Salut les ptits loups ! Je ne vous fais pas languir, je poste sans rien dire…


Disclaimer : le monde d'Harry Potter appartient à JKR. Cette merveilleuse histoire est la propriété d' IamtheLizardQueen. Vous pouvez d'ailleurs la joindre par mail pour lui dire tout le bien que vous pensez d'elle : melcej at gmail point com. Et la traduction m'appartient bien-sûr.

Warning : Rating M. A priori, il devrait y avoir deux hommes tous nus qui se font des bisous, des trucs et des machins… Donc, les homophones, les prudes et les âmes sensibles sont priés de quitter cette page.


Chapitre 4 : Face the Truth partie 1

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Comment était-il possible que le silence soit aussi assourdissant ? Draco eut le temps de méditer là-dessus et sur un tas d'autres choses alors qu'il se dirigeait avec Harry vers l'appartement. Ils n'avaient pas échangé un mot, bien que Draco soit pleinement conscient du fait que Harry le regardait sans arrêt, s'attendant probablement à ce qu'il s'écroule à n'importe quel moment. Bon ok, il était un peu tremblant, et puis quoi ?! Draco dérapa sur une petite plaque de verglas, et laissant tomber sa protection « discrète » du coin de l'œil, Harry ne put empêcher compulsivement sa main de venir le rattraper et le stabiliser. Draco repoussa rudement le bras salvateur et partit devant avec raideur. Il n'était pas un invalide ; il n'était pas faible. Tout du moins, il ne voulait pas que Harry le pense.

Dès que la porte fut déverrouillée, Draco se précipita dans la cuisine, fourrant sans douceur les courses dans les placards, et ce de manière totalement hasardeuse. Longtemps après sa colère retomba, le laissant sombre à nouveau, avec cet horrible sentiment de vide montant en lui, menaçant de lui couper toute arrivée d'air, l'étouffant. Il avait passé tellement de temps à se convaincre que tout allait bien, qu'il avait oublié de ressentir un quelque autre sentiment. L'expérience de la peur et de l'amertume, après une si longue période d'accalmie, l'avait frappé si durement que l'émotion lui donnait encore cette sensation de vertige. Il sentit plus qu'il ne vit les yeux de Harry reposer sur lui. " On ferait mieux de manger d'abord," dit Draco doucement, ne se retournant toujours pas.

" D'accord," dit simplement Harry.

Ils dînèrent dans une atmosphère si tendue que toute conversation fut impossible. Sans bruit, ils se levèrent de table, et si Draco passa plus de temps que d'habitude à faire la vaisselle, le brun ne jugea pas opportun de le mentionner.

Harry prit l'initiative de servir deux verres de rhum-coca bien tassés et invita Draco à passer au salon. Ils s'assirent face à face ; Draco recroquevillé de manière protectrice dans le fauteuil, Harry sur le sol, son dos calé sur le bas du canapé. Le Gryffondor attendit patiemment, fixant un point sur le tapis. Quand le blond se mit à parler, Harry sursauta de surprise.

" Etais-tu effrayé lorsque tu t'es retrouvé face à face avec Voldemort ?"

" Ben, oui bien-sûr " dit Harry.

" Ça ne s'est pas vu. Je savais que tu devais l'être mais quelque part je n'ai jamais voulu le voir. J'aurais souhaité être comme ça," dit Draco mélancolique. " Je souhaiterais ne pas me lever avec la peur au ventre tous les matins."

" De quoi as-tu peur?"

" De la vie. De la mort. De tout." Il fit un simulacre de sourire qui s'apparentait davantage à une grimace. " Mais je suppose que tu veux quelque chose d'un peu plus concret pour comprendre, et pas te contenter de ces vagues clichés."

" Qu'est-ce qui t'a tant effrayé aujourd'hui?"

" J'ai cru voir mon père," dit clairement le blond.

" Je ne comprends pas."

