Chapitre 6 : Épreuves et entraînement
12 novembre 1935
James fit quelques pas sur la plateforme de duel de l'Académie des Aurors. Vingt Aurors se tenaient groupés sur les côtés. La plupart d'entre eux avaient au moins cinq années de service derrière eux. Ce qui voulait dire que tous sans exception avaient au moins vingt-cinq ans. Bien que James lui-même n'ait pas encore atteint son vingtième anniversaire, son expérience et son regard lui en faisaient paraître dix de plus aux yeux des Aurors.
Le professeur Dumbledore et Thomas Potter avaient convaincu le Département de l'Application des Lois Magiques de commander une série de démonstrations de duels avancés. Les deux magiciens avaient invité lors des sessions précédentes plusieurs maîtres de duel assez connus afin de leur enseigner des sorts avancés et des tactiques de duels d'Aurors. Aujourd'hui était la première démonstration de James.
James se fit un léger sourire pour lui-même. Il se rappela la fois où il avait consulté les professeurs McGonagall et Ombrage pour étudier ses futurs choix de carrière. Bien que Harry ait eu plusieurs instructeurs Aurors, les événements avaient empêché Harry d'étudier à l'Académie. Et maintenant, il se retrouvait professeur d'une classe entière.
« Bonjour. Je m'appelle James Evans. Je suis ici aujourd'hui afin que nous menions une discussion sur les combats de magie. Je compte organiser quelques démonstrations aujourd'hui, mais je veux également que cette classe soit bidirectionnelle. Si vous avez des questions ou des commentaires, n'hésitez pas à me les communiquer durant la session. »
Un Auror robuste qui se tenait les bras croisés au milieu de la foule demanda, « Pourquoi devrions-nous vous écouter, vous ? Qu'est-ce qui fait de vous un expert ? »
James hocha la tête tranquillement en l'écoutant. Il avait prévu cette question. « Mon premier combat a eu lieu lorsque j'avais onze ans. Quelqu'un peut-il définir la différence entre un combat et un duel ? » James repéra un visage familier dans le groupe d'Aurors. « M. Maugrey, par exemple. »
Le jeune Auror sembla surpris qu'on lui demande de parler devant tout le monde. « Un duel se produit entre deux personnes seulement ? »
Était-ce une question ou une réponse , M. Maugrey ? »Intérieurement James s'amusait comme un petit fou. C'était vraiment très amusant de renvoyer les propres commentaires du futur expert en duel à l'envoyeur. Était-ce un paradoxe ?
« Oui, un duel se déroule entre deux personnes seulement. Cependant, cela peut également être le cas lors d'un combat. La différence essentielle se situe au niveau des règles. Lors d'un combat, il n'y a aucun code de conduite. Pas de limite au combat. Vous devez être préparé à toutes les éventualités. »
James s'avança un peu plus. Il fixa l'Auror qui l'avait précédemment défié. « Quel est votre nom, monsieur ? »
« Auror Michael Tomlinson. »
James pointa du doigt la plateforme. « Messieurs Tomlinson et Maugrey, venez donc vous mettre en place sur la plateforme, s'il vous plaît. »
L' Auror manifestement plus âgé (et plus grand) fit une grimace en direction de Maugrey. « Et bien ! Jouons, Alastor. »
Ils se mirent tous deux en position, celle d'un duel classique. « Commencez » dit Harry.
Les deux combattants commencèrent par former l'habituel bouclier magique avant de se lancer des sorts. Même si les sorts étaient bien plus complexes et avancés que ceux qu'il avait pus voir à Poudlard, la technique était considérablement la même.
Deux rapides Stupéfix mirent fin au duel.
James s'avança vers les deux corps étendus sur la plateforme. « Alors ? Qu'est-ce qui vient de se passer ? »
Un Auror cria dans le fond de la salle, « Vous avez triché ! Vous les avez assommés pendant leur duel ! »
« J'ai triché ? Selon quelles règles ? James se retourna et d'un geste de sa baguette magique réveilla les deux Aurors. « Debout ! »
Les deux Aurors se relevèrent rapidement. « Pourquoi ai-je été capable de vous immobiliser ? »
Tomlinson répondit d'un air mauvais. « Vous nous avez frappés pendant que nous combattions. »
D'un ton sec, James demanda, « Dites-moi Auror Tomlinson, vous attendez-vous à ce que vos adversaires vous laissent vous battre gentiment dans de mignons petits duels à deux ? Vous devez être préparé. VIGILANCE CONSTANTE ! Vous devez également vous concentrer sur ce qui se passe autour de vous et être préparé à réagir à tout moment. »
D'un signe de la main, James fit rejoindre leurs camarades aux deux Aurors. Alastor Maugrey regarda Harry d'un air fasciné en le croisant. James lui fit une espèce de grimace, « Descendez de là, Fol-Œil. J'ai déjà vu mieux. »
Après que les deux Aurors aient rejoint le groupe, James s'adressa à eux, « J'ai fait face à de véritables combats des dizaines de fois. On m'a lancé chacun des Impardonnables plusieurs fois. Même si je n'ai jamais utilisé le Sort de la Mort, j'ai tué à plusieurs reprises des sorciers et des créatures des Ténèbres durant ces batailles. J'avais quinze ans lors de ma première vraie bataille. Six étudiants de quatrième et cinquième années avaient été encerclés par une douzaine de mages noirs. Nous avons résisté assez longtemps pour que l'aide arrive à temps. Personne n'est mort ce jour-là."
La voix de James était dénuée de toute émotion maintenant. Il conclut, « De ces six étudiants, je suis le seul encore en vie. Nous avons été plongés dans une situation où il nous fallait apprendre ou mourir. Pourquoi devriez-vous m'écouter moi ? Pour une raison très simple, je suis le survivant. »
Les Aurors semblaient comme assommés par ces paroles. De nombreux regards s'échangeaient à l'intérieur du groupe. Bizarrement, ils ne doutaient pas un instant des dires de ce jeune magicien. Son ton calme et confiant apaisait leurs doutes. Pendant plus de cent ans, les Aurors avaient servi d'inspecteurs pour la Communauté Magique. Ressemblant plus à des policiers de Scotland Yard qu'à des soldats, ces hommes avaient beaucoup d'expériences dans le domaine de l'interrogation des témoins et des suspects. Leur instinct leur indiquait à tous que James savait parfaitement de quoi il parlait. Une sinistre et implacable aura entourait le jeune magicien.
