Nda : A/N : Merci à tout ceux ayant posté un commentaire sur le premier chapitre, j'ai apprécier ! (Ndt: de même pour moi) Le chapitre 2 est du point de vue de Tom Jedusor et commence le matin du jour ou Harry l'a trouvé dans la ruelle. Attention : Scènes de violence sur enfants pouvant choquer dans ce chapitre !
Chapitre 2 : Changements
Les barreaux de métal d'une porte qui s'ouvrit brusquement résonnèrent en un écho qui se propagea dans tout le dortoir. Ce bruit fut instantanément perçu par les 120 garçons âgés de six à dix-sept ans de l'orphelinat Saint Olaf pour garçons comme le signal marquant le début d'une nouvelle journée.
« Debout, bande de sales gosses inutiles! »
La voix rugueuse et empestant l'alcool de M Roughton se fit entendre à travers le couloir. A l'intérieur de minuscules chambres de part et d'autre de celui-ci, les garçons commencèrent brusquement à se lever de leurs petites couchettes en métal. Chacun risquait de se faire battre jusqu'au sang si M Roughton les trouvait encore dans leur lit lors de son passage. M. Roughton estimait en effet qu'un bon châtiment résolvait tous les problèmes.
Tom Jedusor était l'un des plus petits garçons du dortoir. A à peine sept ans, Tom se souvenait avec nostalgie de l'époque où il se trouvait dans la nurserie. La nurse, Mme Smithers, ne se chargeait de ses jeunes pensionnaires qu'avec bien peu d'enthousiasme, mais au moins elle ne se sentait pas le besoin de rendre leur vie plus malheureuse qu'elle ne l'était déjà.
Faisant ainsi partie des plus jeunes, Tom était presque dans la chambre la plus éloignée du hall et des WC. Ce qui signifiait de l'eau froide en permanence pour ses douches et un déjeuner qui le plus souvent se réduisait à un fond de plat lorsqu'il atteignait la salle à manger. Les garçons les plus âgés atteignant toujours les premiers la nourriture.
Tom s'éloigna des ressorts de métal grinçants et se dirigea vers sa garde-robe. C'était un bien grand nom pour un placard si rachitique. Comme pour toutes choses, les garçons les plus âgés recevaient les meubles les plus neufs. Celui de Tom semblait provenir du 19ème siècle. Il en ouvrit soigneusement la porte. (Elle avait tendance à sortir de ses charnières s'il ne faisait pas attention.), enleva rapidement son pyjama puis mit son uniforme d'été. M. Roughton approchait.
Trente secondes avant que M. Roughton ait atteint la porte, Tom et les trois garçons avec qui il partageait la salle furent habillés et leurs lits faits. Tom était le plus petit des quatre, tous ayant sept ans. M. Roughton entra dans la salle, le nez et le visage rougis par la boisson. Dans sa main se trouvait une courte canne de bambou. Cette canne se trouvait être son jouet préféré pour punir ses pensionnaires.
« Vous êtes prêts maintenant, sales gosses ? Vaudrait mieux sinon je vous accroche au baril au petit déjeuner ! » hurla l'énorme bonhomme.
Les quatre garçons se tenaient immobiles dans un silence absolu. Pas un seul ne déplaça le moindre muscle. Alfred, debout à côté de Tom, semblait avoir arrêté de respirer. Après leur avoir jeté un rapide regard, M. Roughton ricana, quitta la minuscule pièce et se dirigea vers le fond du couloir.
Tom l'entendit rentrer dans la chambre voisine. Et d'après les hurlements qui en sortirent, les enfants de six ans n'avaient pas été prêts à l'arrivée de leur directeur. Un instant plus tard ses hurlements furent couverts par d'autres, bien plus aigus, tandis que l'homme faisait partager sa misère aux jeunes garçons. Brusquement, un bruit sourd sur le mince mur séparant les pièces se fit entendre, probablement causer par la collision d'un jeune corps. Quelques instants plus tard, le silence revint dans le vestibule, et l'on entendit plus un bruit à l'exception de quelques pleurs d'enfants.
Roughton réapparut soudainement à l'entrée de la chambre de Tom. Aucun des quatre garçons dans la pièce ne s'était déplacé de leur position, alignés à côté de la porte. Ils avaient appris les vieux tours de M. Roughton quand ils avaient eu six ans. Il en ajoutait de nouveaux au fil du temps, mais ils se rappelaient de chacun d'eux avec précision, et pour cause... Après un bref arrêt, il finit par s'en aller de nouveau.
