Chapitre 4b
Je me retrouvais maintenant dans une situation à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Et surtout je ne savais pas quoi faire... Cette rue ressemblait à celles des plus ordinaires, qui parcourent cette ville qui devient de plus en plus sombre. La nuit était tombée et je regardais tout autour de moi. En faisant parti de la police, il nous arrivait souvent, en voiture de service, de rouler pendant des heures dans la cité urbaine pour vérifier si tout allait bien. Celle-ci ne me disait rien. Aucune idée d'où elle pouvait commencer et où elle terminait. Je décidais donc de la visiter un peu, au lieu de rester planter là comme un de ces poteaux électriques à seulement un mètre de moi.
La nuit s'était rafraîchie. Je refermais mon manteau en cuir convenablement et je cherchais, avec ma main gauche, ma lance. Elle était toujours en place et j'en fus rassuré. Mais vu ma lourde veste, je savais que j'aurais des difficultés à la sortir si je venais à en avoir besoin. Puis même si pour le moment tout était calme, je me doutais qu'une prochaine visite approcherait. Si cette rue n'était accessible que par la voie des airs ou par les égouts, les seuls visiteurs possibles ne pouvaient être que les vampires. Je restais donc vigilant à chacun de mes pas. Rien n'ornait les murs gris. Ce n'était que béton à chaque recoin. Aucun magasin, aucune porte menant à un appartement. Que des poteaux électriques, des lampadaires ne produisant plus aucune lumière. Heureusement que la lune reflétait un peu sur le goudron et m'apporta un peu de clarté. J'entendais le bruit de chacun de mes pas. Il résonnait sûrement jusqu'aux profondeurs des rues et une silhouette passa devant moi, de ma droite jusqu'à ma gauche. Je restais immobile quelques instants mais mes yeux cherchèrent autour de moi cette silhouette fine. Je ne l'avais vu qu'en une demi-seconde mais j'avais reconnu de longs cheveux presque blonds. Étrangement ça me disait quelque chose mais je ne cherchais pas plus loin une explication. Seule une voix me fit tourner et lever les yeux pour apercevoir une femme qui le surplombait. Elle debout, sur un toit d'une maisonnée dont je ne trouvais pas l'entrée. Pour moi j'étais dans un lieu comme fantastique où tout était peut-être illusion. Mais le pouvoir des vampires pouvait-il aller jusque là ? Même maintenant je suis comme épaté par leurs capacités. Et là je me demandais si ce n'était pas cette femme qui avait mis en place cette illusion d'optique. Non sinon elle serait bien trop puissante !
Je la regardais sans non plus la fixer. Je la craignais, car je ne savais pas de quoi elle était capable.
« Je vois que tu es plutôt têtu... »
J'haussais un sourcil à ses paroles et aussi parce qu'elle me parlait comme si on s'était déjà rencontré. Bon évidemment je ne me souvenais pas d'elle.
« Têtu en quoi ? »
Je la vis sourire et rire bruyamment. Non je ne l'aimais pas. Mais absolument pas. Et en plus, elle me défia presque du regard.
« Je m'occuperai de toi le moment venu. Par contre j'ai un conseil à te donner... Évite de rester seul ici trop longtemps ! J'aimerais que ma proie ne soit pas tuée. »
Elle repartit aussi vite qu'elle était venue, en riant doucement.
« S'pèce de dingue ! »
Je continuais ma route et en me retournant, je remarquais que je n'avais effectué que quelques mètres. Faut dire que je n'avais pas marché vite non plus... Je tournais sur ma droite, grommelant quelques phrases de mécontentement à cette chère prétentieuse. Elle croyait vraiment qu'elle allait m'avoir ? Je continuais de marmonner quand je sentis d'un coup une atmosphère pesante. Je m'arrêtais et je baissais les yeux, comme si je cherchais ma main et je récupérais ma lance. L'ennemi était face à moi et j'eus presque envie de me débarrasser de ce long manteau pour ne pas qu'il me gêne durant le combat. Mais je ne pus faire un geste quand mon regarde rencontra le sien.
« Comme on se retrouve humain. »
Je ne bronchais pas et je restais sur mes gardes même si face à moi il y avait l'être qui avait tué mon supérieur il y a quelques semaines. J'avais du mal à tenir ma lance.
« Je vois que tu as été mis au courant de notre lieu de repos. »
« Lieu de repos ? »
Il s'approcha un peu mais la distance était encore convenable. Enfin le vampire utilisait tout de même une arme à feu alors prudence était mère de sûreté.
