Nda : Pour éviter toute confusion, Harry sera désigné par 'James' dans les années trente-quarante. Dans sa vie précédente, il sera désigné par 'Harry'. Les éventuels Harry que vous pourrez rencontrer lors de votre lecture hors des flash back ou des remémorations du passé ne seront donc là que par inadvertance. Bonne lecture!

Chapitre 4: Une Nouvelle vie

14 Juillet 1935

« Oncle Jimmy(1), regarde ! » (2)

James Evans observa le jeune garçon de huit ans crier en volant à à peu près 10 mètres au-dessus du sol sur son balai. Le jeune homme autrefois connu sous le nom de Harry Potter adressa un sourire au jeune démon aérien qui passait au-dessus de lui.

« C'est très bien, Tom ! Ne relâche pas ton attention! »

Aujourd'hui était une sorte de second anniversaire pour Tom. Cela faisait maintenant exactement un an que Tom était arrivé à Pré-Au-Lard et avait commencé sa nouvelle vie. Et elle avait été marquée par de profonds changements ainsi que par d'excitantes découvertes pour l'orphelin. Découvrir la magie et le monde magique le fascinait. Le visage de Tom s'illuminait chaque fois que son regard se posait sur la moindre chose faite de magie. Il posait constamment d'incessantes questions sur la façon dont tel ou tel objet magique fonctionnait.

James avait d'ailleurs pu observer attentivement l'évolution du jeune garçon au cours de l'année. Il avait certes eu du mal les six premiers mois à lui faire surmonter toute la méfiance accumulée au cours de ses sept années passées dans l'orphelinat et à abaisser le bouclier qu'il s'était forgé pour se protéger émotionnellement de cet environnement. Mais James avait finalement réussi au bout de plusieurs semaines à développer un certain niveau de confiance et d'affection avec le garçon.

James avait commencé à lui apprendre à lire et à lui inculquer les notions élémentaires de mathématiques. Il y ajouta des leçons de magie et de science. Tom accepta plus ou moins les deux premiers sujets, accueilli le troisième avec joie, et résista grandement au dernier. James laissa échapper un léger rire en repensant, amusé, aux arguments du garçon sur le sujet.

« Pourquoi est-ce que je dois étudier ça ? C'est un truc de Moldu ! » protesta Tom.

« Parce qu'avec ça les Moldus peuvent parfois faire des choses dont les magiciens sont incapables. » lui répondit James d' une voix calme.

« La magie est plus forte ! » Bougonna le garçon en direction de son « oncle ».

James secoua la tête. « Non, juste différente. » Avant que le garçon n'ait pu l'interrompre à nouveau, James leva la main et continua. « La science Moldue s'est améliorée très rapidement au cours des cent dernières années. Et je pense qu'elle ne s'arrêtera pas là. Regarde leurs avions. Il y a vingt-cinq ans, ils n'arrivaient à voler que sur de très courtes distances. Et puis il y a huit ans de cela un Américain a fait le trajet New York - Paris en solitaire et sans escale. Et aujourd'hui, ils peuvent voyager par avion n'importe où. Les sorciers peuvent apparaître n'importe où en Grande-Bretagne quasi-instantanément. Mais se déplacer de cette manière leur est impossible. Avions, téléphones, ordinateurs ; Ce sont toutes des inventions qui permettent aux Moldus de faire ce que les Sorciers font. »

L'expression rebelle de Tom résumait parfaitement ce qu'il en pensait. James comprit que la dernière chose qu'il voulait entendre était des compliments sur les Moldus. Mais c'était nécessaire. Et c'était la vérité.

« Tom, essaie de regarder ça d'une autre façon. Les Moldus ne peuvent pas faire de magie. Mais tu es d'accord que tous voudraient pouvoir en faire ? »

Tom acquiesça à contrecœur.

« Un téléphone n'est-il pas une simple tentative d'imiter les appels par cheminette ? Ou les avions leur version d'un balai ? » James pouvait voir le garçon résister à cette idée.

« Tom, est-ce que je peux te confier une observation que j'ai faite au sujet des personnes douées de magie ? La communauté magique se sent fière d'utiliser les mêmes sortilèges et autres sorts que leurs pères et grand-pères utilisaient avant eux. La raison pour laquelle les Fondateurs de Poudlard sont idolâtrés de cette manière c'est parce qu'ils ont dirigé la dernière véritable période de grandes découvertes magiques. La plupart des découvertes sont maintenant faites par des magiciens nés ou élevés par des Moldus et qui ont gardé leur curiosité en eux. Tu as toujours cette curiosité, Tom. C'est pour ça que tu me poses autant de questions. Et en tant que sorciers élevés par des Moldus, je suis moi-même dans cette catégorie. »

Cette discussion continua encore un certain temps et fut répétée à de nombreuses reprises. Mais ce n'est que lorsque James discuta de quelques théories basiques sur l'électricité que Tom commença à montrer un véritable intérêt pour le sujet.

Les discussions sur les études de Tom n'avaient pas été les seuls obstacles de cette première année. Tom avait développé une assez importante résistance envers l'autorité à l'orphelinat. Une fois passé l'émerveillement face à cette nouvelle vie avec James, Tom avait commencé à défier l'autorité de James. Les tâches les plus simples se transformaient rapidement en un champs de bataille quotidien. James apprit rapidement à garder constamment son calme notamment en se rappelant sa vie chez les Dursley.

Avec le temps, la patience de James finit par triompher de cette résistance. Tom accepta James comme une figure d'autorité lui voulant du bien.

James concentrait pleinement son temps sur Tom. Il était devenu la priorité numéro un de sa vie. La SEULE raison pour laquelle James/Harry se trouvait ici. Quand Tom faisait ses devoirs ou jouait avec d'autres enfants du village, James s'occupait de ses propres études et de la fondation du Phénix. James embaucha une sorcière née de Moldus appelée Mary Catchbottom pour s'occuper des affaires de l'orphelinat en son nom.

Madame Catchbottom était une professeur qualifiée et expérimentée en plus d'être une administratrice particulièrement douée. Cette sorcière hors-pair avait recruté tout un personnel grâce à ses connections magiques et Moldus. Un réseau d' orphelinats Moldus disséminés dans toute l'Angleterre, l'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande fut mis en place afin de localiser les enfants doués de magie. Très peu d'entre eux avaient connu des maltraitantes semblables à celle de Tom, mais tous furent très excités d'apprendre qu'ils pourraient devenir des sorciers et des sorcières.