Une sonnerie retentit alors au fond du couloir, signalant le déjeuner. Tom s'y aligna avec les autres. Trois des quatre enfants de six ans de la chambre d'à coté se rangèrent derrière lui. Tom fut soulagé qu'aucun d'eux ne soit plus grand que lui. S'ils l'avaient été, il aurait été refoulé plus loin dans la queue. Personne ne demanda où le quatrième garçon était, tous le savaient très bien.
La queue se mit lentement en marche à travers le 'couloir' crasseux et faiblement éclairé. Les vieilles lampes à gaz n'avaient pas été remplacées depuis bien longtemps. Les murs gris et sales avaient vu passer de nombreux enfants depuis leur passage du blanc au gris sombre. Les tuyaux d'eau et de gaz pour le chauffage pendaient du plafond, descendant de temps en temps vers d'antiques radiateurs le long du mur.
Tom avança lentement, le visage dénué de toute émotion. En montrer était bien trop dangereux pour le petit enfant de sept ans qu'il était. Il détestait cet endroit et tous ceux avec qui il était obligé de vivre. Il détestait jusqu'au fait d'être considéré comme l'un d'entre eux. Les garçons se répartissaient en deux catégories dans cet orphelinat, ceux qui étaient puissants et ceux qui ne l'étaient pas. Néanmoins, tous sans exception n'étaient que des idiots pour Tom.
Les garçons les plus âgés maltraitaient et intimidaient les plus jeunes afin de se venger de leurs propres années de frustration du temps où eux même l'étaient. Ou bien peut être, considéra Tom, qu'ils ne connaissaient pas d'autres façons de se comporter. Les plus jeunes cherchaient à devenir plus forts en se regroupant en bandes ou en s'intégrant dans des groupes de garçons plus âgés. Les solitaires, eux, devaient faire face à une longue, sombre et bien difficile voie.
Tom était un solitaire. Les autres garçons l'appelaient 'l'anormal'. Des choses bizarres semblaient toujours se produire autour de lui. Une fois, un groupe de garçons avait volé sa serviette et ses vêtements pendant qu'il prenait sa douche. Puis ils avaient coupé l'eau au moment où il se lavait les cheveux. Tom avait vainement cherché sa serviette tandis que le shampoing irritait et piquait ses yeux. Et les garçons l'avaient rué de coups pendant qu'il la cherchait à tâtons. Tom avait alors émis un long cri aigu de colère. À ce moment précis, toutes les conduites d'eau des douches et des éviers avaient éclaté, aspergeant de trombes d'eau les garçons qui s'étaient enfuis en courant de la pièce.
A cinq ans, ils l'avaient trouvé en train de siffler à un serpent dont il avait manifestement fait son animal de compagnie. Tom l'avait trouvé lorsqu'il avait quatre ans en jouant dans le jardin à côté de la nurserie. Le petit serpent vert voulait se réchauffer sur de grandes pierres, brûlantes sous l'action du soleil. Tom l'avait entendu siffler, l'avais pris et l'avait doucement placé sur les roches. Il ne se rendait pas compte qu'il n'était pas censé pouvoir comprendre le serpent. Ca avait été son premier et dernier vrai ami dans l'orphelinat.
Tom avait appelé son ami Nagini. (De nombreuses années plus tard, Lord Voldemort appela un autre serpent Nagini en son hommage.) Tom et Nagini passaient de nombreux et agréables après-midis dans le jardin, discutant et partageant des confidences. Quand le temps se refroidissait à Londres, Tom plaçait souvent Nagini à l'intérieur de sa poche ou dans son placard, bien au chaud.
Aux alentours de cinq ans et demi, lui et Nagini appréciaient à l'extérieur un matin exceptionnellement chaud de Londres. Tom parlait et riait nerveusement en s'adressant à son ami, lorsqu'une bande de garçons de dix à douze ans qui erraient dans le jardin de la nurserie virent le jeune garçon seul et commencèrent rapidement à le taquiner et à l'intimider.
Nagini, voyant son ami menacé, siffla dans leurs directions pour qu'ils le laissent seul. Lorsqu'ils remarquèrent le serpent, les garçons cherchèrent à le repousser avec des bâtons. Réalisant le danger, Nagini tenta de se sauver. Mais un garçon, qui s'appelait Jason Adams, pris une grande roche et écrasa le corps du serpent vert. Les conséquences furent mortelles pour le serpent, mais pas immédiatement.
Tom se pencha vers son ami, sifflant ses excuses et sa peine à son ami agonisant. Les garçons se moquèrent de ce gamin qui pensait pouvoir parler aux serpents. Ils laissèrent un Tom en larme qui pleurait vouloir rester avec son seul ami jusqu'à ce que la mort l'emporte.
