Chapitre 13 - Vents de guerre
1er juin 1939
« Albus, Thomas, je suis heureux que vous ayez pu nous rejoindre. » salua James aux nouveaux arrivants. James était assis autour de la table de sa cuisine avec un membre du Département des Recherches du DdM et son épouse.
Dumbledore sourit, « Les étudiants viennent seulement de partir et je trouve déjà les couloirs du château bien trop silencieux à mon goût. C'est avec joie que je viens vous voir. »
« J'ai cru comprendre que Tom ne vous a pas quitté en silence ce matin, » fit remarquer Sarah avec une pointe de malice.
« Il a fait une excellente remarque, » précisa Albus. « Très bien détaillée. Devoir d'abord aller à pied à la gare de Pré-Au-Lard pour prendre le train pour Londres et ensuite utiliser la Cheminette pour revenir à sa Maison à Pré-Au-Lard. Comment l'avez-vous su, ma chère amie ? »
« Les jumeaux et moi avons rencontré par hasard les élèves sur leur chemin vers la gare. J'ai donné à Tom un petit sac de pique-nique pour le train et j'ai pris son sac d'école. Il s'en est presque plaint, » répondit la jeune femme aux cheveux blonds.
James regarda son épouse d'un air sévère. « Tu as embarrassé Tom devant ses amis ? »
Sarah lui mit une petite claque derrière la tête. « Dixit l'homme qui a transformé Tom en louveteau et envoyé des biscuits qui ont changé en bleu les cheveux de tous les premières années de Serpentard ! »
Le reste du groupe réuni autour de la table éclata de rire tandis que James répondait par un sourire de pure innocence au sermon de son épouse. Il lui prit la main avant de l'embrasser. Puis, sa main toujours serrée dans la sienne, il se tourna de nouveau vers ses invités.
« Merci à chacun de vous d'être venu aujourd'hui, » dit James d'un air sérieux. « Vous êtes tous au courant de la manière dont je suis venu à cette époque. Quand je suis arrivé, je n'avais pas la moindre intention de rester. Mon plan était d'accomplir ma mission et de passer le reste de mon temps dans l'ombre jusqu'à ce que je sois ramené chez moi. » James jeta un regard vers le visage de Sarah. « J'ai déjà trouvé ici la maison que je recherchais. J'ai besoin de votre aide pour me dissocier du Retourneur de Temps de manière à ce que je puisse rester à cette époque. »
La Langue-de-Plomb parla la première. « M. Able m'a donné l'ordre de vous assister dans cet objectif. Appelez-moi Kay. Je ne pense pas savoir exactement pourquoi le Département des Mystères est impliqué, mais vous pouvez compter sur mon aide. Ceci étant dit, je comprends pourquoi vous avez demandé au professeur Dumbledore de nous rejoindre, mais je ne peux pas en dire autant au sujet de la participation de M. Potter. »
« Les personnes participants à ces recherches sont limitées à celles présentes dans cette pièce, Kay. M. Able est également le seul à être au courant de cette discussion. Vous me suivez ? » demanda James .
La Langue-de-Plomb s'apprêtait à objecter lorsqu'elle repéra la position de la main libre de James sur la table. La position dans laquelle se trouvait sa main et ses doigts semblait parfaitement normale. Néanmoins, elle reconnut celle-ci comme étant un signal d'identification propre au DdM. Kay comprit rapidement la situation. Elle hocha légèrement la tête, acceptant les deux réponses de James.
« Je n'entrerai pas dans les détails aujourd'hui, Kay. Je dirais juste que Thomas et son épouse sont ceux qui se rapprochent le plus d'une famille pour moi à cette époque mis à part ma propre épouse et mes enfants. Thomas a été la première personne à laquelle j'ai dévoilé mon identité. Il m'a encouragé à en discuter avec Albus. Je l'ai mis au secret l'automne dernier. »
« Je vous ai réunis aujourd'hui pour vous fournir quelques détails sur la façon dont je suis venu ici. Je n'aborderai pas les raisons qui m'ont fait venir. Personne ici n'a besoin de le savoir. » James commença alors à expliquer tout ce qu'il savait sur le Retourneur de Temps et sa période de recharge d'environ 10 à 12 années. Il conclut son explication par, « Je suis arrivé ici en Juin 1934. Cela me laisse au moins cinq ans pour découvrir un moyen d'empêcher le processus de retour. »
« La personne qui vous a envoyé a dit que le Retourneur de Temps en lui-même n'existerait seulement que sous forme astrale le temps qu'il se recharge ? » demanda Kay.
« Oui, c'est ce qui m'a été dit. Je ne l'ai pas revu depuis qu'il a été activé donc je ne peux que supposer qu'il s'agit bel et bien de la vérité. » James avait simplement décidé de ne pas mentionner qui l'avait envoyé.
Kay sembla tracassée. « Pour le recharger et le maintenir sous forme astrale, il doit l'avoir attaché à votre noyau magique. Votre propre magie est sa source de recharge. Est-ce que vous vous sentez magiquement plus faible ? »
« Mes quelques premiers jours ont été difficiles, » répondit James. « Je n'ai pas eu de problème depuis. »
« James est le plus puissant magicien que j'ai jamais rencontré, » commenta Sarah. « Il utilise instinctivement la magie sans effort là où la plupart d'entre nous en ont besoin. Il me rappelle Albus lorsque j'étais à l'école. »
La Langue-de-Plomb jeta sur James un nouveau regard calculateur.
« Pouvons-nous casser le lien entre le noyau de James et le Retourneur de Temps ? » demanda Thomas.
Albus se frotta la tête d'un air pensif. « Je n'en suis pas sûr. Plusieurs problèmes pourraient survenir si nous tentions de perturber le lien. » Il pensa un plus long moment. « Mais nous devrions essayer. Je commencerai à chercher cet été dans la bibliothèque de Poudlard. Le professeur Dippet peut également avoir quelques informations supplémentaires quelque part dans la Bibliothèque du Directeur. »
« La Bibliothèque du Directeur ? » demanda Sarah.
