Merci à Fredjs, ilham, Merikhemet et Nass pour leurs reviews !!
Note : Voici le dernier chapitre, suivi directement de l'épilogue ! Je ne ferais pas de commentaires avant la fin de ce dernier pour ne pas gâcher la fin de cette fic.
Chapitre 8
-Zechs…
Oui, Zechs.
Pas Duo revenu d'un endroit inconnu.
Pas Duo l'aillant choisi lui, à la place d'une vie d'ange.
Mais en même temps…
Comment en vouloir à Duo de choisir une vie immortelle à un amant condamné ?
Oui, Heero devait accepter le fait que Duo ne l'avait pas choisi sur ce coup là.
Peut-être pour sa prochaine vie ?
-Je vais pouvoir entrer ou tu vas rester toute la journée debout à ruminer ton triste destin ?
Heero sursauta, et s'écarta, laissant Zechs entrer chez lui.
De toute façon…
Il allait mourir dans peu de temps.
Alors il pouvait très bien parler avec Zechs.
D'ailleurs…
Avant de mourir, il voulait encore entendre la voix de son fils.
Juste une dernière fois.
Il se dirigeait vers le téléphone quand Zechs l'arrêta.
-Tu comptes faire quoi ?
-Parler à quelqu'un.
-Ton fils ?
Heero haussa un sourcil.
Zechs n'était plus un ange, mais il semblait avoir conservé leur instinct.
Et puis, Duo devait lui avoir parlé de Théo.
-Hn.
-Pour quoi faire ? Lui dire que tu l'aimes avant de mourir ? Que tu n'es pas tout à fait insensible à son existence ?
-Hn.
-C'est stupide. Tout ce que tu feras, c'est lui donner une raison de te regretter, de te pleurer et de refuser n'importe quel beau père. Seras-tu égoïste au point de laisser ton souvenir tourmenter ce gosse ? Ou le laisseras-tu tenter d'oublier l'alcoolique qu'était son bon à rien de père ? Entre regrets et indifférence, que veux-tu lui offrir ?
Il n'y a que la vérité qui blesse.
Heero se sentait comme après une bonne gifle.
Il n'avait pas le droit d'appeler Théo.
De lui dire « Je t'aime » comme un père normal.
Il avait ignoré son gamin pendant longtemps.
Théo ne voulait plus rester avec lui.
En l'appelant, il lui donnerait le vain espoir de récupérer enfin son père, pour mieux le perdre juste après.
Pour masquer son malaise, Heero s'éloigna du téléphone et demanda presque hargneusement :
-Qu'est-ce que tu viens faire là au juste ?
-Je suis là pour t'expliquer ce qu'il va vous arriver à toi et à Duo.
Heero ne répondit rien.
Il se contenta de s'assoir sur son canapé, invitant Zechs à se contenter de la chaise posée en face.
-Je peux au moins avoir quelque chose à boire ?
Face au regard plus que glacé du jeune homme, Zechs abandonna toute idée de rafraîchissement.
Il s'installa sur la chaise.
-Alors… Je commence par qui ?
-Lui.
-Il a été décidé qu'il redeviendrait humain. Je vais donc l'aider à s'installer dans sa toute nouvelle vie. Mais… Je ne me fais pas trop de soucis, il a un excellent contact.
Le sourire que Zechs arborait faisait presque chaud au cœur.
Heero se serait sûrement sentit parfaitement heureux s'il avait ignoré qu'il ne partagerait jamais cette vie avec Duo.
-Et moi ?
-A 16h39 très exactement, tu vas traverser à un carrefour pour te rendre dans la boulangerie en face. Une voiture te renversera et tu décèderas à 16h51
Soit plus de dix minutes après l'impact…
-J'aurais… mal ?
-Non. Un autre faucheur sera là pour l'empêcher.
-Et si je n'y vais pas ?
-Dans ce cas, demain en sortant de ta douche tu vas glisser à…
-C'est bon ! Je crois que j'ai compris l'idée.
Ainsi, le destin était réellement en marche.
Heero allait mourir quoi qu'il arrive.
-Duo et moi… Nous ne serons plus jamais ensemble ?
-Pas dans cette vie en tout cas. Et sans doute pas dans la prochaine non plus. Mais vos âmes sont liées, Duo l'avait senti. Donc, il est certains qu'in jour vous serez réunis.
-Hn.
Presque mécaniquement, Heero regarda sa montre.