Au début, les membres du ministère de la magie eurent des réactions pour le moins mitigées. L'idée même que ces orphelinats puissent inclure des Cracmols et des enfants totalement Moldus les dérangea particulièrement (3). Leurs pressions furent insistantes jusqu'au jour où James s'arrangea pour que la Gazette publie un article détaillé au sujet des efforts et des résultats positifs de la fondation du Phénix. Le ministère reçu de nombreuses louanges pour avoir « engagé un grand mouvement d'aide en faveur des enfants magiques n'ayant personnes pour s'occuper d' eux. » James se fichait bien de qui en recevait le mérite du moment que cela fonctionnait. Ironiquement, l'école de l'orphelinat reçut même plusieurs demandes de la part de parents sorciers vivant dans la région de Londres suggérant la mise en place de leçons pour leurs propres enfants

« Redescends, Tom ! » lui cria James. « Aujourd'hui nous allons déjeuner aux Trois-Balais! »

Tom exécuta un atterrissage dans les règles au beau milieu de la cour et sauta de son balai. « J'adore vraiment voler Oncle James, mais le balai devient franchement inconfortable au bout d' un moment. »

« Là je suis d'accord avec toi, Tom. Avec un peu de chance, quelqu'un finira par développer de meilleurs charmes amortisseurs pour les balais. Va te laver les mains avant de manger. » James ne pouvait qu'appuyer sa remarque. Il était lui-même stupéfait de voir la différence de confort, de vitesse et de maniabilité entre les balais de l'époque et son Éclair de feu. James aurait fait n'importe quoi pour pouvoir se permettre d'attraper son « vieux » balais et de s'élancer dans les airs.

Dix minutes plus tard, Tom réapparut et le jeune oncle et son protégé se mirent à parcourir joyeusement les rues de Pré-Au-Lard.

Après un délicieux repas au Trois-Balais, James observa Tom dévorer le plus impressionnant et appétissant gâteau au chocolat qu'il ait jamais vu. A tel point que son ventre en grognait rien qu'en le regardant.

Tom fit à son oncle un sourire radieux révélant des dents envahies de chocolat. James s'esclaffa en le voyant. Le Harry ayant remonté le temps aurait sans doute été particulièrement surpris de voir un James joyeux assis en face du garçon connu sous le nom de Lord Voldemort dans son époque.

Concentré sur son observation d'un Tom dévorant goulument son dessert devant lui, il ne remarqua pas l'arrivée de deux hommes dans le Pub. Ceux-ci s'installèrent au bar où ils se firent tranquillement servir en boisson.

James ressentit une étrange présence dans la pièce et jeta un coup d'œil dans la salle, repérant rapidement les deux nouveaux arrivants. Le premier sorcier portait une longue robe noire assez standard mais fait d'un tissu particulièrement soigné. Il avait d'épais cheveux noirs qui semblaient mal coiffés. Il rappelait quelque chose à James mais il n'arrivait pas à mettre la main dessus. Le deuxième sorcier inonda James d'émotions diverses. Le magicien à la chevelure auburn portait une longue robe bleue-clair et un chapeau pointu. James le reconnut immédiatement.

C'était Dumbledore !

La dernière fois que James l'avait vu avec les cheveux auburn avait été en jetant un coup d'œil dans la propre pensine du magicien lorsque celui-ci avait parlé à une version légèrement plus âgée du garçon assis aux côtés de James en ce moment même. Une forte impression de déjà vu (4) traversa les pensées de James et le fit légèrement trembler.

La mort de Dumbledore avait laissé Harry avec un certain nombre de questions sans réponse. Pourquoi avait-il été laissé avec les Dursley ? Pourquoi n'avait-il pas reçu une formation spéciale en vue de combattre Voldemort avant la mort de Dumbledore ? Pourquoi est-ce que personne ne lui parlait jamais de la vie de ses parents ? Il avait toujours eu soif de réponses. Mais en ce moment, rien de tout cela ne lui importait. Harry était simplement heureux de voir Dumbledore vivant.

James savait que le professeur Dumbledore était actuellement un professeur de métamorphose respecté à Poudlard. Vivre au pied de la colline où se trouvait Poudlard rendait quasiment impossible de ne pas être au courant de certaines informations. (James s'amusait quotidiennement de la rapidité à laquelle les histoires des mésaventures des étudiants atteignaient les oreilles des citoyens de Pré-Au-Lard.) Il s'écoulerait encore dix ans avant sa victoire sur Grindelwald. Combiné avec les honneurs qu'il avait reçu après sa victoire, Dumbledore n'était pas encore la figure légendaire qu'il était devenue avant qu'Harry n'arrive à Poudlard.

James se retrouvait assis au Trois-Balais avec un plus jeune Dumbledore bien loin d'imaginer les obstacles qu'Harry avait dû surmonter et qui ne le concernait pas encore. Il avait survécu à ces obstacles. C'était juste un bon moment que de revoir le vieux magicien vivant.

Les regards de James vers le jeune professeur Dumbledore n'étaient visiblement pas passés inaperçus, son compagnon l'ayant tranquillement fait remarquer au professeur de Métamorphose. James sortit de ses réflexions et se retrouva confronté à un regard familier. James se retourna rapidement vers sa table et regarda ailleurs.

« Peut-être puis-je vous aider, monsieur ? »

Tom arrêta de manger son gâteau, la bouche ouverte et le regard interrogateur. James se retourna et trouva Dumbledore debout derrière lui. James réalisa qu'il valait mieux la jouer serein.

Il fit une légère pause et répondit, « Toutes mes excuses, monsieur. Votre allure me rappelait un de mes anciens professeurs. » James sourit légèrement, « Il était juste un peu plus vieux que vous, mais presque exactement du même aspect. Je crois que je me suis un peu perdu dans mes pensées. »

Un léger mais familier sourire apparut sur les lèvres de Dumbledore, « Il m'arrive souvent moi-même de me perdre dans mes pensées. Je trouve cela tout à fait agréable. »

James sourit et tendit sa main, « Je m'appelle James Evans. Et ce jeune garçon est mon protégé, Tom Jedusor. »

Le professeur serra la main de James et dit, « Albus Dumbledore. Heureux de vous rencontrer tous les deux. »

« Evans ? » interrogea une voix inconnue.

Harry jeta un coup d'œil vers l'autre magicien qui était entré avec Dumbledore. Il s'était tenu derrière le professeur et avait écouté les présentations.

James n'arrivait pas à identifier cet autre sorcier. Il semblait être un peu plus jeune que Dumbledore. Il ne se rappelait pas d'un membre de l'Ordre ou d'un quelconque ami de Dumbledore lui ressemblant.