Le jour suivant, un Tom bien plus froid se réveilla dans l'orphelinat. Tom n'essaya jamais plus de parler à qui que ce soit d'autres ou de se faire des amis. Pourquoi aurait-il à sympathiser avec des personnes qui avaient tué son meilleur ami? Nagini était le seul être vivant à avoir été gentil avec lui. Aucun autre enfant vivant dans l'orphelinat ne valait la moindre de ses écailles.
Durant les deux années qui suivirent, Tom Jedusor passa sa vie perdu dans ses pensées. Être mis à part comme un phénomène le séparait de plus en plus de ses camarades orphelins. Son silence et son isolement alimentèrent les rumeurs et l'étiquette qu'on lui avait donnée, la développant d'avantage. Certains enfants commencèrent également à le craindre. Tom s'aperçut qu'il pouvait manipuler cette crainte.
Derrière une façade froide et associable, Tom cherchait quelqu'un pour remplacer la mort de Nagini. A chaque nouvelle arrivée à l'orphelinat, Tom recherchait celui qui serait digne d'être son nouvel ami. Mais tous finissaient rapidement par entendre parler du 'phénomène' et l'évitaient. Certes le visage peu chaleureux tenait plus ou moins les brutes à l'écart, mais au fond de lui le garçon pleurait la nuit en s'endormant.
Ce matin dans la queue était comme chaque matin de la vie de Tom depuis son départ de la nurserie. La longue et lente ligne traversa le hall pour recevoir l'espèce de pâte aqueuse et le pain légèrement rassis censé être son déjeuner. Pendant ce temps, M. Roughton et le personnel de l'orphelinat prenait un large et appétissant petit déjeuner. Seuls certains garçons parmi les plus âgés qui lui servaient d'adjoints (c'est-à-dire plus de voyous qu'autre chose) étaient autorisés à cette table. Tom haïssait par dessus tout le moment où la queue passait juste devant celle-ci.
Le bruit d'une cuillère éraflant le fond de la grande marmite se fit entendre alors qu'il n'en était plus qu'à deux mètres. Mme Boalregard (1) hurla qu'il ne restait plus de déjeuner. Elle souleva alors la marmite et s'en alla.
Les dix orphelins restant se regardèrent entre eux, incrédules. Qu'étaient-ils censés manger maintenant ?
« Ha ! Que cela vous serve de leçon, bande d'imbéciles ! » leurs cria M. Roughton. « La prochaine fois, déjeuner plus tôt! » Les brutes à sa table se joignirent à son rire.
Tom se sentit faible à l'idée de ne rien avoir pour déjeuner. Les grands avaient pris presque tout le dîner la journée précédente. Le repas du midi lui sembla incroyablement loin. La vue des œufs et des saucisses (2) sur la table du personnel accrut davantage encore son envie de manger.
Tom sentit une vague de fureur pure s'accumuler en lui. Tout ce qu'il voulait était quelque chose à manger ! Il éclata, « VOUS N'ÊTES QUE DES BÂTARDS ! VOUS VOUS ACCAPAREZ TOUTE LA NOURRITURE ! »
Le silence se fit aussitôt dans la salle. Bien qu'ils soient quasiment tous complètement d'accord avec Tom, personne n'eut le courage de se tenir debout avec lui.
Roughton se leva et baissa la tête pour regarder le petit garçon « Et bien les amis! Il semblerait que nous allons avoir un petit divertissement supplémentaire ce matin. Saisissez-le et mettez-le sur le baril ! »
Tom réalisa alors la situation dans laquelle il venait de se mettre. Deux des adolescent les plus âgés l'approchaient des deux côtés. Il n'avait aucun endroit où se réfugier, les autres enfants se tenant derrière lui l'empêchant de pouvoir sortir en courant de la salle.
Les adolescents traînèrent Tom jusqu'à un baril vide et l'y appuyèrent. Des courroies en cuir munies de boucles aux extrémités furent placées sur ses poignets et fortement étirées pour l'empêcher de se déplacer. Tom avait déjà vu tout cela avant et il sut ce qui allait se passer.
D'un air joyeux, M Roughton s'approcha du baril en tenant fermement sa canne en bambou dans sa main. « Je pense que ce petit gars vient tout juste de gagner dix coups de ma canne. Peut-être même quinze! »
Tom trembla à l'idée de recevoir quinze coups de la canne sur son dos. Il ne pourrait pas se déplacer pendant une semaine au moins ! Et, Tom le savait, aucun des garçons ne l'aiderait ni ne s'inquiéterait pour lui lors de son rétablissement.
