Petit changement dans la rédaction mais aussi changement de rédactrice à vous de deviner de qui il s'agit.
Merci pour vos petits commentaires.
Bonne lecture !
Vœux d'anniversaire.
Par Trois poissons rouges.
Chapitre 2
Un flash, deux flashs.
C'est toujours la même rengaine. Jour après jour. Ça ne change jamais.
Face, profil, trois quarts.
J'ai l'impression de passer mes journées à ne faire que ça. Il y a quelques années, cela m'amusait. Je venais avec le sourire. Je prenais plaisir à faire mon travail. Mais à présent, je ne sais plus où j'en suis.
Debout, assit, allongé.
J'obéis bêtement aux ordres que l'on me donne. Je le sens, ça va bientôt me tomber dessus. Il a ce regard qui veut tout dire. Qu'il n'est pas satisfait. Y a de quoi. Je ne le suis pas non plus. Sauf que moi, ça va faire un moment que je m'en suis rendu compte.
Il plisse les yeux, fronce le nez. Quelque chose ne va définitivement pas. Mais va-t-il y remédier ? Il prend encore quelques shoots, puis non, ça ne va vraiment pas.
"Cessez tout ! On arrête tout !"
Il fait degrands gestes en direction des personnes qui travaillent dans l'ombre. Il est le maître des lieux et il le sait. J'attends juste patiemment que ce soit mon tour. Apparemment je n'aurais pas à attendre longtemps. Ça a l'air d'être à moi. Il pose son regard sombre sur ma silhouette, remet ses mèches ébène en place et vient se placer à quelques centimètres, une main sur la hanche.
"Ce n'est pas bon du tout ! Tu as dormit cette nuit ? Ce n'est pas possible. Y'a aucune grâce. Où est passée ton assurance, ton 'grrr' ?"
Je le regarde en penchant la tête sur le côté. Je ne sais pas ce qu'il a fumé ce matin mais il n'est pas net. Et puis, y'a pas idée aussi de faire venir toute l'équipe à huit heures pour une séance de shoot. J'étais mieux au lit. Seul. Bon d'accord, mais tout de même, j'y étais mieux qu'ici.
"Ces vêtements te vont très bien, ils sont glamours. Il faut donc que tu sois dans la peau des personnes voulant porter ce style."
C'est ça. Je suis mannequin, pas psychologue non plus. Comment il veut que je sache qui porterait ce genre de vêtement ? Les gens font tellement n'importe quoi de nos jours avec la mode. Aujourd'hui je suis en bad boy sorcier, avant hier j'étais en garçon des rues moldu et demain, en quoi ? En Lord du XIXème, qui sait ? Cela dépendra de l'agence. Alors me mettre dans la peau des gens, non merci. Je tiens encore au peu de santé mentale qu'il me reste.
"En tout cas, tu n'es vraiment pas dans ce que tu fais."
On se demande où il a vu ça ? Il lui en aura fallut du temps !
"On reprend, tout le monde en place."
Et c'est repartit. Même pas une pause, un peu de poudre, de maquillage, un coup de peigne ? Non. Bon, ben autant finir rapidement la séance histoire que j'aille me recoucher pour de bon. Je serais mieux sous ma couette. Je réprime un bâillement avant de me résoudre à exécuter ce qu'il veut vraiment.
"C'est mieux, beaucoup mieux. Voilà, parfait. Un peu plus à droite, à gauche maintenant. Ce regard. Voilà, c'est tout à fait ça. Grrrrr."
Je vais lui en coller des 'grrrr'.
"Bien, très bien mon chou. Continues comme ça. Cette ligne. Tu vois quand tu veux."
Comme il l'a dit, quand je veux.
Il fait encore quelques shoots et s'arrête. J'espère. On dit que l'espoir fait vivre. C'est finit ? Il retire la pellicule. Il réfléchit. Merlin, qu'il a le cerveau lent. Une minute, deux minutes. Tout le monde attend le verdict. Et le soulagement.
"Vous pouvez ranger ! Harry, c'était très bien sur la fin."
Je soupire. Sauvé.
