Nda : 29/11/2006 : Le chapitre 1 a été mis à jour pour corriger quelques erreurs. Rien de changer du côté de l'histoire, juste quelques contradictions, incohérences et autres erreurs de grammaire.

Ndt : Pour être franc avant ces 'petits changements' le chapitre était assez repoussant pour quelqu'un de pointilleux. A noter que je fais moi même de fréquentes relectures pour corriger les erreurs de grammaires. Si vous repérez des erreurs assez grosses pour vous stoppez dans votre lecture, surtout n'hésitez pas à me le dire.

Chapitre 9 - Histoires Révélées.

1er Janvier 1938

James était assis à la table de sa cuisine en pleine dégustation d'un délicieux petit-déjeuner. La maison était tranquille. Le silence était une denrée rare chez les Evans. James savoura son thé tout en lisant la Gazette du Sorcier. Le silence ne dura pas longtemps.

Le bruit d'un bébé en pleurs se propagea dans toutes les pièces de la maison.

'Cette gosse pourrait faire fuir une banshee' pensa James. Il posa le journal sur la table à côté de lui et se leva. Il espérait atteindre la source de tout ce tintamarre avant que Sarah ne se soit réveillée.

Un autre arrivant récent dans la maison des Evans apparut à côté de lui. « Maître James, la petite maîtresse est réveillée. »

« Je sais, Cillie, je l'ai entendue. Pourrais-tu préparer le petit-déjeuner pour tout le monde pendant que je m'occupe de son altesse ? »

L'elfe de maison se mit à rire nerveusement, « Oui, Maître James. »

James traversa le couloir littéralement inondé sous les cris d'un bébé en pleurs. Cillie leur avait été recommandée par Elizabeth Potter. Avec les absences périodiques de James pour le DDM et les obligations de guérisseuse de Sarah, la location de l'elfe était une véritable bénédiction pour les deux jeunes parents.

Elizabeth Potter avait demandé aux elfes du manoir des Potter de trouver un elfe sans emploi. Cillie se trouvait être la nièce du patriarche des elfes des Potter. James lui avait offert sa liberté et un salaire. La pauvre elfe était presque morte d'effroi avant même qu'il ait fini sa phrase. Après avoir calmé tant bien que mal l'elfe en état de choc, James l'avait informé qu'il mettrait son argent de côté et lui avait promis de lui donner sa liberté à l'instant même où elle la souhaiterait. Sarah lui avait fourni du tissu pour qu'elle se fasse des vêtements. Cillie s'était aussitôt créée plusieurs costumes semblables à ceux d'un maître d'hôtel Moldu. James n'avait pas osé lui dire qu'il s'agissait là de vêtements pour hommes.

James atteignis finalement la source de tout ce bruit et pris le nourrisson en pleurs dans ses bras. « shhh, Katie. Ne réveille pas tes frères. »

« Trop tard » répondit une voix ensommeillée à l'entrée de la pièce.

James se retourna et observa un Tom de maintenant onze ans se frotter les yeux en baillant. « La petite miss a une voix proche de celle d'une sirène de raid aérien. »

James laissa échapper un petit rire malicieux avant de rajouter. « Va voir comment va son complice. »

Tom se rapprocha en quelques pas de l'autre berceau de la chambre et y jeta un coup d'oeil. « Toujours endormi. Il pourrait y avoir un tremblement de terre qu'il ne se réveillerait pas pour autant. »

« Réaction normale de la part de quelqu'un qui dort dans la même pièce que Katie. »

James termina de changer sa fille d'à peine dix mois. Katie Elizabeth Evans était née le 20 février 1937. Elle avait précédé son frère, Michael Thomas Evans, de cinq minutes. Katie avait hérité des cheveux blonds de sa mère et des yeux verts de James. Michael ressemblait, quant à lui, à une espèce de mélange de ses parents. Il avait les cheveux noirs et indisciplinés de James. Ses yeux étaient étranges. L'un était du même vert que ceux de James et l'autre du bleu de ceux de Sarah.

La personnalité de Katie exigeait une constante attention. Elle appréciait de voir toute une foule de personnes s'agiter au-dessus d'elle. Michael, pour sa part, adorait jouer avec tout ce qui lui passait sous la main. Katie ne supportait pas que l'on emporte Michael hors de sa vue, la petite fille semblait littéralement dominer son frère jumeau. Michael lui se contentait juste de sourire et de glouglouter en direction de sa soeur.

James pouvait presque sentir la douce aura de bonheur entourant Tom. Ce bonheur, James l'avait ressenti jusqu'en Allemagne. James et Sarah étaient par la même occasion passés du statut d'Oncle et de Tante à celui de Papa et de Maman.

L'excitation et le pur bonheur du garçon de 9 ans avait de toute évidence reconnecté le lien entre Tom et James. James supposait qu'une aussi forte émotion l'avait forcé à subitement réapparaître. Il ne lui semblait pas aussi fort qu'à son époque, mais quand il était proche de Tom ou que ses sentiments étaient vraiment forts, James avait automatiquement une idée de ce que Tom ressentait.

Tout en prenant sa fille dans ses bras, James dit, « Cillie est en train de faire le petit-déjeuner. Allons manger. »

Tom adressa une grimace à son père adoptif, « Ce serait idiot de le manquer. »

James poussa un petit gémissement après qu'ils se soient faufilés hors de la salle. « Mais qu'est-ce qui m'a pris de te parler des jeux de mots ? J'aurais dû mieux prévoir mon coup ! » (1)

« Peut-être as-tu laissé ton bon sens dans les années 90 ? » demanda malicieusement Tom d'un ton railleur.

James répondit en souriant à son fils aîné, « Sale gosse. »

Ils venaient à peine de rentrer dans la cuisine lorsque Cillie s'écria « Joyeux anniversaire, jeune maître ! »

Tandis que Tom remerciait l'elfe, James demanda, « C'est l'anniversaire de quelqu'un ? »

« Papa ! Tu sais très bien que c'est mon anniversaire! »

« Vraiment? C'est peut être pour ça que cet hibou n'a pas arrêté de voler tout autour de la maison, hier soir. J'ai fini par le faire partir. » James remercia silencieusement sa formation d'Occlumens pour sa capacité à dire tout cela muni d'un visage totalement rigide et sérieux.

Le visage de Tom se mit à blanchir au fur et à mesure que la panique l'envahissait. « Tu as renvoyé le hibou de Poudlard ! Papa, tu sais pourquoi il était là ! Il faut que tu ailles voir le professeur Dippet pour le faire revenir ! »

James prit aussitôt une expression de profond étonnement. « Tu veux aller à Poudlard ? Je n'étais pas au courant. »

Tom réalisa que son père était en train de le faire marcher. « Tu as ma lettre ! Je la veux ! Où est-elle ? » Tom commença à parcourir la cuisine du regard avec enthousiasme. Après avoir rechercher l'enveloppe typiquement recouverte d'écriture verte, sans succès, il se mit à tapoter les poches de la robe de James.