Tom ferma les yeux et tenta de penser à n'importe quoi d'autre que la canne. Il essaya de se rappeler les moments heureux passés avec Nagini dans le jardin. Le bruit de la canne crissant sur le baril ramena Tom à ses craintes et à sa peur, faisant échouer sa concentration.
Le premier coup heurta le dos de l'enfant de sept ans en un bruit claquant dont l'écho résonna à travers la salle, suivi immédiatement du cri perçant de Tom. Le deuxième coup sembla démultiplier la douleur. Son vêtement peu épais se déchira, laissant une partie de sa peau nue comme une proie pour la canne. Tom sentait ses larmes brûlantes roulées sur ses joues tandis que la douleur lui déchirait le dos.
Le troisième et le quatrième coups vinrent successivement. C'était presque un soulagement. La douleur du troisième semblant presque masquée par l'arrivée du suivant. La canne heurta plus profondément sa chair et du sang commença à couler de ses blessures.
Le cinquième coup fut plus douloureux encore. Il frappa le dos de Tom plus haut que les autres. Davantage encore de douleur se propagea dans le corps de Tom. Il commençait à voir les choses comme brouillées, irréelles. Il attendit le prochain coup.
Mais le sixième coup ne vint pas. L'esprit embrouiller par sa douleur, Tom n'entendit pas un des membres du personnel entrer pour annoncer qu'une équipe d'inspection de l'association de charité qui payait l'orphelinat était actuellement dans la cour et se dirigeait vers le bâtiment des filles. Ils rendraient visite à celui des garçons sous peu.
Se déplaçant rapidement, M. Roughton ordonna que tous les enfants retournent à leurs chambres et mettent leurs 'tenue d'inspection'. Il fit signe à deux de ses 'adjoints' d'enlever Tom. Ils comprirent qu'ils auraient à garder le garçon battu hors de la vue de ces imbéciles d'inspecteurs le temps de leur visite.
Les deux garçons traînèrent Tom hors de la salle à manger tout en riant au sujet de l'interruption de leur 'divertissement'. Ils lui promirent qu'il recevrait ses dix coups restants au cours du prochain repas le jours même. Ils n'eurent pas vraiment à intimider le garçon. Tom ne les entendait même pas. Chaque mouvement de son corps lui apportait davantage encore de douleur. Tout ce que Tom voulait maintenant c'était se replier en boule et ne plus jamais bouger de sa vie.
Tom se réveilla replié sur lui-même dans le coin des toilettes de la cuisine. Des rayons de soleil traversaient la fenêtre, il devait être près de midi. La chemise de Tom lui parut toute raide à cause du sang séché. Tom s'accroupit soigneusement et l'enleva . Il grinça des dents de douleur lorsque le sang séché accroché à ses blessures tira dessus.
Tom se releva lentement en s'appuyant contre le mur. Il regarda autour de lui en cherchant quelque chose pouvant lui servir de chemise de rechange. Ne trouvant rien, Tom laissa sa vieille chemise derrière lui et ouvrit la porte des toilettes. Il pouvait entendre la voix de M. Roughton gronder en un espèce de bruit jovial qui ne semblait pouvoir être entendu que les jours d'inspections. Cela signifiait que quelqu'un de l'association de charité était dans le bâtiment.
Rampant plus que marchant hors du cabinet, Tom jeta un regard dans la cuisine à la recherche de quelque chose à manger et d'une éventuelle chemise. Accrochée près de la porte était l'une de celles du cuisinier. Tom s'éleva sur un tabouret pour l'atteindre et la mit soigneusement sur son corps frêle et mince. Elle était faite d'un épais et lourd tissu et elle le blessa là où elle toucha les blessures de son dos.
Tom ouvrit le grand réfrigérateur et se figea en en voyant le contenu. Il était rempli de toutes sortes de viandes et d'autres nourritures. Son estomac grogna lorsqu'il réalisa à quel point tout cela était à portée. Tom ouvrit un tiroir rempli des saucisses restantes du déjeuner du matin. Il déchira ardemment les emballages de papier et fourra la si délicieuse nourriture dans sa bouche. Il mangea rapidement, tout en sachant bien qu'il pouvait être attrapé à tout moment, finissant de se régaler.
L'enfant commença à se sentir légèrement écœuré par toute cette nourriture. Après tant de temps sans manger, son corps ne pouvait assimiler aussi soudainement tant de bonnes choses. Mettant quelques dernières saucisses dans ses poches, Tom sortit de la cuisine.
