Salut les Choupinous. Désolé du retard mais j'ai fait tout ce que j'ai pu pour poster dans les temps, mais avec les cours et ma vie perso, c'est la misère pour tout gérer. Donc avec Pampam on s'est déchiré ce soir pour vous rendre ceci. Il est 2h du mat et demain réveil à 7h : bénissez moi pour mon sens du sacrifice.

Cette troisième partie devrait beaucoup vous plaire, en tous les cas, elle permet de dénouer ce dialogue mouvementé entre nos deux jeunes éphèbes qui nous tient en haleine depuis 2 semaines.

Merci pour vos reviews d'encouragement, elles me permettent d'avoir de l'énergie pour poster si tard ! Un coucou à Lilou qui est une revieweuse assidue et la dépositaire du 70e commentaire. Très bonne lecture.


Disclaimer : le monde d'Harry Potter appartient à JKR. Cette merveilleuse histoire est la propriété d' IamtheLizardQueen. Vous pouvez d'ailleurs la joindre par mail pour lui dire tout le bien que vous pensez d'elle : melcej at gmail point com. Et la traduction m'appartient bien-sûr.

Warning : Rating M. A priori, il devrait y avoir deux hommes tous nus qui se font des bisous, des trucs et des machins… Donc, les homophones, les prudes et les âmes sensibles sont priés de quitter cette page.


Chapitre 4 : Face the Truth partie 3

O

O

" J'avais tord tout à l'heure, au sujet du fait que tu ne me devais rien en restant ici. Il me semble que si tu te mets à me hurler dessus, à m'humilier, je vais devoir exiger une compensation.", dit Harry.

Draco se débattait pour empêcher les mains de Harry d'encercler sa gorge, pour empêcher son corps de glisser à travers la pièce jusqu'au mur. Ce fut une cause perdue face à la force inhumaine qui habitait Harry à ce moment là : il le cloua au sol sans aucune autre forme de procès. Draco grogna lorsqu'un poing se logea dans son estomac, puis dans ses côtes. Ils roulèrent jusqu'à une cloison et la tête de Draco heurta une plinthe dans un bruit sourd. Dans un dernier geste de désespoir, il balança son poing dans le visage de Harry, atteignant violement son nez et faisant voler ses lunettes au sol. Un filet de sang apparut et coula jusque sur le menton du brun. Draco tenta de le frapper encore mais Harry intercepta son poignet et le coinça contre le mur dans une position maladroite et douloureuse. Le blond essaya dans une poussée de se dégager de la prise mais rapidement ses deux mains se retrouvèrent épinglées au dessus de sa tête, avec un Harry se rapprochant dangereusement, ses yeux verts plus vivants que jamais et tout aussi déments. Draco ferma les yeux, appréhendant la venue du point sur son visage.

Des lèvres sèches fondirent sur les siennes. C'était dur, meurtrissant et tout simplement punitif : cela faisait mal. La pression autour de ses poignets et sur son ventre lui donnait l'impression de s'enfoncer dans le sol. Les lèvres frappèrent encore les siennes les pinçant avec des dents blanches et acérées, le blessant, alors que le Serpentard ouvrait la bouche sous l'intrusion.

Il ne pouvait pas s'en empêcher; les sentiments étaient trop forts et le submergeaient totalement. Draco se sentit capituler alors qu'il se défendait encore faiblement contre Harry. Une langue caressa sa bouche, luttant contre la sienne, le dévorant, lui mettant la tête à l'envers et le laissant gémissant. Et puis aussi imprévisible qu'elle était arrivée, la langue de Harry se retira, et Draco put enfin respirer, ne sachant pas comment il avait pu se retenir jusque là. A ce moment, le bésiclé mordit durement la lèvre inférieure du blond, jusqu'au sang, avant qu'il ne se retire avec dégoût

Le silence régnait, seulement brisé par le son des respirations saccadées. Draco vit Harry se mettre en boule, enveloppant ses bras par dessus sa tête comme pour refouler physiquement des sentiments qu'il préférait égarés dans un coin oublié de son esprit. Draco porta ses doigts à sa bouche et grimaça. Il essuya le sang d'un revers de main et s'assit,

" Pourquoi?"

