Chapitre 14 - Brouillard de Guerre
1er Septembre 1939
James se fraya un passage au milieu du chaos qu'était le Ministère de la Magie. Les employés et les journalistes remplissaient l'Atrium. La foule s'écartait avec nervosité au fur et à mesure que James s'avançait vêtu de sa robe de Langue-de-Plomb. Dans sa colère, James rayonnait d'énergie magique. Combiné avec le symbole que représentait sa robe, personne ne voulait se mettre en travers de son chemin.
En traversant l'Atrium, James remarqua que seuls de rares signes de la bataille de la veille étaient encore visibles. Les murs et les colonnes étaient à nouveau comme neufs. Seule la fontaine montrait encore les signes de d'un récent combat. La partie que James avait fait disparaître pour libérer l'eau n'avait pas encore été réparée.
'Au moins nous n'avons pas détruit la statue cette fois-ci, ' pensa James en entrant dans l'ascenseur qui l'attendait.
Après avoir lu les nouvelles, James avait demandé à Sarah d'amener Tom auPoudlard Express. Tom avait eu l'air déçu mais il comprenait pourquoi James devait aller au Ministère. Manquer à la fois l'habituelle matinée au Chemin de Traverse et le départ en train de Tom avaient particulièrement irrité James. 'Ne pouvaient-ils pas attendre un jour de plus ? ' bouillonna James.
Cinq minutes plus tard, James prit place dans une salle de conférence du Ministère de la Magie. Assis à ses côtés se trouvaient une douzaine de fonctionnaires ministériels du Département des Mystères, de la Police et de la Coopération Internationale. Abel et Charlie rejoignirent James en tant que représentants du DdM.
Abel interrompit le grondement régnant dans la pièce. « Commençons. » Abel n'avait même pas haussé la voix, mais la pièce fut immédiatement silencieuse. « Sorcières et sorciers, nous avons du pain sur la planche aujourd'hui. La nuit dernière, notre monde a perdu la raison. Tard dans la soirée, nous avons subi un assaut des forces de Grindelwald contre le Ministère. Simultanément, les forces terrestres de l'Allemagne Moldue ont lancé leur invasion de la Pologne. »
Abel fit une pause et jeta un regard circulaire à la salle. « Je ne pense pas que qui que se soit croira que ce n'était qu'une coïncidence. » Abel se tourna vers James, « Comte, exposez-nous ce qui s'est déroulé ici la nuit dernière, s'il vous plaît. »
James inclina la tête et leur fit un rapport complet des événements de la nuit précédente. Il parla pendant dix minutes sans interruption. Quand il eut fini la salle resta silencieuse pendant plusieurs secondes.
« Quel était leur objectif ? » demanda un fonctionnaire du Département d'Application des Lois Magiques.
« Inconnu, » répondit James. « Le seul survivant du combat s'est suicidé avant que nous ne puissions l'interroger. Il semblerait qu'ils aient placé un déclencheur mental sur lui. »
Abel fronça les sourcils, « Les boucliers ont parfaitement fonctionné. Les nouveaux enchantements nous ont fourni les signaux d'alerte dont nous avions besoin. C'est le DALM qui a très sévèrement manqué de réactivité. Maintenant que la guerre a éclaté au grand jour, nous allons devoir améliorer les mesures défensives en place au Ministère. »
Charlie fronça pensivement les sourcils « Et c'est probablement pour cela qu'ils ont attaqué la nuit dernière. Nous aurions été en état d'alerte une fois la guerre commencée. Le Comte et moi avons simulé une attaque avant que les nouveaux boucliers ne soient mis en place. L'attaque de la nuit dernière était une ultime tentative. »
Abel inclina la tête, « Je suis de cet avis. Je m'entretiendrai avec le Ministre à ce sujet. Je pense qu'il sera d'accord pour que nous mettions en place des mesures défensives plus poussées après les derniers événements. »
« Nous devrions également inclure des défenses Moldues. »
Une voix ricana, « Qu'est-ce que les Moldus pourraient bien nous apporter ? »
James se tourna vers la source de la voix. C'était un jeune homme avec des cheveux blonds platines et un sourire impertinent en permanence sur le visage. 'Génial,' pensa James, 'un Malefoy.' James l'identifia comme étant Abraxus. C'était le jeune homme avec qui James s'était battu en duel à Poudlard il y avait quatre ans.
D'un ton plat, James répondit, « Si vous portez attention au rapport de la nuit dernière, Grindelwald a utilisé un soldat Moldu en tant qu'élément de son équipe. Nos défenses ne sont adaptées que contre des menaces d'origine magique. »
Malefoy répondit à James avec un sourire mauvais. « Vous essayez juste d'utiliser cette prétendue menace pour couvrir votre propre incompétence. Cela ne serait jamais arrivé à n'importe quel sorcier décent ! »
Avant que James ne puisse répondre, Charlie prit la parole. « Le Comte est le meilleur combattant magique au sein des Langues-de-Plomb. »
Abel l'interrompit, « Je dirais notre meilleur combattant, tous secteurs confondus. »
Charlie hocha la tête, « Si le Comte vous explique quelque chose sur une attaque ou un combat, écoutez-le. Il a plus d'expérience dans la façon de faire la guerre que qui que ce soit d'autre dans notre Ministère. »
Malefoy martela la table de son poing. « Nous n'avons pas besoin de ces pratiques Moldues qui corrompent notre monde ! » Les murmures d'approbations qu'il entendit parcourir la pièce secouèrent James.
James parvint à se maîtriser malgré sa colère grandissante. « Un sort de bouclier convenable arrêtera une balle. » Malefoy sembla accepter avec suffisance cette concession. Du moins jusqu'à ce que James ne poursuive. « Cependant, il nécessitera beaucoup d'énergie pour être maintenu. Un sorcier moyen ne pourrait arrêter que cinq tirs successifs avant de s'épuiser. Un sorcier tel que le professeur Dumbledore atteindrait probablement cinq à dix fois cette limite. »
« Les armes Moldus ne peuvent pas tirer aussi rapidement, » ricana Malefoy. « Avant qu'il ait pu tirer autant de fois un magicien digne de ce nom les aura déjà tous tués. »
James s'esclaffa « Vous n'avez aucune idée de ce dont vous parlez. Les Moldus sont bien plus équipés pour la guerre que les sorciers. Cette guerre tuera des millions de personnes. Ils n'en sont plus aux mousquets et aux baïonnettes vous savez. »
« Comment osez-vous ! Il m' est possible de mettre sur le compte de l'ignorance ces élucubrations sur une prétendue supériorité offensive des Moldus, mais je ne tolèrerais pas une telle arrogance ! Savez-vous qui je suis ? Je pourrais vous faire renvoyer d'un simple envoi de hibou ! »
Avant que James ne puisse répondre, Abel lança un sort qui fit retentir un coup de tonnerre dans la salle. « Ça suffit ! Nous avons bien trop à faire aujourd'hui ! Nous discuterons des recommandations pour la défense du Ministère lors d'une autre réunion. » L'air toujours rebelle, Malefoy semblait prêt à poursuivre mais il retint sa langue. James se contenta d'incliner la tête.
« Très bien. » Abel se tourna vers une sorcière située au centre de la rangée. « Mme Abercrome de la Coopération Internationale surveille l'Europe de l'Est. Rapportez-nous, s'il vous plaît, la situation en Pologne. »
La sorcière se leva. « Approximativement à cinq heures ce matin, heure locale, des éléments de l'Armée Allemande sont entrés en Pologne. Les Moldus polonais ont été pris par surprise et sont relativement mal équipés. Les Allemands prennent rapidement le dessus sur les forces polonaises.