« Eh toi ! Qu'est-ce que tu crois être en train de faire ! »
C'était le cuisinier. Tom s'élança et déguerpit. C'était la seule chose qu'il lui restait à faire. Le garçon déboula épuisé dans la cour qui séparait les deux ailes de l'orphelinat. Normalement la porte était verrouillée mais elle était exceptionnellement ouverte du fait de l'inspection. Pendant qu'il s'échappait dans la cour il entendit le cuisinier appeler M. Roughton. Maintenant au moins les inspecteurs entendraient parler de ça. Tom sortit en courant de la cour de l'orphelinat et s'élança dans la rue.
Son dos lui semblait se déchirer en brûlant à chaque pas tandis qu'il descendait la rue en courant. Il savait que c'était seulement une question de temps avant que les adolescents ne soient lâchés à sa poursuite. Il lui fallait trouver un endroit pour se cacher.
Tom courut jusqu'au bout d'une ruelle puis s' effondra par terre entre quelques poubelles et autres déchets. Il n'aurait pas pu courir plus longtemps. La douleur transperçait son dos. Son corps n'était pas habitué à courir aussi vite si longtemps et il n'avait de toute façon que de piètres réserves d'énergie. Le petit garçon haleta, de grandes et profondes bouffées d'air remplissaient ses poumons. Il savait qu'il lui faudrait impérativement se déplacer tôt ou tard. Mais bien qu'il en ait la volonté, son corps ne répondait pas.
Il ne sut jamais exactement combien de temps il passa ainsi assis dans la ruelle avant que les garçons n'aient retrouvé sa trace. Soudainement les poubelles se renversèrent, révélant un certain nombre d' adolescents. Tom identifia immédiatement leur chef, Charles Mahoney, un des 'adjoint' de M. Roughton.
« Pensais-tu vraiment pouvoir échapper à la colère de M. Roughton ? » hurla Mahoney . « Tu n'as pas l'air d'avoir bien compris ta leçon ! »
Un coup-de-pied rapide dans ses côtes suivit de près les hurlements. Tom se tint le ventre et tenta en vain de s'éloigner en rampant de son nouveau bourreau. Pour toutes réponses Mahoney lui envoya simplement un autre coup-de-pied qui atteignit cette fois-ci le dos déjà bien endommagé du jeune garçon. Puis un autre garçon rejoignit Mahoney, ils se défoulèrent alors en hurlant sur l'enfant sans défense.
Les coups s'arrêtèrent soudainement. Sur le coup, Tom ne comprit pas pourquoi. Il n'avait certainement pas pu arrêter les autres garçons ?
Alors, haletant de douleur tandis qu'il se sentait soulever du sol, il entendit la voix d'un homme le réconforter. Tom lui répondit. La voix lui demanda ensuite son nom. Il ne sut pas s'il lui avait répondu car pour la deuxième fois de la journée, Tom Jedusor perdit connaissance.
Tom se réveilla dans le lit le plus confortable dans lequel il ait jamais dormi. Il pouvait sentir un matelas moelleux contre sa peau. Il nota également qu'il ne ressentait aucune vraie douleur. Quelques sensations étranges mais rien hormis cela. Tom savait qu'il aurait normalement dû sentir de nombreuses douleurs après les coups qu'il avait reçus. Peut-être était-il mort. Dans ce cas, il pourrait enfin être avec ses parents. Cette pensée le réconforta un peu.
D'après tous ces bruits autour de lui, Tom réalisa qu'il n'était pas mort. Il ouvrit lentement ses yeux et jeta un regard dans la salle. Elle était fortement éclairée et très propre. Ca n'était certainement pas l'orphelinat. Un homme se reposait dans un coin, et lisait un journal. Tom n'aurait pas su dire pourquoi mais il lui parut un peu bizarre.
L'homme posa son journal puis sourit dans sa direction. Il avait les cheveux noirs et sales et les yeux d'un vert brillant. Ses yeux lui semblèrent comme hantés quand il le regarda. Pour un enfant de sept ans, il avait vu bien trop souvent un tel regard. La plupart des garçons qui arrivaient à l'orphelinat venaient de perdre leurs parents.
L'homme lui révéla qu'il s'appelait James Evans. Après quelques questions sur ce qui lui était arrivé, l'homme lui avoua qu'il était celui qui l'avait sauvé dans la ruelle. Tom était étonné que quelqu'un soit intervenu pour l'aider et le remercia. Quelque chose mit Tom mal à l'aise. M. Evans avait une expression étrange sur son visage à chaque fois qu'il le regardait. Ce n'était ni de la colère ni de la culpabilité mais quelque chose que le jeune garçon ne parvint pas à saisir.