" Parce que je ne suis pas parfait", dit Harry, laissant tomber sa tête entre ses genoux. Il commença à trembler et hoqueter; le fait que Harry ne pleure pas était pire pour lui que de le voir extérioriser à grandes larmes ses peines. Draco savait se trouver face à un choix : s'installer à cette place vacante et prendre ce qu'il y avait à prendre, ou se protéger en restant loin de tout ce qui concernait Harry. C'était sa chance d'être enfin quelqu'un à nouveau, de faire face à la vie. La vue d'un Harry se déversant de son âme, par terre, rendit le choix facile.

Draco se leva et rejoignit Harry, s'écroulant à côté de lui. Il enlaça le brun par les épaules, lui caressant doucement le dos de haut en bas en signe de réconfort. Il sentit Harry frissonner et commencer à paniquer, et Draco le serra davantage, le contraignant encore plus profondément dans l'étreinte. Avec un petit gémissement, Harry eut le sentiment de se rendre, se couchant légèrement dans les bras de Draco et se raccrocha à son torse. Draco ne broncha pas laissant le temps à Harry de comprendre ce qu'il voulait.

Harry enfouit son visage dans le cou de Draco, comme s'il voulait se rendre aussi petit que possible et disparaître dans la chaleur qui lui était offerte. Quand il parla, sa voix était éraillée, comme épuisée.

" Je t'ai frappé ", dit Harry.

" Oui tu l'as fait", répondit calmement Draco.

" Je t'ai hurlé dessus, je t'ai mordu, je t'ai embrassé", continua Harry, comme s'il ne pouvait croire avoir commis de tels actes.

" Entre autres oui", dit le blond.

" Alors pourquoi tu ne t'en vas pas? Tu étais supposé partir", reprit Harry plaintivement.

" Et depuis quand je fais ce que tu me dis de faire, Potter?" dit Draco avec arrogance. Harry, bizarrement, se sentit presque rire. " Oh, et crois moi quand je te dis que je te revaudrais cette raclée ? Pas maintenant bien sûr, mais un jour. Je pense savoir pourquoi tu as fait ça. Tu veux me donner ta version?"

" Je sais pas pourquoi."

" Bien sûr que tu le sais", dit Draco avec force.

" Peut-être pour te montrer que je ne suis pas parfait. Te donner une excuse valable pour partir, parce que je déteste les choses que tu me fais ressentir. Bordel, c'était sans doute pour savoir comment t'allais réagir, putain comment je peux savoir ?"

" Peut-être que c'était juste de la haine," suggéra Draco. " Certains jours je te hais plus que tout. Je hais que tu me fasses me sentir faible, hais que tu me fasses vouloir des choses que je ne peux pas avoir, hais que je sois sans aucun pouvoir face à toi. Et plus que tout, je te déteste pour me donner de l'espoir – j'aurai dû renoncer il y a longtemps mais tu as de la chance je ne l'ai pas fait, pour toi. Je te déteste de m'avoir rendu vivant. Et merci de l'avoir fait aussi."

" Ca va vraiment faire mal un peu plus tard. Et je ne parle pas des bleus," dit finalement Harry.

" Ouais. Tout va s'effondrer probablement. On est bon à rien d'autre."

" Alors je suppose… que nous allons essayé de toutes nos forces de ne pas échouer," bégaya Harry. Il savait qu'il demandait ni plus ni moins à Draco que de lui faire confiance. Il savait combien c'était dur pour Draco de la lui accorder, et ce que cela signifiait pour lui. Il savait qu'il s'exposait au refus du blond, mais il n'avait pu empêcher les mots de sortir de sa bouche.

" Je n'ai jamais échoué," lança Draco avec une conviction soudaine. A son ton, il vit les yeux de Harry s'agrandir de stupéfaction, et il profita de ce moment suspendu pour faire courir ses doigts sur le visage du brun qui commençait à se tuméfier.

" Je t'ai vraiment griffé," dit Draco soudainement, brisant l'instant. Il sourit malicieusement.

" Oh s'il te plait, je t'ai laissé me toucher. C'était trop embarrassant de te dominer si facilement." Rétorqua le Gryffondor.

" Là maintenant, je parie que je peux te retourner comme une crêpe en moins de deux," se vanta Draco.

" Oui sans problème," dit Harry. Draco se rengorgea satisfait, et le brun eut un sourire espiègle. " Parce que je t'aurais laissé faire."

Draco renifla de dédain, et surpris Harry en le faisant tomber sur le sol. " Tu vois? J'ai gagné. Estime-toi heureux que je n'aggrave pas davantage les dégâts que je t'ai fais au visage."

