Nda : Merci pour tous vos encouragements ! Je me demandais si cette histoire allait bien être accueillie. J'ai alterné les points de vue de James et Tom dans ce chapitre. Quelques scènes sont donc répétées de différents points de vue.

Chapitre 3: Une Longue marche hors des flammes

PDV Harry/James

Harry trébucha en sortant de la cheminée et s'effondra sur le plancher. Il n'avait jamais réussi à s'habituer à ce fichu moyen de transport. Le feu s'illumina d'une vive couleur verte un bref instant et Tom s'écroula dans un grand pop sonore sur Harry.

« Je...déteste...utiliser...la poudre de cheminette ! » gémit Harry en se relevant tant bien que mal.

Tom se redressa, se secouant la tête pour se remettre les idées en place. « Pourquoi est-ce que ça a fait ça? »

Harry lui répondit d'un léger sourire, « La plupart des personnes l'utilisent sans aucun problème. Elles en ressortent impeccablement. Ron avait… hum, un de mes amis avait l'habitude de se moquer de moi parce que j'en sortais systématiquement par terre. Apparemment tu es comme moi. »

Harry sentit une vive gêne en lui lorsqu'il cita Ron. Parler de son défunt meilleur ami lui était toujours très difficile. Tout particulièrement à l'individu l'ayant tué.

--

Les dernières semaines s'étaient révélées d'une grande complexité pour Harry, et ce à tous les niveaux. Rien de tout cela n'avait été prévu par Aberforth avant son départ. Le plan était pourtant simple. Revenir dans le passé, tuer Tom Jedusor bébé puis se planquer durant les dix ou douze années à venir jusqu'à ce que le retourneur de temps soit rechargé. Harry connaissait une expression Moldu qui résumait parfaitement sa situation : FUBAR. L'acronyme étant tout naturellement accompagné de son ami SNAFU, qui lui résumait aisément sa vie entière. (1)

Harry venait de passer une semaine entière au ministère à courir de bureau en bureau dans le but de régulariser sa situation afin de permettre à Tom d'être dans sa maison aujourd'hui. Bien que la loi du monde magique ait fait d'Harry le tuteur de Tom, la loi supposait en fait que le sorcier ou la sorcière adulte prenant la tutelle soit un membre identifié de la communauté magique de Grande-Bretagne. Puisque Harry n'était pas vraiment officiellement recensé (Du moins pas jusqu'à sa naissance dans une cinquantaine d'années !), il dut s'inscrire officiellement au ministère.

Harry aurait dû deviner que toute demande formulée auprès du ministère de la magie se transformerait rapidement en un mal de tête colossal. Étant officiellement un sorcier venant de l'étranger (!) sans aucune famille, les bureaucrates le virent comme une proie naturelle. Comme Harry ne pouvait pas leur fournir des copies de ses diplômes, ils le recensèrent en tant que sorcier non formé. Puis ils essayèrent de lui attribuer un gardien ! Harry en vint même à regretter son statut de 'Survivant'. Il n'avait jamais eu à s'occuper de telles choses auparavant.

Harry avait finalement pu obtenir une réunion avec Madame Marchebanks. Harry se rappelait l'avoir entendue mentionner s'être occupée de Dumbledore lors de ses BUSEs. Harry lui expliqua qu'il était récemment revenu en Écosse après avoir vécu à l'étranger la majeure partie de sa vie. Puisqu'il n'avait pas été formé par le système d'éducation magique britannique, il ne pouvait donc pas leur donner les documents qu'ils exigeaient. Enfin, Harry expliqua à la vieille sorcière les circonstances ayant placé Tom sous sa garde.

Apprenant les anciennes conditions de vie de Tom à l'orphelinat Mme Marchebanks en resta presque sans voix. Émue, elle décida d'aider le jeune homme à se sortir de cette situation.

Madame Marchebanks avança rapidement l'examen pour les BUSEs d'Harry que les bureaucrates avaient programmé en août . En tant qu'examinatrice reconnue, elle put rassembler une équipe d'examinateurs afin de lui faire passer une session spéciale d'examen. Harry eut à payer les horaires des fonctionnaires du ministère mais cela lui était franchement bien égal. La disparition d'une petite pile de gallions passa totalement inaperçue dans son immense coffre de Gringotts.

Harry s'arrangea pour passer ses ASPICs en Défense contre les forces du mal, Potions, Métamorphose, Sortilège, et Astronomie. Il décida également de passer ses BUSEs de Soin aux créatures magiques, de Botanique, d''Arithmancie et d'Histoire de la magie. Harry savait qu'il n'avait pas besoin de passer autant de matières pour répondre aux exigences des bureaucrates, mais il voulait les faire taire définitivement. Au cas où il aurait à acquérir un emploi à cette époque, il ne voulait pas avoir à refaire toute cette paperasse.

L'Arithmancie et l'Histoire de la magie étaient les seules matières pour lesquelles Harry conservait quelques craintes. Après la fin de sa sixième année, Harry avait de facto commencé à étudier l'Arithmancie dans ses recherches d'un moyen de détruire Voldemort. Hermione avait même commencé à lui en enseigner l'été précèdent dans la maison des Dursley. Les maths étaient le sujet préféré d'Harry avant sa venue à Poudlard. Harry trouvait le sujet intéressant et continuait à en lire durant son temps libre.

Pour l'Histoire de la magie, c'était une autre histoire. Harry avait obtenu à grand peine le 'A' de son premier BUSE. Il n'avait pas touché un seul livre d'histoire depuis. C'est-à-dire depuis environ trois ans. Harry allait avoir besoin de nombreuses heures de travail pour remettre en ordre ses connaissances en Histoire notamment pour se renseigner sur les événements 'récents'.

En plus de ses quelques problèmes avec le ministère, Harry eut de nombreuses choses à faire. Mlle Underhill put lui fournir une évaluation des mensurations de Tom afin de lui établir une garde-robe. Harry put ainsi faire quelques achats de vêtements pour sorciers de sept ans au Chemin de Traverse. Il prit également un balai spécialement conçu pour enfant. Le balai permettait aux parents d'ajuster la hauteur maximale à laquelle l'enfant puisse voler. Le regard perdu, Harry se demanda si Tom Jedusor ferait un bon joueur de Quidditch.

Harry sélectionna également plusieurs livres sur la façon de mener l'éducation magique d'un enfant. Harry savait que les Weasley avaient été instruits à la maison par Molly. Harry venait de réaliser qu'il n'avait strictement aucune idée de la manière dont le reste de la communauté magique s'occupait de leurs enfants avant qu'ils ne leur soient permis de commencer à étudier la magie.