Lorsque James avait monté les marches de la plateforme pour la première fois, il avait l'air d'un jeune magicien tranquille voire maladroit. Parler de son passé le montrait sous un nouveau jour, comme s'il avait brusquement retiré un masque. L'homme réconfortant était parti. A sa place, un guerrier regardait fixement les Aurors. Ce n'était pas un homme à prendre à la légère.
James continua. « Aujourd'hui, nous étudierons plusieurs scénarios de base de combat. Beaucoup de ces scénarios sont tirés de batailles auxquels moi ou mes professeurs avons été confrontés. J'ai changé le terrain pour qu'ils ressemblent à des secteurs qui vous sont familiers. Le Ministère, Poudlard, Pré-Au-Lard et le Chemin de Traverse, entre autres. »
James se sourit silencieusement. En fait, les batailles allaient être présentées exactement dans les endroits où elles s'étaient produites. Ce n'était pas comme si James pouvait expliquer que ces batailles se produiraient entre 1977 et 1989. Cela risquait de diminuer quelque peu sa crédibilité.
« Pour ce qui est de la partie pratique cet après-midi, vous constituerez des équipes de trois afin d'expérimenter un petit avant goût de ce à quoi vous serez confrontés lors d'une vraie bataille. »
Tout au fond de la salle Thomas Potter se tenait aux côtés du Chef des Aurors, Anthony Abbott. A l'intérieur de la bulle d'un Silencio, l'Auror demanda, « Pensez-vous vraiment que ce soit absolument nécessaire, Thomas ? »
Thomas Potter inclina doucement la tête tout en continuant à observer la classe. James avait créé une image sur le mur telle une carte avec des symboles représentant les combattants et les passants dans le scénario se déroulant sur le Chemin de Traverse. « J'en ai bien peur, Anthony. »
« Pourquoi Grindelwald attaquerait-il après tout ce temps ? Il a vécu caché en Europe de l'Est pendant plus de 45 ans. Pourquoi maintenant ? »
Thomas répliqua « Il veut toujours les rouleaux, sans doute pour quelque obscure Magie Noire. Maintenant, il a sa marionnette Moldue qui contrôle l'Allemagne. Nous ne sommes pas exactement sûrs de la position de Durmstrang, mais je sais que c'est quelque part dans les Montagnes allemandes ou autrichiennes. Le Ministère Allemand a toujours maintenu des relations étroites avec son alter-égo Moldu. Beaucoup plus étroites que nous ne le faisons en Angleterre. Leurs Moldus ont commencé à reconstruire leur potentiel militaire depuis mars. J'ai bien peur que notre guerre de sorciers ne s'étende au monde Moldu. »
« Pensez-vous réellement que cela puisse empirer à ce point ? » demanda Anthony. « Nous n'avons pas impliqué de Moldus dans nos guerres depuis celles nous opposant aux Espagnoles au XV ème siècle ! »
Thomas grimaça. « Je pense que c'est exactement le modèle sur lequel se base Albert. Mener une armée Moldue pour envahir l'Angleterre afin d'éliminer toute résistance magique. Nous serions obliger de fuir ou de révéler notre existence, ce qui n'est pas envisageable. »
Anthony pâlit fortement. « C'est ce qu'il planifie, selon vous ? »
Thomas hocha la tête, « C'est ce que pense Albus. Ils jouaient à de nombreux jeux de stratégie ensembles. Albert aimait les feintes, il affaiblissait l'ennemi avec ses troupes les plus faibles. Ensuite, il finissait son adversaire rapidement. Les Nazis et leur chef, Hitler, sont simplement les gages d'un affaiblissement de notre Communauté Magique. »
Anthony fit un signe en direction de James qui continuait sa conférence. « Ce type sait-il de quoi il parle ? Vous lui faites confiance ? »
« Il a battu l'héritier des Malefoy sans le moindre effort. Vous savez que Malicia est un véritable fanatique des duels. Son fils est le champion de Poudlard. James l'a battu comme un vulgaire débutant. Il ne parle pas beaucoup de son passé, mais c'est un maître. »
« Mais pouvons-nous lui faire confiance ? »
Thomas fit un geste de la main. « Fumseck l'apprécie, il s'est même posé sur l'épaule de James. Et puis Élisabeth l'aime bien aussi. On dirait presque parfois qu'elle a envie de le materner lorsque l'on parle de lui. Il sort avec une guérisseuse de Poufsouffle et a adopté un garçon qui a perdu ses parents. En outre, il a fondé la Fondation du Phénix. »
« Il a créé la Fondation du Phénix? » Anthony se retourna de nouveau pour étudier le jeune instructeur. « J'aime ce qu'ils font, mais nous n'avons jamais pu expliquer d'où son argent provenait. »
Thomas Potter se tourna et regarda son ami. « Pourquoi semblez-vous si méfiant à son sujet ? »
« Une demande du Ministre. Quelqu'un a émis l'idée qu'il abuserait des enfants qui lui sont confiés. »
« Cela ressemble plus à une sombre manœuvre d'un Malefoy, d'un Black ou d'un de ceux qui ont été dérangés par le fait qu'il ait pu battre le jeune Malefoy. »
Anthony Abbott hocha la tête, « Probablement, mais j'aimerais tout de même savoir d'où provient son argent. Nous n'avons pu collecter que très peu d'informations de la part de Gringotts. Apparemment, il est soudainement apparu en Juin 34 avec une valise pleine de Gallions pour ouvrir une chambre forte. Nous n'avons aucune information sur lui avant ça. Mon instinct me dit qu'Evans n'est pas son vrai nom. »
Thomas répondit « Sans doute a-t-il changé son nom pour éviter d'être reconnu. Si ne serait-ce qu'une partie de ses histoires au sujet de ses combats contre des mages noirs est vraie il doit sûrement y avoir quelques personnes qui le recherchent. »
« Peut-être Thomas. Peut-être. »
Trois heures plus tard, la conférence se termina par un défi. James permit à Tomlinson de choisir quatre autres Aurors de son choix. Sans surprise, son équipe n'inclut pas le jeune Alastor Maugrey.