Nous avons obtenu des rapports indiquant que le village de Sorciers près de Zbaszyn a été détruit. Nous avons entendu dire qu'une unité composée de soldats de l'Armée des Ténèbres et de l'Armée Moldue combinés en est à l'origine. Des barrières Anti-transplanage ont été érigées. Seuls quelques survivants ont pu utiliser des Portoloins ou des balais pour s'échapper de la zone. Approximativement 90 pour-cent des habitants du village ont été tués. » Le silence s'installa dans la pièce.
La sorcière continua. « Nous avons reçu des rapports selon lesquels l'Union Soviétique Moldue se préparerait également à une invasion. Aucune information en provenance de la frontière polonaise orientale n'est venu confirmer ni infirmer ces dires. »
« Le Ministère Polonais de la Magie a commencé à transférer un bon nombre de son personnel et de ses documents importants vers une zone de secours en dehors de Londres. »
Charlie se pencha vers James et chuchota, « Ainsi nous récupérons leurs bureaucrates et leurs politiciens tandis que leurs Aurors meurent en première ligne. »
« Il reste à espérer que les meilleurs d'entre eux parviendront à s'échapper ou à se cacher, » répondit James.
Un vieux magicien desséché demanda, « Qu'en est-il de leurs enfants ? »
Mme Abercrome sourit brièvement. « Heureusement, l'École de Magie de Dantzig n'est pas proche des frontières Allemande ou Soviétique. L'École est en fait située dans un petit village appelée Puck Miasto en dehors de la ville. Les étudiants sont arrivés il y a deux jours. Ils ont là bas environ 350 étudiants. Leur personnel est déjà entré en contact avec Poudlard, Beauxbâtons et quelques autres petites écoles quant à la possibilité d'accepter de faire venir les étudiants ici ou en France. »
James savait que la France était rapidement tombée dans sa chronologie et ne voyait aucune raison de s'attendre à ce que cela change. « Je suggère que nous accueillons autant d'entre eux que possible au Royaume-Uni. La France sera le prochain champ de bataille. »
Mme Abercrome pinça ses lèvres. « Vous pensez que les Allemands se tourneront vers l'Ouest ? »
« Rappelez-vous ce que Grindelwald veut réellement. La chute de la Pologne est conforme aux plans d'Hitler. Mais tous deux voient l'Angleterre comme une cible. Ils devront passer par la France pour venir ici. Plus nous amenons d'étudiants ici maintenant, moins nous aurons à nouveau à en déplacer plus tard. »
Abel hocha la tête pour exprimer son accord. « Nous pouvons parler au directeur Dippet et à certains directeurs des petites écoles pour voir si nous pouvons tous les prendre. »
« Il serait bien avisé de les préparer à accueillir également les étudiants français et néerlandais. » ajouta James.
Un fonctionnaire du Ministère sembla choqué par la suggestion. « Vous ne pensez tout de même pas que tout se passera aussi mal ! Les guerres Moldues ne nous ont jamais touchés par le passé ! »
James fronça les sourcils. « Ce n'est pas une guerre Moldue. Nous faisons face à quelque chose qui n'a pas été vu depuis l'avènement de l'Empire Romain. Les forces magiques et Moldues sont animées par un objectif commun. » Malefoy laissa échapper un persiflage moqueur, mais James l'ignora. « Grindelwald est un Seigneur Noir. Il veut conquérir la Grande-Bretagne magique tout comme Hitler veut celle Moldue. Ils travailleront ensemble pour atteindre leurs buts. »
« Le Seigneur Noir doit sûrement utiliser cet imbécile de Moldu ! Il n'accepterait jamais de s'associer avec ce déchet ! » rugit Malefoy.
James hocha la tête, « C'est une possibilité. »
Malefoy sembla stupéfait, « Vous êtes d'accord avec moi ? »
« Je conviens que c'est une possibilité, » répondit James avec une franchise déconcertante. « Mais je me dois de demander, et alors ? Si Grindelwald prévoit d'éliminer Hitler, ce ne sera pas avant qu'ils aient conquis la Grande-Bretagne. Cela n'aura plus aucune importance pour nous à ce moment là. Nous serons morts. »
James put tout de suite identifier quels étaient les Sang-purs extrémistes parmi les sorciers présents dans la pièce avant même d'avoir finit de parler. Malheureusement, ils semblaient représenter la majeure partie de l'assemblée. Hermione aurait été choquée. L'intolérance qu'elle avait rencontré était une amélioration par rapport à la Grande-Bretagne magique des années 30 ! ( 'Bon,' pensa laconiquement James, 'peut-être qu'elle ne l'aurait pas été. Elle a probablement lu tous les livres là-dessus.')
La réunion prit fin peu après. James avait l'impression que l'histoire se répétait elle-même d'une manière étrange. Ce Ministère traitait cette guerre comme ils l'avaient fait pour Voldemort. Ils présumaient avec arrogance de leur supériorité sur les forces Moldues et sur celles de Grindelwald. Pour la énième fois, James souhaita que les cours d'Histoire de la Magie de Poudlard ait couvert autre chose que les rébellions de Gobelins. Il aurait vraiment voulu savoir comment le MdlM avait résisté à Grindelwald en son temps.
Tandis qu'il sortait de la salle de conférence, un froncement des sourcils traversa le visage de James. 'Connaissant le Ministère, tout ce que nous aurions pu apprendre en Histoire aurait été de la propagande et non les véritables événements de toute façon.'
James fut demandé dans le bureau du Ministre tôt cet après-midi. Sa matinée avait été passée à superviser des rapports d'informations en provenance de sources magiques et Moldues en Pologne. Le flot des réfugiés magiques continuaient à s'écouler par le Ministère. Le Ministre de la Magie Polonais avait refusé de partir, mais avait envoyé son premier Sous-Secrétaire en son nom. Un entrepôt Moldu aménagé à la hâte servait de bureaux au Ministère Polonais en exil.
Les membres du Ministère Polonais étaient naturellement en état de choc. Ces derniers jours, ils étaient passés de la paix au statut de réfugiés. Bon nombre de leurs familles n'étaient pas encore arrivées ou bien restaient parquées dans des tentes au stade des Canons de Chudley. (Les Canons étaient déjà éliminés des préliminaires et n'allaient de toute façon pas avoir besoin de celui-ci pendant un moment.) Bien que la plupart des Polonais travaillant au Ministère aient surmonté leur stress, bien des morales s'effondraient.
James entra dans la salle de conférence du Ministre et sentit son estomac se serrer. Abraxus Malefoy se trouvait assis avec le Ministre et fit un sourire d'un air suffisant en direction de James. Cinq autres personnes s'étaient assises à la table en plus du Ministre et de Malefoy. James identifia Mallica Malefoy, Zebedee Longbottom (qui ne ressemblait en rien à Neville), Thomas Potter, Acturus Black, et Calicus Flint. Sous la capuche de sa robe James fronça les sourcils ; un visage amical, deux possiblement neutres et quatre probablement hostiles. De toute évidence, rien ne laissait présager que cette réunion serait une partie de plaisir.
James fronça à nouveau les sourcils. Thomas n'était pas au courant du rôle de James en tant que Langue-de-Plomb. Par conséquent celui-ci n'allait pas nécessairement se révéler être un visage amical. 'Génial.'