Alors M. Evans lui posa une question plutôt bizarre, est-ce que lui, Tom Jedusor croyait en la magie ?
L'heure suivante fut la plus incroyable, la plus fascinante et la plus merveilleuse de toute sa vie. Il n'était pas un anormal ! Il était un sorcier ! Il allait apprendre à faire les choses merveilleuses que M. Evans lui montra avec sa baguette magique. M. Evans lui révéla ensuite qu'il pouvait parler aux serpents lui aussi ! Il y avait des gens comme lui ! Il n'était plus seul.
Tom fut tout aussi excité en entendant parler de la nouvelle école où il irait une fois grand. Poudlard lui semblait un endroit fantastique. M. Evans lui parla de voler dans les airs sur des balais, de rencontrer des licornes, et d'apprendre à jeter des sorts. Tout cela semblait si merveilleux ! Tom pouvait voir à quel point M. Evans semblait vraiment aimé voler. Le regard hanté se volatilisa tandis qu'il révélait à Tom comment voler sur un balai et qu'il lui décrivait un jeu appelé Quidditch.
Puis M. Evans lui apprit une nouvelle qui le stupéfia pendant leur conversation. M. Evans l'ayant sauvé et amené dans un hôpital magique, M. Evans était maintenant le gardien magique de Tom. Tout cela le submergea d'émotions assez contradictoires. De l'espoir et de la crainte. L'espoir de pouvoir enfin partir de l'orphelinat et la crainte que ce monde magique disparaisse une fois revenu dans cet horrible endroit.
Tom demanda lentement à M. Evans s'il vivrait avec lui. Il était encore nerveux vis-à-vis de ce nouvel homme étrange qui semblait être un magicien. Mais il lui semblait gentil et il ne donnait pas l'impression d'être empli de cruauté comme M. Roughton.
Tom commença à paniquer quand M. Evans lui dit qu'il pourrait rester vivre comme avant à l'orphelinat. Tom se mit à hurler toute la haine qu'il ressentait pour cet endroit et pour tous ceux qui y vivaient. M. Evans plaça doucement une main sur le bras de Tom et lui dit qu'il pouvait vivre avec lui.
Ce fut le plus heureux moment de toute la vie du jeune Tom Jedusor.
Les cinq jours suivants passèrent comme un éclair pour Tom. M. Evans lui avait dit qu'il lui faudrait rester dans l'hôpital, qui s'appelait Saint-Mangouste, à cause de ses blessures et pour traiter sa malnutrition. Tom ne savait pas ce que malnutrition signifiait, mais ce qu'il savait c'est qu'il n'avait jamais aussi bien mangé de toute sa vie.
Un jours M. Evans partit tard le soir, après lui avoir assuré qu'il serait de retour le lendemain pour le petit déjeuner. Une jolie dame appelé Mlle Underhill s'occupa de Tom. Il aimait bien son sourire lumineux. Il n'aimait par contre franchement pas les horribles boissons qu'elle lui faisait boire. Mlle Underhill discuta avec lui au sujet de ses conditions de vie dans l'orphelinat et de sa délivrance par M. Evans. Elle semblait soulagée que M. Evans éloigne Tom de cette ancienne vie. Tom en fit la deuxième personne qu'il ajouta à sa liste d'humains valables.
Enfin M. Evans revint le jour suivant au petit déjeuner exactement comme il l'avait dit. Tom nota l'étrange façon dont Mlle Underhill souriait à M. Evans lorsqu'il s'avança dans la salle. M. Evans ne sembla cependant pas le remarquer. Il remit à Tom un morceau de papier recouvert d'une écriture qui lui sembla très 'officielle'. Tom put seulement en lire quelques mots.
« Ce sont les documents attestant de ton retrait de l'orphelinat et de ton placement sous ma tutelle, Tom, » lui dit M. Evans. « Quand tu seras prêt à partir d'ici, tu pourras venir avec moi dans ma maison à Pré-Au-Lard. »
Maintenant Tom était vraiment excité. Ce n'était donc pas un rêve. « Quand pourrai-je y aller, monsieur ? »
Tout en lui souriant M. Evans jeta un coup d'œil à Mme Underhill, puis de nouveau à Tom. « Dès que Mlle Underhill estimera que tu seras prêt, tu seras libre d'y venir. J'ai cependant l'impression que ce serait lui voler son patient préféré. »
Mlle Underhill s'esclaffa . « Sans aucun doute. Mais je sais à quel point Tom est pressé de voir sa nouvelle maison. Mais, tu vas devoir rester ici encore au moins quatre jours supplémentaires pour permettre aux breuvages magiques de finir leur travail et à ton corps de redevenir comme il aurait toujours dû l'être, d'accord? »
Tom se sentit découragé à l'idée de devoir rester encore aussi longtemps. Il était vraiment pressé de voir sa nouvelle maison. Il aimait bien Mlle Underhill et le lit d'hôpital était le plus confortable qu'il n'ait jamais eu, mais Tom avait finit par découvrir qu'il n'aimait pas vraiment être dans un hôpital.
