Chapitre 5 : Bonheur et Quidditch

Le bonheur, Harry Potter en avait fait la triste expérience, ne durait jamais très longtemps. Jamais plus de quelques heures. Grandir au sein des Dursley ne favorisait pas l'apparition du bonheur, ni l'espoir même qu'il était possible en ce monde. Certes son arrivée à l'École de Sorcellerie de Poudlard lui en avait considérablement donné, mais il y avait également été constamment pointé du doigt, toujours au devant de la scène,et Malefoy s'était toujours arrangé pour lui en gâcher une bonne partie. Les efforts de Voldemort, de ses Mangemorts et des divers professeurs ayant pour habitude d'essayer de le tuer, de le mutiler ou de le mettre sous Oubliette y avaient également fortement nui.

Harry Potter n'avait jamais su ce que c'était que d'être "normal". La normalité et le bonheur lui avaient toujours semblé hors d'atteinte au cours de sa vie. C'était quelque chose que les autres possédaient, lui non. Souvent dans le Grand Hall, il voyait des étudiants goûter à une vie normale. Personne ne cherchait à les tuer. Bien sûr, ils pouvaient être la cible des Mangemorts, mais ceux-ci ne les visaient pas personnellement. Parfois, Harry cessait brusquement de les regarder, eux et leur bonheur affiché, lorsqu'au fond de lui il sentait remonter de noires émotions.

Si peu de ses camarades de classe voyaient en lui Harry et non Harry Potter, le Survivant. Ron (généralement), Hermione, Ginny, Luna, Neville, et les jumeaux Weasley représentaient en tout et pour tout les seuls membres de cette courte liste. Ils avaient passé de très bons moments ensemble. Sortir avec Ginny lui avait fait ressentir une joie comme il n'en avait jamais connue. Pour Harry, le bonheur avait toujours été quelque chose de passager, comme un papillon qu'il lui fallait saisir à pleine main. Si éphémère. Pourquoi en aurait-il été autrement ? Sa vie avait toujours été comme ça.

James Evans était heureux. Un beau jour d'automne venait de donner naissance au premier jour de la saison de Quidditch 1935-36 de Poudlard. James marchait en direction de l'école, son bras entourant les épaules d'une belle sorcière blonde. Courant devant lui, un jeune garçon de huit ans et un chiot âgé de huit mois jouaient à une espèce de chasse qui ne semblait régie par aucune règle. Un court regard commun plus tard et James et Sarah adressaient un sourire radieux à leurs singeries.

Tom et Snuffles étaient rapidement devenus inséparables. De jour comme de nuit, la paire n'était jamais éloignée de plus de vingt mètres. Le minuscule chiot grandissait quasiment à vu d'œil. En six mois, il était passé d'une boule de poils d'à peine trois kilos à un lutin qui devait bien peser ses 15 kilos de fourrure. Snuffles semblait penser que tout ce qui se trouvait à sa portée était destiné à se faire renifler et mâchouiller. Une fois pris sur le fait, Snuffles dévoilait toute l'étendue de ses capacités à se rendre mignon et innocent aux yeux de son maître.

Snuffles avait d'ailleurs participé à faire sortir Tom de sa coquille. Le petit garçon courait joyeusement à travers Pré-Au-Lard avec son compagnon canin. Ceci dit, Tom évitait toujours le contact avec les autres enfants du village. A l'inverse, le petit garçon et son chiot passaient une bonne partie de leur temps libre dans des jeux qu'ils étaient manifestement les seuls à pouvoir comprendre.

À la connaissance de James, aucun enfant du village n'était âgé de plus de deux ans de différence par rapport à Tom. On aurait dit que tous les autres enfants se répartissaient en deux blocs. D'abord un gros bloc d'enfants âgés de quatre à six ans que Tom évitait parce qu'il les trouvait trop jeunes (James l'entendait parfois se moquer de ces 'bébés'). L'autre groupe se composait d'enfants de dix à onze ans se préparant à commencer leur scolarité à Poudlard dans quelques années. Tom évitait ce groupe. James supposait que les blessures résultant de l'expérience qu'avait eu Tom avec les garçons plus âgés que lui à l'orphelinat prendraient du temps à guérir et à disparaître.

Pour James, les six derniers mois égalaient tout le bonheur qu'il n'ait jamais eu dans toute sa vie. Quand James était arrivé à cette époque, la guerre avait eu pour résultat de le briser mentalement et émotionnellement. La victoire n'avait pas compensé la perte de ses proches. Cette victoire à la Pyrrhus avait laissé le jeune homme particulièrement endommagé. Cette année avec Tom avait été un long chemin vers la guérison de ses blessures. James Evans vivait sa vie et pansait du même coup les douloureuses plaies d'Harry.

La présence de Sarah dans la vie de James avait largement permis cette transformation. Ils avaient commencé plus ou moins lentement par des dîners aux Trois-Balais. Sarah n'avait jamais vécu sous la menace d'un mage noir. Elle avait gardé une certaine innocence et une vision assez enfantine du monde tournant autour d'elle. En tant que médico-sorcière, Sarah avait eu de nombreuses occasions de voir ce que de mauvaises personnes, magiques comme Moldus, pouvaient s'infliger entre eux. Mais elle n'avait jamais eu affaire aux conséquences d'un effort de guerre soutenu pendant plusieurs années. James appréciait sa vision optimiste de la vie.

James se rendit compte que ses plus grands souhaits avaient été exaucés. Il était maintenant absolument normal. Jamais sa cicatrice ne le brûlait (Tom étant heureux). Personne ne le reconnaissait dans la rue comme le Garçon-ayant-survécu. James pouvait maintenant parcourir toutes les rues qu'il voulait juste comme n'importe quel magicien. Pas de prophétie, pas d'Élu, une vie dépendant uniquement de ses propres choix. Chaque jour qui passait voyait la Fondation du Phénix se débrouiller d'elle-même sans son aide. Il la finançait, et seuls quelques sorciers au plus haut du Ministère et de la Fondation connaissaient son nom. Bien que l'orphelinat et l'école qui s'y trouvaient influençaient désormais de manière significative la vie de nombreux enfants, le monde des sorciers n'était même pas au courant de son existence.

James, Tom et Sarah arrivèrent finalement avec leur escorte canine au match de Quidditch de Poudlard. Les tribunes semblaient même légèrement plus grandes que celles du temps de Harry. Les bannières colorées pendaient des tribunes. On aurait presque pu palper l'atmosphère festive des lieux.

Se reposant sur le banc de la section réservée aux visiteurs, James fut impressionné du nombre élevé d'étudiants présents dans les tribunes. James estima qu'il y avait entre vingt et trente fois plus d'étudiants que du temps de ses études. Les guerres contre les mages noirs avaient-elles pu faire de tels ravages parmi la population magique ?

L'attention de James revint vers la tribune principale où se trouvait le commentateur.

