Bonjour à tous !! Je vous souhaite un joyeux noël en retard et une bonne année en avance ! Oui, la gestion FF/fêtes est un peu compliquée ce qui fait que la livraison se fait en retard et que je n'ai pas répondu à toutes les reviews et je m'en excuse vu le record du précédent chapitre (+ de 10, le nirvana !). Du coup, je souhaite aussi un joyeux anniversaire en retard à Camille...

Trève de blabla: voici la suite, en espérant pouvoir poster en temps et en heure lundi prochain puisque ma fin de semaine risque d'être chargée.


Disclaimer : le monde d'Harry Potter appartient à JKR. Cette merveilleuse histoire est la propriété d' IamtheLizardQueen. Vous pouvez d'ailleurs la joindre par mail pour lui dire tout le bien que vous pensez d'elle : melcej at gmail point com. Et la traduction m'appartient bien-sûr.

Warning : Rating M. A priori, il devrait y avoir deux hommes tous nus qui se font des bisous, des trucs et des machins… Donc, les homophones, les prudes et les âmes sensibles sont priés de quitter cette page.


Chapitre 3 : From the Fear partie 2

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Harry croisa ses bras sur son torse avec indignation. Draco, lui était littéralement plié en deux de rire.

« Si t'avais vu ta tête... Tu aurais payer cher pour la voir ! J'ai cru que Mme Cooper allait te brûler sur place quand tu n'as pas pris ma main » dit Draco en haletant toujours de rire, saisi de sursauts. Harry essaya désespérément de ne se contenir mais le rire était contagieux et même si la blague était à ses dépends, il la trouva drôle. Heureusement que son rire était noyé dans celui de Draco. Finalement le blond fut à court d'oxygène et s'assit sur le bord du trottoir pour reprendre son souffle.

« Au moins t'as plutôt bien pris le fait que je sois homo » dit Harry calmement tout en aidant Draco à se relever.

« Hum je sais pas pourquoi mais je n'ai pas été surpris. Quoiqu'il en soit je n'ai jamais fait de différence entre les deux » dit Draco toujours enclin à rire mais qui essayait de se contrôler. « Cependant, entendre ta patronne me dire que j'étais ton petit-ami m'a un peu surpris. Tu penses bien que je vais m'en souvenir d'un truc pareil ».

Harry eut la décence de rougir un peu, « Désolé pour ça. Je voulais juste qu'elle arrête de jouer les entremetteuses en lui donnant quelque chose à se mettre sous la dent. T'as vu comme elle était heureuse ».

« T'inquiètes pas, à ta place j'aurais fait pire, et je l'aime bien. Elle pense que je suis le meilleur garçon qu'elle n'ai jamais rencontré, ce qui prouve qu'elle a un goût sûr ».

« Tu sais pour un mec qui se dit hétéro, on avait vraiment l'impression que tu étais gay ».

Draco continua silencieusement, augmenta la cadence et balança par dessus son épaule: « Qui t'as dit que j'étais hétéro ? »

Harry s'arrêta net de marcher, son pied suspendu à quelques centimètres au dessus du trottoir. Draco le dépassa. Il dépassa aussi les escaliers qui auraient pu leur permettre de prendre le métro mais Harry ne le lui dit pas. Ça faisait plus long pour aller au supermarché mais la conversation prenait un tournant intéressant.

« Tu es gay ? Et ta réputation... » Harry rougit, en se souvenant des ragots plus ou moins croustillants qu'il avait pu entendre sur les exploits de Malfoy. Draco lui dit:

« La pute de Serpentard ? Qui a déjà baisé tout Poudlard deux fois ? Deux pour le prix d'une vierge? Cette réputation ? »

« Je parle bien de celle-là. »

« Quand j'étais à l'école, je n'ai jamais eu de rencard avec qui que ce soit ! Même Pansy ne peut prétendre avoir eu un rendez-vous officiel avec moi ».

De dire cela fut un choc pour Harry qui le laissa dans l'incompréhension: « Alors pourquoi... ? ».