« Venez donc, Fol-Œil. Amenez vos compagnons avec vous. »
Maugrey fixa James et fit un geste à un autre Auror. Ils s'avancèrent de chaque côté de la plateforme de duel.
Pendant ce temps, James versait du jus de potiron dans des gobelets pour tous les combattants. « Messieurs, je suggère que vous preniez quelque chose à boire. Ce combat continuera jusqu'à ce qu'il n'y ait plus qu'un groupe d'un coté de la plateforme qui soit encore debout. » Un peu plus tôt James avait activé un des petits jouets du magasin des Weasley qui lui restait. Le jouet fit s'élever la température de l'air. Par conséquent tous les Aurors de la plateforme burent avec reconnaissance le jus de potiron. Après qu'ils aient bu, James en offrit aux autres Aurors dans la salle.
Une fois cela fait, James revint à son emplacement d'arbitre. « Messieurs, vous êtes prêts ? » Les deux côtés lui répondirent par des hochements de tête, James cria alors, « activate! »
Tout les Aurors de la pièce furent aussitôt cloué sur place. Aucun d'eux ne pouvait plus bouger le moindre petit doigt. James se dirigea tranquillement vers l'armoire et y prit son manteau, se préparant à partir. Tandis qu'il atteignait la porte, James se retourna et s'adressa à sa classe statufiée. « Ne jamais accepter un cadeau d'un adversaire potentiel. Soyez préparé à utiliser la moindre opportunité d'éviter l'affrontement si vous en avez l'occasion, et n'offrez aucun avantage à vos adversaires. VIGILANCE CONSTANTE ! » Puis James se retourna et s'en alla de la pièce.
Quelques secondes plus tard, il passa la tête dans l'embrasure de la porte. « Ah oui, au fait, les effets de cette potion de Pétrification devraient s'estomper dans environ une heure. Rappelez-vous de cette leçon. J'ai été ravi de vous rencontrer. »
James sortit du bâtiment en utilisant tous ses dons en Occlumancie pour maintenir son calme. Une fois hors de l'Académie, James s'appuya contre un mur en se tenant les côtes, secouer par un immense fou rire. L'expression sur le visage de Maugrey ! James se rappela du jour où Maugrey lui-même avait utilisé ce tour lors de leur formation à lui et à ses amis l'été suivant sa septième année.
James regagna son calme et se dirigea vers le site de Transplanage. Avant de partir, il murmura « Ça, c'était pour toi, Ron. »
31 décembre 1935
Le neuvième anniversaire de Tom arriva en même temps que les premières chutes de neige à Pré-Au-Lard. Tom passait toujours ses journée dehors avec Snuffles et son balai. C'était le deuxième anniversaire de Tom dans le Monde Sorcier. L'année dernière, il n'y avait eu que lui et James pour le célébrer. Aujourd'hui Sarah et Snuffles les rejoignaient à la table de son repas d'anniversaire.
James fit un sourire au jeune garçon à qui il s'était finalement attaché. Tom regarda son dîner et commença à sourire lui aussi. Il s'arrêta brusquement puis baissa les yeux sur son assiette. James fronça les sourcils en voyant son comportement. Pourquoi le garçon se comportait-il de cette façon ? Depuis quelques mois, il s'était progressivement éloigné de lui. Il était maintenant presque aussi réservé que lorsqu'il était arrivé pour la première fois à Pré-Au-Lard.
Tom agissait toujours parfaitement normalement avec Sarah ou Élisabeth Potter. Les deux sorcières avaient noté un changement du comportement de Tom chaque fois que James était avec lui. Mais elles n'avaient ni pu expliquer son comportement ni réussir à parler de ce sujet avec Tom.
James se baissa sous la table et plaça un paquet devant lui. « Je sais que tu as déjà ouvert tes cadeaux d'anniversaire ce matin, mais j'ai vu ceci aujourd'hui dans un magasin et ai eu envie de l'ajouter au reste. »
Tom sursauta légèrement lorsque le cadeau toucha ses mains. Il fixa James d'un air inquiet.
« Ne t'inquiète pas, il ne va pas te mordre. »
Tom se baissa et déchira le papier cadeau. (Tom était perplexe à ce sujet. Pourquoi toujours envelopper les cadeaux : où était le plaisir si c'était à chaque fois aussi emmerdant à ouvrir ?) Pour la première fois depuis des semaines, le visage de Tom s'illumina en sa présence. « Oncle Jimmy ! »
Sarah eut une réaction totalement opposée. « James Evans ! Je n'arrive pas à croire que tu lui aies acheté ça! »
James pensait que c'était quelque chose de propre aux femmes Weasley, que ce soit Molly ou Ginny, de crier de cette façon. Mais peut-être finalement était-ce typiquement féminin. Ou peut-être juste chez les femmes qui l'aimaient bien. Mais ça ne faisait pas vraiment de différence en ce moment.
« C'est une version pour enfants Sarah. Le vif se déplace moitié moins vite. Les mouvements des Cognards sont plus lents et ils sont remplis de plumes d'Hippogriffes pour amortir. »
« Et pourquoi encourager un enfant a utilisé un jouet dont le but est de le blesser ? »
' Oh, Oh, ' pensa James, maintenant elle se met à penser comme Madame Pomfrey.
Il répondit à haute voix « Parce que c'est fun ? »
A voir l'expression sur son visage, James sut immédiatement qu'il venait de faire une terrible erreur. Une voix dans sa tête lui hurla, 'DISPERSION !' mais James passa, impuissant, les quinze minutes suivantes à écouter sa fiancée lui parler des dangers du Quidditch. James supposa qu'il était inutile d'espérer que Tom arrête de ricaner nerveusement.