Harry fit aussi quelques emplettes dans le Londres Moldu. Des habits et des jeux pour enfants Moldus rejoignirent dans son sac quelques livres sur les matières d'enseignement Moldu, notamment les mathématiques et la science.

Harry vécut comme une intéressante expérience sa promenade à Londres. A son époque, visiter Londres était bien trop dangereux pour Harry. La constante vigilance que lui imposait la permanente possibilité d'une attaque surprise de Mangemorts l'empêchait de véritablement profiter de la vue ou des spectacles librement. Bien que la vie nocturne de Londres lui parut bien plus agitée que ce qu'il avait pu entendre d'autres étudiants de Poudlard, Harry apprécia sa tranquille promenade à travers ce qu'il pouvait voir de la ville.

Harry se prit à souhaiter que sa visite à l'orphelinat ait été aussi calme et plaisante que celle du reste de la ville.

Retour en arrière.

Deux jours après avoir délivré Tom de ses bourreaux dans la ruelle, Harry arriva aux portes de l'orphelinat vers 8:30 du matin. Son léger retard étant dû à ses problèmes naissants avec le ministère.

Passant les portes, Harry observa quelques jeunes filles jouer dans la cour. Elles semblaient relativement heureuses et en bonne santé. Il ne voyait aucun signe des abus décrits par Tom à l'hôpital Sainte-Mangouste.

Harry frappa à la porte où se trouvait inscrit en grosses lettres les mots 'Bâtiment des garçons'. Après avoir de nouveau frappé plusieurs fois, la porte finit enfin par être ouverte par un jeune homme qui lui lança un regard mauvais.

« Qu'est s'tu veux, toi? »

Harry s'efforça du mieux qu'il put de rester poli, « Bonjour, je m'appelle James Evans. Je voudrais parler à M. Roughton. »

« Il a pas l'temps d'parler à tous les clowns qui passent dans la rue, casse-toi. » lui grogna le garçon, avant d'essayer de fermer la porte.

Avant qu'il n'en ait le temps, Harry plaça son pied dans l'embrasure de la porte. Le garçon la rouvrit brutalement, la colère se lisant sur son visage.

« Tu l'auras cherché, mec ! Casse-toi d'la avant kj'te botte le cul ! »

Harry regarda le garçon, laissant un peu de sa magie scintiller dans ses yeux . « Tu vas gentiment m'amener auprès de M. Roughton . »

Le jeune gangster s'immobilisa un court instant. Ce clown-là lui semblait étrangement différent. De la crainte envahit brusquement l'organe si peu utilisé qui lui tenait lieu de cerveau. Malheureusement, n'ayant pas servi depuis si longtemps, le minuscule organe avait fini par s'atrophier avec le temps. Le jeune gangster (qui s'appelait Randolph) se laissa guider par son instinct. Il lui envoya un coup de poing.

Pendant sa formation après la mort de Dumbledore, Maugrey avait confié à une paire de Moldus la tâche de former Harry au combat physique. Les deux moldus se trouvaient être d'anciens sergents de la Marine Royale à la retraite. L'un avait été le champion de boxe poids-lourd de la flotte de l'Atlantique quatre années consécutives. L'autre avait passé la majeure partie de sa carrière en poste en Extrême-Orient où il avait été rompu aux différentes formes d'arts martiaux. Harry put 'goûter' à un nombre non-négligeable de potions curatives au cours de son entraînement avec ces hommes-là.

Harry s'écarta avec célérité de la trajectoire plus qu'évidente du bras et en saisit le poignet en une prise des plus basiques. Il n'eut rien d'autre à faire qu'observer la brute se laisser emporter par son poids et son propre élan. Randolph se réveilla bien plus tard, étalé sur les pavés ronds de la cour, et s'aperçut que le dénommé James Evans s'était entre temps volatilisé.

Harry entra dans la partie de l'orphelinat réservée aux garçons tout en se demandant si le gangster sans connaissance qu'il laissait derrière lui pouvait être apparenté à Crabbe ou à Goyle. Mettant cette pensée de côté, Harry s'engagea dans une sorte de vestibule, quittant la pièce faisant office d'accueil.

Passé le vestibule, les couloirs lui semblèrent de plus en plus foncés et encrassés. Ou bien les murs avaient oublié d'être peints, ou bien ils n'avaient pas été lavés depuis des années. Des papiers et bien d'autres déchets étaient éparpillés sur le plancher, apparemment jetés là par leurs utilisateurs une fois usagés.

Harry entendit des bruits de voix provenir d'une pièce toute proche. Atteignant une double porte sous un panneau indiquant 'Salle à manger', Harry s'arrêta un instant. On pouvait entendre la voix d'un homme crier à l'intérieur.

« Bande de morveux, vous attendrez ici jusqu'à ce que j'ai fini de manger. Rappelez-vous de cette leçon : qu'un seul d'entre vous ose me défier et vous en subirez tous les conséquences ! Soyez plutôt soulagés que je ne vous laisse seulement que deux jours sans manger ! Tout ce que vous aviez à faire était de ramener ce bâtard ici! Mais puisque vous êtes trop bêtes pour le faire vous serez tous punis, sans exception ! »

Harry s'immobilisa, choqué par la confirmation des abus sévissant dans cet orphelinat. Lors de son enfance recluse dans le placard sous l'escalier par les Dursley, Harry avait souvent souhaité que les Dursley le dépose simplement dans un orphelinat. Harry se rendit compte que si ne serait-ce que la moitié de l'histoire de Tom était vraie, cet endroit aurait presque pu faire d'eux une famille modèle en comparaison.

Harry se mit rapidement à réfléchir à la situation. Il n'avait pas le droit d'utiliser la magie sur des Moldus et passer dix à douze ans dans la prison d' Azkaban n'était pas dans ses plans. Quel dommage que la Marine britannique ne propose plus les services de ses mercenaires! Laisser M. Roughton au main d'un soldat du siècle dernier lui semblait pourtant une bonne idée.

Harry se lança un ensemble de sortilèges afin de changer son aspect. Il ressemblait maintenant à un homme d'une quarantaine d'année muni d'une belle face de brute. Il avait utilisé ses souvenirs de Goyle senior comme modèle. Une fois les sorts correctement placés, Harry ouvrit brusquement les portes.

« Ah, M. Roughton. Toujours à table à ce que je vois! » ricana Harry.

« Qui êtes-vous? » lui hurla le gros homme.

