Bonsoir les zozios. Un peu en retard ce soir, certes, mais j'ai répondu aux reviews. Et comme je disais à certains, je développe en ce moment la Sarkozite aiguë : j'essaie d'être partout à la fois et du coup je suis un peu débordée... Enfin bon, j'espère que la suite va satisfaire vos attentes.


Disclaimer : le monde d'Harry Potter appartient à JKR. Cette merveilleuse histoire est la propriété d' IamtheLizardQueen. Vous pouvez d'ailleurs la joindre par mail pour lui dire tout le bien que vous pensez d'elle : melcej at gmail point com. Et la traduction m'appartient bien-sûr.

Warning : Rating M. A priori, il devrait y avoir deux hommes tous nus qui se font des bisous, des trucs et des machins… Donc, les homophones, les prudes et les âmes sensibles sont priés de quitter cette page.


Chapitre 2 : Enter the Snake partie 3

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Souvenez-vous, je vous avais laissés sur un suspense insoutenable :
Il avait déjà rendu chèvre Harry en lui demandant comment les interrupteurs fonctionnaient.
« Je ne sais pas exactement. T'as juste à appuyer dessus et l'électricité arrive et... au fait quelle importance ? »

O

« Mais tu n'aimes pas savoir ce qu'il y a derrière chaque chose ? » lui demanda Draco.

« Ah tu fais partie de cette catégorie de personne », dit Harry en retroussant légèrement le nez, une manière de dire qu'il n'aimait pas ça. « J'aurais dû me souvenir comment tu faisais tourner en bourrique Rogue, toujours à poser des questions sur les ingrédients des potions. Non pas sur ce qu'elles faisaient mais plutôt pourquoi elles le provoquaient ».

« Ouais et sa réponse était toujours là même: 'Parce que !' », ajouta Draco en imitant la voix de Snape d'une telle façon que c'en fut presque effrayant. Puis ils ricanèrent tous les deux.

Malgré cette fascination pour la télévision et les innovations qu'il y avait dans l'appartement, Draco avait des fourmis dans les jambes à mesure qu'il récupérait des forces. Une partie de lui voulait prendre le frais et faire quelque chose, mais celle qui était la plus résistante et la plus grande refusait de sortir du périmètre de l'appartement d'Harry. Il était à l'abris ici: de son père, de la corruption du pouvoir, et de l'agression du monde extérieur qui semblaient être penchés au dessus de lui prêts à le punir des mauvaises actions qu'il avait pues commettre auparavant. La seule chose à laquelle il était confronté entre ces quatre murs était lui-même, et même ça commençait à être difficilement supportable. Il réalisa qu'il cogitait constamment, se demandant où la vie le menait, pourquoi il se satisfaisait de laisser les choses se résoudre d'elles-mêmes, là où d'habitude il aimait avoir le contrôle sur tout.

Parfois il se sentait vide, comme quelqu'un qui revenait de loin, qui se détachait de ses sentiments et de ses émotions mais qui ne les remplaçait par rien d'autre que par une terreur muette et une sorte d'engourdissement. Parfois il avait la sensation bouillonnante de quelque chose voulant s'extérioser du plus profond de lui-même, mais le plus frustrant était de ne pas savoir quoi. Il passait la plupart de ses journées à dormir, prétextant qu'il était en convalescence, alors que c'était une façon de se voiler la face. Quand il se réveillait, il essayait de se distraire par n'importe quel moyen, mais inévitablement il repensait à ses deux années d'isolement, à la manière dont il s'était échappé du manoir des Malfoy, et aussi aux choses qu'il voulait à tout prix oublier. Plus que tout, il voulait oublier qu'il se retrouvait seul.

Draco était allongé sur le canapé, les pieds dépassant de l'un des accoudoirs, la tête tournée vers l'écran de la télé. Il portait un jean bleu délavé, tenu par une ceinture, quoiqu'il rentrait bien mieux dedans que lorsqu'il l'avait piqué... emprunté à Harry. Il portait aussi un maillot bleu clair avec les manches remontées jusqu'aux coudes. Il zappait et se demandait ce qu'il pourrait faire les six ou sept heures à venir, quand son attention fut captée par quelque chose qu'il n'avait encore jamais vu. C'était une émission de cuisine.