« Oui, James Evans. Je vis ici, à Pré-Au-Lard. »

« Le même James Evans qui a créé la Fondation du Phénix à Londres ? »

James nota que suite à cette question le niveau d'attention du professeur Dumbledore venait de considérablement augmenter. « Oui, j'ai fondé la Fondation. Mais à dire vrai, c'est Madame Catchbottom qui l'a réellement mise en marche . Elle possède un don pour commander aux gens, même à moi. » répondit James en grimaçant légèrement à ces derniers mots.

Le magicien inconnu émit une espèce de court rire bourru et ajouta « Ça ne m'étonne pas. Je suis allé à l'école avec cette sorcière. J'étais préfet quand elle était en première année. Elle m'a maintenu dans le droit chemin ! »

Le sorcier tendit sa main vers James, « je m'appelle Thomas Potter. J'aime ce que vous faites là. »

WOW,' pensa James, 'J'ai presque pu sentir mon cœur s'arrêter'. Son regard se posa sur les mêmes cheveux désordonnés que lui, à la différence près que les siens étaient bien plus foncés que ceux de Thomas Potter et ne viraient pas au gris.

James saisit fermement la main de l'autre magicien et lui dit, « Heureux de vous rencontrer, M. Potter. »

Le professeur Dumbledore reprit la parole, « Vous avez fondé le nouvel orphelinat ? Je pense qu'il s'agit là d'une très bonne idée. Plusieurs de mes étudiants attendent avec intérêt de passer leur premier été dans votre nouvel établissement. »

James rit. « Et bien ils auront plaisir à y venir. » Son sourire s'accentua, « néanmoins à moins qu'ils ne soient tous de Serdaigle, ils risquent fort de ne pas aimer certaines des conditions de vie. »

Dumbledore souleva un sourcil, une expression de curiosité sur le visage.

« Nous avons mis en place des cours pour les jeunes pensionnaires en attendant leur entrée à Poudlard. Mais nous en avons également créés pour les étudiants de l'école qui se sont inscrits dans des classes d'été. Ce qui signifie qu'il leur sera permis d'employer la magie durant leurs vacances d'été. Mais nous nous occuperons tout particulièrement de les accompagner dans leurs travail scolaire. »

Le Professeur Dumbledore riait sous cape du ton amusé de James. « Une partie de nos étudiants va sans nul doute tout particulièrement apprécier cette découverte, mais je pense que le fait de pouvoir utiliser la magie atténuera ce petit désagrément. »

M. Potter demanda, « pourquoi leur faire poursuivre leur travail scolaire en vacances ? »

« Nos étudiants n'ont pas de maison où aller. Pourquoi perdre du temps ? Cela rend la rentrée moins brutale. Et cela leur permet de ne pas être dérangé par les lois du ministère sur l'utilisation de la magie chez les mineurs. » James rajouta, « Personnellement je trouve l'application de cette loi particulièrement injuste. »

M. Potter (Harry essayait VRAIMENT du mieux qu'il pouvait de ne pas penser à cet homme comme à son Grand-père.) le questionna, « C'est-à-dire ? »

« Hmm, » considéra James , « Répondre à cette question risque de prendre un certain temps. Que diriez-vous de vous asseoir, messieurs ? »

Les deux magicien échangèrent un rapide regard. Dumbledore répondit, « Oui, vous avez raison, je crois qu'il serait mieux que nous nous connaissions étant donné que nous partagerons désormais la responsabilité de plusieurs étudiants. »

James vit les yeux de Tom s'écarquiller un petit peu plus en voyant ces deux grands étranges sorciers les rejoindre à la table. James lui fit un petit signal de la main pour prévenir le garçon que tout allait bien. James eut chaud au cœur en voyant Tom se détendre aussitôt. ' Tom commence vraiment à me faire confiance. '

Une fois les magiciens installés, James se tourna vers son grand-père et lui dit, « M. Potter, avant que je ne réponde à votre question, permettez-moi de vous poser une question, êtes-vous de sang pur ? »

Le regard de Thomas Potter sembla s'assombrir. « Oui, j'en suis un. Pourquoi ? »

« Vous pouviez faire de la magie pendant vos vacances d'été, n'est-ce pas ? »

« Seulement avec mes parents ou mes précepteurs. »

James hocha la tête, « la loi permet ces ' contournements '. Cela facilite grandement l'apprentissage de la magie au sang pur. L'utilisation continue de la magie aide les étudiants à construire leur noyau de magie. Et les élèves nés de Moldus perdent ainsi une partie de leur formation en restant inactif tout l'été. »

« Stupide! » s'écria Potter. « Si les sang-purs sont plus puissants, c'est parce qu'ils n'ont pas de sang de Moldus coulant dans leurs veines. »

James fut attristé d'entendre cela de la part de son grand-père. D'une voix calme, il dit, « je suis devenu orphelin parce qu'un mage noir croyait à la pureté du sang. Mon père était un sang-pur mais ma mère était une sorcière née de Moldus. Ce qui fait de moi un sang-mêlé au yeux de la communauté magique. J'ai combattu beaucoup de magiciens de sang pur par la suite. Je suis en vie. Eux non. »

Une expression choquée apparut sur le visage des deux sorciers.

James désigna Tom. « Tom est également un sang-mêlé. Sa mère était une sorcière qui est morte en couche. Tous les membres de sa famille avaient été des sang-purs depuis l'époque des Fondateurs de Poudlard. Pourtant selon les critères actuels il est immédiatement considéré un citoyen de seconde classe parce que son père était un Moldu. »

Les yeux de Tom s'élargirent en entendant le commentaire de son oncle. James le remarqua et rajouta, « Je pense cependant que Tom deviendra un excellent sorcier. »

Tom fit une espèce de grimace à son gardien.

Le professeur Dumbledore sourit, « je suis bien d'accord avec vous, M. Evans. Certains de mes meilleurs étudiants viennent du monde Moldu. »

« Vous avez de bons arguments, j'en conviens. » Ajouta Thomas Potter, « Je ne suis pas tellement d'accord avec vous, mais je n'ai jamais été un maniaque du sang pur comme quelques personnes de ma connaissances. »

« Le monde devient de plus en plus petit, messieurs. Cette prétendue pureté inaccessible aux Moldus date de nos ancêtres les plus lointains. Ce fou qui a pris le pouvoir en Allemagne démontrera bientôt à quel point c'est une erreur de juger un groupe d'individus comme étant 'meilleur' sur la seule base de leur ascendance » précisa James.

A nouveau, Dumbledore et Potter échangèrent un regard.

James le vit et dit, « Veuillez m'excuser si je vous ai offensé. J'ai bien peur d'avoir l'habitude de sortir un peu de mes gongs sur ce sujet. » Voyant les deux sorciers confus, James ajouta, « c'est une expression Moldue. »

« Nous comprenons M. Evans. Et nous ne sommes pas offensés. Nous-mêmes avons eu de semblables discussions de nombreuses fois par le passé, » Lui assura Dumbledore.