« Chers étudiants, personnel de Poudlard et autres visiteurs, bonjour ! Mon nom est Albert Scundermier et je commenterai dans ce stade pour vous aujourd'hui. Poudlard est fier de vous présenter un grand match ce soir. Le traditionnel premier match de la saison, Gryffondor coooontre Serpentard ! »

La foule en folie hurla dans un vacarme d'applaudissements son excitation manifeste.

« Mais d'abord, notre illustre directeur désirerait prononcer quelques mots ! Professeur Dippet »

James observa attentivement la tribune pendant que le directeur, Armando Dippet, prenait la place de Scundermier. James reconnut le vieux magicien dont il avait déjà vu une fois le visage, dans le souvenir que Jedusor lui avait révélé grâce à son journal intime.

« Bonjour à tous ! C'est bon de vous voir tous assemblés ici aujourd'hui ! Cela réchauffe mon cœur de voir chacun de vous ici animé par un grand et amical esprit de compétition ! »

Le directeur fit une pause pour permettre à la foule de finir d'applaudir ses paroles.

« Après ce match, le club de duel accueillera et présentera aujourd'hui une exposition des tactiques de duel. Certains des étudiants les plus âgés seront autorisés à venir défier les membres du personnel et quelques Aurors venus spécialement pour l'occasion, au cours de duels amicaux. Chacun de vous est invité à assister à cet événement ! Et Maintenant, que le match commence! »

Le commentateur, Albert Scundermier, reprit sa place.

« Et voila l'équipe de Gryffondor ! Greene, Halibutte, McMillian, Smithe-Brown, Londubat, Weaver eeeeet O'Neill ! »

L'équipe de Gryffondor s'élança hors des vestiaires et se mit immédiatement en formation au-dessus du stade. James se dit que c'était une belle chose que de voir les membres de l'équipe voler tous ensemble d'un même bloc, tel une espèce de gros bourdon. Le bruit dans les tribunes se transforma en un chaos de hurlements à leur entrée.

« Et maintenant l'équipe de Serpentard ! Bulstrode, Malefoy, Wellingoton, Black, Flint, Fulstone, eeeeet Gobbson! »

L'équipe de Serpentard, aussitôt sortie de son vestiaire, se mit en formation tout comme celle de Gryffondor. La leur était substantiellement différente mais l'intention était la même.

James fut particulièrement impressionné de la réponse que les deux équipes reçurent à leur entrée. Les Serdaigles et les Poufsouffles encourageaient presque autant les Serpentards que les Gryffondors. Ni l'une ni l'autre des Maisons concurrentes ne fit de réaction déplacée envers l'autre si ce n'est quelques cas qui semblaient de toute évidence être des plaisanteries. Aucune sorte d'animosité telle que celle qui imprégnait les matchs à son époque.

Sarah lui fit un sourire. « J'aurais bien aimé que les Poufsouffles jouent. J'ai manqué tous leurs matchs l'année dernière. »

James lui rendit son sourire, « Je suis sûr que nous pourrons arranger ça. »

« Oh oui, je suis sûr que l'Oncle James serait ravi de sortir voir d'autres matchs de Quidditch avec vous, Mlle Underhill ! » Ajouta Tom d'un air particulièrement effronté.

James regarda Tom d'un regard qui en disait long sur ce qui l'attendait s'il continuait dans cette voie. Cela n'effraya pas le moins du monde le garçon. Il pouvait voir d'ici une lueur amusée dans l'œil de son "oncle". Sarah se mit à rire, la main devant la bouche.

Le coup de sifflet annonçant le début du match leur fit reprendre leur concentration. James observa la tactique des joueurs et la compara à celle à laquelle il était accoutumé. Les balais étaient beaucoup plus lents que le plus lent des balais qu'Harry ait jamais utilisé. James estima leur vitesse à seulement un peu plus de 80 milles à l'heure, soit moitié moins que la vitesse maximale de son Éclair de Feu. Le vif lui sembla également moins rapide.

Ces vitesses réduites semblaient mener les joueurs à adopter un jeu plus serré avec des joueurs volant en formations beaucoup plus étroites. Malgré un jeu bien éloigné de celui dont il avait l'habitude dans les années 90, l'opinion de James était que cela n'en rendait pas le jeu moins intéressant ni passionnant, il offrait juste une 'saveur' légèrement différente.

James nota également quelque chose de différent dans le jeu de cette époque : il lui semblait trop ... amical pour être un match entre Gryffondor et Serpentard. Cela ressemblait plus à un match entre Serdaigle et Poufsouffle. Seul Black et Malefoy (et encore) frôlaient quelques fois les règles. De façon générale, James jugea qu'il s'agissait là du match le plus 'propre' auquel il n'ait jamais été témoin. Il y avait même moins de tricheries que dans les matchs amicaux chez les Weasley.

Le match dura encore environ 90 minutes. James repéra à deux occasions le vif planant ça et là au-dessus des gradins. Gryffondor affichait 150-90 lorsque Gobbson de Serpentard attrapa le vif. Bien que Serpentard ait gagné de 90 points, James aurait presque cru que les deux équipes fêtaient toutes les deux la victoire.

James observa avec surprise les joueurs des deux équipes se serrer les mains après être redescendue sur le terrain. A l'époque où Harry jouait, Madame Bibine avait pris l'habitude d'envoyer les deux équipes dans des directions opposées pour couper court à toutes possibilités de bagarres. Chez les Gryffondors planait certes une atmosphère de tension revancharde mais néanmoins sereine.

Qu'est-ce qui avait bien pu causer une telle haine entre ces deux maisons entre aujourd'hui et l'arrivée d'Harry à Poudlard ? Voldemort les avait-il à ce point perverti lors de la première guerre ?

La foule commençait à se retirer lentement des gradins. Divers stands avaient été installés dans le Parc tout autour. Une atmosphère joyeuse animait des stands de nourriture et de jeux, des Sombrals(Hagrid aurait adoré se trouver là) et des bateaux proposaient de faire faire le tour du lac aux visiteurs.

Sarah prit la main de James dans la sienne tandis qu'ils s'éloignaient du terrain. Tom tenait la laisse de Snuffles et marchait à ses côtés. James regardait Sarah en souriant.

L'après-midi fila plus vite qu'il ne l'aurait cru. Les troisièmes-années et plus pouvaient se rendre à Pré-Au-Lard tous les weekends exceptés les jours de matchs de Quidditch, apprit James. On lui précisa même que les étudiants attendaient souvent avec impatience les fêtes qui suivaient les matchs. Les étudiants de Poudlard se trouvaient partout sur la pelouse, en groupes dont plusieurs étaient constitués d'élèves provenant de maisons différentes.

Quelqu'un annonça le début de l'exposition du Club de duel. James, Tom et Sarah s'approchèrent des membres du Club. Beaucoup de personnes se réunissaient elles aussi autour de la plateforme pour observer les duels.

Ceux-ci commencèrent par l'affrontement de deux élèves de quatrième année et monta progressivement de niveau au fil des combattants. James remarqua et apprécia une fois de plus une atmosphère proche de la franche camaraderie, les commentaires railleurs envers les étudiants concurrents allant dans un sens comme dans l'autre.