« Chaque Directeur et la plupart des professeurs ayant officié durant un très grand nombre d'années lèguent traditionnellement leurs collections les plus rares à l'école. Seuls ces volumes bien trop sensibles même pour la Section Interdite sont gardés dans la Bibliothèque du Directeur, dans une pièce adjacente au bureau du Directeur. Seul le Directeur et le Directeur-Adjoint peuvent y entrer sans y avoir été invités. »
' Bon sang ! ' pensa Harry en inspirant bruyamment, Pas étonnant qu'Hermione n'en ai jamais entendu parler. Ce n'est sûrement pas marqué dans L'Histoire de Poudlard. La Langue-de-Plomb semblait aussi surprise que lui. Son regard croisant la lueur dans le sien, James trouva qu'elle avait l'air presque aussi curieuse que ne l'aurait été Hermione. Ça devait être une Serdaigle. '
Le bruit des jumeaux, maintenant âgés de deux ans, se réveillant de leur sommeil mit officieusement fin à la réunion. Kay s'éclipsa la première, assurant James qu'elle chercherait dans les archives du DdM des informations sur le développement des Retourneurs de Temps et sur leur utilisation. A son tour, Albus prit le chemin de l'école après avoir promis à James et à Thomas de les revoir lors de leur visite hebdomadaire aux Trois-Balais.
Thomas demanda à rester pour voir ses arrière-petits-fils. « Cela fait bizarre de voir mes arrière-petits-fils avant même que mon fils ne soit né. »
James hocha la tête, « J'espère seulement que je n'ai pas trop changé l'histoire. Sera-t-il le même homme que dans mon passé ? Est-ce qu'il épousera tout de même maman et m'aura ? Ça me donne un mal de tête rien que d'y penser. »
Sarah entra dans la cuisine tandis que ses enfants riaient nerveusement tout en flottant derrière elle. Ils avaient l'air de s'amuser comme des petit fous. James et Thomas sourirent malicieusement. A voir les réactions des enfants, il semblait bien que la passion des Potter pour le vol avait de beaux jours devant elle !
5 juillet 1939
Tom prit de la vitesse avec son balai pour s'élancer dans une course effrénée jusqu'aux anneaux de but, un Souaffle sous son bras. Ed Nott se déplaça à l'intérieur pour le bloquer. Tom fit semblant de se diriger vers celui du haut et jeta la boule vers la partie supérieure gauche de l'anneau. La grosse boule frappa le pourtour du cercle et rebondit à l'intérieur.
« But ! » hurla Tom.
« Un coup de chance ! » répondit Nott.
« Ce sont les points qui comptent ! » répliqua Tom.
C'était la quatrième semaine des vacances d'été. Tom et Nott avaient décidé de travailler leurs compétences en Quidditch. Tom voulait jouer comme Poursuiveur dans l'équipe de Serpentard. L'un d'eux avait quitté l'école cette année. Les deux autres allaient être en septième années à la rentrée. Il allait avoir de bonnes chances d'obtenir l'un des postes vacants au cours des deux années à venir. Nott voulait jouer en tant que Gardien de but. Le Gardien actuel était un nouveau Sixième-année. Nott, dans le plus pur style d'un Serpentard, avait sympathisé avec le garçon dans l'objectif de devenir son héritier avant l'heure. Smithers savait pourquoi Nott le courtisait et semblait plus impressionné qu'offensé par le jeune le Serpentard.
La maison de Tom à Pré-Au-Lard était devenue le siège (QG) officieux des nouveaux Deuxième-années de Serpentard. Situé en bordure du village, les étudiants prenaient plaisir à contourner le village et à voler sur leurs balais. Puisque l'endroit était le seul village purement magique de Grande-Bretagne, ils étaient libres d'utiliser des objets magiques ou de parler de la magie partout où ils le voulaient.
Tom, Mary et Edouard appréciaient particulièrement la possibilité d'utiliser la salle de duel de la maison des Evans. Les barrières de celle-ci empêchaient le Ministère de détecter l'utilisation de la magie par des mineurs. Edouard déclarait que les automates de duel étaient beaucoup plus rapides et agiles que ceux du manoir des Nott. James les rejoignait de temps en temps pour leur enseigner des techniques de duel de base et certaines des feintes et des sortilèges de combat en duel les plus intéressants.
Xurana et Mary passèrent une bonne partie de l'été à soupirer au passage de James. Tom trouvait ça ennuyeux. Sa mère éclatait de rire jusqu'à en avoir les larmes aux yeux quand il s'en plaignit devant elle.
« Es-tu jaloux, Tom ? » demanda-t-elle.
Le visage de Tom prit un air écœuré. « Non ! C'est juste… bizarre. Elles ont habituellement l'air si distinguées. Là, c'est comme si leur cerveau s'était envolé. Elles ont ce regard hébété sur leur visage chaque fois que papa les croise . »
À la surprise de Tom, sa réponse ranima les éclats de rire de sa mère en les intensifiant. Lorsque Sarah put à nouveau parler de manière intelligible, elle étreignit un Tom incrédule et dit, « Je pense que tu comprendras bien assez tôt. » Puis elle se remit à rire nerveusement.
Tom s'en alla en fronçant les sourcils et en maugréant.
Après un certain temps passé sur le terrain, les garçons s'installèrent sous un arbre ombrageux pour se reposer. Tandis qu'il essayait de s'installer confortablement, Tom vit que son seul véritable ami à Poudlard avait l'air préoccupé.
« Qu'est-ce qu'il y a, Nott ? »
Le garçon aux cheveux noirs grimaça « Tom, d'où est-ce que toi et ta famille venez ? »
Tom cligna des yeux. Ce n'était pas une question qu'il avait prévue. « Je suis orphelin. J'ai habité à Londres jusqu'à mes six ans. »
Nott le pressa encore. « D'où vient ton père ? »
« Pourquoi ces questions au sujet de papa ? »
Nott baissa les yeux et étudia du regard un brin d'herbe dans sa main. « J'ai entendu mon père et certains de ses amis parler la nuit dernière. Ils ont parlé de ton père. »
« En mal ? » demanda Tom.
Nott s'agita, « Ils semblaient en colère au sujet de quelque chose en rapport avec sa Fondation. J'ai entendu l'un d'eux suggérer qu'il pouvait avoir été envoyé ici par Grindelwald en tant qu'agent. »
Tom ricana. « Je sais que ce n'est pas vrai. Crois-moi, Papa hait la magie noire. Il a longtemps combattu un autre seigneur noir avant de venir s'installer ici. »
Nott s'agita à nouveau, sans relever les yeux, « Mmm, mon père m'a dit de prêter attention à tout ce que je pourrais apprendre ici et à lui rapporter ce que j'aurais trouvé. »
Tom jeta un regard curieux sur son ami. « Pourquoi est-ce que tu me dis ça ? »
« Pour plusieurs raisons, j'imagine. Tu es le premier vrai ami que j'ai jamais eu. Je n'ai grandi qu'avec les amis ' acceptables ' de mon père, comme Dolohov. Mais il y a quelque chose au sujet de toi et de ton père. C'est comme si tous les deux vous connaissiez un secret que personne d'autre ne connaît. Et je pense que tu as le potentiel pour devenir le plus grand sorcier de notre génération. »
Repensant aux actions de l'autre Tom Jedusor dans la chronologie originelle de son père, Tom remua les épaules inconfortablement.