" Et pourquoi pas?"

" Parce que ton visage est assez horrible comme ça, même sans les bleus," Draco ricana. " Je pense que c'est le moment cliché où je suis supposé t'embrasser."

" Oh?" dit Harry, tachant de ne pas paraître affecté.

" Nous sommes émotifs, l'adrénaline est à son comble, et je t'ai plaqué au sol. Oui, ce serait parfaitement logique que je t'embrasse maintenant." révéla Draco, allumant brièvement une petite étincelle dans les yeux verts de Harry. " Mais ce combat n'était pas à propos de sexe et je ne veux pas de confusion entre les tenants et les aboutissants."

Draco s'appuya légèrement sur la cage thoracique de Harry pour se remettre sur ses pieds. Il tendit une main secourable au brun pour qu'il se relève.

" Et quels sont les tenants exactement?" demanda Harry l'esprit encore embrouillé. A un moment il voulait une chose et l'instant d'après il en voulait une autre à l'extrême. Son esprit était dans un tel état de confusion qu'il se sentait comme un enfant qui aurait besoin d'une main directrice. Il se frotta les yeux, espérant que sa lutte précédente contre ses propres larmes ne soit plus visible.

Draco sembla réfléchir à la question pendant un moment avant de dire tranquillement, " Que tu ne veux pas être celui que tu es et que je ne sais pas qui je suis."

Le silence gratifia cette assertion, avant que le Gryffondor ne murmure un morne et sarcastique, " Profondissime."

Draco put observer un Harry qui essayait tant bien que mal de garder un visage rigide alors qu'il ne pouvait s'empêcher de sourire.

" C'est tout ce qu'on récolte quand on achète du vin bon marché," dit Draco.

" In vino veritus," murmura Harry.

" Il est l'heure d'aller se coucher," reprit Draco. Il prit Harry par la main, le menant jusqu'à la chambre. Harry le suivit silencieusement. Il était content pour une fois de laisser quelqu'un prendre les décisions et de le soulager de ce fardeau. Quelque recoin obscur de son cerveau lui rappela les arrangements en cours en matière de couchage. "Je suis sur le canapé, tu te rappelles ?"

" Est-ce que l'on doit vraiment maintenir cette illusion plus longtemps?" demanda Draco. " Tu m'as embrassé, bien que très durement. Je sais ce que cela signifie, même si je suis trop en colère contre toi, à cause de l'état de mes lèvres, pour te rendre la pareille."

Harry rougit, et s'éclipsa dans la salle d'eau pour se mettre en pyjama avant que Draco ne le remarque. Il se brossa les dents et évita avec succès de se regarder dans le miroir – il avait suffisamment eu son compte en matière d'introspection pour ce soir. Il grimpa dans le lit quand Draco alla se brosser les siennes. Le blond s'absenta pendant un petit moment.

" Je t'assure que tu te pomponnes au delà de la normale pour n'importe quel être humain," dit Harry quand Draco se coucha dans son côté du lit. Inconsciemment, ils se tenaient aussi loin que possible l'un de l'autre ou en tous les cas autant que les extrémités du lit le permettaient, même si cela aurait pu paraître incroyablement vieux jeu. Ce n'est pas parce que leur altercation avait ouvert de nouvelles perspectives que ça signifiait qu'ils étaient prêts à les assumer.

" Le look 'Je viens juste de sortir du lit après un rêve particulièrement humide' marche peut-être pour toi, mais nous ne sommes pas tous aussi chanceux," dit Draco d'une voix endormie.

" Tu sais, c'est pas la première fois qu'on me dit que ma coupe de cheveux donne cette impression," répliqua le binoclard. Draco renifla de dédain, enfonçant sa tête dans son oreiller. Maintenant c'était l'heure de dormir, et visiblement Harry n'avait pas compris toute la subtilité de la chose.

" J'aurais dû te claquer la porte au nez quand tu es arrivé; ça aurait été la chose la plus intelligente à faire."

" Personne n'a dit que tu étais futé," dit Draco, l'insulte venant quasi automatiquement. " Maintenant, laisse-moi dormir, ou je te renvoie sur le canapé."

" Et comment tu vas m'y obliger? Avec tes bras de fillette?"

" Si y'a une fille ici, c'est toi, parce que tu ne veux pas la fermer."

Harry roula des yeux d'exaspération, " Bonne nuit, Draco."