James riait sous cape tout en esquivant par de grandes enjambées les multiples tentatives de Tom de le fouiller. Katie gazouilla en les observant tournoiller ainsi dans la pièce.

« Vous avez l'air de bien vous amusez ce matin tous les trois. » commenta Sarah à l'entrée de la cuisine.

Tom dirigea instantanément un regard de chiot attendrissant sur sa mère. « Maman, papa ne veut pas me donner ma lettre de Poudlard ! »

Sarah secoua une enveloppe dans la paume de sa main. « Tu veux parler de cette lettre ? »

« Yay! » Tom bondit sur sa mère et saisit l'enveloppe. « Merci, Maman ! » Il déchira plus qu'il n'ouvrit l'enveloppe et finit enfin par lire la fameuse lettre un petit moment. « Je vais à Poudlard ! Est-ce que je peux aller acheter ma baguette magique et mes fournitures, maintenant ? »

James entoura de son bras les épaules de Sarah. « Félicitation, Tom. Nous sommes sur que tu seras parfaitement bien à Poudlard. »

Sarah étreignit Tom. « Nous irons au Chemin de Traverse ce week-end. Rien n'est ouvert aujourd'hui. »

« De toute façon, tu as déjà lu la plupart des livres de théorie magique de la bibliothèque. Même quelques-uns de ceux que je t'ai dit de ne pas lire » commenta James de l'autre côté de la table à côté de Katie.

Réalisant que ses excursions nocturnes n'étaient pas passées inaperçues, Tom se mit à rougir. Mais d'un autre côté, son père ne semblait pas réellement en colère. « Désolé papa. Je voulais juste en apprendre le plus possible au sujet de la magie. »

James eut un sourire pensif. Dans son esprit, il voyait l'image d'une fille dotée d'une chevelure brune particulièrement touffue inclinée la tête avec enthousiasme aux côtés de Tom. « Je comprends Tom, mais certains de ces livres sont trop avancés pour toi pour le moment. Quand tu seras allé à Poudlard un certain temps, nous commencerons à travailler sur quelques sujets plus avancés pendant l'été, mais seulement si tu te montres capable de maîtriser ta curiosité à l'heure actuelle. D'accord ? »

Tom acquiesça en répondant à son père, « D'accord ! »

5 Janvier 1938

Un Tom Jedusor de onze ans remonta tranquillement le Chemin de Traverse. James et Tom s'étaient d'abord occupés de la longue liste de tous les livres nécessaires pour un première année, tous venaient d'être achetés. Toutes les provisions d'ingrédients pour potions et autres fournitures venaient également de l'être. Il ne leur restait plus qu'à s'occuper d'une seule et dernière chose.

Tom traîna presque James jusqu'à l'entrée d'un obscur petit magasin, Ollivander. La boutique de baguette magique était leur destination finale. Le magasin semblait toujours aussi petit et minable qu'il l'avait été le jour où Harry y était arrivé pour sa propre baguette magique. Le petit coussin violet et la baguette magique qui s'y trouvait exposée derrière la vitrine du magasin n'avaient, de toute évidence, pas bougé d'un millimètre.

James entra un peu après Tom. Il pivota immédiatement pour faire face au coin sombre où l'on pouvait plus ou moins distinguer Ollivander parmi les ombres.

« Bon après-midi, M. Ollivander, » dit James.

S'approchant dans la lumière du jour, le fabricant de baguette magique répondit, « Hum, bonsoir monsieur. Il se trouve que je me rappelle de chacune des baguettes que j'ai vendu et à qui je les ai vendues, mais je ne me rappelle pas de vous. J'ai cependant l'impression que je le devrais. »

James ignora la question implicitement posée. « Mon fils va bientôt commencer ses études à Poudlard. Nous voudrions acheter sa première baguette magique. »

L'inquiétant fabricant de baguette détacha finalement son regard de James et contourna en quelques pas son comptoir. « Ah, jeune homme, et quel se trouve être votre nom ? »

« Tom Jedusor »

« Voyons voir quelle baguette magique vous choisira Monsieur Jedusor. » Ollivander retira immédiatement un mètre à mesure de l'une de ses poches et se mit tout aussi rapidement au travail. Il utilisait exactement les mêmes gestes que lorsqu'Harry Potter était arrivé ici.

Tom pris sa première baguette magique et la secoua, sans effet. Sans la moindre hésitation, Ollivander retira l'une après l'autre plusieurs longues et fines boites de ses étagères. Aucune d'elles ne sembla marcher convenablement pour Tom.

Au bout d'environ une heure de ce manège, le fabricant de baguettes magiques observa fixement Tom, un air intrigué sur le visage. Il marmonna tranquillement pour lui-même, « Je me demande... » Sans autre commentaire, il s'éloigna dans l'arrière-boutique.

Un moment plus tard, il finit par revenir, une baguette enveloppé de tissu dans la main. « J'ai récemment terminé cette baguette magique. Je travaille toujours sur sa soeur. Je suis cependant curieux... » Il remit la baguette magique à Tom.

Tom déplaça légèrement la baguette magique. Immédiatement, des étincelles commencèrent à jaillir de son extrémité. Ollivander applaudit avec excitation leur apparition.

« La plume de cette baguette magique provient d'un Phénix que j'ai moi-même récemment rencontré. Il ne m'a donné que deux plumes. Je n'aurais jamais pensé en vendre une aussi rapidement. Je me demande si l'autre partira aussi vite ? » Secouant la tête pour s'extirper de ses pensées, le fabricant de baguette magique ajouta, « Cette baguette magique sera parfaite pour les sortilèges et très efficace pour les combats en duel. 13 pouces et demi, c'est un petit peu trop long pour faire une parfaite baguette de duel. »

James fit un petit sourire d'un air détaché, remercia le marchand et lui paya ses cinq Gallions.

James se mit à rire intérieurement en suivant Tom hors du magasin. Celui-ci était littéralement dans un autre monde, en pleine admiration devant sa nouvelle baguette magique. James reconnut parfaitement la baguette en if de 13 pouces et demi. Son parfait clone se trouvait caché dans sa propre maison, à l'intérieur de sa valise soigneusement verrouillée. C'était la même baguette magique qu'Harry avait arraché des mains même de Voldemort.

15 Juin 1938

Sarah venait d'emmener Katie et Michael en visite chez sa mère pour la journée. La vieille mégère refusait toujours d'accepter le sang-mélé qu'était James comme son beau-fils. Sarah espérait que la présence de ses petits-enfants entamerait la résistance de sa mère. James n'aurait pas parié une seule noise là-dessus.

James et Tom se trouvaient donc seul dans la maison. Cet été, Tom s'était quasiment dédoublé entre ses livres scolaires, le Quidditch et ses amis du village. James s'était presque étouffé avec son jus de potiron la fois où il avait trouvé Tom en train de lire à haute voix L'Histoire de Poudlard à ses jeunes frères et soeurs la semaine précédente.