« Je suis l'homme qui a une affaire à vous proposer. Est-ce que vous seriez intéressé par l'idée de vous faire un paquet d'argent, M. Roughton ? »

A voir la façon dont ses yeux globuleux s'ouvrirent en grand en entendant cette question, la réponse devait être oui. En un instant, son ton changea, sa voix devenant doucereuse, « Naturellement ! Pourquoi n'entreriez-vous pas dans mon bureau afin que nous y discutions votre offre ? »

Harry se déplaça sur le coté et lui dit en ricanant, « Après vous, monsieur. »

Durant le court chemin jusqu'à son bureau, Harry lança le sort Legilimens sur le gros et gras despote. Harry eut non seulement confirmation de tout ce que lui avait raconté Tom au sujet de l'orphelinat mais il apprit bien pire encore. Alfred Roughton avait de toute évidence l'habitude d'utiliser cet établissement pour se remplir les poches. Il avait réduit au minimum les budgets de la nourriture et de l'entretien. Il avait également augmenté les chiffres des recensements d'un tiers, tandis qu'il se servait des garçons et des filles de l'orphelinat comme jouets pour ses activités nocturnes. Après 'usage' il les vendait à d'autres usagers de ce genre de pratiques, tout en en vendant des 'intacts' à d'autres individus tout aussi malintentionnés. Les documents avaient, semblait-il, pris l'habitude de 'disparaître', ne laissant ainsi aucune trace de ces enfants. Harry se sentait de plus en plus nauséeux au fur et à mesure qu'il plongeait dans son esprit, lorsqu'il fit une fascinante découverte. Alfred Roughton était un sorcier.

Plus précisément, M. Roughton était un très faible sorcier, presque un Cracmol. Son manque plus que manifeste de pouvoir et la quasi-absence de magie sortant de sa baguette couplés à un comportement belliqueux l'avaient empêché de ne serait-ce que finir sa première année à Poudlard. Il avait été placé à Gryffondor quasiment par défaut. Non pas qu'il ait été particulièrement brave, mais parce qu'il était dépourvu de la moindre once de qualité des autres maisons ; pas d'intelligence Serdaiglienne, aucune fidélité et encore moins d'effort acharné Poufsouffliens ainsi qu'aucune ambition de Serpentard. Le responsable de la maison Gryffondor avait obtenu son expulsion avant même les vacances de Noël. Non pas qu'il ait été pourvu d'une mauvaise éducation ; il était simplement un psychopathe sans respect pour qui que ce soit.

Cette information plaçait la situation sous un jour entièrement nouveau. Harry sortit discrètement sa baguette et l'assomma tandis qu'ils marchaient vers son bureau. L' homme s'écroula sur le sol comme un sac de viande. Une brève recherche plus tard et Harry tenait sa baguette dans ses mains. La plaçant dans sa poche, Harry fouilla son bureau et y trouva un petit sachet de poudre de cheminette. Harry rompit alors les sortilèges, retournant à son apparence normale.

Allumant le feu d'un rapide 'Incendio', Harry y jeta une pincée de poudre puis s'écria, « Département des Aurors »

La tête d'un jeune homme apparut aussitôt dans le feu, et lui demanda, « Auriez-vous besoin d'aide, monsieur ? »

Harry lui répondit rapidement, « Oui, je voudrais vous signaler les activités d'un magicien maltraitant les enfants magiques et Moldus sous son autorité. Ce qui inclut la vente de quelques uns d'entre eux. »

Bien que la tête du jeune homme se trouvait toujours au beau milieu d'un feu, il sembla pâlir en entendant ces mots. « C'est un sorcier ? Vous êtes sûr ? »

Harry hocha la tête, « Oui, j'ai récupéré sa baguette magique et cette poudre de cheminette provient de son propre bureau. »

Le jeune homme, qui semblait assimiler peu à peu ces informations grimaça, « Une équipe vous sera bientôt envoyée. Veuillez désencombrer l'espace devant le feu. »

Harry se recula et attendit les Aurors. Il se demanda de quelle manière Tom allait réagir à cette révélation. Harry présumait que la haine viscérale de Voldemort contre les Moldus avait sans aucun doute dû s'appuyer sur ces années passées à l'orphelinat. Qu'allait-il faire maintenant en sachant que le directeur de cet établissement n'était autre qu'un sorcier ?

Avant qu'Harry ait pu tirer toutes les conclusions de ces récents événements, deux sorciers et une sorcière apparurent dans la cheminée du bureau. Harry repéra parmi eux le jeune homme avec qui il venait de parler.

Le plus vieux d'entre eux s'adressa à Harry. « Vous êtes celui qui a appelé ? »

« Oui, je vérifiais certaines déclarations faites par un jeune garçon au sujet de cet endroit. J'ai été assez étonné de découvrir qu'un sorcier le dirigeait. Je vous ai appelés avant les Aurors Moldus. »

La sorcière lui demanda, « Et qui êtes-vous ? »

Harry lui sourit, « Je m'appelle James Evans. Je viens tout juste de revenir de l'étranger et j'ai récemment acheté une maison à Pré-Au-Lard. »

Le sorcier lui répondit, « Je suis l'Auror Franklin. » puis désigna la sorcière et le jeune sorcier derrière lui, « Voici mon collègue, l'Auror Gryfryder, et voici le stagiaire Maugrey. »

Harry se pétrifia en entendant ce nom. Ce jeune homme était le jeune Alastor Maugrey 'Fol-Œil'? Il semblait si... normal.

Maugrey fit roulé le gros magicien sans connaissance par terre et s'adressa soudainement à ses instructeurs. « Monsieur, je crois que c'est Alfred Roughton. »

« Bon sang ! Alors c'est ici que ce salopard se cachait ? » cracha le vieux magicien.

Harry leur lança un regard interrogateur. « Vous connaissez cet homme ? »

La bouche de la sorcière était toujours déformée par une inquiétante grimace lorsqu'elle lui répondit. « Nous recherchons cet individu depuis plus de trois ans. Il avait été condamné pour le meurtre d'une très vieille sorcière qu'il venait de voler. Il avait malheureusement été relâché à cause d'une erreur de formulaire et il s'était déjà échappé avant qu'on ait pu le retrouver pour l'envoyer à Azkaban. »

Harry se sentit envahir par la combinaison d'un profond soulagement et d'un choc qui ne l'était pas moins. Il se sentait soulagé de savoir que cette affaire serait résolue rapidement. En tant que condamné s'étant évadé de prison, Roughton allait de toute évidence recevoir un rapide procès puis être envoyé tout aussi rapidement faire une petite visite aux Détraqueurs. Mais il se sentait également particulièrement secoué à l'idée qu'une simple petite erreur sur un bout de papier ait pu conduire à la dévastation de l'enfance de Tom Jedusor.

