Merci à daphlanote, Shini-cat, RedLylie, nyanko-kuro et Fredjs pour leurs reviews qui m'ont vraiment motivées pour continuer cette fic !
Et voici enfin la suite !
Chapitre 2
Heero ne se réveilla pas à cause de ce soleil complètement débile.
Pas même à cause de ces oiseaux dont il souhaitait parfois l'extinction plus que tout au monde.
Ni par des voisins terriblement amoureux fêtant une fois de plus une nuit de noce passée pourtant depuis un moment.
Non, ce qui avait tiré Heero de son sommeil réparateur et Oh Combien mérité, c'était la soif.
Une soif terrible qui le prenait parfois.
Qui le prenait souvent.
Une soif qui l'empêchait de dormir, de réfléchir, parfois même de finir quelque chose.
Quand la soif le touchait, elle ne le lâchait plus.
A moins d'être apaisée.
Alors bien sûr, dans ce genre de situation, les gens de tous les jours qui ne peuvent se passer de boire laissent une bouteille près de leur lit.
D'eau principalement.
Mais ce n'était pas d'eau dont Heero avait soif.
L'eau n'arrivait jamais à calmer La soif.
Pas même un minimum.
Il tendit donc en grognant la main vers une petite flasque à Whisky qu'il conservait à côté de son lit.
Il tata le sol un moment avant de se rendre compte de l'évidence.
Elle n'était plus là.
Il tenta de se frayer un chemin parmi toutes ses pensées nébuleuses de l'être à moitié endormi, et surtout assoiffé…
Il avait dû la vider la dernière fois, l'emmener pour la remplir et la laisser quelque part dans l'appartement.
Il ne voyait pas ce que ça pouvait être d'autre.
Alors, n'importe qui d'à peu prêt normal se serait dit…
« Tant pis, j'ai la flemme, ça attendra demain. »
Mais les personnes à peu prêt normales ne subissent pas La soif.
Heero Yuy la connaissait bien lui.
Aussi, il rabattit ses couvertures pour se lever, jetant au passage un regard sur le radioréveil (cadeau de mariage qui ne lui servait plus à grand-chose. Il s'était toujours demandé s'il fallait rendre les cadeaux après un divorce…)
3 heures du matin.
Il faisait encore nuit noir.
Bah, il irait se recoucher tout de suite après de toute façon.
Ne prenant pas la peine d'enfiler quoi que ce soit au dessus de son boxer (pour qui aurait-il fait un effort ?) il sortit de sa chambre.
La première chose qui ne lui sembla pas normale, c'était qu'il n'avait percuté aucun objet encombrant sur le sol.
Avait-il fait le ménage ?
Nouveau parcours du combattant dans le labyrinthe qui lui servait d'esprit.
Pas qu'il s'en souvienne…
Il avait dû le faire en dormant.
Mais une deuxième chose sortait de l'ordinaire.
Depuis quand y avait-il une forme allongée sur son canapé ?
Dans le noir, il n'arrivait même pas à distinguer la personne…
Sans doute son fils.
Est-ce que ce n'était pas à son tour de le garder ?
Il lui semblait que non, mais il avait dû se tromper.
Il l'emmènerait peut-être au parc le lendemain.
Comme ça Réléna ne pourra pas gueuler comme un cochon en apprenant qu'il n'avait toujours pas fait attention à Théo.
Ainsi, pour ne pas réveiller la prunelle de ses yeux, il se dirigea sur la pointe des pieds vers le coin cuisine.
Il avait dû laisser sa flasque par là.
Il la chercha un instant des yeux.
Mais rien de traînait sur le comptoir.
Ni flasque.
Ni vaisselle sale.
Vraiment, il devait être motivé pour avoir tout rangé !
Réléna ne pourrait pas gueuler comme un teckel affamé qu'il avait laissé leur fils jouer dans les ordures…
Tant pis pour la flasque, il la retrouverait demain.
Il ouvrait le frigo à la recherche de n'importe quelle boisson alcoolisé.
Totalement vide.
Pas une chose à l'intérieur de ce foutu frigo.
Pourtant il n'oubliait jamais d'acheter ce genre de choses !
Sentant La soif en lui se mettre à s'énerver d'autant plus, il se jeta sur les placards.
Des boîtes de conserve…
Mais pas d'alcool.
Rien de ce genre…
Il sentait sa respiration devenir presque haletante.
Et la sueur commençait à perler sur son front.
S'il avait été en état, Heero aurait sans aucun doute parlé à cette soif.
« Calme toi, papa va s'occuper de toi et tout ira bien. Ne t'en fait pas, je vais trouver un moyen et tout va s'arranger. Tu n'auras plus à attendre très longtemps. »
Mais… Il savait aussi que cela reviendrait à dire adieu au peu de santé mentale qui lui restait.
Il se mit alors à réfléchir plus sérieusement.
Toutes ses réserves d'alcool avaient disparu.
Mais ça n'avait pas de sens, il n'avait pas pu tout jeter quand même !
Et si Réléna était passée ?
Ou sa mère ?
Théo n'aurait quand même pas fait ça…
Non, Théo était trop jeune pour comprendre ce qu'était l'alcool.
Il n'aurait pas tout jeté…
Heero secoua la tête.
Ce mystère pouvait attendre.
Sa soif en revanche se faisait pressente.
Elle grondait en lui, lui ordonnant de l'aider.
De la combler.
Et il se devait d'obéir sinon elle s'arrangerait bien pour le faire souffrir.
Ce qu'elle lui faisait en ce moment n'était qu'un petit aperçu du calvaire qu'elle pouvait lui faire vivre s'il ne l'écoutait pas.
Il se dirigea fermement vers l'entrée.
Ou plutôt vers son manteau et son avant-dernier espoir.