« Je ne lui ai pas dit que vous êtes tous les deux Fourchelangs, » ajouta Nott.
« Pourquoi ? »
Maintenant ce fut au tour de l'autre garçon de gesticuler d'un air embarrassé. « Ça n'a pas l'air d'avoir quoi que ce soit à voir avec ses affaires. » Nott fit une pause et regarda son ami. « J'ai fait quelques recherches l'année dernière. Tu es l'un des six Fourchelangs connus depuis Serpentard lui-même. Ton père fait également partie de ces six. Un tiers de tous les sorciers ayant eu la faculté de parler aux serpents depuis l'époque des Fondateurs vivent dans cette maison. Il se passe quelque chose d'important ici. »
Tom se sentit un peu nerveux suite aux observations de Nott. Il décida de lui faire partager une partie de la vérité. « Il y en a plus. Tous ceux de ma famille biologique avaient ce talent. Ils n'avaient jamais rendu ça public. »
Les yeux de Nott s'écarquillèrent. Une famille de Fourchelangs ? « Sont-ils encore vivants ? »
« Non, enfin, j'avais un oncle, mais il est mort dans une prison Moldue, » répondit Tom.
Tom repensa à son père lorsqu'il lui avait appris la nouvelle. Peu de temps après que James et Tom ait rendu visite aux maisons des Gaunt et des Jedusor, Morfin Gaunt avait décidé de rendre une petite visite aux Jedusor. L'instable sorcier s'était déjà saoulé au Whisky-pur-feu avant son arrivée à l'entrée du village. Morfin avait commencé un combat avec plusieurs jeunes hommes à l'intérieur même de celui-ci. Les policiers avaient jeté l'ivrogne dans une cellule. Sa baguette magique lui avait été prise et utilisée comme bois de chauffage dans la cheminée du commissariat de police avant que les magiciens n'apparaissent. Le DALM avait décidé de permettre au magicien déjà au banc de la société de rester sous la garde des Moldus puisqu'aucune magie n'avait été utilisée au cours de la bagarre. Le dernier des Gaunt était mort par la suite de blessures reçues en prison au cours d'une mini-émeute qu'il avait soulevée avec d'autres détenus.
« Je suis désolé d'entendre ça, » commença Nott.
Tom l'interrompit, « Ne le soit pas. Il traitait horriblement mal ma mère. Mon père aussi. Je souhaite que ces deux-là pourrissent en enfer ! » gronda-t-il.
Nott sembla choqué par la haine ouverte dans la réplique de Tom.
Après un moment, le visage de Tom s'éclaircit et il écarta son commentaire de la discussion. « Alors, qu'est-ce que tu vas dire à ton père ? »
« Je lui ai déjà un peu parlé de mon temps passé ici. » Il fit un geste de la main dans la direction du terrain. « Je lui ai dit avoir joué au Quidditch, rencontré ta famille, des choses de ce genre. Mais, je ne lui ai pas raconté que nous pouvons utiliser la magie dans la salle de duel et je ne vois pas pourquoi je lui parlerais de ce que tu viens de me dire. » Nott fit une pause. « Je sais qu'il y a autre chose, Tom, des choses que tu ne me dis pas. »
Tom hocha la tête. « Oui, il y en a. Je voudrais te les dire mais, pour une partie d'entre elles, ce n'est pas à moi de les révéler. Ne crois pas que je ne te fais pas confiance. »
Nott lui fit une grimace. « Je comprends. Je suis un Serpentard après tout. J'essayerai de les trouver moi-même. »
Tom jeta une poignée d'herbes à son ami et ils éclatèrent de rire tous les deux. La conversation se tourna vers d'autres sujets. Tom se promit de penser à en parler à son père plus tard.
6 août 1939
« Bonjour, Monsieur le Ministre. »
« Bonjour, Comte. Merci d'avoir accepté de me rencontrer un dimanche après-midi. Mon temps libre a été très restreint. »
James s'installa dans le fauteuil qu'il lui offrit. « Je suis sûr qu'il l'est, Monsieur le Ministre. En quoi puis-je vous aider aujourd'hui ? »
Le Ministre se déplaça pour aller s'asseoir derrière son bureau. « J'ai plusieurs problèmes. Les suggestions en provenance de votre groupe de planification semblent plutôt coûteuses. Êtes-vous vraiment absolument sûr que la guerre est inévitable ? »
James soupira intérieurement. Décidément les ministres semblaient tous être les mêmes. « Monsieur le Ministre, je crois que la guerre commencera sous peu. L'Armée Allemande Moldue a atteint un haut niveau de préparation. On ne s'entraine pas aussi intensément qu'ils l'ont fait sans un plan pour l'utiliser. » James sourit sous cape. « Les bureaucrates hurleraient en voyant les coûts s'il s'agissait d'entraînements normaux. »
Le Ministre Nott éclata d'un rire semblable à un aboiement. « C'est bien vrai. Ils agissent comme si je distribuais leur argent chaque fois que nous nous rencontrons. Vous avez peut-être raison. »
« En se basant sur les rapports que nous avons reçus, Grindelwald projette d'utiliser la guerre entre Moldus pour couvrir ses plans de conquête de l'Europe Magique. Hitler est fasciné par la magie. Grindelwald a fait quelques tours et de fausses prophéties. Hitler a tout gobé. »
Le Ministre Nott se tordit les mains de frustration. « Je voulais la paix derrière moi, pas une foutue guerre sanglante ! »
« Aucun homme raisonnable ne veut une guerre, monsieur. Mais, que nous la voulions ou pas, elle arrive. Grindelwald recherche la puissance et la liberté de pratiquer la plus noire des magies. Nos seules options sont de le combattre ou de le laisser lâcher l'enfer sur la terre. Je suis d'accord avec le Président américain Théodore Roosevelt quand il dit Naturellement, les guerres se doivent d'être évitées ; mais elles valent parfois mieux que certains type de paix)' »
Le Ministre s'appuya contre le dossier de sa chaise. « J'en conviens, Comte. C'est juste que je ne comprends pas pourquoi ils feraient cela. »
James resta simplement silencieux pendant un instant. Alors il dit tranquillement, « Soyez heureux de n'avoir jamais été forcé de vous confronter personnellement à ce type de personnes. Il ne m'a jamais été donner le choix. »
Le Ministre regarda fixement James pendant un instant. « Avez-vous complété vos plans de défense du Ministère et de Poudlard ? »
« Le Ministère est en ordre. Les boucliers ont été totalement refaits et remis en place pour la première fois depuis un siècle. Grindelwald en a fait une analyse au cours de sa septième année et il a très bien pu y avoir trouvé une faiblesse. »
« Et Poudlard ? Mon fils s'y trouve et je suis préoccupé à l'idée qu'ils puissent en faire une plus grande cible. »
James fronça légèrement les sourcils. « Les boucliers de l'école sont généralement très efficaces. Les rendre trop restrictifs risqueraient de nuire au bon fonctionnement de l'école. Nous gardons une équipe d'Aurors à Pré-Au-Lard avec un raccordement direct au réseau de feu de cheminette de l'école. »
« Dippet et le conseil d'administration ont approuvé cela ? » demanda le Ministre.