« Ne t'inquiète pas, Tom. » lui sourit M. Evans . « Je vais pouvoir te préparer ta chambre et recevoir quelques petits approvisionnements dans la maison pendant ce temps. »
La pensée d'avoir sa propre chambre fit aussitôt apparaître un large sourire sur le visage du jeune garçon.
Tom se tenait devant une grande cheminée dans le hall d'entrée principal de l'hôpital Saint Mangouste. Mlle Underhill s'était déplacée pour les voir partir, lui et M. Evans. Tom se sentit nerveux à l'idée d'entrer dans sa nouvelle maison. Ce moment était enfin arriver.
Mlle Underhill vit l'expression de crainte sur le visage de Tom. Elle se pencha et embrassa le garçon sur la joue. Elle lui chuchota au creux de l' oreille, « Détend-toi. Je viendrai te rendre visite un de ces jours. Tout va bien se passer maintenant. »
Tom lui sourit timidement. Il n'aimait pas l'idée qu'elle puisse deviner aussi facilement ses pensées. Personne à l'orphelinat n'avait jamais pu le faire.
Tom leva le regard vers M. Evans. Il avait toujours cette expression hantée dans ses yeux. Et cela s'accentuait encore plus quand il le regardait. Tom ne comprenait pas. Qu'avait-il fait pour blesser ainsi M. Evans ? Il voyait bien que M. Evans luttait pour cacher sa douleur. Tom pris la résolution de tout faire pour aider l'homme ayant tellement fait pour l'aider.
Ce fut cette fois au tour de M. Evans de sourire « Je crois que tu as une admiratrice Tom. Mlle Underhill, vous serez toujours la bienvenue dans notre maison, quel que soit le moment. »
Il lui remis une petite pincée d'une sorte de poussière. Ajoutant que cela s'appelait de la poudre de cheminette. M. Evans en jeta une autre pincée dans le feu. Celui-ci devint subitement vert. M. Evans marcha dans le feu, en criant « Le repaire » puis disparu.
Tom se tourna vers Mme Underhill et lui dit d'une voix passionnée « C'était la chose la plus anormale que j'ai jamais vue ! »
Elle se baissa pour l'étreindre et ils se dirent au revoir. Alors Tom fit un pas dans le feu et s'en alla.
Sarah Underhill resta immobile près du feu qu'elle fixa quelques minutes encore avant de retourner dans sa pièce. Elle repensa au jeune homme et au petit garçon qui venaient tout juste de s'en aller. Tom était un enfant adorable mais semblait endommagé par son séjour dans l'orphelinat Moldu. James Evans semblait porter ses propres fardeaux également. Ils lui semblaient comme reliés d'une certaine manière au fin fond d'eux-même. Au début, elle avait pensé que M. Evans était le vrai père de Tom. Puis elle avait réalisé qu'il aurait eu douze ans à la naissance de Tom. Il était en fait de deux ans plus jeune qu'elle !
Se promettant de leur rendre une petite visite dès son prochain congé , Mlle Underhill retourna à son travail tandis que dans son esprit continuait de planer nébuleusement deux yeux d'un magnifique vert étincelant.
Ndt: (1) Je retranscris tout les noms inventés par l'auteur tel qu'il les a créés.
(2) Les Américains tout comme les Anglais consomment de bien plus lourd petit déjeuner que nous (œufs, saucisses, bacon, etc...).
Nda: La façon dont est présenté Tom Jedusor dans l'orphelinat est un peu différente de celle contenue dans 'le prince de sang-mêlé'. Cela s'explique du fait que Jedusor y apparaît à onze ans, ayant passé quatre années supplémentaires dans l'orphelinat. Le Tom Jedusor de sept ans n'a pas encore découvert ses pouvoirs et n'a pas vraiment commencé à manipuler les gens. Les prémisses de ce Jedusor là sont exposés dans ce passage, mais elles n'y sont pas développées. (Cependant, qui sait peut être le seront-elles…)
Ndt : Je crois que la phrase en suspens va alimenter ( c'est bien son rôle) vos hypothèses, et je ne compte certainement pas vous gâcher l'éventuelle surprise.