« Je suis curieux, » indiqua M. Potter . « Vous avez parlé de combat contre des mages noirs. Comment pourriez vous avoir fait de telle chose à votre âge ? »

L'année passée avec Tom avait autant guéri James qu'elle avait guéri Tom. Harry, le Survivant, avait maintenant quasi entièrement laissé la place à James, le Vivant. Durant quelques secondes son regard quitta celui de M. Potter, Harry répondit, « j'habite à Pré-Au-Lard depuis douze mois déjà. Exceptée la courte période de ma naissance à mes 15 mois, c'est la plus longue période de véritable paix de ma vie. »

Harry se recula de la table. « Excusez-moi messieurs, je suis venu ici dans le but d'oublier mes batailles. Visiblement, elles ne sont pas aussi enterrées que je le voudrais. »

Monsieur Potter secoua la tête, « Mais non, c'est moi qui ai posé une question. J'aurais dû contrôler ma curiosité. »

« En effet Thomas, » Dumbledore sourit légèrement, « Cette même curiosité qui nous a valu tant de retenues pour être entré furtivement dans la Forêt Interdite par le passé. »

James n'aurait rien voulu de plus en cet instant qu'apprendre ces histoires. James aurait aimé qu'Harry les ait sues en entrant à Poudlard. A combien de situations ennuyeuses aurait-il pu échapper en échange de son silence !

« Merci, » dit James. Il jeta un œil à l'assiette de Tom et dit, « j'ai promis à ce jeune homme un voyage au Chemin de Traverse cet après-midi. Si vous nous excusez, je crois qu'il est prêt maintenant. »

Prenant leur congé des deux magiciens, Dumbledore informa James que les habitants de Pré-Au-Lard étaient autorisés à entrer dans l'école pour observer les matchs de Quidditch entre les différentes maisons. Le visage de Tom s'illumina d'excitation à l'idée de voir un vrai match de Quidditch.

James lui adressa un sourire et ajouta en rigolant, « je ne crois pas avoir à te demander si tu acceptes, n'est-ce pas ? »

Tom sautillait littéralement sur ses orteils, « Oncle James était un attrapeur ! C'est un grand joueur! »

« Très bien, dans ce cas nous vous reverrons en automne pour notre match d'ouverture. Je crois que ce sera Gryffondor contre Serpentard »

« Merci, professeur. C'était un plaisir de vous rencontrer. »

James et Tom sortirent des Trois-Balais laissant l'argent pour leur repas sur la table. Les deux sorciers observèrent James placer son bras autour de Tom et transplanner l'instant d'après presque silencieusement.

Si James avait pu regarder en arrière, il aurait vu deux magiciens assez stupéfaits discuter rapidement.

Un court moment plus tard, James et Tom apparaissaient dans le Chemin de Traverse.

Les yeux de Tom s'écarquillèrent en voyant la ruelle. James avait également été choqué la première fois qu'il était venu ici. Les deux premières fois se dit-il, d'un air nostalgique. La première fois avec Hagrid à onze ans, l'autre fois après son arrivée en 1934.

Aucun mage noir n'était apparu dans les îles britanniques depuis plus de 100 ans. Le dernier, le Seigneur Caligo, avait tenté de prendre le pouvoir vers le début du XVIII ème siècle. Mais depuis, les communautés magiques d'Angleterre, d'Écosse, du Pays de Galles et d'Irlande avaient vécu dans la paix et la prospérité. La ruelle en montrait clairement les résultats. Les magasins fleurissaient, exposant toutes sortes de marchandises du monde entier. Les gens marchaient dans la rue sans le moindre soucis d'une attaque . Ils semblaient animés d'une joie de vivre et d'une fraternité qu'Harry Potter n'avait jamais vu, même à onze ans. C'était une chose auquel James Evans avait tout juste commencé à s'habituer.

Tom courait avec enthousiasme dans la ruelle essayant de regarder le plus de choses en même temps. Le magasin d'approvisionnement de matériel de Quidditch se tenait toujours au même endroit. Tom se dirigea avec enthousiasme vers le Tinderblast exposé dans la vitrine. Il commença aussitôt à en énumérer toutes les caractéristiques.

James rigola et lui précisa, « Je crois que je t'ai corrompu, tu es maintenant un vrai fanatique de Quidditch. » Tom répondit simplement par une grimace et hocha la tête.

Après que James ait arraché Tom de la vitrine, ils commencèrent à parcourir la rue. Tom continuait de jeter des regards envieux vers le magasin de Quidditch. Puis Tom le vit, le magasin de la British Wizards Magical Toy Company. Il était rempli de douzaines d'enfants recherchant le meilleur jouet qu'ils pourraient harceler...heu gentiment demander à leurs parents.

Tom prit la main de James et ils se dirigèrent vers la gigantesque fourmilière qu'était le magasin. James le suivit calmement. Il resta au palier du magasin, observant Tom jouer.

Tom n'avait pas été au contact d'autant d'autres enfants de son âge depuis plus d'un an. Après son expérience de l'orphelinat, ce n'était pas quelque chose qui aurait pu lui manquer. James s'était demandé si se retrouver parmi tous ces enfants allait risquer de le ramener à de douloureux souvenirs. Cependant, peut-être grâce au temps passé avec lui ou du fait d'être au milieu de tant de jouets, Tom ne montrait strictement aucun signe d'une quelconque gêne d'être au milieu de tant d'enfants.

James se penchait contre le mur et l'observait par la fenêtre du magasin. ' En ce moment, Tom n'a jamais été aussi loin de ressembler à Voldemort '.

« M. Evans ? » la voix tranquille d'une femme l'interpella derrière lui.

James quitta des yeux le magasin et, se retournant, il fit face à la jeune femme qui venait de lui adresser la parole. James se retrouva devant une belle jeune femme blonde un peu plus petite que lui et pourvue de longs cheveux qui retombaient sur ses épaules. Elle avait des yeux d'un bleu azur brillant et de minces fossettes aux joues. En regardant ses yeux de plus près, James pensa immédiatement à une Veelane croisée avec un lutin.

« Oui, je suis James Evans. Je peux vous aider ? »

« Je suis choquée, » dit la jeune femme. « Vous ne vous rappelez pas de moi. » James s'aperçut qu'elle souriait devant son air mal à l'aise .

Puis la mémoire lui revint, la médicomage de Tom à Saint Mangouste, Sarah Underhill.

« Mlle Underhill ! C'est un plaisir de vous revoir, » dit James.

« Pour moi aussi, M. Evans. Comment va Tom ? » demanda la jeune femme .