Je me présente, je suis Harry Potter, j'ai 26 ans, je suis mannequin pour une agence mi-moldu mi-sorcière et ça fait cinq ans que je suis dans le métier. Que du plaisir.
¤
Je rentre chez moi las de cette matinée. Pourtant, ce fut court. Trois heures. Ce n'est pas long, trois heures. Sauf si on calcule ce qu'on aurait pu faire durant. Donc moi, qu'aurais-je pu faire ? Dormir ? Bonne option. Me boire une bonne tasse de chocolat chaud dans le canapé devant la télévision ?Aussi. Ecouter de la musique ? Ouais. Et le tout, tout seul. Non. En fin de compte, j'étais mieux au boulot.
Je fais tourner mes clés dans ma main. Il me reste juste quelques mètres avant d'arriver à mon loft. Lunette de soleil, casquette, dernier look à la mode, personne ne sait que je vis ici. A part mes amis. J'ai réussi à garder un certain anonymat grâce à ma magie. De toute manière, dans le quartier où je vis, il ne devrait pas y avoir de soucis.
J'ouvre la porte pour entrer dans un hall tout propre, carrelé jusqu'au plafond. On peut se voir dedans tant il est clair, brillant. Je récupère mon courrier, quelques paperasses et deux plis. Je prends le tout et monte dans l'ascenseur. Dernier étage. Je regarde mes lettres, la première vient de l'agence, la seconde, de Rémus et Tonks. Je sors de l'ascenseur et ouvre la porte de mon appart'.
Je retire casquette et lunette solaire avant de jeter la paperasse directement dans la corbeille prés de l'entrée. J'en ai mis une pour me débarrasser plus vite de ce qui me gêne. Je me laisse tomber dans le canapé et lis la petite lettre.
Harry,
Comment vas-tu ?
Nous, tout va bien. Dorémi grandit toujours mais elle réclame son parrain. C'est fou ce qu'à 7 ans elle grandit vite. En tout cas, elle ne peut se passer des magasines dont tu fais la Une. Elle t'adore, tu sais ? Nous pensions faire un dîner à la fin de la semaine avec tout le monde. Vendredi soir, 20h, chez nous.
Pourras-tu venir ?
Nous espérons que oui.
En attendant ta réponse, passe une bonne journée.
Rémus Lupin.
Je tourne la lettre dans tous les sens en réfléchissant. Vendredi soir ? Il n'y a rien, du moins je le pense. Sinon, on m'aurait prévenu d'un éventuel dîner. Je ne risque donc rien à répondre par l'affirmative. Ça me changera peut-être les idées de revoir tout le monde. Je pose le message et regarde mon appartement. Grand, spacieux, design. Que désirer de plus ? Tout est blanc, réfléchissant la lumière venant de la large baie vitrée. Au mur, il y a quelques clichés de moi, mais sinon, ce ne sont que des peintures d'art abstrait que j'ai trouvé lors d'une exposition. Hermione n'a pas compris pourquoi j'avais claqué autant d'argent dans ces toiles. Mais moi, je les trouve très réalistes, elles représentent le vide intersidéral de ma vie. Le néant total. Toujours en noir et blanc. Il n'y a que ça ici, du noir et du blanc.
Je me lève pour aller prendre un verre dans la petite cuisine américaine dernier cri. Je le glisse dans le distributeur du réfrigérateur, de l'eau coule dedans. C'est fou ce que la vie est simple. Il suffit de presser un bouton pour avoir de l'eau. Je n'utilise pratiquement plus la magie. Je me contente de vivre une routine ennuyeuse, seul.