Fin du retour en arrière

Avant même qu'Harry ait commencé ses examens, Alfred Roughton fut envoyé passer le reste de sa misérable vie à Azkaban. Harry avait néanmoins éprouvé une profonde frustration en découvrant que les charges pesant sur lui pour ses méfaits dans l'orphelinat ne furent jamais entendues par le Magenmagot. 'On' avait considéré que cela aurait été une perte de temps étant donné que les personnes concernées n'étaient que des enfants de Moldus. Harry contenait à grand peine sa colère en se concentrant sur le fait que Tom ait été tenu éloigné de toute cette affaire.

Le jour suivant, Harry contacta l'association de charité en charge de l'orphelinat. Harry offrit d'acheter l'orphelinat et d'en assurer le fonctionnement. Bien que l'association parut comme choquée à cette idée, elle accepta l'offre. Son conseil d'administration avait été fortement perturbé par la 'disparition' de Roughton. Après une courte enquête, on découvrit rapidement qu'il avait disparu après avoir vidé les comptes de l'établissement. Le conseil accepta également de continuer d'y envoyer leurs orphelins tandis que 'James' s'occuperait d'assembler le personnel et prendrait en charge son fonctionnement. Harry s'amusa particulièrement en appelant sa nouvelle association la 'Fondation du Phénix'.

Tout en attendant les résultats de ses examens, Harry discuta avec Madame Marchebanks de son idée d' éducateurs pour sorciers et Cracmols. Elle sembla très intéressée par le projet d' Harry.

« Pourquoi voulez-vous des éducateurs magiques, M. Evans ? C'est un orphelinat de Moldus, » lui demanda-t-elle.

« Je suis moi-même orphelin et l'enfant dont j'ai la garde l'est également. Nous sommes tous les deux considérés comme des sang-mêlés. Mon père était un sang-pur mais d'une famille réduite dépourvue d'autres membres tandis que ma mère était une sorcière née de Moldus n'ayant pour seul parent qu'une sœur qui haïssait la magie. La mère de Tom, elle, est morte sans indiquer de quelle famille elle venait. Il s'est retrouvé abandonné dans un orphelinat, vous connaissez la suite. Et nous ne sommes pas les seuls dans cette situation ! Nous avons besoin d'un endroit sûr ou tous ces enfants puissent vivre avant d'entrer à Poudlard. »

Fascinée, Madame Marchebanks écouta Harry parler. « Cela me semble une idée merveilleuse ! Je réalise n'avoir jamais penser à ce problème. » L'antique et minuscule sorcière fit une pause un bref moment. « Mais que se passera-t-il pour les enfants Moldus qui s'y trouvent ? »

Harry gesticula, « Ils pourront rester bien entendu. J'ai l'intention de m'assurer qu'une éducation magique et Moldue soit donnée aux enfants ayant des pouvoirs magiques. Les enfants Cracmols et Moldus obtiendront une éducation purement Moldue tout en développant une compréhension du monde magique. »

« Je pense que ce serait une formidable chose. Et je compte bien vous soutenir dans cette voie. Je peux facilement vous obtenir une liste de professeurs et d'éducateurs qualifiés. Je m'occupe également du Magenmagot. Je m'assurerai que rien ne vous bloque de ce coté-là. »

« Je vous en serais extrêmement reconnaissant, Madame Marchebanks. »

« Mais c'est avec plaisir que je vais m'en occuper, M. Evans. » lui sourit la sorcière « Je dois dire que je suis impressionnée de vos performances au cours de vos examens ces deux derniers jours. J'ai vu passer bien des Aurors qui ne possédaient pas la moitié des connaissances en Défense contre les forces du mal que vous possédez. »

Harry se sentit soudainement mal à l'aise en apprenant qu'il venait d'éveiller la curiosité des examinateurs. Comment Harry allait-il expliquer qu'il avait déjà effectué sa formation d'Auror et de Langue-de-plomb soixante sept ans dans le futur? Les seules choses auxquelles ils aient eu accès étant des formulaires et autres paperasses administratives.

Avant qu'Harry puisse répondre, un hibou s'introduisit dans la pièce, laissant tomber une lettre sur le bureau. En s'en allant, il laissa également tomber autre chose.

Madame Marchebanks émit un gémissement. « Nous allons devoir trouver une autre manière d'envoyer des lettres au sein du ministère. Les hiboux font décidément bien trop de désordre. »

Harry se mit à rire sous cape en repensant à un M. Weasley lui révélant pourquoi ils étaient passés aux avions en papier ensorcelés, ce qui n'arriverait que dans soixante ans. Il l'observa tandis qu'elle lisait la lettre.

« Et bien M. Evans, ce sont là d'excellents résultats. En particulier pour quelqu'un ayant suivi un enseignement à la maison et hors du pays. » lui dit-elle en lui donnant la lettre.

Harry sauta d'une traite toutes les informations préliminaires et passa directement aux notes.

ASPICs :

Sortilège : EE

Défense contre les forces du mal : O (+)

Potions : EE

Métamorphose : O

Astronomie : A

ASPICs : 5/5 avec mention en Défense contre les forces du mal.

BUSEs :

Arithmancie : EE

Soin au créatures magiques : O

Botanique : EE

Histoire de la magie : A

BUSEs : 9/9 ( les ASPICs font également office de BUSE )

'wow', pensa Harry. C'est bien mieux que ce que j'avais réussi à obtenir la première fois. J'imagine que ne pas les avoir passé en étant stressé par la guerre à fait la différence.

Madame Marchebanks tendit la main au-dessus de son bureau. « Félicitation, M. Evans. Je crois que le dernier obstacle entre vous et la tutelle de Tom vient d'être officiellement levé. »

Harry lui serra la main tout en la regardant dans les yeux. « Merci, Madame Marchebanks. Vous n'avez aucune idée de tout ce que cela représente pour moi. »

--

Harry revint brutalement à la réalité, s'extirpa de ses pensées et regarda le jeune garçon écroulé sur le plancher à ses pieds . Harry se sentit grimacer en voyant l'expression d'incrédulité sur le visage de Tom.

Celui-ci regarda Harry avec de grands yeux en lui disant, « C'était génial ! Est-ce qu'on peut le refaire ? »

Harry sentit sa grimace s' agrandir davantage. « Alors comme ça tu aimes ça, toi ? Attends d'avoir essayé un balai ! »

Harry pouvait presque sentir l'excitation du jeune garçon se diffuser tout autour de lui. « Tu veux voir ta nouvelle chambre ? »

Semblant comme assommé par tout ce qu'il pouvait voir autour de lui, Tom courut dans la maison vers les chambres à coucher. Harry lui indiqua la porte de la sienne et fit enfin un pas de côté, le laissant entrer.