Cette petite bouteille de saké qu'il gardait sur lui quand il devait sortir.
Il se souvenait parfaitement l'avoir remplie peu de temps auparavant.
Il palpa les poches… Mais ne trouva rien.
Sa passant les mains sur le visage en espérant de tout cœur sortir de ce cauchemar, il retourna, chancelant, vers sa chambre pour s'habiller rapidement.
Il se contenta de vêtements de la veille se trouvant encore au sol, d'un simple billet de 20 euros et de ses chaussures.
A peine paré, il ouvrit la porte quand une voix qu'il ne connaissait pas, et qui pourtant lui paraissait familière, l'arrêta.
-Vous cherchez quelque chose monsieur Yuy ?
Il avait sursauté.
Il était chez lui, à 3 heures du matin, et quelqu'un se tenait derrière lui.
Doucement il se retourna et se rappela soudainement de a veille.
La nounou était là.
Sa mère l'avait envoyé pour s'occuper de lui…
Comment avait-il pu oublier ce coup bas venant de sa génitrice ?
En tout cas, le mystère de la disparition de l'alcool était enfin éclairé…
-Où est ma réserve ?
Il aurait pu dire « bonjour ».
Il aurait pu dire « pardon de vous avoir réveillé ».
Mais si sans La soif il n'était déjà pas très poli, avec il était d'une humeur de chien enragé.
-Ah… Toutes ces saloperies ? Je les ai jeté cet après-midi.
-Quoi !!
Sans se rendre vraiment compte de comment il en était arrivé là, Heero reprit ses esprits alors qu'il tenait le natté par le col, plaqué contre le mur.
Ce dernier ne semblait pas se démonter.
Il le regardait au contraire avec beaucoup de calme et même… De la gentillesse.
Pas de compréhension non, uniquement de l'affection et du pardon.
Mais, avec La soif qui le taraudait, Heero se fichait totalement de savoir si le natté souriait ou pleurait.
Tout ce qui importait c'était les bouteilles manquantes.
Duo reprit très calmement.
-Je vous ai demandé la permission, et vous avez grogné quelque chose qui ressemblé à « Fait ce que tu veux mais bordel me réveil plus sinon la prochaine fois tu reste chez ta mère. » J'ai pris ça pour un oui.
Incrédule, Heero relâcha la pression, laissant alors l'opportunité à Duo de se dégager et de s'éloigner de lui.
Ce dernier n'en fit rien, il resta immobile entre Heero et le mur.
-Non… J'ai pas pu dire oui à ça…
Sa bouche devenait pâteuse.
Il avait envie de vomir à cet instant.
Sa soif lui faisait mal.
Trop mal.
-Vous savez Heero, en ce moment ce que vous ressentez c'est le manque. Il faudra du temps, et ça ne se fera pas sans douleur, mais vous pouvez vous en sortir. Et je peux vous aider.
Heero sentit un rire grave monter en lui.
Il le laissa échapper.
Il faisait alors terriblement peur.
Le regard totalement allumé, il riait presque comme un dément.
Duo se contenta pourtant d'incliner la tête sur le côté, interrogateur.
-Non, ce n'est pas le manque… Seuls les alcoolos ressentent le manque.
-Mais… Vous avez besoin d'alcool ce soir non ?
Heero releva les yeux vers le natté, l'œil mauvais.
Ce dernier ne souriait plus, mais ses yeux ne laissaient paraître que de la douceur et de la patience.
Rien d'autre.
Pour qui se prenait-il ?
Il entrait dans sa vie sans permission, se permettait de tout foutre en l'air et le regardait à présent comme s'il était un gamin !
Il voulait l'aider ?
Eh bah il était mal parti.
S'il se prenait pour un saint venu aider les mortels sur terre il s'était planté de sujet.
Heero Yuy n'avait pas besoin d'aide.
Encore moins de la sienne.
Il n'était pas alcoolique, il aimait juste boire un peu de temps en temps.
Et il n'était pas un retardé qu'il fallait regardait comme ça.
Non, il ne supportait pas ce regard.
Il ne le supporte pas.
-Je ne le supporte pas…
Inclinant à nouveau la tête sur le côté, ce qui lui donnait un air véritablement adorable qu'Heero ne nota même pas, Duo demanda doucement.
-Quoi donc ?
-Ne me regarde pas comme ça !
-Heero…
Sans doute pour tenter de le calmer, ou de le raisonner calmement, Duo posa la main sur l'épaule de l'homme en face de lui.
Ce dernier, pupilles totalement dilatées, s'était peut-être mépris sur ce geste.
Ou peut-être pas.
Toujours est-il qu'il frappa.
Un coup violent à la machoire.
La tête de Duo heurta violemment le mur, et le jeune homme s'effondra au sol.
Heero eut peut-être peur d'avoir réellement trop blessé le garçon.
Mais il n'eut guère le temps de s'inquiéter, ce dernier tentait déjà de se relever, mais doucement.
En ouvrant la porte, Heero cracha ces derniers mots.
-Si quand je rentre t'es encore là, je te tus.
Et il était sorti en claquant la porte derrière lui.
Il ne savait pas si Duo allait le croire.
Il ne savait pas non plus s'il voulait vraiment que Duo s'en aille.
Ce regard…
Etait-ce la tendresse trop visible qui l'avait mis dans cette colère noire ?
Il ne savait pas non plus.
Tout ce qu'il savait, c'est qu'il finirait la nuit dehors.
Ou plutôt dans les bars…
A suivre…
Oh la la… Je trouve que plus ça va et plus le cas d'Heero se détériore… Enfin, ça mérite quand même une petite review non ? (même les insultes sont acceptées, surtout si elles sont adressées à Hee-chan…)