« Seule la permission du Directeur était nécessaire pour la connexion du réseau. Les Aurors sont postés en dehors du domaine de l'école. Je voudrais installer quelques gardes en faction autour du château la nuit. Les préfets sont peut-être suffisants pour attraper les étudiants qui se retrouvent en secret en dehors des heures du couvre-feu, mais pas pour assurer une véritable sécurité. »
Le Ministre sourit légèrement à l'explication de James, « Je crois que vous avez sans doute raison. Je suppose que les membres du conseil devront donner leur accord pour les gardes de nuit ? » James hocha la tête. « J'en parlerai à Sirius Black. C'est un ami de la famille et il préside le conseil. »
James sentit un petit élancement dans sa poitrine au souvenir de « son » Sirius. « Madame Irma Black était présente au cours de notre discussion initiale avec le Directeur. Mais je vous serais reconnaissant d'ajouter votre influence, monsieur le Ministre. »
Le Ministre sourit, « Connaissant Irma, elle a déjà dit à son frère ce qu'il doit faire. Les sorcières m'effrayent parfois. » Il fronça alors légèrement les sourcils. « J'ai un souci à Pré-Au-Lard. Mon fils a passé la majeure partie de ses vacances d'été à la maison de son ami dans le village. La famille est tout simplement sortie de nul part, aucun passé. L'homme, James Evans, est apparu et a mis en place une Fondation de charité. Il la dirige de loin en laissant une sorcière de sang pur l'administrer. Mes Aurors ne peuvent trouver la moindre information hormis ce qu'il a publiquement révélé. »
James ricana sous cape. « Nous avons connaissance de M. Evans. »
Les yeux du ministre s'élargirent légèrement. « Vous l'êtes ? Qu'est-ce que vous savez ? »
« Votre fils est en sûreté dans la maison des Evans. En fait, c'est peut-être l'endroit le plus sûr à Pré-Au-Lard. M. Evans est un excellent duelliste et prend les questions de sécurité très au sérieux. Il a fait lui même tous ses propres boucliers. Et je peux vous affirmer sans risque qu'il est du bon côté. »
Le Ministre fit une légère grimace. « Les Aurors n'ont pas même pu installer un charme d'écoute à travers les boucliers. On m'a dit que cela prendrait trois jours à un Briseur de Malédiction de Gringott pour les briser. Je veux des information, pas un assaut. »
James fronça les sourcils, « M. Evans prend son intimité très au sérieux. Il est également très protecteur envers chaque personne qu'il considère comme de sa famille. Je pense qu'il serait un sorcier dangereux à contrarier. » James fit une pause un moment, « Il rencontre fréquemment Thomas Potter et le professeur Dumbledore aux Trois-Balais. Ils semblent proches. »
« Dumbledore et Potter, hein ? Des amis intéressants. Ils ne comptent pas parmi mes collaborateurs mais certainement pas parmi ceux de Grindelwald. Très bien, je vais accepter l'idée qu'il n'est pas une menace. Je devrai m'arranger pour le rencontrer afin de savoir où il se situe politiquement, ceci dit. » Le Ministre pensa un instant. « Merci encore d'être venu, Comte. Appréciez le reste de votre dimanche. » James inclina la tête et sortit du bureau.
Ces observations et leurs sous-entendus avaient mis James en colère. Le Ministre semblait plus désirer savoir si une association avec la famille Evans pouvait lui porter préjudice d'un point de vue politique que s'assurer du bien-être de son fils. Le Ministre Nott était plus intelligent et plus solide que Fudge, mais il restait de la même espèce.
31 août 1939
James était dans son bureau du Ministère, tard, un jeudi soir. Tom partait pour sa deuxième année à Poudlard le lendemain. James prévoyait de prendre sa matinée pour emmener son fils à la gare.
James avait offert en riant la possibilité à Tom de marcher jusqu'à l'école sans prendre le train. Tom avait refusé en disant, « Je veux être avec mes amis. »
James était assis dans son bureau dans une partie cachée du DdM. Le Département était divisé en sections de sécurité séparées les unes des autres. Le secteur du bureau de James était caché derrière une illusion de mur qui semblait parfaitement réelle tant que l'on ne savait pas qu'il s'agissait vraiment d'une illusion. Le Langue-de-Plomb responsable de la coordination de l'espionnage et des opérations dans les régions d'Europe commandées par Grindelwald se trouvait de l'autre côté du bureau de James. Le bureau était paisible. Seuls James et le gardien de nuit se trouvaient toujours dans le bureau.
L'aire du DdM contenant les prophéties et le voile était plusieurs couloirs plus loin. James l'évitait autant que possible. Après avoir rejoint les Langues-de-Plomb, James s'était beaucoup renseigné sur la sécurité du Département. Cela le stupéfiait qu'Harry et ses amis soient parvenus à entrer dans ce secteur. Cela aurait dû semblé évident qu'il s'agissait d'un traquenard. Les Mangemorts leur avaient ouvert un chemin directement jusqu'à la prophétie. Harry aurait dû réaliser que les Langues-de-Plomb devaient avoir mis en place de puissantes protections sur leur Département.