James l'appela dans son bureau et le fit s'asseoir à côté de la cheminée. On pouvait presque lire la curiosité sur son visage. Habituellement James ne possédait cet air sérieux que les fois où il devait partir pour un de ses 'voyages d'affaires'.

« Tom, tu es prêt pour allez à Poudlard maintenant. Je voudrais que nous discutions un peu au sujet du passé, » commença James. Tom pâlit un peu lorsqu'il comprit le sujet de leur conversation.

« Détends-toi, Tom. Ce n'est pas vraiment au sujet de cette autre personne dans mon passé. Je veux simplement te parler d'où tu viens. Sarah et moi nous te considèront comme notre fils au même titre que Michael. Je pense juste que tu devrais savoir au moins une partie de l'histoire avant de partir à l'école. »

Tom hocha la tête et répondit, « D'accord » d'une petite voix.

« Ton père vient d'une famille d'aristocrates ; Ils ne font pas partie de la noblesse mais sont tout de même assez riches. Ils possèdent quasiment toutes les terres autour du village d'Hangleton y compris une bonne partie du village lui-même. Bien sûr, leur nom est Jedusor. Ton père s'appelle également Tom. Ils considèrent par ailleurs les personnes ayant moins d'argent qu'eux ou qui leur sont différents comme leur étant inférieurs.

Ta mère s'appelait Merope Gaunt. Elle vivait avec son père Marvolo et son frère Morfin dans une vieille petite maison en dehors du village. Ils descendaient d'une très vieille famille de Sang-pur. Ils en tiraient une immense fierté. Bien qu'ils n'aient jamais vraiment partagé les mêmes critères, ils étaient finalement très semblables aux Jedusor de ce point de vue là.

Ton grand-père et ton oncle ne traitaient pas vraiment bien ta mère. Se sentant emprisonnée auprès de sa famille, elle finit par développer une obsession pour ton père. Dans son imagination, il l'aimait, lui aussi. Et puis un jour, un homme du ministère de la magie est venu dans cette maison parce que Marvolo et Morfin avaient violé la loi. Ils furent envoyés à Azkaban.

Merope sauta sur l'occasion pour s'échapper de cet enfer. Je pense qu'elle a sans doute utilisé un philtre d'amour sur ton père. Le fait est qu'ils se sont enfuis ensemble pour Londres du jour au lendemain. Après être tombée enceinte de toi, il semblerait qu'elle ait pensé que ton père allait réellement l'aimer désormais. Mais, manifestement, il n'a pas réagi comme elle l'imaginait lorsque le philtre a cessé de fonctionner et il s'est enfui en la laissant seule à Londres. Elle en eut le coeur brisé. Elle a utilisé ses dernières forces pour te donner la vie avant de mourir. »

Tom écoutait l'histoire le visage plus pâle que jamais. Des larmes étaient apparus lorsque James avait parlé de sa mère. « Pourquoi n'est-elle pas resté avec moi ? »

James serra Tom contre lui. « Elle n'a pas eu le choix, Tom. Elle n'avait jamais été en très bonne santé. Alors même qu'elle était enceinte, elle n'a jamais pu correctement se nourrir ni se fournir décemment en médicaments. Elle a pu vendre des objets qu'elle avait pris à ton grand-père, mais les gens ont tiré profit de son ignorance. Merope s'est battue pour s'assurer que tu survivres. Elle t'a donné tout ce qu'elle avait. »

Tom se frotta les yeux. « Comme ta maman ? »

James hocha la tête, « D'une manière différente, oui. » (I)

« Les autres sont-ils encore en vie ? »

« Ton père et ses parents sont encore vivants mais le père de ta mère est mort peu de temps après que tu sois né. Ton oncle vit toujours dans la même maison. »

Tom demanda lentement, « Est-ce que je peux les rencontrer ? »

Une légère crainte serra le coeur de James. « Si tu en ressens le besoin. » Tom hocha la tête.

« Je t'ai vu lire L'Histoire de Poudlard. Que penses-tu des Fondateurs ? »

« Ils sont très intéressants. J'ai trouvé dommage que Gryffondor et Serpentard aient cessé d'être des amis. Mais il y a quelque chose que je n'ai toujours pas compris. »

James le questionna, « Quoi donc ? »

« N'avaient-ils donc jamais discuté des personnes à qui ils désiraient enseigner avant de construire Poudlard ? Pourquoi est-ce que ce sujet n'est apparu que bien après qu'ils aient ouvert l'école ? Je trouve qu'il manque quelque chose dans cette histoire. »

« J'ai souvent entendu cette question auparavant, » répondit James. « il y a une expression Moldue qui dit que 'L'histoire est écrite par les vainqueurs'. Est-ce que tu vois ce que cela veut dire ? »

Tom acquiesça. « Que l'autre version de l'histoire peut être manquante. »

James hocha la tête, « L'autre sujet important dont nous devons parler est Salazar Serpentard. »

« Pourquoi ? »

James soupira. Il craignait cette conversation depuis de nombreuses années déjà. James savait que, dans son passé, Voldemort avait appris son lien avec Serpentard dès son premier jour à Poudlard. Tom devait être préparé pour cette information, mais James craignait qu'elle l'amène vers le mauvais chemin. Cependant, il craignait d'avantage la réaction de Tom si James la lui cachait et qu'il l'apprenait par lui-même. Les ombres de la cinquième année d'Harry et de ses révélations hantaient toujours James.

« La famille des Gaunt descendait de Salazar Serpentard. C'est pour cela que tu es un Fourchelangue. Tous les Gaunt possédaient cette capacité. »

Tom sembla cloué dans son fauteuil, littéralement assommé. « Je descends de Serpentard ? »

James poursuivit dans son chemin. « En fait, je pense que c'est quelque chose d'assez sympa. Est-ce que tu sais que les Potter possèdent un tableau magique de Serpentard et de Gryffondor réunis ? Ils m'en ont parlé par le passé. »

Tom semblait maintenant réellement enthousiaste . « Vraiment ! Est-ce que je pourrais leur parler ? »

« Nous verrons. Maintenant veux-tu toujours aller voir ceux de tes parents encore en vie ? »

Tom acquiesca, la lueur d'excitation dans ses yeux s'évanouit.

James posa sa main sur l'épaule du garçon. « Tom, rappelle-toi que tu es mon fils maintenant et que jamais rien ne changera cela. J'espère que tu pourras établir quelque chose avec les Jedusor, mais Sarah, ton frère, ta soeur et moi serons toujours là pour toi."

Tom lui sourit même si son visage donnait une bonne indication de sa nervosité. « Est-ce que nous pouvons y aller aujourd'hui, papa ? Je ne veux pas avoir à m'asseoir et à me torturer l'esprit avec tout ça. »

« Pourquoi n'attendrait-on pas jusqu'au déjeuner ? Cela te donnera un certain temps pour remettre tes pensées en ordre. Il le faut. Puis nous irons là-bas par Portoloin » suggéra James.