Finalement, Sarah ne s'arrêta que lorsqu'elle nota que James regardait fixement un Tom par ailleurs totalement rouge derrière elle. Elle se retourna et dirigea son froncement de sourcil sur lui, mais ne put retenir une légère expression de surprise en voyant le garçon de neuf ans tenter de retenir un incontrôlable rire nerveux. Ce fut suffisant pour que Tom perde la bataille et il éclata d'un véritable fou rire contagieux qui emplit la salle à manger. James et Sarah ne mirent pas longtemps à rire à leur tour.
Snuffles, qui était maintenant assez grand pour voir par dessus une table, interrompit son petit somme pour aller voir ce qui amusait ainsi ses humains. Leurs bruits l'avaient réveillé d'un rêve assez plaisant au sujet de chasser un lapin. Après les avoir observés un moment, Snuffles retourna se coucher sous la chaise de son maître. ' Les Deux-jambes sont étranges, ' décida le chien tout en retournant à son sommeil.
Le soir, James entra dans la chambre de Tom tandis qu'il se préparait à se coucher. Le jeune garçon lisait un livre que James lui avait acheté quelques semaines auparavant. C'était La Machine à explorer le temps de H.G. Wells. James fut surpris de voir que Tom avait déjà presque fini le roman. Ce n'était pas une lecture facile pour un enfant de tout juste neuf ans.
« Bonsoir, Tom. »
Tom sortit le nez de son livre. « Salut. »
« Tom, est-ce que l'on pourrait parler un peu tous les deux ? »lui demanda James dans l'embrasure de la porte.
Tom sembla gêné mais ne répondit rien. James prit cela pour un oui et entra dans la chambre. Il s'assit sur une chaise à côté du lit de Tom. Lorsque Tom était arrivé ici pour la première fois à sa sortie de l'orphelinat, James avait pris l'habitude de s'asseoir sur cette chaise pour lui parler plutôt que de le gêner en s'asseyant sur son lit. Cela faisait presque un an que Tom lui avait permis de s'asseoir sur son lit. C'était un de ces moments si simples qui rendaient une vie heureuse. Quelque chose fit que, ce soir, James préféra s'asseoir sur la chaise.
« Tu m'as semblé comme éloigné récemment. Est-ce que quelque chose ne va pas ? Est-ce que les gosses du villages t'embêtent ? »
Tom secoua la tête, « Non. »
« Tant mieux, je crois que tout va bien avec Snuffles également. Il a mangé la moitié d'un jambon entier la nuit précédente. Ce n'est sûrement pas ça. » Snuffles, qui avait levé la tête et regardé James d'un air typiquement canin à la mention de son nom et d'un jambon, la rebaissa.
' Je n'aurais jamais dû laisser Tom appeler ce chien Snuffles comme Patmol. Je jurerais parfois que ce chien a un comportement de Maraudeur. ' Pensa James.
Ignorant les remarques mentales de James, Tom répondit, « Oui, Snuffles va très bien. »
« Et tout semble aller très bien avec Sarah. Est-ce que j'ai fait quelque chose qui te tracasse ? » James n'obtint que du silence en réponse à sa question.
« Tom, s'il te plait, dis-moi ce qui ne va pas ? »
Des larmes commencèrent à couler le long du visage de Tom. Il les essuya, se retourna le visage dans l'oreiller et commença à pleurer. James fit un pas de plus pour s'approcher du lit et plaça doucement sa main sur l'épaule de Tom. Celui-ci se recula, frappa la main de James et hurla.
« Ne me touche pas ! Tu es pareil que ceux de l'orphelinat ! Tu me détestes ! »
Une violente onde de magie heurta James, le prenant totalement au dépourvu. Il se sentit repoussé sur sa chaise qui se renversa avec lui. Sa tête heurta le mur. Puis, ce fut le noir complet.
James entendit une petite voix appeler son nom. Il se réveilla tant bien que mal. Il réalisa qu'il avait froid. « Sarah ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« J'ai entendu Tom te crier dessus et puis Snuffles a commencé à hurler. Je suis venu pour voir ce qui s'était passé. Je t'ai trouvé ici et la fenêtre de Tom était ouverte. Je crois qu'il doit être parti sur son balai. Je n'ai pas vu de traces de pas dans la neige. »
James lutta pour se relever. « James, fais attention, tu t'es peut-être cassé quelque chose. »
« Ça ne serait pas le première fois. Il faut que je retrouve Tom. » James aperçut Snuffles regarder par la fenêtre, un regard triste sur le visage. « T'inquiète pas, mon chien. Je vais le retrouver. »
Snuffles le regarda d'un air ' T'as intérêt.'
James parcourut la maison et ouvrit son sac toujours verrouillé. Depuis que Tom était arrivé à la maison, le sac n'avait été ouvert qu'à de très rares occasions. Il contenait les objets qu'Harry Potter avait ramené du futur. Des choses qui n'étaient pas encore inventées ou écrites y étaient stockées. La farce lors de l'entraînement des Aurors avait été presque la seule fois que James en avait sorti quelque chose depuis son arrivée à cette époque.
James en sortit son Éclair de Feu. Le Comète de James était un balai rapide à cette époque mais ça n'était rien comparé à l'Éclair de Feu d'Harry. James lança un rapide sort de chauffage sur ses vêtements.
Sarah lui cria avant qu'il ne quitte la pièce. « James, il y a une tempête de neige dehors ! Comment vas-tu le retrouver? »
« Ne t'inquiète pas. J'y arriverai. Je serai de retour dans un instant. » James franchit la porte et monta sur son balai. En un éclair, il était parti.
James vola jusqu'à l'extrémité Sud du village. S'abritant d'un vol de balai derrière un arbre, il sortit sa baguette magique. « Pointe sur Tom Jedusor »
Tout en regardant sa baguette magique James se déplaça à l'Est du village. Il répéta le processus et se déplaça rapidement. Il aperçut le tailwind (1) devant lui. James se serait presque frappé. Il aurait pu deviner. Tom se dirigeait vers Poudlard.