Le Ministre accueillit James dans la salle. « Entrez, Comte. »
James prit un siège à l'extrémité de la table. « En quoi puis-je vous aider, Monsieur le Ministre ? »
Le politicien mit une expression d'excuse sur son visage. James ne s'y laissa pas prendre. « Je suis désolé de vous appeler ici quand je sais que vous êtes si occupé avec cette crise en Pologne. » Le commentaire lui parut légèrement sarcastique.
« Pas du tout, monsieur » répondit James.
« Ces messieurs représentent le Magenmagot. Nous avons eu plusieurs discussions sur le rôle des Langues-de-Plomb dans cette crise. Certains s'inquiètent qu'une organisation secrète comme le DdM obtienne trop de puissance. »
« Voulez-vous que je demande à M. Abel de nous joindre ? » demanda James.
Mallica ricana vers James. « Vous êtes celui à qui nous ne faisons pas confiance. Vous êtes manifestement un amoureux des Sang-de-Bourbe ! »
« Je n'aime vraiment pas ce terme, » soupira James. « J'ai eu mes propres altercations avec certains Moldus. Tout comme j'en ai eu d'autres avec certains sorciers. J'ai trouvé chez ces deux groupes les mêmes possibilités d'être des imbécile. »
Le visage de Thomas Potter montra une trace d'amusement. Tous les autres magiciens dans la salle semblèrent fâchés par le commentaire.
« Monsieur le Ministre, c'est exactement ce dont je vous parlais au sujet de son attitude ! » poussa Abraxus Malefoy d'une voix perçante. James réalisa que Lucius était beaucoup plus serein lorsque confronté à une opposition. Apparemment, Draco avait hérité son comportement excessif de son grand-père. « Cet idiot pense que les Moldus peuvent blesser les sorciers ! »
James tourna son regard vers le plus jeune Malefoy. « M. Malefoy a fait une présomption incorrecte sur les capacités des Moldus. J'essayais de corriger son erreur. »
Mallica Malefoy frappa la table. « Un Moldu ne pourrais jamais nuire à un magicien correctement préparé ! »
James se tourna vers le Ministre. « Puis-je faire une démonstration ? »
Le Ministre sembla mal à l'aise. « Que voulez -vous dire ? »
James se tourna vers le silencieux M. Flint. « Monsieur, pourriez-vous, s'il vous plaît, créer une table et un vase dans un coin de la salle ? » Après avoir obtenu un signe d'assentiment de la part du Ministre, Flint fournit les objets demandés.
Maintenant, James regarda le Ministre tout en tirant quelque chose hors de sa robe. « Monsieur le Ministre, j'ai informé M. Malefoy qu'un magicien moyen pouvait arrêter cinq balles Moldues avec un sortilège de bouclier. Il affirme qu'ils ne pourraient jamais tirer assez vite pour détruire le bouclier en un temps raisonnable. »
« Et je le maintiens! »
James plaça un pistolet sur la table. « Ceci un colt M1911A1. C'est une arme de provenance américaine et il s'agit de leur arme standard pour les officiers de leur Armée. Je vais demander à M. Malefoy d'appliquer un sortilège de bouclier sur ce vase. S'il peut le maintenir pendant trente secondes, je démissionnerai. »
Les Malefoy semblaient voir venir Noël avant l'heure. Le Ministre quant à lui semblait douteux ou au mieux dubitatif. Les autres semblaient intéressés excepté Thomas Potter. Il avait encore une fois l'air amusé.
Le Ministre acquiesça à contre-cœur . « Faites ainsi. »
James regarda Abraxus Malefoy. « Voulez-vous nous faire l'honneur ? »
Malefoy ricana et sortit sa baguette magique, jetant le sort.
« M. Potter, voudriez-vous faire le chronométrage pour nous ? » demanda James. Son grand-père hocha la tête.
James prit le pistolet et tira un coup sur le bouclier. La sourde détonation du pistolet fit trembler la pièce. Six rapides craquements supplémentaires résonnèrent dans la petite salle. La septième balle s'écrasa contre le vase. Les sorciers étaient assommés.
James releva le pistolet puis laissa tomber le chargeur vidé hors de la poignée et le remplaça sans perdre un instant par un autre chargeur plein. « Je suis maintenant prêt à mettre le feu à encore huit autres tirs. »
« Pourquoi êtes-vous en possession d' une telle chose ? » hurla Longbottom.
James haussa les épaules. « J'ai été affecté sur des missions en Allemagne et en Espagne au cours des dernières années. Je ne pouvais pas utiliser la magie quand des Moldus se trouvaient aux alentours. »
« Comment ? » hurla-t-il à nouveau.
James eut un petit sourire pour lui même lorsqu'il réalisa que les autres sorciers étaient maintenant momentanément assourdis. James sortit sa baguette magique et lança un charme curatif sur les autres. « Désolé pour ça. J'aurais dû vous dire de vous protéger à l'aide d'un sortilège assourdissant avant que je ne commence à ouvrir le feu. » Puis il répéta sa réponse à la question de M. Longbottom.
Thomas Potter frotta ses oreilles. « Mes oreilles me font encore mal. Mais je pense que vous avez prouvé vos dires. » Flint et Longbottom acquiescèrent leur accord. Les Malefoy semblaient profondément choqués.
« Je n'aurais jamais imaginé qu'une arme Moldue puisse faire cela, » admit le Ministre.
« Il s'agit de l'arme la plus faible chez les militaires Moldus. Ils ont des armes appelées 'mitrailleuses' capables de tirer plus de cinq cent balles par minute. Elles tirent de beaucoup plus lourdes et plus rapides balles avec plus d'énergie. Un sort de bouclier n'aurait pas arrêté une seule de ces balles. »
« Monsieur le Ministre, l'avis auquel M. Malefoy s'est opposé est que le Ministère doit être préparé à ce que Grindelwald envoie des soldats Moldus pour faire ses besognes. J'ai été blessé la nuit dernière parce que nous n'avons pas tenu compte de cette situation. Je ne parle pas d'une hypothétique possibilité, il l'a déjà fait. »
James jeta un regard autour de la table. « Quant à la question de ne pas me faire confiance, vous pouvez obtenir ma démission à tout moment. Faute d'un meilleur terme, je m'étais retiré du 'travail de sauver des gens'. M. Abel m'a tiré de cette retraite à cause de mon expérience.
Messieurs, je ne suis pas un politicien. Je ne veux pas être au Ministère. Cependant, j'ai activement combattu les Seigneurs des Ténèbres depuis l'âge de onze ans. Je vous fournirai mon expérience tant que vous sentirez que vous avez besoin de moi. Si vous me dites que je ne suis pas le bienvenu, je me fondrai de nouveau dans ma retraite. » James fit une pause pendant une seconde avant de rajouter, « en dehors de l'Angleterre. »
« Les Langues-de-Plomb vous ont recruté ? » demanda Thomas.
James grimaça, « Disons que c'est une façon de parler. »
Le Ministre Nott fronça les sourcils vers James. « Je comprends ce que vous essayez de nous démontrer. Je n'approuve pas vos méthodes mais elles sont efficaces. »
« Monsieur le Ministre ! » commença à protester Abraxus Malefoy.
Nott leva la main pour le faire taire. « Comte, vous nous avez fourni une aide et des conseils de valeur par le passé. Cependant, je comprends les inquiétudes qu'ont ceux qui craignent que vous ne deveniez trop puissant). J'espère que vous pouvez le comprendre. »
James hocha silencieusement la tête pour marquer son accord.