James releva brusquement la tête quand une lumière rouge commença à clignoter dans le secteur des bureaux. Il entendit le gardien laissé échapper un petit jappement de surprise. James rassembla d'un accio sans baguette sa robe de bataille et sortit de son bureau.
L'alarme rouge silencieuse s'activait dans le Département des Mystères et le Département d'Application des Lois Magiques dès qu'une brèche était ouverte dans les boucliers externes du Ministère. Les boucliers consistaient en trois parties distinctes. Les boucliers externes couvraient le périmètre du Ministère. De jour, les boucliers restaient passifs. Seule une grande quantité d'énergie magique dirigée contre le Ministère était déviée. La nuit, les boucliers empêchaient l'accès à toutes personnes ne possédant pas un badge du Ministère ou une clé des boucliers.
La deuxième couche de boucliers empêchait les sorciers non-autorisés d'entrer dans les zones-clé du Ministère lui-même. Ils étaient spécifiques aux différents Départements. Par exemple, un visiteur pouvait recevoir un passe pour les tribunaux du DALM, mais ce passe ne permettait pas l'entrée au DdM.
La couche finale des boucliers consistait en réalité en un système de verrouillage au niveau de la première ceinture de boucliers. Ceux-ci avaient pour rôle d'empêcher toute entrée ou sortie du Ministère pendant une période de douze heures. Ils étaient censés enfermer les attaquants éventuels au sein du Ministère jusqu'à ce que les forces extérieures puissent se rassembler.
James revêtit sa robe tout en s'approchant des moniteurs. Les moniteurs étaient des miroirs magiques à sens unique mis en place dans certaines zones-clé de la Grande-Bretagne Sorcière. Les moniteurs couvraient l'entrée du Ministère, les tribunaux, le Chemin de Traverse, et la rue principale de Pré-Au-Lard. Le DdM gardait les moniteurs secrets. Puisque les Langues-de-Plomb se trouvaient légalement interdits d'opérer en Grande-Bretagne, les moniteurs étaient techniquement illégaux. Ainsi les informations réunies à partir de leur utilisation ne pouvaient jamais être utilisées lors de poursuites pénales. Cela signifiait également que le DdM ne partageait pas les sortilèges nécessaires à leurs créations avec le DALM.
« Monsieur, » dit la jeune Langue-de-Plomb du nom de Marie St. Claire lorsque James s'approcha, « Nous avons au moins cinq personnes ayant effectué des entrées non-autorisées dans le Ministère. Elles ont gravement endommagé les boucliers. Je ne pense pas qu'ils savaient que les boucliers de nuit étaient en place. »
« Est-ce que les Aurors réagissent, Marie ? »
« Navrée, Comte. La plupart d'entre eux sont partis pour une intervention dans l'Allée des Embrumes. Une poignée de loups-garous ivres combattent quelques vampires. »
Observant le moniteur, James demanda distraitement, « Ils ont eu besoin de tout le groupe d'intervention de nuit pour ça ? »
« Deux sont allés mettre fin au combat, » vint la réponse. « Le reste est allé prendre les paris, je pense. Seuls restent Maugrey et leurs agents de liaison. »
« Entrez en contact avec les Aurors et faites-leur savoir que je vais saluer nos invités. Dites à Maugrey de ne pas jeter de sorts dans ma direction. » Sans attendre de réponse, James sortit rapidement de la pièce.
Trois minutes plus tard, James arriva dans l'Atrium du Ministère. Le Transplanage et l'usage de Portoloins étaient impossibles au sein du Ministère sans une quantité massive d'énergie magique. James avait découvert une autre manière de s'y déplacer. Après avoir placé un charme de désillusion sur lui-même, James se changeait en sa forme de chauve-souris et utilisait le système de ventilation pour se déplacer dans le Ministère (Il se régalait des nombreuses rumeurs au Ministère affirmant que le Comte était vraiment un vampire.)
L'Atrium ne changerait pas en cinquante années dans le futur. La même fontaine surmontée de la même grande et laide statue le dominait depuis le centre de la salle. Malgré la considérable avancée de la technologie Moldue au cours du temps, le monde magique stagnait, enfermé dans ses glorieux souvenirs du passé. James était prêt à parier que même les meubles de la salle d'attente n'avaient pas changé.D'antiques piliers se trouvaient alignés contre le mur de part et d'autre des ascenseurs.
James trouva quatre intrus revêtus de robes noires en train d'essayer de briser les boucliers gardant l'entrée de l'ascenseur du DdM. James reprit sa forme humaine. Marie avait mentionné au moins cinq intrus. Cela signifiait qu'un d'entre eux était absent.
James lança silencieusement un sortilège qu'il avait développé avec Sarah. Il créait une sorte d'onde radar magique imitant les capacités de sa forme animagus de chauve-souris à la différence qu'elle rebondissait contre les noyaux magiques et non contre son environnement solide. Après l'envoi d'une onde dans l'Atrium, seuls les mêmes quatre magiciens se trouvaient dans le secteur. Soit Marie avait mal lu les informations envoyées par les boucliers d'alarmes soit l'un des intrus avait quitté le secteur de l'Atrium.
James saisit une de ses baguettes magiques. Il jeta un sort de silence sur ses pieds et se déplaça vers un meilleur endroit pour attaquer les intrus. Une fois qu'il fut prêt, James lança, « Stupefix ! »
Le premier des quatre magiciens tomba mollement par terre. James envoya un autre sort d'immobilisation tandis que les magiciens plongeaient pour se mettre à l'abri. Deux des magiciens neutralisés, James se déplaça pour stupéfixer les deux autres.
Soudain, un crack sonore résonna dans l'Atrium. James sentit comme un marteau brûlant s'abattre sur son épaule gauche. Sous le choc, James baissa le regard tandis que du sang commençait à souiller sa robe.
James se déplaça rapidement derrière une colonne tout en serrant avec sa main le désordre de chair ensanglantée qui avait été son épaule. Son bras gauche pendant mollement contre son corps. Plusieurs autres craquements sonores déchirèrent l'Atrium et de petits nuages de poussière jaillirent de là où les projectiles heurtèrent le mur voisin, pendant que James se baissait pour s'accroupir.
« Sort, stupide sorcier. Je ferai preuve de pitié, » exigea une voix à l'accent allemand.
James plaça l'extrémité de sa baguette magique contre son épaule et chuchota un charme de soin de base. Le charme ne réparerait pas les dommages à l'épaule, mais scellerait le morceau de chair de la blessure et engourdirait la douleur. À défaut d'une forme plus avancée de sortilège de soin, une cicatrice apparaîtrait mais au moins il ne se viderait pas de son sang.