L'homme qui préparait à manger avait un sens de l'humour plutôt dérangeant (ce qui lui rappela Rogue) et il cuisinait de telle façon qu'il sembla, même à Draco, qu'il savait de quoi il parlait. Inutile de dire que le résultat le fit saliver. De penser qu'il était parti d'ingrédients simples de base, voire même un peu dégoûtants, pour en arriver à ces délices qui mettaient l'eau à la bouche... Tout ça avec un peu de patience et par le respect à la lettre de la recette et des mesures précises. C'était presque comme des cours de potions, ce qui pouvait peut-être expliquer les résultats un peu… aléatoires de Harry.

Draco ricana intérieurement quand il se remémora les heures glorieuses de son hôte dans la cuisine. Oeufs brûlés, tartines calcinées, spaghettis carbonisées (et non carbonara...) porridge grillé et même le gant de cuisine y est passé ! (Harry l'ayant accidentellement laissé dans le four avec le plat). Ce n'était pas tant que Harry ne savait pas cuisiner, non en fait ça lui passait complètement au-dessus. Harry avait apparemment le même problème en cuisine et en potion; il ne savait pas apprécier la complexité de cet art subtile.

Draco fit défiler les chaînes cette fois-ci avec un but précis. Il trouva une autre émission de cuisine, prit un stylo et bloc-notes. Les stylos étaient aussi une de ses inventions favorites. Le Chef donna la liste des ingrédients. Il ne connaissait pas la plupart d'entre eux mais se rassura en se disant qu'il n'avait pas été le meilleur élève en potion pour rien. Rogue avait pour habitude de donner les listes à haute voix, et voulait que ses élèves se rappellent de tout ce qu'il avait dit. Draco était de ceux qui n'avaient jamais failli à la tâche. C'était du gâteau au sens propre comme au sens figuré. Draco prit des notes méticuleuses et écouta avec beaucoup d'attention. Il fut un peu perdu au début, mais au fur et à mesure il apprit ce qu'était les mesures, ce qu'ils entendaient par beurrer un moule, ou incorporer les oeufs dans l'appareil.

Draco regarda ça toute la matinée et une bonne partie de l'après-midi. Jetant un coup d'oeil à l'horloge accrochée au mur, il savait qu'il avait largement le temps avant que Harry ne rentre. Il lui avait expliqué qu'il avait un examen et qu'il ne rentrerait pas de bonne heure.

Draco augmenta le volume de la télévision puisqu'il trouvait agréable d'avoir un fond sonore et se mit à chercher dans la bibliothèque un livre de cuisine qu'il avait remarqué peu de temps avant. D'après son expérience de potionniste, il savait qu'il fallait commencer petit, et que même comme ça il arrivait que la première tentative soit un échec. La jaquette du livre qu'il trouva était recouverte poussière comme s'il n'avait jamais été ouvert.

« Et dire que j'ai mangé ce que Harry me faisait en pensant, naïvement, qu'il savait ce qu'il faisait. Draco tu te ramollis en donnant le bénéfice du doute comme ça » se dit-il à lui-même. Il se surprit à parler tout haut et grimaça. Il n'allait pas devenir CE genre de personne. « Y'a pas moyen », dit-il une fois de plus à haute voix. Il se frappa le front, et décida de se mettre à la recette avant de devenir dingue. Si ce n'était pas déjà trop tard.

Les 'scones' étaient la première incursion de Draco dans le monde culinaire. Simples, 'goûtus' et meilleurs que dans le commerce. De plus, c'était l'une des seules choses qu'il pouvait faire avec le peu d'ingrédients qu'il avait sous la main. Draco réussit du premier coup, les sortant du four pile poil au moment où ils prenaient cette coloration dorée sur le dessus. Il réalisa que ça lui avait vraiment manqué. C'était si bon de sentir un petit sourire de satisfaction sur son visage qu'il pouvait difficilement attendre le retour d'Harry. Il pouvait aussi faire durer le plaisir en pensant qu'il était meilleur que lui dans un domaine. Il se disait qu'il lui ferait ce petit sourire de satisfaction, juste pour voir si le brun continuerait de lui répondre avec cette moue attachante.