« Très bien. Ça a été une bonne année pour lui. En ce moment il est dans le magasin à la recherche d'un nouveau jouet. Nous vous avons recherché à l'hôpital plusieurs fois mais ils nous ont dit que vous étiez partie. »

Les joues de Mlle Underhill rosirent légèrement. « Vous avez essayé de me voir ? C'est gentil de votre part ! J'ai commencé ma formation de guérisseuse l'automne dernier. »

James sourit, « Formidable! Je savais que vous iriez loin en vous voyant passer tellement de temps au chevet de Tom. Je tenais à vous dire que nous avons tous les deux beaucoup apprécié votre aide. »

« Tant mieux, il était un très bon patient. Un si gentil petit garçon. Est-ce que vous habitez toujours à Pré-Au-Lard, M. Evans ? »

« S'il vous plaît, appelez-moi James. Oui, nous y vivons toujours. En fait aujourd'hui est l'anniversaire du jour de l'arrivée de Tom dans sa nouvelle maison. »

« Vraiment ? Je ne réalisais pas que cela faisait si longtemps ! » Mlle Underhill lui adressa un timide sourire. « Cela me dérange quand même un peu de vous appeler James. Je vous connais à peine, M. Evans. »

« Je comprends, mais entendre une si belle femme de mon âge m'appeler Monsieur me paraît bizarre. »

A peine James avait-il dit cela qu'il sentit ses joues rougir. Bravo, pensa-t-il. Je rencontre par hasard la seule femme depuis Ginny pour qui je ressens de l'attirance et je me conduis comme un Malefoy ! Je drague aussi bien qu'un Weasley !

Dans son embarras, James ne la voyait pas rougir et lui adresser un sourire joyeux.

Avant que l'un ou l'autre des deux adultes rougisseurs ait récupéré, Tom apparut à côté de James aussi soudainement que s'il avait transplanné. « Oncle James, est-ce que je peux avoir… Um, Oncle James, pourquoi est-ce que tu est tout rouge ? » lui demanda Tom en se mettant à rire nerveusement, « Turessemble à une tomate ! »

S'adressant à James, Mlle Underhill lui dit, « Bon, et bien appelez-moi donc Sarah. »

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Mlle Underhill se mit elle aussi à rire nerveusement. James s'y mit également. En un rien de temps les deux adultes riaient ensembles de leur propre gêne.

Tom les observait avec une expression que tous les enfants du monde connaissent. « Les adultes sont bizarres. »

Tom, James et Sarah passèrent le reste de l'après-midi à se promener sur le Chemin de Traverse. Sarah faisait office de guide d'excursion. Elle connaissait toutes sortes de petits détails dont James lui-même n'avait jamais eu connaissance. James se dit qu'il s'agissait simplement d'un autre exemple de différences entre personnes ayant grandi dans le monde magique et d'autres ayant été élevés dans le monde Moldu.

James les emmena à la Ménagerie Magique afin d'acheter un nouveau hibou. James n'avait pas pu supporter l'idée jusqu'à maintenant. La mort d'Hedwige des mains de Malefoy juste avant la bataille finale l'avait d'une certaine façon blessée comme celle de Ginny. Hedwige était une amie proche qui avait toujours été avec Harry chaque été chez les Dursley. Harry lui avait souvent parlé comme à un confesseur pendant des heures au sujet de ses sentiments et de ses craintes, en particulier après la cinquième année et la mort de Sirius.

James acheta un petit hibou de grange avec les oreilles et le torse blancs et le reste du corps brun. Tom le surnomma rapidement Tufts ( Ndt: Touffes ). James était un peu nerveux car le petit hibou semblait aussi énergique qu'une tortue. Il semblait d'ailleurs être une tortue relativement peu intelligente. Au moins écoutait-il les ordres.

Tom reçut un cadeau spécial de James, un petit chiot noir. James n'aurait pu désigner qui semblait le plus excité, le garçon ou le chiot. Le chiot était seulement âgé de quelques semaines, juste à peine assez vieux pour quitter sa mère. Selon le vendeur du magasin, le chiot appartenait à une race de chiens orientaux connues comme étant des gardiens d'esprit. Examinant ses pattes, James se dit qu'il y avait de fortes chances que le chiot atteigne une taille significative.

« Rappelle-toi bien, il sera sous ta responsabilité. Tu devras le nourrir et en prendre soin. » lui précisa James.

« Je le ferai, oncle Jimmy ! Comment est-ce que je vais l'appeler ? Tu avais eu un chien quand vous aviez mon âge ? »

« Non, Tom. Je n'en avais pas… » James commençait à lui dire qu'il n'avait jamais eu de chien étant enfant, mais au lieu de ça il lui dit, « je n'avais pas de chien moi-même, mais mon parrain en avait un. Je l'appelais Snuffles. Son vrai nom était Patmol. »

Tom rit nerveusement, « Snuffles ! J'aime bien ce nom. Est-ce que je peux appeler mon chien Snuffles aussi ? »

L'image de la tête d'un Sirius rencontrant un chiot appelé Snuffles flotta dans ses pensées. James commença à rire à gorge déployée. Tom et Sarah le regardèrent en essayant de deviner ce qui pouvait bien être si drôle.

Une fois son fou rire calmé, il haleta, « Bien sûr, Tom. Je pense que ce vieux Snuffles aurait aimé ça. »

L'après-midi prenait fin et Tom montrait des signes de fatigue. Les deux adultes se dirigèrent vers un des points de transplannage. James portait un certain nombre de sacs, le résultat de leur expédition au Chemin de Traverse. Tom portait son chiot d'un air certes heureux mais las et fatigué.

Atteignant le point de transplannage, James se tourna vers Sarah et lui demanda si elle voulait bien les rejoindre pour le dîner.

Sarah sourit, mais soupira. « J'aimerais bien, mais j'ai un examen demain. Je dois mettre à jour mes notes. Entre le travail et les études, j'ai été plutôt occupée. C'était un miracle que nous nous soyons rencontrés aujourd'hui. Les après-midis du samedi et du lundi sont les seuls moment que je ne passe pas à étudier ou à travailler. »

James lui rendit son sourire, mais intérieurement il pensait, 'Qu'est-ce que je peux être nul avec les femmes ! J'étais plus à l'aise lors de la bataille finale avec Voldemort ! Peut-être était-elle juste aimable avec moi à cause de Tom et que je l'ai mal interprétée.'