« Parce que j'étais souvent absent et comme il était acquis que je ne montrais que peu d'importance aux gens qui m'entouraient, ils pensaient que j'étais ailleurs, avec des personnes plus expérimentées et plus plaisantes. Ainsi la légende fut née. Je pense qu'ils auraient été vraiment déçus s'ils avaient su que j'étais seulement en train de lire sous les combles de Poudlard. »

« Peut-être que j'aurais dû disparaître plus souvent. J'aurais certainement amélioré ma réputation aussi » dit Harry légèrement.

« C'est stupide non ? Les choses qu'on peut faire pour impressionner les gens ? Quand j'ai compris qu'à Serpentard ils pensaient que j'avais des rendez-vous secrets et passionnés, j'ai saisi l'opportunité d'élaborer des scènes qui ne faisaient que renforcer ces suppositions. Je reboutonnais mal mes boutons, froissais et débraillais mes vêtements ; je laissais même des traces de rouge à lèvres sur mes cols de chemise. Vraiment pathétique. J'ai arrêté de faire ça en vieillissant; cela ne me semblait plus aussi important. Bien que je n'aie jamais admis être encore vierge. De nos jours c'est un sort pire que la mort alors qu'il y a tant de maladies qui traînent… Je ne comprends pas ».

« Je vois ce que tu veux dire. Je... je suis toujours vierge aussi. J'ai prétendu des trucs des fois mais bon... J'essaye de ne pas le montrer le plus possible. C'est fou de se dire que mon secret le plus noir, intime, profond est que je suis vierge et non pas les morts que j'ai causées, le fait que je sois sorcier ou quoique ce soit d'autre. Ce que je ne veux pas que les gens découvrent, c'est que je n'ai jamais dormi avec personne ».

« Et là tu me le dis » nota Draco.

« Hum... »

« Parfois les secrets ont besoin d'être dévoilés » dit Draco calmement. « Je suis encore vierge. Et je n'ai même jamais failli ne plus l'être ».

Ils étaient tous les deux silencieux, et le partage de ce lourd secret tramait autour d'eux un monde à part où eux seuls existaient. Leurs pieds traînaient dans les rues recouvertes de neige fondue. A l'occasion, ils se regardaient mutuellement se demandant où reprendre la conversation. Harry pensait que ce que Draco lui avait dit était vrai. Il pensait aussi que ces aveux auraient été plus simples s'ils avaient été tous deux ivres. Note pour plus tard : acheter de l'alcool.

« Est-ce que tu as toujours su que tu étais gay ? » demanda Harry.

« Je ne suis pas sûr d'être gay non plus » dit Draco avec une voix pensive. Voyant la confusion sur le visage de Harry, il essaya de trouver un moyen de lui expliquer qu'il lui avait fallu deux ans de réclusion pour commencer à comprendre. « C'est comme ça : tu es gay si tu es attiré par les gens du même sexe que toi, tu es hétéro si tu es attiré par le sexe opposé, et tu es bi si tu es attiré par les deux ».

« Et alors, ça je le sais depuis l'âge de douze ans. Développe » lui ordonna Harry. Draco leva les yeux au ciel.

« Ce que j'essaye de dire c'est que l'élément clé de ces définitions c'est l'attraction, il faut être attiré ».

« Ne vient pas me dire que tu n'as jamais été attiré par quelqu'un ? C'est absurde » railla Harry.

« Ah mais qu'est-ce que l'attraction ? Prends moi par exemple, j'ai une apparence extérieure vraiment attirante » dit Draco sans gêne.

« Et modeste aussi » marmonna Harry. « T'es peut être attirant mais dès que tu ouvres la bouche le charme s'évanouit ».

« C'est justement là où je voulais en venir. Toi, tu m'as méprisé, c'est pourquoi tu ne m'as jamais trouvé attirant. Mais ça n'a plus d'importance ce à quoi je ressemble, maintenant c'est plutôt comment tu me perçois ».