16 heures
Il avait encore du temps, mais si peu.
Et il avait peur.
Il se releva rapidement, il voulait sortir de son appartement.
Immédiatement.
Zechs ne bougea même pas et le laissa s'éloigner vers la porte.
Mais, alors qu'il avait la main sur la poignée, Heero stoppa tout geste.
-Zechs…
-Moui ?
-Comment… Comment je devais mourir au début ?
-Tu te souviens le message de ta femme ?
-Hn…
-Aucun rapport.
Si Heero n'était pas déjà sûr de mourir d'ici peu, il se serait tiré une balle…
-En fait, tu devais vider ta réserve, prendre ta voiture pour aller te racheter à boire… Bref un bête accident de voiture dont tu aurais été toi-même responsable.
-Mais Duo avait déjà jeté ma réserve.
-Et tu avais déjà arrêté de boire le jour où l'accident devait avoir lieu.
-Merci…
Et sans plus attendre, Heero sortit.
Il n'entendit jamais la phrase que Zechs devait dire ce jour là.
-Tu parles, entre guerriers, faut parfois s'aider.
16 heures 30
Il était donc si pressé d'en finir ?
Avec ses neuf minutes d'avance…
Heero n'en menait pas large.
Surtout quand une voix connue se fit entendre.
-Mais c'est qu'il est trop con ma parole !
Le jeune homme n'avait même pas besoin de se retourner.
Il aurait reconnu Wufei entre mille.
Non, ce qui l'étonnait nettement plus, c'était que les gens se tournaient vers eux, surpris par l'éclat de voix du Chinois.
Ils n'étaient pourtant pas censés l'entendre ou le voir.
A moins que…
-Alors, tu t'es fait virer ?
Ne s'étant toujours pas retourné, Heero ne put voir l'expression de Wufei se fermer.
-J'ai démissionné.
-Sans rire…
Le ton d'Heero était amer.
Il se fichait royalement de Wufei.
Tout ce qu'il retenait, c'était que Duo lui avait été enlevé par lui.
Point final.
-Ils font une fixation sur ton cas. Pour les autres ils ont laissé tomber, mais toi tu vas un peu servir d'exemple. J'ai trouvé ça injuste.
-Fallait y penser avant.
16 heures 34
Bientôt ce sera…
La fin.
Heero devait bien avouer qu'il avait la trouille.
Et puis…
Il aurait voulu voir Duo une dernière fois avant leur séparation.
-Et Duo ? Il est où ?
-Chez toi. On s'est séparé pour être sûr de te trouver.
Il devait donc être avec Zechs.
Et Zechs lui avait promis de veiller sur le natté, il l'aiderait à se remettre.
A vivre normalement.
16 heures 36
-Bon, mais en tout cas tu n'as rien à faire ici. Alors tu viens avec moi et on rentre.
-Non.
La main de Wufei s'était posée sur son bras.
Il pouvait gagner une journée.
Deux en évitant la douche du lendemain.
Mais à un moment…
Tout s'arrêterait.
La vie, c'est un peu comme l'alcool finalement, même quand on sait qu'il faut s'arrêter, on s'arrange toujours pour en reprendre.
Heero avait réussi à arrêter l'un des deux.
L'autre ne lui résisterait pas beaucoup plus.
16 heures 38
-Il faut que j'y aille.
-Dis pas de bêtises ! Tu tiens donc si peu à Duo pour refuser de te battre ?
Heero aurait pu démentir.
Expliquer ses raisons.
Il souhaitait arracher le sparadrap rapidement plutôt que de passer le reste de sa vie à tenter d'éviter de mourir, à combattre le destin.
Il ne voulait cette fuite perpétuelle ni pour lui, ni pour Duo.
Mais il n'avait pas le temps de s'expliquer.
L'heure était là.
Il traversa.
-Tu n'es qu'un lâche !
Dernière tentative de Wufei pour le retenir.
Trop tard, la voiture était déjà là.
Heero eut le temps de la voir venir, il se sentit décoller au ralentit, mais la chute fut plus rude.
La seule chose qui le préoccupait alors, c'était sa montre.
Elle fonctionnait encore.
16 heures 39
Plus qu'à attendre la mort.
En tout cas, Zechs ne s'était pas trompé, Heero ne sentait strictement rien.
Il avait juste un peu froid.
Il entendait des cris autours.
D'après ce qu'il comprenait, le mec qui l'avait renversé s'était tiré.