James fut beaucoup moins impressionné par leur niveau de compétence. N'importe lequel des membres de L'AD en cinquième année aurait gagné n'importe lequel de ces matchs. Harry les avait formés dans le but de soutenir un duel dans de véritables batailles, pas pour des duels gentillets ou pour des histoires d'honneur. (James fut également choqué d'apprendre que bon nombre de sorciers utilisaient encore les duels pour résoudre leurs conflits ou pour clore une argumentation.).

« Tu les trouves doués ? » demanda Sarah durant l'une des pauses. Deux septièmes-années venaient juste de finir. Un Serpentard que James identifia comme étant le Malefoy du match de Quidditch venait de gagner.

« Ils semblent bien s'amuser. »

La voix d'un homme dans le dos de James commenta, « Vous ne semblez guère impressionné par leurs compétences, M. Evans. »

James se retourna pour faire face à un vieil homme qui se tenait derrière lui et qui fit faire un bond à son cœur lorsqu'il le reconnut.

« Bon après-midi, M. Potter. Je les trouve suffisamment doués. La communauté magique a depuis longtemps pu apprécier une période de paix. Ils ne sont pas entraînés à se battre pour survivre, mais juste pour le sport. »

« C'est vrai, » reconnut le vieux sorcier. « Et que leur manque-t-il selon vous ? »

« L'instinct. Aucun de ces étudiants n'a jamais eu à faire face à une vraie bataille où vous n'avez pas le temps de réfléchir à vos mouvements. La formation théorique a ses limites . Il vous faut avoir établi votre stratégie avant même le duel commencé. 80 pour cent d'un combat se décide avant que la première baguette magique ne soit levée »

M. Potter hocha la tête. « Intéressants, M. Evans. Je n'avais pas considéré cela de cette façon. Vous devriez regarder le prochain duel. Une des septièmes-années se battra en duel avec le professeur de Sortilèges. »

James ne put retenir un léger sourire moqueur, « Que Merlin aide l'étudiant dans ses devoirs s'il gagne. »

Sarah frappa l'épaule de James tandis que M. Potter éclatait d'un rire sonore.

« M. Potter, puis-je vous présenter ma fiancée, Sarah Underhill. Sarah, Voici M. Thomas Potter. »

M. Potter, après lui avoir fait un baisemain, lui dit « Ravi de vous rencontrer, Mlle Underhill. » Puis regardant James, ajouta « Appelez-moi donc Thomas. »

James fit un sourire à son grand-père et répondit, « Merci, appelez-moi James. »

Thomas lui rendit son sourire et se dirigea de nouveau vers la plateforme de duel. « Tenez, dites-moi ce que vous pensez de ce duel, de ses combattants et de ce qui le distingue d'un véritable combat. »

Le professeur MacTavish, professeur de Sortilèges, se présenta devant une septième-année de Serdaigle. Dès que l'arbitre eut fini le compte à rebours ils commencèrent par lancer quelques sortilèges de base. Ils formèrent des boucliers qu'ils utilisèrent pour se prémunir des sorts de l'adversaire. Pendant un bon moment ils ne firent que se lancer des sorts basiques un-à-un.

Au bout d'un moment, James fit plusieurs commentaires à Thomas sur le manque de mouvements des adversaires, sur la formalité et le manque d'imagination du combat. N'esquivant même pas les mauvais sorts, ils n'employaient aucun jeu de jambes. Ils se contentaient de se protéger derrière leurs boucliers leur laissant absorber les sorts tout en continuant à en envoyer vers l'adversaire qui se contentait d'en faire de même .

Concentré sur ses commentaires du match, James ne remarqua pas l'attention que peu à peu lui donnait le reste de l'assistance tout autour de lui. Elle écoutait silencieusement le jeune magicien donner des avis d'expert sur la force relative des deux duellistes. Assis sur sa banquette, James réemployait sans même s'en rendre compte sa voix de "professeur" qu'il avait fini par développer au cours de ses nombreuses séances avec l'AD. Sa voix tranquille et ferme à la fois attira l'attention de la foule environnante .

Sarah regardait James assez surprise. James lui avait parlé de quelques petites choses de sa vie précédente, avant son arrivée à Pré-Au-Lard, mais l'étendue de ses connaissances l'étonna. Après avoir fini par connaître James au cours de ses six derniers mois, Sarah avait appris à lire ses émotions. Elle entendait la tristesse cachée derrière ses commentaires secs.

Tom, de son coté, regardait autour de lui et faisait la grimace aux personnes qui écoutaient. Tom observait secrètement son oncle s'exercer la nuit après l'heure du coucher. Quand il s'exerçait, l'oncle James se déplaçait d'une terrible manière qui réconfortait Tom. Il savait que plus jamais quelqu'un ne le maltraiterait tant que son oncle James se trouverait près de lui.

Un des 'auditeurs' ne sembla manifestement pas apprécier les commentaires de James.

« Fermez-la donc, vantard ! Comme si un Sang-de-Bourbe comme vous savait quoi que ce soit sur le sujet ! »

James se tourna pour faire face à celui qui venait de parler. 'Ça ne m'étonne même plus' pensa James. Il s'agissait sans aucun doute d'un Malefoy. Les cheveux d'un blond presque blanc et cette façon si arrogante de ricaner devaient manifestement être héréditaires dans cette famille. James s'attrista de ne trouver personne dans la foule environnante pour s'offusquer de l'utilisation du mot 'Sang-de-Bourbe', pas même son grand-père.

James maintint son visage dans une expression neutre et souleva simplement un sourcil. « Pour moi ce sera plutôt ' Sang-mêlé'. »

« Pire encore, le résultat d'un pur et noble sorcier ayant baiser une Sang-de-Bourbe. Une abomination de Sang-mêlé. »

« Mallica Malefoy, » indiqua Thomas Potter d'une voix tranquille. « il est membre du Magenmagot et du conseil d'administration de Poudlard. Un de ceux qui pensent que nous devrions revenir à un système moyenâgeux avec les Sang-purs en tant que Nobles. Je crois que l'étudiante est sa nièce. »

James faisait comme s'il n'avait pas entendu le commentaire de Thomas. Un Malefoy lui causant des ennuis. Typique. « Mes commentaires n'étaient destinés qu'à M. Potter. Je répondait à sa question. »

Le ricanement se fit plus fort. « Comment une abomination comme vous pourrait-elle savoir quoi que ce soit à ce sujet! »

James soupira intérieurement. Y avait-il quelque chose en lui qui rendait ainsi tous les Malefoy qu'il croisait ? James se rendit compte qu'une joute s'annonçait, qu'il le veuille ou non. Mais combattre un Malefoy, toutes satisfactions mises à part, ne l'aiderait en rien.

