N/A : merci à Dexterine, qui m'a signalée une erreur. En effet, le diminutif de William choisit par les scénaristes est Bill et non Will. Faute corrigée.
Ensuite, je mets du temps entre les chapitres pour plusieurs raisons : 1°, je suis incapable de les écrire dans l'ordre ; 2°, je mets la fic en ligne avant de l'avoir finie pour justement me pousser à la finir ; et 3°, je suis très mauvaise en orthographe (et c'est un euphémisme), donc il me faut relire un certain nombre de fois avant d'oser poster.
"Entre 1956 et 1960, quatre enfants ont disparu prés du réservoir. Deux faisaient du vélo sans être accompagnés. Pour les deux autres, l'un a juste quitté la voiture familiale pour se volatiser, et le dernier était dans un camps YMCA. C'est deux là étaient donc entourés d'adultes" expliqua rapidement John, en désignant du doigt les avis de recherches sur lesquels on pouvait voir quatre visages enfantins, souriants et insouciants.
"Et la police ? Qu'a-t-elle pensé à l'époque ?" Bill connaissait un peu l'histoire, il en avait entendu parler au Roadhouse.
"Pour les deux premiers gamins, ils ont pensé à une fugue, puis à une chute dans une des crevasses qui mine le terrain, mais rien. Pour les deux autres, pareilles, aucun résultat alors qu'ils n'ont pas lésiné sur les moyens et on réagit très rapidement" continua John. Et cette fois, il montra les coupures de journaux qui relataient les recherches.
"En gros, ils n'ont rien !" conclut Bill en soupirant. Il avait perdu une fois Jo dans un supermarché, l'espace de dix minutes et il avait eu l'impression que le monde allait s'écrouler. Il n'imaginait pas ce que les parents des petites victimes pouvaient ressentir après autant d'années.
"Si" rectifia John, provoquant un regard surpris de l'autre chasseur. "Au début des années 70, un homme a été arrêté pour le meurtre de six enfants, dont deux des disparus du réservoir. Il n'a pas dit où il avait caché les corps. La police l'a soupçonné des deux autres disparitions, l'homme clamait qu'il avait tué plus de 18 enfants. Il s'est pendu dans sa cellule avant qu'il ne soit exécuté (1)" finit enfin John.
"Tu penses qu'il est vraiment responsable des quatre disparitions du réservoir ?" s'enquit Bill, tout en réprimant un frisson à l'idée qu'un homme puisse tuer des enfants.
"La police à retrouvé toutes les autres victimes, sauf ces quatre là, les disparus de la Porte du Diable" remarque simplement John, en se levant pour préparer du café.
"Mouais... tu penses au fantôme de l'une des victimes ? Où l'assassin... cela correspondrait plus au modus" réfléchit Bill en lisant les notes de John.
"Ce n'est pas l'oeuvre d'un esprit vengeur" confia John sans préciser la raison de son affirmation.
Bill avait appris à connaître John au cours de plusieurs chasses qu'ils avaient faites ensemble. Dés le début, il s'était avéré que John avait un bon instinct, un côté tacticien et meneur d'hommes développé et qu'il était bon tireur. Ces atouts venant sûrement de ses années passées à l'armée. Très vite, plusieurs vieux chasseurs l'avaient pris sous leurs ailes. Et le fait qu'il traînait partout ses deux jeunes enfants, rajoutait une petite touche émotion, car malgré l'armure derrière laquelle ils se cachaient, battait aussi un coeur, comme aimait à le répéter Ellen. Bien sûr, quelques voix c'étaient élevées en protestant que des enfants n'avaient rien à faire dans ce monde, mais John avait clairement fait comprendre que ses enfants n'iraient nulle part sans lui et que le sujet était clos ! Depuis, Dean et Sam restaient en retrait de la petite communauté.
John apprit rapidement les ficelles du métier, formé par les meilleurs chasseurs du pays. Et il c'était très vite forgé une bonne réputation.
"Je dois deviner à quoi nous avons affaire ?" demanda Bill, excédé de voir le patriarche Winchester ne rien lui dire de plus.
John ne brisa pas pour autant le silence tant que le café n'avait pas fini de couler, laissant Bill Harvelle se poser des questions et tenter d'en trouver les réponses. Puis, enfin, John reprit sa place après avoir servi une tasse remplie du liquide noir, chaud et odorant à son invité.
"Un Hellspawn" dit-il.
"Hein !" s'exclama Bill, en se levant brusquement et renversant un peu de café sur lui. Mais il n'y fit guère attention. "Un Hellspawn ? C'est impossible, John !"