James réalisa qu'il devait la quitter d'une manière plus élégante. « Je comprends parfaitement. Peut-être une autre fois alors ? »

Sarah lui répondit, « Que diriez-vous de vendredi soir ? Je quitte mon travail à 6h . Nous pourrions nous réunir pour le dîner ? »

James était choqué qu'elle ait vraiment établi un autre rendez-vous. Il s'était attendu à ce qu'elle lui donne simplement une vague promesse. Peut-être qu'elle était intéressée finalement. James l'espérait. Cet après-midi était la première fois qu'il s'était senti…normal depuis bien longtemps.

« Ce serait parfait. Je pourrais faire le dîner à l'avance. Je le préparerais pour 7 h. »

Sarah lui adressa un sourire radieux . « Un homme qui sait cuisiner ? Comment pourrais-je résister ? Je dînerais avec vous avec plaisir. Si ça ne dérange pas Tom. » Sarah et James jetèrent un regard en direction d'un Tom qui semblait plus intéressé par son chiot.

« Tom, est-ce que tu aimerais que Mlle Underhill nous rejoigne pour dîner vendredi soir? » demanda James .

Tom leur fit un somnolent sourire. « Bien sûr, oncle James. Ce serait bien. »

James et Sarah échangèrent un sourire. Sarah lui dit, « Alors je vous verrai vendredi. Vous feriez bien de ramener ce jeune homme à sa maison. Il semble un peu fatigué. »

Après s'être dit au revoir, James conduisit Tom dans le cercle de transplannage. Quelques secondes avant que James n'ait transplanné, Tom, une drôle de grimace et un air effronté sur le visage, lui demanda,

« Alors comme ça oncle Jimmy, tu as une petite amie ? »

Tandis qu'il apparaissait bien loin de l'hôpital, James pria pour que Sarah n'ait pas entendu la question de Tom. Mais vue l'expression sur son visage lorsqu'il lui avait lancé un dernier regard, il ne se faisait pas d'illusion.

18 juillet 1935

Un jeune garçon de huit ans, un chiot de trois mois et un hibou touffu contribuèrent à rendre très longue cette dernière semaine pour James. Mais des trois d'entre eux, seul Tom le faisait exprès. Tom demandait à intervalles réguliers combien il restait de temps avant que Mlle Underhill ne vienne à la maison. Snuffles était tout simplement un jeune chiot. Avec l'enthousiasme d'un chiot, il courait dans la maison, explorant tout. Pour ne rien arranger, Snuffles semblait avoir compris comment rendre Harry heureux ou non. Ce qui avait pour conséquence directe l'exhibition de ses yeux tristes de chiot envers James chaque fois qu'il faisait des choses qu'il n'était pas censé faire. Snuffles prenait un plaisir manifeste à gambader aveuglement partout dans la maison même si cela apportait très souvent des ennuis aux vases ainsi qu'à lui-même.

James avait trouvé la parade au problème en envoyant chacun des trois hors de la maison. Tom se mit à courir partout dans le village, un chien à ses côtés et un hibou volant au-dessus de la tête. James se disait que plus ils dépensaient leur énergie dehors, moins ils en auraient à l'intérieur de la maison. Cela fonctionnait… un peu.

Et Vendredi finit par arriver.

James et Tom travaillaient à divers sujets d'étude le matin. Aujourd'hui, ils voyaient l'électricité. Tom fut impressionné de découvrir que Benjamin Franklin, un Américain crédité d'un nombre impressionnant de découvertes dans le domaine de l'électricité, avait également été un sorcier. James n'avait jamais appris ça en Histoire de la magie (Peut-être Binns en avait-il parlé pendant qu'Harry dormait). Dans le monde magique, Franklin était connu pour l'invention du domaine de la Technomacie, la combinaison de la magie et de la science Moldue. Franklin avait découvert l'électricité lors d'une expérience célèbre avec un cerf-volant. Heureusement, étant un magicien, il survécut à la secousse l'ayant frappé.

Tom sembla fasciné par l'idée que Franklin soit un sorcier. Franklin avait fini sa vie publique de Moldu en 1790 en 'mourant' à l'âge de 84 ans. Il devint par la suite le directeur de l'Académie de la Magie à Philadelphie, une école qu'il avait fondée. Cette école était cachée à côté d'une autre école Moldu qu'il avait fondée, l'académie de Philadelphie, une université Moldue plus tard connue sous le nom d'Université de Pennsylvanie.

James était très fier d'avoir trouvé cette information. Elle permettait à Tom d'apprécier un peu plus les Moldus. Franklin semblait être un très bon modèle pour Tom. Tout ce qui pouvait l'éloigner de Voldemort valait le coup d'être utilisé.

L'après-midi, Tom, Snuffles et Tufts eurent la permission de sortir. Pendant ce temps, James travaillait sur quelques plans vis-à-vis de la Fondation du Phénix. Une des choses que Dumbledore lui avait dit lui revint brusquement en tête. Puisque plusieurs étudiants de Poudlard allaient passer leurs vacances à la Fondation, James décida d'en profiter pour rencontrer sous ce prétexte le Professeur Dumbledore. Si tout se passait bien, James pourrait établir un rapport de confiance qui lui permettrait de tisser des liens utiles au cas où certaines questions venaient à ressurgir.

Sarah arriva ponctuellement à 6:30 dans un assez bel ensemble laissant à peine entrapercevoir par endroits le corps de la jeune sorcière. James se surprit à envier les vêtements à la mode Moldue. La pensée d'une Sarah vêtue d'une mini-jupe fit battre le cœur de James un peu plus rapidement.

Sarah apparut dans la cheminée du salon. James l'accueillit, un grand sourire aux lèvres.

« Bonjour James. Vous avez une très belle maison. Elle semble parfaitement vous correspondre, » dit-elle avec un sourire.

« Merci. J'ai eu beaucoup de plaisir à y emménager. Mon agent m'a particulièrement bien aidé à assortir les couleurs des pièces à celles des meubles. »

Les fossettes de Sarah s'écartèrent lorsqu'elle lui fit un sourire. « Oui, je sais. Anne Prewett. Elle était dans la même maison que moi à Poudlard, mais une année devant. »

Cela rendit James nerveux. D'expérience, lorsque des femmes parlaient de lui ce n'était jamais bon signe. « Vraiment ? Le monde est petit. »

« Je l'ai rencontré par hasard à l'hôpital. Elle est enceinte et je fais parfois un tour dans la maternité. Elle m'a beaucoup parlé de ce type mignon à qui elle a vendu une maison à Pré-Au-Lard. »

James bénissait son Occlumancie tandis que, gardant un visage neutre, il lui disait, « Je suis heureux d'apprendre qu'elle ait vendu une autre maison. »

Sarah lui fit un grand sourire. « Oh, je crois que quelqu'un essaie d'être modeste. »

James décida, en tant que fils, filleul et 'neveu' de Maraudeurs, que ce commentaire méritait une réponse appropriée. « Oh vous savez, nous autres ne sommes que de pauvres mortels comparés à vous. »

Sarah récompensa sa réplique en éclatant d'un rire sonore. James aimait vraiment son rire. Il se dit qu'il pourrait l'écouter rire pendant des heures.