« Merci. » Nott frotta distraitement sa joue. « Je vais créer un nouveau poste au Ministère pour la durée de cette guerre. Appelons le Maréchal à la Défense. Celui-ci sera responsable de la coordination de toutes nos défenses et de la mise hors d'état de nuire de ce Seigneur des Ténèbres. »
« Monsieur le Ministre, vous ne pouvez pas songer à confier ce poste à cet homme ! » protesta Flint en pointant James du doigt.
« Non, je pense que le Comte serait probablement bien mieux utilisé si nous l'envoyons sur le terrain. Pardonnez-moi mais si je vous nomme responsable nous manquerons probablement de grattes-papier. »
Pour la première fois de la journée, James éclata de rire. « Je suis parfois un peu impatient, » convint James.
« En tant que membre du Magenmagot, Thomas, accepteriez-vous le poste ? » demanda le Ministre.
Thomas Potter sembla étonné par l'offre. « Je suis surpris, Theodore. Pourquoi m'avez-vous choisi ? »
Le Ministre haussa légèrement les épaules. « Pour des raisons politiques principalement. Vous représentez le deuxième plus grand bloc de voix au sein du Magenmagot. Je dois m'assurer que notre gouvernement reste stable. Et puis, je pense également que vous êtes suffisamment capable pour ce poste. »
James observa son grand-père considérer l'offre. James savait qu'il le ferait. Le «besoin de sauver des vies» n'était pas qu'un trait de Harry Potter. C'était simplement un trait des Potter.
« J'accepte, » dit Thomas.
« Bien, vous commencez immédiatement. Je convoquerai une réunion de chef de service dès que nous en aurons fini ici pour annoncer votre nomination. » Jetant un regard autour de lui, le Ministre ajouta, « Je pense que ceci conclue nos affaires ici aujourd'hui. Nous avons bien d'autres sujets auxquels nous occuper. Merci. » Le Ministre se leva, signifiant ainsi qu'ils étaient tous autorisés à partir.
Une main sur son épaule arrêta James dans son action de suivre le reste du groupe hors de la salle de conférence. James se retourna et vit son grand-père le retenir.
« Restez une minute, s'il vous plaît, » demanda-t-il.
James nota que le Ministre était également encore présent dans la salle. Il se tourna pour faire face aux deux magiciens.
Le Ministre commença, « Les Black et les Malefoy vous ont pris en grippe. Ils combattront n'importe laquelle des propositions que vous proposerez ou soutiendrez. Ils sont trop puissants politiquement, socialement, et économiquement pour que je les ignore. »
« Je comprends, monsieur le Ministre, » répondit James.
Thomas fronça les sourcils, « M. Abel me dit que vous êtes son meilleur agent de terrain. Je ne veux pas vous retirer du champ de bataille, mais je veux que vous soyez mes yeux et mes oreilles dans le domaine ; un dépanneur en tout lieux en quelque sorte. »
« Je peux faire cela, M. Potter. »
Le Ministre reprit la parole, « Une dernière chose, Comte. Nous plaçons une grande confiance entre vos mains. Pourriez-vous, s'il vous plaît, nous dire qui vous êtes ? »
James fronça les sourcils. Alors il répondit, « J'aurais besoin d'un Serment Magique de votre part. »
Le Ministre sembla mal le prendre. « Nous ne le dirons jamais à qui que ce soit. »
« Je ne m'attend pas à ce que vous disiez quoi que ce soit volontairement. Cependant la Legilimancie ou du Veritaserum pourraient vous forcer à fournir cette information. L'Armée des Ténèbres a déjà un dossier sur moi. Je ne veux pas qu'un nom réel y soit inscrit. »
Le Ministre et Thomas Potter partagèrent un regard. James comprit.
« Vos familles ne sont dans aucun danger immédiat. Cependant, les règles sont différentes dans mon monde. »
Le Ministre acquiesça, « Nous prendrons le serment. » Thomas Potter montra également son accord.
James lança une série de sortilèges d'intimité sur la salle. Puis les deux hommes firent leurs serments. Une fois cela fait, ce fut le tour de James. Il se tourna vers eux et désactiva le sort de déformation sur sa capuche. Alors il l'abaissa. James se tourna pour faire face aux deux hommes.
James était content d'avoir laissé les charmes de vieillissement sur son visage. Cela allait lui permettre d'éviter de voir le Ministre demander ce qu'un adolescent faisait parmi les Langues-de-Plomb.
« Bonjour, Thomas, » dit James.
« James ! » souffla Thomas sous le choc.
Le Ministre observa Thomas d'un air surpris. « Vous connaissez cet homme, Thomas ? »
Thomas acquiesça, « Son nom est James Evans. »
Maintenant ce fut au tour du Ministre d'avoir l'air choqué. « James Evans ? Vous voulez dire le James Evans de la Fondation du Phénix ? »
James fit une pseudo révérence, « Le seul et l'unique, monsieur le Ministre. Je vous l'avait dit que votre fils était en sûreté dans ma maison. »
Les deux magiciens semblaient stupéfaits. James retint un sourire en les voyant. Le Ministre se rassit lentement dans son siège et se plongea dans ses pensées.
« Est-ce le DdM qui a payé la Fondation du Phénix pour créer votre couverture ? » demanda Thomas.
James secoua la tête tout en réfutant. « Je vous ait dit la vérité. Je me suis installé à Pré-Au-Lard après des années de combats contre un autre Seigneur Noir. J'ai mis en place la Fondation avec mon argent pour aider des orphelins comme mon fils et moi-même. Le DdM m'a recruté pour aider à délivrer ces Aurors en Allemagne. »
Le Ministre fit une grimace au rappel de cette désastreuse mission. « Vous faisiez partie de la force de récupération ? »
« Après que les membres expérimentés aient été tués ou capturés, j'en ai pris le commandement. »
Le Ministre inclina la tête. Puis il éclata d'un rire ironique, « Pas étonnant que les Aurors d'Abbott n'ait jamais pu obtenir la moindre information sur vous. Cela les rendait tous fous. »
James sourit, « J'avais mis en place mes protections bien avant de rejoindre les Langues-de-Plomb. J'aime mon intimité et mon expérience m'a rendu un peu paranoïaque. »
« James, vous avez intérêt à faire attention, » annonça son grand-père. « Si quelque chose vous arrive sous mon commandement, Élisabeth ne me laissera jamais plus rentrer dans le manoir. Sans compter ce que Sarah et les enfants me feraient. »
Le Ministre fit un sourire, « Excellent, je peux voir que vous deux vous entendez très bien ensemble. Maintenant nous avons une réunion à programmer pour annoncer la nouvelle position de Thomas. »
Après que James ait remis en place sa capuche et ait enlevé les sorts, les trois hommes sortirent hors de la salle de conférence pour s'occuper de la nouvelle guerre.