Harry pouffa en voyant l'expression de totale incrédulité sur son visage. « C'est tout pour moi ? » Après qu'Harry ait hoché la tête, Tom lui dit, « C'est encore plus grand que la chambre que je partageai avec trois autres garçons ! »

Après avoir ouvert ses armoires et s'être émerveillé à la vue des magnifiques (et coûteux) vêtements qu'elles contenaient, il aperçut le balai pour enfant accrocher dans un coin. « Est-ce que c'est un vrai balai volant ? »

« C'est un balai pour débutant. Il ne te laissera pas faire quoi que ce soit de trop dangereux avant que tu n'apprennes à le maîtriser. »

« Et qu'est-ce qu'il y a là-dedans ? » demanda Tom en désignant une porte devant lui.

« Ce couloir mène à ta salle de bain. Il relie également à la chambre d'ami de l'autre côté » lui dit Harry.

Tom se tourna vers Harry avec une étrange expression sur le visage. Harry réalisa qu'il s'agissait de la même expression froide et lointaine qu'il avait pu voir sur les visages de plusieurs des autres garçons de l'orphelinat. « Pourquoi vous faites tout ça ? Qu'est-ce que vous voulez ? »

Pour la première fois, Harry revit en lui le Tom Jedusor de 16 ans qu'il avait rencontré dans la Chambre des Secrets. La même expression glaciale qu'affichait Malefoy et les autres futurs Mangemorts de chez Serpentard du temps où Harry étudiait à Poudlard.

Harry regarda le jeune enfant de sept ans qui le dévisageait, muni de l'air froid d'un vieil homme. « Viens dans la cuisine, il faut que nous parlions. J'ai quelque chose à te dire sur les raisons qui m'ont poussées à t'aider et à t'amener ici. »

Avant qu'il n'ait eu le temps d'organiser ses pensées, Harry se retrouva dans sa cuisine un verre de bièraubeurre à la main. Tom, muni d'un jus de potiron, jetait des regards suspicieux à l'homme se tenant devant lui.

« Tom, Je crois qu'il y a une histoire que je dois te raconter. Elle n'est pas très agréable, mais je pense que tu la comprendras. Arrête -moi si tu as des questions, d'accord ? »

Harry commença, « Lorsque je suis né, un sorcier maléfique cherchait à prendre le pouvoir. Il tuait et blessait nombre de gens. Avec quelques autres personnes, mes parents tentaient de le combattre. Un soir, lui et quelques uns de ses disciples s'introduisirent dans la maison de mes parents et les tuèrent. Mais au cours de la bataille il fut très sérieusement blessé et se trouva privé de ses pouvoirs. Il se volatilisa et on ne le revit plus durant plus de dix ans. »

A en voir la lueur dans ses yeux, Tom était captivé par cette histoire, « Comment fut-il blessé ? »

Harry ne voulait pas lui révéler plus d'informations que ce qu'il estimait nécessaire. Après tout, Tom avait seulement sept ans. Inutile de l'effrayer. Et puis si l'histoire venait à se répéter, Harry ne voulait pas d'un Voldemort averti. « C'est assez compliqué, Tom. La façon dont tout cela est arrivé n'a pas vraiment d' importance en ce moment. Le principal est qu'il perdit sa puissance et dut s'enfuir. »

Tom hocha la tête. Harry dut retenir un léger rire en voyant son expression. Hermione en avait une semblable quand elle avait un mystère à résoudre.

« Je n'avais plus ni grand-parent ni membre de ma famille encore en vie. Il ne me restait plus que la sœur de ma mère. Je n'avais qu'un an lorsqu'on m'envoya vivre avec elle, mon oncle et mon cousin. »

« Au moins vous n'avez pas eu à vivre dans un orphelinat, » murmura Tom.

« Ne tire pas de conclusion trop vite. Ma tante et sa famille détestaient la magie. Ils étaient Moldus et appelaient 'anormales' toutes les personnes ayant des pouvoirs magiques . Lorsque j'ai entendu les garçons dans la ruelle te traiter d' 'anormal' de la même manière, cela m'a poussé à t'aider. Je n'aime pas ce genre de tyrans. »

Son regard se posant sur la fenêtre de la cuisine un court instant, il continua. « Ils m'obligèrent à vivre dans un placard sous l'escalier durant dix ans. Tout ce que je recevais de la part de ma tante et de mon oncle était des hurlements dénués de toute affection. Mon cousin avait inventé un jeu avec ses amis qui s'appelait 'la chasse au Harry'. Une fois attrapé, ils me frappaient. »

Tom lui demanda d'une voix neutre, « Quand est-ce qu'ils ont arrêté ? »

Harry sourit, le regard dans le vague. « Quand j'ai eu onze ans, j'ai commencé à apprendre la magie. Je n'avais pas le droit de m'en servir à la maison mais j'avais des amis qui me protégeaient le temps que je puisse le faire moi-même. »

Tom le regarda dans les yeux. « Est-ce que tout ça est vrai ? »

Harry sentit une légère pression magique sur son crâne. Ce n'était même pas assez fort pour faire avouer la vérité à un Moldu s'il ne le voulait pas, mais c'était les débuts d'un Legilimens-né. « Oui, Tom. C'est la vérité. J'ai beaucoup simplifié mais ma vie avec ma tante et mon oncle fut réellement ainsi. Tu comprends maintenant pourquoi je peux comprendre ta situation ? »

Tom baissa la tête. Il semblait soulagé d'entendre toute cette histoire pensa Harry.

« Je n'aime pas les Moldus, » dit il. « Ils nous ont tous les deux maltraités uniquement parce que nous savons utiliser la magie. »

Cette déclaration rendit Harry encore davantage nerveux.

« Les gens sont ce qu'ils sont, Tom. Qu'ils soient Moldus ou non n'y change rien. Rappelle-toi , c'est un magicien qui a tué mes parents uniquement parce qu'ils refusaient de le servir. »

Tom regardait fixement la table. Même s'il aurait préféré s'arrêter là, Harry continua « Tom, ce que je viens de dire vaut également pour toi. »

Tom releva brusquement la tête de surprise. « C'est un sorcier qui a tué mes parents ? »

Harry secoua la tête. « Non, Tom. Je ne sais pas vraiment ce qui est arrivé à ton père, mais ta mère est morte à ta naissance. Elle était malade et elle a donné ses dernières forces pour te mettre au monde. »

« Si… si elle avait été une sorcière, aurait-elle survécu? » Demanda Tom d'une faible voix.