« Sort, sorcier. Je ne le répéterai pas une troisième fois ! »
James l'ignora à nouveau. Il plaça son bras gauche contre son torse. Essayant de l'y fixer, James lança un sort d'agrippage de faible intensité sur son bras. C'était suffisant pour maintenir le bras immobilisé contre son torse et empêcher l'épaule de se déplacer.
James se poussa contre la colonne pour se remettre debout sur ses pieds. Il cria, « Très intelligent. Utiliser un Moldu sous une cape d'invisibilité est une idée de génie. Je ne l'ai même pas vu venir. »
« La flatterie ne t'aidera en rien, sorcier. Je vais… »
James ne prit pas la peine d'attendre pour savoir ce qu'il allait faire. James lança deux rapides et puissants Reducto sur le côté de la fontaine. La paroi explosa en déversant l'eau sur le sol de l'Atrium. En se déplaçant derrière la colonne, James entendit plusieurs voix crier des malédictions en allemand.
James vit le liquide l'approcher et lança un charme de foudre dans l'eau. « Électros ! »
L'éclair lumineux jaillit de la baguette magique et frappa l'eau. Une odeur d'ozone remplit la salle pendant que l'électricité parcourait la surface de l'eau à la recherche du sol. James entendit des cris perçants de douleur pendant qu'il maintenait le charme en place. Brusquement son instinct le fit arrêter le sortilège et James s'accroupit. Une moitié de seconde plus tard, l'éclat vert d'une malédiction de mort passa au-dessus de sa tête.
James ferma ses yeux et conjura une puissante fusée lumineuse. « Luminos Maximus ! » Le flash fut aveuglant. Lumineux même derrière ses paupières fermées. Les jumeaux Weasley avaient développé le sortilège pour l'utiliser dans leurs feux d'artifice magiques. Il entendit au moins un cri de douleur pendant que la fusée éclatait.
James força ses yeux à s'ouvrir et lança un sort de séchage sur le plancher. Il se déplaça alors vers là où les intrus s'étaient initialement cachés. Quatre corps s'étendaient sur le sol. Deux étaient les victimes initiales de ses stupefix. Les deux autres avaient été pris dans l'eau électrifiée. L'eau les avait en fait touchés tous les quatre. Jetant silencieusement des sorts de Stupefictions sur chacun d'entre eux (on n'est jamais trop prudent !), James commença à chercher le cinquième.
Puisqu'un des corps tenait dans ses mains un pistolet automatique Moldu, James savait que son adversaire restant était un magicien.
James entendit des injures en provenance d'un coin plus loin derrière lui. Ils étaient en anglais avec un accent reconnaissable. Malgré tout, James ne put réprimer un petit sourire. La prochaine discussion allait être amusante.
James contourna soigneusement la fontaine. Le cinquième membre du peloton de L'Armée des Ténèbres était effondré contre le mur. James lui lança un sort d'immobilisation et le corps ne se contracta même pas. Gardant ses distances, James jeta un sort de diagnostic médical que Sarah lui avait enseigné. Le charme lui indiqua que le magicien était mort d'un anévrisme au cerveau.
James rangea sa baguette magique dans sa gaine et s'approcha du corps. Il avait entendu des rumeurs sur une telle chose. Voldemort ne l'avait jamais employée parce qu'Azkaban était une porte ouverte pour ses Mangemorts. Grindelwald ne s'en préoccupait pas autant. Il avait apposé à ses sous-fifres des conditionnements au suicide. Il fallait un maître en Légilimancie pour implanter l'ordre, mais il entraînait une mort instantanée dès lors que la capture était considérée comme inévitable par le sous-fifre.
Machinalement, James rassembla les baguettes magiques et le pistolet. James mit le cran de sureté sur le pistolet et le plaça dans une poche. Il marcha vers les bruits d'injures. Appuyé contre le mur avec ses mains plaquées devant ses yeux se trouvait Maugrey Fol Œil.
« Rude nuit, Maugrey ? »
« Bordel. J'aurais dû me douter que c'était vous, Comte. Par Merlin ! Qu'est-ce que vous m'avez fait ? »
James lui fit un sourire, « Une fusée magique. Elle est environ 50 fois plus lumineuse que le Soleil. Très efficace pour neutraliser une salle. Ça ne cause pas de dommage irréversible aux yeux, juste une atroce douleur. »
Maugrey grogna, « Est-ce que vous les avez capturé au moins ? »
« Non, ils avaient un conditionnement au suicide. Celui qui n'est pas mort dans le combat est mort sans même qu'un sort ne l'ait touché. » James fit une pause, « Qu'est-ce qui s'est passé au Central pour que vous soyez le seul Auror restant ? »
« Les idiots ont perdu leur sens des priorités, » grogna Maugrey. « Ils ont voulu voir le combat dans la ruelle. Le Directeur Johnston va vouloir qu'on lui amène leurs têtes au bout d'une pique. »
James éclata de rire. « Peut-être pourrons-nous obtenir de Johnston qu'il nous les envoit pour un 'entraînement de remise a niveau' »
« J'aime cette idée, Comte. »
« Je m'attendais à ce que vous sortiez des ascenseurs. » commenta James.
« J'ai pris les escaliers. Aucune couverture dans ces foutus ascenseurs. » Les escaliers ne s'ouvraient seulement que pour les évacuations de secours. Personne ne pouvait les ouvrir du côté de l'Atrium.
« Bon point. » commenta James tandis que les portes d'ascenseur s'ouvraient. Six Aurors jaillirent hors de l'ascenseur, leurs baguettes magiques en main. « Au moins vous vous êtes rappelé de sortir vos baguettes magiques en premier! » cria James.
Le bilan de la bataille au Ministère chiffra quatre sorciers de l'Armée des Ténèbres morts, un officier SS mort et un employé du Ministère Britannique mort. Alber Malgoup, le garde du bureau de réception de nuit avait été tué par le Sortilège de Mort avant qu'il n'ait pu activer l'alarme manuelle. Seules les alarmes reliées aux nouveaux boucliers avaient donné l'alerte vis-à-vis des intrus.
Les corps des intrus furent métamorphosés en des boîtes d'allumettes et emportés. Le corps de M. Malgoup fut enlevé pour être amené à sa famille. Les dommages à l'Atrium et à la fontaine furent rapidement réparés.