« La beauté est dans l'oeil de celui qui la voit. Tu n'as pas inventé la poudre » lui dit Harry se faisant l'avocat du diable.

« Donc tu admets qu'il est possible de trouver quelqu'un attirant (ou quoique ce soit d'autre) sans se baser sur l'apparence extérieure ? ».

« Absolument », dit Harry.

« Et que la seule vraie attirance existe en dehors des paramètres physiques ? »

« Pour certaines personnes, je dirais que c'est vrai ».

« Donc pour certaines personnes, l'attirance existe au-delà de la distinction homme/femme », dit Draco résumant son argument.

« Tu es l'une de ces personnes éclairées je présume ? »

« Harry, tu sais combien je suis difficile. Je passe des heures à choisir ce que je vais me mettre... »

« C'est pas si bizarre que ça » lui lança Harry.

« Parmi des vêtements noirs tous identiques » expliqua Draco.

« Ah ok c'est pas normal ».

« Donc connaissant cela, est-ce que tu peux comprendre combien une relation est importante pour moi ? ».

« C'est vrai que tu es plutôt collet monté. Et délicat » dit Harry solennellement.

« Et... Oh ! » dit Draco offensé; Harry lui sourit.

« Retournons à nos moutons : toi et tes nobles idéaux ».

« Bon je disais donc que j'ai été momentanément attiré par une jolie figure quelques fois mais honnêtement, je n'ai jamais été vraiment attiré par quelqu'un, et tant que je ne connais pas le sexe de mon éventuel partenaire je ne préfère pas me prononcer sur la question ».

« La perfection est difficile à trouver tu sais », l'avertit Harry.

« Je ne suis pas à la recherche de la personne parfaite; mais plutôt de celle qui sera parfaite pour moi. Et je parie que je ne suis pas si différent de toi à ce sujet ».

« Hein. Comme moi ? Ca va pas ».

« Ferme-la » dit Draco à moitié souriant à moitié menaçant. « Combien de personnes savent que tu es gay ? »

« Ron et Hermione. Dumbledore; seulement parce qu'il sait tout sur tout. La plupart des gens que j'ai rencontrée ici. Je ne voyais pas l'intérêt de leur mentir », répondit Harry. « Je me souviens la première fois que je l'ai dit à Ron, il a paniqué pendant quelques minutes et puis s'est dit que si j'aimais les garçons peut être qu'il me plairait aussi. Il attendait que je m'endorme avant d'aller se coucher, de peur que je 'tente quelque chose' pendant qu'il dormait » dit Harry en riant à cette idée.

« Quel con » dit Draco en rigolant aussi.

« Hey ! C'est toujours mon meilleur ami ».

« Nan je ne veux pas dire ça dans ce sens là. Mais je veux dire qu'il a été bête de penser que tu aurais pu craquer pour lui ».

Harry scruta son compagnon blond des pieds à la tête. Draco, lui, garda les yeux orientés droit devant. « Pourquoi... Pourquoi je ne lui aurais jamais couru après ? Je veux dire: je savais qu'il était hétéro, mais j'ai toujours eu des sentiments pour lui. C'est pas parce que je n'ai rien fait que ça n'aurait jamais pu se produire ».

« C'est simple. Ron change d'avis comme de chemise en amour. Je sais ça des peu de fois où je l'ai croisé à Poudlard. Toi par contre tu es plutôt comme moi. Tu ne veux pas être avec quelqu'un si ce n'est pas sérieux. J'irais même jusqu'à dire que tu ne tomberas pas amoureux plus d'une ou deux fois dans ta vie. Sachant qu'avec Ron ce serait plutôt de l'ordre de l'expérimentation, tu ne t'es jamais autorisé à craquer pour lui ».

« Je trouve que ça a du sens. J'ai toujours envié Ron pour sa facilité à sortir avec une fille juste pour le fun. Pour moi ça a toujours été un tel remue-ménage que je l'ai évité au maximum. Je ne voulais pas être gay. Je sens qu'encore aujourd'hui j'ai besoin de m'y faire et c'est peut être pour cette raison que je ne suis jamais sorti avec quelqu'un ».