Tom avait de l'avance mais entre la vitesse de l'Éclair de Feu et celle du tailwind, il n'y avait aucune comparaison possible. James arriva à Poudlard en un temps record. S'abritant dans l'ombre des tribunes du stade de Quidditch, James utilisa sa baguette magique à nouveau. Elle pointa vers le lac. James commençait vraiment à paniquer. Maintenant, il volait comme un homme ayant le Diable à ses trousses.
Arrivant rapidement au lac, James repéra un balai près du bord. La neige de la tempête commençait à le recouvrir. James vola jusqu'au sol près du balai et cria , « Tom ! où es-tu ! » à l'aide d'un sort amplificateur de voix.
James appela à plusieurs reprises, son cœur battant la chamade.
Une légère accalmie apporta un faible bruit aux oreilles de James. Se tournant dans cette direction, James hurla, « Accio Tommy ! »
Dans l'obscurité de cette nuit de tempête de neige, une masse humide arriva dans les bras de James et s'y blottit. Se saisissant fermement du garçon, James mena son balai jusqu'aux tribunes de Quidditch.
Tom marmonnait tout doucement d'une faible voix tandis qu'ils volaient. « Ne me tuez pas. Je suis désolé. Ne me tuez pas. » Harry sentit son cœur se serrer en entendant cela. Un horrible soupçon le submergea.
Une fois à l'abri des tribunes, James plana avec son balai et utilisa sa baguette magique pour conjurer des sorts de séchage et d'autres réchauffants. Lorsqu'il s'aperçut que Tom s'était évanoui, James se dirigea vers la maison.
James ne prit pas l'itinéraire le plus court. La tempête se levait de nouveau et le vent revenait plus fort encore qu'auparavant. En outre, il ne voulait pas que le vent frappe Tom ni ne le refroidisse. Ainsi James vola d'abri en abri, passant par le village puis de nouveau jusqu'à la maison. Ce voyage lui sembla plus long et plus rapide à la fois, moins stressant peut-être que l'aller.
Enfin, James atterrit devant sa maison. Ouvrant la porte, il fut accueilli par un chien très heureux et une fiancée très inquiète.
« Tom ! » Sarah le saisit des bras de James et le porta jusque dans sa chambre à coucher. Avant que James n'ait pu enlever le sien, Sarah enleva le manteau totalement trempé de Tom et mit celui-ci dans son lit. Une série de charmes de chauffage fut rapidement lancée dans la salle. Snuffles se dressa pour poser sa tête sur l'estomac de Tom.
James entra dans la chambre d'un Tom confortablement installé dans son lit, un énorme chien reposant sur lui et une belle femme chantant doucement dans son oreille. Durant un bref instant, James se sentit presque jaloux.
Le matin suivant la tempête de neige était passé. Presque un mètre de neige recouvrait la vallée de Poudlard et de Pré-Au-Lard. Le soleil brillait, tout semblait paisible et propre. Une journée parfaite de l'hiver 1936 commençait.
James se réveilla brusquement lorsqu'il entendit Tom remuer dans son lit. Sarah s'était reposée auprès de lui presque toute la nuit. James l'avait amenée jusqu'à son lit vers cinq heures du matin.
James se dirigea vers le lit. « Bonjour Tom. Comment te sens-tu ? »
Tom reposa sa tête dans son oreiller et marmonna, « Bien. »
James émit un petit rire, « J'avais l'habitude de dire la même chose. Mes amis me disaient tout le temps qu'ils s'attendaient à ce que je réponde ' Je suis mourant '. Je les rendais fous. »
Tom ne fit aucun bruit ni ne répondit à James.
« Tom, est-ce que tu m'as entendu parler à Sarah la nuit où nous sommes allés dîner chez les Potter ? S'il te plaît, réponds-moi, tu ne crains rien. »
Tom hocha lentement la tête.
James soupira. « Qu'as-tu entendu ? »
Tom marmonna le nom de Voldemort.
« Tom, c'est une situation assez complexe. Est-ce que je peux te la raconter ? »
Tom hocha la tête, sans quitter James des yeux.
« Avant que je ne sois né un mage noir tentait de prendre le pouvoir. Il se faisait appeler Lord Voldemort. Il détestait tout ce qui concernait de près ou de loin les Moldus. A tel point qu'il détestait également les magiciens nés de Moldus. Il désirait contrôler le monde magique et en expulser ceux-ci. »
« Mes parents avaient joint un groupe de sorciers qui se battaient contre lui. Mon père était un Sang-pur mais ma mère était une sorcière née de Moldus. C'est alors qu'une prophétie fut faite qui annonça que je serai celui qui allait arrêter Voldemort. Il tua mes parents, mais ma mère se sacrifia pour me sauver. Il ne parvint pas à me tuer. Juste à me faire cette cicatrice au front. »
« J'ai grandi avec des parents de ma mère qui me détestait moi et tout ce qui touchait de près ou de loin au monde magique. C'était un peu comme ton orphelinat. Mon cousin était beaucoup plus grand que moi et il me frappait souvent. Par la suite, j'ai reçu ma lettre de Poudlard et j'ai appris que j'étais un sorcier. J'ai adoré Poudlard et m'y suis fait de très bons amis. »
Son regard s'égara un moment, perdu dans ses propres souvenirs. Tom restait silencieux, l'observant.
« J'ai combattu Voldemort lors de son retour. Je l'ai combattu lui et ses partisans avant même de quitter l'école. Beaucoup de sorciers et de sorcières n'en réchappèrent pas des deux côtés. Tous ses partisans sont morts ainsi que tous mes amis et mes professeurs. » Quelques larmes se formaient dans les yeux de James maintenant.
James regarda Tom. « J'avais gagné mais j'avais tout perdu. Tu comprends ? »
Tom hocha la tête, lui-même assez ému.