James et Maugrey s'assirent pour faire leur rapport dans une des salles de conférence du DALM. Après que James et Maugrey aient terminé leur compte-rendu, le Directeur Johnston se tourna vers le chef du groupe d'Aurors de nuit (qui était lui aussi allé à l'Allée des Embrumes ) et lui posa une série de questions acides. James reçut quelques reproches pour n'avoir pris aucun captif, mais les Aurors reconnurent que le traitement rendait la chose peu probable de toute façon.
James posa une question qui laissa la pièce pensive. « Pourquoi ont-ils choisi d'attaquer ce soir ? Le Ministère était exceptionnellement tranquille à ce moment là. Je pense que le combat dans la ruelle était planifié. Je doute qu'ils aient espéré attirer tous les Aurors dans la ruelle, mais c'est la seule chose qui ait un sens. »
Les Aurors avaient l'air stupéfaits à l'idée qu'ils avaient été menés par le bout du nez.
James se leva. « Je vais faire soigner mon épaule. » Il jeta un regard à l'équipe d'Aurors de nuit. « À 11 heures demain matin, je m'attends à un rapport complet sur l'incident de ce soir. Incluez-y leur méthode d'entrée, les boucliers, nos réponses et quelles leçons nous devrions tirer de tout ceci. »
Directeur Johnston ajouta, « Il se passe de grandes choses les enfants. Nous devons être prêts. Je veux un rapport brut d'honnêteté, ou je vous remettrai aux mains du Comte Langue-de-Plomb pour une remise à niveau. Repos ! »
Une fois que la salle fut vidée, James regarda le Directeur. « Le Comte Langue-de-Plomb ? »
Johnston grimaça, « J'ai pensé que ce serait motivant. La moitié d'entre eux est déjà convaincue que vous êtes un vampire avec ce nom de code. Et puis, vous avez vu leurs visages quand je les ai menacé d'une formation avec vous ? » Johnston commença à rire. Peu après, James le rejoignit.
James apparut du Ministère à sa maison. Les Aurors avaient voulu que James aille à l'Hôpital Sainte Mangouste pour se faire soigner. James savait que son épouse préférerait faire le travail elle-même. Il ne l'attendait pas avec impatience.
James entra tranquillement dans sa chambre à coucher et réveilla doucement son épouse. « Sarah. »
« Umm, est-ce que les enfants sont réveillés » demanda-t-elle.
« Non, chérie. J'ai un tout petit problème. »
Ses yeux bleus clairs s'ouvrirent, immédiatement éveillés. « Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Coup de fusil de Moldu à l'épaule. J'ai arrêté le saignement et je l'ai immobilisé. »
Saisissant sa baguette magique elle grogna, « Je suis sûre que tu l'as mal fait. »
« T'ai-je jamais dit à quel point c'est sexy quand tu grognes comme ça ? »
Sarah pointa le lit du doigt, « Assis ! »
« Oui, Madame. » James s'assit à l'emplacement indiqué. Il annula le sortilège sur sa robe de bataille qui empêchait son déplacement.
Sarah détacha la longue robe de bataille pour atteindre son épaule. Elle jeta un puissant sort d'anesthésie locale. Elle enleva alors le sort posé sur le bras de James. Soigneusement et avec le minimum de mouvements pour son bras, Sarah enleva la robe de bataille.
Sarah jeta un sort sur l'épaule de James. « Tu as de la chance. On dirait que ça a manqué la plupart des os. Ça a endommagé deux ou trois tendons et c'est pour ça que ton bras ne pouvait plus bouger. »
Sarah s'approcha d'une armoire verrouillée. Lançant un sort d'ouverture, elle retira trois potions magiques. Elle en remit une à James. « Celle-ci réparera les tendons, le muscle et les os. Celle-ci est une restauratrice de sang. Celle-ci empêchera toute cicatrice interne ou externe. »
« Je sais, je les ai déjà utilisées avant… »
Elle lui fit une claque sur la tête. « Ne réponds pas à ta guérisseuse. Bois-les, maintenant. »
« Oui, chérie. » James but avec dévouement les breuvages magiques.
« Maintenant, couche-toi sur le lit. » Sarah bannit les vêtements et le sang de James et le plaça sous les couvertures. Après avoir nettoyé la longue robe pleine de sang et les bouteilles vides de potions, Sarah se glissa dans le lit et se blottit contre James.
Sarah embrassa doucement James. « Je suis si heureux que tu sois avec moi. Je t'aime. »
« Je t'aime aussi, mon amour. »
Évitant soigneusement son épaule, Sarah plaça sa tête sur l'autre épaule de James et le serra contre elle. Pendant qu'il dérivait au loin dans son sommeil, James pensa que c'était un bien meilleur service que ceux qu'il avait pu recevoir dans l'aile de l'Infirmerie de Poudlard.
1er septembre 1939
Le lendemain matin, James se réveilla aux bruits du plus pur des chaos en provenance du reste de la maison. Il pouvait entendre Tom crier au sujet d'avoir sa valise de faite pour son retour à Poudlard. Katie et Michael chantaient quelque chose au sujet de leur déjeuner. Snuffles aboyait en guise d'accompagnement. Sarah leur disait à tous de se calmer et de laisser James dormir.
James s'étira dans son lit avec un sourire sur son visage tout en écoutant les bruits de sa famille. Cela équilibrait les pensées de ce qu'il avait été forcé de faire la nuit précédente. C'était quelque chose de réellement important à défendre.
James se souleva hors du lit, ne ressentant seulement qu'une légère rigidité dans son épaule. La blessure de la nuit précédente semblait complètement guérie. La douleur indiquait que les tendons et les muscles avaient toujours besoin de quelques heures pour se régénérer mais dans l'ensemble l'épaule lui paraissait aller bien.
Prenant sa douche, James pensa à l'inclusion d'un soldat Moldu au sein du groupe de sorciers de l'Armée des Ténèbres. La cape d'invisibilité cachait le Moldu du champ visuel de James et l'absence d'un noyau magique empêchait sa détection par l'intermédiaire d'un quelconque détecteur magique. C'était un tour très intelligent de la part de quelqu'un. La plupart des défenses magiques protégeaient contre d'autres magies, pas contre des armes de Moldus. Si le Moldu avait eu une plus grosse arme, James aurait été tué sans même savoir qu'il avait été attaqué. Les balles étaient beaucoup plus dures à esquiver que les sortilèges.