Nda : SaWa-San ( Ndt: une des 'revieweuses' de la fanfiction anglaise ) a posé une intéressante question dans son commentaire, Harry sera-t-il renvoyer dans le passé 10-12 ans plus âgé ou au même âge que lorsqu'il est parti ? « Cela voudrait dire un Harry de 28/30 ans, qui ne pourrait logiquement pas être le survivant et n'ayant aucune mémoire de la chronologie passé, se retrouvant dans le présent ? » La réponse est qu'Harry ne lui a pas demandé et qu'Aberforth ne lui a jamais révélé l'information. (Je pense que ce Dumbledore-là doit avoir une allergie à partager librement ses informations.) Une autre question qu'on pourrait se poser est « Si le passé est changer, Est-ce qu'Harry y naîtra ? »
Ndt: L'auteur ayant par la suite édité et réarrangé son premier chapitre , il me semble qu'il y donne les informations répondant à ces questions (?)
Nda: Je tiens également à m'excuser à l'avance de plusieurs de mes expressions et épellations de mots qui sont en anglais américain de notre époque. J'essaye de ne pas en employer beaucoup mais parfois ils se glissent dans mon écriture. L'histoire se déroulant à une époque lointaine, même l'argot britannique devait y être différent. Je vous demanderais si possible de prêter davantage d'attention aux sens des mots qu'à la pureté de ces mots ou de leurs emplacement.
Ndt : Il en va évidemment de même pour moi. ;)
Voilà pour le second chapitre (un peu plus court que le premier, beaucoup même) ! Vous l'aurez remarqué il est assez 'noir' par moments. Mais rassurez-vous je peux vous l'assurer ce genre de chose ne se produisent pas souvent dans cette histoire.
Mon hypothèse personnelle est qu'à travers ce chapitre DobbyElfLord répond à l'espèce de question que se posait Harry à la fin du précédent. A savoir : la folie meurtrière qui animait Voldemort était-elle acquise ou innée ?
Dans ce chapitre en insistant sur la noirceur de sa vie à l'orphelinat et en montrant bien qu'en étant bien traité il se met à éprouver de l'affection pour les gens (ce que Voldemort ne faisait jamais), il laisse penser au lecteur que Tom ne prendra peut-être, éventuellement, probablement, si tout se passe bien... , c'est possible, ptêt bien qu'oui, ptêt bien qu'non, qui sait ? pas le même chemin que Voldemort. ( Ceci dit tout ça n'est que mon opinion sur ce chapitre, à vous d'exposer les vôtres.)
Quelques réponses aux commentaires (cette partie dépendra évidemment de mon temps disponible, là le chapitre est court donc ça va. Ce ne sera pas toujours le cas.)
Merci à Naste, Hinata55, Ichigoo, Funnygirl0531 et à Nepheria pour leurs premiers (et, j'ose espérer pas leurs derniers) encouragements. J'espère que ce chapitre 'flash back' qui somme toute ne révèle pas grand chose, ne refroidira pas trop votre ardeur.
Pour lys : merci également, je ne compte absolument pas abandonner la traduction de cette fiction anglaise qui elle-même n'est pas abandonnée( j'ai pu lire le trentième chapitre au cours de ma traduction du premier).
Pour ce qui est du rythme de traduction, je l'ignore franchement, tout dépend des chapitres et de leurs complexités. Il faut savoir qu'il m'arrive de rester plusieurs minutes bloqué sur la tournure d'une phrase qui finalement n'est lue qu'en trente secondes. D'autant plus que je fais tout mon possible pour retranscrire précisément ce que l'auteur met dans l'histoire ( par exemple la façon de présenter les 'adjoints' comme des chiens lancés à la poursuite de Tom. Ou bien le regard enfantin à travers lequel nous est décrit son passage à l'hôpital, la façon qu'il a, sous l'excitation, d'appeler tout le temps Harry M. Evans (un peu comme Dobby ) et cætera...)Bref : Advienne que pourra...
Enfin pour GeriAsh: La fiction en est donc à son trentième chapitre, elle est en cours d'écriture et ses chapitres arrivent environ toutes les deux-trois semaines. Et merci quand même pour avoir pris la peine d'essayer de traduire le "The-Boy-Who's-Name-Must-Be-Capitalized-and-Hyphenated", je rappelle que je cherche toujours une tournure à donner à cet infâme machin.
Le prochain chapitre sera de la taille du premier (environ), et du point de vue d'Harry puis de Tom. Il se nomme :
« Une Longue marche hors des flammes »