« Je suis parvenu à revenir dans le passé dans l'intention de tuer Voldemort lorsqu'il était bébé. Je voyais la mort d'un bébé innocent comme un marché équitable contre des milliers de vies sauvées. Mais ça ne s'est pas déroulé de cette manière. Au lieu d'un Voldemort bébé, je t'ai trouvé, un merveilleux petit garçon. J'ai vu ta peine et ta douleur dans la ruelle, mais également ton courage et ta détermination. »
« Mais, tes amis ? demanda Tom d'une petite voix. « Tu comptes toujours les sauver ? »
« Tom, j'ai déjà tué Voldemort. Nous nous sommes changés. Je t'aime. Sarah aussi . Et je sais que Mme Potter aussi. » James baissa la voix et se pencha légèrement, « Elle n'arrête pas de me demander sil elle peut te prendre avec elle. Je continue de lui dire non ! »
Tom émit un petit rire nerveux. Cela détendit passablement James.
« Tom, ce sont les choix que nous effectuons qui nous définissent. Le Tom Jedusor qui est devenu Voldemort dans mon époque n'avait jamais connu l'amour ni un foyer. Nous avons réellement beaucoup en commun. Sais-tu ce que je crois qui m'a sauvé ? »
Tom secoua la tête.
« Je savais que mes parents m'aimaient. Ils sont morts pour me sauver. J'ai toujours su que quelqu'un m'avait aimé. Lui n'avait jamais su ce genre de choses. »
James regarda Tom, et l'étreignit. « Nous t'aimons, Tom Jédusor. Lorsque tu grandiras, je t'en dirai plus, mais je pense que le plus mauvais est passé. Je ne veux pas te cacher des secrets, mais je pense que tu as besoin d'être plus âgé pour pouvoir apprendre certaines choses. »
James se pencha de nouveau vers Tom. « Je te dirai tout avant que tu n'ailles à Poudlard. Rappelle-toi bien cela. Tu as la capacité d'être un grand magicien. Tu seras très puissant. Mais toi seul pourras choisir comment employer cette magie. Tu comprends ? »
Tom lui fit un timide sourire et hocha la tête.
James lui rendit son sourire. « Bien ! Maintenant, nous allons pouvoir parler de ta punition pour avoir quitté la maison sans autorisation la nuit dernière ! »
« Oncle Jimmy ! »
« Non, Tom. Tu dois avoir une punition pour t'être enfui. » Tom ne le savait pas mais un 'Oncle Jimmy' supplémentaire l'aurait sans doute mis hors de danger.
Tom sembla contrarié, mais il marmonna « Bon, d'accord. »
« Je suis content que tu en conviennes. Ta punition sera... de recevoir la première boule de neige ! »
Tom réalisa brusquement que James venait de le mener en bateau, Tom laissa échapper un rugissement. « RHAAA, tu me taquines, Oncle Jimmy ! Pourquoi est-ce que toi et Sarah ne faites pas d'autres enfants pour que je ne sois pas la seule victime de vos blagues, pour une fois ? »
Une voix derrière eux ajouta. « J'aime cette idée. »
James se retourna et vit Sarah dans l'embrasure de la porte. Il était complètement pris de court. « Vraiment ? »
Tom et Snuffles se dépêchèrent de s'évader rapidement vers la cuisine avant que les adultes ne reviennent à eux. Le petit-déjeuner les appelait. Tom pouvait sentir d'ici le bacon.
James s'approcha de Sarah et enroula ses bras autour d'elle. « Tu es sûre ? »
Sarah l'embrassa furtivement. « Parfaitement, oui. Je sais que la magie t'enlèvera. Je ne veux pas perdre plus de temps. Je sais qu'il va y avoir une guerre. Tu ne pourras pas rester sans rien faire. Je pourrais même te perde avant que la magie ne te reprenne. Je ne veux pas prendre le risque. »
James lui fit un sourire et prit sa décision, il posa son genou par terre et dit. « Sarah Underhill, veux-tu m'épouser ? »
De petites larmes de joie dans les yeux, Sarah répondit, « Oui, bien sûr que je le veux. » Harry se releva. « Maintenant nous devrions le dire à Tom. »
Mais soudainement, une boule de neige vola dans la pièce et toucha James à la tête.
« Tom! » hurla James.
Il entendit des bruits de pas et un rire nerveux s'éloigner tandis que Tom sortait de la maison jusque dans la neige, Snuffles sur les talons.
« Je crois qu'il a déjà compris » plaisanta Sarah.
James mi-maugréant mi-pleurnichant vers sa future épouse, dit « Mais j'étais censé lancer la première boule de neige! »
James vola jusqu'à l'entrée de Poudlard, le jour suivant. Il avait demandé une réunion avec les professeurs Dippet et Dumbledore. Débarquant dans la cour sur son Comète, James rétrécit le balai et le plaça à l'intérieur de la poche de sa longue robe (l'Eclair de Feu était retourné dans le sac).
Entrer à l'école fut une expérience assez étrange pour James. Poudlard n'avait que peu changé, ou plutôt, changerait, par rapport à l'époque d'Harry. De ses visites précédentes, James avait pu voir que tous les portraits étaient les mêmes, tout comme les fantômes, exceptée Mimi, évidemment. À la surprise de James, Peeves n'était cependant nul part en vue.
Avant que Voldemort ne soit tombé, tout Poudlard avait déjà été changée en ruine. Une Malédiction d'Implosion magique avait démoli les tours de Serdaigle et du Directeur. La tour de Gryffondor avait survécu à cette attaque avant d'être par la suite frappée par une Malédiction de Fonte de pierre cinq mois plus tard. Vingt étudiants de première et deuxième années furent prisonniers de la chaleur mortelle de la tour en fusion. Par une ironie plutôt perverse, la moitié des étudiants étaient des enfants de mangemorts connus ou suspectés. Sans doute Voldemort n'avait-il pas réalisé que la tour avait logé les premières et deuxièmes-années en plus des Gryffondors après les dégâts faits au château.
Lorsque James avait visité pour la première fois l'école à cette époque-ci, elle lui avait semblé comme froide. Mais maintenant, c'était comme rendre visite à un vieil ami. Les mémoires oubliées de James durant ses deux dernières années lui revinrent en mémoire. Passer devant l'endroit où Ginny était morte laissait toujours sa tristesse l'envahir. James espérait qu'elle était heureuse pour lui de son mariage avec Sarah. Le Harry du futur n'aurait sans doute jamais pu espérer le bonheur que le James des années 30 connaissait.