« Elle était une sorcière, Tom. C'est d'elle que tu as hérité ta magie. »

Tom semblait remettre ses idées en place après toutes ces nouvelles. « Dans ce cas de quoi parliez-vous à propos d'un sorcier ayant ruiné ma vie ? »

« Tom, il y avait deux êtres doués de magie à l'orphelinat. Tu en étais un et M. Roughton était l'autre. »

Ses yeux commencèrent à s' humidifier. « Mais alors... pourquoi me traitait-il toujours d'anormal ? »

Harry contourna rapidement la table et prit la main du jeune garçon . « Il est en prison maintenant, Tom. Il se cachait des Aurors, les policiers des sorciers. Peut-être lui rappelais-tu tout ce qu'il avait perdu dans sa fuite. »

« Tom, au cours de ma vie j'ai rencontré de bon et de mauvais Moldus tout comme j'ai rencontré de bon et de mauvais sorciers. Ce ne sont pas les pouvoirs qui rendent quelqu'un différent, mais ce qu'il en fait. Tu comprends ? »

Une larme roula sur sa joue. « Oui, je comprends. »

Harry prit le petit garçon dans ses bras. Tom pleura un long moment. Puis il se pencha vers Harry en le regardant.

« Comment je vais vous appeler ? »

Harry sourit. « Et bien, M. Evans est un peu trop rude, je crois. Que dirais-tu d'oncle James ? »

Tom, les yeux encore rougis d'avoir pleuré le regarda émerveillé. Il mit ses bras autour d'Harry dans une étreinte et lui répondit, « Merci, oncle Jimmy ! »

PDV Tom

Tom se sentit de plus en plus nerveux au fur et à mesure qu'il passait en un éclair devant de nombreuses cheminées. Il commençait à se sentir nauséeux lorsqu'il fut enfin éjecté de la cheminée. Il s'effondra sur le plancher ou plus précisément sur quelque chose s'y trouvant. Tom ne se leva que quand il fut absolument sûr que la salle avait arrêté de tourner autour de lui.

Une fois assis, Tom réalisa que l'objet sur lequel il était tombé en sortant de la cheminée était en fait M. Evans. Tom l'entendit murmurer d'un ton las, « Je déteste utiliser la poudre de cheminette ! »

Tom se redressa en se secouant la tête pour se remettre les idées en place. « Pourquoi est-ce que ça a fait ça ? »

M. Evans lui fit un léger sourire, « La plupart des personnes l'utilisent sans aucun problème. Elles en ressortent impeccablement. Ron avait… hum, un de mes amis avait l'habitude de se moquer de moi parce que j'en sortais systématiquement par terre. Apparemment tu es comme moi. »

Tom remarqua son air rempli de tristesse lorsque M. Evans mentionna son ami. L'homme resta assis là silencieusement un long moment, semblant perdu dans ses pensées. Tom n'arrivait pas à comprendre M. Evans. Durant sa vie à l'orphelinat, il était arrivé à la conclusion que les gens ne font jamais les choses sans raison et qu'ils désirent toujours quelque chose en retour. Et que personne ne fait jamais quoique ce soit par simple « gentillesse ».

Tom vit que M. Evans prêtait de nouveau attention à lui. Les yeux écarquillés, il regarda M. Evans et lui dit, « C'était génial ! Est-ce qu'on peut le refaire ? »

L'espèce de grimace de M. Evans s' agrandit davantage. « Alors comme ça tu aimes ça, toi ? Attends d'avoir essayé un balai ! »

Tom vit que M. Evans semblait aimer jusqu'à la simple pensée de monter sur un balai. Cet homme le remplissait de plus en plus de confusion. Il était très gentil mais Tom pouvait maintenant voir quelque chose dans ses yeux qui d'une façon ou d'une autre le considérait d'une manière que le jeune garçon n'arrivait pas à comprendre.

M. Evans lui tendit la main pour l'aider à se relever. « Tu veux voir ta nouvelle chambre ? »

Tom suivit M. Evans à travers toute la maison. Tout ce qui s'y trouvait paraissait entièrement neuf. Tous les meubles semblaient tout juste avoir été achetés. La maison était méticuleusement rangée mais lui donna malgré tout une agréable impression.

M. Evans mena Tom à une porte et le fit entrer dans la salle. Tom se déplaça dans une chambre presque deux fois plus grande que celle qu'il avait eu au dortoir de l'orphelinat. Les meubles de cette chambre semblaient aussi flambant neufs que dans le reste de la maison que Tom avait pu voir. Le lit lui sembla énorme. Il s'y dressait aux quatre coins un long poteau sculpté soutenant un large drap au dessus du lit. Un bureau pour enfant se trouvait dans un coin à côté d' une bibliothèque remplie de divers livres.

Tom entendit soudainement rire M. Evans. Il jeta un œil vers cet étrange homme et lui demanda, « C'est tout pour moi ? » M. Evans hocha la tête. « C'est encore plus grand que la chambre que je partageais avec trois autres garçons ! »

Tom ouvrit le placard et s'émerveilla en voyant les habits qui y était accrochés. Il y en avait bien plus que ce que Tom avait pu porter au cours de toute sa vie. Les vêtements neufs qui n'avaient de toute évidence jamais été portés étaient accrochés sur des cintres parfaitement ordonnés. Tom vit à côté des vêtements normaux de longues robes comme celles qu'il avait pu voir à l'hôpital. Il aperçut alors un balai pour enfant accroché dans un coin. « Est-ce que c'est un vrai balai volant ? »

« C'est un balai pour débutant. Il ne te laissera pas faire quoi que ce soit de trop dangereux avant que tu n'apprennes à le maîtriser. »

« Et qu'est-ce qu'il y a là-dedans ? » Demanda Tom en désignant une porte devant lui.

« Ce couloir mène à ta salle de bain. Il relie également à la chambre d'ami de l'autre côté, » Lui dit M. Evans.

Il pouvait presque entendre son instinct l'avertir. Cet homme voulait manifestement quelque chose de lui. Tom avait entendu des rumeurs dans l'orphelinat au sujet de ces hommes qui emportaient des enfants chez eux. Prenant rapidement sa décision, Tom tourna la tête vers M. Evans. « Pourquoi vous faites tout ça ? Qu'est-ce que vous voulez ? »

Le visage de M. Evans se figea ; Il semblait se vider de toute expression. Tom pouvait néanmoins y voir un étrange mélange de tristesse et de colère. « Viens dans la cuisine, il faut que nous parlions. J'ai quelque chose à te dire sur les raisons qui m'ont poussées à t'aider et à t 'amener ici. »

Tom suivi M. Evans hors de la chambre à coucher et à travers la maison. Ils entrèrent finalement dans la cuisine qui semblait aussi neuve que le reste de la maison. Tom nota que la cuisine lui paraissait assez bizarre comparée à celle qu'il avait vue dans l'orphelinat. Certains des objets dans cette pièce semblaient… avancés fut le seul mot qu'il trouva pour les décrire.