Tom grinça, « Ça avait l'air d'être une bonne idée jusqu'à ce que tu mentionnes le Portoloin. Est-ce qu'on ne peut pas utiliser le réseau de cheminette ? »

James partagea sa grimace, « Désolé, là où nous allons il n'y a aucun autre famille magique dans le secteur. »

Pour toute réponse, Tom se contenta de gémir


Un duo, à première vue tout ce qu'il y a de plus normal, s'anvança dans le village d'Hangleton. Bien qu'ils soient arrivés à pied, leurs vêtements, qui semblaient de toute évidence assez chers, parlaient pour eux. Ils traversèrent le village. L'un des deux, un jeune garçon, semblait jeter un oeil sur le village avec curiosité. L'homme plutôt jeune qui l'accompagnait leva la main et lui montra du doigt le manoir des Jedusor sur la colline qui dominait le village. Les gens du pays remarquèrent que le garçon ressemblait beaucoup à Tom Jedusor, le fils de M. Arthur Jedusor, quand il était jeune.

James et Tom marchèrent jusqu'à la porte d'entrée du manoir des Jedusor. James tira sur le carillon de la porte. Il afficha un sourire rassurant vers Tom tandis qu'ils attendaient.

Au bout d'une minute, les portes s'ouvrirent . Un domestique passablement âgé se redressa sous l'arcade de la porte. « En quoi puis-je vous aider, messieurs ? »

James lui sourit, « Bonjour. Mon nom est James Evans. Pourrais-je parler à M. Tom Jedusor, s'il vous plaît? »

« Avez-vous un rendez-vous? » demanda l'homme d'une voix désintéressée.

« Non, j'ai bien peur de ne pas en avoir. »

« J'ai dans ce cas bien peur que M. Jedusor soit trop occupé pour rencontrer qui que ce soit aujourd'hui. Essayez, s'il vous plaît, de prendre un rendez-vous pour un autre jour. » Le domestique s'apprêtait à refermer la porte.

James tira Tom près de lui. « Dites à M. Jedusor que c'est au sujet de son fils biologique. »

Le vieil homme jeta un coup d'oeil sur Tom et se mit aussitôt à blanchir. « Juste un moment, monsieur. » La porte se referma mais ils purent tout de même clairement entendre les chaussures de l'homme claquer sur le sol tandis qu'il s'éloignait en courant. James et Tom échangèrent un léger sourire.

Cinq minutes plus tard, la porte s'ouvrit à nouveau. Un homme bien plus âgé encore apparut dans l'embrasure de la porte, vêtu d'un costume. Il beugla en direction de James, « Vous prétendez que ce petit morveux est mon petit-fils ? »

James garda un visage neutre. « Je ne prétends rien. Ce garçon s'appelle Tom Jedusor. Il est l'enfant de Merope Gaunt et de Tom Jedusor. »

« Monsieur » commença Tom. La lueur dans le regard du vieil homme se dirigea vers Tom.

« Monsieur, je ne veux rien réclamer de vous. Mon père me fournit toutes les choses dont j'ai besoin. Je veux juste savoir d'où je viens. » James se sentit fier de la maturité du commentaire de son fils.

Le visage du vieil homme tourna au violet. « Tout cela n'est que le fruit d'une machination dont a été victime mon pauvre fils. Ces Gaunt ne sont rien d'autre que des anormaux. Partez loin d'ici ! Ne revenez jamais ! »

La porte leur claqua aux visages.

James éloigna un Tom déprimé loin de l'entrée de l'immense maison. Il se demanda s'il était possible que les Dursley et les Jedusor soient des cousins éloignés.

Comme ils s'en allaient en traversant le jardin devant le manoir, une voix les arrêta. « Attendez, s'il vous plaît ? »

James et Tom se retournèrent. Une femme proche de la soixantaine sortit de derrière un buisson.

« Est-ce donc vrai que tu es le fils de mon Tom ? Tu lui ressembles tellement. Venez vous asseoir, je vous en prie. Mon mari ne peut pas nous voir de la maison. »

Tom et James suivirent la femme jusque dans un gazebo. Elle s'assit sur un des bancs et James et Tom firent de même en face d'elle.

« Comment t'appelles-tu, mon garçon ? »

« Tom Elvis Jedusor, madame »

Les yeux de la femme commencèrent à s'humidifier. « Je suis tellement désolé pour ce que mon mari a dit. Ce n'est pas ta faute. Mon Tom était un garçon très doux. En grandissant il a eu quelques ennuis mais il a beaucoup mûri. Il devait aller à Eton (2) lorsqu'il a disparu du jour au lendemain.

Tout ce qu'on avait trouvé, c'était un petit mot dans lequel il affirmait qu'il avait épousé Merope Gaunt. Sa fiancée, la fille de mon meilleur ami, en eut presque une attaque. On n'eut plus de ses nouvelles pendant plus d'un an. Et puis un jour, on le vit revenir avec une histoire bizarre au sujet de drogues l'ayant forcées à aimer la fille. Personne ne l'a jamais cru. Sa fiancée refusa ne serait-ce que de le revoir. Il est resté assis dans notre maison comme hanté par ses souvenirs depuis les onze dernières années. De beaucoup de façons mon fils ne nous est jamais vraiment revenu. »

Tom semblait se sentir coupable de cette histoire. Il jeta un regard vers James puis se leva et en quelques pas s'assit à côté de la femme. « Je suis désolé pour ce qui s'est produit. Ma mère était effrayée par son père et son frère et voulait partir le plus loin possible. Elle est morte quand je suis né. »

La grand-mère de Tom lui sourit et demanda, « C'est cet homme qui t'a élevé ? »

Tom hocha la tête, « Depuis que j'ai six ans. Avant cela, je vivais dans un orphelinat. Papa m'a sauvé de cet horrible endroit. Maintenant j'ai un père, une mère, un frère et une soeur. »

« Je suis heureux pour toi, mon garçon. Je suis désolée pour tout, mais je ne peux pas changer le passé. Vous ne pourrez pas revenir ici. Mon mari et mon fils ne pourraient pas l'accepter. »

Tom sembla dévasté par la nouvelle. James se décida à intervenir. « Madame, je ne me suis pas présenter, je suis James Evans. Je suis le père de Tom, maintenant. Je comprends ce que vous dites. Ça n'est pas de la faute de Tom ni de la votre, mais je le répète, je comprends.