A cette pensée, James s' immobilisa un court moment.

Était-il en train de tomber amoureux de Sarah ?

UM, ouais ?

WOW, cela allait rendre les choses un peu plus compliquées. Il allait devoir repenser à tout ça plus tard.

Tom déboula dans la salle, accompagné de ses animaux à poils et à plumes. « Bonjour Mlle Underhill. Est-ce que je peux manger maintenant, Oncle James ? J'ai faim. »

James regardait toujours Sarah. « Si vous voulez bien passer à table. Il semblerait que le trio infernal soit prêt. »

Sarah acquiesça et ils se dirigèrent vers la salle à manger. James avait préparé un dîner typiquement Anglais. Pour une fois, il se sentait heureux d'avoir autant eu à cuisiner chez les Dursley.

James la questionna sur son passage à Poudlard durant le dîner.

« J'étais à Poufsouffle. J'aimais bien. J'ai passé presque tout mon temps libre à l'infirmerie à aider Mme O'Niel au cours de mes sixième et septième années. Je m'y suis fait de bons amis. Le cours de Potions du professeur Matthews était ma matière favorite avec celle de Métamorphose du professeur Dumbledore. »

« Vous saviez qu'il y a exactement 393 tuiles au plafond de l'infirmerie ? » demanda James. (5)

« Vraiment ? Je ne les ai jamais comptées. Comment le savez-vous? »

« Je dois l'avoir lu quelque part » répondit James avec un mystérieux sourire. En fait, il s'y était réveillé tellement de fois que c'en était presque devenu une habitude pour s'y occuper. D'ailleurs lorsqu'il l'avait dit à Madame Pomfrey, elle lui avait dédicacé un lit rien que pour lui.

« Vous jouiez au Quidditch? » demanda Tom.

« Non, » lui répondit Sarah, « mais j'avais plaisir à encourager ma Maison au cours des matchs. Nous n'avons jamais gagné la Coupe mais ça ne nous a jamais empêcher de nous amuser! »

« Ce n'est pas plus amusant de gagner ? » demanda Tom d'une voix innocente.

« Je suppose, Tom. Mais si vous gagnez sans vous être amusés avec vos amis, quel intérêt ? » demanda Sarah .

Tom hocha la tête sans répondre.

Sarah se tourna de nouveau vers James. « Alors dites-moi, où avez-vous grandi ? »

James pâlit légèrement. « Hum, je n'aime pas vraiment parler de ça. Mes parents ont été tués quand j'étais bébé. Il y avait un mage noir à l'époque, et j'ai grandi durant une période de guerre. Je suis venu ici après la guerre pour essayer de vivre dans la paix et de me refaire une vie. »

Sarah prit la main de James dans la sienne. « Je suis désolée. Je ne voulais pas faire remonter de douloureux souvenirs. »

« Oncle Jimmy fait des cauchemars, lui aussi, parfois, » révéla Tom d' une voix tranquille. « Ça fait peur. »

James se tourna immédiatement vers lui. D' une voix douce il lui dit, « Je suis désolé, Tom, si mes rêves t'effraient, j'installerai un charme de silence la nuit pour que ça ne te réveille pas. D'accord ? »

« D'accord, Oncle Jimmy. Mais je préférerais que tu n'aies pas du tout de cauchemars comme ceux-là. Ils ont vraiment l'air mauvais. »

« Merci, Tom. J'espère que tu n'en auras plus toi aussi. Nous en avons tous les deux assez vu. »

James remarqua que Sarah les observait, les larmes autour des yeux. James ajouta, « Je suis désolé. Cette conversation a franchement mal dévié. Parlons d'autres choses plus plaisantes . Comment se passe votre formation de guérisseuse ? »

Sarah hocha la tête et murmura un 'merci' pour le changement de discussion. A l'évidence, ses émotions étaient assez chamboulées.

« Vraiment très bien ! J'ai d'excellents professeurs ! L'année que j'ai passé en tant que Médicomage à l'hôpital Sainte Mangouste a payé ses fruits. J'ai une meilleure connaissance que mes camarades de la manière dont un hôpital fonctionne, des choses que l'on n'apprend pas dans les livres. »

« C'était ce que vous aviez planifié en prenant ce travail? » demanda James.

« Non, je m'imaginais plutôt retourner à Poudlard et prendre la place de Madame O'Niel. Elle va bientôt prendre sa retraite. »

James plaisanta, « Si j'étais un étudiant et que je vous savais à l'infirmerie je chercherais un moyen d'être malade! »

Sarah se mit a rire nerveusement. « Bêta ! Vous ne devriez pas dire des choses comme cela! »

« Désolé, » dit James. « Je crois que je ne me suis jamais habitué aux règles. Excusez-moi. »

Sarah fit un geste de la main. « Non, ce n'est rien. Je crois que vous n'avez fait que dire tout haut ce que nous pensons tous tout bas de toute façon! »

James décida de recentrer de nouveau la conversation vers un terrain plus sûr. « Et donc qu'est-ce qui vous a poussée à faire une formation de Guérisseur? »

« Pour dire vrai, de la pure chance, » répondit-elle franchement. « Une nouvelle association de charité recherchait une personne désirant travailler pour eux durant trois ans . Il ne demandait pas de diplômes et était prêt à me payer la quasi-totalité de mes études ! Un des guérisseurs m'avait parlé de cette offre une nuit. Je me suis dit que je ne pouvais pas laisser passer une chance pareille. Alors j'ai signé. »

« Une bonne affaire ! Comment s'appelait cette association? » demanda James.

« Oh elle est très récente. Cela s'appelle la Fondation du Phénix. »

James s'immobilisa, son visage blanchit un petit moment. Pouvait-elle être au courant qu'il était la personne qui finançait la Fondation ? Il avait dissimulé son nom autant que possible. Mme Catchbottom était le visage de la Fondation du Phénix pour tous ceux n'ayant pas accès à certaines informations du ministère.

« Et que pensez-vous de leur travail? » demanda James sur le ton de la conversation.

« Et bien, je n'aurais pas pris ce poste si je n'approuvais pas ce qu'ils font. D'où vient l'argent n'importe pas vraiment. Ces enfants méritent un bon établissement pour s'occuper d'eux et ne pas avoir à rester cachés, » fut immédiatement sa réponse. « Vous ne croyez pas? »

James allait acquiescer lorsqu'il fut interrompu par la voix d'un garçon de huit ans particulièrement heureux.