3 septembre 1939
« Les gouvernements Moldus Britanniques et Français vont déclarer la guerre à l'Allemagne dans une heure. »
James se tourna dans sa chaise de bureau pour faire face à l'homme dans l'embrasure de la porte. Il ne fut pas étonné de voir son grand-père. « On savait que cela arriverait. Leurs traités ne leur laissaient pas beaucoup de choix. »
Le plus âgé des Potter hocha la tête. « Je dois aller à Poudlard. Le chef de service Polonais de leur Département d'Éducation Magique rencontre le Directeur et Albus. Il est inquiet concernant la sécurité. Tu veux venir ? »
James jeta un coup d'œil désagréable sur le rapport qu'il lisait. « Ça m'a l'air d'être un excellent plan. N'importe quoi pour sortir de cet asile. »
Quelques instants plus tard, James et Thomas marchaient sur le chemin menant à Poudlard. Ils avaient transplané au bord des barrières plutôt que de passer par la Cheminette. Le réseau était encombré par les réfugiés en provenance de Pologne et par les sorciers britanniques vivant ou visitant le continent qui revenait sur l'île du fait de la guerre imminente.
À la différence de ses visites précédentes, les étudiants ne semblaient pas trop nerveux à la vue d'un Langue-de-Plomb se dirigeant vers le bureau du Directeur. 'J'imagine qu'ils se sont habitués à me voir,' pensa James.
Thomas donna le mot de passe actuel à la gargouille (Dippet semblait avoir l'habitude d'utiliser des noms d'usines) et ils grimpèrent l'escalier jusqu'au bureau.
Avant qu'ils ne puissent frapper, une voix s'éleva, « Entrez, Messieurs. »
Thomas précéda James dans la salle. James vit le directeur assis avec Albus Dumbledore, Madame Catchbottom et un magicien inconnu.
James regarda le Directeur et annonça, « Un de ces jours je découvrirais comment les Directeurs savent toujours qui est debout devant leur porte. »
Dippet sourit, « Même le Département des Mystères doit bien avoir quelques questions sans réponse. Puis-je vous présenter M. Karol Mikolajow du Ministère de la Magie Polonais ? M. Mikolajow, Voici Thomas Potter et le Comte. M. Potter est notre nouveau Maréchal à la Défense. Le Comte fait partie de son personnel. »
Le sorcier Polonais se leva pour les saluer, « S'il vous plaît, appelez-moi Karol. C'est un plaisir de vous rencontrer tous les deux. » Le magicien avait parlé avec juste une trace d'accent. Il semblait être du même âge que le professeur Dippet.
« Karol, appelez-moi Thomas. Mon ami ici est juste le Comte. Il aime être mystérieux. »
« Nous avons entendu parler du Comte. » indiqua Karol. Il regarda James. « Vos exploits à Dachau et à Berlin étaient des plus impressionnants. »
James était choqué. « Comment avez-vous su pour Berlin ? »
Karol haussa les épaules, « Votre opération a croisé l'une des nôtres. Votre équipe secondaire a déclenché une barrière magique. Quand nous l'avons étudiée nous avons découvert votre nom de code. Aucun signe de vous n'a jamais été détecté. »
« Il semblerait que l'Éducation Magique couvre un large secteur en Pologne, » commenta James d'un ton sec.
« J'ai été par le passé dans les Affaires, il y a bon nombre d'années de cela. Je suis toujours au sein de notre Comité de Surveillance. »
James hocha de la tête son acceptation de la réponse mais nota dans un coin de sa tête d'alerter Caïn sur une brèche possible dans la sécurité.
Le Directeur ramena l'attention de chacun à lui. « Nous sommes ici pour discuter de l'arrivée des étudiants Polonais prévue pour les prochaines semaines. J'ai demandé à Madame Catchbottom de nous rejoindre puisqu'elle dirige actuellement la plus grande école primaire magique en Grande-Bretagne. »
« De combien de nouveaux étudiants parlons-nous, Karol ? » demanda Dumbledore.
« Les inscriptions actuelles à Dantzig étaient de 250. Certains peuvent aller à l'école de Raspoutine en Russie. D'autres iront à Beauxbâtons ou à certaines autres petites écoles de France et de Grande-Bretagne. Je m'attend à ce que la moitié d'entre eux soient présents ici, » répondit le fonctionnaire du Ministère Polonais. « Une quantité semblable d'enfants recevant une éducation pré-magique sera également présente. »
Dumbledore jeta un coup d'œil vers James et dit, « Je recommande que nous commencions à nous préparer à ce que des étudiants supplémentaire en provenance d'autres pays se retrouvent également ici. Grindelwald et Hitler ne s'arrêteront pas à la Pologne. »
« Les forces Françaises Moldues pourront sûrement contenir les Moldus Allemands ! » s'exclama Madame Catchbottom avec surprise.
« Je ne pense pas. » répondit James. « Ni les forces Moldues ni les forces magiques de la France ne sont entièrement préparées, tout comme l'est la Grande-Bretagne, mais la Manche nous donnera le temps nécessaire pour nous préparer. Autrement nous serions également perdus. »
Le visage de Madame Catchbottom blanchit. « La situation est-elle à ce point mauvaise ? » murmura-t-elle presque pour elle-même.
« Nos enfants seront-ils en sécurité ici ? » demanda Karol.
« J'en suis convaincu, » répondit James. « Poudlard est loin de toutes les cibles Moldues et les boucliers ici sont bien plus forts que n'importe où ailleurs en dehors du DdM et de Gringotts. L'école du Phénix est également très bien gardée et protégée contre les bombardements aériens Moldus par des boucliers spéciaux. »
Madame Catchbottom sembla à nouveau ébranlée. « Elle l'est ? »
« M. Evans les a développés et mis en place il y a quelque temps, » répondit James. « Nous envisageons avec lui d'utiliser ceux-ci sur le Chemin de Traverse et d'autres endroits Sorciers à Londres. »
« James ne m'en a jamais parlé, » précisa-t-elle d' une voix absente.
Thomas haussa les épaules, « Connaissant James, il a probablement espéré qu'ils ne seraient jamais nécessaires. »
« Cela ressemble au style de 'James', » dit Albus pensivement.
James se sentait un peu bizarre, étant lui-même le sujet principal de la conversation, il en changea donc. « Est-ce que Poudlard pourra accueillir le surplus d'étudiants ? » demanda James afin d'essayer de détourner la conversation.
« Nous avons environ 420 étudiants inscrits au début de ce trimestre avec environ soixante étudiants par années. L'école a, par le passé, accueillit jusqu'à 800 étudiants à la fois, » répondit le Directeur.
James était stupéfait. De son temps, Poudlard ne totalisait seulement que la moitié de cette population. Lors de la première année de Harry à Gryffondor, il n'y avait eu au total que huit nouveaux étudiants dans sa maison. Poufsouffle avait reçu le plus d'élèves cette année-là avec dix nouveaux étudiants. Ici, il y avait avec Tom onze étudiants de deuxième-année à Serpentard et ce n'était que la plus petite Chambre.
A voix basse, James maudit le professeur Binns, les Sang-purs, et le Ministère de son époque. Du temps de Harry, le monde magique avait apparemment perdu presque la moitié de sa population dans cette guerre ou lors de la première montée au pouvoir de Voldemort. Même sans ces pertes, l'école de 1939 n'atteignait même pas la moitié de sa capacité d'accueil. Pas étonnant que les élèves aient toujours pu trouver des salles de classe inutilisées pour se mettre dans le pétrin ! Et pourtant, personne n'avait jamais parlé du déclin de la population magique. Binns ne se concentrait que sur les guerres de gobelins. Les Sang-purs et le Ministère dédaignaient tous les signes avant coureurs.
L'air songeur, James se demanda si quelque chose dans la magie n'entraînait pas la dégradation de la capacité à prendre des décision sur le long terme et du bon sens d'un magicien.