Avant que nous ne partions, je voudrais vous donner ma carte. Je travaille avec une fondation qui pourrait aider votre fils. Peut-être qu'après cela votre fils se sentirait mieux. »

« Merci, M. Evans, mais nous avons essayé presque tous les types de spécialistes. Je doute que les vôtres puissent faire quoi que ce soit pour améliorer les choses. »

James insista doucement, « Peut-être, mais que risquez-vous ? »

Mme Jedusor fixa un moment la carte dans ses mains puis hocha la tête. Alors elle se tourna vers Tom et lui dit, « Je suis désolée pour ce que j'ai dû te dire aujourd'hui. Tu sembles être un garçon intelligent. Tu ressembles beaucoup à ton père lorsqu'il avait ton âge. Est-ce que tu serais disposé à faire une dernière chose pour moi avant que vous ne partiez ? »

Tom croisa le regard de James avant d'acquiescer.

La femme le regarda dans les yeux. « Pourrais-tu donner à ta grand-mère une dernière étreinte ? »

Tom enroula ses bras autour de sa grand-mère. James les observa tous les deux pleurer tout doucement. Un moment plus tard, la grand-mère de Tom lui chuchota.

« Je suis désolée. Je dois partir maintenant. Mon mari risque de s'apercevoir de mon absence. » Sans un mot, elle sortit du Gazebo.

James enroula son bras autour des épaules de Tom. « Nous pouvons nous asseoir ici jusqu'à ce que tu te sentes mieux. »

Tom inclina la tête et s'appuya au torse de son père. Ils ne prononcèrent pas un mot, observant un calme et doux silence au beau milieu du jardin des Jédusor.

James et Tom s'approchèrent d'une cabane à l'allure misérable éloignée du village. Elle se situait sur une colline boisée. Le paysage était pittoresque, si l'on exceptait la cabane elle-même. Celle-ci semblait encore plus délabrée que lorsqu'Harry l'avait vue pour la première fois dans le souvenir que le professeur Dumbledore lui avait montré au cours de sa sixième année. La Cabane Hurlante aurait fait figure de château en comparaison de cette épave .

Debout au beau milieu du chemin devant la porte de la cabane, Tom s'arrêta comme s'il n'arrivait pas à s'avancer davantage. Il jeta un coup d'oeil sur l'édifice puis leva les yeux vers son père, son visage marqué par l'incertitude.

« Je crois qu'en fait je n'ai plus envie de le faire. »

James jeta a son tour un oeil sur la cabane et se tourna vers Tom, « je ne te blâmerai pas. Rien ne t'oblige à le faire. »

A peine la bouche de James avait-elle fini de prononcer ces mots que la porte de la cabane s'ouvrit à la volée. Un homme sale et velu en émergea tout aussi brusquement. De face, l'homme ressemblait vaguement à un singe, en particulier ses épaules et son visage. (Pour ce que James pouvait en voir sous la saleté et les cheveux longs emmêlés.)

« Sortez d'ici bande de Moldus puants ! Foutus Sangs-de-bourbe ! Vous n'êtes même pas dignes d'être ici! »

James se tourna pour faire face à l'homme répugnant. « Fermez-la, Gaunt. Nous savons exactement qui vous êtes et ce que vous êtes. Pouvez-vous dire la même chose en ce qui nous concerne ? »

Morfin Gaunt observa James et Tom d'un air mauvais. Il cracha un sifflement de fourchelang. James sembla dégoûté par les commentaires que le Sang-pur fit. Tom, lui, était confus. Il ne connaissait pas la moitié de ces mots.

Dans la même langue, James lui répondit en sifflant d'un ton acerbe « Vous pouvez vous draper dans la gloire de votre ancêtre mais, regardez-vous, vous vivez dans la boue et la saleté comme ne l'oserait même pas un porc. Salazar serait-il vraiment aussi fier de ses descendants ? »

Morfin sembla choqué d'entendre quelqu'un d'autre parler le Fourchelang pour la première fois depuis que lui et son père avaient été condamnés à Azkaban.

Tom observa avec délectation l'expression désarçonnée s'afficher sur le visage de l'être plein de crasse qui venait de les insulter. Il ajouta aussitôt en fourchelang « Prenez au moins un bain de temps en temps ; On croirait que votre mère s'est croisée avec un babouin malade. »

James étouffa à moitié un petit rire en entendant le commentaire de Tom. Pour une Poufsouffle, Sarah savait parfois montrer de quelle trempe elle était faite. Son épouse pouvait utiliser sa langue comme une véritable arme de déstabilisation. Apparemment son influence déteignait peu à peu sur Tom.

James désigna Tom d'un geste de sa main et fit les présentations, en anglais cette fois-ci « Permettez moi de vous présenter le fils de votre soeur. Tom Elvis Jedusor. »

Morfin ricana dans sa direction, « Ainsi tu es le petit morveux de cette Cracmol sans valeur. Elle n'a décidément jamais rien su faire de bien dans sa vie. A dire vrai, elle n'a jamais été d'une quelconque utilité. Une bonne chose qu'elle soit morte. »

Un air froid et glacial apparut soudainement sur le visage de Tom. C'était un visage que James n'avait jamais vu avant, mais qu'Harry ne connaissait que trop bien. C'était le même regard de pure haine qu'Harry avait dû affronter chaque fois qu'il avait fait face à un Voldemort en colère. Pour la première fois en quatre ans, James sentit sa cicatrice lui faire vraiment mal.

«Ne reparlez plus jamais de ma mère. Votre famille finira ici avec vous. La disparition des Gaunt passera inaperçu et pas un seul sorcier ne s'en souviendra. Je pense que c'est ce que ma mère aurait voulu. » Se tournant vers James, Tom demanda, « Pouvons-nous rentrer à la maison maintenant, papa ? Je n'ai aucune famille ici. »

James lui adressa un sourire empli de fierté au fur et à mesure qu'il sentit Tom s'éloigner d'une ligne invisible que le Tom adolescent de 16 ans avait allègrement franchi. La catastrophe avait été évitée de justesse. Si Tom avait connu les sortilèges nécessaires, serait-il parvenu à se contenir ou aurait-il céder à ses pulsions ? James se sentait fier mais inquiet à la fois. Les nuages noires qui avaient mené à Voldemort semblaient toujours menaçant à l'intérieur de son fils. Sa nouvelle famille allait-elle suffire pour aider Tom à supprimer ces noirceurs ?

James serra les épaules de son fils contre lui. « Je suis fier de toi, Tom. Rentrons à la maison. »

Pendant qu'ils s'éloignaient de la piteuse cabane et de son occupant, Tom demanda à son père, « Est-ce que je peux cesser d'être Tom Jedusor ? »

« Et comment voudrais tu t'appeler ? »

« Tom Evans. Ça sonne plutôt bien. »

James s'arrêta pour étreindre son fils

. « Je pense que ça sonne même très bien. »

31 Juillet 1938

« JOYEUX ANNIVERSAIRE, JAMES ! »

James sursauta et, en se retournant, fit un semi-plongeon en avant tout en empoignant tout aussi rapidement sa baguette magique. Seul l'identification in extremis de la source du vacarme l'ayant surpris l'empêcha de lancer les sorts qui lui étaient immédiatement venus à l'esprit.