« Mme Catchbottom est vraiment gentille ! Elle s'occupe bien mieux de l'orphelinat que M. Roughton ! »

Sarah sembla comme assommée. « C'était dans cet établissement que tu étais, Tom ? Mais c'était un endroit horrible ! C'est impossible que... » Sarah s'interrompit en plein milieu de sa phrase. James aurait presque pu deviner mot pour mot sa prochaine question.

Sarah se tourna vers James. « Alors c'est pour ça que Mme Catchbottom a eu connaissance de cet endroit ? Vous lui en avez parler ? »

« En quelque sorte, » dit James.

« Est-ce que je peux quitter la table, s'il vous plait ? » demanda Tom. « Snuffles et Tufts veulent encore jouer. » demanda Tom d'une petite voix innocente accompagnée de grands et innocents yeux bruns.

James soupira, « Vous pouvez sortir tous les trois. Mais je veux que vous soyez à la maison avant que le soleil ne se couche. Il y a une pleine lune ce soir. »

« Oui, Oncle Jimmy! » hurla Tom derrière lui tandis qu'il sortait de la salle en courant.

Sarah ajouta tranquillement, « Vous avez vraiment fait du bon travail avec lui. On ne croirait pas qu'il s'agit du même garçon. »

Au fond de lui, James se disait, "Merlin ! J'espère bien !"

« Comment se fait-il que Tom connaisse Mme Catchbottom. Elle n'a commencé son travail à la Fondation du Phénix que plusieurs mois après que vous ayez sorti Tom de l'orphelinat. »

James bafouilla « Je crois que l'on peut dire que je suis son associé... 'passif'. »

Les yeux de Sarah s'écarquillèrent. « vous êtes LE donateur anonyme ? Tout le monde à Londres se demande qui a fondé et financé Phénix. Pourquoi ne le dites-vous à personne ? »

James soupira. « Je n'aime pas que les personnes s'intéressent à moi. Je veux juste être normal. Aider ces enfants était juste la bonne chose à faire. Tout comme avec Tom. »

Sarah sembla touchée par les paroles de James. Pendant un moment James fut tenté d'employer la Legilimancie pour découvrir ce qu'elle pensait. Il rejeta cette tentation.

Ils se déplacèrent au salon et parlèrent calmement pendant plusieurs heures d'affiler. James l'apprécia au plus haut point. Il n'avait pas eu l'occasion de simplement se reposer et de parler avec quelqu'un pour le pur plaisir de le faire depuis au moins sa sixième année dans les salles communes de Poudlard.

Plus la conversation durait longtemps, plus James avait envie de tout lui révéler. Son besoin de parler de toutes les choses qu'il avait vécues depuis plusieurs années l'étonna lui-même.

Finalement, Sarah se leva et se prépara à partir. « Merci pour cette très bonne soirée. Je l'ai vraiment appréciée. »

James se leva avec elle, « Je l'ai plus appréciée que vous ne pouvez l'imaginer. Est-ce que l'on pourrait se revoir ? »

Sarah souriante, une étincelle dans l'œil, lui répondit. « Bien sûr, M. Evans. Bien sûr que oui. »

Puis elle prit une pincée de poudre de Cheminette et la jeta dans le feu. Tandis que le feu tournait au vert, elle se retourna et lui fit un rapide baiser. Il sentit ses lèvres comme balayées par une plume. Elle fit un pas dans le feu et s'en alla.

James resta immobile dans le salon. Pour la première fois depuis tellement longtemps il se sentait vraiment heureux. Puis il entendit une petite voix malicieuse murmurer innocemment.

"Tu vois Snuffles, j'avais raison. Oncle Jimmy a une petite amie ! »


(1) Je précise en passant que Jimmy est le diminutif de James ; Personnellement je n'ai jamais compris cette histoire de diminutifs américains. Si quelqu'un pouvait m'expliquer pourquoi Bob est le diminutif de Robert ou Jack celui de John ça ne serait pas de refus.

(2) En anglais, vous êtes au courant que les 'tu' et les 'vous' n'ont pas cours, c'est toujours 'you'. J'ai décidé dorénavant que puisque Tom considère maintenant James comme son oncle il le tutoie . Au départ j'ai hésité entre continuer à le faire vouvoyer James jusqu'au moment où il le considère comme un père mais ça sonnait faux parfois.

(3) Dans le monde de la magie que l'auteur met en place, ça n'est visiblement pas une révolution que d'apprendre à quelques Moldus l'existence de la magie. Dans cette histoire de tels Moldus sont déjà apparus (rappelez-vous les 'entraîneurs' d'Harry dans le chapitre trois) et apparaîtront plusieurs fois encore par la suite : comme pour ces enfants ils sont sans doute tenus au secret probablement même de leur plein gré. Rien d'extraordinaire, donc.

(4) En français dans le texte, Hé oui ! Tout comme nous avons intégré quelques expressions Anglophones (okay, cool, et j'en passe ) dans notre vocabulaire de tous les jours, eux l'ont fait pour certaines francophones ( par exemple 'la vie en rose' grâce à Édith Piaf et bien d'autres : plus qu'on ne le croit d'ailleurs). Une impression de 'déjà vu' c'est très utilisé, je me souviens l'avoir même entendue jusque dans un dessin animé de Batman (!) il y a longtemps.

(5) Il n'a vraiment rien à dire le James ! ;)

Nda: Prochain chapitre: Poudlard, Quidditch et club de duel !

Ndt :Petit hors sujet :)

Il se trouve qu'il y a trois histoires Anglophones que j'adore, que je voulais absolument traduire et dont vous pourrez trouver les liens dans mon profil (dès que celui-ci sera mis en place)

Altered Destinies ( en cours : 35 chapitres ) par DobbyElfLord dont vous venez de lire le quatrième chapitre.

Mais aussi deux UA ( Univers Alternatif : bref une histoire radicalement différente par certains points de celle de JK Rowlings )

-Unsung hero ( en cours : 34 chapitres ) par MeghanReviews

-et enfin (snif) Darkest Hour (en cours : 9 chapitres ) par Lady Silverwings et dont je viens de m'apercevoir (arf ) que Cassis Blake ( soit maudite sur trois générations) m'a devancé et a déjà commencé à la traduire!!

Vous trouverez donc sa traduction ( re-snif ) qui en est à deux chapitres en cherchant son nom ou le titre de la fic.

A part ça je met le chapitre cinq en ligne dès que possible.

Il s'intitule Joie et Quidditch

et si possible, aller signer la pétition pour l'écartèlement de Cassis Blake, merci d'avance !!