Pénétrant dans le hall d'entrée, James jeta machinalement un coup d'oeil sur les affichages des points des Maisons. Serdaigle était en tête, mais toutes les Chambres étaient autour de cent points.
« Ah, James. Pile à l'heure, à ce que je vois. »
« Bonjour, Albus. J'espère que vous avez passé d'agréables vacances de Noël. »
Le professeur de Métamorphose hocha la tête et lui sourit. « Je me demande juste pourquoi vous m'avez envoyé des chaussettes. »
James fit une grimace, « Un vieux professeur de ma connaissance se plaignait du fait qu'il recevait toujours des livres pour Noël alors que ce qu'il voulait vraiment était quelques bonnes vieilles chaussettes de laines. »
« J'ai en effet noté la nette tendance au fur et à mesure que je vieillis que les gens ont à m'envoyer de plus en plus de livres. Je pense que je peux comprendre son commentaire. Il ressemble à celui d'un sage » répondit Dumbledore en souriant.
James avait maintenant un très large sourire. « En fait, je n'ai jamais réussi à me décider entre dire qu'il était fou comme un chapelier ou rusé comme un renard. Il avait cette petite lueur, ce scintillement dans l'oeil qui vous incitait toujours à penser qu'il riait de vous ou qu'il savait quelque chose que vous ignoriez. »
Albus rit de l'image qu'évoquait James. Il voyait bien que James aimait son vieux professeur et que ses commentaires n'étaient que de simples plaisanteries. « Le revoyez-vous encore de temps en temps ? »
' Vous voulez dire, à part en ce moment ? ' Pensa James. À haute voix il dit, « Non, il a été assassiné par quelqu'un en qui il avait confiance, juste devant moi. Il m'avait placé sous un sort d'immobilisation et mis sous une cape d'invisibilité. Cela m'a probablement sauvé la vie, mais je n'ai pu que l'observer mourir, impuissant. »
« Je suis navré d'avoir réveillé de mauvais souvenirs, James. »
James sourit, « Mes bons et mes mauvais souvenirs sont si étroitement liés qu'il m'est impossible de ramener l'un d'eux sans l'autre. »
Les deux magiciens atteignirent la base de la tour du Directeur. La gargouille n'avait pas changé. Albus donna le mot de passe (c'était une fleur) et les deux sorciers montèrent dans le bureau. Albus frappa à la porte et une voix répondit, « Entrez, Albus, avec notre invité. »
' Ainsi, c'est un truc de Directeurs ' pensa James.
Entrant dans le bureau, James aperçut Thomas Potter avec deux autres hommes qu'il ne connaissait pas. Ils lui semblèrent vaguement familiers.
« Heureux de vous rencontrer, James » le salua le directeur. « Peut-être connaissez-vous les Black ? Voici Sirius et Acturus. »
James s'immobilisa un court instant puis tendit la main, « Messieurs, c'est un plaisir de vous rencontrer. »
Sirius Black ressemblait à son arrière-petit-fils, le parrain d'Harry Potter. Environ la cinquantaine, cet homme avait les même cheveux que Patmol, mais possédait dans le regard une confiance et une détermination dont manquait celui-ci. Peut-être que s'il n'avait pas connu Azkaban, le Sirius d'Harry aurait été identique.
Acturus Black était dans la trentaine et légèrement moins massif et grand que son père. Il semblait diminué par la présence de son père. Vivre dans son ombre l'avait probablement empêché de décider par lui-même depuis des lustres.
Le Directeur Dippet ajouta « Sirius fait parti du conseil de Poudlard. Il revisitait l'école et a absolument voulu vous rencontrer. »
James retourna son attention sur l'aîné des Black qui lui dit. « Vous avez créé beaucoup de bruit autour de vous. Votre Fondation du Phénix a attiré quelques regards, et plus encore votre conférence à l'Académie des Aurors qui a attiré l'attention de nombreuses personnes. »
James sourit, « Ils ne prenaient pas vraiment le sujet au sérieux quand j'ai commencé. Ils continueront jusqu'à ce qu'ils en aient besoin pour la première fois. Alors, les survivants écouteront. »
Thomas Potter souleva un sourcil. « Vous semblez particulièrement pessimiste. »
James secoua la tête « Non, juste expérimenté. Toutes les fois où une société, magique ou Moldue, connaît une longue paix ou une grande avancée technologique ou magique, les gens deviennent négligents quant à leur préparation à affronter leurs ennemis. Ils ignorent les avertissements qui leur sont donnés jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Alors ils maudissent le messager. » grimaça James « Et parfois au sens propre. »
Acturus demanda d'une voix tranquille « Estimez-vous la guerre inévitable ? »
« Parlez-vous de celle qui se prépare en Allemagne ? Dans ce cas, oui. Je ne pense pas que nos Aurors pourront arrêter les sorciers entraînés par Grindelwald à temps maintenant. Avec l'Allemagne qui prépare son armée, je pense que Grindelwald amenera la guerre jusqu'en Angleterre. »
« Vraiment » ricanait Acturus, « je pense que vous ne connaissez rien à ce sujet. Une équipe de nos meilleurs Aurors est déjà sur le point d'arrêter Grindelwald comme le simple criminel qu'il est. »
Le plus âgé des Black restait silencieux, observant la scène.
James répondit, « J'espère que vous avez raison et moi tort. »
« Mais vous ne le pensez pas, n'est-ce pas ? »demanda Thomas.
« Non, c'est vrai, mais il y a toujours un espoir. »
Le Directeur fronça les sourcils, « Malheureusement, vous avez raison, James. »
L'ensemble des personnes dans la pièce se retournèrent vers le Directeur.
« Pardon ? » s'étonna James au nom de tous.
« J'ai reçu un hibou, tôt ce matin, annonçant que l'équipe a été capturée à Berlin. Leurs baguettes magiques ont été cassées et ils ont été envoyés à un endroit appelé Dachau, près de Munich. »
James pâlit en identifiant le nom du camp. « Avez-vous un plan pour les sortir de là ? »
« C'est le rôle du Ministère » répondit Dippet.