En début d'après midi, James avait reçu à son bureau un hibou lui demandant de s'arrêter chez les Potter à son retour du travail. À l'heure prévue, un James fatigué était apparu dans la cheminée du manoir des Potter quelques secondes avant que le vacarme de l' acclamation de bienvenue ne le surprenne.

Se relevant de sa roulade au sol, James identifia Sarah et ses enfants dans la petite foule. Thomas et Elizabeth Potter, les professeurs Dippet et Dumbledore ainsi qu'un certain nombre d'autres personnes que James avait rencontré au cours de ses vies personnelle et professionnelle, notamment par la Fondation du Phénix, s'étaient réuni ici. (James ne vit nul part les visages familiers de ses collègues Langues-de-Plomb mais cela ne voulait pas dire qu'ils n'étaient pas là, quelque part.)

James rougit quelque peu pendant que la foule rassemblée riait de ses singeries. Peu d'entre eux venaient de réaliser les conséquences magiques possibles lorsque l'on effrayait James. Celui-ci rangea sa baguette magique avec un sourire timide.

Elizabeth Potter s'avança pour féliciter James d'une étreinte chaleureuse. Elle tenait sa filleule de son autre bras. « James Evans, je jurerais que vous n'avez pas pris une ride ! Il va falloir que vous me donniez votre secret. Joyeux anniversaire, mon cher. »

James accepta l'embrassade de sa grand-mère (même si celle-ci ignorait l'être). « Merci, Elizabeth. Désolé pour mon entrée. L'entraînement, j'imagine. »

« Oh mais nous nous sommes bien amusés en vous observant plonger comme un acrobate Moldu. N'est-ce pas ma chérie ? » Elizabeth venait de s'adresser à la petite Katie Evans, qui babilla joyeusement en guise de réponse.

James s'amusait de cette relation pleine d'affection. Thomas et Elizabeth Potter étaient en fait les propres grands-parents de Katie et de Michael. Étant donné que James ne pouvait pas dévoiler cette relation au grand jour, Sarah avait suggéré de faire également d'eux les parrains de leurs enfants. Cela avait permis à James de s'assurer que ses grands-parents seraient présents dans la vie de ses enfants. James prenait la chose avec ironie. Il savait que sa grand-mère ne lui aurait sûrement pas donné le choix de toute façon vu l'enthousiasme avec lequel elle prenait part à la vie des jumeaux et de Tom.

Elizabeth Potter adressa un sourire au jeune homme puis s'écarta pour permettre à James de saluer le reste des invités. Il lui rappelait tellement son Thomas lorsqu'il avait son âge. Les Evans étaient une famille tellement agréable et si sympathique. Cela remplissait comme un trou dans son coeur de les avoir près d'elle. Elle et Thomas avaient essayé pendant des années d'avoir un enfant. Ni les méthodes magiques ni celles Moldues n'avaient fonctionné. Si elle devait avoir un fils, son souhait serait qu'il soit exactement comme James. Quelque chose en lui égayait son coeur. En plus, elle adorait les trois enfants et leur mère.

Ignorant les pensées de sa grand-mère, James se tourna pour aller voir le reste de sa famille et de ses amis. James étreignit son épouse et ses enfants. Ensuite, il échangea quelques poignées de main avec Thomas Potter et Albus Dumbledore. Avant qu'ils n'aient réellement dit quoi que ce soit, une voix interrompit James.

« Avez-vous vraiment besoin de traiter mes Aurors aussi mal, James ? »

James se tourna dans la direction de la voix avec un sourire innocent sur le visage. « Directeur Franklin ! Quelle agréable surprise. Je suis désolé ; Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. »

Le chef des Aurors du Ministère britannique de la Magie renifla bruyamment en entendant la déclaration d'innocence. « Vous avez rempli la moitié des lits de l'infirmerie lors de votre dernière démonstration. »

James lui fournit un autre sourire innocent. « Exactement, Stan ! Je n'ai pas été si méchant que ça. Je n'ai pas rempli l'autre moitié. »

Stan Franklin se joignit à Thomas et à Albus en riant des 'protestations' d'innocence de James. En tant que directeur du Département de la Justice Magique, Stan était au courant du statut de Langue-de-Plomb de James. Seul le directeur connaissait l'identité de tous les Langues-de-Plomb au cas où l'un d'entre eux serait arrêté dans l'exercice de ses fonctions.

« Maugrey pense que vous le visez à crier 'VIGILANCE CONSTANTE !' et à l'appeler Fol-Œil. D'où lui vient ce surnom ? » La question ne contenait que de la simple curiosité, rien d'autre.

James souriait. « Je pense qu'Alastor fera un excellent Auror. J'aime juste la manière qu'il a de me regarder avec cette lueur dans l'oeil ) chaque fois que je l'appelle ainsi. Elle me rappelle quelqu'un que je connaissais bien et qui avait l'habitude de faire exactement la même chose. »

« Le reste des Aurors l'appellent Fol-Œil maintenant. Il est trop facile de le taquiner avec cela pour qu'ils puissent résister. »

James se joignit aux éclats de rire tout en pensant que si tout allait bien il ne recevrait jamais l'oeil magique qui lui avait vraiment valu ce surnom.

La fête se poursuivit tout autour de la table de la salle à manger durant l'heure suivante. James apprécia le rassemblement de ses amis de cette époque. Il ne se sentait pas aussi proche d'eux que de ses amis de l'époque d'Harry, mais ils n'avaient également jamais eu à affronter toutes les épreuves qu'Harry et ses amis d'école avaient dû surmonter. A nouveau, la présence de son épouse et des enfants firent de cette soirée l'une des plus heureuses de sa vie.

La fête se finissait déjà lorsque James amena Tom dans le bureau de Thomas Potter. La salle était restée inchangée depuis la dernière visite de James. Il conduisit son fils jusqu'au grand tableau des deux fondateurs masculins.

Avant même que James n'ait pu prononcer le moindre mot, le portrait de Salazar Serpentard les accueillit dans un sifflement, « Salutations mon descendant. »

Tom inclina la tête en hésitant en direction du tableau, « Bonjour. Mon père a voulu que je vienne vous voir. »

Serpentard ricana dans la direction de James mais les mots qu'il prononça s'adressèrent a Tom, « Ce traître à son sang n'est pas votre père. Il est de sa lignée. » Le fondateur désigna d'un mouvement de tête son compagnon dans la peinture mouvante. « Votre père était un de ces Moldus répugnants. Votre mère a ruiné la pureté de ma lignée. »

Pour la deuxième fois en six semaines, James vit une expression de haine sur le visage de son fils. « Ne parlez pas de mon père de cette manière. Il m'a sauvé et m'a donné une famille. Ma mère biologique m'a donné la vie. Vous vous n'êtes rien si ce n'est de l'encre sur une toile avec une goutte de magie. Une mémoire. » Alors il se détourna du fondateur pour s'en aller.