M. Evans sortit des verres et y versa à boire pour Tom et lui. Tom remarqua que les boissons venaient de deux récipients différents. Il s' assit à la table pendant que M. Evans y plaçait les verres puis s'asseyait en face de lui.

M. Evans posa sa boisson et resta tranquillement immobile un court instant. Alors il poussa un soupir et commença, « Tom, il y a une histoire que je dois te raconter. Elle n'est pas très agréable, mais je pense que tu le comprendras. Arrête-moi si tu as des questions, d'accord ? »

D'une manière assez solennelle, Tom hocha la tête silencieusement. Il pouvait sentir une brusque montée d'émotions chez le sorcier.

Les yeux de M. Evans semblèrent se perdre dans le vague lorsqu'il commença, « Lorsque je suis né, un sorcier maléfique cherchait à prendre le pouvoir. Il tuait et blessait nombre de gens. Avec quelques autres personnes, mes parents tentaient de le combattre. Un soir, lui et quelques uns de ses disciples s'introduisirent dans la maison de mes parents et les tuèrent. Mais au cours de la bataille il fut très sérieusement blessé et se trouva privé de ses pouvoirs. Il se volatilisa et on ne le revit plus durant plus de dix ans. »

De toute évidence M. Evans simplifiait l'histoire. « Comment fut-il blessé ? »

Les yeux de M. Evans prirent une expression que Tom avait déjà pu voir lorsque M. Evans le regardait. M. Evans répondit, « C'est assez compliqué, Tom. La façon dont tout cela est arrivé n'a pas vraiment d' importance en ce moment. Le principal est qu'il perdit sa puissance et dut s'enfuir. »

Tom hocha la tête. Il voyait bien qu'il y avait quelque chose que M. Evans ne voulait pas lui révéler. Ce n'était pas important en ce moment, mais Tom se dit qu'il aurait un jour besoin de le découvrir.

M. Evans continua son histoire, « Je n'avais plus ni grand-parent ni membre de ma famille encore en vie. Il ne me restait plus que la sœur de ma mère. Je n'avais qu'un an lorsqu'on m'envoya vivre avec elle, mon oncle et mon cousin. »

Tom se sentit amusé au fond de lui. M. Evans pensait que vivre avec une tante et un oncle était une vie malheureuse ? Il devrait essayer de vivre dans un orphelinat quelque temps. « Au moins vous n'avez pas eu à vivre dans un orphelinat » murmura Tom.

Evans lui adressa un froncement de sourcil « Ne tire pas de conclusion trop vite. Ma tante et sa famille détestaient la magie. Ils étaient Moldus et appelaient 'anormales' toutes les personnes ayant des pouvoirs magiques. Lorsque j'ai entendu les garçons dans la ruelle te traiter d' 'anormal' de la même manière, cela m'a poussé à t'aider. Je n'aime pas ce genre de tyrans. » Après une courte pause, il continua. « Ils m'obligèrent à vivre dans un placard sous l'escalier durant dix ans. Tout ce que je recevais de la part de ma tante et de mon oncle était des hurlements dénués de toute affection. Mon cousin avait inventé un jeu avec ses amis qui s'appelait 'la chasse au Harry'. Une fois attrapé, ils me frappaient. »

Tom était assommé. Il avait toujours pensé que les membres d'une famille s'aimaient mutuellement. Au moins à l'orphelinat, il avait pu se mélanger dans la masse de garçons. S'y faire oublier. D' une voix neutre, Tom demanda, « Quand est-ce qu'ils ont arrêté ? »

En voyant le sourire particulier de M. Evans, Tom se sentit curieusement soulagé. Tom se rappela qu'il affichait exactement le même sourire sur son visage lorsqu'il parvenait à se venger des garçons plus âgés que lui dans l'orphelinat. M. Evans lui dit, « Quand j'ai eu onze ans, j'ai commencé à apprendre la magie. Je n'avais pas le droit de m'en servir à la maison mais j'avais des amis qui me protégeaient le temps que je puisse le faire moi-même. »

Tom sentit qu'il devait savoir si cette histoire était vraie. Ce que M. Evans venait de lui dire conforta son impression sur la seule chose qui ait tracassé Tom depuis son réveil dans l'hôpital. M. Evans n'était pas simplement en train de l'aider, il essayait également, d'une étrange façon, de se sauver lui-même. Tom regarda le magicien et demanda, « Est-ce que tout ça est vrai ? »

M. Evans le regarda directement dans les yeux et lui dit, « Oui, Tom. C'est la vérité. J'ai beaucoup simplifié mais ma vie avec ma tante et mon oncle fut réellement ainsi. Tu comprends maintenant pourquoi je peux comprendre ta situation ? »

Tom hocha la tête. M. Evans lui disait la vérité. Il n'aurait pas su expliquer comment il pouvait le savoir. Mais il savait au plus profond de son âme que tout ce qu'il avait entendu était vrai. Tom sentit certains de ses muscles dont il ne s'était même pas aperçu qu'il les avait tendus se relaxer.

Tom réalisa que lui et M. Evans étaient des magiciens, des êtres magiques. Les Moldus avaient ruiné leurs vies à tous les deux. Tom sentit sa colère s'accroître. « Je n'aime pas les Moldus, » dit-il. « Ils nous ont tous les deux maltraités uniquement parce que nous savons utiliser la magie. »

M. Evans fronça de nouveau les sourcils . « Les gens sont ce qu'ils sont, Tom. Qu'ils soient Moldus ou non n'y change rien. Rappelle-toi , c'est un magicien qui a tué mes parents uniquement parce qu'ils refusaient de le servir. »

Tommy se sentit un peu honteux en se rappelant qu'un magicien avait tué les parents de M. Evans.

M. Evans soupira et ajouta d'un ton hésitant, « Tom, ce ce que je viens de dire vaut également pour toi. »

Tom releva brusquement la tête de surprise. « C'est un sorcier qui a tué mes parents ? »

M. Evans secoua la tête. « Non, Tom. Je ne sais pas vraiment ce qui est arrivé à ton père, mais ta mère est morte à ta naissance. Elle était malade et elle a donné ses dernières forces pour te mettre au monde. »

Son monde sembla chavirer. Sa mère était morte pour qu'il puisse vivre ? Tom s'était toujours senti abandonné par ses parents. Avait-elle vraiment pu donner sa vie pour lui ? « Si… si elle avait été une sorcière aurait-elle survécu? » Demanda Tom d'une voix faible.