Ne voulant pas se laisser entraîner dans une confrontation publique, James se tourna vers Tom et Sarah, « Allons-nous en. »

James commença à s'éloigner du secteur avec Sarah et un Tom largement observés, lorsqu'une nouvelle voix s'adressa à lui, « Je vous défie, Monsieur. Vous n'êtes qu'un lâche et un vantard ! »

James s' arrêta et soupira à nouveau. Pourquoi ne pouvaient-ils jamais s'empêcher de le défier ? Pas étonnant que Draco ait été un tel idiot. Il avait toute une génération de mauvais gènes sur le dos.

Sarah plaça sa main sur le poignet de James. « Tu n'es pas obligé de faire ça. »

James hocha doucement la tête, « Si, je le suis. Si l'on ne tient pas tête aux despotes, ils ne s'arrêtent jamais."

James se retourna et regarda celui qui venait de le défier. C'était un plus jeune Malefoy. D'une voix lasse James demanda, « Et vous-êtes? »

« Abraxus Malefoy, acceptez-vous mon défi ? » demanda d'un ton condescendant l'arrogant Sang-pur.

James ne put contenir une espèce de grimace souriante. James se rappelait un Drago essayant de mentionner son grand-père, Abraxus, au professeur Slughorn. Slughorn l'avait remis à sa place, en lui annonçant sa surprise d'apprendre qu'il était mort de la varicelle du dragon. « Très bien. Si vous insistez. »

Les quinze minutes suivantes passèrent tel un éclair. Les Malefoy eurent tôt fait de harceler le Directeur afin qu'il autorise le duel à avoir lieu sur la plateforme du Club. Ils finirent par le convaincre du fait qu'il s'agissait d'un combat amical, rien de bien sérieux.

James embrassa Sarah, fit un clin d'œil à Tom et se dirigea avec confiance vers la plateforme. Par son arrogance le jeune Malefoy venait de faire une énorme erreur tactique en provocant James et en forçant le duel à se produire immédiatement. Abraxus Malefoy venait de jouer un match de quidditch et de finir un duel. De plus, James avait eu l'occasion de l'observer minutieusement au cours de son combat et, par la même, de se faire une idée de ses compétences. Malefoy, lui, allait combattre un adversaire complètement inconnu.

James décida de finir rapidement ce combat afin de montrer à Malefoy qu'il n'était pas de son niveau, mais sans vraiment montrer sa véritable puissance.

Malefoy s'avança sur son emplacement tandis que James allait sur le sien. Le septième-année ressemblait suffisamment à son petit-fils pour donner à James une impression de déjà vu. (1)

L'arbitre se présenta comme étant le professeur Galeta Merrythought. James se rappelait vaguement de son nom du fait qu'elle avait été le dernier professeur de Défense contre les forces du mal à occuper ce poste plus d'un an. Elle s'y trouvait déjà depuis trente ans si ses souvenirs étaient exacts.

« C'est un match amical. Vous n'utiliserez ni Magie noire ni sorts pouvant causer un mal permanent. Nous sommes d'accord ? » James et Abraxus hochèrent la tête puis elle compta, « Bien, à trois. Un... Deux... Trois... Commencez ! »

James observa Malefoy lancer le sortilège Réducto vers lui. James fit simplement un pas de côté, le laissant passer. Malefoy conjura immédiatement un bouclier défensif standard. Puis, il attendit le sort de James. Puis attendit encore ...

James lui fit un petit geste avec sa main libre. 'Amène-toi'.

Le visage de Malefoy se pourpra de colère devant le sourire moqueur de James. Il annula son bouclier et hurla, « Stupéfix ! »

James se baissa, esquivant une fois de plus le sort de son adversaire. De sa voix de professeur, James s'adressa à la foule.

« Observez la position de duelliste de M. Malefoy. Pas un muscle n'est inutilisé. La posture forme un angle parfait, exactement comme il est conseillé. Ses genoux sont légèrement pliés afin de mieux absorber les impacts sur son bouclier. »

De nouveau, James se contenta de faire un pas de côté tandis que deux sortilèges passaient à côté de lui sans danger. « M. Malefoy maintient également une quantité équilibrée de puissance dans chacun de ses sortilèges. Ses mouvements de baguette magique sont vifs et précis, permettant un transfert d'énergie magique maximal via sa baguette magique. Ceci afin de concentrer son énergie dans le sort et d'empêcher la perte inutile de son énergie magique. »

A en voir le visage de Malefoy, il commençait à s'énerver. James n'avait toujours pas lancer un seul simple sort tout en n'en recevant aucun de ceux lancés par Abraxus. La foule sentait l'écart de puissance mais avait l'air d'apprécier la scène se déroulant sous ses yeux. James ressemblait plus à un professeur exécutant une démonstration devant sa classe qu'à une personne participant à un duel de défi.

« Employer son imagination dans un duel est quelque chose de primordial. Par exemple... » Malefoy venait de lancer un autre maléfice lorsque James lança son premier sort de tout le duel. Une simple pierre apparut sur la trajectoire du sort, absorbant son énergie.

James continua, « Utiliser la Métamorphose afin de créer des objets pour bloquer les sorts adverses peut se révéler très efficace. Elle peut également être employé de cette manière... » James lança un autre sort. Malefoy créa rapidement un bouclier mais la boule de lumière bleue s'écrasa juste au pied du bouclier, frappant la plateforme. Celle-ci se changea en glace juste sous les pieds de Malefoy. Il glissa et retomba lourdement sur le sol

La foule éclata de rire tandis que James souriait, « J'avais l'habitude d'employer ce sort pour créer des patinoires sur un étang l'été. » D'un autre sort, James transforma rapidement la glace en vapeur, laissant la plateforme sèche.

Malefoy se releva d'un air furieux. Il se mit à lancer rapidement plusieurs malédictions et autres sortilèges sur James. A chaque fois, James se contentait de se pencher et de les esquiver. Et à chaque fois, James se rapprochait un peu plus de son adversaire. Une fois atteint la distance nécessaire, James esquiva une dernière malédiction, pivota et lui flanqua un coup de pied sur les jambes. Une fois ses jambes balayées, le corps de Malefoy se renversa en arrière et il se cogna violemment la tête. Le coup-de-pied suivant de James sur son torse fut superflu étant donné que Malefoy s'étendait déjà sans connaissance sur le sol.

James se releva et s'adressa à la foule. « Pour conclure, n'écartez jamais la possibilité d'une attaque de type Moldu. Les Moldus se battent bien. Ils compensent leur manque de magie par d'autres styles de combat. Nous avons tous des leçons à apprendre d'eux si nous y sommes disposés. »

James voyait bien que cette fin laissait la foule indisposée. Voir un magicien mis K.O par une attaque Moldue venait de choquer profondément plusieurs observateurs. James secoua la tête et jeta un regard sur son adversaire puis sur la foule tout autour de lui. Tandis qu'il quittait la plateforme, le Malefoy plus âgé et un médicomage s'approchèrent pour aider le garçon sans connaissance.

