Rebonjour,

Voici la suite de cette longue longue histoire. En espérant qu'elle vous plaira toujours après ces mois d'absences.


CHAPITRE 13 : Visite à Sainte Mangouste.

Hermione leva les yeux au ciel. C'était l'heure de sa toilette quotidienne. Une infirmière, la quarantaine environ, arriva dans sa chambre et la porta jusqu'à la salle de bain. Devant la porte, un des amis de madame McGonagall surveillait les alentours, allez savoir pourquoi. Hier soir, c'était une jeune femme amusante, qui changeait d'apparence à volonté. C'était fort divertissant, et Hermione paierait cher pour connaître le truc. Elle espérait de même pour la soirée. Cependant, elle vit pénétrer dans la chambre un homme proche de la quarantaine. Ce dernier avait l'air horriblement gêné. L'infirmière, portant toujours Hermione dans les bras, le fusilla du regard.

- Que faites-vous là ? Demanda-t-elle sèchement.

- Je... euh... Je suis là pour surveiller que tout se passe bien, balbutia Mondigus Fletcher.

Hermione huma avec dégoût les relents d'alcool qui émanait de l'homme.

- Hors de question, monsieur Fletcher. Pour miss Tonks, je n'y voyais aucun inconvénient, mais je ne veux pas vous voir dans cette salle de bain !

Mondigus plissa les yeux.

- Ecoutez, je suis mandaté par l'Ordre et je dois...

- Quittez cette pièce, je prends le relais ! Dit froidement Minerva McGonagall qui venait d'arriver. Sortez de là et attendez-moi, nous en discuterons plus tard.

L'infirmière remercia du regard la directrice de Poudlard tandis que McGonagall claquait la porte au nez de Fletcher. Le professeur inspecta rapidement la salle de bain, et Hermione put enfin prendre son bain. Minerva tournait le dos à la baignoire et montait la garde.

Dix minutes plus tard, l'infirmière avait rhabillé Hermione et la directrice avait tenu à la mettre elle-même au lit.

- Bonne nuit Hermione. Faite de beaux rêves. J'espère que vous serez bientôt en mesure de converser avec moi, car nos discussions autour d'un thé me manquent...

Hermione plongea son regard dans celui de la dame. Elle n'avait aucun souvenir de discussion autour d'un thé, mais lui fit comprendre que ça lui serait agréable. McGonagall se pencha et embrassa délicatement le front de l'élève, éteignit la lumière et sortit sans un bruit. Cependant, point de Mondigus dans le couloir.

- Où est-il encore passé ? Grommela Minerva en le cherchant du regard.

Elle resta devant la porte, prête à disputer ce vieil ivrogne inconscient.

Hermione avait mal à la tête. La douleur lui vrillait les tempes. Elle inspirait profondément quand une ombre se dessina sur le mur. Elle voulut hurler mais aucun son ne sortit de sa bouche. Un homme vêtu de noir s'approcha d'elle, baguette prête à servir.

- Vous êtes donc vivante... sifflait la voix grave.

Hermione paniquait. Pourquoi madame McGonagall n'entrait pas à ce moment là ? Les échos d'une dispute provenaient du couloir.

- N'ayez pas peur. Si j'avais voulu vous tuer, vous ne seriez jamais sortie de chez vous vivante.

Hermione se renfonça dans les couvertures. L'aspect de l'homme lui faisait peur. Il avait le teint cireux, et ses longs cheveux noirs graisseux lui tombaient sur sa face émaciée. « Mais pourquoi parle-t-il de me tuer ? » se demanda-t-elle, effrayée. Severus Rogue s'approcha d'elle et passa sa main sur son front.

- Ils ne vous ont pas raté, à ce que je vois... murmura-t-il.

Ce qui surprit Hermione, c'était que le ton de l'homme était doux, presque chaleureux. Il fronça les sourcils et plongea son regard dans celui de l'élève.

- Vous ne vous souvenez de rien ?

Hermione secoua la tête.

- Permettez-vous que je lise dans votre esprit ? Demanda-t-il.

Hermione ouvrit grand les yeux. Que racontait-il ? Il était fou, assurément…

- Hum... Je vois... Vous ne pouvez ni parler, ni bouger...

Il pointa sa baguette et murmura « Legilimens ». La préfète ne résista pas. Elle laissa Rogue pénétrer dans son esprit. Des milliers d'images défilaient sous ses yeux, sans qu'elle n'en comprenne le sens, sans parvenir à établir un lien avec elle. Pendant plusieurs minutes, le maître des potions voyagea dans les méandres du cerveau de son ancienne élève. Il la regarda enfin, las.

- Vous avez tout oublié, murmura-t-il. Vous ne vous souvenez d'aucun sort, d'aucune potion... Quel gâchis...

Hermione sentit une larme glisser le long de sa joue.

- Je vais vous aider. Vos connections nerveuses ne sont pas encore totalement réparées, comme je l'avais deviné. Buvez ça...

L'homme sortit de sa poche une fiole qu'il porta aux lèvres de la jeune femme. Cette dernière but comme elle le pouvait, une partie du liquide se trouvant sur sa chemise de nuit.