"Pourquoi ?"
"Je t'en prie ! Un Hellspawn ?! Tuer des enfants ?! Non, je suis désolé, je n'y crois pas !" protesta Bill avec véhémence.
"Une femme m'a certifié avoir vu un monstre en armure sortir de parc de Oak Grove, là où se trouve justement la Porte du Diable et cela quelques jours avant la disparition de Patrick" riposta John.
"Non, John... Non ! Je veux bien croire qu'il y ait quelque chose de surnaturel derrière la disparition des enfants, mais un Hellspawn ? Je refuse." Et Bill commençait à se poser de sérieuses questions sur John. Il savait que son ami était obsédé par le démon qui avait tué sa femme. Et à chaque fois qu'il entendait parler d'un démon ou de toute autre créature venant tout droit des Enfers, il se jetait dans la bataille, espérant trouver un indice. Bill avait même entendu dire, que c'était la raison de la mésentente entre John et Elkins. Le tueur de vampires avait reproché à John d'être complètement obsédé par sa vengeance, au point d'en oublier la prudence, ce qui était assez paradoxale. Mais là, c'était carrément du délire !
"Je sais très bien ce que j'avance, Bill" gronda John. "Il y a du souffre partout !"
"Je te le répète, un élément surnaturel, je veux bien. Mais un Hellspawn ? Sais-tu au moins de quoi tu parles ?"
"Oui !"
Bill soupira. John ne semblait pas vouloir abandonner son idée, s'y accrocher. Et quelque part, Bill se demanda ce qu'ils feraient, s'ils avaient réellement affaire à un Hellspawn. De tout ce qu'il avait pu affronter au cours de sa carrière de chasseur de démons, il n'avait jamais rencontré ce genre de chose, mais il en connaissait la réputation.
"Ok, je veux des preuves, autres que du souffre et les dires d'une vieille folle ! Si non, ne compte pas sur moi" conclut Bill, en se levant et faisant mine de sortir.
"Ça me va !" répondit John, en se remettant au travail.
Ce ne fut qu'une fois dans sa propre chambre, que Bill s'aperçut de la tension qu'il y avait dans la pièce d'à côté. Quelque chose clochait dans cette histoire. John semblait complètement pris par cette affaire. Machinalement, il composa le numéro de roadhouse sur le téléphone qui traînait sur la table de nuit.
"Eh, Ellen. Je te réveille ?" demanda-t-il, en entendant la voix de sa femme légèrement endormie. "Je suis désolé... Dis moi, tu sais pourquoi Winchester et Elkins se sont disputés l'année dernière ?.. Non ?... Personne ne sait ?... Oui, ce sont deux têtes de mules... Non, non, pour rien. Juste comme ça !... Je t'assure, tout va bien... Non, on ne sait pas trop encore à quoi nous avons affaire, mais je pense que demain nous y verrons plus claire... Moi aussi je t'aime. Et embrasse Jo pour moi !" finit-il.
William Harvelle resta un moment sans bouger, assis sur le bord de son lit, pensant à sa famille et à son choix de vie. John n'avait pas totalement tord en lui faisant remarquer qu'il était loin de sa fille chérie. Mais il faisait tout ça pour elle, pour qu'elle soit en sécurité, pour qu'elle n'ait pas à avoir peur du noir. Puis sans s'en rendre compte, ses pensés dévièrent vers le Hellspawn et la chasse de John. Ce pouvait-il qu'un de ces monstres ait tué un enfant ? Mais pourquoi ? Cela n'avait aucun sens, sortait des schémas connus... Non, ce ne pouvait pas être ça, car si non... si non cela annonçait quelque chose de mauvais, de très mauvais même !
(1) malheureusement, cette partie de l'histoire est vraie ! Quatre enfants âgés de 6 à 13 ans ont réellement disparu dans la région de La Canãda Flintridge, entre 1956 et 1960. Les corps n'ont jamais été retrouvés, mais un homme a bien reconnu l'assassinat des deux premières victimes, qu'il connaissait. La police l'a toujours suspecté pour les deux autres disparitions. L'homme a été condamné à la peine de mort pour le meurtre de six enfants. Il en clamait 18, et la police pense que 10 autres meurtres pouvaient lui être attribués. L'homme c'est pendu dans sa cellule. Au printemps 2007, le LAPD a rouvert l'enquête. Le tueur en série a travaillé pour une compagnie qui s'occupait de la construction des autoroutes de Californie. Il se pourrait donc qu'il ait caché les cadavres de certaines de ses victimes sur les chantiers alors en cours.