« Elle était une sorcière, Tom. C'est d'elle que tu as hérité ta magie. »

Pour la première fois de sa vie, Tom se sentit fier de sa mère. Sa magie venait de cette femme qui s'était sacrifiée pour lui. Une chaude impression de réconfort qu'il n'avait jamais senti en pensant à elle bouillonna dans son esprit envahi par les émotions. « Dans ce cas, de quoi parliez-vous à propos d'un sorcier ayant ruiné ma vie ? »

« Tom, il y avait deux êtres doués de magie à l'orphelinat. Tu en étais un et M. Roughton était l'autre. »

Tom sentit ses yeux s' humidifier. M. Roughton était un sorcier également. Non ! C'était la plus mauvaise personne qu'il ait jamais rencontré. Tom avait besoin qu'il soit un Moldu. Comment un magicien aurait-il pu le traiter ainsi ? « Mais alors pourquoi me traitait-il toujours d'anormal ? »

M. Evans contourna rapidement la table et lui prit la main. Tom sentit une vague de réconfort le traverser . M. Evans lui murmura d'une voix calme et rassurante, « Il est en prison maintenant, Tom. Il se cachait des Aurors, les policiers des sorciers. Peut-être lui rappelais-tu tout ce qu'il avait perdu dans sa fuite. Tom, au cours de ma vie, j'ai rencontré de bon et de mauvais Moldus tout comme j'ai rencontré de bon et de mauvais sorciers. Ce ne sont pas les pouvoirs qui rendent quelqu'un différent, mais ce qu'il en fait. Tu comprends ? »

Une larme roula sur sa joue. « Oui, je comprends. » M. Evans semblait vraiment attentionné. Tom sentit qu'il pouvait lui faire confiance. M. Evans ne lui avait jamais menti, actuellement.

Lorsque M. Evans le pris dans ses bras, il sentit ses émotions se libérer. Ses larmes coulèrent sur l'épaule du magicien tandis qu'il se reposait dans ses bras.

Reprenant le contrôle de ses émotions, Tom se pencha vers lui en essuyant ses larmes. Il lui demanda, « Comment je vais vous appeler ? »

M. Evans lui répondit en souriant. « Et bien. M. Evans est un peu trop rude, je crois. Que dirais-tu d'oncle James ? »

Tom lui renvoya un sourire, il aimait l'idée d'appeler ce sorcier 'oncle' . Pour la première fois de sa vie, Tom commençait à se sentir en sécurité. Il sentit une soudaine pulsion espiègle à travers son bonheur. Il serra ses bras autour de son nouvel oncle dans une étreinte et lui dit, « Merci, oncle Jimmy ! »

Oncle James lui envoya un froncement de sourcil désapprobateur en entendant le nouveau nom. Tom se serait senti gêné s'il n'avait pas vu la lueur amusée dans les yeux d'oncle James. Tom s'esclaffa, soulagé.

« Pouvons-nous sortir essayer mon balai ? » demanda Tom.

Une excitation clairement visible dans ses yeux à la mention de voler sur un balai, Oncle James lui répondit « Bien sûr que nous pouvons Tom. Va donc chercher ton balai. Après ça je te ferai visiter Pré-Au-Lard! »

Tom se précipita en courant hors de la cuisine pour prendre son balai.

La journée s'annonçait excellente.


(1) FUBAR et SNAFU : Ces deux charabias sont en fait des acronymes de la culture populaire Américaine vraisemblablement issues des soldats de l'US army qui devaient les utiliser pour désigner rapidement une situation ( Tout comme par exemple : 0 morts -- 0 kills -- OK ). FUBAR est donc l'acronyme de Fucked Up Beyond All Repair et SNAFU celui de Situation Normal : All Fucked Up. Je vous épargne les traductions littérales, sachez simplement que le premier est la version américaine d' être dans la merde et que le second se traduirait par Comme d'hab : tout a foiré.

Ndt: Et voilà pour le troisième chapitre (qui n'est en fait que la fin de l'introduction de l'histoire si j'ose dire). Un peu d'action et de rebondissement mais tout cela n'est rien comparé à la suite qui vous attend ... dans quatre semaines (niark!). Et oui je pars en vacance : il vous faudra donc attendre pour avoir la traduction des 28 autres magnifiques chapitres de cette géniale histoire (re-niark!).

J'espère seulement que la passion pour les fanfictions sur Harry Potter ne s'éteindra pas en même temps que la sortie du septième et dernier volume en juillet.

Merci pour les commentaires encourageants, notamment les longues suppositions de Funnygirl0531 que je vous conseille de lire étant donné qu'elle a du flair et étant donné surtout que je ne révélerai pas ou presque d'informations sur la suite dans mes notes.

Edit : Tenez la preuve qu'elle a du flair : Elle vient de me faire réaliser que James parle de 'chasse au Harry' alors qu'il est logiquement censé dire 'chasse au James'. Et PAF ! Qu'est ce que je vois en relisant le chapitre ? Que j'ai oublié une minuscule note de l'auteur en gras tout en bas ! Je l'ai traduit ci-dessous, ça m'étonne parce que je fais très attention à ne rien oublier. Mais là je m'étais dépêché avant de partir en vacances. A évènement exceptionnel, faute exceptionnelle. ;)

Nda: Merci de ne pas m'envoyer de message (sic) au sujet de ce que dit James à Tom à propos de la 'chasse au Harry'. Je suis au courant étant donné qu'il s'agit d'une erreur de la part de James, et non de la mienne. J'ai voulu donner à Tom un petit indice afin de mieux justifier qu'il soupçonne James de lui cacher des choses. De plus, cela ne m'a pas paru anormal que James fasse cette erreur à ce moment-là.

Ndt: Merci également à Elisabeth pour la bonne douche froide. Je ne pense pourtant franchement pas faire de fautes d'orthographes. Par contre je reconnais avoir du mal avec les terminaisons de verbes. Si vous en trouvez de tellement énormes qu'elles vous stoppent dans votre lecture, signalez-les moi.

Le chapitre suivant avec la rencontre de James avec Dumbledore! Et avec son grand-père! Et le retour de Mademoiselle Underhill ! Arrivera donc dans quatre semaines. Niark ! (désolé)

Il s'intitule :

Une Nouvelle vie