Après avoir pris au hasard quelques vêtements de Moldus, James sortit de la chambre pour rejoindre sa famille. Cillie faisait des crêpes pour la famille (en l'honneur du départ de Tom pour l'école) tandis que Sarah essayait d'obliger les jumeaux à manger.
« Bonjour, » les salua James pendant qu'il entrait à l'intérieur. Après avoir reçu des salutations des membres doués de parole de la famille et les rires bébêtes de Katie et de Michael, James s' assit pour le déjeuner.
« Tout est emballé pour l'école, Tom ? » demanda-t-il.
« Ouais. Est-ce que je peux prendre la Carte cette année ? » demanda Tom d'un ton innocent.
Sarah répliqua d'un air sévère, « Non ! Tu n'as pas besoin de ce genre de choses ! Je ne sais vraiment pas pourquoi ton père la garde ! Tu as déjà reçu suffisamment de retenues l'année dernière comme ça ! »
James imita l'expression innocente de son fils, « Mais chérie, c'est un héritage de famille ! »
Tom protesta, « Mais je me ferais moins attraper avec la Carte ! »
Sarah jeta un regard menaçant à son mari. « Si tu lui donnes la Carte, pas de myrtilles pour toi ! »
James regarda Tom et gesticula, « Désolé, elle a des otages. »
« Malédiction, encore raté ! Est-ce qu'il faut vraiment que tu ruines toujours mes plans ? »
Pendant un instant, James regarda son fils et ne vit pas Tom mais Voldemort. Combien de fois Voldemort avait-il crié la même question à Harry en personne ou dans des visions ? Maintenant Tom ne le disait pas pour des raisons de plans maléfiques mais pour des objets de blagues.
James éclata de rire. Dumbledore avait finalement eu raison. L'amour avait vaincu Voldemort. James ne voyait plus rien de l'ancien Seigneur des Ténèbres dans ce garçon heureux, drôle et plein de malice devant lui. Il avait transformé le Seigneur Noir en Maraudeur ! Sirius aurait été si fier. Une chose restait à accomplir.
James se pencha en avant et chuchota dans l'oreille de Tom. « L'été prochain, nous commencerons ta formation d'Animagus ! »
« James, qu'est-ce que tu es en train de manigancer? » demanda Sarah, soupçonneuse.
James sourit à son épouse. « Ne t'inquiète pas. Je garderai la Carte en ma possession. »
Sarah ne se laissa pas avoir. Cette promesse était trop franche. Cela voulait dire qu'il projetait autre chose. Elle décida de le distraire de ses plans de farces diaboliques.
Les jumeaux ignoraient royalement toute la conversation. Ils étaient heureux à eux deux. Les bambins de deux ans étaient capables d'utiliser quelques phrases normales mais, entre eux deux, ils utilisaient leur propre forme de langage de jumeaux. Bien qu'ils ne soient pas de véritables jumeaux, ils passaient tout leur temps ensemble et avaient forgé un lien très étroit. James avait eu de temps en temps la vision des jumeaux Weasley finissant les phrases de l'autre.
Sarah attira l'attention de chacun en se dégageant la gorge. « Puisque Tom partira bientôt, je veux faire une dernière annonce. » Elle regarda directement James. « M. Evans, j'ai l'honneur de vous informer que vous serez de nouveau père dans huit mois. Selon le guérisseur que j'ai vu, il s'agit encore de jumeaux. »
Tom laissa échapper un cri d'excitation pendant que James se reposait avec une expression assommée sur le visage. Sarah sourit au manque complet de compréhension sur le visage de James. En conclusion, il se secoua et courut autour de la table pour étreindre son épouse.
« Quand… comment ? » demanda-t-il dans le choc.
Sarah rit nerveusement. « Je t'assure que tu connais déjà les réponses à ces questions. »
Maintenant, James commençait à rire avec son épouse et son fils. Les jumeaux pouffèrent en observant le remue-ménage des trois grandes personnes.
Tom rit, « Félicitation, papa. Continue comme ça et tu pourras avoir ta propre équipe de Quidditch ! »
Le hibou quotidien de la Gazette du Sorcier vola dans la cuisine pour sa livraison quotidienne. Sarah prit le papier et paya le hibou. Elle laissa soudainement échapper un halètement de surprise lorsqu'elle lut le titre.
'On dirait que l'attaque de la nuit dernière fait déjà la une, ' pensa James.
Sans un mot, Sarah remit à James le journal. Il lut :
LES MOLDUS EN GUERRE ! !
Tôt ce matin l'armée Allemande Moldue a franchi la frontière pour se jeter sur la Pologne voisine. L'attaque est intervenue sans déclaration de guerre. Les nouvelles des premières victoires allemandes ont commencé à être diffusées dans la presse.
D'autres sources indiquent que le Ministère de la Magie Allemand a attaqué le Ministère Polonais dès les premières heures de la matinée. Les réfugiés magiques ont commencé à arriver par Portoloins au point d'entrée du Ministère Britannique des relations internationales peu de temps après…
James reposa le journal pour regarder son épouse. L'ambiance heureuse des minutes précédentes s'était complètement dissipée. D'une voix triste, il dit, « La guerre a commencé. »
NdA : Vous avez décelé une erreur à la fin du chapitre 12. J'ai édité une scène avec James révélant son identité à Albus, mais j'ai laissé intacte la conversation à la fin du chapitre avec Albus au courant du voyage temporel. James n'a pas révélé à Albus qu'il était un Langue-de-Plomb, le professeur l'a deviné par lui-même. Félicitation à gallandro83 pour avoir été le premier à le signaler.
Ndt : Voilà pour le 13ème chapitre ! Sans être superstitieux, on peut voir qu'il n'augure rien de bon pour le monde magique, mais beaucoup de chose intéressante pour nous. ;)
J'en profite pour vous faire savoir qu'un lecteur m'a aimablement proposé de m'aider pour la correction des erreurs en tout genre dans les chapitres, et il fait ça bien ! Merci à Sirius444 (il possède un compte sur Poudlard. org si vous voulez).
Si vous voulez relire du début jusqu'au chapitre cinq, c'est tout beau tout neuf ;)
Note du Correcteur du Traducteur (NdCdT ;-) ) : N'exagérons rien quand même, j'ai uniquement fait disparaître les fautes d'orthographes (excusez-moi s'il en reste et signalez-les à vended) et amélioré certaines des tournures de phrases pas très françaises. Merci quand même pour les compliments vended.
Prochain chapitre: Brouillard de guerre