Tom sautillait sur ses pieds, un sourire aux lèvres lorsque James s'approcha. Il lui rendit son sourire et lui fit un clin d'œil. James dirigea son regard vers Sarah dont le visage affichait une totale incrédulité.

S'en apercevant, elle le sera immédiatement en une étreinte. Elle lui chuchota dans l'oreille, « Tu étais incroyable. » « Relax, tout va bien. » Ajouta elle après un léger baiser sur la bouche.

Une fois James et Sarah séparés, James aperçut Thomas Potter, le professeur Merrythought et le professeur Dumbledore rassemblés à leur côté. Il reconnut également un jeune Auror parmi eux.

« Bonjour, Auror Maugrey. Vous avez apprécier la démonstration ? »

Maugrey hocha la tête avec l'enthousiasme d'un jeune chiot. « Oui, Monsieur. C'était agréable de voir de nouveau votre travail. » James lui sourit simplement.

Puis le professeur Merrythought lui dit, « M. Evans, c'était l'un des duels les plus intéressants que j'ai pu voir durant ma carrière d'enseignante. Vous avez vaincu mon meilleur étudiant en duel avec deux sortilèges de Métamorphose, l'un de cinquième et l'autre de première année. C'était tout simplement incroyable! »

Le professeur Dumbledore précisa, « Sans nul doute l'une des plus intéressantes utilisations de la Métamorphose dans un duel dont j'ai été témoin. Je n'ai que très rarement vu cette tactique être utilisée. Où l'avez-vous apprise? »

James dut se retenir de toutes ses force de répondre 'Je l'ai apprise en vous observant vous battre, professeur'. A la place il ajouta « J'ai eu l'occasion de voir un sorcier bloquer le Sortilège de la Mort en attirant un gros bloc de marbre. Une roche créée fonctionne tout aussi bien avec les sorts mineurs. »

Les deux professeurs semblèrent passionnés par cette réponse. Ils se jetèrent l'un et l'autre des coups d'œil, une curieuse expression sur le visage.

Thomas Potter fit une grimace. « Vous venez cependant de faire de vous l'ennemi à vie de la famille Malefoy. Ils n'oublieront jamais cet incident. »

James protesta, « Il ne me semble pas avoir eu le choix, Thomas. J'ai bien essayé d'éviter cette confrontation. Mais si je ne l'avais pas battu maintenant de manière définitive, ça n'aurait jamais pris fin. Je ne doute pas qu'il reviendra un jour ou l'autre à la charge, mais cela prendra un certain temps maintenant. »

« Mais il connaît votre force désormais, » commenta Thomas.

« Vraiment ? » demanda James avec un léger sourire. « Tout ce qu'il sait de moi actuellement c'est que je suis difficile à toucher et que je sais créer de la glace et des cailloux. Ah oui, et que je donne des coups de pieds comme une mule. »

« Vous lui avez montré que vous êtes un maître sur ce terrain, » contesta le professeur Merrythought . « Il peut choisir d'attaquer sur un terrain différent. »

« Probablement » convint James , « Mais je suis venu en Angleterre pour avoir la paix et la tranquillité, pas pour me battre en duel avec un jeune idiot qui pense que j'ai insulté l'honneur de sa famille en critiquant le duel de sa cousine. »

Thomas sourit puis ajouta. « J'aime ça. Dites-moi James, seriez-vous disponible pour dîner un de ces soirs ? J'aimerais vous faire visiter le manoir des Potter. Vous, votre protégé et votre belle amie seraient les bienvenus à nous rejoindre mon épouse et moi. »

James échangea un regard avec Sarah et hocha la tête, « Avec plaisir. Cependant Sarah est une étudiante en magie médicinale alors nous risquons de ne pas être souvent disponible. »

Thomas rejeta l'argument d' un geste de la main. « Je vous enverrai plusieurs dates par hiboux. Vous pourrez choisir celle qui vous convient le mieux. »

James remercia Thomas pour son invitation puis dit au revoir aux professeurs. James venait de décider qu'il valait mieux partir avant qu'un autre imprévu ne lui tombe dessus. Rappelant Tom et Snuffles, James et Sarah se dirigèrent vers Pré-Au-Lard.

Tandis qu'ils s'éloignaient de la plateforme de duel, James entendit le professeur Merrythought dire à Dumbledore, « Il est exactement ce dont nous avions besoin, Albus. »

James poussa un gémissement intérieur. Pourquoi est-ce que ce genre de chose n'arrivent-elles toujours qu'à moi ?'


James jeta une poignée de poudre de cheminette dans le feu et cria, " le Manoir des Potter!" puis s'avança dans le feu.

La seconde suivante James alla s'écraser comme un sac de patates sur le plancher du manoir des Potter. Tom et Sarah riaient aux éclats avec Thomas et Élisabeth Potter. James leur lança un regard courroucé et grogna, « Je déteste utiliser la Poudre de Cheminette. »

James se releva prestement et serra la main de Thomas Potter. Puis il se tourna vers la sorcière qui se tenait à ses côtés . « C'est un plaisir de vous rencontrer, Mme Potter. Je suis James Evans. »

« Bienvenu aux Manoir des Potter, James. Appelez-moi donc Élisabeth. »

James fit un examen minutieux du couple qui se tenait devant lui. Ils étaient ses grand-parents. Lui qui ne savait que si peu de choses au sujet de ses propres parents, et rien d'autre que les noms de ses grands-parents! Ils se tenaient actuellement à leurs côtés dans leur maison !

James jeta un coup d'œil autour et dit, « Vous avez là une bien belle maison. Est-elle dans votre famille depuis longtemps ? »

Élisabeth lui souriait fièrement, « Elle appartient à la famille de Thomas depuis le dixième siècle. Elle a été reconstruite en 1750 et améliorée en 1905. »

James regardait autour de lui avec un véritable intérêt. L'Antique Manoir des Potter avait brûlé jusqu'aux fondations même, trois mois avant sa naissance. C'était la troisième fois que ses parents défiaient Voldemort. À l'époque, ses grands-parents étaient déjà morts depuis plusieurs années.

Depuis leur rencontre au bar, James savait que Thomas Potter était allé à Poudlard avec Albus Dumbledore. Ce qui lui faisait environ 90 ans. Élisabeth, elle, semblait légèrement plus jeune que le professeur McGonagall, ce qui devait lui faire quatre-vingt ans. Les magiciens possédant une durée de vie d'environ 150 ans et restant bien mieux conservés que les Moldus, cela équivalait à un couple au milieu de la quarantaine. Puisque James Potter n'était né qu'en 1960, cela expliquait pourquoi ils étaient morts avant qu'Harry James Potter ne soit né.

Le relativement vieux couple fit visiter la maison à James, Tom et Sarah. C'était une maison fantastique. James pensait à la manière dont se serait déroulée sa vie s'il avait grandi ici avec ses parents. James commençait à sentir ses émotions remontées à la surface et utilisa rapidement son Occlumancie.

