Chapitre deux : une faille dans l'organisation de cette vie si bien réglée...
Le lendemain, Mihnéa se leva et réveilla Vlad, qui dormait encore.
- Vad, hé Vlad, réveille-toi !
- Gnééé ?
- Debout ! Je sais que t'aime pas te réveiller tôt, mais papa t'as invité ! Allez, debout !
Vlad : Ah, voui, c'est vrai. Bon, quand il faut y aller...
Les deux frères descendirent à la rivière avec le sceau en bois, enlevèrent leur pyjamas, puis sautèrent dans l'eau. Il n'y avait que comme ça que l'on pouvait se doucher, du moins pour des enfants. Sortant de l'eau fraîche, ils se séchèrent puis s'habillèrent. Mihnéa affectionnait les vêtements sombres, contrairement à son frère qui aimait les habits colorés. Les vêtements de Mihnéa étaient un pantalon noir, avec un t-shirt de la même couleur, contrairement à son frère qui portait un short bleu et un haut vert bouteille. Les enfants n'avaient jamais compris pourquoi ils étaient les seuls à porter ce genre de vêtements. Les paysans du château portaient, eux, des grands pantalons, et des grands tricots, que leurs parents appelaient « pourpoints ». Maintes fois, la mère avait répété à ses enfants de ne pas poser de questions, puis elle grommelaient généralement des choses comme « pas ma faute si on est en avance sur notre temps ! ».
Enfin prêts, ils descendirent manger. Le menu était composé de pain, et de lait servis dans leur coupe d'or habituelle. Une heure après s'être levé, les deux bambins étaient devant l'armure. Ils entrèrent dans la salle et Mihnéa se cacha dans un coin, comme ils avaient dit. Peu après, leur père arriva. Dès qu'il vit Vlad, son sourire s'agrandit de plus en plus. Il le prit par l'épaule et l'amena au centre de la pièce. Là, il lui défit son col, dégagea son cou et... Le mordit violement. Vlad, pas prévenu, se laissa faire durant une minute, trop abasourdi pour réagir. Puis il repoussa son père et courut vers la sortie. Mais parce qu'il avait perdu trop de sang pour sa taille et son âge, il s'effondra par terre avant d'avoir fait dix mètres. Mihnéa, lui, dans son coin, luttai contre les larmes. Cela lui semblait impossible. Son père avait mordu son frère ! D'ailleurs, il se penchait vers Vlad. Il le prit dans ses bras, lui examina le cou et le reposa par terre. Le forçant à ouvrir la bouche, il se mordit son propre bras, et laissa quelques gouttes tomber dans la gorge de son fils. Apparemment satisfait du résultat, il s'en alla, avec un sourire encore plus grand qu'à son arrivée.
Dès que son père fut parti, Mihnéa se rua vers son frère. Il posa sa tête sur sa poitrine, heureux d'entendre battre le coeur de la personne la plus importante pour lui. Il examina à son tour le cou de celui-ci, comme son père avait fait avant. Dessus, deux marques sanglantes étaient imprimées. Ce qui était bizarre, c'est la vitesse à laquelle cette blessure se refermai. Ainsi, cinq minutes plus tard, la blessure avait totalement disparue, et Vald semblait reprendre ses esprits. Mihnéa, rassuré, le soutint jusqu'à leur chambre, située par chance au rez-de-chaussée. Il l'allongea sur son lit, le borda et quitta la chambre sans bruit. Il vagabonda pendant une dizaine de minutes, ne sachant pas que faire. Soudain, il entendit des voix.
-... pour le garçon, c'est bon, il ne manque plus que l'autre.
- Mais, mon cher, ne vaut-il pas mieux attendre encore un peu, vous risquez de tomber malade ! Et puis, j'aimerai avoir une journée entière avec mon fils encore humain, pas comme l'autre, que vous avez transformé sans m'en parler ! Vous pensiez que j'aurais interféré ?
- Madame, si vous voulez, j'attendrai jusqu'à demain, pour vous faire ce plaisir. Et aussi, par la même occasion, pour me faire pardonner, même si je sais bien que vous n'auriez rien fait.
- Merci mon cher.
La porte s'ouvrit, Mihnéa s'enfuit. Il n'avait pas bien compris, seul comptait le fait qu'il avait encore un jour pour échapper à quelque chose. Mais quoi ? Il eut la réponse en retournant voir Vlad.