" J'ai passé les deux dernières années de ma vie prisonnier dans ma propre maison. Je sais que ça semble incroyable ; quelqu'un de mon âge enfermé dans une toute petite pièce pendant si longtemps et par son père. Tu penses que quelqu'un aurait dû le remarquer, que quelqu'un se serait soucié de ce que je devenais. Mais je n'ai jamais eu d'amis susceptibles de se soucier de mon absence, et personne n'aurait jamais eu l'indiscrétion de vérifier l'assertion de mon père selon laquelle je finissais mon éducation à Durmstrang. Seule ma mère savait où j'étais, mais elle ne s'était de toute façon jamais immiscée dans mon éducation jusque là. Donc, mon père m'a confisqué ma baguette, privé de ma liberté. Il m'a affamé et "mis au frais" afin que je lui obéisse comme j'étais supposé le faire."

" Que voulait-il de toi?"

" Que je sois le fils parfait, bien-sûr" rétorqua amèrement Draco. " Si tu veux que je sois plus précis, il me voulait à ses côtés quand il tenterait de s'emparer du pouvoir. N'importe quel politicien a besoin d'une famille heureuse et souriante comme faire-valoir. Voldemort décédé, Poudlard détruite et le monde magique drainé de toutes ses énergies par la guerre, mon père a pensé que c'était le moment idéal pour avancer ses pions et se tailler la part du lion, si je puis dire… Oh, rien d'aussi clinquant que le plan de conquête du monde de Voldemort. Non, la subtilité était la clef de tout. Rassembler un groupe d'amis et de collègues de naissance pure, financer leurs élections, les mettre en poste, et progressivement modifier la législation magique. Mon père veut lui-même être ministre de la magie, et si personne n'ose se présenter contre lui, il gagnera. Il est très astucieux, mon père, très intelligent, un génie politique, un peu fou tout de même. Quand il aura tout le pouvoir qu'il veut, il éradiquera toute opposition. Après, il sera inarrêtable. Il a les moyens, l'opportunité, et le pire de tout, c'est qu'il croit en ce qu'il fait."

" Comment tu t'en es sorti ?"

" Etrangement, c'est grâce à ma mère. Je ne sais pas pourquoi elle l'a fait, mais quand elle a su que mon père allait me tuer, elle m'a dégoté une cape et un balai et m'a dit de partir."

" Et tu es venu ici. Est-ce que je veux vraiment savoir pourquoi?" demanda Harry. Draco fit taire ses réticences à répondre malgré l'intonation un peu dure qu'avait pris la voix du binoclard. Il sirota le reste de sa boisson, tentant de dissiper le frisson qui perçait sa peau.

" Je te prie de m'excuser?"

" Tu m'as très bien entendu. Qu'est-ce que tu veux vraiment de moi putain?"

L'attitude impeccable dans laquelle Draco avait fait son speech commença à se fissurer. Il s'attendait à tout un tas de réaction de la part de Harry, mais certainement pas celle-ci, pleine d'amertume, de colère et de douleur.

" Je… Je ne veux rien de toi."

" C'est des bobards, Malfoy, et tu le sais très bien. Tu aurais pu aller n'importe où, vers n'importe qui. Mais tu es venu vers moi. Nous n'avons jamais été amis ; je ne t'ai jamais donné aucune raison de penser que je ne te fermerais jamais la porte au nez. Apparemment, tu es venu pour quelque chose. Alors qu'est-ce que tu veux ? Tu veux que je tue Lucius pour toi ? Et pourquoi pas quelques uns de ses petits potes tant qu'on y est ? Ou veux-tu peut-être que j'écrive une lettre au ministre, non, Dumbledore, et mettre Lucius sous surveillance ? Le 'Garçon-qui-a-tué-Voldemort', sûrement sa parole sera entendue et crue. Nom de Dieu, tu veux peut-être que je me présente contre Lucius aux élections ? Ou pourquoi pas un sort de protection ? Un charme jeté sur sa mémoire ? Alors, c'est quoi, putain ?"