Thomas se tourna vers son épouse et dit, « Pourquoi n'accompagnerais-tu pas Sarah et Tom jusqu'au salon ? Je voudrais montrer à James mon bureau et ma bibliothèque. »

Cinq minutes plus tard, James se reposait, un verre d'un très vieux Scotch à la main, dans une confortable chaise d'un spacieux bureau garni d'une vaste variété de livres. Au-dessus du bureau reposait un immense tableau dénué de mouvements de Godric Gryffondor et de Salazar Serpentard. Thomas souriait en voyant James étudier minutieusement le tableau.

« On dit qu'ils se déplacent et parlent parfois. Mon grand-oncle Michael m'avait dit une fois qu'ils avaient bougé lorsqu'il était enfant. »

James indiqua, « Je n'avais encore jamais vu un tableau des Fondateurs de Poudlard réunis. »

Thomas approuva, « A ma connaissance, c'est l'unique. »

« Je suis étonné qu'à Poudlard, ils n'aient pas demandé à ce qu'elle soit déplacé à l'école. »

Thomas précisa d'un air amusé, "Oh ils l'ont fait. A chaque fois qu'Albus la voit, il dit qu'il aimerait la voir accrocher dans le Grand Hall de Poudlard. » Thomas fit une courte pause puis demanda, « Puis-je vous poser une question personnelle ? »

James fit un léger sourire, « Vous pouvez demander. Je peux ne pas répondre. »

« Pourquoi avez-vous réagi ainsi lorsque Malefoy a utilisé le terme de Sang-de-Bourbe ? »

James grimaça. « Ma mère était une sorcière née de Moldu. À l'école, elle était connue comme étant la meilleure étudiante en Sortilège depuis plusieurs années. Une de mes meilleures amies à l'école était également une sorcière née de Moldu. Même ses détracteurs admettaient qu'elle était la sorcière la plus intelligente de notre génération. Les sorciers qui viennent de familles Moldues peuvent être aussi puissants que ceux venant des plus anciennes familles de sorciers. Ils ne connaissent seulement pas autant qu'eux les recoins de la culture du monde sorcier."

« Connaissez-vous les technologies de la science Moldue, Thomas ? » ajouta-t-il aussitôt.

Thomas répondit par la négative.

« Quand vous étiez un enfant, les Moldus utilisaient des chevaux et des bateaux pour le transport. Des bougies étaient utilisées pour l'éclairage. Ils possédaient déjà des fusils, mais relativement lents à tirer. Aujourd'hui, ils traversent l'Océan Atlantique en avion en un jour, l'électricité les a amenés à construire des ampoules, des téléphones et des caméras. Les Moldus se sont raconté pendant des siècles des histoires de magie. Ils emploient leurs technologies pour faire tout ce que la magie nous offre. Et ils vont nous surpasser. Je serais prêt à parier qu'ils enverront un homme sur la Lune dans moins de quarante ans. »

Thomas avait l'expression de quelqu'un plongé dans une intense et profonde réflexion. Son visage semblait en conflit tandis qu'il considérait des arguments s'opposant à ses plus anciennes croyances.

Après quelques minutes d'un confortable silence, Thomas reposa son verre sur l'antique table à côté de lui. « James, je vais être honnête avec vous. Depuis que vous avez prononcé certaines paroles aux Trois-Balais, vous avez attiré l'attention de plusieurs factions opposées au sein de la communauté magique. »

James hocha tranquillement la tête. « Je m'en doutais, particulièrement depuis mon duel à Poudlard. Les Malefoy recherchaient de toutes évidences à me tester. Et probablement le ministère le visait-il également, de même pour quelques personnes dont vous-même et le professeur Dumbledore, n'est-ce pas ?"

Albus s'avança dans la pièce, Fumseck sur son épaule. Il regardait James avec intérêt. « Cela ne vous a pas dérangé, j'espère ? »

« Pour être franc, cela m'a fichtrement énervé. Je suis venu ici à la recherche d'intimité et de paix. Pas pour m'impliquer dans de sombres manœuvres politiciennes, » répondit James en regardant son vieux directeur.

« Croyez-le, nous aimerions bien que seuls de simples intérêts politiques soient en jeu. Vous qui avez été élevé dans le monde Moldu. Continuez-vous à suivre les évènements qui s'y déroulent ?"

James fit un geste de la tête et prit une autre gorgée de Scotch.

Thomas expliqua, « En Allemagne, le parti nazi a pris le pouvoir. Les Moldus pensaient que la Grande Guerre serait la 'der des der' en Europe, mais une autre semble se préparer dans l'ombre. »

James savait très bien où tout cela allait le mener mais il estima préférable de jouer le jeu. « Pourquoi le monde magique se préoccuperait-il d'une guerre Moldue ? »

« J'imagine qu'il s'agit là d'une question rhétorique. Avez-vous déjà entendu des rumeurs sur un mage noir appelé Grindelwald ? »

« Quelques unes. »

« Albert Exechial Grindelwald. Il a fait sa scolarité à Poudlard avec Albus et moi-même. Albert, Albus et moi étions quasiment les chefs de l'école durant nos deux dernières années. J'étais Capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor et maître dans l'art des farces. Albert était à Serdaigle. Si vous aviez besoin de quelque chose de rare, Albert était votre homme. Albus, naturellement, était à Serpentard. Pour ce qui était de la puissance et du contrôle de la magie, Albus était roi. »

James manqua de s'étouffer avec son Scotch. « vous étiez à Serpentard? »

« Vous ne le saviez pas ? » Demanda Dumbledore.

« Non, je l'ignorais » répondit James. En son for intérieur, il se dit 'Et bien ! Voilà qui explique bien des choses !'

« A sa sortie de l'école, Albert obtint un poste dans la section consacrée à l'étude des antiques rouleaux de parchemin dont regorgent les caves du Ministère. Il se mit à apprendre une certaine vieille magie. Les membres d'un comité d'examen du Département des Mystères jugèrent cette magie comme pouvant trop aisément être utilisée à des fins maléfiques. Ils exigèrent l'arrêt immédiat de ses recherches.

Albert refusa et se sauva du pays avec une partie de ses recherches. Il est devenu obsédé par le désir de poursuivre ses études sans 'stupides ' interruptions de la part de 'petits vers sans cervelle'. »

« Et qu'est-ce que tout cela a à voir avec Hitler et les Nazis ? »

Thomas répondit, « Tout, j'en ai bien peur. Grindelwald s'est rapproché d'Hitler et a alimenté ses ambitions. Grindelwald sait que, seul, il ne peut pas se débarrasser du Département des Mystères et de tous les services de sécurité qui y sont liés. Il projette d'utiliser une invasion de la Grande-Bretagne par les nazis afin de nous écarter définitivement de son chemin. »

James jeta un regard vers le tableau puis recentra son attention sur l'homme se tenant devant lui « Et en quoi cela me concerne-t-il? »

« Vous êtes le sorcier se rapprochant le plus de ce qu'est un mage de guerre que nous ayons pu trouver. La Grande-Bretagne n'a plus vu de mage noir depuis la défaite de Tybolt en 1789. Nos Aurors ne sont plus formés que par des livres. Plus personne n'a de véritable expérience dans ce domaine. Nous connaissons l'histoire de votre passé ou du moins celle que vous nous avez racontée. Nous n'avons trouvé aucune information sur une quelconque récente guerre de sorciers. Cependant, vous avez des boucliers mentaux extrêmement solides et une expérience évidente des combats de magie. »

« Et donc, vous avez besoin d'un entraîneur? »

« Oui, » répondit Dumbledore.

