Chapitre 4a
Deux jours après ma mésaventure, je ne me souvenais toujours pas de cette anecdote dans ce bar. Même encore maintenant mes souvenirs ne sont que des bribes. Je ne sais pas exactement à quoi c'est dû ! Peut-être à cet hypnotisme qui m'a endommagé une partie du cerveau. J'ai jamais été très doué en biologie donc si vous avez un terme plus complet à ce que je veux dire, c'est avec plaisir que j'accepterai un coup de main.
Je continuais donc mon train train quotidien au poste de police. Mais l'ambiance entre nous, collègues de l'équipe de Matsama-san, était des plus sombres. Le moral à zéro, on abandonnait pas l'idée de retrouver ce meurtrier vampirique. On continuait nos recherches même si j'avoue que personnellement, vu qu'on l'avait identifié il y a peu de temps, qu'il ne soit plus dans les parages. L'idée et l'espoir qu'il soit encore là, resta dans nos esprits, même si mes collègues ne savaient pas que le criminel était un être de la nuit. On pourrait pourtant croire le contraire et pourtant non. Pas tout le monde connaissait leur existence. Seuls ceux ayant connu une mésaventure ou encore l'ayant croisé une nuit, vous direz que ce n'est pas un simple mythe. Cependant, ces personnes n'étaient pas si nombreuses car la plupart rejoigne l'au-delà après leurs rencontres avec ces monstres.
Étant donné que notre supérieur avait été tué, le nouveau venu fit son entrée. Il était bien plus jeune. A peu près la trentaine d'années. La toute première réunion se passa avec des sourires sarcastiques par mes coéquipiers et moi. Je me rappelle encore de son nom : Mao Kirisaki. C'était en fait un idiot de première, qui avait à peine réussi son concours de commissaire et qui se croyait le meilleur et qui pensait avoir toujours raison. Pas jolie image au milieu de mes collègues, surtout Jin, qui était plus âgé que lui et qui travaillé dans la police depuis ses vingt ans et qu'il approchait bientôt de la cinquantaine. Il n'avait jamais essayé de monter de grade pour ne pas avoir de responsabilités à tenir mais son boulot il le connaissait comme sa poche ! Et lorsqu'il entendit Kirisaki déblatérer comme un profiler de bas niveau sur le comportement du suspect on eût l'impression de plus assister à un cours qu'à un réel profil. Mais on préféra se taire et le laisser continuer de parler jusqu'à ce qu'une bonne heure après, on ait pu rejoindre nos quartiers. Nos bureaux box se joignirent et on se lançait quelques coups d'œil. Lorsque le bureau fut enfin plus calme en fin d'après-midi, on discuta sur cette entrevue qui avait fini en queue de poisson. Un heure de temps perdu ! Ce fut Frantz qui se mit à éclater de rire d'un coup. Nos regards étonnés se croisèrent. Ils se mirent tous à rire tandis que moi, j'affichais seulement un sourire narquois. Bon sang, on se retrouvait vraiment dans une situation où nous étions seuls ! La vengeance de notre ancien chef était prioritaire aux idioties de ce commissaire au ras de pâquerettes. On discuta un peu une fois les fous rires terminés. On décida donc d'agir par nous-mêmes, chose normalement interdit lorsqu'on a un supérieur. Mais il ne valait vraiment rien ! Il eût donc des équipes de deux, et Frantz voulu faire équipe avec moi. J'acceptais même si j'aurais à ce moment-là, préféré Jin. Son expérience aurait pu m'aider à évoluer dans le métier. Mais je ne dis rien et sorti avec lui quelques minutes après à ce bar qu'on fréquentait habituellement. Il m'offrit un verre et il commença à me parler de sa femme et de son fils. Notre entrevue fut donc de discussion privée. Enfin lui surtout ! Moi j'avoue avoir pas mal contourné les sujets qui m'étaient difficiles surtout au niveau des vampires et de mon passé. Seul Matsama savait et cela suffisait malgré son décès. On sortit du bar deux heures après, alors que la nuit s'entamée à merveille. Le ciel était dégagé pour une fois ! Le temps maussade avait laissé place à la chaleur estivale. Dans les rues obscures, mon collègue continuait de parler de ces anciennes affaires cette fois-ci. Il riait parfois... Je me rendis compte de quelque chose sur sa personnalité : il riait même dans les explications les plus cocasses et les moments de regrets... Il se moquait de lui-même ! Je me demandais si le m'en foutisme n'était pas l'un de ses points de caractère mais il semblait pas non !
Je rentrais chez moi vers les minuit. Rien n'avait mené nos discussions sur le point culminant de notre travail. Peut-être que cela avait été mieux ! Se connaître un peu faisait aussi parti du travail en équipe même si ça m enchantait pas. Ce soir-là en me couchant, je me disais même que j'aurais préféré faire équipe seul. Mon co-équipier était fort sympathique mais je ne voulais pas avoir sa mort sur la conscience. Je m'endormis avec ces pensées en tête, un cauchemar qui revenait chaque nuit, un réveil douloureux, une douche et une remise en question sur moi-même. Le truc qui normalement il ne vaut mieux pas penser si on veut passer une bonne journée ! Mais bon j'ai l'impression d'avoir toujours aimé me tracasser la tête et me torturer mentalement. De toute façon, j'avais à présent deux vengeances en tête, l'une seule, et l'autre avec ou sans l'aide de mes co-équipiers.