« Attendez, » demanda la voix de Godric Gryffondor. « nous sommes désolés d'avoir dû vous dire cela mais nous avions besoin de savoir. »

Le garçon se retourna. « Savoir quoi ? »

« Si vous êtes vraiment l'élu. » Gryffondor désigna James. « Nous avions déjà eu connaissance de son existence, mais nous devions nous assurer de la vôtre. Harry descend de ma lignée mais a les capacités d'un excellent membre de la maison de Serpentard. »

« Vous, mon héritier, avez tous les traits de notre maison mais également ceux d'un membre de celle de Gryffondor. Tous les deux pouvez correspondre à une partie de la prophétie, » ajouta Salazar. « Laissez-moi vous raconter une histoire. »

Pendant les trente minutes qui suivirent, Salazar et Godric racontèrent l'histoire de la dissolution de l'équipe des fondateurs de Poudlard. L'histoire que l'on pouvait consulter dans L'Histoire de Poudlard était vraie, selon les portraits, mais incomplète. Environ dix ans après la fondation de l'école, Salazar Serpentard enseignait les potions et l'arithmancie. Alors qu'il s'occupait de recherches sur un sortilèges pour combattre les Détraqueurs, un accident se produisit lorsqu' un jeune magicien lui joua une farce.

La farce tourna mal et provoqua une très violente explosion, telle que les énergies magiques instables se répandirent dans le laboratoire. Bien que sévèrement blessé dans l'explosion, Serpentard semblait s'en être tiré sans séquelle.

Lors de sa sortie de l'hôpital, le jeune magicien essaya de faire des excuses au Fondateur. Le professeur les rejeta violemment et accusa le jeune garçon de sabotage délibéré. Le garçon en fut dévasté. Les Fondateurs étaient d'ores et déjà vénérés et le rejet par l'un deux était particulièrement dur.

Au cours des mois suivants, Serpentard commença à lui attribuer la culpabilité de divers évènements et à rejeter systématiquement de nombreux problèmes sur le jeune magicien. Puisque celui-ci était fils de Moldus, Serpentard transféra son soupçon sur tous les autres sorciers d'origine Moldue après qu'il ait finalement reçu son diplôme. Sa paranoïa se transforma en folie. Durant un certain temps les autres Fondateurs se contentèrent juste d' observer avec inquiétude leur vieil ami devenir de plus en plus incontrôlable. Ils cherchèrent un moyen d'inverser les changements provoqués par l'accident magique, mais en vain.

La folie de Serpentard commença à influencer certains membres de sa maison. Certaines des familles de Sang-pur les plus ambitieuses sur le plan politique se joignirent à sa cause. Ils leur étaient beaucoup plus facile d'accéder au pouvoir sur des foules apeurées. En outre, réserver aux Sang-pur les postes les plus élevés permettait de créer un système élitiste qui maintiendrait le pouvoir entre leurs mains.

Les trois autres Fondateurs virent ses motivations et sa magie se plonger de plus en plus dans les forces du mal et ils se décidèrent finalement à s'opposer à leur camarade. La confrontation verbale vira en une véritable bataille au beau milieu du Grand Hall tard dans la nuit. Godric Gryffondor avait appris que son vieux compagnon avait attaqué des villages celtes et saxons et leur détermination ne s'en retrouva que plus renforcée. Le combat qui s'ensuivit détruisit presque entièrement le grand Hall. Incapable de s'opposer à la magie combinée des trois autres Fondateurs, Serpentard se sauva avec plusieurs de ses fidèles.

Pendant les cinq années suivantes, les forces de Serpentard attaquèrent un certain nombre de villages de Moldus. Ces incursions furent cependant attribuées à des tribus du Nord de l'Ecosse. Ils pourchassèrent également les sorciers et sorcières nés de Moldus jusqu'en Grande-Bretagne et en France. Le chaos provoqué par l'invasion normande Moldue de la Grande-Bretagne permit au Conseil de la Magie de camoufler la guerre des sorciers.

Enfin, les forces du Seigneur des Ténèbres Serpentard attaquèrent Poudlard elle-même. Salazar perdit la vie au cours de la bataille mais cela ne fut pas sans effort. Helga Poufsouffle ainsi que plus d'un quart des étudiants de Poudlard et la moitié du personnel trouvèrent la mort dans cette bataille. Dévastés par les combats, les Fondateurs survivants aidèrent à la reconstruction de l'école avant de la quitter pour toujours.

Après avoir quitté l'école, Serpentard avait épousé une jeune sorcière de sang-pur avec laquelle il avait eu une fille. Elle se maria bien plus tard avec l'une des plus influentes des familles de sang-pur, les Gaunt. Leurs descendants prirent la consanguinité comme base pour le maintien de la 'pureté' de la lignée de Serpentard. Ces actes eurent non seulement pour conséquences les dommages néfastes naturellement engendrés par les relations intra-familiales, mais ils renforcèrent également la folie magique qui coulait dans leurs veines.

« Tom » l'interpella Salazar, « Vous êtes un sang-mêlé et, par conséquent, il réside en vous la force de ma lignée mais aussi l'espérance que votre sang moldu vous permettra de briser le cycle de cette malédiction sur notre famille. »

James prit la parole. « Les Potter descendent de Godric Gryffondor ? Je n'ai jamais entendu parler de cela. »

« Techniquement, vous n'êtes pas en ligne directe. À la différence de celle de Serpentard, ma famille s'est considérablement étendue ces derniers millénaires, » expliqua Godric. « Cependant votre lignée de la famille est exceptionnellement importante. Voyez-vous, après notre départ de Poudlard, Rowena et moi nous sommes réfugiés dans un village de mon Pays de Gales natal. Mon épouse était morte pendant la bataille finale. Le mari de Rowena était quant à lui décédé d'un accident plusieurs années auparavant.

Dans la douleur de tout ce que nous avions perdus, nous nous sommes rapprochés. Nous y avons trouvé une certaine consolation et une compréhension mutuelle. Nous avons pris le nom de Potter et nous sommes éloignés de notre vie passée en tant que couple d' inconnus. Mon fils renomma le village Godric's Hollow après ma mort. »

Là, James était abasourdi. Il descendait de deux des Fondateurs ? « Pourquoi n'ai-je jamais entendu cette histoire ? »

« Seul le chef de famille des Potter connaissait le secret. Il ne fut jamais révélé ni notifié d'une quelconque façon. Votre grand-père connaît la vérité. Je ne peux que deviner que l'histoire est sans doute morte avec lui ou avec votre père » répondit Godric.

La discussion fut brutalement coupée lorsque les portes du bureau s'ouvrirent soudainement à la volée. Thomas Potter entra dans la salle avec une expression de profonde colère sur le visage. Albus Dumbledore se trouvait derrière lui dans le hall.

« Que faites-vous dans cette pièce ? Comment avez-vous ouvert la porte ? » le questionna le vieil homme.