« Quelle ironie ! » dit James avant de reprendre une encore plus grande gorgée. Albus et Thomas échangèrent des regards sur la signification de ce commentaire crypté mais James veilla à ne pas leur fournir plus d'information. Il décida de changer de sujet.

« Qu'est-ce qui vous fait penser que vous pouvez me faire confiance ? »

Fumseck émit alors une douce chanson typique du phénix. Il s'envola de l'épaule d'Albus et fit quelques cercles dans la pièce. Puis, tout en continuant de chanter, il se posa sur l'épaule de James.

Albus et Thomas se regardèrent apparemment assez choqués. Albus précisa, « Je vous présente Fumseck, un vieil ami. C'est un Phénix. Si vous aviez été un mage noir vous auriez réagi autrement que par un sourire."

James adressa un sourire au Phénix. Tranquillement, James murmura « Bonjour, Fumseck. De combien d'ennuis as-tu préservé Albus aujourd'hui ? As-tu brûlé de bons livres récemment ? »

Fumseck laissa échapper un petit cri ressemblant de toute évidence à un ricanement puis se mit en tête de mordiller l'oreille de James.

James reposa son attention sur les deux vieux magiciens. « Donnez-moi ce que vous avez sur Grindelwald. Je m'arrangerai pour parler de tout cela en termes vagues avec Sarah et Tom. Ensuite, je vous donnerai ma décision. »

Thomas se leva et annonça, « Si vous voulez bien nous excuser, j'aimerais parler à mon collègue. » après que James ait hoché la tête, ils sortirent de la pièce.

« Vous jouez là un jeu dangereux, jeune homme. »

James observa surpris, dans le tableau au dessus de lui, Godric Gryffondor qui venait de lui parler. A ses côtés Salazar Serpentard observait silencieusement James.

« Qui êtes-vous ? Ici n'est pas votre époque, » siffla Salazar.

« James Evans. »

Godric fronça les sourcils, « Qui êtes-vous vraiment ? »

« Je suis né en tant qu'Harry James Potter le 31 juillet 1980. »

Salazar fit un signe de la tête en direction de Godric. Celui-ci regarda James. « Vous aviez été prédit par une prophétie. »

« Encore une foutue prophétie ? » gémit James.

'Enfant de la Chambre du Lion,

Doué comme des Serpents, l'Héritier,

Ultime chance de racheter le Serpent,

Et de guérir leurs blessure pour les sauver tous,

Né sous le signe de Taranis,

Il devra souffrir et tout perdre

Mais vaincra

Puis misera tout pour tout gagner

Mais si, dans sa tâche, il devait échouer, alors l'obscurité

Régnerait pour toujours.'

James sentit une brusque envie de cogner sa tête contre le mur. Tout ce qu'il voulait, c'était être normal. Est-ce que c'était à ce point trop demander ?

La porte se rouvrit, Thomas et Albus entrèrent dans la pièce. Thomas annonça simplement, « Nous sommes d'accord. »

James hocha la tête, « Je vous donnerai une réponse dans les trois jours. Puis-je venir demain pour consulter vos informations? »

Thomas acquiesça. « Je suggère que nous rejoignions nos dames et votre protégé pour le dîner. »

James apprécia particulièrement le dîner avec ses grands-parents. De par ses nombreuses questions sur la maison et son histoire, il apprit un certain nombre d'histoires de la famille Potter qu'il n'avait jamais entendues avant. James apprécia également le temps passé avec Élisabeth Potter. La sorcière possédait un esprit vif et une lueur machiavélique dans les yeux qui lui donnèrent une idée de la provenance de ses gènes de Maraudeurs.

Tom baillant aux corneilles, James et Sarah remercièrent les Potter et retournèrent à Pré-Au-Lard par le réseau de Cheminette. Un court moment plus tard et Tom était endormi dans son lit au pied duquel se reposait enfin Snuffles.


James passa les deux jours suivant au Manoir des Potter. Il put consulter un grand nombre d'informations sur Grindelwald. De plus, les cours d'Histoire de la Magie du professeur Binn sur les détails du combat avec le seigneur Grindelwald lui revenait progressivement en mémoire.

James l'avait appris la nuit précédente, Grindelwald était un Serdaigle. Le score de ses ASPICs dépassait même légèrement celui d'Hermione. Bien qu'étant de sang pur, Grindelwald n'avait, semblait-il, aucun grief particulier contre les Moldus. Ou plutôt ne leur accordait-il aucune importance. Une vie de Moldu n'avait pas plus d'intérêt que celle d'un elfe de maison pour lui.

Sa famille n'était pas spécialement connue pour une quelconque attirance particulière ni pour la 'lumière' ni pour 'l'obscurité'. Les membres de cette famille n'étaient pas particulièrement nombreux, ils étaient pour la plupart des chercheurs ou des artisans magiques. Ils possédaient apparemment un domaine Incartable dans les îles Jersey. Une partie de la famille vivait également sur les côtes normandes de la France.

Les puissances magiques de Grindelwald et de Voldemort n'étaient pas comparables. Voldemort utilisait divers rituels et breuvages magiques avec ses Horcruxes afin d'augmenter sa puissance et de se rapprocher au plus près de l'invincibilité. Grindelwald, qui ne faisait rien de tout cela, était cependant d'une certaine manière bien plus dangereux pour la société des sorciers.

Voldemort voulait commander la communauté magique en tant que dictateur. Ses alliés de sang pur constituaient son aristocratie. Grindelwald, lui, ne visait que sa destruction dans le but de continuer librement ses recherches des arts les plus noirs de la magie. James apprit que les rouleaux que Grindelwald convoitaient traitaient de l'art antique de l'Invocation des Démons et de leur contrôle. Si un démon se libérait de son sort, il était libre de tout détruire sur son passage. Grindelwald cherchait littéralement à créer l'enfer sur terre.

James devait en parler avec Sarah. Participer à tout ceci changerait de manière drastique la manière dont il avait planifié de passer les 8 à 10 années à venir à cette époque.

James s'assit sur le divan à côté de Sarah. Il prit sa main et annonça, « Sarah, il y a quelque chose de très sérieux dont je dois te parler. »

L'inquiétude se lisait sur son visage, « Qu'y a-t-il, James ? Ces derniers temps tu as eu l'air très occupé. »

James posa son regard dans ses beaux yeux bleus, puis baissa les yeux « Il faut que je te dise la vérité. D'où je viens et pourquoi je suis ici. »

« Tu ne m'as pas dit la vérité jusqu'ici ? »

« Je ne t'ai pas vraiment menti. C'est juste que je ne t'ai pas parlé de certaines importantes parties de l'histoire. Laisse-moi tout te dire et alors tu seras libre de me poser toutes les questions que tu voudras.