Madame Catchbottom indiqua, « Nous avons à peu près le même nombre d' étudiants dans chacune de nos cinq classes d'enfants pré-Poudlard. Environ la moitié d'entre eux sont des Cracmols ou n'iront pas à Poudlard pour une raison ou une autre. »
« Pouvez-vous prendre plus d'étudiants ? » demanda Thomas.
« Nous pouvons encore ajouter une vingtaine de places environ si nous surpeuplons les chambres. La situation deviendrait cependant délicate si cela venait à durer trop longtemps , » répondit-elle.
« Nous pourrions installer une deuxième école dans un endroit sûr, » suggéra James. « Je suggérerais de le faire au Pays de Galles. »
« Pourquoi le Pays de Galles ? » demanda Thomas.
« Pour plusieurs raisons. La région est suffisamment éloignée de l'Allemagne et n'accueillera probablement pas de cibles militaires de grande importance. De plus, l'effort de guerre Moldu est très susceptible de se concentrer en Angleterre et en Écosse. Cela réduira les risques d' incidents ou de conflits, » répondit James.
Thomas prit un air pensif. « Je possède une vieille réserve de chasse près d'un village appelé Godric's Hollow. C'est presque aussi isolé que Pré-Au-Lard. Nous pourrions l'établir là-bas. »
Albus fit un sourire, « Cela me semble une excellente idée. »
Karol sourit à son tour. « J'apprécie fortement tous vos efforts au nom de mon peuple. Les professeurs de Dantzig seront disponibles pour faire cours ici. Je crois que la plupart d'entre eux ont déjà été placé en sécurité à l'heure qu'il est. »
Le Directeur ajouta, « Je suis sûr que nos étudiants apprécieront la chance qu'ils vont avoir de pouvoir rencontrer les vôtres. »
29 septembre 1939
Thomas, Albus et Karol Mikolajow se trouvaient à la Tête de Sanglier tard l'après-midi du vingt-neuf. Aucun des magiciens n'avait l'air heureux. Et James ne pouvait guère le leur reprocher.
Dix-sept jours après l'invasion nazie de la Pologne, l'Armée Soviétique avait franchi la frontière orientale. Bon nombre de gens avaient d'abord été réjouis par la nouvelle. Ils pensaient qu'ils arrivaient pour venir en aide à leurs voisins. Les tenants de cette théorie furent brutalement confronté à la réalité.
Coincé entre deux armées de niveau supérieur, le gouvernement Polonais Moldu avait tenu dix jours supplémentaires. Les soldats polonais de l'arrière garde, désespérément mal équipés, avaient combattu vaillamment pour laisser s'échapper autant des leurs que possible. La cavalerie n'avait eu que peu de chance contre les tanks et les chasseurs de combat mitraillant le sol sur les deux fronts.
Le Ministère Polonais de la Magie avait autant souffert que celui Moldu. Les forces de l'Armée des Ténèbres de Grindelwald avaient utilisé des Portoloins pour attaquer rapidement des cibles bien en arrière des lignes de front Moldues. Une semaine après que la guerre ait commencé, un rituel de Magie Noire avait détruit le bâtiment principal du Ministère, emportant du même coup le Premier Ministre Polonais et la majeure partie de ses subordonnés. Karol était désormais au deuxième rang du MdlM Polonais.
Tous les étudiants de Dantzig avaient été évacués avec succès entre les murs de Poudlard ou de la nouvelle école «Galloise». Seule la moitié des enfants trop jeunes pour Dantzig étaient parvenus à quitter le pays. L'Armée des Ténèbres avait agi beaucoup trop rapidement pour que tous puissent être récupérés par Portoloins.
James s'approcha des trois sorciers réunis autour de chopes de Whisky-Pur-Feu. « C'est officiel maintenant. Les Soviétiques et les Nazis se sont partagés la Pologne. Il semblerait qu'ils aient passé un accord avant que la guerre ne commence. »
« Joignez-vous à nous, Comte, nous buvons à mon pays ! » dit Karol, d'un ton amer.
James ignora l'offre. Il lança un charme d'intimité sans baguette et continua, « Nous avons reçu un message de vos Langues-de-Plomb. Ils s'étaient déplacés vers un lieu caché considéré comme sûr avant que le bâtiment du Ministère ne soit détruit. Ils ont perdu la moitié de leurs effectifs au cours des combats mais restent une force de frappe. »
Karol eut l'air momentanément électrisé. « Voilà de bonnes nouvelles. Ils veilleront à ce que les envahisseurs ne se sentent pas trop confortablement installés. »
« Ils nous ont également transmis des information sur un Allemand Moldu qu'ils soutiennent dans son projet d'assassinat d'Hitler, » ajouta James.
« Ils travaillent avec un Moldu ? » demanda Thomas avec surprise.
James hocha la tête, « Il n'est pas au courant de leur aide. Il s'agit de son plan. Les Langues-de-Plomb Polonais l'ont simplement mis à l'abri d'une détection par l'Armée des Ténèbres. Leurs barrières maintiennent nos magiciens trop éloignés pour qu'ils puissent s'impliquer directement. Nous allons assurer la protection magique de cet homme. »
« Ne pouvons nous pas nous assurer qu'il réussisse ? » demanda Thomas.
« Si nous utilisons n'importe quel type de magie sur lui ou sur la bombe, les barrières magiques le détecteront. La meilleure chose que nous puissions faire est de nous assurer qu'il ait sa chance. » déclara James . « Son nom est George Elser. Il prévoit de frapper lors d' un discours à Berlin le 8 novembre. Un des Langues-de-Plomb Polonais l'a surpris en train de préparer sa tentative avec un ami. Rien n'avait été fait jusqu'à ce mois-ci lorsque l'invasion a commencé. »
Albus semblait attristé, il annonça « Je n'aime pas l'idée d'assassiner qui que ce soit, mais je pense que nous devrions porter un toast à cet homme courageux dans sa tentative de mettre un terme à la propagation de l'obscurité. » Après qu'ils aient tous bu, Albus demanda à James, « Pensez-vous qu'il ait une chance ? »
James comprit ce que son vieux (futur ?) Directeur demandait vraiment. « Nous devons saisir toutes les chances qui s'offrent à nous. Je crois que même s'il savait sa tentative condamnée à l'échec il essayerait tout de même. Il sait qu'il s'agit d'un très mince espoir. Je me suis déjà trouvé dans ce genre de situation. Parfois vous gagnez, parfois vous survivez, mais vous devez quand même essayer. »
Albus et Thomas comprirent le message de James. Connaissant l'histoire de Harry Potter, ils savaient à quel point son combat contre Voldemort avait semblé être un espoir désespéré (je sais que les oxymores peuvent faire très jolis dans un texte mais là non ; je dirais 'tentative désespérée'). Le retour dans le temps pour essayer de changer l'histoire n'en était qu'un autre parmi une longue liste d'entre eux pour Harry Potter(Le retour dans le temps dans le but de changer l'histoire n'était que la dernière tentative d'une longue liste pour Harry Potter).
James prit un verre de Whisky-pur-Feu. Après en avoir pris une rapide gorgée, James ajouta, « Un de mes professeurs m'avait fait connaître un poète Moldu appelé Kipling dans des jours particulièrement sombres. Mon poème préféré a toujours été 'If'. » puis James reposa le verre sur la table, prit congé et se leva pour sortir. (1)
En passant devant le barman, James le salua, « Aberforth, assurez-vous que le vieil homme revienne jusqu'au château sain et sauf. »
Le barman grogna d'une manière évasive. Observant le Langue-de-Plomb sortir du bar, Aberforth fut pris par une étrange sensation de déjà vu°.