Ma vie est un désastre, disons-le clairement. Hermione m'a même conseillé d'aller voir un psychologue. J'ai refusé. Elle voulait que je lui dise quoi ? « Bonjour monsieur, vous savez, ma vie est quelque peu étrange. Lorsque j'étais petit, j'ai anéanti un méchant sorcier. Pour me remercier, on m'a confié à mon oncle et ma tante, et j'ai été un enfant martyr jusqu'à mes onze ans où on a décidé de bouleverser ma vie. J'ai découvert que j'étais un héros. S'en suivit de nombreuses aventures plus périlleuses les unes que les autres. La mort ne cessait de m'entourer. Jusqu'au jour où j'ai décidé d'aller de l'avant. Je l'ai terrassé. J'ai de nouveau été adulé, glorifié et je suis devenu mannequin. »
Tu parles, il se serait fendu la poire, c'est le cas de le dire. Ma vie est pitoyable. J'aimerais tellement pouvoir retourner en arrière, retrouver ce qui me faisait sourire lors de mes vingt ans, ce qui m'a fait devenir mannequin, ce qui m'a fait rater ma vie. Et surtout changer la déco de ce lieu.
Je soupire. Le jour où je ferais les choses comme il faut n'est pas encore venu. Je finis d'une traite mon verre et me rends dans ma chambre. Toute aussi chaleureuse que le reste de mon loft. Un grand lit, des meubles à la mode avec des formes quelques peu étranges, dont une lampe qui s'entortille sur elle-même pour former une sorte de serpent. Je m'approche du bureau, ouvre le tiroir pour en tirer un agenda et un stylo. Je griffonne rapidement le dîner avant de me diriger d'un pas traînant vers la cheminée dans le salon. Je prends un petit pot en porcelaine - offert par Ginny - prends un peu de poudre et la jette. Je donne l'adresse du couple et passe ma tête. Il est là, dans son salon. A mon avis, il attendait ma réponse.
"Bonjour Harry.
- Bonjour Rémus. Je ne dérange pas ?
- Non, pas du tout.
- Il me fait un grand sourire avant de fermer son livre.
- Je viens te donner ma réponse pour le dîner. Je n'ai rien ce jour là, donc ça ne pose pas de problème.
- Dorémi sera contente de te voir.
- Moi aussi. Mais dis moi plutôt, qui sera là ?
- Il semble réfléchir avant de me répondre.
- La famille Weasley au complet.
- C'est vrai que c'est plus simple pour résumer.
- Oui.
- Dois-je apporter quelque chose ?
- Je ne te conseil pas de le faire si tu ne veux pas avoir à faire à la maîtresse de maison.é
Je ris quelques secondes avec lui avant d'entendre le téléphone sonner dans mon appartement. Je soupire et regarde Rémus l'air désolé.
"Je vais devoir te laisser, ça doit être l'agence.
- Tu devrais prendre des vacances.
- Et pour faire quoi ?
- Te délasser.
- Mouais, on en reparlera. Au revoir Rém' et merci pour le repas.
- De rien."
Et je retourne dans mon appart. Je remets une mèche en place et je vais décrocher. Je réponds et éloigne le combiné de mon oreille.
"HARRY ! POURQUOI TU NE REPONDAIS PAS NON DIEU ?!
- Je parlais avec quelqu'un.
- Ah ? Je croyais que toi et tes voisins n'étiez pas en très bon terme.
- Mais ce n'était pas mes voisins."
Il y a un silence de l'autre côté, je décide de le briser, j'aimerais qu'elle en vienne aux faits.
"Et pourquoi j'ai le droit d'entendre ta si jolie voix ce midi ?
- Ah oui c'est vrai. J'ai besoin de ta signature pour un nouveau contrat.
- Maintenant ?
- Oui maintenant. Le contractant est même dans mon bureau, là devant moi."
Elle lui montre une bonne image d'elle alors. Me crier dessus au téléphone devant un client. Décidément, elle n'en rate pas une. En attendant, moi je fais quoi ? Je voulais me faire à manger tranquillement et me laisser crever sur le canapé tout l'après-midi en regardant la télé d'un œil morne.
"Harry, tu as cinq minutes pour venir."
Et le merveilleux son qui indique que la conversation vient d'être coupée se fait entendre dans mes oreilles. Je n'ai pas le choix. Adieu repas, glandage devant la télé. Même pas le temps de passer sous la douche pour virer tout le maquillage de ce matin. Quelle plaie.