« Hey Malfoy t'es là ? » s'écria Harry alors qu'il rentrait tard dans la nuit. Lui et quelques amis étaient allés boire un coup après le partiel, donc il espérait à moitié que Draco serait endormi. Mais les lumières étaient allumées et il trouva Draco roulé en boule dans un fauteuil de la pièce principale lisant un roman policier de la bibliothèque. Draco mit calmement le marque-page en place et déposa le livre avant de daigner répondre à Harry.

« Pourquoi tu demandes toujours si je suis là ? Tu sais bien que je suis là. Une question plus intelligente aurait été de savoir si j'étais réveillé ou si je voulais parler avec toi » dit Draco essayant d'être sarcastique, mais son petit jeu était évident même à Harry.

« Peut être que je prends mes désirs pour des réalités. Je continue de poser la question espérant qu'une réponse ne vienne pas » dit Harry en roulant des yeux. « Est-ce que tu as mangé quelque chose ? Je suis désolé je n'ai pas été là de la journée. Mon dieu, je suis affamé ».

Harry continua à parler alors qu'il se dirigeait vers la cuisine. Il alluma la lumière et s'interrompit. D'une, la cuisine était propre alors que sa cuisine ne l'était jamais. Mais avant tout, il y avait cet incontestable parfum de scones sortis du four.

« J'espère que tu ne m'en voudras pas d'avoir fait un petit quelque chose aujourd'hui » dit Draco. Harry se retourna et fixa Draco qui était adossé nonchalamment contre le chambranle de la porte.

« Demain j'ai l'intention de faire quelque chose de plus difficile. Une omelette au jambon ça te va ? Y'a plus grand chose dans le réfrigérateur ».

Draco se délectait de la situation: Harry avait soudain développé la même déficience à la mâchoire que le loup de Tex Avery.

« Ouais euh... Je peux en prendre un ? » demanda Harry.

« Ben bien sûr que tu peux idiot ! Je les ai faits pour nous deux. Après tout c'est toi qui paye la nourriture ». Harry prit un des gâteaux farineux et tenta une bouchée. Harry n'avait jamais eu en quelque sorte ce genre de vie où la cuisine maison est monnaie courante. Donc il ne fit pas de manière quand il bourra le reste du scone dans sa bouche.Alors qu'il tendait la main pour une autre douceur, tout en bredouillant à Draco quelque chose du genre 'fé bon', le plat fut soudainement hors de portée.

« Veux-tu ?! Un peu de tenue Potter. Tu mets des miettes partout sur mon plan de travail » dit Draco. Harry aurait rigolé à cette tentative d'autorité mais il avait la bouche pleine. « Pourquoi n'irais-tu pas allumer la télé ? ».

Harry acquiesça, toujours la bouche pleine et se dirigea vers le séjour. Il zappa et s'arrêta sur un épisode des Simpsons, un programme apprécié des deux. Draco réapparut rapidement avec deux tasses de chocolat chaud, et une assiette de scones, maintenant réchauffés et garnis d'une noisette de beurre. Il les posa d'un air désinvolte sur la table basse branlante, faisant comme si sa bienveillance était coutumière.

« Oh, attends, j'ai quelque chose pour toi aujourd'hui. Où est-ce que j'ai mis mes affaires ? » marmonna Harry regardant autour de lui avant de les retrouver.

« Quelque chose pour moi ? » demanda Draco, tachant de garder sa voix la plus neutre possible et de ne pas laisser paraître sa curiosité.

« Ouais bon c'est pas grand chose » dit Harry tout d'un coup peu sûr de lui. Il sortit alors un épais, lourd et vieux livre de chimie et le tendit à Draco. « Tu te souviens ? Tu me demandais comment fonctionnaient les piles et les autres trucs ? Comme je pense que je ne ferais que t'embrouiller encore plus, j'ai pensé que tu aimerais avoir les définitions officielles ».

Harry regarda Draco espérant quelques signes de gratitude de sa part. Etonnement, Draco était enclin à lui en donner.