Quelqu'un qu'il ne connaissait pas se pencha vers lui.
-Ça va aller mon vieux, vous en faîtes pas l'ambulance arrive.
Tout en parlant, l'homme avait retiré sa veste pour couvrir Heero qui tremblait presque de froid.
Et ce parfait inconnu lui prit même la main sans cesser de lui parler, de le rassurer.
Ce jeune homme toucha Heero comme bien peu de personnes avant…
16 heures 45
Le temps passait vite quand la mort était là.
Heero fermait déjà les yeux et il n'entendait plus grand-chose.
Il comprit juste que son ange gardien demandait où était cette foutue ambulance.
-Y a des embouteillages ! Elle va encore mettre un peu de temps.
Heero savait de toute façon qu'elle n'arriverait pas avant sa mort.
Soit, avant quelques minutes…
-Merde… Hé l'ami ! Faut pas dormir maintenant ! Le soleil est encore tellement haut dans le ciel. Et puis…
Le babillage incessant de l'inconnu ne le gênait pas.
C'était un bruit de fond plus agréable que les murmures de la foule massée tous autours.
Et puis, la chaleur de cette main était agréable.
Cet inconnu lui rappelait Duo.
16 heures 47
Heero regrettait pas mal de trucs qu'il avait fait.
Mais à la fin, il avait quand même redressé pas mal de tords !
Sa femme et son fils n'en sauraient rien…
Mais ça ne lui laissait pas un goût trop amer dans la bouche.
Ils pourraient tout deux passer à autre chose sans trop de mal.
Ce qu'il aurait voulu c'était…
L'embrasser.
Au moins une fois avant de partir.
16 heures 49
-Heero !
L'inconnu sembla s'éloigner, remplacé par un être aimé.
Par L'être aimé.
Heero fit un effort et rouvrit les yeux.
Les améthystes étaient sur le point de se transformer en lacs.
Il l'aurait peut-être… son baiser d'adieu.
-Pourquoi Heero ? Pourquoi !!
16 heures 50
Parce que…
Si Heero en avait eu la force, il aurait tenté de l'expliquer, mais son regard quitta Duo pour se poser derrière lui.
Le natté sembla s'en rendre compte immédiatement.
-Ne le regarde pas Heero ! Ne le regarde pas !
Toute peur, toute appréhension, tous regrets s'étaient envolés.
Le garçon qui le regardait derrière était d'une beauté à couper le souffle.
Mais c'était surtout cette sérénité, et cet amour infini qui se dégageaient de lui, qui permettaient à Heero de se sentir aussi bien.
Heero n'entendait plus Duo que dans un bruit étouffé.
-Je t'en pris ! Reste encore un peu !
Avant de fermer les yeux, Heero eut le temps de refixer Duo et de lui sourire.
Il vit le jeune faucheur derrière l'homme qu'il aimait se relever et lui tendre la main.
Heero ferma les yeux et tendit la sienne.
16 heures 51
Les jours avaient passé.
Tous semblables aux yeux de Duo.
A l'enterrement de l'homme qu'il aimait, il y avait eu bien peu de monde.
Son ex-femme et son fils étaient là.
Ils l'avaient pleuré, mais ils se relèveraient.
Duo, lui, ne le voulait pas.
Plus rien n'avait de goûts ou d'intérêts.
Pourtant, quand Zechs le mena auprès de Quatre et Trowa, il décida qu'il ne pouvait pas mourir à leurs côtés.
Ils voulaient tous deux le sauver comme il les avait sauvé.
Trowa d'un drogué qui n'aurait trouvé sur son cadavre que 20 pauvres euros.
Quatre de lui-même et de sa solitude.
Il les avait réunis pour les sauver, eux, qui en temps normal ne se seraient même pas croisés…
Ainsi, s'il n'avait plus l'envie de vivre, il décida de rester pour eux.
Et les jours continuèrent à passer.
Et sans savoir trop comment ni pourquoi, un matin, Duo se sentit mieux.
Duo se sentit vivant.
Bien sûr, la peine ne s'effacerait jamais de son cœur.
Il est des blessures qui ne guérissent pas.
Mais avec le temps, on vit avec.
On accepte les souvenirs, bons et mauvais, qu'elles laissent.
On continu.
Car c'était ça, vivre en humain.
Et aujourd'hui, Duo était humain.
Aussi, il vivait.
A suivre…