¤
Je ferme la porte du bureau, décidément, cette vieille vache aura ma peau. Et vas-y que je te fasse le beau devant le client, et va-y que je te vende comme un bout de viande en ventant tes mérites pour avoir une petite compensation ensuite si tout marche bien. Je la hais. C'est définitif. Il n'y avait que trois choses que je déteste. Voldemort. Mais il est mort. Les mangemorts. Pratiquement tous en prison. Cho Chang. Si je la revois passer dans ma vie, je l'avadakedavrarise. Et maintenant mon manager. Je vais la prendre pour cible lorsque j'aurais besoin de m'exercer avec ma baguette. Pourquoi Nadya est-elle partit ?
Une main se pose gentiment sur mon épaule. Je tourne la tête pour tomber sur un modèle, tout comme moi, un peu plus vieux. Il a été là pour m'épauler lorsque je me suis lancé dans le mannequina. Toujours présent, comme un mentor. Il est assez grand, bien plus que moi, les cheveux tantôt bleutés, tantôt rouges. Il va sur la trentaine et pourtant, il est toujours aussi gamin.
"Quelque chose ne va pas ?"
Je lui montre la porte et il sourit.
"Je vois, l'ogresse a encore frappé.
- Tu parles. Je vais lui faire bouffer son contrat."
Il se met à rire.
"Allez, ça te dirait d'aller boire un café en face.
-Pas de refus."
J'ai oublié de préciser, mais il s'appelle Nicolas Douet, il est français et est venu s'installer en Angleterre pour le travail de sa petite amie, maintenant femme. Et il est moldu à part entière mais Nathalie, elle est sorcière. Il faut savoir faire des compromis. Il ne savait pas qui j'étais au début, à force, il l'a apprit avec les journaux, mais il n'a pas changé sa façon de me voir. Je suis toujours le petit modèle qui a débarqué un beau matin, le sourire aux lèvres mais de la tristesse dans les yeux.
Assit au café, nous parlons tranquillement. Il a toujours un mot pour rire, un compliment, un mot réconfortant. Lors de mes débuts, c'est lui qui m'a protégé. Autant dire que même pour Harry Potter, devenir une idole de la mode est dangereux. Entre les stalkers, les fans, les hystériques, on voit passer de tout. A présent, ça c'est un peu calmé avec le temps, mais il m'arrive encore de me faire harceler. Et avec le dernier contrat que je viens de signer, ça va être l'enfer, je le sens.
"Tu m'as l'air bien ailleurs.
- Je réfléchissais juste à la bêtise que je viens de faire.
- Tu parles de laquelle ?"
Je fais la moue avant de mettre un sucre de plus dans mon café.
"Je blaguais, tu penses à ton contrat.
- Ouais. Il a l'air sympa, mais c'est tout de même une grande chaîne.
- Sorcier ?
- Les deux.
- En effet. Tu risques de te retrouver sur les bus et sur le chemin de traverse.
- C'est la dernière chose que je voulais…
- Allons allons."
Il me fait un sourire malicieux. Je vois ce qu'il sous-entend, mais ça ne sert à rien. Ce n'est pas mon travail qui me fera rencontrer l'amour. Je suis seul et je risque de le rester encore quelque temps.
"Je suis sûr que tu la trouveras.
- De quoi ?
- Cette personne qui te fera vibrer.
- J'en doute."
Je finis mon café. Ce que me dis Nicolas me touche. Mais je ne me fais pas d'illusion, cette personne n'existe pas.
¤
S'il y a bien une chose que je dois dire sur ce nouveau contrat, c'est que j'aime la coupe de leurs vêtements. Léger, agréable à porter, discret mais en même temps original. Le couturier et patron est gentil. Il m'avait l'air un peu dur dans le bureau mais en fin de compte, il ne l'est pas. La maquilleuse s'est amusée avec mes cheveux. Elle m'a dit qu'elle n'avait jamais vu un tel nid et comprenait comment j'arrivais à avoir un tel effet sur les photos qu'elle avait vu. Elle n'a pratiquement pas touché à mon visage, trouvant que le naturel m'allait mieux. Quant au photographe, il m'a sourit en me disant que j'étais craquant mais que je n'avais pas intérêt à m'approcher de Davis, le contractant, c'était son mec. J'ai eu sur le coup l'impression de retourner des années en arrières, il ne manquait que Nadya pour compléter le tableau.