« Oui... Ici on ne se bat pas. On se regroupe la nuit dans ce lieu. Considères cela comme les moments de trêves. Beaucoup restent ici quand ils sont blessés pour reprendre des forces. »
Je commençais à devenir plus curieux qu'autre chose et j'écoutais ses paroles avec silence ou en posant des questions.
« Mais à part cette boîte de nuit, comment pouvez-vous y entrer ? »
Je le vis sourire puis rire en jetant sa tête en arrière.
« Mon pauvre serais-tu si inculte ? Tu nous sous-estimes bien trop ! Ce que tu vois là n'est qu'une illusion ! Et ce n'est pas moi, mais ceux qui travaillent dans ce que tu appelles cette boîte de nuit. »
Je commençais légèrement à paniquer. Ce Xuang m'avait tendu un piège ? Me faire entrer comme ça dans la gueule du loup ! J'avais beau, je le suis encore notamment, être fonceur mais pas au point d'être suicidaire.
« On ne le croirait pas n'est-ce pas ? Pourtant même celui qui t'a accompagné jusqu'ici serait capable de me tuer en quelques petites minutes. »
Mon regard se figea. J'avais été accompagné par un être si puissant ? Quelques gouttes de sueurs coulèrent le long de mes tempes, pourtant, la température était assez basse. De la peur ? Je n'ai jamais été surhumain ou autre... Donc on pouvait estimer que oui. Disons que je l'écris... je ne le dirais pas oralement, j'ai pas besoin de m'humilier autant.
« On dirait que tu es surpris... Tu parles peu ! Mais ce n'est pas bien grave car ici je ne me battrais pas. Je n'en ai pas le droit ! Sinon j'aurais déjà bougé bien plus que celle-là. Et changer de lieu pour entamer un combat qui se terminera sans surprise par ta mort ne m'intéresses pas. »
Enfin, là, je me mis à réagir. Je n'approuvais pas sa confiance en lui. Même si il n'avait pas tort.
« Et toi tu parles trop ! Tu as tué mon supérieur donc ne crois pas t'en ti, »
« Toi arrêtes ! »
Sa voix forte et grave résonna dans la ruelle.
« Tu es un traqueur qui se bat avec une arme qui semble déjà avoir fait la guerre plus d'une fois. Et moi avec un fusil à pompe digne de l'armée. Tu ne fais pas le poids. Alors oublies cette vengeance qui n'entraînera que ta mort. »
Un sourire mauvais mais un regard dur qui me fixa intensément. Je ne savais plus quoi dire, Il avait raison. Je ne brandissais plus ma lance. Elle restait branlante le long de mon corps, ma main ne la serrant pas mais la tenant simplement. Je croyais à son histoire de lieu de repos. Je ne savais pas pourquoi mais pour moi il était assez évident que oui... Il m'aurait déjà attaqué depuis qu'il était apparu devant moi.
Je me sentis décontenancé, démotivé. J'étais en train de perdre confiance en moi. Je voulais partir d'ici... Croire que je n'étais jamais entré dans ce lieu, que je n'avais jamais vu, ni entendu tout ça...
« Comment on sort d'ici ? »
« De la même façon par laquelle tu y es entré. »
Je ne répondis pas et reculer pour enfin me retourner. Je ne faisais même pas attention à mes arrières. Je croyais toujours à son histoire. Juste une fois, je jetais un coup d'œil derrière mon épaule et je ne le vis pas. Je me mis à rire sarcastiquement puis j'entendis la lourde porte en fer s'ouvrir. Je me calmais en voyant le colosse face à moi et je me mis à sourire et j'entrais à sa suite.
Que se passa-t-il après ? Je rentrais chez moi, pour ne pas réussir à fermer l'œil. Au retour, dans la boîte de nuit, j'avais vu d'autres moments de repas qui aurait donné envie de vomir à n'importe qui. Mais je n'avais rien fait... J'avais baissé les yeux, me disant que je ne reviendrais plus jamais ici. Ils étaient nombreux, bien trop unis de plus est. Aucune chance contre toute cette bande. J'étais retourné dans ma voiture et avais pris le chemin de mon domicile.
Retourné au travail, j'appris par notre Mao, que l'affaire avait changé de services. On avait plus le droit de s'en occuper, on nous l'avait retirée. Déjà que ma motivation n'était pas au plus haut point, celle-ci disparut complètement... Le jour même, je déposais ma démission sur le bureau du commandant en chef. Ainsi, je savais que je pouvais m'occuper de l'affaire seul.
FIN Suite dans le chapitre 5