« Si ça peut t'aider j'ai encore une autre raison qui pourrait expliquer pourquoi tu ne couches pas à droite à gauche, autre que de n'avoir pas encore trouver la bonne personne ».

« Ah, et c'est ? »

« Le sexe c'est dégoutant ».

« Quoi ? » explosa Harry. Le visage de Draco était légèrement froissé comme s'il y avait quelque chose de dégoûtant dans les alentours.

« Tu sais comment je suis. J'aime quand toutes les choses sont à leur place, propres, cleans et organisées. Par Merlin, je suis toujours en panique quand j'ai de l'encre noire sur mes vêtements noirs. Le sexe c'est toucher la peau de l'autre qui sue et qui gémit. Etre recouvert de fluides que dans d'autres circonstances vous vous dépêcheriez de nettoyer à la moindre occasion. C'est juste trop... bordélique ».

« Bordélique ? » répéta Harry avec un air crédule. « Tu ne veux pas faire l'amour parce que tu as peur d'être sali ? »

« Je n'ai jamais dit que je ne ferais jamais l'amour. Je pense juste que si je dois le faire alors ce sera avec une personne en qui je crois autant qu'en moi. Faire quelque chose comme ça avec n'importe qui me révulse. Qui sait où ils ont traînés avant ? »

Harry rit doucement : il ne se moquait pas de Draco mais plutôt de sa façon d'analyser l'acte. « Donc qu'est-ce que tu penses de... tu vois ? »

« De quoi tu parles ? »

« Ben de te toucher toi-même ? Est-ce que tu penses que c'est dégoûtant aussi ? »

« Ah ça... Pour moi, c'est juste quelque chose que tu dois faire pour entretenir ton corps; comme se brosser les dents ». A la manière railleuse dont Harry rigola, Draco rougit légèrement. « Ok c'est pas la même chose que de se brosser les dents. Mais ça reste ton corps. Laisser quelqu'un d'autre te le faire ? Cela implique d'être vulnérable et de ne pas avoir le contrôle de soi; sachant qu'ils peuvent te quitter n'importe quand, je trouve ça humiliant et honteux. Il est plus facile de pardonner à un ennemi qu'à un ami. Alors imagine le pourvoir d'un amant ? »

« Plus facile de pardonner à un ennemi ? Ca pourrait alors expliquer pourquoi je te tolère. Et tes discours débiles qui essayent de camoufler le fait que tu es une vierge désespérée » dit Harry.

Le supermarché était en vue et cela sembla être le moment propice pour décrisper l'atmosphère. Draco sembla accepter alors qu'il donna un coup dans l'épaule de Harry, juste pour l'affront, et grimaça.

« Je vois pas pourquoi je prends la peine de te parler. Espèce d'inculte » dit Draco avec un de ces airs supérieurs.

Le parking du supermarché n'avait pas le nombre de places nécessaire pour accueillir tous ses clients donc tout autour, des voitures attendaient qu'une place se libère. Les automobilistes n'étaient pas vraiment patients et Harry et Draco se firent klaxonner alors qu'ils coupaient la route pour se diriger vers l'entrée. Draco était toujours en train d'essayer de se dépêtrer des règles de circulation : rouge on doit s'arrêter, vert on peut avancer, ça passait encore… mais c'était plutôt le nombre incroyable de panneaux de signalisation qui était oppressant. Par conséquent, il restait méfiant envers ces voitures qui roulaient trop vite, et il suivait de près Harry, et, littéralement sur ses talons, lui marcha deux fois sur les pieds.

Le supermarché était bondé de clients, et tous semblaient être pressés. Tout particulièrement une grosse dame aux cheveux blonds décolorés qui entra en collision avec Draco et le mit quasiment K.O., lui qui était bien sagement en train de regarder, bouche bée, les portes électriques du magasin. Harry le saisit par la manche et libéra ainsi le passage.