La séance, bien au contraire, ne m'a pas semblé longue pour un sou. Je me suis décontracté et j'ai donné tout ce que j'avais. Dans ce genre de vêtement je n'ai pas de problème pour me mettre dans la peau de la personne qui le porterait, parce que j'aime beaucoup.
Un sourire. Je penche la tête. J'enfile une veste.
Les shoots continuent non-stop. Le photographe, Marc, me fait quelques signes de la main mais il me laisse aussi prendre les pauses que je veux. Je crois que dans cette équipe, c'est le naturel qui prône.
La séance passe trop vite à mon goût, j'étais bien. Un court instant dans ma vie maussade.
"Parfait. Je crois qu'on a tout ce qu'il faut. Merci Harry."
Marc me fait un sourire avant de commencer à ranger son matériel. Davis discute une minute avec lui avant de venir me voir. Il me regarde de haut en bas avant de sourire.
"Marc m'a dit que c'était une joie de travailler avec vous. Je crois que j'ai fait un bon choix en vous prenant.
- Moi, je dois vous avouer que ça faisait longtemps que je ne mettais pas sentit aussi bien devant un appareil.
- Comme ça le plaisir fut partagé. Si le modèle ne partage pas son enthousiasme avec le photographe, alors les photos seront fades.
Il tient beaucoup en estime son compagnon, c'est un beau couple.
"Nous serons sûrement amenés à retravailler ensemble. Du moins, je l'espère vraiment.
- Moi de même."
On se sourit. Si je croisais dans mon métier des gens comme ça tous les jours, alors oui, peut-être que j'arriverais à sourire naturellement pour un oui comme pour un non. Peut-être.
¤
"Harry, tu es en retard !"
Je passe une main dans mes cheveux. J'y suis pour rien. Je regarde ma montre, en effet, j'ai vingt bonnes minutes de retard sur l'heure prévue pour le repas.
"Empêchement de dernière minute.
- Encore elle ?
- Oui."
Hermione se pousse de devant la porte en soupirant. Elle sait tout de ce qui se passe dans ma vie. Par conséquent, tout sur mon manager qui me prend la tête depuis le départ de Nadya. Elle me prend ma veste et la met sur le fauteuil de l'entrée. Elle me conduit ensuite jusqu'au salon où tout le monde se trouve déjà. Je comprends en entrant pourquoi Tonks n'est pas venue m'ouvrir. Dorémi est royalement installée sur ses genoux. Lorsqu'elle me voit, la petite me saute dessus en criant mon nom. Je l'attrape et l'embrasse sur le front. Elle est mignonne et pleine de vie. Elle ressemble beaucoup à sa mère.
Je salue ensuite les autres. Il y a Hermione que j'ai déjà vu à côté de son époux, Charlie. Il est revenu de Roumanie pour être un peu avec sa femme. Bill et Fleur. Elle est toujours aussi belle et parle toujours avec autant de difficulté l'anglais au niveau de la prononciation. Ron me donne une accolade dans le dos et Luna ne se lève pas pour me souhaiter la bienvenue, elle est enceinte. Et puis bien sur, les deux derniers mais pas les moindres, les jumeaux Fred et George.
En effet toute la troupe est là. Ah non, il manque une personne. Je pensais qu'elle serait là. On ne se voit plus beaucoup. Il faut dire aussi que depuis que je l'ai quitté et que j'ai prit comme emploi mannequin, on ne se voit quasiment plus. Voyant mon regard empli de question, c'est Ron qui me répond.
"Elle a préféré aller à une soirée avec son copain.
- Ah, je ne savais pas qu'elle avait un copain.
- Moi non plus jusqu'à ce qu'elle me donne l'excuse pour ce soir. Fin bon, laisses la donc et viens te joindre à nous."