' Et si le Ministère n'envoie pas une équipe les chercher bientôt, ils seront tous morts ' pensa James. « Je pense qu'ils devraient se dépêcher. »
Le Directeur Dippet hocha la tête « Je suis sûr que l'on peut faire confiance au gouvernement pour réagir à cette situation de la meilleure manière qu'il pourra. »
James soupira ' Pas étonnant que Voldemort ait pu manipuler ce type aussi facilement, au point de lui faire renvoyer Hagrid pour avoir ouvert la chambre. '
Les Black se retirèrent, leur souhaitant une bonne journée. Acturus n'avait plus rien dit de la conversation excepté marmonner un vague au revoir. Sirius Black serra la main de James et ajouta, « J'attends de voir vos prochaines actions avec impatience, M. Evans. »
Après qu'ils soient partis, le Directeur demanda « Maintenant, comment puis-je vous aider, James ? »
« Je désirerais avoir accès à la Bibliothèque. Il me faudrait faire quelques recherches. »
Le Directeur se pencha en arrière dans son fauteuil et demanda « Quel genre de recherches ? »
« Connaissez-vous les avions Moldus ? »
« Un peu, nous en voyons passer, de temps en temps. De bien étranges choses. »
« Les Moldus cherchent à les améliorer pour qu'ils soient plus rapides et plus résistants. Ils peuvent voler sur de longues distances et lâcher des explosifs où ils veulent. L'orphelinat est en plein centre de Londres. Je cherche un moyen d'élever un dôme magique contre ces bombes Moldues pour protéger son emplacement. Le Chemin de Traverse et les autres habitations Sorcières de Londres pourraient également s'en servir » expliqua James.
« Pensez-vous réellement que ce genre de choses puissent ce produire ? » demanda Albus.
James hocha la tête, « Je pense que c'est très probable. »
Tout ce que James disait était vrai. Cependant, il voulait également faire des recherches sur le sort qu'avait utilisé Aberforth sur le retourneur de temps pour l'envoyer à cette époque. James voulait voir s'il n'y avait pas un moyen de l'empêcher de le faire revenir en 1998.
Les professeurs échangèrent un regard. Le Directeur inclina la tête. « Vous pourrez. Seriez-vous disposé à nous retourner cette faveur ? Le professeur Merrythought aimerait vous avoir comme invité dans sa classe. »
James sourit, « J'en serais enchanté. Merci. »
« Vous semblez être de bonne humeur ce matin, James » commenta Thomas.
James lui répondit avec un sourire. « Sarah et moi avons décidé de nous marier hier. » Après que les trois hommes aient félicité James, celui-ci se tourna vers Thomas, « Je voudrais également vous demander une faveur. »
Son ami et, même s'il ne le savait pas, son grand-père lui sourit avant d'ajouter « Bien entendu, allez-y »
« Si vous le permettez, Sarah et moi aimerions nous marier dans le jardin du Manoir des Potter. »
« Je pense qu'Élizabeth aurait de nombreuses choses à me dire si je répondais non. Elle adore Tom. Nous nous ferons un plaisir de vous accueillir au manoir. »
« Merci, Thomas. J'apprécie cela plus que vous ne pouvez l'imaginer. »
Les trois sorciers continuèrent à parler durant quelques heures au sujet de diverses petites choses. Peu avant le déjeuner, un James Evans fatigué partit de Poudlard. Bientôt, il allait épouser la femme qu'il aimait dans un endroit où tous les Potter s'étaient mariés depuis le 10ème siècle. Si Ginny avait survécu, alors Harry aurait été le premier à casser cette tradition en se mariant pensa-t-il.
Un James franchement très heureux se dirigea en sifflotant vers une maison où l'attendait sa future épouse et son fils adoptif.
(1) Littéralement 'queue de vent' j'ai préférer laisser en Anglais étant donner que ça ne rend pas très bien, non?
Nda :
Ci-dessous est une brève chronologie des événements s'étant déroulés en Europe de l'arrivée de James jusqu'au début de la Seconde Guerre Mondiale (1939).
1934
Juin - nuit des longs couteaux
Août - Hitler devient Führer
1935
Mars - début du réarmement Allemand
Septembre - les Juifs Allemands perdent leurs droits civiques
1936
Mars – l'Allemagne occupe la Rhénanie
Juillet - début de la guerre civile Espagnole
1937
Novembre - Hitler dévoile ses plans à ses Généraux
1938
Mars - l'Allemagne provoque l'Anschluss (annexion) de l'Autriche
Août - l'Armée Allemande se mobilise
Septembre - le P.M. britannique Chamberlain tente en vain d'apaiser Hitler
Octobre - l'Allemagne envahit la région des Sudètes en Tchécoslovaquie
Novembre – Nuit de cristal
1939
Mars - l'Allemagne envahit le reste de la Tchécoslovaquie
Pacte de non-agression Germano-Soviètique
Premier Septembre- L'Allemagne envahit la Pologne
3 Septembre - La Grande Bretagne et la France déclarent la guerre à l'Allemagne,
Début de la Seconde Guerre Mondiale
17 Septembre - L'URSS envahit la Pologne
Novembre - tentative d'assassinat sur Hitler
Ndt : habituez-vous y, l'auteur indiquera ce genre de chronologies assez souvent maintenant et je compte les traduire également.
Et voilà pour le chapitre 6 : un peu plus long à venir puisque j'ai planté ma nouvelle histoire avec ses trois premiers chapitres, que vous pouvez aller voir via mon profil et y laisser des reviews : Unsung Hero (En fait c'est un ordre : allez-y ! Tout de suite ! )
Un chapitre d'Altered Destinies plutôt drôle je trouve avec quand même un peu de séquence émotion : je dois avouer que j'ai un peu plus de mal pour traduire les scènes d'émotions que les autres. Je ne sais pas pourquoi, je n'en suis jamais satisfait donc n'hésitez pas à me dire si vous trouvez que ça fait un peu trop faux (même si, après tout, les phrases ne dépendent pas totalement de moi : juste leurs tournures).
J'arrête là mon blabla et je vous donne le titre du prochain chapitre: Derrière les lignes ennemies.