James se désillusionna une fois à l'extérieur de la Tête de Sanglier de façon à ce que l'on croit qu'il venait de partir ailleurs en transplanant, alors il marchait simplement jusqu'à sa maison. C'était une agréable nuit Écossaise de Septembre. L'air était légèrement frais mais le ciel était clair et vide de tout nuage. Par une si belle nuit, il semblait presque obscène de penser à la récente entrée en guerre.
Arrivant devant sa maison, James enleva sa robe de Langue-de-Plomb avant d'en franchir le seuil. Bien que Sarah soit 'au courant' de l'autre travail de James, il ne pouvait pas afficher son statut de Langue-de-Plomb de manière aussi flagrante.
« Bonsoir, chéri. » l'appela Sarah tandis qu'il ouvrait la porte. « Le dîner est presque prêt. »
« Je pensais manquer le dîner ce soir, » dit James, étonné. « Je pensais que les jumeaux et toi auriez mangé il y a deux heures. Comment as-tu su quand j'allais rentrer à la maison ? »
Sarah s'avança, étreignit James et lui fit un baiser. James commençait à peine à apprécier le baiser quand elle s'écarta. Elle leva la main et fit une petit tape légère sur son nez avant de répondre à sa précédente question avec un sourire effronté. « C'est de la Magie » alors elle le tira par le bras, « Viens, nous allons pouvoir manger et je vais te raconter ma journée. »
James poussa un gémissement, par espièglerie. Honnêtement, il l'attendait avec impatience. Après toutes les mauvaises nouvelles en provenance d'Europe et les contentieux avec les bureaucrates du Ministère (ces idiots arrogants !) , James aurait tout donné pour entendre parler des problèmes journaliers du secteur pédiatrique de Sainte Mangouste. Ça aidait à mettre les choses en perspective.
James se blottit dans son lit, ses bras enroulés autour de sa belle épouse. Enfant, Harry n'avait jamais vraiment eu plaisir à dormir. Le faire dans un placard avec l'oncle Vernon rodant autour ne conduisait pas à des conditions de sommeil particulièrement paisibles. Après avoir commencé ses études à Poudlard, les cauchemars fournis par Voldemort s'étaient produits suffisamment fréquemment pour que le sommeil ne soit pas un événement bienvenu. Après la guerre, tous les jours et toutes les nuits lui avaient semblé un cauchemar perpétuel.
Depuis son arrivée à cette époque et son mariage avec Sarah, James avait appris à aimer le repos. Dormir courbé autour de son épouse dans sa propre maison avait guéri James d'une manière que les sortilèges et les potions de Madame Pomfrey n'avaient jamais pu. S'endormant dans son lit avec son épouse derrière les barrières et les multiples protections de sa maison, James se sentit réellement aimé et en sécurité.
Ce fut hors de cet endroit chaud et confortable que James fut tiré par des coups sourds et des cris. Il rêvait de Tom. Il hurlait pour James d'une voix lointaine.
James ouvrit les yeux et entendit à nouveau les appels. Rapidement, James sauta du lit et ouvrit sa garde-robe. Accroché à l'intérieur de la porte se trouvait un petit miroir rond. Il pouvait y voir le visage de Tom.
« Tom, qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Papa ! Il se passe quelque chose ici. Les alarmes se sont actionnées et toutes les portes sont fermées à clef. Je ne peux même pas utiliser le Fourchelang pour ouvrir la porte de mon dortoir ! »
« J'arrive. Reste dans ta chambre et barricade la porte, » ordonna James à Tom.
Tom hocha la tête, « D'accord, papa. S'il te plaît dépêche-toi ! »
James décrocha le miroir et réveilla rapidement son épouse. Sarah était encore assoupie quand James lui demanda d'appeler le Ministère. « Appelle les Aurors. Dis-leur d'envoyer des renforts à Poudlard. Dis-leur que le code est Queudver. »
Sarah sembla réellement se réveiller lorsqu'elle réalisa les implications de ce que James lui disait. « James Evans, fais bien attention. Et assure-toi que Tom est en sécurité. » Alors, elle l'embrassa avant qu'il ne ne se dirige vers l'embrasure de la porte.
James saisit ses baguettes magiques, son manteau de Langue-de-Plomb, et son équipement tandis qu'il courait vers la porte. Lorsqu'il l'atteignit, il aperçut une grande forme dans le couloir, Snuffles.
« Tu sens que quelque chose ne va pas, n'est-ce pas ? » demanda-t-il au chien. Snuffles remua légèrement la queue. « Je sais, mon vieux, mais je veux que tu reste ici. Monte la garde pour Sarah et les jumeaux. » Snuffles poussa un gémissement et baissa la queue.
« Snuffles part avec toi, James. Tu auras besoin de quelqu'un pour garder tes arrières, » l'interrompit Sarah.
« Les jumeaux et toi pourriez être en danger ! »
« Tu seras en danger, Harry James Potter Evans ! Et puis, nous n'avons pas le temps pour ça ! Tous les deux, partez ! »
James et Snuffles avaient franchi la porte avant que James n'ait eu le temps d'y penser. Une fois hors de sa maison, James prit sa forme de loup. Le chien noir énorme et le grand loup gris quittèrent rapidement le village, presque invisible dans la nuit.
Arrivé près du point où le Saule Cogneur se dresserait bien plus tard, James put entendre des bruits du combat magique venant de plus loin devant eux. Les deux canins se déplacèrent d'autant plus rapidement.
Ils passèrent près d'un corps vêtu du manteau rouge des Aurors. James, sous sa forme de loup, fit une courte pause pour renifler le corps. Il n'y avait pas d'odeur de sang mais une vive odeur de mort. James identifia le parfum du Sortilège de la Mort. Un instant plus tard, il courait de nouveau derrière Snuffles.
James rattrapa celui-ci juste un peu avant l'entrée du Grand Hall. Les deux animaux ralentirent tandis que les bruits de sortilèges devenaient de plus en plus fort. James rampa silencieusement sur le sol du Hall, suivant quelques parfums étranges. Snuffles le suivit deux ou trois mètres derrière lui. James identifia ce passage comme celui menant à la gargouille protégeant le bureau du Directeur.
James aperçut quatre hommes qui se tenaient devant la gargouille. Aux pieds de cette dernière se trouvaient étendus trois corps d'Aurors. Le compte des Aurors assignés à la défense de l'école était bon. Deux des hommes tenaient dans leurs mains des armes Moldues. Les deux autres portaient les robes de l'Armée des Ténèbres. Pendant que James les observait, un des hommes armés ouvrit le feu, endommageant grandement la gargouille dans une explosion assourdissante. James réalisa que la gargouille ne pourrait pas résister très longtemps à d'avantage de tirs d'une de ces armes.
Snuffles grogna et s'élança dans le couloir directement dans la direction des deux hommes munis d'armes Moldues. D'un énorme saut, le tout aussi énorme chien s'écrasa sur le Moldu avec l'arme encore chargée. Le chien et le Moldu frappèrent durement le sol. A son tour, James sortit de l'ombre comme il retournait à sa forme humaine et attaquait les deux sorciers.
Deux Sortilèges de Mort volèrent immédiatement vers James. Il plongea au sol dans une roulade pour les éviter. Se redressant, James visa avec sa baguette magique et murmura un « Reducto ! » qui fut suivi de quatre autres, tous vers le même magicien.