Je souris et m'assois. La discussion reprend et on parle de tout et de rien. C'est agréable. Ma vie rime à ça. Mon boulot, mes amis. Et encore, en fait non. Mon boulot, mon boulot et encore mon boulot et une fois tous les deux mois, mes amis. Décidément, je peux me demander si je n'ai pas raté une étape de ma vie.
La soirée se passe, Luna parle de faits étranges. Fleur raconte comment est leur maison en France. Charlie des derniers dragons dont il s'est occupé. Hermione grince des dents quand elle apprend qu'il a manqué de finir soit écrasé, soit rôtit. Pour finir Fred et George accompagnent le tout de leurs projets en cours. Rémus et Tonks nous parlent de Dorémi, qui sourit à chaque fois.
Le repas était excellent. Ça faisait longtemps que je n'avais pas mangé quelque chose fait maison. Le restaurant et les traiteurs, ça va, mais c'est quand même agréable cette ambiance. Manger seul chez soi ce n'est vraiment pas ma tasse de thé. Alors que je pense justement à ça, Fred amène la conversation sur ma vie active et ma vie privée.
"Dis moi Harry, alors les amours ?"
Je vide mon verre de blanc en soupirant.
"Le vide total.
- Oh, ne me dit pas que tu as encore ces soucis de robinet!"
Je rougis d'un coup. George passe alors un bras autour des épaules de son frère.
"Allons frangin, tu vois bien qu'il n'a pas encore trouvé le plombier."
Hermione lui donne une tape sur la tête, outrée. Moi, je ne sais plus où me mettre.
"Il y a une enfant ici ! S'offusque Tonks en bouchant les oreilles de sa fille.
- Désolé. Font Fred et George en cœur."
Genre on va les croire. Ils rient sous cape. Ron regarde le ciel pour ne pas dire le font de sa pensée mais je sais qu'il n'en pense pas moins. Il essaye juste de se retenir de m'éclater de rire au nez. Voyant ma gêne, c'est Rémus qui change le sujet malgré un petit sourire en coin.
"Vous savez qui j'ai vu l'autre jour en passant au ministère ?
- Non, qui ?
- Draco Malfoy.
- Ah, c'est vrai qu'il s'est marié avec Neville, j'ai toujours autant de mal à comprendre comment s'est arrivé."
Ron dit ça d'une voix qui veut tout dire. Il n'aime toujours pas Malfoy. Et moi ? Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce couple. Ça a surpris tout le monde, ça c'est certain. Le petit Neville de Gryffondor avec le fier Draco Malfoy de Serpentard. Depuis leur mariage, je n'ai plus eut de nouvelle de mon ami de l'époque. Je crois qu'il vit la belle vie. Je l'envie. J'aimerais être à sa place.
"L'amour ne se commande pas, Ron. Sourit Hermione.
- Et puis s'il est heureux. Fait Fred en empilant les morceaux de sucre.
- Tout à fait.
- Mais dis nous plutôt Rémus, pourquoi tu étais au ministère ?
- J'avais un papier à leur faire signer. J'ai fini par trouver un éditeur pour le livre.
- Vraiment ?"
Tout le monde regarde Rémus. Depuis la fin de la guerre, il va de ville en ville et fait des recherches sur les loups-garous et tout ce qui tourne autour pour faire un livre sur ce sujet. Mais pas un livre qui ne dirait que des inepties. Il tient à ce que ce soit la réalité. Et puis surtout, il vit avec une femme, il a une enfant. Il veut laisser cette trace, pour que les gens comprennent qu'ils sont avant tout des êtres humains pouvant avoir des sentiments.
"Oui. Il y a quelques détails à régler mais c'est sur la bonne voie.
- Je te félicite."
Et nous finissons ainsi la soirée.
¤
Quelques jours ont passé depuis ce bref moment de détente. La semaine a recommencé. Ma vie monotone a reprit son cours normal.
Shoot.
Traiteur.
Shoot.
Contrat.