"Ce pourrait être le cas si un certain rustre voulait cesser de piailler," marmonna Draco. Il mit son oreiller sur sa tête, et mit efficacement fin à toute conversation éventuelle.

Harry fixa le plafond, essayant de ne pas sourire. En fait, la façon dont ils étaient devenus proches était impensable: à tel point que Harry avait prédit la façon dont Draco allait lui dire bonsoir. Peut-être qu'il connaissait mieux Draco Malfoy qu'il ne le pensait, réalisa-t-il.

Quand Harry se réveilla le matin suivant, il était dans son lit, ce qui était une expérience qu'il n'avait pas vécu depuis un certain temps. Il pouvait aussi sentir l'odeur du petit-déjeuner et envisagea de se lever. Après une vingtaine de minutes à comater dans la chaleur de ses draps, il se mit sur ses pieds et se dirigea en cuisine.

Draco était perdu dans ses pensées, et n'entendit pas Harry se lever. Quand le brun bailla sans retenue en se vautrant dans une chaise, toujours vêtu du boxer et du t-shirt dans lesquels il avait dormi, et sans ses lunettes, le système nerveux de Draco envoya tellement de signaux électriques qu'il lui fût difficile de rester immobile.

Draco se rappela du moment où il avait dit à Harry qu'il n'avait jamais ressenti vraiment d'attraction pour qui que ce soit. C'est comme s'il avait passé sa vie entière avec un voile devant les yeux alors que les autres étaient bien voyants. Il se souvint de lui-même arpentant les couloirs de l'école, remarquant ses compagnons qui se retournaient sur les passantes poudlardiennes avec une attention non feinte, alors qu'il n'avait jamais été enclin à le faire. Il se remémorait avec clarté toutes les occasions où ses amis parlaient du look ô combien attirant d'une célébrité, combien ils aimeraient avoir un rencard avec une personne qu'ils connaissaient ou combien quelqu'un pouvait être sexy, mignon. Et cela le laissait dans un état de vague confusion. Il ne comprenait tout simplement pas comment cette même attraction pouvait capter toute l'attention de ses camarades de classe. L'amour était encore plus difficile à se figurer. Il ne pouvait pas envisager comment les gens pouvaient faire des choses aussi folles, idiotes, imbéciles en son nom. Draco s'était toujours senti comme un marginal : il observait les habitudes et les rituels des gens autours de lui sans jamais pouvoir y participer.

Parce qu'il ne comprenait pas l'attraction. Parce qu'il ne comprenait pas que le cœur palpitait dès le premier instant où le regard croisait l'objet de son affection. Parce qu'il n'avait jamais ressenti cette sensation vertigineuse qui vous rendait incapable de penser, et vous collait le sourire le plus ridicule sur votre visage, en reconnaissant simplement la voix de cette personne. Il n'avait jamais expérimenté l'état d'esprit d'un homme complètement amoureux, capable de tout faire pour satisfaire l'autre, le protéger, et juste être prêt de lui. Non, il ne l'avait jamais ressenti – jusqu'à maintenant.

Le voile avait été soudainement et sauvagement arraché de ses yeux, et il s'avançait en clignant des yeux dans ce monde nouveau et éblouissant. Parce qu'il ressentait tout ce dont il n'était pas conscient avant : chaque réaction, les envies étranges, toutes les pensées obscènes, la passion, et le désir, et le besoin, tout au même moment, et tout ça parce qu'il regardait Harry.

Harry vint croiser son regard, et vit cette étrange expression dans les yeux de Draco, et se dandina dans sa chaise sous cette oeillade intimidante. Il eut l'impulsion soudaine de démêler sa coupe de cheveux 'saut du lit' et de lisser le vieux t-shirt qu'il portait. Il avala le toast qu'il était en train de mâchouiller, quelques miettes tombant sur la table, et dit grincheusement,

" Quoi? Y'a un truc qui cloche sur mon visage?"

Draco se demanda s'il pourrait supporter les palpitations de son coeur, s'il pourrait émettre un quelconque son, passée cette douloureuse sensation de noeud qui lui prenait la gorge. Sa voix, quand il put enfin parler, lui vint rauque comme s'il n'avait plus l'habitude de l'utiliser.

" Il n'y a rien qui cloche chez toi, Harry," Draco marqua une pause, pour mettre ses idées au clair. " Et je viens juste de le remarquer."