Dans mon bureau box, j'écoutais les nouvelles de Jin et Takeshi sur leur enquête de la veille. Ils avaient rien trouvé. Normal ! On ne peut trouver un suspect qui ne peut vivre que la nuit en plein jour. Ils ne se doutaient pas de l'état vampirique du meurtrier. J'en avais fait allusion une fois, lors de l'une de nos discussions, Matsama-san était encore en vie. Je me souviens de leurs regards étonnés lorsque j'avais prononcé le mot vampire. Ils m'avaient regardé ensuite comme si j'étais devenu fou puis ils avaient ri en disant qu'il fallait que j'arrête de regarder les films d'horreur. Pourtant la ville était devenue ainsi non ? Un véritable film d'épouvante. J'avais donc arrêté sur ce sujet.
Ce jour-là, assis à mon bureau, cherchant des informations sur la jeune femme prise en otage lors du meurtre de Matsama cette nui-là, je rencontrais la première fois Xuang. Jin le connaissait depuis des années pour avoir fait équipe avec lui au début de sa carrière. Les présentations faites, Frantz pris à part le détective et quelques minutes plus tard, l'homme se retrouva à mes côtés.
« Vous êtes Jinaï Kalenthar n'est-ce pas ? J'espère ne pas me tromper sinon j'aurais l'air ridicule ! »
Je me retournais vers lui et j'hochais la tête pour confirmer. Il prit carrément une chaise pour s'asseoir à mon bureau.
« Je vais pas me présenter de nouveau ça ferait tâche ! Mais en tout cas j'ai beaucoup entendu parler de vous par l'intermédiaire de Matsama ! »
Il allongea presque sa tête sur le bureau, regardant mon écran.
« Leur existence devient un sacré boulet. Si vous voulez un peu plus d'informations, je vous conseille plutôt de vous reposer le jour et de vivre la nuit ! Allez faire un petit tour au Squall Club, dans le quartier Karaku, dans la neuvième rue, à côté d'un petit supermarché ouvert 24h sur 24. »
Je le regardais incrédule alors qu'il se levait et partait en direction du chef de la Police. Je pris mes affaires et m'excusais auprès de Kirisaki, disant que je partais en enquête de jour. Je ne connaissais pas ce gars, mais quelque chose me disait qu'il mentait pas et que je devais y aller ! Et ce sans chipoter ! Puis même si il avait menti, j'aurais rien perdu à part une heure ou deux. Je rentrais donc chez moi et me reposais pendant toute l'après-midi. Le soir venu, je pris ma lance, la cachais derrière ma chemise et je partis pour le quartier Karaku. Marchant solennellement, cigarette entre mes lèvres, mes yeux regardant un peu partout à la fois, j'arrivais enfin à ce fameux club. Je descendis cinq ou six escaliers pour me retrouver devant la porte. Je tapais et une alcôve laissant place à seulement des yeux rouge en hauteur, me toisa de haut en bas. J'eus pas besoin de savoir lus pour comprendre que le vigile était un vampire. J'allais partir pensant qu'il ne me laisserait pas entrer et j'entendis la lourde pore en fer grincer. Je me retournais et j'eus droit à un véritable colosse face à moi. J'allais sortir mon arme quand je le vis sourire.
« Xuang m'a prévenu. Vous pouvez entrer mais je vous accompagne. Sinon ils vont tous vous sauter dessus. »
Je restais un moment sur le pas de la porte et je le suivis à l'intérieur. Quelqu'un d'autre pris sa place à la surveillance alors qu'une pièce d'un rouge vif, mur et sol, ainsi que la lumière de même couleur, me donna mal à la tête. Je fus assez surpris de voir que ce détective avait carrément des relations avec ces êtres obscurs.
La première salle fut des plus basiques, certains vampires, surtout des femmes, dansaient sur une musique métal. On la traversa alors que certaines d'entre elles se collaient presque à moi me montrant leurs canines. Mon regard envers elles fut froid et ma main jamais loin de mon arme. Elles reculèrent lorsque le vigile les poussa proliférant dans une langue que je ne connaissais pas. On traversa la salle pour entrer dans une autre où le noir prédominait. A scène sous mes yeux me mit dans une colère immense. Plusieurs vampires s'abreuvaient sur des humains qui hurlaient, ou alors se laissaient faire, comme consentant à être leur proie.
« Ici tu ne sors pas ton arme. »
Je me tournais vers le colosse qui me regarda froidement.
« Déjà tu n'as pas lieu à être là ! Mais j'ai une dette envers Xuang. Pour ça que je te fais entrer ! Tu dois me suivre et te taire. »
Je n'avais pas du tout apprécier son ton ni ses paroles ! Mais d'un autre coté... Qu'aurais-je pu faire contre ces vingtaines de vampires ? J'avais beau être traqueur, les combattre depuis maintenant 5 ans, je n'étais pas non plus un surhomme. Avec colère, je le suivis jusqu'à une autre pièce qui menait à un couloir. Après cinq bonnes minutes de marche, de portes dépassées, j'arrivais à une ruelle extérieure.
« Je te laisse ici ! J'avais juste à te mener là. Fais en sorte de ne pas te faire tuer asticot. »
Je me retournais vers lui avec haine alors qu'il avait déjà disparu et que la lourde porte, identique à celle de l'entrée se referma.
Fin (suite dans le chapitre 4b)