Le sorcier esquiva le premier mais, concentré qu'il était sur celui, il ne vit pas venir les suivants. Les deuxième et troisième sorts heurtèrent son bouclier. Le quatrième sort passa à travers du bouclier ainsi affaiblit et s'écrasa contre son épaule. L'épaule droite du magicien de l'Armée des Ténèbres cessa presque totalement d'exister à cet instant. Le cinquième charme passa sans faire de dommage au-dessus du magicien tandis qu'il se laissait tomber à terre, déjà en état de choc.
James vit tout cela du coin de l'œil pendant qu'il se concentrait sur le magicien restant. James s'attendait à voir arriver vers lui d'autres sortilèges mais, au lieu de cela, le sorcier se tint en position, prêt au combat.
« Impressionnant. Il est si rare de rencontrer un véritable combattant. Quelle vue magnifique. » En entendant la douce voix de soprano accompagnée d'un léger accent allemand, James réalisa soudainement que ce sorcier était en réalité une sorcière.
« Je suis moi aussi ravi de savoir vous avez apprécié le spectacle. Je pense que ce n'est pas le cas de votre ami, » commenta James.
La sorcière de l'Armée des Ténèbres éclata d'un petit rire léger. « J'en suis sûr. Mon nom est Christina. Nous ne nous attendions pas à ce que vous répondiez aussi rapidement. Encore une fois, je suis impressionné. Vous devez avoir des boucliers qui nous ont échappés. »
James ne fit pas la remarque que seul un deuxième-année avec un miroir magique de communication l'avait alerté de l'attaque.
« Puis-je avoir votre nom. J'aime vraiment connaître mes adversaires de qualité. »
James inclina très légèrement la tête, « Je suis le Comte. »
Maintenant elle semblait excitée. « Le Comte ! C'est un honneur ! Le meilleur Langue-de-Plomb britannique ! Je dois vous laisser maintenant. Mais je suis sûr que nous nous reverrons un de ces jours. »
James aurait presque pu rire de son audace incisive. C'était presque comme avoir affaire avec une Bellatrix saine d'esprit. La sorcière à la chevelure brune offrit à James un sourire joyeux.
« Je ne peux pas vous laisser partir, » lui indiqua James.
« Comment pourriez-vous m'arrêter, mon cher Comte ? Je crois bien que le fils de votre Ministre est étudiant ici. Plusieurs de mes autres… amis le recherchent. Je peux vous assurer que je ne serai pas aussi facile à vaincre que ce tâcheron. » Elle désigna le sorcier qui se vidait de son sang sur le plancher du château.
James la crue. Sa façon de se tenir criait l'expérience et la confiance. James était sûr qu'il la battait en puissance pure, mais le combat prendrait trop longtemps si d'autres soldats recherchaient le dortoir des deuxièmes-années de Serpentard. La protection des étudiants prenait la priorité sur un combat avec cette sorcière.
« J'ai votre parole que vous partirez d'ici et retournerez en Allemagne ? » demanda James.
La sorcière hocha la tête, « Par ma magie, je le jure. J'attends avec grand intérêt la chance de travailler à nouveau contre vous à l'avenir. J'adore les défis. »
Alors elle mit la main dans l'une des poches de sa robe et activa un Portoloin. James activa un sortilège de radar magique pour s'assurer qu'elle était vraiment partie. Aucun signe d'elle ne demeurait.
James posa son regard sur Snuffles. Le grand chien se trouvait assis sur les deux Moldus, observant la conversation de James avec la sorcière. James fit venir Snuffles puis lança des sorts assommeurs sur les deux Moldus et sur le magicien mourant. Un rapide sortilège de soin arrêta le saignement mais il allait avoir besoin d'aide pour passer la nuit.
En se tournant vers Snuffles, James ajouta, « Trouve Tom, mon gros. Trouve-le ! »
Snuffles se retourna et s'élança en poussant un bruyant 'woof'. James se trouvait juste derrière lui sous sa forme de loup. Il lui restait maintenant à s'assurer que Tom était sain et sauf.
Nda:
If
If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you;
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or, being lied about, don't deal in lies,
Or, being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise;
If you can dream - and not make dreams your master;
If you can think - and not make thoughts your aim;
If you can meet with triumph and disaster
And treat those two imposters just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build 'em up with wornout tools;
If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breath a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on !";
If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with kings - nor lose the common touch;
If neither foes nor loving friends can hurt you;
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run -
Yours is the Earth and everything that's in it,
And - which is more - you'll be a Man my son!
Rudyard Kipling
( 1 ) Rudyard Kipling est un écrivain britannique qui vécut de la fin du XIXème siècle jusqu'au milieu du XXème siècle et qui reste l'un des auteurs les plus populaires de la culture anglo-saxonne, il est notamment l'auteur du Livre de la Jungle et de très beaux poèmes comme Kim et If dont je vous donne ci-dessous la traduction par Jules Castier :
Si
Si tu peux rester calme alors que, sur ta route,
Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi;
Si tu gardes confiance alors que chacun doute,
Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi;
Si l'attente, pour toi, ne cause trop grand-peine:
Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens,
Ou si, étant haï, tu ignores la haine,
Sans avoir l'air trop bon, ni parler trop sagement;
Si tu rêves, - sans faire des rêves ton pilastre;
Si tu penses, - sans faire de penser toute leçon;
Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre,
Et traiter ces trompeurs de la même façon;
Si tu peux supporter tes vérités bien nettes
Tordues par les coquins pour mieux duper les sots,
Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes,
Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux;
Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes
Et le risquer à pile ou face, - en un seul coup -
Et perdre - et repartir comme à tes débuts mêmes,
Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout;
Si tu forces ton cœur, tes nerfs, et ton jarret
A servir à tes fins malgré leur abandon,
Et que tu tiennes bon quand tout vient à l'arrêt,
Hormis la Volonté qui ordonne :"Tiens bon !"
Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre,
Ou frayes avec les rois sans te croire un héros;
Si l'ami ni l'ennemi ne peuvent te corrompre;
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop;
Si tu sais bien remplir chaque minute implacable
De soixante secondes de chemins accomplis,
A toi sera la Terre et son bien délectable,
Et, - bien mieux - tu seras un Homme, mon fils
Nda : Je voudrais remercier tous ceux ayant laissé un commentaire. Jbern a soumis ma 400ème reviews ! J'apprécie vraiment vos remarques et j'incorpore plusieurs de vos suggestions et commentaires aux chapitres suivants. J'ai créé un forum pour discuter de cette histoire. Vous pouvez trouver le lien à la page de mon profil.
J'ai inclus `If' de Kipling à la fin de ce chapitre. J'ai pensé à cette poésie en lisant les tomes 4 et 5. J'ai toujours pensé qu'il était vraiment dommage que personne n'ait jamais montré ce poème à Harry.
Merci encore !
Ndt: Merci aussi pour vos commentaires, même si je ne les incorpore évidemment pas dans l'histoire ;) ça fait vraiment plaisir.
Il n'y pas grand chose à ajouter pour ce long et intense chapitre, quoique en tant que passionné d'histoire je pourrais parfois avoir deux ou trois petits trucs à dire sur son récit de la Deuxième Guerre Mondiale ;) Mais ce ne sont que de petits détails, l'histoire est en tout cas vraiment très bonne, j'espère que vous en avez apprécié la lecture.
Ayez également une petite pensée pour mon bêta-lecteur, merci à lui.
Le prochain chapitre s'intitule Au Front à Poudlard.