Draco était pour l'utilisation des portes automatiques; cette utilisation frivole d'énergie était pour lui un signe de luxe, quelque chose qu'il savait bien apprécier. Le supermarché en lui-même était une merveille : les interminables rangées; des allées et des allées de produits empaquetés, dans des milliers de taille, de forme et de texture différentes. La brillance des bouteilles remplies de liquide de toutes les couleurs possibles et inimaginables ; des fruits exotiques et des légumes que d'ailleurs Draco n'avait jamais vu auparavant ; et puis les subtiles promesses d'un tourniquet d'épices duquel des parfums piquants étaient toujours appréciables. Des sols brillants, des lumières vives, et des possibilités infinies s'offraient à lui avec une étonnante facilité. C'était grandiose.

Malheureusement quand Draco s'arrêta de s'ébahir et regarda autour de lui, il réalisa qu'il avait perdu Harry. La panique et la peur s'emparèrent de lui, son coeur s'emballant soudainement avec force dans sa poitrine. Sa tête argentée cherchait désespérément tout autour de lui parmi la foule. Toutes les personnes qui jusque-là avaient été anonymes et sans danger devinrent des connaissances. Des gens pouvaient potentiellement être à sa recherche. La peur lui ravageait le ventre tel un animal sauvage, se tordant et se débattant comme un diable à l'intérieur, jusqu'à ce qu'il se mette à trembler réellement. Il se sentit tout petit et faible, prêt à se ratatiner en une petite balle et laisser la noirceur l'envahir; l'enterrer. Une main sur son épaule le fit sursauter. Il fit un bond en arrière accompagné d'un petit cri perçant.

« Oh merde je voulais pas t'effrayer. Je nous ai dégotés un caddie. On va où en premier ? » demanda Harry. La bouche de Draco était mi-ouverte/mi-fermée alors qu'il sentait que la froideur de la peur s'en allait gentiment, remplacée par un doux soulagement. Il se passa une main dans les cheveux, cherchant à retrouver son calme, avant de refermer ses poings.

« Il y avait tant de monde que je... Je me demandais où tu étais passé » demanda Draco tendu.

« J'étais parti chercher un caddie comme je te l'ai dit. Bon maintenant ici, c'est toi l'expert, que faut-il prendre ? »

Bien que Harry ne fût pas conscient de l'état de profonde anxiété dans laquelle Draco se trouvait, il savait que son compagnon était nerveux. Il le divertit donc allègrement en racontant des blagues débiles et en posant des questions stupides. Par deux fois il le ridiculisa, ce qui obligea Draco à faire un commentaire sarcastique. Et puis de toute façon, il ne savait vraiment pas comment utiliser les épices en dehors du sel et du poivre. Mais qu'est-ce que ça pouvait bien être l'origan ??

Ils prirent aussi un peu d'alcool, ce qui additionné au reste des provisions commençait à faire lourd à porter. Ou pour être plus précis ça faisait beaucoup plus lourd à porter pour Harry. Draco avait joué sur sa convalescence et que par conséquent il ne pouvait porter que les choses les plus légères. Harry grogna car il ne voyait pas vraiment le rapport avec la choucroute. Ils décidèrent de prendre le métro pour rentrer à l'appartement afin de diminuer la charge de travail pour Harry. Draco monta les escaliers deux à deux et arriva sur le quai avant le brun. Il guettait l'arrivée d'une rame quand tout à coup il vit une tête familièrement blonde dans la foule.

Il fit tomber inconsciemment les sacs qu'il portait, quelques articles s'échappèrent. Son regard était fixé sur l'homme aux cheveux blonds, aux épaules carrées et à l'attitude arrogante. Lucius, son père. Une douleur dans la poitrine se fit ressentir avant qu'il réalise qu'il devait respirer. Comment Lucius avait-il fait pour le retrouver ? Pourquoi attendait-il ici sans même prêter attention à son fils ? Son intention était-elle de le faire paniquer, faire une scène, faire en sorte que Draco se trahisse lui-même pour ainsi être innocent ?