- Vous verrez, vous vous sentirez bien mieux dans quelques jours. Je repasserai vous en redonner la semaine prochaine. D'ici, préparez-vous à travailler comme jamais vous ne l'avez fait. Vous avez six années à...

La porte s'ouvrit en grand et un trait de lumière rouge traversa la pièce. Rogue l'évita et tourna son regard vers le couloir. Minerva McGonagall se tenait dans l'encadrement, la baguette levée, le regard meurtrier.

- Rogue, dit-elle avec dégoût.

- Directrice McGonagall, fit celui-ci avec un rictus.

Il menaça Hermione de sa baguette et recula vers la fenêtre D'un geste de la main, il la déverrouilla magiquement et sauta dans le vide. Minerva appela Mondigus dans le couloir et lui intima de partir à la recherche de Rogue. Ce dernier déglutit mais sentit qu'il courrait plus de danger à désobéir qu'à faire la chasse au mangemort. McGonagall appela immédiatement un médicomage qui examina rapidement Hermione.

La jeune femme soupira quand on lui fit d'autres piqûres sous l'oeil inquiet de sa directrice. Elle ferma les yeux, tellement la douleur qu'elle ressentait à la tête était insoutenable. McGonagall s'assit près d'elle et lui prit la main. Une demi-heure plus tard, la jeune femme dormait et le guérisseur apportait les résultats des analyses à la directrice de Poudlard.

- Je ne comprends pas vraiment ce qu'a fait ce mangemort... Il ne l'a pas empoisonné, mais administré un remède d'une confection rare et extrêmement difficile.

- Quels en sont les effets ?

- Ses connections nerveuses sont toutes ressoudées, c'est impressionnant. Il lui aurait fallu au moins deux ou trois mois pour cela sinon. En revanche, j'ai aussi les résultats des scanners d'hier. Ils sont assez inquiétants.

- Venez en au fait, je vous prie !

- Mis à part son immobilité et son mutisme, sa mémoire en a pris un coup. Elle a tout oublié ce qui concernait la magie. Apparemment, la zone du cerveau qui stocké ses connaissances est vierge.

Minerva s'assit. C'est comme si elle avait reçu un coup de poignard au coeur.

- Merci docteur.

Ce dernier la salua et quitta la pièce. La directrice sortit de la pièce pour gagner le couloir. Elle y trouva Tonks et Lupin qui discutaient à voix basse, main dans la main.

- Veillez à ce que personne ne rentre dans cette chambre. Je pars à Poudlard, je reviendrai demain en fin d'après midi.

- Un problème, Minerva ? Demanda doucement Remus.

- Je vous en parlerai demain...

Sans ajouter un mot, le professeur transplana. Quand elle arriva au Terrier, elle fut étonnée de voir Ginny, Ron et Harry encore debout.

- Vous avez des nouvelles d'Hermione ? Interrogea Molly en crispant ses doigts sur une assiette qu'elle était en train d'essuyer.

- Quand pourrons-nous lui rendre visite ? Demanda Ron, avide.

- Je ne préfère pas en parler devant les enfants... murmura Minerva.

Madame Weasley acquiesça, et toutes deux passèrent dans la pièce d'à côté. Harry avança machinalement sa dame de trois cases, en fixant la porte derrière laquelle les deux adultes avaient disparu. Ron tenait en suspend son cavalier au dessus de l'échiquier, et Ginny avait interrompu la rédaction de sa lettre pour Luna. Les trois jeunes gens se regardaient, inquiets, pendant plusieurs secondes. Puis, Molly et McGonagall revinrent, et madame Weasley, les yeux rougis, se dirigea vers un vieux placard en bois.

- Comment va Hermione ? Demanda Ron à son professeur.

- Pensez-vous que nous devons leur dire ? Demanda la directrice à Molly.

- Nous ne pourrons leur cacher Hermione éternellement... répondit cette dernière.

- Bien, approchez-vous... dit doucement McGonagall en s'asseyant à côté de Ginny.

Ron et Harry lâchèrent leurs pièces et prirent place sur le canapé du salon. Molly donna quelques livres poussiéreux à la directrice de Poudlard.

- Mais, maman, ce sont nos livres de maternel ! Balbutia Ginny.

Harry sut à quoi ils serviraient. Cependant, il espérait sincèrement se tromper.

- Miss Granger, suite à son accident, a oublié beaucoup de choses élémentaires... commença le professeur.

- Comme quoi ? Demanda Ron, inquiet.

Molly renifla bruyamment.

- Lire, parler, écrire, compter, faire de la magie... énuméra McGonagall. Elle doit tout réapprendre...

Ron se leva d'un bond, le visage fermé, et courut dans sa chambre. La porte claqua violemment. Ginny se mit à pleurer et cacha son visage contre sa mère qui la berça doucement.

McGonagall prit congé et transplana pour Poudlard. Elle voulut passer pour voir si son directeur adjoint s'en sortait avec l'administration.

Quand elle entra dans le bureau de son collègue, elle le vit prêt à lancer un sortilège à un parchemin. Minerva fronça les sourcils en remarquant que c'était la lettre de Poudlard destinée à Drago Malefoy.

- Je voulais juste ajouter un sortilège de puces et de poux... se justifia Flitwick avec un petit sourire.


A plus dans le bus,

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