Harry savait qu'il avait crié. Il savait aussi qu'il s'était mis en colère de manière tout à fait irrationnelle, au moment le plus inopportun. Il savait encore qu'il était supposé consoler et réconforter Draco, mais il n'y arrivait pas. Il en avait marre de se sentir utilisé.

" Peut-être parce que j'ai pensé, tenta de reprendre plus calmement le blond, que toi, parmi tous ces gens, était le seul qui pouvait comprendre. Tout le monde attendait beaucoup de choses de moi, tout ça à cause mon père. Ils entendaient les rumeurs et pensaient qu'elles étaient toutes fondées. Ils pensent que j'ai eu une enfance parfaite ; c'est de la foutaise. Tous les aspects de ma vie ont été planifiés pour moi bien avant que je puisse penser. Avec qui je pourrais être ami, ce que j'étais supposé porter, comment me comporter, quand se lever le matin, quoi manger… La liste est longue. J'avais de l'argent, c'est vrai. J'avais un nom puissant, et tous les privilèges fournis avec. Mais sais-tu quel est mon premier souvenir ? C'est celui de mon père me giflant. J'avais renversé un verre d'eau sur la table du dîner – une table où je voyais difficilement par-dessus. Puis j'ai été jeté à terre pour avoir essayé de nettoyer ma bêtise – un Malfoy n'accomplit pas de tâche bassement ménagère. Puis j'ai perdu conscience quand j'ai osé demander pourquoi," récita Draco, tout signe de contrôle sur lui-même depuis longtemps perdu. Il était en colère, et ses yeux brillaient dangereusement. Harry, lui, n'avait pas l'intention de s'en arrêter là.

" Ça ne nous rend pas semblables pour autant. J'ai eu une enfance horrible aussi, mais ça ne m'a pas changé en connard. Le temps est venu pour toi de trouver une nouvelle excuse."

" Quand j'ai dit que je ne suivrais pas Voldemort, mon père a tenté de me reprendre, mais Dumbledore m'a protégé et m'a laissé rester à Poudlard. Il m'a dit que je ne serais pas obligé de partir mais il m'a menti. Quand mon père a vu que Voldemort allait perdre la guerre, il a vendu tous les secrets qu'il connaissait en échange de protection. Quand il a fait ça, Dumbledore n'avait plus aucune raison de me garder à ses côtés. Ils m'ont vendu pour toutes les choses que mon père savait ; j'ai été utilisé et je sais que tu l'as été également."

" Mais ça s'arrête là pour toi, non? Ils t'ont utilisé, peut-être, mais ils t'ont finalement oublié. As-tu la moindre idée de ce que ça fait d'être 'Harry Potter' ? Je déteste ça. Je déteste ne pas pouvoir me débarrasser de ça, et que toutes les histoires qu'on me raconte ne sont qu'un médiocre reflet de la vérité. On m'a toujours menti, toujours utilisé," balança en retour Harry, les bras fermement croisés sur sa poitrine.

" La seule vérité que j'ai toujours connue c'est que je hais mon père, autant que tu peux haïr Voldemort," rétorqua Draco avec conviction. " Comment c'était quand tu l'as tué?"

" Je n'ai pas à répondre à ça. Il n'y a aucun marché du genre 'tu me dis tes secrets et je te dirai les miens'"

" Bon sang Harry, si j'avais su que tu étais un aussi putain de paranoïaque…"

" Parfait !" s'exclama le brun, sa colère faisant voler en éclat toute sa confiance en lui. Malgré tout, il avait toujours voulu avoir une chance de s'expliquer et peut-être que Draco pourrait vraiment comprendre.


Ah mes aïeux, quelle intensité ! J'adore ce concours du 'j'ai été plus malheureux que toi', 'non, c'est moi qu'on a le plus utilisé'… A quand le jeu de 'celui qui a la plus grosse' (la plus grosse montre bien entendu… ah, fichtre Draco a vendu la sienne). Bon ben si vous voulez la suite, réclamez-la à grands cris !!!