Il sentit des larmes lui piquer les yeux car sa liberté était sur le point de s'évanouir. Toutes les choses qu'il avait prévu, ses espérances les plus futiles lui étaient maintenant refusées: tout ça à cause de cet homme.

Au supermarché il avait eu peur mais là il était terrifié. L'homme se retourna lentement vers lui et Draco ne put que regarder et rester planté là. C'était comme dans ses cauchemars, quand le plus noir de tous les démons venait à lui et que la seule chose qu'il pouvait faire était de hurler mais sans pouvoir produire le moindre son. Le monde autour de lui disparut complètement lorsque homme s'approcha. Le manteau noir et la grosse écharpe qu'il portait ne faisaient que durcir son apparence, le rendant plus semblable à un sinistre spectre qu'à un être humain. Draco s'entendit lui-même pleurnicher et il mordit sa lèvre pour se garder de gémir plus fort. Le goût ferreux du sang chaud lui emplit la bouche mais il le remarqua à peine.

Puis aussi rapidement que cette attaque apparut, l'épreuve fût finie. L'homme esquissa un sourire et serra la main d'un autre homme. Et il fut parfaitement clair que l'homme blond n'était pas Lucius. Il n'y avait aucun piège tendu pour Draco, ni aucune raison de suspecter qu'il fut découvert. Son coeur retrouva un rythme normal et ses poumons se décontractèrent afin de le laisser respirer librement. La peur n'était plus un couteau pointu qui lui vrillait les tripes mais une appréhension restait, lui causant une douleur sourde qui l'épuisait de toute son énergie.

Il fut alors conscient d'un Harry le secouant par les épaules comme un prunier.

« Putain mais qu'est-ce qui se passe ? Ça va ? Qu'est-ce qui ne va pas ? » lui demandait-il, limite en hurlant.

Draco savait qu'il était censé repousser Harry et trouver quelque excuse pour sa réaction mais il était toujours tremblant, à la fois à l'intérieur de lui-même et à l'extérieur. Avec un air hébété, il se baissa et ramassa les articles qui étaient tombés. Harry soupira avant de se baisser lui aussi pour l'aider.

« On doit parler de ça » lui dit Harry gentiment.

« Je sais » répondit Draco sa voix encore chevrotante. C'était comme il l'avait prédit. Cette excursion était une mauvaise idée, et au final il allait devoir faire des confessions. Le train arriva avant que Harry n'ait pu dire quoique ce soit d'autre. Ils furent emportés par la foule montant dans le wagon en face d'eux. Il n'y avait pas de place assise dans le compartiment et Harry et Draco se retrouvèrent côte à côte.

Draco était parfaitement conscient de l'intérêt que Harry lui portait, mais il était perdu dans ses pensées. Le train vacilla et Draco trébucha sur le brun et trouva la chaleur du confort en son sein. Il ne recula pas ; il resta là tout contre Harry les yeux fermés, occultant pour le moment ce que le brun aurait pu penser de cette situation. Il ne voulait pas résister face à ce dont il avait profondément besoin.

Draco sentit Harry se déplacer légèrement contre son corps et les sacs à leurs pieds mieux entreposés. Ensuite, la sensation d'un bras essayant d'enrouler sa taille.

Le bras de Harry ne resserra pas plus sa prise que Draco ne vint plus près. Il enveloppait juste le blond, tout en le tenant solidement. Quand ils arrivèrent à leur station, le bras disparut. Malgré cela, ils continuaient l'un comme l'autre à sentir cette connexion.


Tadaaammm ! Héhé, vous avez eu les boules, les glandes et les crottes de nez qui pendent hein ?? Et oui ce n'était pas Lucius... J'espère que la fin un peu anxiogène de ce chapitre ne vous empêchera pas de venir lire la suite bientôt ! Bises.