Ma vie est vraiment un éternel recommencement. Ça va, ça vient. Mais jamais rien ne s'arrange pour de bon. Peut-être que je ne fais rien pour ? Peut-être aurais-je du prendre ma vie autrement ? Peut-être aurais-je du me marier avec Ginny ? Comme Neville l'a fait avec Malfoy. Eux au moins, ils vivent une vie heureuse. Et Neville n'est pas en reste au niveau de son mari. Il est plutôt bien foutu. Mais à quoi je pense ? J'envie une situation qui ne risque pas de m'arriver. Faut que j'arrête de me prendre la tête. Bon c'est décidé, ce soir je sors.
¤
Les corps s'entrelacent sur la piste. L'odeur de la sueur se mêle à celle de la cigarette. Personne ne sait vraiment ce qui se passe. Le but, c'est de passer une bonne soirée et de finir si possible avec quelqu'un pour la nuit. Oui, je suis bien dans ce genre de boîte. Il faut bien faire les choses en grand si on veut espérer avoir un tout petit quelque chose en retour. C'est statistiquement prouvé. Ma vie en est l'exemple. Plus je foire ma vie, plus il m'arrive quand même quelques petits trucs qui la remonte. Mais pour ça, il faut vraiment que je foire tout comme il faut. Alors allons-y gaiement.
Une main se pose sur mes fesses. Je crois que j'ai une touche. Je me retourne et tombe sur un type assez mignon, métis, blond platine. Il a l'air d'avoir une bonne musculature. Bon ben, faut savoir prendre les choses comme elles viennent.
Je lui souris et on se met à danser ensemble. Il s'appelle Tony. Il est un peu plus vieux que moi mais pas de trop. Il me trouve bandant et n'a qu'une envie, me retrouver seul dans un coin tranquille. C'est en gros ce que j'ai compris de sa conversation plus qu'enrouée par le désir qu'il a pour moi. Or, ce n'est pas la même chose pour moi. Pourtant, on ne peut pas dire qu'il soit moche.
La porte des toilettes finit par être poussée, je crois qu'il a trop but. Il ne se souviendra même pas de moi demain. Tant mieux. Ça lui évitera en croisant ma photo sur l'autobus de dire, lui, je me le suis fait dans les toilettes de la boîte de nuit la plus gay du coin. Il me caresse, m'embrasse, me dit des mots assez obscènes. Je me prends au jeu. On m'en voudra pas de me laisser aller une fois dans ma vie tout de même. J'en ai marre de ne pas avoir de vie sexuelle.
Il me chauffe, passe au chose sérieuse et me fait la pipe la plus gore que je n'aurais jamais. Parce qu'il faut le dire, les toilettes et l'odeur qui en émane me donne plus envie de vomir qu'autre chose. D'ailleurs, je sens que ça vient. Je ne me sens pas bien. Je le repousse et me penche au-dessus des toilettes.
Autant vous dire que lorsque j'ai relevé la tête pour le voir, il était assit, me regardant comme si j'étais un extraterrestre. Je me suis fait insulter de tous les noms d'oiseaux possibles et il m'a tellement énervé, que pour une des rares fois, la magie a fait son office. J'ai quitté la boite sur les nerfs, laissant derrière moi, un mec, à poil, évanoui, dans les toilettes.
C'est risible, mais pour moi, ça ne l'est pas. J'ai pris directement une douche. J'ai tenté de me branler une bonne fois pour toutes sous l'eau chaude. Mais rien. Je n'avais rien. Je pouvais faire passer des visages, ceux de mes rêves, en inventer d'autres. Aucuns ne me faisaient de l'effet. Je ne vibrais pour personne, je ne vibrerais pour personne. Car le beau prince charmant n'existait pas pour moi.
C'est dans ces moments là que je comprends que ma vie, qu'elle soit sentimentale ou professionnelle, est ratée.
Et c'est là que je ne peux qu'avoir des regrets.
C'est en m'allongeant ce soir là dans mon lit que je me mis à réfléchir.
Je donnerais tout pour pouvoir changer ma vie.
A suivre…
¤
Voilà donc le deuxième chapitre! N'hésitez pas à donner votre avis, rien ne nous fait plus plaisir.
Merci à vous de nous avoir lu, la suite dans une semaine, logiquement.
Trois Poissons Rouges
