love hurts, Incubus