« Il y a longtemps existait un mage noir qui se faisait appeler Lord Voldemort. Il dirigeait un groupe de Sangs-purs dans le but de prendre le pouvoir. Une prophétie déclara un jour qu'un enfant qui venait récemment de naître aurait le pouvoir de le détruire. Voldemort l'attaqua et tua ses parents. Alors, il lança le Sort de Mort sur le jeune bébé. Mais du fait d'une antique magie de sang utilisée par sa mère, le sort se retourna contre le sorcier, détruisant son corps.

Le garçon dut grandir chez une famille Moldue, sans jamais connaître l'existence de la magie jusqu'au jour où il reçut une lettre de son école. Ils l'appelaient tous 'le Survivant'. Il était un emblème pour toute la société magique. Par la suite, le mage noir put retrouver son corps et la guerre reprit à nouveau. Le garçon finit par vaincre Voldemort mais perdit tous ceux auxquels il tenait.

Un sorcier vint alors avec un plan. C'était sa dernière chance de changer l'histoire et de sauver des milliers de vies. Le jeune sorcier voulait retourner en arrière à temps pour tuer le mage noir avant qu'il n'ait le pouvoir, empêchant ainsi à jamais la guerre de se produire. »

« James, tu m'inquiètes. Qu'essaies-tu de me dire ? » Sarah était très pale.

« J'avais tout perdu, mes professeurs, mes amis, ma fiancée. Je n'avais plus aucune raison de vivre. Alors je suis venu ici, même si je n'avais aucun moyen de faire machine arrière. Je devais saisir cette chance de les sauver tous. »

Sarah inspira brusquement, des larmes se formant autour de ses yeux. « Pourquoi me révèles-tu tout ça maintenant ? »

« Parce que la magie qui m'a amené ici me ramènera à mon époque 10 à 12 ans après mon arrivée. Je ne sais pas ce qui se produira à ce moment. Je ne m'en inquiète pas si cela peut tous les sauver. »

Sarah serra la main de James, « Qui es-tu réellement ? »

James fit un léger sourire, « J'ai été plus heureux en tant que James Evans que je ne l'ai jamais été auparavant. Je suis né en 1980 sous le nom de Harry James Potter. Les Potter sont mes grands-parents, bien que je ne les ai jamais rencontrés avant ces derniers mois. »

« Je ne sais pas quoi penser de tout ça. As-tu tué le mage noir ? »

« UM, en quelque sorte. J'espère avoir tué le mage noir mais sauvé l'enfant. Il est endormi dans son lit en ce moment. »

Dire que Sarah était choquée aurait été un euphémisme, son visage était incroyablement pâle, ses mains couvrant sa bouche. « Tom ? Il ne pourrait pas faire le mal ! Il est si gentil ! »

« Tu as eu l'occasion de le voir à peine sorti de l'orphelinat. Songe que cela aurait continué jusqu'à ses dix-sept ans. N'importe qui deviendrait mauvais après ça. »

« Tu as adopté l'homme qui a assassiné tes parents et tous tes amis ? »

James secoua la tête, « Non, j'ai adopté Tom. Tom va grandir normalement et deviendra un puissant sorcier. Je veux lui donner une chance d'utiliser ses talents pour le bien. »

Sarah resta immobile pendant plusieurs minutes. James aurait aimé pouvoir connaître ses pensées. Au lieu de ça, il attendit patiemment qu'elle parle.

« Qu'est-ce qui t'a décidé à me parler de ça maintenant ? »

« Thomas et Albus m'ont demandé de les aider à combattre le mage noir Grindelwald. J'ai beaucoup d'expérience du fait de mon combat contre Voldemort. Je sais également plus ou moins comment les choses se sont passées la dernière fois que Grindelwald a été combattu. Mon amie Hermione me disait autrefois que j'avais un besoin inné de sauver les gens. Je crois que je dois m'impliquer. »

« Je t'aime, Sarah. Je ne pourrais pas décider d'une telle chose sans t'en parler. Je ne pourrais pas le faire sans que tu saches pourquoi. »

Doucement, Sarah demanda, « Tu m'aimes à ce point ? »

James baissa la tête, « Je ne l'avais pas prévu. Je n'ai qu'un temps limité avant que la magie que j'ai employé ne m'enlève de cette époque. Ce n'est pas juste pour toi. »

« James Evans ! Ou Harry Potter ! Quelque soit ton vrai nom, je t'aime également. » Sarah l'entoura de ses bras en une longue étreinte qui lui rappela celles qu'avait l'habitude de lui faire Mme Weasley. « Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement. Il me faudra un peu de temps pour le comprendre et pour l'accepter, mais je te connais. Donne-moi juste le temps. »

James lui fit un sourire radieux, "Une authentique Poufsouffle."

Alors ils s'embrassèrent. Ni l'un ni l'autre n'entendit un petit garçon s'éloigner lentement de la porte accompagné d'un jeune chiot.


(1) En français dans le texte

Nda : Merci à toutes les personnes ayant laissé un commentaire. J'ai été assommé de voir le nombre de réponse positive que reçoit cette histoire. Un certain nombre de personnes ont fait remarquer que James réalisait rapidement son objectif de 'réformer' Tom. Depuis quand quelque chose se déroule-t-il selon ses plans dans une histoire d'Harry Potter ? ; -) Ce chapitre est annonciateur de certaines choses auquel auront à faire face James et Tom dans les chapitres à venir.

Ndt : Il s'agit sans aucun doute de l'un de mes chapitres préférés (en tout cas d'un point de vue contenu/taille). Un match de Quidditch, un duel, de nombreuses révélations, une romance et plusieurs personnages présents pour la mise en place de l'intrigue. Le prochain chapitre viendra un peu moins rapidement vu que je vais traduire le début d'une autre histoire. ( Mystère ! Mystère ! )

Pour pouf (j'aurais bien aimé que tu laisses un message autre qu' anonyme, surtout pour ce genre de propos) : Cela fait déjà un certains temps que j'ai demandé la permission à DobbyElfLord de traduire sa fic (d'ailleurs il l'a mise dans la liste de ses favorites) Peut être il y a-t-il eu confusion quelque part.

En tout cas si tu désires étriper quelqu'un pour t'être fait doubler, Cassis black est là pour ça. ;)

Je plaisante bien sur (on ne sait jamais), j'ai commenté sa fic et elle m'a répondu (sa peau fut très agréable à dépecer d'ailleurs).

Vous aviez remarqué ? L'histoire faisait pile poil 32500 mots avant que j'ajoute ce chapitre. J'en avais presque envie de la laisser comme ça :)

Fin des HS.

Le prochain chapitre se nomme Épreuves et entraînements