James fut choqué par l'expression de son grand-père. « Veuillez m'excuser si j'ai violé votre intimité. Mon fils et moi devions parler pendant un moment. »

« Comment êtes-vous entré ? » exigea de nouveau Thomas Potter.

Confus, James répondit, « La porte n'était pas verrouillée. Nous avons simplement ouvert la porte et sommes entrés. »

« Mensonge ! Cette porte est toujours verrouillée! »

Tom essaya de calmer la situation. « J'ai vu mon père ouvrir cette porte sous mes yeux, monsieur. Il n'a utilisé aucune magie. »

« Cette porte est ensorcelée de telle manière que seul un Potter puisse l'ouvrir. Même Albus ne le peut. Je sais qu'il a essayé auparavant suite à un de nos paris. Dites-moi alors, comment avez-vous pu l'ouvrir ? »

James grimaça. Il se tourna vers son fils. « Tom, pourrais-tu retourner avec le professeur Dumbledore dans la salle de fête. Je pense que je dois parler seul à seul avec M. Potter. »

Tom hocha la tête et sortit de la salle avec un air soulagé sur le visage. Avant que Dumbledore n'ait eu le temps d'objecter, Tom ferma la porte derrière lui.

James observa son grand-père. « J'aurai besoin de votre serment magique que vous ne révélerez pas ce que je vais vous dire sans ma permission. »

« S'agit-il de quelque chose d'illégal ou de contraire à l'éthique ? »

« Hum, bonne question. J'imagine que le Ministère répondrait oui. Cependant, je dirais que, pour le plus grand bien, la réponse est non. Je suis prêt à faire le serment que je ne vous dirai rien d'autre que la vérité. Je ne vous révélerai pas toute l'histoire mais tout sera vrai. » répondit James.

Thomas hocha la tête en signe d' accord et attendit tandis que James accomplissait son serment. Alors Thomas fit la même chose. Lorsque cela fut fait il exigea, « Parlez maintenant. »

James s'assit. « Mon nom de naissance est Harry James Potter. Je viens d'un futur dans lequel une immense et sanglante guerre de sorcier a dévasté les communautés magiques de Grande-Bretagne et d'Europe. Des centaines de personnes magiques et Moldues ont été tuées. Le Ministère est tombé , tout comme Poudlard. Je suis venu ici pour l'empêcher. »

Thomas pâlit au fur et à mesure des paroles de James. « Grindelwald va gagner ? » Le vieux magicien s'effondra presque dans un fauteuil.

« Non, il s'agit d' un autre Seigneur des Ténèbres. Grindelwald ressemblerait à un deuxième année en comparaison. » répondit James. « Nous gagnerons, mais à un coût bien trop élevé. »

« Dans combien de temps dans le futur ? Et pourquoi vous envoyez, vous ? » demanda Thomas.

« Je ne peux pas vous révéler trop d'informations sur le futur. J'ai déjà changé trop de choses. Je n'avais pas projeté d'avoir une famille ici. Cela s'est juste produit. J'étais censé faire mon travail et puis faire profil bas. Ne pas avoir de famille et ne pas m'impliquer dans les affaires courantes. » Alors James gesticula, « Pourquoi m'ont-ils envoyé moi ? J'étais le seul en vie à envoyer. »

Thomas reposa son regard choqué sur James. « Je dois savoir. Êtes-vous mon fils? »

James lui fit un petit sourire. « Non, je ne le suis pas. Je ne vous avais jamais rencontré avant que je n'arrive ici. Mais mon père l'était »

Thomas s'arrêta presque de respirer, son esprit en pleine ébullition tandis qu'il considérait les nombreuses implications de la chose. « Vous êtes mon petit-fils ? Mais alorsn, Katie et Michael sont des Potter également ! Et je vais être père! » James éclata de rire lorsque son grand-père se mit à danser de joie dans la pièce.

James leva la paume de sa main pour obtenir son attention. « Peut-être. J'ai déjà changé l'histoire. J'essaie de limiter ces changements mais elle s'est sûrement déjà éloignée de mon contrôle et il m'est impossible de prévoir en quels termes. Ne pensez pas que tout ceci signifie que vous êtes assuré de survivre à la guerre actuelle.

La philosophie magique n'a jamais été ma spécialité. Évidemment, l'histoire a changé et peut encore changer. (Merlin, dire tout cela me donne toujours mal au crâne !) Je ne sais pas si c'est toujours la même chronologie qui a changé ou s'il s'agit maintenant d'une autre alternative. Vous pourriez ne pas avoir de fils cette fois-ci. »

« Comptez-vous retourner à votre époque ? »

James sentit la tristesse l'envahir à cette question. « Je le voulais. Mais je ne peux pas laisser Sarah et les enfants et je n'en ai pas la moindre envie. J'essaie de trouver une manière de l'éviter. »

Thomas s'assit à côté de James. « vous êtes un homme bon, Harry. Vous me rendez fier du nom de Potter. »


(1) Ici, Tom répond qu'il serait 'idiot' de manquer le déjeuner, mais dans la version originale il dit en anglais 'silly' qui se prononce de la même manière que le nom de l'elfe : Cilly ... ( je ne suis pas responsable des calembours de l'auteur;) D'habitude je traduit les jeux de mot en traficotant mais la il aurait fallut que je change le nom de l'elfe et je trouvais ça dommage et pas pratique pour la suite.

(2) Le collège d' Eton: Fleuron des écoles privées anglaises, il a été fondée en 1440 par Henry VI! Environ 39000 euros l'année scolaire et un uniforme en queue de pie très célèbre comme symbole de l'élite: Si ça vous tente... :) Bref cela souligne bien que les Jedusor appartiennent a la haute société anglaise.

Au passage j'arrête de précisez les ' en français dans le texte', je me contente désormais de les mettre en italique suivit d'un ° ( sauf si j'oublie).

Nda (I) : James a révéler a Tom une version modifiée de l'histoire de la mort de James et de Lily dans le chapitre 6. Je sais également que c'est une assez grande différence vis a vis des événements que Dumbledore montre à Harry dans le prince de sang mélé. En pratique ils sont identiques, mais j'ai fait James les rendre beaucoup plus 'doux'. Un Tom Jedusor seul et en colère à 16 ans aurait évidemment été très différent de ce Tom de onze ans.

Dans le prochain chapitre : les débuts de Tom Evans à Poudlard !

Ndt: Étant donner que le dernier tome est sortit et que cette histoire a un certain âge, de nombreux éléments racontés s'avèrent faux et de nombreux autres correspondent avec l'histoire de J K Rowlings. C'est assez amusant d'ailleurs ; Maintenant il vous suffit juste de considérez cette histoire comme une fiction plus ou moins détachée de l'univers des livres.

Escusez moi pour le retard. Je suis Vraiment désolé. (patapé patapé ) Pour me faire un peu pardonner allez donc voir dans mon profil il y a une nouvelle traduction pour vous. ;)

Prochain chapitre: Départ pour Poudlard.