« Je croyais que tu ne m'écoutais pas », dit Draco en ouvrant l'ouvrage à la première page et lisant le premier article qu'il vit. C'était à propos d'atomes et Draco n'avait pas la moindre idée de ce que cela voulait dire mais ça n'avait aucune importance. Maintenant il avait les outils pour apprendre et ne se sentit plus à la dérive.

« Plutôt quelque chose d'indigeste si tu veux mon avis. Ca me rappelle les cours de potions » dit Harry en faisant une mimique de dégoût. Draco grommela.

« Si tu trouves ça ennuyeux je trouve ça d'autant plus intéressant. Etrange, j'ai justement pensé aux cours de potions aujourd'hui. Et comment la cuisine n'était pas si différente de ce qu'on avait l'habitude de faire en classe ».

« Tu peux cuisiner autant de fois que tu veux, moi ça me va parfaitement » dit Harry. Il en était à son quatrième scone et se demandait si Draco le remarquerait s'il en prenait un de plus... »

« Merci pour le livre Harry » dit Draco. C'était un remerciement tellement franc qu'Harry le manqua presque.

« Merci pour la cuisine », répondit Harry qui prenait son cinquième scone alors que l'attention de Draco était focalisé sur le livre. « Et je suis d'autant plus content que tu n'as pas suivis la tradition de mettre des raisins ou du cassis dedans. Je déteste le raisin ».

« Je sais » dit Draco. Il était toujours en train de feuilleter le livre et cela lui prit un moment avant de sentir sur les yeux de Harry. Baissant sa garde devant l'intensité du regard, il dit sèchement,

« Quoi ? »

« Comment sais-tu que je n'aime pas le raisin ? »

« Ben peut être parce que je vis avec toi depuis un petit moment maintenant et que j'ai remarqué que tu les mettais systématiquement de côté. Je n'aurai pas été un véritable ami si je n'avais pas remarqué ».

« Un ami ? Tu ne m'aurais pas appelé ami là Malfoy ? » Harry avait une expression d'ahuri que Draco n'apprécia pas trop.

« Ma langue qui a fourché » lui répondit Draco un peu hargneux.

« Je ne pense pas. Je crois que c'est vraiment ce que tu voulais dire »

« Ne sois pas ridicule Potter » dit Draco. Il commença à mettre un peu plus de distance entre lui et Harry, tous deux installés sur le canapé. L'éclat dans les yeux du binoclard ne présageait rien de bon.

« Tu m'aimes bien, je suis ton ami. Qui aurait cru ça, Harry Potter et Draco Malfoy amis ? »

« Bon ok je suis ton ami, mais est-ce que je t'aime bien ? Ce serait pousser le bouchon un peu loin » dit Draco avec un léger sourire.

« Oh tu peux dire tout ce que tu veux, je connais la vérité ! Toi le plus grand des Serpentards est ami avec... » Harry prit le volume sonore de la voix d'un souffleur au théâtre « Harry Potter ».

Il commença à rigoler et se propulsa en dehors du canapé Draco essaya de garder son sérieux mais au diable si Harry n'était pas complètement fou. Il était impossible de ne pas rire. Et en plus il adorait rigoler. Il rigola quand Harry lui fit une révérence, quand il cligna des yeux comme une fille qui prétend tomber dans les pommes quand elle le voit, et quand Harry ne faisait rien d'autre que de rire de lui-même. Quand l'oxygène vint à manquer, et que le rire s'estompa, Draco dit:

« T'es vraiment pathétique Potter, tu le sais ? »

« Ouais mais j'ai des potes mignons et populaires qui empêchent les plus grands de me taper dessus » dit Harry en grimaçant.

« Au moins tu admets que je suis populaire. Et que je suis pas mal » dit Draco en plaisantant. « Y'a de l'espoir pour cette amitié si tu continues à me vouer cette adoration ».

« Retourne en cuisine et je considérerai la question » répondit Harry. Pour quelque raison, ils se mirent à rire une fois encore.

Cette nuit, et pour la première fois en deux ans, Draco fit de beaux rêves au lieu de ses cauchemars habituels. C'était parce qu'il ne se sentait plus seul. Dans l'autre pièce, toujours relégué au canapé,

Harry s'endormit le sourire aux lèvres parce qu'il ressentait la même chose.


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